Association Beethoven France & Francophonie (www.beethoven-France.org ), 1er Semestre 2016, 136 p. - 10 €.

Cette publication semestrielle est destinée aux membres de l'Association et également aux mélomanes auxquels, conformément à ses objectifs, elle apporte de nombreux éléments parfois inédits sur la vie et l'œuvre de Beethoven. La première partie s'adresse aux lecteurs curieux ; ils y trouveront des informations sur ses domiciles successifs : plusieurs maisons à Vienne, par exemple la Pasqualatil-Haus, les appartements à la Mölkerbastei, à Herzendorf, à Heiligenstadt, entre autres, permettant de localiser la genèse et la création de ses œuvres, de visualiser son cadre de travail, mais aussi de connaître ses fréquentations ou encore les lieux de concerts, sans oublier ses déplacements.

Ce parcours particulièrement détaillé contribue à une meilleure compréhension de ses habitudes quotidiennes jusqu'en 1817 (à suivre). Dominique Reniers apporte des renseignements assez neufs sur l'entourage du compositeur comprenant notamment l'Archiduc Rodolphe d'Autriche (1788-1831) et s'interroge — à propos du dédicataire de la Missa solemniss'il s'agit éventuellement d'un « calcul politique de la part de Beethoven qui avait besoin d'un mécène » et, documents à l'appui, « ce qu'a pu — ou aurait pu — être la relation entre le rugissant Beethoven et le bonhomme Archiduc… » (p. 13). Cet article très documenté est explicité par un tableau relatif aux personnalités dans la mouvance de l'Archiduc Rodolphe ainsi que par cinq Annexes concernant, entre autres, les événements marquants dans sa vie, les œuvres qui lui sont dédiées, ainsi qu'une fiche synoptique des relations établies autour de la rencontre de Beethoven avec l'Archiduc Rodolphe, des membres de la Cour et de l'aristocratie, des musiciens, mais aussi des allusions aux problèmes juridiques.

La deuxième partie, présentée par Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin, est dévolue à la Missa solemnis (op. 123). Il propose « une discographie comparée de l'ultime chef-d'œuvre sacré beethovénien » qui guidera le discophile et le néophyte (p. 31 sq.). Les chefs les plus réputés défilent ainsi à travers les décennies. L'analyse de la Missa solemnis (4e article) de Bernard Fournier porte plus particulièrement sur le Sanctus avec, entre autres, un remarquable plan général, des précisions sur l'instrumentation et une analyse fouillée des diverses séquences et sections ainsi que sur le travail thématique, donnant même un aperçu des lettres adressées à l'Archiduc et la liste des divers éditeurs. En conclusion, l'auteur rappelle le souhait en tête du Kyrie… « Venu du cœur ! Puisse-t-il retourner au cœur ». Cette phrase est située dans son vrai contexte. À noter encore les importants compléments de Michel Rouch à propos de « Beethoven au cinéma (V) » et de Diane Kolin : « Beethoven au théâtre (II) ».

La troisième partie est relative à l'information et à l'actualité dans une perspective critique systématique et comparative : cinéma, théâtre, enregistrements en France et à l'étranger, ainsi qu'un entretien avec Jean-Bernard Pommier, pianiste beethovénien s'il en est. À propos de la Hammerklavier Sonate ou encore de la Fugue de la Sonate (op. 110), il insiste sur la « scolarisation systématique de la technique pianistique ». Cette interview bénéficie de questions judicieuses et de réponses circonstanciées. Une annonce concerne également l'Exposition (17 panneaux) thématique proposée par l'Association.

Saluons cette nouvelle présentation très lisible, avec une meilleure mise en page ; elle est étayée d'illustrations significatives et de citations musicales à des fins de démonstration. En notre époque troublée, comme le rappelle le Président Dominique Prévot : « La musique de Beethoven en particulier constitue à la fois un message d'espoir et de courage. »