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Catégorie : Concerts

Ophélie Gaillard et l'Orchestre national de Lorraine

Erich Wolfgang Korngold / DR A l'occasion de la sortie de son nouvel album « Exiles », chez Aparté, la violoncelliste Ophélie Gaillard était la soliste du concert de l'Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier. Le concert débuta avec l’oeuvre la plus populaire d'Ernest Bloch, sa rhapsodie hébraïque « Schelomo » pour Violoncelle et Orchestre. OEuvre puissante, très descriptive, au premier degré. Ophélie Gaillard s’y lança avec énergie et une profonde émotion. Le problème est que lorsque l’on joue dans cette église, le son se perd, va se répercuter on se sait où et vient en retour brouiller la musique. Seuls les auditeurs des premiers rangs, les

privilégiés, purent entendre les qualités de la violoncelliste. Quant à Jacques Mercier il tenta de limiter les dégâts avec son orchestre! La deuxième oeuvre au programme était le pratiquement inconnu Concerto pour violoncelle, op. 37 de Erich Wolfgang Korngold. C’est pour le film « Deception » (Jalousie) tourné en 1946 d’Irvin Rapper, avec Bette Davis et Claude Rains, qu’il l’écrivit. Remanié pour le concert, il fut créé peu après la sortie du film et interprété par Eleanor Aller-Slatkin. En France, c’était pratiquement une première pour les auditeurs et une vraie belle surprise. Le concert s'acheva avec la Cinquième Symphonie de Tchaïkovski. C’est 14 ans après la Quatrième qu’il l'écrivit. Seule symphonie à posséder un thème cyclique qui revient dans chacun des quatre mouvements, elle symbolise, d’après le compositeur, la providence. Tchaïkovski la trouvait superficielle, sans grand intérêt. A l’écoute du travail accompli avec son orchestre et sa direction lumineuse et précise, Jacques Mercier nous en donna une version très introspective, d’une intense profondeur. Peut-être est-ce aussi le lieu qui nous a fait ressentir ces émotions et ce malgré une acoustique désastreuse.