Arvo PÄRT : And I heard a voice ... pour choeur mixte (SATB) a cappella. Universal Edition : UE 37 999.

« Et j'ai entendu une voix » est une commande du Centro Nacional de Difusión Musical CNDM (Madrid) à l'occasion du 800e anniversaire de la fondation de l'Université de Salamanque en 2018. L'oeuvre est dédiée à la mémoire de l'archevêque Konrad Veem. Le texte est tiré de l'Apocalypse de Jean (14:13): « Et j'ai entendu une voix venant du ciel dire : « Écris ceci : bienheureux les morts qui meurent désormais dans le Seigneur. Bienheureux, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs actions les suivent ! (Jean, Apocalypse 14 :13)
Voici une oeuvre absolument admirable, méditative écrite dans un langage d’une simplicité très grande. Que ceux qui le pourront n’hésite pas à monter cette oeuvre malgré les difficultés de langue : elle est en effet écrite en estonien. L’édition – anglaise – comporte les indications de prononciations de l’estonien pour anglophones… mais on peut aisément transposer les indications données pour le français. Elle demande également un choeur suffisamment étoffé notamment en hommes car les parties sont très souvent divisées, notamment les basses.
On peut écouter l’oeuvre sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=tAH_11sUr4s ce qui, outre la beauté de l’exécution, pourra aider pour la prononciation !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Max BECKSCHÄFER : Pater noster pour choeur mixte SATB. Universal Edition : UE 38 074.

Signalons tout de suite qu’on peut écouter cette pièce sur le site de l’éditeur exécutée a cappella par un excellent choeur. https://www.universaledition.com/search?q=UE%2038074
Max Beckschäfer (né le 23 février 1952 à Münster ) est un organiste, compositeur et universitaire allemand. Il enseigne à la Hochschule für Musik Augsburg-Nürnberg. L’oeuvre ici présentée est écrite dans un langage original, très poétique mais ne comporte pas de difficulté majeure. Elle est, bien sûr, écrite sur le texte latin et comprend la doxologie maintenant commune aux protestants et aux catholiques. L’oeuvre comporte en option un accompagnement de piano qui est une réduction des voix. Elle est en tout cas fort belle.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

George ARTHUR : Missa brevis pour choeur mixte SATB a cappella. Universal Edition : UE 21 722.

George Arthur Richford est un compositeur et chef d'orchestre plusieurs fois primé, vivant et travaillant dans le sud de l'Angleterre. Il est actuellement directeur de la musique à l'abbaye de Romsey et au choeur de chambre de l'université de Southampton.
Cette messe brève correspond parfaitement au « canon » du genre. Elle comporte l’ensemble des pièces de l’ordinaire de la messe, y compris le Gloria. L’ensemble est de construction relativement classique, on pourrait dire grégorianisant. Il est expressif mais avec retenue. Bien sûr, il est en grec (Kyrie) et en latin pour le reste. Il faut le préciser, hélas, pour des lecteurs français…
L’oeuvre ne comporte pas de difficultés spéciales pour un choeur de bons amateurs. La partition comporte une réduction au clavier, mais qui ne doit être utilisée que comme outil de travail et jamais lors de l’exécution.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Jean LEGOUPIL : Les Chansonneries 10 chansons françaises pour chœur SATB a cappella. Harmonisées par Jean Legoupil. Volumes 1 et 2. Delatour : DLT0039.

Ces volumes, qui, précisons-le, contiennent chacun dix chansons, s’inscrivent dans la grande tradition initiée par les compositeurs depuis la fin du XIX° siècle. On pense évidemment à Joseph Canteloube mais aussi (et nous en oublierons forcément…) à Vincent d’Indy, Angèle Ravizé, Marc de Ranse, Gabriel Pierné, Francis Poulenc, Paul Berthier… et tant d’autres ! Jean Legoupil nous propose donc ici des versions délicatement harmonisées de ces chansons qu’on s’est parfois ingénié à faire disparaitre du répertoire patrimonial. On pourra s’amuser de voir apparaitre parmi ces chansons traditionnelles Colchiques dans les prés, qui est d’abord l’œuvre de Francine Cockenpot mais qui est devenue effectivement une authentique chanson populaire. L’ensemble est abordable par toute chorale digne de ce nom. Et on ne peut que se réjouir de retrouver ainsi Frère Jacques, V’là l’bon vent, Le pont d’Avignon, Ne pleure pas Jeannette, ou Il pleut bergère, habillées de polyphonies si bien écrites et si respectueuse du caractère de ces chansons.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

On ne peut que saluer la publication de cette oeuvre peu connue, achevée alors que le compositeur n’a que vingt et un ans. C’est malgré cela une oeuvre pleinement achevée, pleinement maîtrisée qui mérite d’être redécouverte et d’entrer au « répertoire ». Constituée de quatre mouvements : Rome (Andante maestoso – Allegro ma non troppo), Florence (Allegro vivace), Venise (Andante, sans lenteur) et Naples (Saltarelle : Allegro ma non troppo), elle est à la fois pleine de fougue et de poésie.

On ne peut pas ne pas être pris, emporté dans un voyage musical et spirituel intense en écoutant cette œuvre attachante. La préface de Nicole Corti décrit avec beaucoup de sensibilité tout l’intérêt de cette pièce qui met en œuvre toutes les techniques vocales. Précisons que l’œuvre est écrite pour 9 solistes et non pour un chœur. On pourra juger par soi-même de l’œuvre en l’écoutant dans deux exécutions, celle de la première audition le 30 avril 2015, au Temple Lanterne (Lyon) et celle enregistré le 25 novembre 2017 à la chapelle Saint Louis-Saint Bruno à Lyon (69001) pour le festival « les Rendez-vous de Musique ancienne de Lyon ». Les deux sont réalisées par l’ensemble vocal Alkymia dirigé par Mariana Delgadillo Espinoza. https://www.bertrandple.fr/audios-vid%C3%A9os/victimae-paschali-laudes/ On trouvera également sur ce site un texte de Bertrand Plé pour présenter son œuvre.
D.B.

On ne peut pas ne pas être pris, emporté dans un voyage musical et spirituel intense en écoutant cette œuvre attachante. La préface de Nicole Corti décrit avec beaucoup de sensibilité tout l’intérêt de cette pièce qui met en œuvre toutes les techniques vocales. Précisons que l’œuvre est écrite pour 9 solistes et non pour un chœur. On pourra juger par soi-même de l’œuvre en l’écoutant dans deux exécutions, celle de la première audition le 30 avril 2015, au Temple Lanterne (Lyon) et celle enregistré le 25 novembre 2017 à la chapelle Saint Louis-Saint Bruno à Lyon (69001) pour le festival « les Rendez-vous de Musique ancienne de Lyon ». Les deux sont réalisées par l’ensemble vocal Alkymia dirigé par Mariana Delgadillo Espinoza. https://www.bertrandple.fr/audios-vid%C3%A9os/victimae-paschali-laudes/ On trouvera également sur ce site un texte de Bertrand Plé pour présenter son œuvre.
D.B.

Philippe Mazé, chef de chœur et compositeur, élève de Daniel Roth en orgue, est diplômé de l’École Normale de Musique de Paris en Harmonie, contrepoint, fugue, histoire de la musique, analyse et esthétique ; il a été formé à la direction de chœur par Stéphane Caillat, Eric Ericson et à la direction d’orchestre par Henri-Claude Fantapié. Il a également travaillé le chant avec Annie-Béatrice Lepré, et la technique vocale avec Richard Miller. Dès l’âge de 23 ans, il est déjà maître de chapelle de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et directeur musical de la Maîtrise et, en 1996, après concours, il est nommé maître de chapelle en l’Église de La Madeleine, à Paris. Ses œuvres instrumentales comportent des pièces pour orgue, orchestre et ses œuvres vocales totalisent plus de 150 Motets, 25 Messes, des pages de musique liturgique.



Sa vaste expérience de chef de chœur se répercute sur ses compositions. Derniers en date : Trois Chœurs mystiques conçus pour chœur mixte a cappella, à raison de deux pupitres par voix, chacune étant indépendante et se détachant de l’ensemble ; les autres étant — pour une meilleure intelligibilité — traitées note contre note,

Précisons tout de suite que la partition pour solistes et orchestre, conducteur et matériel, est disponible mais seulement en location. Cette publication fait donc partie d’une série consacrée aux œuvres composées pour le concours pour le Prix de Rome. Si Saint-Saëns ne parvint jamais à décrocher le Prix, il s’y présenta cependant deux fois, en 1852 et 1864. C’est en 1852, donc à l’âge de dix-sept ans, qu’il écrit cette œuvre intéressante, certes, mais encore assez disparate et marquée aussi bien de Mendelssohn que de Berlioz (la Damnation). Telle quelle, elle mérite cependant d’être tirée de l’oubli. On lira sur le site de l’éditeur la préface de Cyril Bongers. On y trouvera également des extraits PDF de la partition avec orchestre ainsi que trois extraits sonores de l’œuvre tirés de l’enregistrement sur disque compact du Retour de Virginie, disponible sous le label Glossa Music.
Daniel Blackstone

On peut se demander pourquoi, puisqu’il s’agit d’une œuvre française, l’éditeur ne nous a pas gratifié cette fois-ci, d’une traduction française de la préface. Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir enfin une édition critique de cette œuvre, beaucoup jouée depuis quelques années, mais pour laquelle nous manquions d’un matériel en édition moderne. C’est chose faite. Rappelons que cette Messe solennelle en l’honneur de Sainte Cécile, commandée par l’Association des artistes musiciens fut exécutée pour la Sainte Cécile de 1855. On lira tous les détails de cette première audition dans la préface. Gounod est alors en pleine possession de ses moyens. Elle est publiée ici intégralement avec les trois versions du Domine, salvum fac, la prière pour l’empereur Napoléon III qui terminait chaque messe dominicale et qui devint plus tard le Domine salvam fac rempublicam… qu’on chantait encore régulièrement dans les églises à la fin de la Grand’messe jusque dans les années cinquante. D’abondantes notes critiques figurent à la fin du volume. L’ensemble est de la qualité bien connue des éditions Bärenreiter
Daniel Blackstone

Gérard HILPIPRE : Musikalische Exequien pour chœur de chambre et orgue. Delatour : DLT2728.

Le titre de cette œuvre constitue un hommage à l’œuvre de même nom écrite en 1636 par Heinrich Schütz. Rappelons que la traduction en est : « Funérailles musicales ». L’auteur veut mettre en valeur et faire exprimer toute leur substance aux textes bibliques qui structurent chacune des sept parties. Il précise que si les parties peuvent être exécutées séparément, elles ne trouvent leur plein sens que dans l’exécution intégrale de l’œuvre. L’ancien Testament est représenté par deux textes de Job avec, entre les deux un extrait du psaume 73. Suivent ensuite un passage de Luc (cantique de Siméon), de Jean : « Dieu a tant aimé le monde… », des Philippiens et enfin de l’Apocalypse : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur… ». Le langage utilisé est un langage harmonique tonal parfois presque archaïque, même si on reconnait sans hésiter le style du compositeur dans cette œuvre profonde et belle. C’est simplement le moyen utilisé pour mettre en valeur la polyphonie rigoureuse et l’atmosphère spécifique de cette partition. Le chœur doit être un ensemble vocal mixte de 12 à 16 chanteurs. Un chœur spécialisé dans la musique ancienne ne sera pas dépaysé dans ces pages. Bien sûr, l’œuvre doit être chantée exclusivement en allemand.

Gérard HILPIPRE : Hymne pour choeur et orgue. Delatour : DLT2709.

Cette oeuvre pour choeur mixte (SATB) et orgue est écrite sur les strophes chantées par les trois archanges au début du « Prologue dans le Ciel » du Faust de Goethe. L’auteur a médité ces strophes pendant de longues années avant d’écrire cette oeuvre. Cette méditation devant « la grandeur infinie de la Création et son insondable mystère » est donc l’aboutissement d’un long cheminement. L’auteur nous précise que « l’oeuvre ne peut être chantée que par un choeur de haut niveau, aux voix nombreuses. Quant à l’orgue, il est traité ici comme un véritable orchestre, dont tous les registres et toutes les couleurs sont mis à contribution ». L’orgue, tantôt lumineux, tantôt grandiose, tantôt lointain est exploité effectivement dans toutes ses possibilités expressives. Le texte est magnifié par la musique. Il s’agit d’une oeuvre difficile mais fort belle.

Charles KIENZL : Requiem pour choeur SATB et orgue. Compositeurs Alsaciens – Vol. 35. Difficulté moyenne. Delatour : DLT2721

Si Charles Kienzl, né en 1797 et mort en 1874, est autrichien, c’est en Alsace, à Guebwiller, qu’il exerça toute son activité musicale, notamment comme organiste et maître de chapelle de Notre-Dame de Guebwiller de 1828 à sa mort. Le Requiem ici édité pour la première fois, doit sa résurrection à la découverte du manuscrit en 2014, par le successeur de Kienzl à l’orgue de N.D. de Guebwiller. L’éditeur, Yannick Merlin, organiste de grand talent et directeur de la collection « Vie musicale en Alsace », a dû faire un gros travail de restitution sur cette oeuvre très intéressante mais dont le manuscrit, retrouvé récemment et comportant de nombreuses modifications, n’était pas prêt pour l’édition. Dans une très intéressante préface, Yannick Merlin nous présente en détail la vie et l’oeuvre de ce compositeur ainsi que les présupposés de l’édition et les notes critiques qui permettent de suivre son remarquable travail. Ce Requiem date de 1826, c’est-àdire du tout début de la présence de son auteur à Guebwiller (1825). L’oeuvre comporte sept parties : Requiem, Kyrie, Dies irae, Domine, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei. Très influencée par le dernier Haydn, cette oeuvre comporte de très belles pages qu’on a hâte de redécouvrir. Si la partie chorale est plutôt facile, il faudra, pour tenir la partie d’orgue, un instrumentiste aguerri.

Laurent COULOMB : Welcome Joy. Madrigal d’après John Keats pour choeur mixte SATB a cappella. Assez facile. Delatour : DLT0896.

Est-il utile de rappeler que John Keats (1795-1821) est un des poètes romantiques anglais les plus importants de sa génération ? La courte pièce de Laurent Coulomb constitue un écrin précieux pour les vers de Keats. Construite sur le schéma ABA, elle exprime dans une tonalité de ré Majeur qui comporte aussi des aspects modaux et des accents tragiques à certains moments, la substance contrastée des extraits de poème choisis. Après un début qui rappellerait une ballade irlandaise, la partie médiane, plus homophonique, introduit un moment tragique avant que le thème du début, revenu aux basses ne ramène la paix dans cette très belle pièce. Remercions au passage l’éditeur d’avoir mis au début du volume le texte chanté et sa traduction en français. Tout le monde ne lit pas encore Keats dans le texte…

Laurent COULOMB : Mystère des écorchés. Deux poèmes d’Édith Chafer pour choeur mixte a cappella et soprano solo. Moyenne difficulté. Delatour : DLT0899.

Les deux poèmes mis ici en musique sont extrait du recueil Lyrisme et contre-lyrisme mêlés de la poétaesse Edith Chafer. Le premier, Eaux troubles, s’interprète « Très lent, avec angoisse ». Il traduit avec beaucoup de sensibilité l’angoisse qui se dégage effectivement du poème. L’écriture est constamment en tension, ce qui donne à l’ensemble une étrange et sombre beauté. Le deuxième, Renaissance, s’ouvre par le choeur seul qui fait jaillir peu à peu le texte, puis la soprane solo fait entendre, sur une nappe chorale, le message d’espoir puis tous expriment le retour à la vie qui culmine dans l’accord final pianissimo de la Majeur. L’ensemble est sobre et d’une grande beauté.

Martin LUTHER : Quarante-trois chants harmonisés à 4 voix pour orgue et choeur par Yves KÉLER et Danielle GUERRIER-KOEGLER… paraphrases en français… Paris, BEAUCHESNE (www.editions-beauchesne.com ), Collection « Guides musicologiques » vol. 8, 2016, 137 p. – 25 €.

L’édition intégrale (avec exégèse) a fait l’objet d’une recension dans la Lettre d’information (décembre 2013). La présente édition — chants d’assemblée et de choeur —, de format pratique et maniable, ne contient que les harmonisations à 4 voix avec leurs sources (texte et mélodie) ainsi que leur destination liturgique : temps liturgiques, circonstances particulières (par exemple : Réforme, sainte Cène, pénitence, catéchisme…).

L’Ouverture (interview du pasteur David Brown par Guylène Dubois), véritable mise en situation, dégage le rôle fonctionnel du chant d’assemblée au culte dominical. Il précise que : « Nous sommes des musiciens d’aujourd’hui, liés, connectés à Martin Luther qui était lui aussi musicien. » (p. IX). Dans sa Préface, le pasteur Alain Joly met

Heinrich SCHÜTZ : Hochzeitsmusiken, PJoshua RIFKIN (et alia, éd.), Kassel, BAERENREITER (www.baerenreiter.com ), 2016, BA 4181-01. Édition intégrale, vol. 29. VII-LIII, 125p.

Dédié à la mémoire du regretté Wolfram Steude qui a tant oeuvré pour l’oeuvre de Heinrich Schütz (1585-1672), ce Volume 29 comble une lacune. Il a le mérite de regrouper des compositions autour du thème du mariage, rarement abordé.
La partition — pour choeur a cappella — est précédée d’une importantePréfaceprésentant ses oeuvres dans le cadre de ses musiques festives et évoquant leur genèse, les événements et circonstances, avec de copieuses notes infrapaginales exploitant consciencieusement les sources critiques. Après cette Préface, sont reproduits en fac similé des pages de titre, des extraits des parties individuelles, de la basse continue et de manuscrits autographes. L’apparat critique (kritischer Bericht) conclusif sera très apprécié

FAURÉ Gabriel :op. 50. Version pour chœur et piano (1888). A Cœur Joie : CA 158.

Bien que parue il y a déjà trois ans, cette partition méritait d’être signalée. L’œuvre est trop connue pour être présentée. Elle n’est pas techniquement très difficile tout en étant de la très belle musique. Mais tout est dans l’interprétation ! Et trop souvent on prend au « premier degré » le texte hautement parodique de Robert de Montesquiou et la musique faussement « classique » de Fauré… Même si techniquement la partition de piano n’offre pas vraiment de difficulté, elle demande d’abord cette distinction un peu détachée typique d’un certain esprit français… Mais faisons confiance aux choristes et à leurs chefs !

Laurent COULOMB : pour chœur mixte a cappella. Assez facile. Delatour : DLT0898.

Laurent Coulomb renouvelle avec beaucoup de goût et de délicatesse ces Noëls souvent harmonisés, en particulier par Paul Berthier pour les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Les différentes formes d’écriture sont utilisées. Les cinq premiers sont des timbres traditionnels : Il est né le divin enfant, Les anges dans nos campagnes, Ah ! Quand reviendra-t-il, le temps ? Joseph est bien marié, Le petit Jésus est né. Quant au dernier, D'où vient qu'en cette nuitée, l’auteur a composé, sur des paroles du XVI° siècle de Nicolas Denisot une sorte de pastiche tout à fait réussi.

Gaston LITAIZE :  pour chœur et orgue. Moyen. Collection Musique & Patrimoine. Delatour : DLT1074.

Ce recueil contient deux œuvres assez différentes. D’une part nous avons Chantons, je vous prie pour chœur SATB, solistes et orgue, œuvre assez longue mais relativement facile aussi bien pour le chœur que pour l’organiste. Chacun des couplets de ce célèbre Noël du XVIII° siècle est harmonisé de façon différente, conférant ainsi à l’œuvre une grande variété. L’autre Noël, C'est la Noël, pour chœur à une voix et orgue, qui est également un noël traditionnel, est assez simple pour la voix, mais plus exigeant pour l’organiste. L’oeuvre est à la fois baignée dans la joie de Noël et en même temps très respectueuse de la couleur particulière de ces Noëls populaires. Remercions les éditions Delatour et Olivier Latry de nous faire découvrir grâce à la collection Patrimoine des œuvres inédites d’un tel intérêt.

Alexandre FLENGHI : pour chœur à voix égales et piano. Assez facile. Delatour : DLT1775.

La page intérieure précise : Chœur d’enfants. En regardant la couverture, on a envie de fredonner C’est un vieux château du moyen âge… L’ensemble est écrit pour deux voix mais il y a parfois des divisions. La musique est aussi agréable qu’expressive et illustre bien les frissons que peuvent procurer citrouilles, monstres et Halloween… Cinq pièces se succèdent dans une ambiance faussement inquiétante. Le tout est tout à fait réjouissant et l’on joue à se faire peur. Si les parties de chœur sont très abordable, il faudra cependant les services d’un pianiste expérimenté.

Jean-Michel BARDEZ : pour chœur mixte, voix de soprano et de basse. Assez difficile. Delatour : DLT0883.

Attention : il s’agit d’un chœur mixte à douze voix… Le texte proposé par Yves Krier est un fragment poétique de Pétrarque. Il est donc en italien. Résolument contemporaine dans son écriture et son projet, cette pièce s’inscrit également dans un contexte de recherche sur les nombres. Voici ce qu’en dit l’auteur : 55 mesures représentent la somme des chiffres de 1 à 10, ou bien encore celle des cinq premiers nombres carrés. Ce nombre pourrait également signifier la vie de l’individu au sein de la vie cosmique… Si on le multiplie par quatre (mesure à quatre temps) 220 est un nombre « Harshad », somme de quatre nombres premiers consécutifs, signifiant, en sanskrit « une grande joie ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, tout cela est vraiment au service de la musique et du texte.