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Catégorie : Opéras

Une reprise ratée de Don Carlo à l’Opéra Bastille. Don Carlo de Giuseppe Verdi.  Opéra en quatre actes (version de 1884), sur un livret de Joseph Méry & Camille du Locle, d’après le drame de Schiller.  Chœur & Orchestre de l’Opéra de Paris, dir. Carlo Rizzi.  Mise en scène : Graham Vick.  Giacomo Prestia (Filippo II), Stefano Secco (Don Carlo), Ludovic Tézier (Rodrigo), Victor Von Halem (Il Grande Inquisitore), Sondra Radvanovsky (Elisabetta), Luciana d’Intino (La Principessa d’Eboli).

 Nouvelle reprise de Don Carlo, à Bastille, dans la mise en scène de Graham Vick, et sans doute une fois de trop, tant nous avons été déçus par cette dernière prestation, surtout du fait de la direction musicale de Carlo Rizzi, particulièrement lourde, menaçant à tout instant de couvrir les voix, obligeant les chanteurs à des numéros de force, à la limite de la justesse, notamment dans le célèbre duo de l’amitié du premier acte. 

Le reste était à l’avenant : une Princesse Eboli (Luciana d’Intino) à la voix ample et puissante qui manquait singulièrement d’« allegria » dans sa chanson sarrasine ; seule Sondra Radvanosky parvenait à faire entendre sa magnifique voix, lumineuse, parfaitement adaptée au rôle. Il fallut attendre le quatrième acte - peut-être du fait de la fatigue de Carlo Rizzi - pour retrouver toute la beauté de cet opéra avec le grand air de Philippe II et le duo avec le Grand Inquisiteur : Giacomo Prestia, émouvant, Victor Von Halem terrifiant avec son timbre semblant venu d’un autre monde.  Stefano Secco semblait mal à l’aise vocalement avec des aigus agressifs, Ludovic Tézier, fidèle à lui-même, chantait mieux qu’il ne joue... seul ; le dernier duo précédant la mort de Rodrigo apportait une réelle émotion. La mise en scène, également, semble passer de plus en plus difficilement l’épreuve des différentes reprises, avec une scénographie assez minimaliste pour l’essentiel et un sous-éclairage évident.  Bref, un constat pour le moins mitigé…