Gilles CANTAGREL (dir.) : Guide de la musique d’orgue. Fayard, Coll. « Les indispensables de la musique », 2012, 1063 p. – 32 €.

Pour cette seconde édition du Guide de la musique d’orgue, revue et augmentée, Gilles Cantagrel a fait appel à deux nouveaux collaborateurs : les organistes Éric Lebrun et Pascale Rouet. Il a, d’une part, comblé des lacunes par rapport au premier volume, par exemple en incluant Alexandre Cellier (1883-1968), l’organiste bien connu de l’Église Réformée de l’Étoile (Paris) pendant plus d’un demi-siècle,

Inspecteur de l’Enseignement musical dans les Conservatoires de Province, compositeur ayant notamment exploité les mélodies des Psaumes huguenots, et auteur de pièces descriptives : Églises et paysages (1943). Il a, d’autre part, inclus des entrées comprenant de nouveaux noms d’organistes et compositeurs de notre temps : Jean-Jacques Werner, né en 1935 (p. 980) — également chef d’orchestre de réputation internationale —, auteur d’un Da pacem Domine (1960) et du Cantique de Siméon (1983), œuvre de commande ; Daniel Roth, né en 1942 (p. 863-5), depuis 1965 organiste de l’Église Saint-Sulpice ; Jacques Pichard, né en 1961 (p. 801-3), organiste de la Cathédrale de Nanterre, dont l’In memoriam Thaddée In a obtenu le 1er Prix au Concours international de Bordeaux (2002) ; Florentine Mulsant, née en 1962 (p. 758), dont le Veni Sancte Spiritus (1999) a été créé à Paris ; Pierre Farago, né en 1969 (p. 422), Professeur d’orgue, compositeur à mi-chemin entre l’esthétique allemande et l’esthétique française…  Enfin, il a également tenu compte du dernier état de la recherche, par exemple, à l’article J. S.  Bach, figure (p. 100) l’analyse des Chorals de la Collection Rudorff trouvée à Leipzig en 1994, soit trois ans après la première édition (1991). Certaines notices retiendront l’attention, par exemple concernant  les œuvres de Mozart pour orgue mécanique ; la réforme de l’orgue aux Pays-Bas (p. 770) ; la réforme cécilienne (p. 214) ; l’Annuaire de l’organiste (1819) de Guillaume Lasceux (avec ses 12 Fugues) ; Die Kunst einer Fuge (1968) de Gerd Sacher, en fait : l’Art d’une Fugue en « 10 » interprétations du premier contrepoint de Die Kunst der Fuge (J. S. Bach), parmi d’autres. Cet usuel propose des aperçus historiques, des précisions techniques (sur la facture d’orgue, notamment), des analyses détaillées rédigées par les meilleurs spécialistes  (comme celles concernant les œuvres de Thierry Escaich, né en 1965, compositeur prolixe « dont la production d’où émane un lyrisme incandescent ne connaît pas d’exclusive », par exemple), ainsi qu’une ouverture sur des Écoles et des compositeurs moins connus en France, tels que les Allemands Julius Reubke (1834-1858), Max Reger (1873-1916) et son élève, le Hongrois Michael Radulescu…, ou encore le Belge Benoît Mernier, né en 1964… D’un point de vue pratique, les interprètes seront également informés des durées approximatives d’exécution, détail important pour leurs interventions lors de messes et de cultes et de récitals d’orgue. Au fil des pages, mélomanes, organistes, historiens découvriront l’importance et la vitalité du répertoire organistique à travers les siècles jusqu’à nos jours. Ce Guide considérablement élargi, sera souvent consulté avec profit par les musiciens d’Église, les théologiens, les musicologues. D’ores et déjà, il s’impose en tant qu’incontournable et « indispensable » vademecum.

 

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