Herbert von Karajan.

Les éditions Audite (www.audite.de) rééditent leurs plus célèbres enregistrements d’Herbert von Karajan.  Volume I : Requiem de Verdi [2 CDs : 23.415.  Wiener Philharmoniker, Singverein der Musikfreunde Wien.  H. Zadek, M. Klose, H. Rosvaenge, B. Christoff. 1949].  Volume II : Symphonie n°41 « Jupiter » et Concerto pour piano n°20 de Mozart [CD : 95.602.  Berliner Philharmoniker. Wilhelm Kempff, piano. 1956].  Volume III : Symphonies n°3 et Symphonie n°9 de Beethoven [CD : 23.414.  Berliner Philharmoniker, Chor der St. Hedwigs-Kathedrale Berlin.  E. Grümmer, M. Höffgen, E. Haefliger, G. Frick.  1953/1957].

Lover’s Roses.

Henry PURCELL : Lover’s Roses.  Sébastien Fournier, contre-ténor (www.sebastienfournier.com).  Ensemble Sprezzatura : Sébastien Guillot, clavecin & orgue positif.  Anne-Marie Lasla, basse de viole.  Hybrid’Music (www.hybridmusic.com) : H1814.  TT : 51’31.

Formé aux meilleures écoles (Henry Ledroit à Lyon, Guild School of Music and Drama of London), le contre-ténor Sébastien Fournier fondait, en 1998, l’ensemble Sprezzatura, avec lequel il se produit aujourd’hui dans de nombreux festivals internationaux.  Il a ici enregistré quinze des mythiques Ayres and Songs d’Henry Purcell, naguère illustrés par le grand Alfred Deller - auprès duquel notre jeune Lyonnais ne démérite assurément pas.

Miserere Hominibus (pour 7 chanteurs & 7 instrumentistes)

Klaus HUBER (°1924) : Miserere Hominibus (pour 7 chanteurs & 7 instrumentistes).  Agnus Dei cum Recordatione (Hommage à Ockeghem, pour 4 chanteurs, luth & 2 vièles). Les Jeunes Solistes, dir. Rachid Safir.  Soupir éditions (www.les-jeunes-solistes.com) : S216. Distr. Nocturne. TT : 54’36.

Il s’agit là de commandes passées par Rachid Safir à son vieux complice, le Suisse Klaus Huber - dans la musique duquel sérialisme & polyphonies vocales inspirées de la Renaissance se compénétrent jusqu’à fusionner.  Ainsi dans Miserere hominibus (2007) - psaume de pénitence -, où le compositeur rassemble, outre le texte biblique, des textes de Jacques Derrida, Mahmoud Darvich, Octavio Paz et Carl Amery.  Fustigations de l’égoïsme et du culte que l’homme voue à l’argent… Tout en finesse, voix et instruments sont traités comme s’il s’agissait d’un seul et même ensemble chambriste.

Musique de chambre.

Jacques BOISGALLAIS (°1927) : Musique de chambre.  Le Chant du Monde : LDC 2781151.  TT : 68’.

Longtemps réputé pour ses seules mises en ondes radiophoniques & enregistrements de concerts, le compositeur Jacques Boisgallais connaît aujourd’hui une juste reconnaissance.  Déjà auteur d’une cinquantaine d’œuvres pour grand orchestre, ensemble instrumental ou musique de chambre - écrites dans une atonalité sans exclusive d’incursions modales -, il nous propose ici une superbe relecture d’œuvres chambristes plus ou moins récentes : 1re Sonate pour violon & piano (2000/2003), Toccata pour deux pianos (1957/2002), Trio-Passacaille pour piano, violon & violoncelle (2001), Divertimento pour clarinette, violon, violoncelle & piano (2002/2004), 1er Quatuor à cordes (1958/2001). « Works in progress… »  Une révélation !

L’enfant-Roi.

Roger CALMEL : L’enfant-Roi.  Coda Musique (29, avenue Carnot, 33200 Bordeaux Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : CM 241208.

L’enregistrement (2008) de la cantate (ou pastorale) : L’enfant-Roi de Roger Calmel, né en 1920 (et non 1921…), disparu en 1998, constitue l’un des hommages rendus à ce compositeur français si attachant, à l’occasion des dix ans de sa mort.  Il est réalisé par 4 solistes, le chœur Les Polysons et l’orchestre Les Cordes mêlées, tous placés sous la direction d’Élisabeth Trigo.  Cette pastorale - l’une de ses plus belles œuvres -, reposant sur le texte de Jean-Pierre Nortel (également le récitant), relate l’histoire d’un enfant qui, avec son tambour, ne veut pas laisser dormir les gens, la nuit de Noël.  Par la suite, deux bergers le poursuivent.  Finalement, il rencontre l’enfant Jésus.  Roger Calmel crée l’atmosphère, spéculant sur les sonorités lumineuses et brillantes. Œuvre à écouter d’un seul tenant.

Duos for flute and oboe

Duos for flute and oboe. Centaur (www.centaurrecords.com) : CRC 2775.  TT : 55’50.

Ce disque déjà un peu ancien révèle des Duos (ou arrangements) pour bois.  Ils sont interprétés par Claudia Anderson (flûte) - professeur invitée, très connue aux États-Unis - et William McMullen (hautbois) - professeur de hautbois, soliste du Lincoln Symphony Orchestra.  Ils forment une équipe bien soudée au service de ce répertoire allant de W. A. Mozart à José Serebrier (né en 1938) et présentant des formes traditionnelles (invention, petits préludes, impromptus, duos, canzone).  En revanche, certaines œuvres sont dotées de titres évocateurs : Calandres, Spipolettes, Alouettes… (G. Migot) ; Nuage, arbre… (J. Serebrier) ; d’autres encore indiquent les mouvements en italien (Allegro vivace, Moderato, Allegro…).  Cet enregistrement, réalisé à l’Université du Nebraska (à Lincoln), s’imposera par l’association des sonorités chantantes et particulièrement expressives, et par la diversité des pièces retenues et rendues avec brillance et musicalité.

Requiem et motet

Jean GILLES : Requiem et motet : Cantate Jordanis Incolae.  Ligia Digital (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : Lidi 0202196-8.  TT : 68’02.

Le Requiem de Jean Gilles (1668-1705) - maître de musique de Saint-Étienne de Toulouse - a été entendu, entre autres, lors d’un des services funèbres célébrés à la mémoire de Jean-Philippe Rameau en l’église de l’Oratoire du Louvre (Paris).  Cette œuvre, restituée par l’abbé Jean Prim, a été rééditée par Jean-Marc Andrieu qui la qualifie de « chef-d’œuvre au destin singulier » et qui - à la tête du chœur de chambre Les Éléments (Joël Suhubiette) et de l’orchestre Les Passions - ne ménage pas ses efforts pour conférer toute sa densité et sa luminosité à cette Messe des morts, assez majestueuse et n’échappant toutefois pas à la pompe de l’époque.  Cette œuvre - avec le rythme pointé à la manière française, si typique de son Ouverture en forme de marche - retiendra l’attention des mélomanes du XXIe siècle qui, comme ceux du XVIIIe siècle, l’entendront « toujours avec satisfaction, malgré son ancienneté… » (Le Mercure de France).

Manuscrit Bauyn

Manuscrit Bauyn.  Benjamin Alard, clavecin.  Hortus (2, rue Diderot, 92600 Asnières. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 065.  TT : 56’27.

Comme l’Andreas-Bach-Buch pour le jeune Jean-Sébastien, le Manuscrit d’André Bauyn de Bersan, illustrant le répertoire de musique pour clavecin et s’imposant par sa diversité, regroupe non seulement des œuvres de jeunesse : Pièces en la et en fa de Louis Couperin (ca 1626-1661 : à ne pas confondre avec François), mais encore des pages recopiées par le jeune musicien, allant de la Passacaille de Luigi Rossi (1598-1653), aux Toccatas en ré et en fa, Allemande et Gigue de Johann Jakob Froberger (1616-1667) - que L. Couperin avait rencontré en 1652 -, en passant par le Capriccio en sol de Girolamo Frescobaldi (1583-1643).  Au total, 18 pièces reposant notamment sur des danses selon l’usage.  Benjamin Alard - élève de François Ménissier pour l’orgue et d’Élisabeth Joyé pour le clavecin, ainsi qu’à la Schola Cantorum basiliensis, titulaire du nouvel orgue de l’église Saint-Louis-en-l’Île (Paris) - réserve un sort royal à ces œuvres rarement enregistrées : judicieuse initiative (2008) des éditions Hortus.

 

Missa Domine Dominus noster

Philippe ROGIER : Missa Domine Dominus noster.  Matheo ROMERO : Missa bonae voluntatis.  2CDs Ricercar (Outher S. A., rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC271. TT : 118’36.

Ce coffret présente d’abord un « Office de mariage à la Cour d’Espagne » interprété par quatre ensembles : le Chœur de chambre de Namur, La Fenice, Doulce mémoire et le Ricercar Consort, tous dirigés par Jean Tubéry.  Philippe Rogier (1560-1596) arrive en Espagne en 1572.  Il assumera ensuite la charge de maître de chapelle. Malgré sa brève existence, ce prêtre a laissé environ 240 œuvres polyphoniques (messes, motets…).  Sa MesseDomine Dominus noster est écrite à 12 voix qui dialoguent ; son écriture polychorale la situe à la charnière des XVIe et XVIIe siècles.

Chants sacrés géorgiens

hants sacrés géorgiens. Jade (43, rue de Rennes, Paris VIe. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 699 670-2.  TT : 47’01.

La musique religieuse géorgienne est assez proche de l’esthétique de la musique byzantine. Ce chant, pratiqué en langue liturgique géorgienne en usage dès le IVe siècle dans les monastères de l’un des plus anciens pays chrétiens, atteint son point culminant entre le Xe et le XIIe siècle. Ce disque comprend une sélection de chants géorgiens pour les temps de Noël et de Pâques, et d’illustre des formes typiques : Tropaire (courte prière chantée après chaque verset de psaume), Trisagion (chant de l’ordinaire) et Kondakion (série de 20 à 30 strophes chantées sur la même mélodie), avec aussi l’incontournable Hymne des Chérubins.  Ce chant polyphonique est également cultivé en Bulgarie et même en Palestine, dans les monastères du désert du Sinaï. Ce répertoire est replacé dans ses divers contextes. Il est particulièrement mis en valeur par les voix lumineuses et prenantes du chœur Harmonie géorgienne placé sous la direction autorisée de Nana Peradze.

Quatuor à cordes.

Claude DEBUSSY, Gabriel FAURÉ, Maurice RAVEL : Quatuor à cordes.  Quatuor Ébène.  Virgin Classics : 519045.  TT : 79’.

Quatre jeunes gens dans le vent qui engrangent les succès, jouent dans leur récent CD pas moins que les opus de Debussy et de Ravel auxquels ils ajoutent celui de Fauré.  L’empathie pour ces pièces est admirable, la façon de trouver le ton juste, la cohérence dans les fluctuations du tempo, l’art de souligner l’accent et de modeler la sonorité, l’extrême lisibilité du discours, même dans les passages les plus exposés.  Et tout cela sans jamais forcer le trait.  Il y a là un mélange de fougue juvénile et d’étonnante maturité.  La maîtrise instrumentale est tout aussi fascinante, d’une précision dans l’attaque qui sait ne pas être rude, apte par sa fluidité à abonder les couleurs irisées, les atmosphères joyeuses et mélancoliques.  Ils sont tout autant chez eux dans les fausses brumes debussystes que dans la virtuosité ravélienne.  Et combien à l’aise pour décrypter les mélismes fauréens, si épurés ici.

Sonate n°1 pour violoncelle et piano

Claude DEBUSSY : Sonate n°1 pour violoncelle et piano ; Valse « La plus que lente » ; Scherzo ; Intermezzo.  Francis POULENC : Sonate pour violoncelle et piano ; Suite française d’après Claude Gervaise ; Bagatelle, extrait du Bal Masqué ; Sérénade.  Jean-Guihen Queyras, violoncelle. Alexandre Tharaud, piano.  Harmonia Mundi : HMC902012.  TT : 62’47.

Rien a priori ne semble rapprocher la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy de celle de Poulenc. Encore qu’à y regarder de près, comme le soulignent les deux interprètes, elles ont plus d’un élément en commun : la même admiration de la part de deux compositeurs pour les maîtres anciens, Couperin et Rameau chez le premier, la musique médiévale pour le second ; le même art de l’imprévisible ironique. Comment ne pas voir dans la Sonate de Debussy un chef-d’œuvre d’esprit.  La pièce de Poulenc offre un mélange de pofondeur et de style Dada, passant en un tour de main de l’humour au sérieux. La mise en perspective ne s’arrête pas là et nous vaut un florilège de courtes pièces empruntées à chacun des compositeurs.  Dans ce passionnant programme l’osmose entre les deux jeunes musiciens est totale, à l’aune de ce vrai esprit français fait d’élégance, de légèreté de ton et de délicatesse du jeu !

Felix MENDELSSOHN

Felix MENDELSSOHN : Prélude, op.104a n°2 ; Rondo Capriccioso, op.14 ; Romances sans paroles, op.38 n°2, op.19 n°2, op.102 n°5 ; Variations sérieuses, op.54 ; Caprices, op.33, n°2 et 3 ; Trois Études, op.104b ; Scherzo, op.16 ; Deux Lieder transcrits par Liszt ; Scherzo (extrait du Songe d'une nuit d’été), transcrit par Rachmaninov.  Bertrand Chamayou, piano.  Naïve : V5131.  TT : 65'.

Merveilleuse anthologie consacrée à Mendelssohn, en forme de « Liederabend sans paroles ». Ainsi du Rondo Capriccioso, plein d'esprit, d'un bouquet de Romances sans paroles qui comme les Mazurkas chez Chopin, fleurissent tout au long de sa vie créatrice, des Variations sérieuses dont Schumann soulignait « l'humeur farouche » et enfin des volubiles Études op.104.  Bertrand Chamayou y ajoute des transcriptions de Lieder où le génial Liszt enveloppe, dans un même geste, parties de piano et de chant, et du fameux Scherzo du Songe d’une nuit d’été, revu par Rachmaninov, délicat point d’orgue d’un captivant récital. Car, derrière ce jeune garçon sage, se cache une personnalité hors du commun.

Hommage à MESSIAEN

Hommage à MESSIAEN : Préludes pour piano. Catalogues d'oiseaux (deux extraits : La Bouscarde, L'Alouette Lulu ).  Quatre Études de rythme (deux extraits : Île de Feu, I et II).  Pierre-Laurent Aimard, piano.  Universal/DG : 00289 477 7452.  TT : 59'48.

Protégé du maître, élève de son épouse Yvonne Loriod, Pierre-Laurent Aimard rassemble un certain nombre de pièces pianistiques relativement négligées de Messiaen. « Écrites à des moments difficiles de son existence », ces compositions sont très contrastées.  Les Préludes (1928-1930), composés peu après la mort de sa mère, Claire Delbos, montrent déjà une totale maîtrise des possibilités de  l'instrument, dans la lignée de ses maîtres, Dukas et Debussy.  Une pièce comme Les sons impalpables du rêve... associe son et couleur, technique qui habitera bien des pages ultérieures.  Le sonorités sont cosmiques et l'harmonie des plus habiles, tels ce martèlement de sonorités, cette progression dynamique avec des effets de résonance comme

« Un frisson francais »

« Un frisson francais » : un siècle de mélodies françaises.  Susan Graham, mezzo-soprano ; Malcom Martineau, piano. Onyx : 4030. TT :77'34.

Voici un disque qui sort vraiment de l'ordinaire : une anthologie de mélodies françaises présentant 22 compositeurs, dont quelques oubliés (Caplet, Bachelet, Paladilhe), représentés chacun par une seule pièce. Elle est conçue en cinq parties : les pères fondateurs cultivant la ligne musicale plus que le rythme (Au rossignol de Gounod) ; les postromantiques où priment la couleur vocale et le discours pianistique (Les cigales de Chabrier) au service d'atmosphères nocturnes parfumées, et qui n'évitent pas le caractère opératique (Duparc : Au pays où l'on fait la guerre) ; l'avènement du siècle nouveau, réaction contre la manière romantique, par le dépouillement du style (Le Paon de Ravel ) ou la modernité de l’harmonie (Messiaen : La fiançée perdue) ; le

« Amoureuses »

« Amoureuses ». Mozart, Haydn, Gluck : airs extraits d’opéras.  Patricia Petibon, soprano.  Concerto Köln, dir. Daniel Harding. Universal/DG : 00289 477 468. TT : 68'39.

La femme amoureuse est au cœur de l’art opératique. Belle idée que d’avoir rapproché trois compositeurs de l’époque classique qui lui ont dédiée des pages mémorables. Elle est d’abord tragédienne : la désespérée Giunia de Lucio Silla, là où la vocalise est une composante de l'approche dramatique et non pure prouesse technique ; la tragique Iphigénie à laquelle Gluck prête les plus nobles accents ; la magicienne Armide de Gluck encore, froide et calculatrice - un festin de choix pour l'interprète, dévorée de passion comme la chanteuse ici, jusqu'à émettre un son presque vampirisé.  Les affects d'Armide sont aussi traités par Haydn dans une aria d'une grande agitation. On retrouve encore l’épouse éplorée chez Euridice (L'anima del filosofo), ou

Gabriel FAURÉ

Gabriel FAURÉ : Requiem, op.48. Cantique de Jean Racine, op.11.  Sandrine Piau, soprano, Stéphane Degout, baryton.  Chœur Accentus, dir. Laurence Equilbey.  Naïve : V5137.  TT : 41'21.

Il était prévisible que Laurence Equilbey et Accentus abordent le Requiem de Fauré, une des pièces les plus emblématiques du répertoire choral - bien éloignée des Mozart, Brahms, sans parler de Verdi.  Fauré, qui disait avoir « voulu faire autre chose » y prend quelques libertés avec les textes liturgiques : omission du Dies iraedont n'est conservé que le Lux aeterna, modification de l'agencement des séquences, le Pie Jesu remplaçant le Benedictus.  On joue la version de 1873, pour formation de chambre sans violons.  Le sentiment d'intimité en sort renforcé, d'intériorité aussi. Comment ne pas s'arrêter sur ces instants magiques que sont l’Hostias, le Pie Jesu, la dernière partie du Lux aeterna, affirmation de vérité, et bien sûr le in Paradisium où l’art de la

Johannes BRAHMS

Johannes BRAHMS : Quatuors pour pianos et cordes n°1, 2, 3.  Renaud Capuçon, violon ; Gautier Capuçon, violoncelle ; Gérard Caussé, alto ; Nicholas Angelich, piano. 2CDs Virgin Classics : 50999 519310 2. TT : 76'03 + 51'59.

Brahms est souvent à son meilleur dans l’univers de la musique de chambre. Ses quatuors pour piano et cordes reflètent sa personnalité. Le Quatuor op.25, le plus joué des trois, a, lors de sa création en 1861, avec Clara Schumann au piano, pu déconcerter. Pourtant quelle richesse thématique, notamment dans l'introduction « ruisselante de musique » selon Claude Rostand. L'intermezzo qui tient lieu de scherzo, livre des clairs-obscurs subtils. Les « Capuçon and friends », s'ils font ressortir la liberté contrapuntique d'une œuvre aux multiples facettes, en proposent une exécution quelque peu détachée à force de vouloir allèger la texture. Le refus du rubato, de l'expansion romantique n'évite pas une certaine placidité ; encore que le final,

Wolfgang Amadeus MOZART

Wolfgang Amadeus MOZART : Sérénade KV 360 Gran Partita.  Alban BERG : Concerto de chambre pour 13 instruments à vent, piano et violon.  Mitsuko Uchida, piano, Christian Tetzlaff, violon. Ensemble Intercontemporain, dir. Pierre Boulez.  Decca : 478 0316. TT : 80’18.

Il peut paraître singulier de rapprocher la Sérénade Gran Partita de Mozart du Concerto de chambre de Berg ; encore que les deux pièces requièrent le même nombre d'instruments, treize, et à vent dans les deux cas, outre un piano et un violon chez Berg ; comme improbable de voir Pierre Boulez diriger Mozart – ce qu’il fit pourtant à Salzbourg, l’été 2006, dans cette même œuvre. Il y a selon lui, une même culture du chant et de la mélodie chez ces deux musiciens de théâtre, et dans les variations créées par l'un et l'autre « la même richesse, la même prolifération d'idées ». Dans la Sérénade l'accent est mis sur les contrastes de climat et les combinaisons de timbres. Voilà un Mozart en pleine lumière (menuetto décidé), sans afféterie (adagios au

Vincenzo BELLINI

Vincenzo BELLINI : La Sonnambula.  Cecilia Bartoli, Juan Diego Florez, Ildebrando D'Arcangelo.  Orchestre La Scintilla Zürich, dir. Allesandro de Marchi.  2CDs Decca/L'Oiseau Lyre : 478 1087.  TT : 59'10 + 75'01.

Cette Sonnambula en CD signe plusieurs premières : l’interprétation du melodramma de Bellini sur instruments d'époque, dans sa version originale telle que créée par Giudita Pasta, mais immortalisée par Maria Malibran ; avant qu'il ne soit pris d'assaut moyennant quelques ajouts, par les sopranos colorature.  Cecilia Bartoli, qui s’est fait un devoir de ressusciter le répertoire de la Malibran, confie combien le rôle est en fait confortable pour une voix de mezzo-soprano. Première rencontre au disque aussi entre Bartoli et J.D.Florez, le tenorissimo belcantiste du moment. Le résultat est à la hauteur de l'annonce. Alors même que la direction d'orchestre est comme une révélation. Alessandro de Marchi qui dirige la Scintilla zurichoise, s'empare à bras le corps

Antonio VIVALDI

Antonio VIVALDI : La Fida Ninfa.  Sandrine Piau, Veronica Cangemi, Marie-Nicole Lemieux, Sarah Mingardo, Philippe Jaroussky, Topi Lehtipuu, Lorenzo Ragazzo.  Ensemble Matheus, dir. Jean-Christophe Spinozi.  3CDs Naïve : OP30410.  TT : 59'33 + 66'15 + 63'51.

Autre merveille de la production opératique de Vivaldi que La Fida Ninfa, créée en 1732 à Vérone. L’offre dramatique limitée d'un sujet bucolique convenu, Vivaldi la transfigure par une musique infiniment inventive, sans cesse renouvelée : myriade d'arias da capo propres à peindre les affects, mais aussi ensembles, duetto – par exemple entre contralto et contre-ténor – trio et même quatuor vocal, récitatifs aussi intenses que vivants. L'écriture vocale fort complexe offre un redoutable challenge aux interprètes, tels ces arias di bravura où le mot virtuosité est peu dire devant la pyrotechnie étourdissante demandée, mais aussi ces cantilènes au débit alangui.  Partout ses talents de contrapuntiste sont en évidence, rythmes orchestraux sertissant de près

  Manuscrit de Bauyn

Manuscrit de Bauyn : pièces de clavecin de Louis COUPERIN, Luigi ROSSI, Girolamo FRESCOBALDI, Johann Jakob FROBERGER.  Benjamin Allard, clavecin. Hortus : 035.  TT : 56'27.

La manuscrit de Bauyn, du nom d’un riche financier mélomane du XVIIe siècle, qui renferme quelque 350 pièces composées entre 1640 et 1650, fait figure de corpus de référence pour  la musique française de clavecin. Plusieurs compositeurs se partagent la vedette éditoriale. À commencer par Louis Couperin.  Les Pièces en la et en fa, qui se distinguent par leur imagination harmonique, sont bâties sur le triptyque allemande-courante-sarabande, suivi d'une ou plusieurs pièces conclusives, de danse aussi (La Piémontoise dans la premier cas, un Bransle de Basque et une Chaconne dans le second).  Froberger, musicien allemand (1616-1667), organiste de la chapelle impériale à Vienne, vécut aussi à Paris. Ses compositions savantes sont fort