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Catégorie : Livres

Laurine QUETIN (dir.) : Les querelles musicales dans les écrits esthétiques et littéraires après 1750,  Revue MUSICORUM n°17, (www.revuemusicorum.com ), 2016, 175 p. 29 €.

La Querelle des Bouffons a fait couler beaucoup d'encre et révélé les démêlés entre les tenants de la musique italienne et ceux de la musique française. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), pro italien, n'a-t-il pas, dans sa Lettre sur la musique française (1753), affirmé : « Les Français n'ont point de musique et n'en peuvent avoir, ou que, si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux » ? Rappelons que Christoph Willibald Gluck (1714-1787) a, lui aussi, suscité des polémiques.

 

Réalisé par Laurine Quetin, préfacé par Suzel Esquier, ce numéro 17 de la Revue Musicorum va droit aux sources, c'est-à-dire aux écrits littéraires et esthétiques après 1750. Huit auteurs français et étrangers abordent des questions ponctuelles, par exemple la définition de la Dissonance selon Rousseau ou encore la discussion relative à ses conceptions du goût et de la mélodie, mais aussi les réactions de ses contemporains Chastellux, Framéry et Momigny. Ces réflexions caractéristiques du Siècle des Lumières ont animé l'Europe et, en particulier, l'art lyrique. Elles ont porté sur les identités nationales, le problème de la langue ; elles ont également animé des querelles : de personnes, des Anciens et des Modernes, des Gluckistes, des Piccinistes…

Les sept études s'imposent par leurs nombreuses interrogations sur la notion de progrès en musique, sur les formes (comédies, opéras), sur les engagements des compositeurs, sans oublier les incidences sur le goût, la société, la notion de représentation, le tout dans une optique comparative avec un sens solide de la discussion et de l'argumentation.