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Catégorie : Opéras

 Ottorino RESPIGHI : La Belle au bois dormant. Conte musical en trois actes.  Livret de Gian Bistolfi, d'après le Conte de Charles Perrault. Gaëlle Alix, Lamia Beuque Marie Cubaynes, Peter Kirk

Il n'est sans doute pas étonnant que Respighi ait été séduit par le conte de Perrault pour en tirer un opéra. En fait, il se servit de cette trame d'abord pour un spectacle destiné à un théâtre de marionnettes, et en vint à composer bien plus tard un « vrai » opéra, créé en 1922. Celui-ci sombrera vite dans l'oubli comme la Princesse dans les vapeurs du sommeil.

Mais l'Opéra National du Rhin l'en tira opportunément il y a peu, dans une production confiée à son Opéra Studio. C'est celle-ci qui vient d'être présentée au Théâtre de l'Athénée, dont le directeur est toujours prêt à dénicher la perle. Fort attrayante, elle focalise sur le côté onirique du conte. La mise en scène de Valentina Carrasco joue à la fois le fantastique et le décalé, dans une approche toute de finesse, aidée par une décoration qui mise sur la fantaisie. Des toiles ventées sur un plateau nu, quelques accessoires essentiels, des personnages-animaux en apesanteur, des projections vidéo en fond de scène et au devant, pour installer un décor sylvestre, enchantent l'œil. Guidée par l'exiguïté du plateau, la régisseuse déploie sans peine des trésors d'imagination pour constamment animer les scènettes qui se succèdent dans une réelle fluidité. Au final, des images fantastiques qui ne séduisent pas que les enfants, fort nombreux lors de la soirée à l'Athénée. Même si fonctionnant avec un effectif réduit de quelques cordes, bois et et cuivres, la petite musique de Respighi sonne avantageusement sous les doigts des musiciens de l'ensemble Le Balcon, dirigé par Vincent Monteil. Elle installe vite cet univers chatoyant qu'affectionne l'auteur des Pins de Rome. La distribution est valeureuse. Même si çà et là la justesse d'intonation n'est pas toujours au rendez-vous, la jeunesse et l'engagement font plaisir à voir. Comme l'allégresse admirative d'une salle comble.

 


© Alain Kaiser

 

Jean-Pierre Robert.