Imprimer
Catégorie : Opéras

Au Théâtre des Champs-Élysées.

Francesco CAVALLI (1602-1676) : La Calisto, drama per musica en trois actes (1651).  Livret de Giovanni Faustini, d’après Les Métamorphoses d’Ovide.  Les Talens Lyriques, dir. Christophe Rousset.  Mise en scène : Macha Makeïeff.  Sophie Karthäuser (Calisto), Lawrence Zazzo (Endimione), Giovanni Battista Parodi (Jupiter), Véronique Gens (Junon), Marie-Claude Chappuis (Diane), Milena Storti (Lymphée), Cyril Auvity (Pan), Mario Cassi (Mercure), Sabina Puertolas (Satyre), Graeme Broadbent (Sylvano).

 Il convient de rendre hommage à la direction du Théâtre des Champs-Élysées d’avoir programmé cet opéra - peu connu et surtout peu joué - de Francesco Cavalli, puisqu’il s’agit de sa création à Paris.  Ouvrage historiquement important, La Calisto marque le début de la révolution opératique vénitienne où l’art lyrique évolue vers le théâtre public, avec des moyens désormais limités, comme en témoigne l’effectif réduit de l’orchestre. 

La Calisto est particulièrement emblématique de cette mutation.  Comme de règle dans la production vénitienne, le livret mêle les dieux et les hommes, avec un équilibre certain entre récitatifs et airs chantés.  Inspiré des Métamorphoses d’Ovide, le livret fournit la possibilité d’une parfaite comédie lyrico-sexuelle offrant une foule de possibilités comiques au metteur en scène imaginatif.  Cela ne fut, hélas, pas le cas, tant la mise en scène de Macha Makeïeff nous a paru ennuyeuse, sans originalité, rendant mal, à la fois, la violence du désir et la subtilité de l’évitement dans l’amour éthéré avec, de plus, une scénographie assez laide, voire indigente, malgré les éclairages réussis de Dominique Bruguière.  Musicalement, la cohésion et l’équilibre entre l’orchestre et les chanteurs furent de mise, avec un chef très à l’écoute.  Vocalement, la distribution est de qualité relativement homogène.  Notons la remarquable interprétation, tant scénique que vocale, de Sophie Karthäuser qui confirme son succès de l’an dernier à Bruxelles, dans ce rôle.

 Aux côtés du non moins remarquable Lawrence Zazzo, Véronique Gens campe une Junon passionnée et jalouse parfaitement crédible, Giovanni Battista Parodi, en imitant Diane, fait des prouesses « vocales » assez comiques, lors des passages en voix de tête, Milena Storti, Sabina Puertolas et Marie-Claude Chappuis sont également convaincantes.  Bref, une qualité vocale et musicale qui nous fait amèrement regretter l’indigence de la mise en scène.