Richard WAGNER : L’Or du Rhin.  Prologue en quatre scènes à L’Anneau du Nibelung (1869).  Orchestre de l’Opéra national de Paris, dir. Philippe Jordan.  Mise en scène : Günter Krämer.  Falk Struckmann (Wotan), Samuel Youn (Donner), Marcel Reijans (Froh), Kim Begley (Loge), Peter Sidhom (Alberich), Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Mime), Iain Paterson (Fasolt), Günther Groissböck (Fafner), Sophie Koch (Fricka), Ann Petersen (Freia), Qiu Lin Zhang (Erda), Caroline Stein (Woglinde), Daniela Sindram (Wellgunde), Nicole Piccolomini (Flosshilde).

 Des dieux « bodybuildés », des géants organisés en commando révolutionnaire, des filles du Rhin vêtues en danseuse de cabaret, des nains transformés en forçats de la mine, une mise en scène originale à grand spectacle, empruntant à la bande dessinée, comportant de nombreux clins d’œil à des productions antérieures lyriques ou cinématographiques, avec toutefois un arrière-fond politique marqué et une division affirmée entre des dieux oisifs et le monde du travail, nains et géants.  Une direction d’acteur dynamique et efficace occupant tout l’espace scénique, une belle et grandiose scénographie.  Une direction musicale de Philippe Jordan élégante, précise mais un peu froide.  Une distribution vocale homogène, de laquelle on retiendra tout particulièrement les prestations de Sophie Koch, majestueuse, de Qiu Lin Zhang, à la voix d’une profondeur abyssale, ainsi qu’un excellent Kim Begley, tantôt clownesque, tantôt prophétique, campant un Loge ambigu et lucide.  Un avis plus réservé concernant le Wotan de Falk Struckmann qui manque singulièrement de charisme et de présence vocale.  Un bilan « globalement positif » pour ce premier épisode du Ring, de retour à l’Opéra de Paris.  Affaire à suivre…