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Catégorie : Opéras

ules MASSENET : Werther.  Drame lyrique en quatre actes. Livret d'Edouard Blau, Paul Milliet et Georges Hartmann, d'après  Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Juan Diego Florez, Joyce DiDonato, John Chest, Luc Bertin-Hugault, Valentina Nafornita. Maîtrise de Radio France. Orchestre National de France, dir. Jacques Lacombe. Version de concert au Théâtre  des Champs-Elysées.

 Encore un concert très attendu que cette version de concert du Werther de Massenet qui voyait pour cette représentation avenue Montaigne pas moins de deux prises de rôles, celle du ténor péruvien Juan Diego Florez dans le rôle titre et celle de la soprano américaine Joyce DiDonato dans celui de Charlotte. Une première expérience vocale qui devrait se concrétiser en version scénique à Bologne en décembre prochain pour lui, à Londres en juin prochain pour elle. Affaire à suivre…Pour l'heure, concentrons nous surtout sur cette représentation mémorable s'il en est.

Juan Diego Florez fait partie de ces ténors rossiniens et belcantistes prudents cherchant à ménager leur voix, aussi ce nouveau rôle fût-il envisagé de façon patiente et raisonnée, après un long travail de préparation. Si le niveau vocal superlatif du ténor péruvien ne souffre aucun reproche, on est en droit de se demander si son Werther est le meilleur du genre, son timbre étant peut-être un peu trop lumineux quand on l'aurait préféré plus sombre. La facilité vocale ne fait, également, aucun doute de bout en bout, de même que la diction parfaite, mais la composante théâtrale du rôle reste un peu trop monolithique pour que ce Werther ne parvienne à nous émouvoir vraiment, les vers d'Ossian restant d'une froide beauté très apollinienne. Concernant Joyce Di Donato en Charlotte, les louanges resteront plus limitées tant la voix semble par instant forcée, à la limite du cri et la diction  plus qu'approximative. En revanche la Sophie de Valentina Nafornita fut impressionnante de présence vocale bien qu'un peu maniérée, le Bailli de Luc Bertin-Hugault constamment convaincant, alors que l'Albert de John Crest resta sur la réserve et peina à finir ses phrases. Mais finalement le grand vainqueur de cette admirable soirée restera, à n'en pas douter, l'Orchestre National de France, magique du début à la fin (violon solo de Luc Héry, harpe d'Emilie Gastaud, violoncelle de Jean-Luc Bourré, clarinette de Jessica Bessac, flûte de Philippe Pierlot pour n'en citer que quelques uns…) conduit par la baguette précise et intelligente de Jacques Lacombe, au service à la fois des chanteurs et de la dramaturgie. Une très belle soirée conclue par un long triomphe…mérité !