Felix MENDELSSOHN

Felix MENDELSSOHN : Prélude, op.104a n°2 ; Rondo Capriccioso, op.14 ; Romances sans paroles, op.38 n°2, op.19 n°2, op.102 n°5 ; Variations sérieuses, op.54 ; Caprices, op.33, n°2 et 3 ; Trois Études, op.104b ; Scherzo, op.16 ; Deux Lieder transcrits par Liszt ; Scherzo (extrait du Songe d'une nuit d’été), transcrit par Rachmaninov.  Bertrand Chamayou, piano.  Naïve : V5131.  TT : 65'.

Merveilleuse anthologie consacrée à Mendelssohn, en forme de « Liederabend sans paroles ». Ainsi du Rondo Capriccioso, plein d'esprit, d'un bouquet de Romances sans paroles qui comme les Mazurkas chez Chopin, fleurissent tout au long de sa vie créatrice, des Variations sérieuses dont Schumann soulignait « l'humeur farouche » et enfin des volubiles Études op.104.  Bertrand Chamayou y ajoute des transcriptions de Lieder où le génial Liszt enveloppe, dans un même geste, parties de piano et de chant, et du fameux Scherzo du Songe d’une nuit d’été, revu par Rachmaninov, délicat point d’orgue d’un captivant récital. Car, derrière ce jeune garçon sage, se cache une personnalité hors du commun.

Hommage à MESSIAEN

Hommage à MESSIAEN : Préludes pour piano. Catalogues d'oiseaux (deux extraits : La Bouscarde, L'Alouette Lulu ).  Quatre Études de rythme (deux extraits : Île de Feu, I et II).  Pierre-Laurent Aimard, piano.  Universal/DG : 00289 477 7452.  TT : 59'48.

Protégé du maître, élève de son épouse Yvonne Loriod, Pierre-Laurent Aimard rassemble un certain nombre de pièces pianistiques relativement négligées de Messiaen. « Écrites à des moments difficiles de son existence », ces compositions sont très contrastées.  Les Préludes (1928-1930), composés peu après la mort de sa mère, Claire Delbos, montrent déjà une totale maîtrise des possibilités de  l'instrument, dans la lignée de ses maîtres, Dukas et Debussy.  Une pièce comme Les sons impalpables du rêve... associe son et couleur, technique qui habitera bien des pages ultérieures.  Le sonorités sont cosmiques et l'harmonie des plus habiles, tels ce martèlement de sonorités, cette progression dynamique avec des effets de résonance comme

« Un frisson francais »

« Un frisson francais » : un siècle de mélodies françaises.  Susan Graham, mezzo-soprano ; Malcom Martineau, piano. Onyx : 4030. TT :77'34.

Voici un disque qui sort vraiment de l'ordinaire : une anthologie de mélodies françaises présentant 22 compositeurs, dont quelques oubliés (Caplet, Bachelet, Paladilhe), représentés chacun par une seule pièce. Elle est conçue en cinq parties : les pères fondateurs cultivant la ligne musicale plus que le rythme (Au rossignol de Gounod) ; les postromantiques où priment la couleur vocale et le discours pianistique (Les cigales de Chabrier) au service d'atmosphères nocturnes parfumées, et qui n'évitent pas le caractère opératique (Duparc : Au pays où l'on fait la guerre) ; l'avènement du siècle nouveau, réaction contre la manière romantique, par le dépouillement du style (Le Paon de Ravel ) ou la modernité de l’harmonie (Messiaen : La fiançée perdue) ; le

« Amoureuses »

« Amoureuses ». Mozart, Haydn, Gluck : airs extraits d’opéras.  Patricia Petibon, soprano.  Concerto Köln, dir. Daniel Harding. Universal/DG : 00289 477 468. TT : 68'39.

La femme amoureuse est au cœur de l’art opératique. Belle idée que d’avoir rapproché trois compositeurs de l’époque classique qui lui ont dédiée des pages mémorables. Elle est d’abord tragédienne : la désespérée Giunia de Lucio Silla, là où la vocalise est une composante de l'approche dramatique et non pure prouesse technique ; la tragique Iphigénie à laquelle Gluck prête les plus nobles accents ; la magicienne Armide de Gluck encore, froide et calculatrice - un festin de choix pour l'interprète, dévorée de passion comme la chanteuse ici, jusqu'à émettre un son presque vampirisé.  Les affects d'Armide sont aussi traités par Haydn dans une aria d'une grande agitation. On retrouve encore l’épouse éplorée chez Euridice (L'anima del filosofo), ou

Gabriel FAURÉ

Gabriel FAURÉ : Requiem, op.48. Cantique de Jean Racine, op.11.  Sandrine Piau, soprano, Stéphane Degout, baryton.  Chœur Accentus, dir. Laurence Equilbey.  Naïve : V5137.  TT : 41'21.

Il était prévisible que Laurence Equilbey et Accentus abordent le Requiem de Fauré, une des pièces les plus emblématiques du répertoire choral - bien éloignée des Mozart, Brahms, sans parler de Verdi.  Fauré, qui disait avoir « voulu faire autre chose » y prend quelques libertés avec les textes liturgiques : omission du Dies iraedont n'est conservé que le Lux aeterna, modification de l'agencement des séquences, le Pie Jesu remplaçant le Benedictus.  On joue la version de 1873, pour formation de chambre sans violons.  Le sentiment d'intimité en sort renforcé, d'intériorité aussi. Comment ne pas s'arrêter sur ces instants magiques que sont l’Hostias, le Pie Jesu, la dernière partie du Lux aeterna, affirmation de vérité, et bien sûr le in Paradisium où l’art de la

Johannes BRAHMS

Johannes BRAHMS : Quatuors pour pianos et cordes n°1, 2, 3.  Renaud Capuçon, violon ; Gautier Capuçon, violoncelle ; Gérard Caussé, alto ; Nicholas Angelich, piano. 2CDs Virgin Classics : 50999 519310 2. TT : 76'03 + 51'59.

Brahms est souvent à son meilleur dans l’univers de la musique de chambre. Ses quatuors pour piano et cordes reflètent sa personnalité. Le Quatuor op.25, le plus joué des trois, a, lors de sa création en 1861, avec Clara Schumann au piano, pu déconcerter. Pourtant quelle richesse thématique, notamment dans l'introduction « ruisselante de musique » selon Claude Rostand. L'intermezzo qui tient lieu de scherzo, livre des clairs-obscurs subtils. Les « Capuçon and friends », s'ils font ressortir la liberté contrapuntique d'une œuvre aux multiples facettes, en proposent une exécution quelque peu détachée à force de vouloir allèger la texture. Le refus du rubato, de l'expansion romantique n'évite pas une certaine placidité ; encore que le final,

Wolfgang Amadeus MOZART

Wolfgang Amadeus MOZART : Sérénade KV 360 Gran Partita.  Alban BERG : Concerto de chambre pour 13 instruments à vent, piano et violon.  Mitsuko Uchida, piano, Christian Tetzlaff, violon. Ensemble Intercontemporain, dir. Pierre Boulez.  Decca : 478 0316. TT : 80’18.

Il peut paraître singulier de rapprocher la Sérénade Gran Partita de Mozart du Concerto de chambre de Berg ; encore que les deux pièces requièrent le même nombre d'instruments, treize, et à vent dans les deux cas, outre un piano et un violon chez Berg ; comme improbable de voir Pierre Boulez diriger Mozart – ce qu’il fit pourtant à Salzbourg, l’été 2006, dans cette même œuvre. Il y a selon lui, une même culture du chant et de la mélodie chez ces deux musiciens de théâtre, et dans les variations créées par l'un et l'autre « la même richesse, la même prolifération d'idées ». Dans la Sérénade l'accent est mis sur les contrastes de climat et les combinaisons de timbres. Voilà un Mozart en pleine lumière (menuetto décidé), sans afféterie (adagios au

Vincenzo BELLINI

Vincenzo BELLINI : La Sonnambula.  Cecilia Bartoli, Juan Diego Florez, Ildebrando D'Arcangelo.  Orchestre La Scintilla Zürich, dir. Allesandro de Marchi.  2CDs Decca/L'Oiseau Lyre : 478 1087.  TT : 59'10 + 75'01.

Cette Sonnambula en CD signe plusieurs premières : l’interprétation du melodramma de Bellini sur instruments d'époque, dans sa version originale telle que créée par Giudita Pasta, mais immortalisée par Maria Malibran ; avant qu'il ne soit pris d'assaut moyennant quelques ajouts, par les sopranos colorature.  Cecilia Bartoli, qui s’est fait un devoir de ressusciter le répertoire de la Malibran, confie combien le rôle est en fait confortable pour une voix de mezzo-soprano. Première rencontre au disque aussi entre Bartoli et J.D.Florez, le tenorissimo belcantiste du moment. Le résultat est à la hauteur de l'annonce. Alors même que la direction d'orchestre est comme une révélation. Alessandro de Marchi qui dirige la Scintilla zurichoise, s'empare à bras le corps

Antonio VIVALDI

Antonio VIVALDI : La Fida Ninfa.  Sandrine Piau, Veronica Cangemi, Marie-Nicole Lemieux, Sarah Mingardo, Philippe Jaroussky, Topi Lehtipuu, Lorenzo Ragazzo.  Ensemble Matheus, dir. Jean-Christophe Spinozi.  3CDs Naïve : OP30410.  TT : 59'33 + 66'15 + 63'51.

Autre merveille de la production opératique de Vivaldi que La Fida Ninfa, créée en 1732 à Vérone. L’offre dramatique limitée d'un sujet bucolique convenu, Vivaldi la transfigure par une musique infiniment inventive, sans cesse renouvelée : myriade d'arias da capo propres à peindre les affects, mais aussi ensembles, duetto – par exemple entre contralto et contre-ténor – trio et même quatuor vocal, récitatifs aussi intenses que vivants. L'écriture vocale fort complexe offre un redoutable challenge aux interprètes, tels ces arias di bravura où le mot virtuosité est peu dire devant la pyrotechnie étourdissante demandée, mais aussi ces cantilènes au débit alangui.  Partout ses talents de contrapuntiste sont en évidence, rythmes orchestraux sertissant de près

  Manuscrit de Bauyn

Manuscrit de Bauyn : pièces de clavecin de Louis COUPERIN, Luigi ROSSI, Girolamo FRESCOBALDI, Johann Jakob FROBERGER.  Benjamin Allard, clavecin. Hortus : 035.  TT : 56'27.

La manuscrit de Bauyn, du nom d’un riche financier mélomane du XVIIe siècle, qui renferme quelque 350 pièces composées entre 1640 et 1650, fait figure de corpus de référence pour  la musique française de clavecin. Plusieurs compositeurs se partagent la vedette éditoriale. À commencer par Louis Couperin.  Les Pièces en la et en fa, qui se distinguent par leur imagination harmonique, sont bâties sur le triptyque allemande-courante-sarabande, suivi d'une ou plusieurs pièces conclusives, de danse aussi (La Piémontoise dans la premier cas, un Bransle de Basque et une Chaconne dans le second).  Froberger, musicien allemand (1616-1667), organiste de la chapelle impériale à Vienne, vécut aussi à Paris. Ses compositions savantes sont fort

 Marin MARAIS

Marin MARAIS : Pièces de viole, Sarabande à deux violes.  SAINTE-COLOMBE : Concert XLVIII.  Josh Cheatham, Julien Léonard, violes de gambe.  Skip Sempé, clavecin.  Paradizo : PA0006. TT : 65'46.

Ancêtre du violoncelle, la viole de gambe ou basse de viole est l’instrument par excellence du baroque français. Magnifiée par des luthiers célèbres, elle offre une résonance et une puissante sonorité, outre cette vibration particulière qui la rend proche de la voix humaine ; sans parler de sa propension à la mélodie et à l'ornementation. Grand maître de l'instrument, interprète et compositeur, Marin Marais cultive «  une alternance fascinante entre le populaire et le chic » souligne Skip Sempé. Ses Pièces de viole avec accompagement de clavecin renferment tous ces mouvements de danse qui font florès dans la musique française baroque, l'élégiaque Sarabande, la Gigue alerte, l'Allemande décidée et autres Courante labile. Certaines sont dénommées,

Antonio VIVALDI

Antonio VIVALDI : L'Estro Armonico.  Bonus DVD : The Four Seasons MosaicTafelmusik Baroque Orchestra, dir. Jeanne Lamon.  Elisabeth Wallfisch, violon.  DHM : 88697190442. TT : 63’30 (CD) + 54'08 (DVD).

C’est avec L’Estro Armonico que Vivaldi, en 1711, a imposé la forme du concerto grosso initié par Corelli à la fin du XVIIe siècle.  L’Estro Armonico est un recueil de douze concertos comportant des formules rythmiques et mélodiques très audacieuses pour l’époque. L’écriture virtuose, cependant, ne nuit en aucune façon à la profondeur expressive soutenue par une forte tension intérieure. Si l’œuvre a été maintes et maintes fois enregistrée, ce nouvel album n’est en aucun cas un remake. Le Tafelmusik Baroque Orchestra fait preuve d’une énergie débordante dans un parcours à la fois volubile et empreint de sensibilité. En bonus, un DVD propose une expérience originale : The Four Seasons Mosaic. Les Quatre Saisons sont revisitées par

Sources : Monodies et polyphonies médiévales.  Mora Vocis : MOVO 1-2007. TT : 61’23.

Ces vingt pièces interprétées par l'ensemble vocal féminin Mora Vocis chantent l’eau et les sources dans le répertoire de la musique sacrée occidentale du XIe au XVe siècles.  Profondeur des eaux souterraines, fleuves débordants, force régénératrice ou purificatrice, la musique de l'eau parle en un langage universel qui convie l'auditeur à un rapport fluide avec le temps. La qualité vocale de Mora Vocis est remarquable de pureté et de limpidité. On peut également apprécier le choix des pièces issues de divers manuscrits (Bamberg, Hildegarde de Bingen, Burgos…), couvrant cinq siècles de musique monodique et polyphonique. L'album est accompagné d'un livret explicatif très complet tant au plan de l'interprétation que des principes fondamentaux de

Chants de Pâques.

Chants de Pâques.  Schola des Moines de l’Abbaye de Saint Martin de Ligugé. DBA : 10/07 200. TT : 44’22.

Voici un enregistrement d'un grégorien véridique, sans artifice, tel que le chantent les moines de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé dans leurs offices. L’abbaye, la plus ancienne implantation monastique connue, abrite une trentaine de moines selon la règle de Saint Benoît de Nurcie. La liturgie de Pâques, la plus importante de l'année chrétienne, abonde en pièces grégoriennes qui jalonnent les cérémonies. Parmi les chants choisis pour cet enregistrement figurent les célèbres Pange Lingua (procession de l'Eucharistie le Jeudi saint), Victimæ Pascali Laudes (séquence de la messe de Pâques), O Filli et Filliæ (hymne pour le Benedicamus Domino) et Veni Creator Spiritu (hymne pour les Vêpres entre l'Ascension et la Pentecôte ). L'intérêt particulier de cet