Antonín Dvořák : Quatuor avec piano. en ré Majeur op. 23. Bärenreiter Urtext : BA9574.

’est à trente-quatre ans, alors qu’il commence véritablement sa carrière de compositeur que Dvořák écrit son Quatuor avec piano n° 1 en ré majeur, B. 53. Il est inutile d’en rappeler ici l’intérêt et la maturité. Cette nouvelle édition possède les qualités habituelles des Urtext de Bärenreiter : une graphie claire et faite pour l’exécution des œuvres, un texte établi selon les meilleures sources et un préface copieuse permettant de faire le point sur l’œuvre et les problèmes éditoriaux. La préface est ici signée de David R. Beveridge ainsi que les très importantes notes critiques en fin de volume.

Abdel Rahman EL BACHA : Moment musical pour quatuor à cordes et piano. Assez facile. Delatour : DLT2742.

Ecrite en hommage à Schubert, cette pièce adopte consciemment son style et son langage. Cette œuvre assez courte dans un tempo andante espressivo déroule dans un 12/8 tranquille un harmonieux discours non exempt de réminiscences mélodiques. L’ensemble est remarquablement écrit et ne comporte pas vraiment de difficulté technique. Il peut constituer pour de jeunes musiciens une excellente initiation à la musique de chambre ainsi qu’une initiation très profitable à la musique de Schubert.

Gilles SILVESTRINI : Quintette à vent pour Flûte, Hautbois, Clarinette en Sib, Cor en Fa et Basson. Assez difficile. Delatour : DLT2187.

Ecrite pour le 13ème concours international de musique de chambre de Lyon, qui vient de se dérouler du 18 au 23 avril, cette œuvre ne comporte qu’un seul mouvement, mais très contrasté. La première partie met en relief le côté expressif et même sentimental de l’œuvre tandis que la deuxième partie consiste en « une sorte de danse énergique ». Le tout se conclut dans un retour, dans les huit dernières mesures « Teneramente », à l’expressivité du début.

Alexandre OUZOUNOFF : Un, deux, beaucoup. Trio pour hautbois, cor et piano. Delatour : DLT1822.

L’idée de cette composition est venue à l’auteur lorsqu’il a pris conscience que si le hautbois et le cor étaient utilisés pour leurs capacités expressives, ils ne l’étaient jamais pour leurs capacités rythmiques et percussives, l’un par ses attaques incisives, l’autre par les effets de renforcement et d’accentuation. C’est ce qui lui a donné l’envie d’écrire pour cette formation et de se tourner, pour son écriture, vers le continent du rythme par excellence : l’Afrique. Mais l’auteur nous prévient : « On ne trouvera nulle mélopée, nulle cellule rythmique issue de ce continent. Mais si en reprenant la formule de ces lointains ancêtres, « Un, deux et…beaucoup » qui constituait la formulation de comptage des troupeaux (entre autres), on se laisse aller à l’évocation de ces contrées, on pourra peut-être y déceler quelques moments rythmiques référencés… ». L’œuvre, en un seul tenant, est évidemment riche en changements de mesures, de rythmes et de tempi. Pleine d’intérêt, elle n’est évidemment pas particulièrement facile… Dédiée à Daniel Catalanotti, elle a été créée dans le cadre du Congrès de l’Association Française du Cor de 2016

Eric LEBRUN : Le sommeil d’Endymion. Op. 33. Nocturne pour saxophone alto et orgue. Chanteloup-musique : CMP 026.

Cette oeuvre a été composée pour le congrès mondial du saxophone SaxOpen en juillet 2015 et créée à cette même date. Cette évocation poétique du mythe de Séléné (déesse de la lune) rendant visite au berger Endymon est inspirée directement du tableau de Girodet. S’il s’agit bien d’un nocturne, on y trouve à la fois le calme du sommeil et les élans de la passion… Orgue et saxophone entrelacent leur discours en allant du pianissimo au fortissimo. L’ensemble est aussi poétique que passionné. Bien sûr, l’orgue devra être un instrument expressif. L’ensemble se joue essentiellement sur les fonds avec, à un moment, une gambe. On y reconnait toute la délicatesse d’Eric Lebrun. Bien sûr, l’oeuvre n’est pas particulièrement facile.

Daniel GUILMAIN : Le Rondo des Rondos. Octuor avec piano. 2ème cycle. Fortin-Armiane : EFA104.

Cette oeuvre est tout à fait originale dans la mesure où il s’agit d’une création collective menée par des élèves de second cycle et leur professeur sur une année scolaire. Que la dénomination d’octuor ne trompe pas : si le piano est indispensable dans tous les cas, les sept autres instruments peuvent s’éloigner de la formation originale qui comporte 2 flûtes à bec, 1 clarinette en sib, 1 cor en fa, 2 trombones et 2 violons. Des solutions alternatives sont proposées par l’auteur, mais il n’est pas interdit de faire

Gjovalin NONAJ : Musiques traditionnelles albanaises. Lemoine : HL29272

L’auteur a relevé ici dix danses et chansons du folklore albanais et les a adaptées pour instruments en Ut. Or, il ne suffit pas d’indiquer « pour instruments en Ut » pour que ces pièces soient jouables par tous les instruments en Ut ! Les difficultés techniques ne sont pas équivalentes pour tous les instruments (tessiture, tonalité, trilles, sans compter la présence de doubles cordes et d’accords). De plus, la complexité d’écriture due au passage de la tradition orale à la partition, rend la lecture et l’interprétation

Sigismond THALBERG (1812-1871) : Trio opus 69 pour piano, violon et violoncelle. Sempre più : SP0054.

Pianiste virtuose, rival de Liszt avec lequel il eut même un duel (pianistique) célèbre et où le public se refusa à trancher, a côtoyé tous les grands musiciens de son époque. Il est moins connu pour ses compositions. Et pourtant, ce trio avec piano est tout à fait honorable et intéressant. Il comporte trois mouvements : un Allegretto molto moderato qui n’en est pas moins assez agité. Soyons francs : si violon et violoncelle ont leur part et chantent avec beaucoup de lyrisme, c’est quand même le piano qui se taille la part du lion. Le deuxième mouvement est un Andante cantabile qui porte bien son nom. Le troisième, Allegretto ma non troppo commence en la mineur avant de conclure brillamment dans la tonalité principale de la Majeur. Ce sera donc une excellente découverte pour les chambristes.

Ballade swinguée.
Roger LARCANGE : Ballade swinguée. Multi Instrumental. Piano accompagnement, guitare, saxos, clarinette,… Fortin-Armiane : EFA 105.En fait, cette ballade swinguée est susceptible de convenir à toutes les formations en duo, en trios… bref, elle s’adresse à « tous ceux et celles qui veulent swinguer, improviser autour d’une petite mélodie et s’amuser avec les harmonies chiffrées. » Multi-instrumental, ce morceau, variable à l’infini, est un support à l’invention, à l’improvisation, c’est-à-dire à ce qui constitue une pratique trop ignorée des musiciens classiques : la joie de la musique ! On ne peut que recommander ce morceau ainsi que Sur la route du Jazz (EFA 107) co-écrit avec Emmanuelle Pinen et Chantal Soulu qui est composé sur le même modèle. De l’harmonica à la basse-tuba en passant par tous les instruments existants ou à venir, chaque instrumentiste peut y trouver son bonheur.
 Form XIV

Piotr MOSS : Form XIV pour Voix et Violoncelle. Niveau moyen. Fortin-Armiane : EFA 109.

Cette « scène dramatique » traite, comme on l’imagine, la voix en instrument ou plutôt comme une expression dans un langage étrange – étranger. « Le texte peut être prononcé de différentes manières, selon la langue maternelle du chanteur. Homme, femme et même enfant, tout est possible. L’auteur nous avertit qu’ « en assistant à des exécutions de cette pièce, [il s’est] rendu compte que son expression peut être aussi bien très lyrique que… comique !

Duettino III

Piotr MOSS : Duettino III pour Violoncelle et Harpe. Niveau moyen. Fortin-Armiane : EFA 112.

Le compositeur s’est donné pour contrainte de se servir, à une exception près, du mode d’accord de la harpe : ut#, ré, mi fa#, sol, la, sib. Les variations sur ce mode exploitent chaque instrument dans ses possibilités naturelles : chant lyrique et basse percussive pour le violoncelle, grands arpèges et sons perlés pour la harpe. L’ensemble est plein de charme et bien dans le style du compositeur dont on sent le plaisir qu’il a à écrire, tout simplement.

Gilles SILVESTRINI : Trio pour flûte, alto et violoncelle. Difficile. Delatour : DLT1373.

Voici comment l’auteur présente lui-même son œuvre : « C'est l'aspect suggestif et poétique de la formation flûte, alto et violoncelle que j'ai privilégié dans cette pièce. En l'occurrence, il s'agit d'une promenade bucolique dans un vieux parc et ce parc est plein d'inconnu. » Ce vieux parc est également plein d’imprévu. Le promeneur surgit du lointain et y retourne après avoir parcouru des chemins variés et découvert des paysages pour le moins contrastés. L’ensemble fait appel aux techniques contemporaines mais toujours au service de l’expressivité.

Les plus beaux airs italiens

Vincent ROYER : Les plus beaux airs italiens pour quintette à vent. Moyen avancé. Delatour : DLT2704.

L’auteur, « amoureux de l’opéra, particulièrement italien, » a voulu en découvrir les sources. C’est donc à la recherche des mélodies et danses traditionnelles italiennes qu’il s’est lancé et a été frappé, en particulier, par la beauté de leur ligne de chant. Il a donc décidé de nous faire partager ses découvertes en en transcrivant huit pour quintette à vent, formation qui lui a paru la plus apte à en exprimer les richesses mélodiques et rythmiques. L’ensemble est très réussi et respecte pleinement le caractère des mélodies et danses originales. Cela pourra constituer en audition de grands élèves ou en concert, un répertoire aussi riche qu’agréable pour les auditeurs.

Valse molle

Serge OLLIVE : Valse molle Op. 111 pour clarinette et quatuor à cordes. Moyen. Waldhorn Editions (auto-label) : WH-4509111.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne manque pas d'humour, cette Valse molle, avec son caractère à la fois poétique et complètement… déjanté, si nous pouvons nous permettre cette expression ! Le tout est remarquablement écrit et bien agréable à écouter sur You Tube ou sur le site de l'éditeur. Ajoutons qu'il en existe une version pour orgue seul (à éviter pendant les offices…).

 

 

In memoriam JSB

Denis CHEVALLIER : In memoriam JSB pour violon et orgue. Difficile. Delatour : DLT2568.

Après quatorze mesures Vivace de l'orgue avec des accords haletants suit un adagio où le violon déroule une longue phrase lyrique. Puis, peu à peu, le mouvement s'accélère, qui aboutit de nouveau à un vivace. Le tout s'enchaine à un Lent et très calme où violon et orgue se fondent dolcissimo. Enfin, l'œuvre se termine par un peu lent : lointain dans une ambiance éthérée qui se termine par un ppp. Violon et orgue s'unissent dans un travail de timbres tout à fait intéressant. L'orgue n'est pas l'accompagnateur mais les deux instruments se mélangent en une sorte de fusion où chacun, cependant, garde son rôle.

 

 Entre les lignes

Loïc MALLIÉ : Entre les lignes pour violon et orgue. Moyen. Delatour : DLT2639.

L'œuvre est construite sur la complémentarité des timbres des deux instruments. L'orgue joue sur les fonds doux tandis que le violon se déploie sur toute l'étendue de son registre. Les deux instruments dialoguent intimement dans une parfaite osmose. Le tout est profondément lyrique et méditatif.

 

BRAHMS : Sextuor en sib majeur pour 2 violons, 2 altos, 2 violoncelles, op.18.  Bärenreiter.  Partition de poche : TP 419.  Parties séparées : BA 9419.

 

BRAHMS : Sextuor en sol majeur pour 2 violons, 2 altos, 2 violoncelles, op.36. Bärenreiter.  Partition de poche : TP 420.  Parties séparées : BA 9420.

Il est inutile de rappeler la qualité de l’édition que propose Christopher Hogwood : clarté, lisibilité, pertinence des indications.  Chaque partition de poche jouit, de plus, d’une copieuse préface retraçant la genèse des œuvres, les conditions de leur exécution, les différentes transcriptions réalisées par Brahms lui-même, bref tout un ensemble de commentaires passionnants et que les interprètes se devront d’étudier soigneusement pour entrer dans l’esprit de ses œuvres. Il s’agit là d’une édition monumentale qui constitue une étape dans la connaissance de ces partitions.

 Points.

Alireza MASHAYEKHI : Points. Opus 173. 3 trios avec contrebasse. Assez facile. Delatour : DLT2638.

Ecrites la première pour alto, contrebasse et piano, les deux autres pour violon, contrebasse et piano, ces trois courtes pièces pédagogiques sont destinées à initier les jeunes musiciens à la musique de chambre tout en leur permettant de jouer en public. Ces pièces comportent également une initiation méthodique à l'écriture contemporaine.

 

 Les sonates pour clarinette

Johannes BRAHMS : Les sonates pour clarinette de Johannes Brahms pour Violon et Alto. Bärenreiter : BA 10907 et 10911.

La publication de ces œuvres tardives de Brahms est tout à fait intéressante. En effet, on connait le perfectionnisme de Brahms et ces œuvres sont autant des transcriptions que des réécritures en fonction du nouvel instrument auxquelles elles sont destinées. Il faut lire absolument les très longues introductions rédigées par les éditeurs, Clive Brown et Neal Peres Da Costa, qui font le tour de ces œuvres, décrivant leur origine, leur élaboration, l'histoire complexe de leur publication. Et bien sûr, on appréciera à sa juste valeur la clarté de cette édition. Le premier volume contient les versions pour alto et piano, le second, les versions pour violon et piano qui constituent l'opus 120.

Stances

Alain QUERLEUX : Stances pour quatuor à cordes. Elémentaire : P.L.2964.Ces Stances commencent par un « Largo assai, sostenuto con anima » qui permet aux interprètes d'exprimer toute leur sensibilité. Mais chacun sait que, surtout pour les cordes, ce n'est pas un exercice facile… Suit alors un « andantino malinconico » puis toute une série de strophes diverses. Le tout se termine par un « largo sostenuto, maestoso e cantabile » en sol mineur avec, pour finir, la traditionnelle tierce « picarde ». C'est varié, cela sonne très bien, chaque instrumentiste a sa part du discours. C'est donc de la bonne et vraie musique de chambre.

Organ plus one

Carsten KLOMP : Organ plus one. Œuvres originales et arrangements pour le service d'église et le concert. Prière et remerciement – Baptême et mariage. Bärenreiter : BA 8505.Nous avons recensé dans notre lettre 50 de juin 2011 un recueil semblable consacré aux temps de la Passion et de Pâques. Comme dans le volume précédent, les thèmes sont ceux des chorals traditionnels. 

Piano Trio in B-flat major

Antonín DVOŘÁK : Piano Trio in B-flat major. Op. 21. Bärenreiter : BA 9578.

Voici donc une nouvelle édition de ce trio composé en 1875. Celle-ci a été soigneusement revue par Antonín Cubr. Une préface très intéressante a été rédigée par David R. Beveridge, qui, grâce à de nouvelles recherches, y décrit en détail la genèse de l'œuvre et la manière dont elle a été reçue.