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Catégorie : Spectacles

Musique de chambre de Brahms par les « Capuçon and friends » Même si la vaste salle Pleyel n'est pas, a priori, le lieu idéal pour la musique de chambre, du moins son acoustique très présente permet-elle de savourer des compositions qui, comme c'est le cas chez Brahms, réclament de l'espace.  Après Schumann l'an passé, Renaud Capuçon [notre photo] et ses amis donnaient, l'espace de trois concerts, un bouquet choisi des œuvres du maître allemand. Le programme du dernier de ceux-ci s'ouvrait sur le Quintette pour cordes op.111.  La formation - qui comprend deux altos, à la manière de Mozart - fait la part belle au premier d'entre eux, joué ici par le magnifique instrumentiste qu'est Antoine Tamestit.  Cette composition est

empreinte d'une vitalité débordante, traversée qu'elle est de traits énergiques, au violoncelle au premier mouvement, à l'alto au troisième.  Le finale, marqué « vivace ma non troppo presto » est d'une exubérance de style hongrois.  Et pourtant, il émane de cette pièce une sorte de progression vers la sérénité, caractéristique de la dernière manière du musicien ; et qui verra son achèvement dans le Quintette pour clarinette & cordes.  L'ensemble formé par les frères Capuçon, Renaud et Gautier, et leurs partenaires Aki Saulière, violon, Antoine Tamestit et Béatrice Muthelet, altos, est d'une superbe cohésion. Le Quintette pour piano & cordes op.34 est d'un abord plus aisé.  On le compte à juste titre au nombre des chefs-d'œuvre absolus qu'a produit le XIXe siècle dans le domaine chambriste. On a peine à imaginer que cette pièce, créée à Paris en 1868, est la mouture définitive de ce qui fut, à l'origine, un quintette pour cordes, puis une sonate pour deux pianos.  L'interprétation du quintette Capuçon est d'un rare fini sonore.  Le délicat équilibre entre clavier et quatuor à cordes est parfaitement achevé, grâce en particulier au jeu habile de Nicolas Angelich, un brahmsien convaincu.  La belle souplesse rythmique de l'adagio et l'articulation véhémente du scherzo lui doivent beaucoup. Les deux mouvements extrêmes délivrent une sonorité quasi orchestrale.  La richesse d'invention mélodique y est tout particulièrement magnifiée, jusqu'à ces ultimes mesures du généreux finale emplies d'un entrain communicatif. Immense succès d'une salle bien garnie.