LE LIVRET DU CANDIDAT AU BACCALAURÉAT de juin 2019


En préparation

Philippe Morant
Voir Ph. MORANT LE NOUVEAU BACCALAURÉAT, ENTRE GRANDS ESPOIRS ET FORTES CRAINTES…

OSER l’Encyclopédie. Un combat des Lumières, Paris, edpsciences. 2017, 118 p.

Cette ENCYCLOPÉDIE a été mise en ligne en octobre 2017, à l’initiative de l’équipe de coordination : Alain CERNUSCHI, Alexandre GUILBAUD, Marie LECA-TSIOMIS, Irène PASSERON (Institut de France, Académie des Sciences), à laquelle se sont joints Malou Haine, Alain Sandrier et Christine Lesueur. L’édition numérique tient compte du tout dernier état de la recherche technique et historique. Elle projette un nouvel éclairage sur le « Siècle des Lumières » alors entre héritage et innovations.

Les musicologues, ethnomusicologues, théoriciens et professeurs d’harmonie, entre autres, trouveront de nombreuses précisions sur les divers systèmes, modes, modulations, genres, intervalles… ; sur les instruments de musique (harpe, orgue, cloche…) et la lutherie ; spectacles, théâtre, opéra, danse, voix… ou encore littérature, poésie, rhétorique ; chronologie… Ce fascicule se présente comme un indispensable guide pour la consultation numérique. Son titre est justifié sur le plan sémantique par la définition d’époque (Grammaire) : « Oser, verbe actif : avoir le courage d’entreprendre une chose hardie, périlleuse, difficile. Qu’il ose ? Celui qui ose a mesuré en lui-même ses forces avec son entreprise » (Vol. XI).

ENCCRE : Édition Numérique Collaborative et Critique de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des arts et des métiers (1751 à 1772), de Diderot et d’Alembert (et Jaucourt, à partir de 1752). http://enccre.academie-sciences.fr/ice/ en ligne : octobre 2017.

Qui l’eût dit ? Qui l’eût cru ? La célèbre Encyclopédie peut être consultée « à domicile » et, de surcroît, étayée de commentaires actualisés — grâce à une équipe de plus de 120 spécialistes : soit 28 volumes, 74 000 articles numérisés et 2 579 planches (totalisant 20 années de travail), données critiques, notes argumentées — immédiatement disponibles : une extraordinaire aventure éditoriale informatique (octobre 2017) s’étoffant en permanence de nouveaux dossiers.

Certes, les lecteurs disposaient de facsimilés thématiques (Paris, Éditions Interlivres, 1994), c’est-à-dire : Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts méchaniques [orthographe d’époque], par exemple : Musique ; L’art de l’écriture, caractères et alphabets (arménien, géorgien, siamois…) ; Imprimerie, reliure avec de nombreuses Planches, Illustrations (ateliers, outils ou encore définitions d’époque : « imprimerie en taille douce… »). Mais c’était sans compter avec les progrès de l’informatique.
Édith Weber

Serge GUT : Les principes fondamentaux de la musique occidentale Un demi-millénaire de polyphonie (1400-1900) Collection L’Éducation musicale Avant-propos et édition Vincent Arlettaz Paris, éditions Beauchesne, 2017.

À l’automne d’un engagement réflexif édifiant, poussé par l’Agathodaïmon de la théorie, le Professeur Serge Gut, d’origine bâloise, fervent partisan, à la suite de Vincent d’Indy de la méthode riemanienne d’analyse harmonique soumet, – à l’appréciation des initiés –, un ouvrage testamentaire de 431 pages immergé dans le ferment musicologique d’une vie de recherche. En vérité, le maître d’oeuvre de « cette période retenue comme champ d’investigation », s’attelle à une permanente confrontation d’idées ; d’où, un titre, au potentiel si intimidant : Les principes fondamentaux de la musique occidentale - Un demi-millénaire de polyphonie (1400-1900). En assumant pleinement le recours aux considérations savantes qui surviennent tout au long de ces pages, le musicologue, – bien qu’il ne soit pas l’inventeur, à proprement parler, d’une théorie –, appréhende des facteurs déterminants du langage musical destinés à s’intégrer dans l’architecture rigoureuse d’un livre structuré en quatre grands chapitres : I. Les données de base. II. La première grande floraison (XVe et XVIe siècle). III. L’épanouissement (XVIIe et XIXe siècle). IV. Réflexion et synthèse.

Marielle CAFAFA (dir.) : La chanson de Debussy à Poulenc. Vingt regards sur la chanson polyphonique française. Aix-en-Provence, BOOKELIS (www.bookelis.com). 2018 (217 p.) - 15 €.

Faisant suite à sa Thèse de Doctorat (Paris-Sorbonne, 2013), au livre : La chanson polyphonique française au temps de Debussy, Ravel et Poulenc (L’Harmattan, 2017) et au disque : Polyphonies françaises (www.ensembleleonor.fr) (cf. Lettre d’information n°118, 2018), Marielle Cafafa — fondatrice de l’Ensemble Léonor — et son équipe très motivée réalisent une nouvelle publication autour du renouveau de la chanson française. L’accent est mis notamment sur celles de Raymond Bonheur (1861-1939), Reynaldo Hahn (1874-1947), Paul Ladmirault (1877-1944), d’Angèle Ravizé (1887-1980), mais aussi de Maurice Ravel (1873-1937), Jean Langlais (1907-1991), Jacques Chailley (1910-1999)...

Pierrette GERMAIN-DAVID, Marie-Claude TANGUY : Quand le cœur de la République battait à l’Opéra Garnier (1875-1975). Sampzon, DELATOUR France (www.editions-delatour.com ). BDT 0066. 2018. 111 p. - 12 €.

Avec un titre et des sous-titres de chapitres particulièrement éloquents, ce livre représente à la fois une page d’histoire française et le symbole républicain de la grandeur artistique. Dès son inauguration, le 5 janvier 1875, le bâtiment avec son imposante coupole suscite l’admiration du monde entier. Deux auteurs, Pierrette Germain (musicologue) et Marie-Claude Tanguy (historienne) mettent en évidence les rapports entre histoire et musique. Ce haut-lieu du snobisme mondain attire les gloires du temps, des hôtes de marque et le Tout-Paris. Les politiques et la diplomatie récupéreront les valeurs culturelles à leur profit. Peu après la défaite de 1870, l’architecte parisien Charles Garnier (1825-1898) a réalisé ce « fleuron d’art national », source de prestige. Sa construction a été achevée en 1874.

CHANTER EN ÉGLISE (parution avril 2018)

DANIEL MOULINET
24.00 €. 178 pages

Ces dernières décennies, le chant liturgique a connu de profondes évolutions. Il a même suscité débats et tensions. Comment le chant liturgique, aujourd’hui en France, est-il révélateur des évolutions du langage théologique, des sensibilités spirituelles, des orientations pastorales ? Plus de cinquante ans après le concile Vatican II, ne devons-nous pas nous interroger et évaluer comment il répond à sa fonction ministérielle en liturgie et nous aide à mieux célébrer ?

C’est pour approcher ces questions que les journées d’études organisées en juin 2017 par l’Institut pastoral d’études religieuses de Lyon et les Amis de Marcel Godard ont réuni différents acteurs, universitaires, professionnels, acteurs de terrain et pastoraux, de façon à conjoindre différentes approches de cette action d’Église, du point de vue de l’histoire et de l’ecclésiologie, certes, mais aussi en prenant largement en compte la pastorale et la technique vocale.

Au terme, nous sommes invités à une réflexion sur la manière d’assurer la communion ecclésiale dans le contexte de la diversité actuelle des pratiques liturgiques. Par-delà cette variété des communautés qui prient et qui chantent, c’est le même Christ qui célèbre et se rend présent à notre monde.

Arnold SCHOENBERG : Fonctions structurelles de l’harmonie, traduction et commentaire de Bernard FLOIRAT. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ). BDT 0083. 2018. 229 p. – 29 €.

Dans l’optique d’Arnold Schoenberg (1874-1957), il s’agit d’un « livre pour enseigner et apprendre en autodidacte ». Il considère cette publication comme un complément à son traité d’harmonie (Harmonielehre) écrit à l’âge de 36 ans, terminé en 1911 et réédité entre 1937 et 1941. Elle représente, en fait, la synthèse de plus de 50 ans d’expériences, de constats et de réflexions. Ses qualités sont indéniables : plus d’exemples musicaux que de commentaires ; remarquable qualité de la traduction française de Bernard Floirat, spécialiste du maître viennois, effectuée à partir de l’édition révisée par Schoenberg entre 1954 et 1969 aux États-Unis où il s’était installé en 1933 et où il a enseigné dès 1939 à Los Angeles puis Boston, New York.

Maurice EMMANUEL : Lettres choisies, rassemblées, présentées et annotées par Christophe Corbier. Paris, VRIN (www.vrin.fr ), Coll. MusicologieS, 2017, 625 p. – 45 €

Après la publication : Biographie et Catalogue des œuvres musicales parue en 2017 chez DELATOUR France (BDT 0140), les lecteurs pourront approfondir avec grand profit leur connaissance de Maurice Emmanuel (1862-1938) grâce à une sélection de 400 lettres sur les 1600 retrouvées, publiées avec tant de passion par Christophe Corbier — spécialiste de Maurice Emmanuel et des rapports entre philosophie, musique et littérature notamment grecques antiques — et complétées par 284 notes infrapaginales très détaillées, trois Index indispensables : Noms, Œuvres, Matières ainsi qu’une Bibliographie thématique très étoffée (p. 583-593).

Reproduites intégralement, ces lettres proviennent de divers fonds d’archives (officiels et privés, en France et à l’étranger) ou de Bibliothèques (Nationale, municipales et familiales). Elles sont présentées en 6 tranches chronologiques, allant de 1880 à 1938 (p. 57 à 477). Ce livre reflète l’histoire musicale, l’histoire des mentalités et le contexte sociologique en France, entre le XIXe et le XXe siècle.

Michel RETBI (dir.) : Jazz, Acoustique, Architecture, Ville. Actes de Colloque. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), BDT 0127. 2018. 270 p. – 24 €.

Le problème des lieux et de l’acoustique des édifices préoccupe aussi bien les interprètes que les compositeurs ou encore les organisateurs de concerts de jazz et les architectes. Il figure au centre des Actes d’un Colloque publiés par Michel Retbi avec collaboration de musiciens et acousticiens, d’historiens et anthropologues, de physiciens et d’architectes ayant — de façon très neuve et originale — étudié les « relations ténues » entre jazz et ville.

Après la vision transversale de M. Retbi, architecte, acousticien et musicien, résumant les liens entre architecture, jazz et peinture, puis entre ville et paysage sonore, deux communications historiques abordent l’évolution du genre musical entre 1900 et 1960 par le biais de l’acoustique, puis « le jazz, l’enregistrement et l’histoire ». Plusieurs contributions portent sur les lieux (Bordeaux, Nantes, salles classiques, Cité de la Musique…) et évoquent l’« impact des choix architecturaux et acoustiques sur la pratique musicale ».

Phillipe Albèra : Le Parti Pris des sons Sur la musique de Stefano Gervasoni

L’ouvrage de Phillipe Albera présente la musique de Stefano Gervasoni dans son rapport au timbre, en ce qu’elle a à la fois de plus immédiat et de plus recherché. Le compositeur italien partage avec Salvatore Sciarrino un intérêt certain pour les sonorités inouïes que la musique instrumentale sait encore révéler, par un emploi toujours renouvelé des registres, de modes de jeu, mais aussi par l’emploi d’instruments traditionnels comme le cymbalum, qui reste très présent dans l’univers Gervasonien.

Phillipe Albera n’hésite pas dans certaines pièces à décortiquer les séries et intervalles dans la partition, afin de déceler les principes générateurs de l’oeuvre, ou les rapports numériques que lient parfois rythmes et hauteurs. Les résultats de ces analyses, cependant, sont toujours interprétés selon une appriche plus globale, au plus proche du ressenti de l’auditeur.

Ivan Moody : Modernité et spiritualité orthodoxe Dans la musique contemporaine

Dans l’église orthodoxe, modernité et spiritualité peuvent sembler aux antipodes : la première est innovante et fragmentaire, la seconde ancrée dans une tradition inchangée.
Ce livre novateur montre que la réalité est plus complexe. Les compositeur orthodoxes, d’origines grecque, bulgare, russe et serbe se sont souvent inspirés de cette rencontre insolite, même en temps d’oppression politique. C’est même peut-être dans ce paradoxe que réside l’expressivité des oeuvres d’Arvo Pärt, Einojuhani Rautavaara, ou John Tavener. Le livre est disponible à l’adresse suivante :
http://www.isocm.com/publications

Ivan Moody est compositeur, chef de choeur, musicologue et prêtre de l’église orthodoxe.
Jonathan Bell

STOCKHAUSEN JE SUIS LES SONS

Ce livre, que le compositeur souhaitait publier dans sa maison d’édition à Kürten, se propose de présenter les orientations principales de la recherche de Karlheinz Stockhausen (1928-2007) à travers ses œuvres, couvrant sa vie et ouvrant un accès direct à ses écrits. Divers domaines investis par le plus grand inventeur de musique de la seconde moitié du xxe siècle sont abordés : composition de soi à travers les matériaux nouveaux ; découvertes formelles et structures du temps ; musique spatiale ; métaphore lumineuse ; musique scénique ; l’hommage au féminin de l’opéra Montag aus Licht ; Wagner, Stockhausen et le Gesamtkunstwerk, œuvre d’art total. Les témoignages des femmes qui l’ont accompagné dressent un portrait vif et saisissant de l’homme, artiste génial qui aimait plus que tout la musique et la recherche compositionnelle au nom du progrès de l’être humain...(suite)

UNE PASSION APRÈS AUSCHWITZ ? Autour de la Passion selon Marc de Michaël Levinas

24.00 €.
Cet ouvrage paraît à l’occasion de la création à Lausanne, lors de la semaine sainte 2017, de La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz du compositeur Michaël Levinas. Cette création prend place dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Elle entreprend de relire le récit chrétien de la passion de Jésus dans une perspective déterminée par la Shoah.

Ce projet s’inscrit dans une histoire complexe, celle de l’antijudaïsme chrétien, dont la Réforme ne fut pas indemne, mais aussi celle des interprétations, théologiques et musicales, de la passion de Jésus de Nazareth. Et il soulève des questions lourdes, mais incontournables. Peut-on mettre en rapport la crucifixion de Jésus – la passion chrétienne – et l’assassinat de six millions de juifs ? Ne risque-ton pas d’intégrer Auschwitz dans une perspective chrétienne, et du coup de priver la Shoah de sa radicale singularité ? De redoubler la violence faite aux victimes d’Auschwitz en lui donnant un sens qui en dépasserait le désastre, l’injustifiable, l’irrémédiable ? (suite)


M

MAURICE MARTENOT, LUTHIER DE L’ÉLECTRONIQUE

59.00€
« Connaissez-vous beaucoup d'inventeurs d'instruments de musique ? Ceux dont l'histoire a retenu les noms se comptent sur les doigts d'une main. Jean- Christophe Denner a inventé la clarinette, Adolphe Sax le saxophone. Et puis ? On connaît des facteurs d'instruments, Stradivarius, par exemple. Mais il n'a pas inventé le violon. Alors qui ? Qui le piano ? Qui a inventé le tambour, la flûte, la harpe ? Autant demander qui étaient Adam et Ève ! »
En octobre 1980 mourait accidentellement, à Paris, Maurice Martenot, musicien, pédagogue, inventeur des ondes musicales. Trois mois plus tôt, l’auteur était allé l’interviewer à sa maison de campagne de Noirmoutier.
Ce livre relate l’histoire des ondes Martenot, instrument électronique de musique exceptionnel qui a séduit des personnalités aussi diverses que Mau- rice Ravel, Rabindranath Tagore ou Jacques Brel, et des compositeurs connus, tels Olivier Messiaen, Darius Milhaud, André Jolivet, Arthur Honegger, Edgar Varèse, Maurice Jarre, Akira Tamba – auxquels se sont ajoutés, depuis la première édition de ce livre, parmi bien d’autres, Jacques Hétu, Jonny Greenwood, ou encore Akira Nishimura. (suite)

 

LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA MUSIQUE OCCIDENTALE

Prix de souscription 32.00 valable jusqu'au 31 mars 2018 ensuite 48.00 €
Disparu en mars 2014 à l’âge de 86 ans, Serge Gut compte au nombre des figures majeures de la musicologie française des dernières décennies. Spécialiste de Franz Liszt, auquel il consacra deux grands ouvrages et de nombreux articles, il fut également un analyste réputé. Après une première formation de compositeur, il avait commencé sa carrière musicologique, dans les années 1960-1970, par des publications traitant surtout de questions de langage musical – un domaine qui, bien que parfois négligé par les milieux universitaires, constitue le pont naturel entre composition et théorie. Au terme de cinquante années d’une activité brillante, qui le vit notamment présider aux destinées de l’Institut de musicologie de la Sorbonne, Serge Gut devait revenir dans ses dernières années à cette passion de jeunesse. Son expérience unique, aussi bien dans les domaines de la recherche que de l’enseignement supérieur ou de la publication scientifique, lui inspira le présent ouvrage, qu’il qualifiait lui-même de testament. Théorie et histoire y tiennent un passionnant dialogue. (suite)

 

Laurine QUETIN, Konstantinos ALEVIZOS (éd.) :M. P. G. de CHABANON. De l’homme de lettres au compositeur.Tours, Université François Rabelais de Tours, Revue Musicorum (www.revuemusicorum.com ), n°19, novembre 2017. 264 p. -35 € (avec CD).

Laurine Quetin, toujours à l’affût de thèmes inédits, propose une présentation (avec disque) d’œuvres de Michel Paul Guy de Chabanon (1731-1792), à la fois violoniste virtuose, spécialiste d’esthétique musicale et compositeur averti prenant le contrepied du langage musical de son époque, comme le prouvent les minutieuses restitutions de ses Sonates avec suggestions de nuances et d’altérations établies par Konstantinos Alevizos. Ses œuvres étaient prisées dans les Salons parisiens, notamment chez la claveciniste Madame Brillon de Jouy (v. 1769-1824), mécène ayant encouragé de nombreux peintres et musiciens.

Des auteurs français et étrangers révèlent la personnalité multiple de M. P. G. de Chabanon, ses œuvres et leur style, ainsi que l’aspect codicologique des partitions du Fonds Brillon (support matériel, papier, filigranes…). C’est toute une époque qui défile. Interprètes, musicologues, historiens des mentalités et des sensibilités, paléographes, mélomanes curieux y trouveront leur compte à la lecture et à l’audition de cette double publication complémentaire. Voici encore une remarquable réalisation de Laurine Quetin en attendant le n° 20 (2018), sur le thème : Jean-Louis Florentz, veilleur insoumis ?
Édith Weber

 
 

 

TEMPO FLÛTE, n°17, 1er semestre 2018, TEMPO FLÛTE (www.tempoflute.com ), 68 p.

Cette Revue, fonctionnelle et technique, est destinée aux flûtistes, facteurs et interprètes. Elle débute par un entretien entre le directeur de la publication Pascal Gresset et Antonio Arias à propos de l’Orchestre National d’Espagne, de l’essor actuel de la flûte dans ce pays et résume aussi l’exceptionnelle carrière et les divers engagements de ce flûtiste espagnol formé par Alain Marion au CRR de Rueil-Malmaison.

L’apport technique concerne « L’ivoire dont on faisait les flûtes », sujet traité par Philippe Ragault, interviewé par P. Gresset. Il s’agit de l’un des derniers ivoiriers français (réalisateur de bâteaux…) victime d’un décret de 2016 à propos du travail de l’ivoire. Pourtant, ce matériau a été largement exploité pour les flûtes à bec, flûtes traversières « baroques » (à une ou plusieurs clés), notamment pour leur embouchure.

Un troisième entretien : « Des flûtes anciennes et Renaissance » à l’époque de Louis XIV, aborde la flûte traversière dans le sillage de Jacques Hotteterre (1673-1763), de Pierre-Gabriel Buffardin (1689-1768) et même Johann Joachim Quantz (1697-1773). Il est présenté par Philippe Allain-Dupré. Formé par Jean-Pierre Bourillon en France puis à Bruxelles, il a copié des flûtes anciennes « à peu près en bon état ». Son bilan descriptif et précis — en sa triple qualité de facteur, d’interprète et de formateur — intéressera aussi les historiens de la flûte Renaissance (jusqu’en 1650).

Enfin, les problèmes d’interprétation sont soulevés à juste titre dans la seconde contribution d’Antonio Arias relative à l’utilisation d’une « flûte d’amour » dans la Passion selon Saint Matthieu de J. S. Bach (BWV 244). Cette étude, très technique, avec de nombreux exemples à l’appui, rappelle que la flûte d’amour est en La, comme le hautbois d’amour — privilégié par J. S. Bach — et utilisée pour ses Airs. Elle est associée à un très intéressant tableau des flûtes traversières Renaissance, baroques et classiques (p. 40).

L’actualité porte sur les activités d’associations d’artistes au service des publics empêchés (GRADISCA), évoque les Festivals de flûte, le Concours de Cracovie et contient des critiques : sélections de disques, de partitions, de livres et recommande des professeurs. Même la publicité y est bienvenue. Une Revue exemplaire par sa présentation, son remarquable apport iconographique (interprètes, personnalités, instruments, orchestres, facteurs au travail).
Édith Weber

Michel CARDINAUX : Vincent ADLER. Un compositeur hongrois à Genève.
Genève, Éditions Harmonia Helvetica, 2017. 161 p.

En fin connaisseur, l’auteur suisse Michel Cardinaux s’attache à promouvoir le patrimoine et la musique suisses, pays d’accueil entre autres de Vincent Adler né en 1826 à Raab (ancien Empire austro-hongrois) où son père était chanteur, organiste et chef de chœur. Il a commencé ses études de piano auprès d’éminents maîtres hongrois, Ferenk Erkel, puis Franz Liszt, à Vienne. Dès 1851, depuis Genève, il multiplie les récitals et concerts d’abord dans son pays d’adoption puis, entre autres, à Paris où, très apprécié, il sera encouragé par Édouard Lalo qui le compare à un « Chopin moderne ». Il meurt prématurément en 1871 après un brillant parcours d’interprète, de compositeur et de professeur.

L’auteur s’appuie sur de solides sources d’archives en Suisse : à Genève, Bibliothèque (manuscrits, iconographie), Conservatoire ainsi qu’à Lausanne (Bibliothèque cantonale et universitaire), et également en Hongrie : à Budapest (Bibliothèque Nationale Széchényl). Les données, documents et matériaux, minutieusement consultés lui ont permis de dégager un vivant portrait de Vincent Adler assorti de judicieuses illustrations le situant dans son contexte hongrois puis suisse et, occasionnellement, français, avec une attention particulière au statut social du pianiste au XIXe siècle.

En biographe avisé, M. Cardinaux retrace la brève carrière de ce virtuose itinérant, d’abord « travailleur indépendant » avec une situation précaire (p. 28). En fait, à l’époque romantique, l’artiste exerce une fonction de divertissement, la pratique du piano est « banalisée » et la vie d’artiste assez décourageante. En musicien et analyste très sensible, l’auteur réussit à dégager sa démarche compositionnelle, à mettre l’accent sur l’affectivité du compositeur et à révéler son monde intérieur, mais aussi les qualités exceptionnelles de ce pianiste qui réussit à « magnétiser les foules ». Ces quelques lignes de force énoncées dans l’Avant-Propos préludent à 5 chapitres au contenu bien délimité. Les lecteurs seront d’abord introduits au contexte historique dans lequel ce « sujet » de l’Empire austro-hongrois et l’Europe danubienne a évolué et été formé. Le chapitre 2 est consacré au virtuose itinérant : premiers concerts, répertoire du grand pianiste. Le chapitre suivant souligne ses rapports avec la France (Paris, É. Lalo…). Le chapitre 4 concerne ses activités de professeur au Conservatoire de Genève jusqu’à sa mort en 1871 et caractérise aussi l’homme « si remarquable, guidé toujours par des aspirations élevées et s’inspirant de sentiments purs et nobles auxquels ne se mêla jamais rien de mesquin », ce qui a été évoqué lors de ses obsèques (p. 101-102). À partir de 17 ans, le compositeur traitera les formes romantiques de l’époque : impromptu (par exemple La Capricieuse), barcarolle, caprice, danses hongroise, bohémienne, allemande, fantaisie hongroise… ; il fait volontiers appel à la variation, mais insiste aussi sur la mise en valeur mélodique. Environ 40 œuvres (arrangements compris) pour piano nous sont parvenues. Son art, qui se veut direct, parle la langue des sentiments en s’imprégnant parfois d’influences populaires (p. 116). Sa Nouvelle scène de bal (op. 18, p. 146-154) illustre la complexité de son écriture faisant appel à la virtuosité pianistique et préconisant des nuances très diversifiées pour renforcer l’expression. La Bibliographie raisonnée sera très utile (p. 139, il faudrait signaler la réédition en 1958 de la Biographie universelle… de Fétis). La liste des 21 périodiques suisses et étrangers avec critiques de concerts est particulièrement imposante. Dédié à son ami, le pianiste français Daniel Spiegelberg, ce livre bien présenté contient de judicieuses illustrations : actes de naissance et de décès du compositeur ; lieux (Budapest, Genève) ; lettres autographes et procès-verbaux d’examens, pages de couverture ; piano Pleyel (v. 1860) ; portraits, bustes en marbre et exemples musicaux significatifs. Tout contribue à faire apprécier la « noble figure » de Vincent Adler, compositeur hongrois à Genève.
Édith Weber

Michel CARDINAUX : Charles BOVY-LYSBERG. Un compositeur genevois dans son siècle. Genève, Éditions Harmonia Helvetica, 2016. Coll. La Musique en Suisse, vol. I, 168 p.

Cet ouvrage révèle la « destinée singulière » de Charles Bovy-Lysberg, né à Genève en 1821 et mort en 1873. Il a fait ses études à Paris à partir de 1835 où, élève de Frédéric Chopin, il rencontrera aussi Franz Liszt. Dès 1840, ses œuvres éditées chez Lemoine, connaîtront une large diffusion. Huit ans après, il revient en Suisse, réside au Château de Dardagny et à Genève pour régler ses affaires, enseigner au Conservatoire et donner des concerts, tout en maintenant des contacts avec la France. Il se produit en solo, en duo et en accompagnateur. Lors de nombreuses soirées musicales, il sera très prisé par la bonne société. Il a exercé une triple activité : pédagogique, compositionnelle et pianistique.

Professeur au Conservatoire de Genève — tout en constatant qu’« enseigner est une besogne rude », un « sacerdoce réclamant un investissement total » —, il sera très apprécié par ses 45 élèves et s’imposera par sa faculté de mettre en lumière l’individualité de chacun. Compositeur et pianiste international, il fait carrière dans la cité de Calvin ; ses concerts attirent un public avisé. Il donnera son ultime concert en 1868. Le dernier chapitre propose un aperçu de son œuvre, charmante, romantique, au départ sous l’influence de Mendelssohn, Liszt et Chopin, puis plus originale. Comme le constate M. Cardinaux, il est surtout maître de la « petite forme ». Sa Barcarolle pour piano est une œuvre remarquable, tout comme sa Fantaisie brillante sur la Cavatine favorite de La Niobe de Pacini (op. 21), page de virtuosité, et celle sur Faust de Gounod (op. 99), une réussite imprégnée de bel canto. Ses Mélodies restent à découvrir. Pour le choix des textes, il s’inspire de Victor Hugo (L’aube naît et la porte est close…), d’Alphonse de Lamartine (La coupe de mes jours s’est brisée…), de Théophile Gautier, mais aussi du poète Émile Deschamps (1791-1871), dont Sombre Océan : « Du haut de tes falaises/Que j’aime à voir les barques du pêcheur… » est « incontestablement une de ses plus belles inspirations musicales » (p. 124) selon M. Cardinaux. Il précise également que « la thématique de la foi revient de manière récurrente dans ses œuvres vocales », par exemple : Sois, ô grand Dieu, ma garde et mon appui, car en toi seul j’ai mis mon espérance. Son Psaume 16 — sur la paraphrase de Théodore de Bèze (Genève, 1551…, Lausanne 1565) — emprunt d’une grande ferveur religieuse. Ou encore sa Prière du chrétien : Toujours à Dieu s’adresse / quand il fait sa prière / à Dieu le seul bonheur / à notre heure dernière. L’homme, respectueux de la famille et de la nature, particulièrement sociable, ouvert aux autres, charmant, affable et d’une grande sensibilité, a le don de plaire. Son œuvre doit encore être découverte.

Ce document historique précise la situation économique, politique, sociale et culturelle de Genève et relate la vie quotidienne de cette famille d’artistes en Suisse romande (moins développée sur le plan musical que la Suisse alémanique). Ce n’est qu’en 1972 que Claude Tappolet le mentionnera dans son livre sur La vie musicale à Genève au dix-neuvième Siècle. Michel Cardinaux contribue largement à la relance de ce pianiste, professeur et compositeur suisse du XIXe siècle. Les lecteurs apprécieront le sérieux de ses sources (Bibliothèque et Conservatoire de Genève) et les nombreuses mises en situation par des illustrations, documents autographes, extraits de partitions, mais aussi de procès-verbaux, programmes, critiques de presse, portraits, médailles, statues et les indispensables notes infrapaginales si éclairantes. Livre tout à l’honneur de la Collection intitulée « La Suisse en musique » et remarquable apport historique.
Édith Weber

Marielle CAFAFA : La chanson polyphonique française au temps de Debussy, Ravel et Poulenc. Paris, L’HARMATTAN (www.edition-harmattan.fr ), 2017, 487 p. – 38 €.

La chanson polyphonique française a connu un premier âge d’or à la Renaissance et à l’époque humaniste. Il en est de même au XXe siècle. Pour autant, ce vaste répertoire est encore sous-estimé par les historiens de la musique et de la littérature et les mélomanes. De plus, il a le double mérite de relancer des poèmes des XVe et XVIe siècles : Charles d’Orléans, Clément Marot, Jean Antoine de Baïf (avec ses chansons en vers mesurés à l’antique mises en musique par Jacques Mauduit)… et des textes de l’époque moderne : Raymond Bonheur, Paul Fort, Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, Paul Éluard... Ce livre s’adresse absolument aux enseignants soucieux de varier leur répertoire et aux chefs de chœurs, d’autant plus que le contexte actuel encourage les chorales, et aussi aux professeurs de littérature.

Marielle Cafafa est à la fois musicologue, Docteur de l’Université Paris-Sorbonne, chanteuse lyrique, diplômée de la Haute École de Musique de Genève et du CNSM (Paris). Elle a fondé l’Ensemble Léonor qu’elle dirige avec des programmes allant du Moyen Âge à nos jours, ce qui lui permet de traiter ce sujet en connaissance de cause, en s’appuyant sur des partitions, réflexions et lettres des compositeurs et leurs desiderata concernant l’interprétation. Les professeurs d’éducation musicale apprécieront ou découvriront des chansons polyphoniques de Cl. Debussy, M. Ravel et Fr. Poulenc, mais aussi J. Tiersot, C. Chaminade, P. Ladmirault, P. Le Flem, Ch. Koechlin, Fl. Schmitt, Cl. Delvincourt, D. Milhaud, G. Migot, J. Langlais… et même Laszlo Lajtha : Deux Chœurs (op. 23, n°2), Rondel de Charles d’Orléans (Paris, Leduc, 1936) ou encore Marc Vaubourgoin… Pour révéler cet « univers musical » (titre de la Collection), l’auteur a poursuivi plusieurs objectifs : information et contextes historiques ; très fines analyses musicales (stylistiques et esthétiques) d’un fonds de chansons polyphoniques (1895-1948). Elle se réfère aux sources, partitions, écrits des compositeurs, critiques d’époque et éventuellement aux enregistrements discographiques. En chanteuse remarquable et chef accomplie, elle est à même de préciser les critères d’interprétation. Sa démarche globale est judicieusement complétée par une importante Bibliographie, une utile Discographie à titre comparatif, 29 Tableaux très techniques et complémentaires, par exemple : écriture rythmique, variété des textures sonores, variété de la notation musicale, évolution de l’orchestration, notes répétées, trilles, diversité des motifs mélodiques… En outre, 216 exemples musicaux notés étayent les analyses et les textes complets des poèmes sont reproduits. Au fil des pages, l’attention est attirée sur les madrigalismes, la métrique gréco-latine, la souplesse du chant grégorien, entre autres. À noter les aspects multiples : « retour à l’Antique », traduction musicale figuraliste des images et des idées du texte, évolution du langage harmonique, influence du Choral (Bach) et de la théâtralité, sans oublier l’« orchestration vocale », le drame, la virtuosité. Ce vaste répertoire est destiné à des effectifs assez restreints (chœurs de chambre). D’excellents tableaux synoptiques et chronologiques établis avec une extrême minutie signalent : date, compositeur, titre du recueil, titre de la chanson, poète, édition et dédicace. Un autre précise d’abord l’œuvre, puis ses coordonnées. L’Index (p. 461-465) mentionne non seulement les auteurs, compositeurs, mais encore toutes les occurrences des chansons polyphoniques et signale des textes très souvent mis en musique : Trois beaux oiseaux de paradis, Trois Chansons de Charles d’Orléans (dont Dieu ! qu’il fait bon la regarder et Quand j’ai ouy le tabourin), Je suis aymé de la plus belle (Cl. Marot), parmi tant d’autres…

Dans le récent contexte promouvant le chant choral en France, ce répertoire vient à point nommé. Les chefs y puiseront de nombreuses suggestions, des indications concernant l’interprétation et bénéficieront de la vaste expérience de Marielle Cafafa. De quoi relancer un nouvel âge d’or de la chanson polyphonique française.
Édith Weber

Gilles CANTAGREL : J.-S. BACH, L’œuvre instrumentale. Paris, BUCHET-CHASTEL (www.buchetchastel.fr ), 2017, 475 p. – 27 €.

De très longue date, les enseignants et discophiles bénéficient des introductions et commentaires de Gilles Cantagrel qui n’est plus à présenter aux mélomanes. Après les Cantates (2010) et les Passions, Messes et Motets (2011) — parus chez Fayard — le présent volume, édité chez Buchet-Chastel, concerne l’Œuvre instrumentale de Jean Sébastien Bach, (toutefois à compléter, pour l’orgue, par le Guide de la musique d’orgue dont il a assumé la direction en 1994).

Après avoir présenté Jean Sébastien Bach et l’orgue, rappelé qu’il est un organiste virtuose doublé d’un fin connaisseur de facture d’orgue et un excellent orchestrateur, l’auteur détaille — en suivant la chronologie et ses lieux d’activité — les œuvres de jeunesse, puis de la maturité, ainsi que les pièces ultimes et quelques pages diverses et apocryphes. Il introduit les principaux Recueils de Chorals pour orgue : ceux de Neumeister et de Kirnberger, l’Orgelbüchlein (Petit Livre d’orgue), les Chorals Schübler, les 18 Chorals de l’autographe de Leipzig, des Chorals divers, les Partitas (ou Variations) ainsi que la Troisième Partie de la Clavierübung, sans oublier ses transcriptions de Concertos et ses Six Sonates en trio. La troisième partie — particulièrement importante — est dévolue au clavecin et à des œuvres pédagogiques (Clavierbüchlein pour Wilhelm Friedemann, Clavierbüchlein et Notenbüchlein pour Anna Magdalena). Parmi les autres formes, figurent les nombreuses Suites, les Partitas, le Clavier bien tempéré, des Toccatas, Préludes et Fugues… et, plus en détail, les Variations Goldberg ainsi que l’Art de la Fugue. Les parties suivantes concernent les œuvres pour instrument seul : luth, violon, violoncelle, flûte. L’auteur aborde ensuite la musique de chambre : Sonates…, L’offrande musicale, enfin la musique concertante et pour ensemble et, en conclusion, les Canons. Toutes ces œuvres bénéficient de mises en situation historique, de commentaires analytiques circonstanciés (à lire en suivant les partitions ou en écoutant des enregistrements ou en préparant un concert). Outre les Références bibliographiques, les Repères chronologiques situent judicieusement les diverses œuvres instrumentales par rapport à sa vie, à sa formation, à ses postes d’organiste successifs : Arnstadt, Mühlhausen, Weimar, Coethen (en tant que Director musices de la Cour et Capellmeister), puis Leipzig où il est Cantor de Saint Thomas et Director musices de la ville. À consulter avec profit l’Index des œuvres (p. 441-455) renvoyant aux numéros du Catalogue BWV et l’Index des œuvres par ordre alphabétique (p. 457-470).

L’auteur rappelle qu’après sa mort, la musique de Bach n’est pas vraiment tombée dans l’oubli ; qu’au XVIIIe siècle, ses Motets sont chantés à Leipzig où Mozart les a découverts en 1789 ; que sa Messe en si a fait l’objet de nombreuses copies et que Mendelssohn y a dirigé en 1829 sa Passion selon saint Matthieu. Il affirme que « cette notoriété qui ne cessa de croître, c’est bien en bonne partie à la diffusion de ses œuvres instrumentales dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que Bach la doit. » C’est aussi grâce à Gilles Cantagrel que la totalité de l’œuvre vocale, organistique et instrumentale de Jean Sébastien Bach sera actuellement mieux comprise par les mélomanes, discophiles, chefs, interprètes et professeurs d’Éducation musicale.
Édith Weber