Dans le cadre de la série « Les Grandes Voix » Roberto Alagna offrait au très nombreux public de la Philharmonie de Paris un des derniers récitals de la saison, en compagnie de la mezzo soprano ukrainienne Iryna Zhytynska, accompagné par l'Orchestre National de Lille sous la direction de Giorgio Croci.

Un programme d'airs et de duos d'opéras italiens et français (Luisa Miller, La Force du destin, Don Carlo, Attila et Aïda de Verdi, Samson et Dalila de Saint Saëns, Le Dernier Jour d'un condamné de David Alagna, Roméo et Juliette de Gounod et Carmen de Bizet). Un récital grand public, un peu « people » qui ne fera pas date. Conquis d'avance le public fit un triomphe mérité au ténor français, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire tant la prestation de la chanteuse ukrainienne fut calamiteuse et l'accompagnement de l'orchestre pour le moins approximatif, le chef en perdant sa partition… Pour le reste Roberto Alagna sut séduire son public par son charisme, sa puissance, son timbre lumineux, sa diction parfaite, son souffle, la souplesse de sa ligne et son jeu d'acteur. Contraste marqué avec la mauvaise projection d'Iryna Zhytynska, son vibrato gênant, son timbre égrillard, son absence totale de graves, ses aigus serrés, sa diction incompréhensible et sa présence scénique des plus rudimentaires…Un déséquilibre qui amputera lourdement la crédibilité des duos….pour une soirée dont on perçut très rapidement les limites ! Dommage quand on sait que de l'autre côté de la place, le CNSM fourmille de nombreux talents féminins (notamment la mezzo Eva Zaïcik) que nous avons pu apprécier lors du Voyage à Reims de Rossini, donné tout récemment…

 

Patrice Imbaud