Gabriel Fauré / DR Dans le cadre de la série « Romantique – Authentique », les musiciennes des Pléiades, Laetitia Ringeval et Caroline Florenville, violons, Carole Dauphin, alto, Jennifer Hardy et Amaryllis Jarcyk, violoncelles, toutes solistes de l'Orchestre Les Siècles, et le pianiste François Dumont ont fait entendre des compositions de Dancla, Vieuxtemps, Gouvy et Fauré. Charles Dancla (1807-1917) est surtout connu pour ses oeuvres pédagogiques. La petite symphonie concertante pour deux violons et piano op.109 n°3 » (1872) est un cours morceau de 6 minutes, de forme héritée de la fin du XVIIème siècle. C’est une oeuvre charmante que les deux violonistes de l’orchestre des Siècles, accompagnées par François Dumont, ont interprété ensemble la plupart du temps, très simplement.

Avec L’Elégie pour alto et piano op.30 de Henry Vieuxtemps (1820-1881) on était mal à l’aise, non par le jeu de ce superbe pianiste, mais par la qualité de l’interprétation de la musicienne, l'altiste Carole Dauphin. Ce tube pour alto qui commence par un thème expressif, lyrique - on est dans un grand air d’opéra belcantiste - met en valeur le timbre chaleureux de l’alto puis s’achève par une brillante coda. Ici rien n’était en place ! Le son était étriqué et le pianiste dans la brillante coda n’a pas pu s’exprimer autant qu’il l’aurait voulu car sa partenaire peinait à tenir le rythme que demande cette oeuvre écrite par un violoniste virtuose. Suivait L’impromptu pour violoncelle et quatuor à cordes en ré majeur de Théodore Gouvy (1819-1898). Le quatuor est très sobre dans son accompagnement du violoncelle solo. Les cinq femmes qui se connaissent bien étaient à l’unisson et cette oeuvre de peu d’envergure s’écouta sans grande émotion.

Le concert se terminait avec le célèbre Quatuor avec piano op 15 de Gabriel Fauré (1845-1924). Cette oeuvre a eu beaucoup de succès à l’époque de sa création et elle est toujours autant appréciée. Difficile de lutter avec toutes les interprétations que l’on a entendues, mais celle-ci avait le mérite d’être jouée avec des instruments d’époque. On retiendra le beau son de Dumont qui avait entre ses doigts un piano Pleyel datant de 1892. L’équilibre entre les instruments était parfait pour cette recherche « d’authenticité » que tentent de faire « Les Pléiades ».

Ce concert a permis d’entendre des oeuvres et des compositeurs rarement joués ce qui est l’apanage du travail que fait en amont l’équipe de l’Auditorium d’Orsay. Un concert intéressant à plus d’un titre.

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