AU FESTIVAL DE SALZBOURG

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© Turismus Salzburg L'édition 2017 du festival salzbourgeois marquait la prise de fonction du nouvel intendant Markus Hinterhäuser, bien connu ici pour s'être occupé des concerts. Sa programmation ambitieuse aura porté ses fruits et bénéficié d'une avantageuse fréquentation. Avoir réuni, côté opéra, Aïda, Ariodante, La Clemenza di Tito et trois œuvres du XX ème siècle, Wozzeck, Lady Macbeth de Mzensk et Lear n'aura pas découragé le public, loin de là. Tous opéras offrant une réflexion profonde sur les stratégies du pouvoir. Salzbourg ne se veut-il pas « un épicentre de l'extraordinaire », apte à créer « d'étonnantes constellations artistiques », selon le nouveau directeur artistique. Il faut dire que l'affiche des chefs réunis (Muti, Jansons, Currentzis, Welser-Möst, Haitink, Barenboim, Rattle, Jurowski, Nelsons, Blomstedt, Gardiner...) ou des chanteurs (Netrebko, Bartoli, Stemme, Semenschuk, Crebassa, Piau, Stoyanova, Herlitzius, Prohaska, Goerne, Finley, Villazón, Domingo, Florez, Calleja, Meli, Salsi...) a de quoi faire saliver. Comme la palette des régisseurs : Sellars, Loy, Kentridge, et les nouveaux venus : Stone, Neshat, Kriegenburg. Travailler à Salzbourg, « une ville inspirante », selon le mot de la Présidente Helga Rabl-Stadler, est nécessairement stimulant. Assurément. Et on ne peut pas dire qu'ici l'opéra soit un musée, tant l'expérimentation y est à l'honneur. Comme le souligne Teodor Currentzis, « Salzbourg devrait éclater d'idées nouvelles », et briller « d'une lumière qui illumine le futur ».

LE FESTIVAL DE SALZBOURG

Année de transition ou de récapitulation, avant l'arrivée d'un nouvel intendant, ce millésime aura apporté son lot de reprises avec la trilogie Da Ponte de Mozart, mais aussi une création, le dernier opus dramatique de Thomas Adès, The Exterminating Angel, d'après le film de Luis Bunuel, et deux nouveautés assez dissemblables, L'Amour de Danaé de Richard Strauss et West Side Story de Bernstein. C'est dire si le spectre était large côté opéra. Sur le front des concerts, outre une rétrospective Adès, on pouvait entendre Friedrich Cerha et György Kurtág, dont on fêtait pour chacun le 90 ème anniversaire, Peter Eötvös, et bien sûr les ''classiques'' comme Bruckner. Pour revenir à l'opéra, un constat s'impose : l'approche illustrative des mises en scène qui, du moins pour les quatre pièces vues, met l'imagerie au centre du propos de leur auteur, par une décoration dont le rôle s'affirme comme prééminent, qui laisse à la direction d'acteurs à une place sinon secondaire, du moins pas assez exploitée, réduisant ainsi le sens du texte. Le parti esthétique prendrait-il le pas ? Pour la satisfaction d'un public qui via E-pad et autres tablettes, a accès à tout instantanément, fruit d'« une civilisation dionysiaque », comme l'appelle Franz Welser-Möst, qui a besoin de l'image pur se rassurer ;

AU FESTIVAL DE SALZBOURG

Pour sa 95 ème édition, le festival de Salzbourg proposait un tableau de chasse impressionnant, comme toujours. Pour ne prendre qu'un exemple, afficher les trois sopranos les plus en vue du moment, Cecilia Bartoli, Anna Netrebko et Angela Gheorghiu comme les fameux ténors Jonas Kaufmann, Piotr Beczala et Rolando Villazón ne tient-il pas du tour de force ! On fêtait cette année plusieurs anniversaires : les 40 ans de scène in loco de Placido Domingo qui débuta en 1975 dans Les Contes d'Hoffmann, le même quarantième anniversaire du premier concert de la violoniste Anne Sophie Mutter, alors sous la baguette de Herbert von Karajan, ou encore les 50 ans de présence au festival de Daniel Barenboim qui y faisait ses premiers pas en 1965 dans un concerto de Mozart dirigé par son ami Zubin Metha. Un grandiose hommage était surtout rendu à Pierre Boulez : l'occasion d'une pléiade de concerts réunissant fidèles amis, Pierre Laurent Aimard,

LE FESTIVAL DE SALZBOURG 2014

Pour sa troisième et dernière année aux commandes du gigantesque Festival de Salzbourg, l'intendant Alexander Pereira aura concocté un programme très ambitieux,  même si à un degré moindre que les deux étés précédents. Six opéras en version scénique se seront partagés l'affiche dont une création, Charlotte Salomon de Marc-André Dalbavie, la seule qu'il aura pu mener à bien. Deux opéras exécutés en version de concert, dont la rare Favorite de Donizetti distinguaient une foison de concerts symphoniques, au centre desquels les prestations des Wiener Phllharmoniker constituent d'indéniables moments de choix. L'orchestre aura d'ailleurs joué dans pas moins de quatre productions opératiques. C'est dire sa place essentielle, pour ne pas dire incontournable, l'été à Salzbourg. Deux séries de concerts auront marqué cette édition : l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Rudolf  Buchbinder, un artiste adulé ici, si méconnu chez nous, et le cycle des neuf symphonies de Bruckner, dirigées par diverses baguettes expertes, dont Philippe Jordan.

PRESTIGIEUX FESTIVAL DE SALZBURG

Mozart d'abord, mais pas seulement Mozart, tel est le fil rouge de la Mozartwoche ainsi que la conçoivent ses actuels responsables, Marc Minkowski et Matthias Schulz. Pour sa troisième année de programmation, la marque imprimée par le chef français est indéniable et la manifestation salzbourgeoise, fondée en 1956, offre des couleurs éclatantes, souvent inédites. Son credo artistique commence à porter ses plus beaux fruits dans le domaine scénique. Après Lucio Silla en 2013, Orfeo ed Euridice, l'an passé, voici avec Davide penitente un pas supplémentaire franchi dans l'innovation, aussi bien qu'un habile hommage à la tradition équestre de la ville. Rien ne saurait être figé, estime-t-il. Déranger quelque peu la tradition ne messied pas ! Le public ne se fait pas prier puisque le taux de remplissage des salles avoisine 90%. Pour le 259 ème anniversaire de la naissance du génie salzbourgeois, on pouvait entendre l'intégrale des quatuors de la maturité et des concertos de violon, comme un florilège de sonates pour piano, de concertos et de symphonies. Aux côtés de Mozart, on honorait, ce mois de janvier, Franz Schubert dont étaient joués l'ensemble des symphonies et son opéra Alfonso und Estrella ; mais aussi le compositeur Eliot Carter.

FESTIVAL DE SALZBOURG 2011

Le Salzburger Festspiele connaît une année de transition avant la nouvelle direction d’Alexander Pereira en 2012. L'intendant par intérim Markus Hinterhäuser, jusqu'alors responsable de la programmation de concerts, a réussi à maintenir la manifestation à son meilleur niveau. Un des points forts aura été la reprise de la trilogie Da Ponte de Mozart, mise en scène par Claus Guth, offrant l'occasion rare de confronter les trois œuvres dans un continuum dramaturgique cohérent. Mais bien d'autres événements ont marqué la vitalité d'un millésime décidément fastueux où les grands régisseurs du moment côtoient d'éminents chefs d'orchestre et solistes. La très haute tenue des spectacles d'opéra est largement due à la présence essentielle des Wiener Philharmoniker. 

FESTIVAL DE SALZBOURG 2010

L'édition 2010 du festival de Salzbourg qui marquait le 90e anniversaire de sa création, aura brillé par son éclectisme dans le domaine de l'opéra - Mozart n'y figurant que par la reprise de Don Giovanni.  La vitalité du répertoire représenté se mesure à l'aune de sa variété, de Gounod à Berg, de Gluck à Strauss, pour l'essentiel enluminé par la sonorité unique de l'Orchestre philharmonique de Vienne, décidément un élément fédérateur du festival, et honoré de mises en scène au demeurant moins aventureuses cette fois qu'à Aix ou Bayreuth.  Côté concerts, l'originalité de la programmation demeure une caractéristique majeure.  Pour preuve une exécution enthousiasmante de Jeanne d'Arc au bûcher d’Honegger et une série de récitals vocaux consacrés aux trois grands cycles de Lieder de Schubert.

Festival de Salzbourg 2009

L'édition 2009 du festival de Salzbourg [notre photo] a offert une programmation peu commune dans le domaine de l'opéra puisque, à part l'action scénique de Luigi Nono Al gran sole carico d'amore, toutes les pièces présentées appartiennent à la période dite classique, de Haendel et Haydn à Mozart et Rossini.  Les productions soulèvent quelques interrogations quant aux choix artistiques effectués. S'il est normal que des représentants de la génération montante soient présents, il est regrettable que bien des chanteurs et chefs de renom ne le soient plus.  La direction actuelle de Jürgen Flimm, un homme venu du théâtre et non du monde de l'opéra, ne fait pas preuve à cet égard des qualités qui ont animé le mandat de ses prédécesseurs, un Gérard Mortier - même si source de controverses - ou un Peter Ruzicka.  Il faudra attendre l'été 2012 pour que le flambeau soit de nouveau porté haut, avec l'arrivée d’Alexander Pereira, actuel directeur de l'Opernhaus de Zürich. Les concerts auront, par contre, assuré le niveau d'excellence dont une telle manifestation de prestige se doit d'être le dépositaire.