Genoveva

Robert SCHUMANN : Genoveva. Juliane Banse, Shawn Mathey, Martin Gantner, Cornelia Kallisch, Alfred Muff.  Orchestre et chœurs de l'Opernhaus de Zürich, dir. Nicolaus Harnoncourt.  Arthaus Musik : 101 327. TT : 146’.

Dans son unique opéra, Genoveva, Schumann invite à pénétrer un drame profond. La mise en scène, signée de Martin Kusej, ne laisse pas de marbre. Alors que l’intrigue se concentre sur quelques personnages hyper-typés, il en fait une sorte de huis clos froid, espace intérieur cantonné, claquemuré, d'une blancheur aveuglante, qu'il oppose à un univers extérieur obscur et infini.  L'absence d'action dramatique, il la compensera en laissant sur scène, tels ds pions, les trois personnages principaux, même lorsqu'ils n'ont pas à intervenir directement. Les images sont fortes, souvent exacerbées, à la limite de l'expressionisme ; à l’aune du chemin de déchéance que vit Genoveva, humiliée publiquement ou maintenue plus morte que vive par deux geôliers

L’Elisir d'amore.

Gaetano DONIZETTI : L’Elisir d'amore.  Paul Groves, Heidi Grant Murphy, Laurent Naouri, Ambrogio Maestri, Aleksandra Zamojska.  Orchestre et chœurs de l'Opéra national de Paris, dir. Ewald Gardner.  DVD BelAir Classics : BAC034. TT : 133'.

Fière idée que de diffuser L’Elisir d’Amore dans la fameuse production de l’Opéra Bastille. Voilà bien un bijou de mise en scène qui tire son épingle du jeu d'une intrigue finalement pas si mal ficelée.  Car dans son melodramma giocoso Donizetti a mis bien plus que matière à briller. Laurent Pelly brosse des caractères vrais, d'une réelle consistance, avec ce brin d'exagération qui ne déforme pas le portrait. L'animation des ensembles ne le cède en rien côté imagination et une scène comme celle de Gianetta avec les filles du bourg trouve son sens réel, le moment où tout bascule pour le brave Nemorino devenu par quelque Deus ex machina, riche héritier.  Dès lors, peu importe que le philtre de Tristano e Isotta ne soit que du Bordeaux.  Le tout est

Manon Lescaut.

PUCCINI : Manon Lescaut.  Production : Peter Gelb.  Orchestre, chœurs et ballet du Metropolitan Opera, dir. James Levine.  Karita Mattila, Marcello Giordani, Dwayne Croft, Dale Travis.  Enregistré en public, le 16 février 2008.  EMI Classics : 2.17420.9.  TT : 2h17’.

Il fut longtemps de bon ton, en France notamment, de considérer Puccini avec une ironie condescendante – à la différence de ce qu’il en était aux États-Unis et en Allemagne (Berg ne se reconnaissait-il pas deux maîtres : Schoenberg et Puccini ; et Schoenberg, lui-même, ne déclarait-il pas : « J’ai toujours été fier de la présence de Puccini à la création du Pierrot lunaire » ?)… Mais ce snobisme fait heureusement long feu, et le grand Giacomo est désormais universellement célébré. Quant au présent enregistrement, il fera, n’en doutons pas, référence - de par, surtout, sa distribution : Karita Mattila (splendide Manon), Marcello Giordano (des Grieux), Dwayne Croft (Lescaut), Dale Travis (Géronte)… et la présence, au pupitre, du grand chef opératique James Levine.  Présentation de l’ouvrage par Renée Fleming qui interviewe aussi, lors des entractes, les principaux protagonistes de l’affaire.

 

 

La Bohème.

PUCCINI : La Bohème.  Production : Franco Zeffirelli.  Orchestre et chœurs du Metropolitan Opera, dir. Nicola Luisotti.  Angela Gheorghiu, Ramón Vargas, Ainhoa Arteta, Ludovic Tézier, Quinn Kelsey, Oren Gradus, Paul Plishka.  Enregistré en public, le 5 avril 2008.  EMI Classics : 2.17417.9. TT : 2h16’.

Sous la direction de Franco Zeffirelli, production, décors et costumes sont, comme de bien entendu, somptueux – et jusqu’aux façades joyeusement lépreuses d’un Paris populaire…  La distribution vocale n’est pas moins exceptionnelle, avec notamment Angela Gheorghiu (Mimi minaudant parfois à l’excès), Ramón Vargas (Rodolphe), Ludovic Tézier (Marcello) et, dans le rôle de Musette, la pétulante Ainhoa Arteta (pour nous, une révélation).  Durant les entractes, outre la visite des coulisses du théâtre, Renée Fleming (présentatrice du spectacle) interviewe Joe Clark (directeur technique du Met), A. Gheorghiu et R. Vargas.  En bonus : « Zeffirelli au Met ».

 

 

2e Concerto pour violon, op.129

Dimitri CHOSTAKOVITCH : 2e Concerto pour violon, op.129 (1re audition mondiale, 1972).  David Oistrakh, violon.  Orchestre philharmonique de Moscou, dir. Kirill Kondrashin.  David Oistrakh en récital (1972) : pièces de Debussy, Dvořák, Schubert et Sibelius (au piano : Frida Bauer).  VAI : DVD 4473.  TT : 60’.

Quel que fût le répertoire, impérial était David Oistrakh (1908-1974).  Si besoin était encore de s’en convaincre, il ne serait que d’écouter et de voir cet admirable document dans lequel – outre la création mondiale du terrifiant 2e Concerto pour violon de Chostakovitch - il interprète la Sonate pour violon et La fille aux cheveux de lin de Debussy, une Mazurka de Dvořák, la 6e Valse-Caprice de Schubert et un Nocturne de Sibelius.

Les 48 Préludes et Fugues.

J.-S. BACH : Les 48 Préludes et Fugues.  Konstantin Lifschitz, piano.  VAI (www.vaimusic.com)  : DVD 4488.  TT : 4h25’

Incroyable défi sereinement relevé par le grand pianiste russe Konstantin Lifschitz d’interpréter – par cœur ! – cet opus magnum de la littérature musicale baroque et ce, en une seule journée (après-midi et soirée du 30 mars 2008), lors du Miami International Piano Festival.  Où, sans les ordinaires afféteries de tant d’illustres virtuoses, il met en lumière les polyphonies les plus complexes…  Notons que Konstantin Lifschitz a choisi de regrouper par paires les Préludes et Fugues de même tonalité des Livres 1 et 2.  Un « absolu » pour votre DVDthèque

 

 

 

Rudyard KIPLING

POUR LES PLUS JEUNES

Rudyard KIPLING raconté et chanté par Enzo Enzo & Brigitte Lecordier : Trois histoires comme ça.  1 livre (72 p.), 1 CD.  Traduction et adaptation : Yves Lecordier.  Musique : Romain Didier.  Illustrations Irène Schoch.  Naïve Jeunesse : U318168.

Dus au merveilleusement imaginatif auteur du Livre de la jungle (et remarquablement traduits par Yves Lecordier, par ailleurs auteur inspiré des paroles des chansons), ces 3 contes : Le chat qui faisait son chemin tout seul / Comment la baleine acquit ses fanons / L’enfant d’éléphant feront assurément le bonheur de tous, petits et grands.  Nous savions la délicatesse d’inspiration du compositeur Romain Didier ; nous sommes, une fois de plus, sous le charme ! D’autant qu’il est ici servi par Enzo Enzo et Brigitte Lecordier, interprètes d’une rare qualité.

A Midwinter Night’s Dream.

Loreena McKENNITT : A Midwinter Night’s Dream.  Quinlan Road Music : QR 113.  Distr. Universal.  TT : 54’36.

Qui ne connaît la merveilleuse ductilité de la voix de Loreena McKennitt ?  Elle nous offre, cette fois, un florilège de treize carols et autres chants ou instrumentaux du temps de Noël - parmi lesquels The Holly & the Ivy, Noël nouvelet, Coventry Carol, Snow, Breton Carol, In the Bleak Midwinter, Un Flambeau, Seeds of Love

Saxhorn & piano.  David Maillot, saxhorn.

Saxhorn & piano.  David Maillot, saxhorn.  Géraldine Dutroncy, piano.  Hybrid’Music (www.hybridmusic.com) : H1813.  TT : 63’17.

Incontestables souplesse, vélocité et qualités mélodiques d’un instrument (créé en 1845 par Adolphe Sax) trop rarement utilisé en soliste.  Pour avoir été souvent destinées à un concours de conservatoire, ces différentes pièces n’ont pas moins été retenues, par l’excellent David Maillot (virtuose enseignant au Conservatoire de Cergy-Pontoise et membre de nombreuses formations de chambre), pour leur seule musicalité : Concertino d’Eugène Bozza, Sonate de Claude Pascal, Intermezzo de Marcel Bitsch, Humoresque d’Alain Bernaud, Fantaisie concertante de Jacques Castérède, Deux mouvements contrastés de Gérard Devos, Tubacchanale de Roger Boutry, Être ou ne pas être d’Henri Tomasi.  Bien plus qu’une curiosité !

Insomnies.

Stéphane BLET (°1969) : Insomnies.  Première mondiale.  Natalia Sitolenko, piano.  Marcal Classics : 040901.  Distrib. Codaex France.  TT : 64’57.

Furieusement lisztienne est l’œuvre de Stéphane Blet.  Avec la pianiste russe Natalia Sitolenko (°1970), le compositeur a enfin trouvé une interprète à la démesure de ses élans romantiques.  Outre nombre de pièces déjà répertoriées, cet enregistrement présente des œuvres en Première mondiale, telles que : Microcosmes I op.17, Insomnies op.38b, Suite érotique op.110 et In memoriam Frida Kahlo op.141.

Improvisations.

Karol BEFFA (piano) : Improvisations.  Intrada (www.intrada.fr) : Intr 036.  TT : 79’38.

Rêveuses improvisations - d’inspiration le plus souvent debussyste - autour d’une vingtaine de thèmes suggérés, le 29 juillet 2007, par le public de l’Ircam…  Karol Beffa est aujourd’hui l’un des très rares musiciens - en dehors du monde de l’orgue, du jazz ou de l’accompagnement de films muets - à se hasarder à soutenir pareille gageure.  Et avec quel talent !...

Siete canciones populares españolas (1914)

Manuel de FALLA : Siete canciones populares españolas (1914), Concerto per clavicembalo (1926), El gran teatro del mundo (1927), Psyché (1925).  Victoria de los Angeles, soprano.  Chœur Lieder Camera & Orchestre de chambre Teatre Lliure, dir. Josep Pons.  Harmonia Mundi : HMG 501432.  TT : 42’58.

À l’exemple de son maître Felipe Pedrell, Manuel de Falla s’inspire du folklore espagnol dans ses célèbres Sept chansons populaires aussi bien que dans Le grand théâtre du monde, musique de scène pour la pièce de Calderón, œuvres ici admirablement ciselées par Victoria de los Angeles.  La grande soprano interprète, en outre, Le Printemps de Psyché, exquise miniature sur un poème de Georges Jean-Aubry.  Œuvre la plus « avant-gardiste » du compositeur, le Concerto pour clavecin est interprété, en soliste, par Lluis Vidal.

Requiem.

Henry PURCELL : Lover’s Roses.  Sébastien Fournier, contre-ténor (www.sebastienfournier.com).  Ensemble Sprezzatura : Sébastien Guillot, clavecin & orgue positif.  Anne-Marie Lasla, basse de viole.  Hybrid’Music (www.hybridmusic.com) : H1814.  TT : 51’31.

Formé aux meilleures écoles (Henry Ledroit à Lyon, Guild School of Music and Drama of London), le contre-ténor Sébastien Fournier fondait, en 1998, l’ensemble Sprezzatura, avec lequel il se produit aujourd’hui dans de nombreux festivals internationaux.  Il a ici enregistré quinze des mythiques Ayres and Songs d’Henry Purcell, naguère illustrés par le grand Alfred Deller - auprès duquel notre jeune Lyonnais ne démérite assurément pas.

Herbert von Karajan.

Les éditions Audite (www.audite.de) rééditent leurs plus célèbres enregistrements d’Herbert von Karajan.  Volume I : Requiem de Verdi [2 CDs : 23.415.  Wiener Philharmoniker, Singverein der Musikfreunde Wien.  H. Zadek, M. Klose, H. Rosvaenge, B. Christoff. 1949].  Volume II : Symphonie n°41 « Jupiter » et Concerto pour piano n°20 de Mozart [CD : 95.602.  Berliner Philharmoniker. Wilhelm Kempff, piano. 1956].  Volume III : Symphonies n°3 et Symphonie n°9 de Beethoven [CD : 23.414.  Berliner Philharmoniker, Chor der St. Hedwigs-Kathedrale Berlin.  E. Grümmer, M. Höffgen, E. Haefliger, G. Frick.  1953/1957].

Lover’s Roses.

Henry PURCELL : Lover’s Roses.  Sébastien Fournier, contre-ténor (www.sebastienfournier.com).  Ensemble Sprezzatura : Sébastien Guillot, clavecin & orgue positif.  Anne-Marie Lasla, basse de viole.  Hybrid’Music (www.hybridmusic.com) : H1814.  TT : 51’31.

Formé aux meilleures écoles (Henry Ledroit à Lyon, Guild School of Music and Drama of London), le contre-ténor Sébastien Fournier fondait, en 1998, l’ensemble Sprezzatura, avec lequel il se produit aujourd’hui dans de nombreux festivals internationaux.  Il a ici enregistré quinze des mythiques Ayres and Songs d’Henry Purcell, naguère illustrés par le grand Alfred Deller - auprès duquel notre jeune Lyonnais ne démérite assurément pas.

Miserere Hominibus (pour 7 chanteurs & 7 instrumentistes)

Klaus HUBER (°1924) : Miserere Hominibus (pour 7 chanteurs & 7 instrumentistes).  Agnus Dei cum Recordatione (Hommage à Ockeghem, pour 4 chanteurs, luth & 2 vièles). Les Jeunes Solistes, dir. Rachid Safir.  Soupir éditions (www.les-jeunes-solistes.com) : S216. Distr. Nocturne. TT : 54’36.

Il s’agit là de commandes passées par Rachid Safir à son vieux complice, le Suisse Klaus Huber - dans la musique duquel sérialisme & polyphonies vocales inspirées de la Renaissance se compénétrent jusqu’à fusionner.  Ainsi dans Miserere hominibus (2007) - psaume de pénitence -, où le compositeur rassemble, outre le texte biblique, des textes de Jacques Derrida, Mahmoud Darvich, Octavio Paz et Carl Amery.  Fustigations de l’égoïsme et du culte que l’homme voue à l’argent… Tout en finesse, voix et instruments sont traités comme s’il s’agissait d’un seul et même ensemble chambriste.

Musique de chambre.

Jacques BOISGALLAIS (°1927) : Musique de chambre.  Le Chant du Monde : LDC 2781151.  TT : 68’.

Longtemps réputé pour ses seules mises en ondes radiophoniques & enregistrements de concerts, le compositeur Jacques Boisgallais connaît aujourd’hui une juste reconnaissance.  Déjà auteur d’une cinquantaine d’œuvres pour grand orchestre, ensemble instrumental ou musique de chambre - écrites dans une atonalité sans exclusive d’incursions modales -, il nous propose ici une superbe relecture d’œuvres chambristes plus ou moins récentes : 1re Sonate pour violon & piano (2000/2003), Toccata pour deux pianos (1957/2002), Trio-Passacaille pour piano, violon & violoncelle (2001), Divertimento pour clarinette, violon, violoncelle & piano (2002/2004), 1er Quatuor à cordes (1958/2001). « Works in progress… »  Une révélation !

L’enfant-Roi.

Roger CALMEL : L’enfant-Roi.  Coda Musique (29, avenue Carnot, 33200 Bordeaux Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : CM 241208.

L’enregistrement (2008) de la cantate (ou pastorale) : L’enfant-Roi de Roger Calmel, né en 1920 (et non 1921…), disparu en 1998, constitue l’un des hommages rendus à ce compositeur français si attachant, à l’occasion des dix ans de sa mort.  Il est réalisé par 4 solistes, le chœur Les Polysons et l’orchestre Les Cordes mêlées, tous placés sous la direction d’Élisabeth Trigo.  Cette pastorale - l’une de ses plus belles œuvres -, reposant sur le texte de Jean-Pierre Nortel (également le récitant), relate l’histoire d’un enfant qui, avec son tambour, ne veut pas laisser dormir les gens, la nuit de Noël.  Par la suite, deux bergers le poursuivent.  Finalement, il rencontre l’enfant Jésus.  Roger Calmel crée l’atmosphère, spéculant sur les sonorités lumineuses et brillantes. Œuvre à écouter d’un seul tenant.

Duos for flute and oboe

Duos for flute and oboe. Centaur (www.centaurrecords.com) : CRC 2775.  TT : 55’50.

Ce disque déjà un peu ancien révèle des Duos (ou arrangements) pour bois.  Ils sont interprétés par Claudia Anderson (flûte) - professeur invitée, très connue aux États-Unis - et William McMullen (hautbois) - professeur de hautbois, soliste du Lincoln Symphony Orchestra.  Ils forment une équipe bien soudée au service de ce répertoire allant de W. A. Mozart à José Serebrier (né en 1938) et présentant des formes traditionnelles (invention, petits préludes, impromptus, duos, canzone).  En revanche, certaines œuvres sont dotées de titres évocateurs : Calandres, Spipolettes, Alouettes… (G. Migot) ; Nuage, arbre… (J. Serebrier) ; d’autres encore indiquent les mouvements en italien (Allegro vivace, Moderato, Allegro…).  Cet enregistrement, réalisé à l’Université du Nebraska (à Lincoln), s’imposera par l’association des sonorités chantantes et particulièrement expressives, et par la diversité des pièces retenues et rendues avec brillance et musicalité.

Requiem et motet

Jean GILLES : Requiem et motet : Cantate Jordanis Incolae.  Ligia Digital (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : Lidi 0202196-8.  TT : 68’02.

Le Requiem de Jean Gilles (1668-1705) - maître de musique de Saint-Étienne de Toulouse - a été entendu, entre autres, lors d’un des services funèbres célébrés à la mémoire de Jean-Philippe Rameau en l’église de l’Oratoire du Louvre (Paris).  Cette œuvre, restituée par l’abbé Jean Prim, a été rééditée par Jean-Marc Andrieu qui la qualifie de « chef-d’œuvre au destin singulier » et qui - à la tête du chœur de chambre Les Éléments (Joël Suhubiette) et de l’orchestre Les Passions - ne ménage pas ses efforts pour conférer toute sa densité et sa luminosité à cette Messe des morts, assez majestueuse et n’échappant toutefois pas à la pompe de l’époque.  Cette œuvre - avec le rythme pointé à la manière française, si typique de son Ouverture en forme de marche - retiendra l’attention des mélomanes du XXIe siècle qui, comme ceux du XVIIIe siècle, l’entendront « toujours avec satisfaction, malgré son ancienneté… » (Le Mercure de France).

Manuscrit Bauyn

Manuscrit Bauyn.  Benjamin Alard, clavecin.  Hortus (2, rue Diderot, 92600 Asnières. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 065.  TT : 56’27.

Comme l’Andreas-Bach-Buch pour le jeune Jean-Sébastien, le Manuscrit d’André Bauyn de Bersan, illustrant le répertoire de musique pour clavecin et s’imposant par sa diversité, regroupe non seulement des œuvres de jeunesse : Pièces en la et en fa de Louis Couperin (ca 1626-1661 : à ne pas confondre avec François), mais encore des pages recopiées par le jeune musicien, allant de la Passacaille de Luigi Rossi (1598-1653), aux Toccatas en ré et en fa, Allemande et Gigue de Johann Jakob Froberger (1616-1667) - que L. Couperin avait rencontré en 1652 -, en passant par le Capriccio en sol de Girolamo Frescobaldi (1583-1643).  Au total, 18 pièces reposant notamment sur des danses selon l’usage.  Benjamin Alard - élève de François Ménissier pour l’orgue et d’Élisabeth Joyé pour le clavecin, ainsi qu’à la Schola Cantorum basiliensis, titulaire du nouvel orgue de l’église Saint-Louis-en-l’Île (Paris) - réserve un sort royal à ces œuvres rarement enregistrées : judicieuse initiative (2008) des éditions Hortus.

 

Missa Domine Dominus noster

Philippe ROGIER : Missa Domine Dominus noster.  Matheo ROMERO : Missa bonae voluntatis.  2CDs Ricercar (Outher S. A., rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC271. TT : 118’36.

Ce coffret présente d’abord un « Office de mariage à la Cour d’Espagne » interprété par quatre ensembles : le Chœur de chambre de Namur, La Fenice, Doulce mémoire et le Ricercar Consort, tous dirigés par Jean Tubéry.  Philippe Rogier (1560-1596) arrive en Espagne en 1572.  Il assumera ensuite la charge de maître de chapelle. Malgré sa brève existence, ce prêtre a laissé environ 240 œuvres polyphoniques (messes, motets…).  Sa MesseDomine Dominus noster est écrite à 12 voix qui dialoguent ; son écriture polychorale la situe à la charnière des XVIe et XVIIe siècles.