L’Ode for Saint Cecilia's Day est au nombre des grandes pages de Haendel qui a choisi le texte de John Dryden.  Le propos y est clairement de célébrer les joies de l’harmonie au travers des récitatifs et des airs précédés d'une brève ouverture à la française.  Marc Minkowski fait sourdre de son orchestre des « Musiciens du Louvre-Grenoble » des sonorités riches et chatoyantes, par dessus tout pour magnifier les combinaisons originales dont Haendel enlumine cette pièce, comme l’union de la viole de gambe, du luth et de l’orgue positif. La peinture si évocatrice des instruments fait se côtoyer tel solo de flûte enlaçant la voix éthérée de la soprano (merveilleuse Lucy Crowe) pour décrire « la flûte tendre et plaintive » ou une élégiaque intervention de la même soprano évoquant  « la louange sacrée de l'orgue ».

 

 

Enfin, la messe Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae de Joseph Haydn, la dernière et la plus développée de ses quatorze messes, est une sorte de somme, ne serait-ce que par ses effectifs.  Messe brève pourtant à l'origine, confie le chef, dans le style italien ; dont il ne donnera que le Kyrie et le Gloria (mais en bis, deux autres morceaux « qu'il serait impardonnable de ne pas entendre »).  De cette grande messe-cantate, Minkowski fait encore son miel, en particulier lors de la fabuleuse fugue conclusive, écrite dans la veine de Bach ou de Haendel.