Serge GUT : Franz Liszt. Les éléments du langue musical. Édition revue et augmentée, Auguste Zurfluh (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). 2008.  376 p.  30 €.

Préfacée en 1975 par le regretté Jacques Chailley, qui avait souligné « la rigueur minutieuse d’investigation » de Serge Gut, musicologue et musicien, ayant réussi à détruire légendes hâtives et généralisations abusives, la présente édition, revue et augmentée, bénéficie d’un Avant-propos de l’auteur qui insiste sur les nouvelles données, par exemple dans la Première Partie : Données de base, il a introduit le tout dernier état de la question concernant Liszt écrivain, à l’appui de nombreuses citations précieuses (lettres de Liszt et de ses correspondants) éclairant les divers contextes. La Deuxième Partie, particulièrement développée, concerne d’abord Les éléments mélodiques.  À noter, à propos de la gamme pentatonique, un apport neuf : le

« symbole sonore de la Croix », formule mélodique privilégiée par Liszt.  Les modes tziganes font l’objet non seulement de l’historique et la présence de la gamme tzigane, mais encore de précisions sur « l’échelle à double seconde augmentée ». La Troisième Partie : Les éléments harmoniques ne contient que quelques changements de détail, toutefois S. Gut a davantage précisé la notion importante et nouvelle de différence entre morphologie et syntaxe, et la notion de tension (et d’instabilité), représentant sans doute l’une des grandes découvertes de l’auteur dans le domaine de la théorie musicale.  Cette partie représente une véritable synthèse de tous les éléments, accords et agrégats exploités par le compositeur et ses affinités pour le goût de la dissonance et, d’une manière générale, l’importance qu’il accorde à l’harmonie.  Enfin, à la Quatrième Partie : Influences et éléments divers, l’auteur souligne plus en détails les influences réciproques Liszt-Wagner, l’apport du Romantisme français dans sa jeunesse et, dans une certaine mesure, de l’Italie, ainsi que l’apport des courants latin, germain et hongrois dans sa vieillesse.  La conclusion est à la reconnaissance envers Liszt qui nous a livré « une telle mine d’or que l’on peut à la fois exploiter, étudier, ordonner… » : tel est l’apport de ce « grand romantique ».  Cette publication reproduit le Catalogue complet des œuvres musicales (p. 310-354), en tenant compte de découvertes récentes, avec la répartition des œuvres par catégories.  La Bibliographie est entièrement remise à jour. Tant par la rigueur de la méthode que par la présence de plus de 200 exemples musicaux et par la nouveauté de certaines approches, ce maître-livre confirme que Serge Gut, musicologue et musicien, est à notre époque le grand spécialiste de l’analyse et de l’exégèse du langage musical.