Maria Bethânia chante Notre-Dame des Jardins du Ciel.

Maria Bethânia chante Notre-Dame des Jardins du Ciel.  Jade (43, rue de Rennes 75006 Paris. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 699 683-2.  TT : 22’21.

Les disques Jade enregistrent souvent des voix exceptionnelles, comme celle de Divna Ljubojevic. Leur dernière réalisation est consacrée à une chanteuse charismatique : Maria Bethânia qui, au début, « symbole de la contre-culture brésilienne, est devenue la reine des ballades sentimentales ».  Cet album émouvant, avec des compositions originales de ses contemporains ou des cantiques traditionnels du Brésil, traduit sa dévotion mariale. Par sa voix grave et prenante, Maria Bethânia souhaite apporter aux hommes « la douceur, le bonheur et la paix ».  Au fil des plages, c’est toute la suavité brésilienne qui entraîne l’auditeur vers les « Jardins du ciel », grâce notamment aux talents de Gilberto Gil (Mae de Deus das Candeias).

Jan Josef Ignac BRENTNER

Jan Josef Ignac BRENTNER : Vesperae cum ordinariis PsalmisHymnodia Divina, op.3. Nibiru (CD Diffusion (28, Route d'Eguisheim. BP 4. 68920 Wettolsheim Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : Nibiru 0148 2211. TT : 53’44.

L’ouverture des frontières permet à Maurice Cialdella d’enrichir son catalogue CD Diffusion et de faire bénéficier les auditeurs français d’œuvres jusqu’alors peu diffusées. Les mélomanes curieux découvriront en Jan Josef Ignac Brentner un musicien qui, selon les vicissitudes de l’histoire, est « classé parmi les Allemands de Bohême ».  Il est né en 1689 – quatre ans après J.S. Bach - et mort en 1742, à Dobrany, près de Pilsen. Ses œuvres publiées à Prague sont essentiellement religieuses (4 recueils).  Adam Viktoria, à la tête de l’« Ensemble Inégal » et des Prague Baroque Soloists, a le mérite de révéler avec enthousiasme ses Vêpres avec des Psaumes ordinaires « sous la forme qu’elles avaient dans la collection de l’Église de la Sainte Croix à

Matthias WECKMANN : Kammermusik. Klaviermusik

Matthias WECKMANN : Kammermusik. Klaviermusik2CDs Ricercar (Outher, rue du Chêne 27, B1000 Bruxelles Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC 282.  TT : 73’13.

Matthias Weckmann, musicien allemand, est né en 1619 (?) à Niederdorla (Thuringe), et mort en 1674 à Hambourg. En 1630, il entre à la Chapelle de la Cour de Dresde, alors dirigée par H. Schütz. Il étudie ensuite à Hambourg, auprès de J.H. Scheidemann..., assume une carrière d’organiste à Dresde et Hambourg, où il fonde le Collegium Musicum (1660). Son œuvre est marquée à la fois par les influences italienne, française, et également par Schütz.  Le premier CD propose une sélection de Sonates à 3 et 4 interprétées par La Fenice (cornet, trombone, basson, clavecin et orgue, théorbe et, occasionnellement, violon) ; elles sont particulièrement pittoresques et descriptives (la 5e évoque une bataille), leurs mouvements lents

Marco Enrico BOSSI : Opera omnia per organo.

Marco Enrico BOSSI : Opera omnia per organo.  Vol. II. Tactus (CD Diffusion) : TC 862712.  TT : 64’02.

Lorenzo Perosi a transcrit pour orgue La Passion du Christ selon St. Marc (1897), oratorio de Marco Enrico Bossi (qualifié de « nouveau Bach italien »). Elle est structurée en trois parties : La Cène, La Prière sur le Mont, La Mort du Rédempteur.  La seconde œuvre, transcrite par le compositeur : La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ (1898), comprend deux parties : La Transfiguration, La Libération. Grâce à des registrations très étudiées, l’excellent organiste a tiré le meilleur parti de l’orgue Vegezzi-Bossi (1916-1932/4) à la Cathédrale de Saint-Juste (Suse).  A. Macinanti su conférer aux deux vastes fresques toute leur densité spirituelle et émotionnelle. Cette intégrale rend hommage à M. E. Bossi dont l’œuvre mériterait d’être plus largement diffusée.

Marco Enrico BOSSI : Opera omnia per organo.  Vol. I.

Marco Enrico BOSSI : Opera omnia per organo.  Vol. I.  Tactus (CD Diffusion) : TC 862711.  TT : 77’07.

Ce CD révèle des œuvres de M. E. Bossi, né à Salo (Lombardie) en 1861 et mort en mer (entre New York et Le Havre), en 1925.  Organiste, maître de chapelle à la Cathédrale de Côme, il a enseigné l’orgue au Conservatoire de Naples, la composition à Venise, Rome et Bologne jusqu’en 1923. Il cultive les formes traditionnelles : Fantaisie, Fugue (Fuga su Fede a Bach, op.62, au riche contrepoint, à la manière de M. Reger), Scherzo, mais également une Messe pour Époux et Épouse, rend hommage à Jeanne d’Arc d’après le texte de L. Orsini : il s’agit d’une peinture d’atmosphère évoquant l’anxiété de la foule lorsque Jeanne est amenée au bûcher. Dans cette page descriptive, la puissance de l’orchestre illustre la montée des flammes, puis un soupir

Paul HINDEMITH : Das Marien-Leben.

Paul HINDEMITH : Das Marien-Leben.  Danacord (CD Diffusion : BP 4 - 28, route d'Eguisheim 68920 Wettolsheim. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : DACODC 670.  TT : 71’05.

Paul Hindemith (1895-1963), célèbre théoricien allemand, compositeur et chef d’orchestre, compte dans sa vaste production un cycle de 15 Lieder : Das Marien-Leben, op. 27, sur le texte de Rainer Maria Rilke (1875-1926), poète bien connu.  Elisabeth Meyer-Topsøe (soprano) et Per Salo (piano) ont enregistré la version de 1948, pour soprano et piano, retraçant la vie de Marie (Naissance, Annonciation, Visitation…, Mort de Marie), en liaison avec celle du Christ (Naissance, Fuite en Égypte, Noces de Cana…, Avant la Passion, Apaisement de Marie avec le Ressuscité).  Cette œuvre peut être considérée comme un digest de différents procédés compositionnels : écriture dépouillée, passacaille, développement d’un thème principal associé à un thème

François COUPERIN : Messes à l’usage des paroisses & des couvents.

François COUPERIN : Messes à l’usage des paroisses & des couvents.  Aude Heurtematte à l’Orgue historique de St. Gervais, Paris.  2CDs Zig Zag Territoires : ZZT 090403.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 52’36 + 43’38.

Le beau disque ! L’admirable enregistrement ! Si les mots vous manquent à son écoute, c’est que l’interprète, Aude Heurtematte, s’y hisse à la hauteur du compositeur François Couperin, relevant brillamment la gageure d’exalter la discrète singularité de ce géant musical du premier XVIIIe siècle.  Restituant ses deux messes de jeunesse, cette magnifique virtuose ne rend pas seulement hommage à l’un des artisans de la plus faste période de la musique française, elle donne aussi à entendre un total de pages dont l’étonnante originalité le dispute à la scintillante qualité d’écriture.  Heureuse conjonction d’un compositeur à qui l’instrument roi de l’ère baroque semble avoir livré ses plus surprenants secrets et d’une interprète en mesure d’en restituer les

Toscanini par lui-même.

Toscanini par lui-même.  Film.  Réalisateur : Larry Weinstein.  Co-production : Idéale Audience / Foundry Films / Arte France / BBC Wales, 2008.  DVD Medici Arts (tél. : 01 53 20 14 00. www.ideale-audience.com) : 3077928.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 70’.

Ce documentaire-fiction s’inspire de quelque 150 heures de conversations privées du maestro avec son fils Walter.  Où l’on voit de malheureux acteurs contraints de tenir - dans des postures d’un ridicule achevé - d’insipides propos hagiographiques.  Film heureusement émaillé de nombreuses archives filmées, illustrant - tout au long de sa carrière - l’admirable précision gestuelle du chef d’orchestre.  Film également assorti d’extraits de correspondances, photos & séquences vidéo confiées, au réalisateur, par la famille du musicien.

Le doudou  de Coco

Le doudou  de Coco. Auteur Paule Du Bouchet et musique de Marie-Jeanne Séréro, Gallimard Jeunesse éveil musical, 12 p. , CD inclus. 11,90 €.

Une collection de livres-CD d’éveil musical pour les tout-petits. L’enfant découvre Coco dans de multiples aventures ! La mise en musique de ses péripéties captive le tout-petit, ajoute des émotions aux images et lui procure ses premiers émois musicaux !

Dans le Doudou de Coco, le petit ouistiti est très excité à l’idée de prendre le train pour retrouver sa mamie ! Mais catastrophe… le doudou reste introuvable. Coco perd ses moyens : pleure, cri, rouspète… puis se calme. La musique rythme et insiste sur ses sentiments à l’aide d’une caisse claire, d’un vibraphone, d’un piano et d’un saxophone. Les tout-petits s’amuseront à recréer l’histoire à l’aide de la version instrumentale située à la fin du CD-audio.

A découvrir sans attendre !

 

Le Voyage de Babar.

Raphael MOSTEL : Le Voyage de Babar. Texte de Jean de Brunhoff.  TT : 63’30.

Il s’agit là du premier enregistrement en français de la délicieuse mise en musique par Raphael Mostel - compositeur célèbre aux États-Unis - du conte de Jean de Brunhoff.  Pour vous consoler de ne pouvoir écouter cette version - malheureusement encore hors commerce (enregistrée en public au Florence Gould Hall de New York, avec Laurent de Brunhoff, récitant) -, vous pouvez toujours vous procurer la version anglaise (« The 21stcentury’s Peter and the Wolf », The New York Times) auprès du compositeur : www.mostel.com / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Hommage à Stéphane Blet.

Hommage à Stéphane Blet.  Dix-sept pièces de musique de chambre, huit interprètes.  Marcal Classics : 070202.  TT : 59’34.

Dédiée au très prolifique Stéphane Blet, voici une sélection d’interprétations de son œuvre chambriste.  Pour piano : Sonate n°4 op.40, Sonate n°5 op.62, Sonate n°6 op.135, Suite érotique op.110, Toccata op.36, Éclipse op.10, Improvisation n°4Pour violon : Neiges op.63, Après op.152. Pour mezzo-soprano et piano : Mélodies sur des poètes contemporains.  Avec Morgane Dupuy (violon), Ekaterina Godovanedes (mezzo-soprano), Alexandre Paley, Evelina Borbei, Jean Muller, Natalia Sitolenko, Stéphane Blet & Antoine Terny (piano).  À un compositeur inspiré, le juste hommage !

 

Maurice RAVEL : Œuvres pour piano et violon & piano.

Maurice RAVEL : Œuvres pour piano et violon & piano.  Régis Pasquier, Gérard Poulet (violon).  Christian Ivaldi, Anne Kaasa, Jean-Claude Pennetier, Bruno Rigutto, François-Joël Thiollier (piano).  Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1099.  TT : 69’46.

Avec une telle pléiade d’interprètes, comment se priver d’un tel bonheur !  Ma Mère l’Oye (Pennetier, Ivaldi), Sonate posthume (Pasquier, Pennetier), Gaspard de la nuit (Kaasa), Pièce en forme de habanera (Poulet, Rigutto), La Valse (Thiollier).

Felix MENDELSSOHN (1809-1847)

Felix MENDELSSOHN (1809-1847) : Rondo capriccioso op.14, Fantaisie en fa# mineur op.28, Quatre Romances sans paroles, Prélude & fugue op.35, Variations sérieuses, op.53, Trois études op. 104b.  Robert SCHUMANN : Erinerrung 4.  Cyril Huvé (piano Broadwood, 1840).  Paraty (www.paraty.fr) : 208.106.  Integral Distribution.  TT : 71’.

Afin de nous faire découvrir ce florilège de pièces pour le clavier (méconnues, sauf bien sûr les Lieder ohne Worte), Cyril Huvé, ordinairement spécialiste du pianoforte, joue ici un piano Broadwood des années 1840.  Le dernier titre de l’album est une brève page que Schumann composa, en 1847, à la mémoire de celui qu’il considérait comme son mentor.

« Musique de chambre, Vienne, 1818… »

« Musique de chambre, Vienne, 1818… »  Franz KROMMER (1759-1831) : Trio à cordes op.96, Quatuor pour flûte & cordes op.92, Trois Danses hongroises op.89.  Nicole Tamestit & la Compagnie.  Livret de 36 pages.  2CDs Diligence : DIL 8.  Distr. Codaex.  TT : 87’.

Le « grand » Trio à cordes op.96 de ce compositeur emblématique du préromantisme tchèque est un évident hommage au Divertimento à Puchberg de Mozart ; il ne comporte pas moins de six mouvements.  Quant au Quatuor pour flûte traversière & cordes, il renouvelle la forme et les codes alors en vigueur.  Les Trois Danses hongroises du second volume nous rappellent, en outre, la place qu’occupaient les arts populaires dans le cœur du compositeur.  Entourée de Georges Barthel (traverso), Jacques Bonvallet (second violon), Sophie Cerf (alto) et Jerôme Huille (violoncelle), la violoniste Nicole Tamestit se consacre à la popularisation de la musique de ce compositeur d’une rare prolificité : n’a-t-il pas laissé 80 quatuors à cordes, 26 quintettes à cordes et une quarantaine d’autres œuvres chambristes mêlant cordes et instruments à vent…  À découvrir absolument !

« Ténèbres du premier jour… »

« Ténèbres du premier jour… » François COUPERIN : Trois Leçons de ténèbres.  Marc-Antoine CHARPENTIER : Répons.  Michel LAMBERT : Miserere.  Les Demoiselles de Saint-Cyr, dir. Emmanuel Mandrin.  Ambronay (www.ambronay.org) : AMY 018.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 65’29.

Sous la direction de l’organiste Emmanuel Mandrin, l’excellent chœur des « Demoiselles de Saint-Cyr » se consacre, depuis 1991, à l’interprétation du répertoire baroque pour voix de femmes.  De célèbres chefs-d’œuvre ont été ici rassemblés, avec - en outre - le superbe Miserere de Michel Lambert, psaume récemment découvert.

« Entre el Cielo y el Infierno… » Francisco GUERAU (1649-1722)

« Entre el Cielo y el Infierno… » Francisco GUERAU (1649-1722) : Poema harmónico.  José MARÍN (1618-1699) : Tonos humanos (Manuscrit Fitzwilliam).  Laberintos ingeniosos : Xavier Díaz-Latorre (guitare à 5 cordes & direction), Lambert Climent (ténor), Pedro Estevan (percussions).  Zigzag Territoires (www.zigzag-territoires.com) : ZZT 090301.

Alors que brillait de ses derniers feux el Siglo de Oro, s’ouvrait pour l’art espagnol une période désenchantée, faite de récits d’amours méprisées ou de récits de cape et d’épée – exprimés dans des œuvres à visées satiriques ou morales, chansons courtoises souvent mises en scène.  Dans cet esprit, les Tonos humanos est la seule pièce connue de José Marín (sur un poème de Lope de Vega) ; où il développe notamment madrigalisme, chromatisme et rôle harmonique de la guitare.  Le Poema Harmónico de Francisco Guerau est, quant à lui, purement instrumental.  Xavier Díaz-Latorre a judicieusement combiné ces deux œuvres « en tres jornadas ».

Giovanni COPRARIO

Giovanni COPRARIO (ca 1575-1525 ) : Songs of mourning (1613), The Masques of Squires (1614), Funeral Teares (1606).  Les Jardins de courtoisie & Ensemble Céladon.  Anne-Delafosse-Quentin (soprano), Paulin Bündgen (contre-ténor).  Zigzag Territoires (www.zigzag-territoires.com) : ZZT 090302.

La musique de John Cooper, dit Giovanni Coprario, exprime admirablement les désordres et angoisses qui étaient le lot, en ce début de XVIIe siècle, du règne finissant d’Elisabeth Ire puis de celui, commençant, de Jacques IerFuneral Teares célèbre la mémoire de Charles Blount, mort de mélancolie après qu’il lui fut interdit d’épouser la poétesse Penelope Devereux, countess of Devon.  Les Songs of Mourning célèbrent, sur un poème de Thomas Campion, la mémoire du prince Henry of Galles, héritier de la couronne, fauché à l’âge de 18 ans.  The Masques of Squires, composés à l’occasion du mariage d’Elisabeth, future reine de Bohème, expriment, en revanche, l’espoir d’un bonheur futur.  Afin de nous révéler ce précieux répertoire (voix, luth, harpe & violes de gambe), Anne-Delafosse-Quentin et Paulin Bündgen ont ici réuni leurs deux ensembles.

Giacomo PUCCINI : Madama Butterfly

Giacomo PUCCINI : Madama ButterflyAngela Gheorghiu, Jonas Kaufmann, Enkelejda Shkosa, Fabio Capitanucci, Gregory Bonfatti, Raymond Aceto.  Orchestra e Coro dell'Academia nazionale di Santa Cecilia, dir. Antonio Pappano. 2CDs EMI : 5099926418728.  TT : 62'04+73'08.

Les intégrales d'opéra se font si rares ces temps qu'on fond de plaisir à en écouter une, surtout lorsqu'il s'agit de l'attachante Butterfly de Puccini. C'est aussi un signe des temps que d'enregistrer un rôle, fût-il de premier plan, avant même de l'avoir porté à la scène.  Tel est le cas ici de l'héroïne et de son ténor, l'imprudent Pinkerton. Quoique la chose ne soit pas nouvelle pour ce qui est du rôle de Cio Cio Cian.  En tout cas, pas de problème ici.  Car voilà bien une exécution à ranger parmi les grandes. Et la concurrence est rude (Callas-Gedda-Serafin, Scotto-Bergonzi-Barbirolli, Freni-Domingo-Karajan).  La direction de Antonio Pappano, sur le versant vif, définit l'atmosphère juste d'un drame qui ne se relâche pas. Admirable, la souveraine

Claude DEBUSSY : Préludes – Livre I.

Claude DEBUSSY : Préludes – Livre I.  D'un cahier d'esquisses. Children's Corner. Suite bergamasque (Clair de lune).  Nelson Freire, piano.  Universal/Decca : 478 1111. TT : 63'18.

Le pianiste brésilien atteint la stature de sage du clavier. Il y a, dans sa lecture de ces pièces de Debussy, quelque chose qui participe de l'alchimie insaisissable, ou plutôt de l'entente idéale entre un compositeur et son interprète, qui place Freire dans la lignée des Michelangeli et autres Arrau.  Le mot poète serait-il trop faible ? Car on est au-delà de la couleur, comme le souligne l'essai pénétrant accompagnant le disque : « Tendez l'oreille et fermez les yeux ».  On citera Freire lui-même qui parle de profondeur (Des pas sur la neige dont les premières mesures font penser à la mort de Mélisande), de cœur (La jeune fille aux cheveux de lin » ; The snow in dancing), d'esprit (La sérénade interrompue,  fantaisie espagnolisante plus vraie que nature, La

Camille SAINT-SAËNS

Camille SAINT-SAËNS : Concertos pour piano n°2 et n°5 « L'Égyptien ». Brigitte Engerer, piano.  Ensemble Orchestral de Paris, dir. Andrea Quinn.  Mirare : MIR 079. TT : 55'.

Saint-Saëns a, de manière déterminante, contribué au renouvellement du genre du concerto de piano au XIXesiècle, en assoyant le genre du concerto symphonique ou « comment l'orchestre doit être lié au piano » dira Schumann.  La richesse instrumentale enlumine le dialogue avec le soliste. Le Concerto n°2 est virtuose et possède une dynamique interne à chaque mouvement, de plus en plus rapide. Les brillants échanges entre orchestre et clavier, de l'ordre de la confrontation par endroit, mettent en valeur ce dernier. L'inspiration est sans cesse en éveil comme à l'allegro scherzando, avec ses rythmes syncopés et ses guirlandes de notes sur un lit de cordes frémissantes.  Brigitte Engerer est sincère, nous entraînant dans un tourbillon,

Wolfgang Amadeus MOZART : Symphonie n°28.  Richard STRAUSS : Don Juan.  Igor STRAVINSKY : L'Oiseau de feu (suite de 1919).

Wolfgang Amadeus MOZART : Symphonie n°28Richard STRAUSS : Don Juan.  Igor STRAVINSKY : L'Oiseau de feu (suite de 1919).  Karl Böhm, Kölner Rundfunk-Sinfonie-Orchester (enregistrements de 1963, 1973, 1976).  Audite : 95.591.  TT : 57'25.

Bel hommage à l'art de Karl Böhm. Ses 82 ans n'entamaient en rien l'impétuosité du Don Juan de Strauss, vision dramatique et brillante. Assurément une des plus rapides qu'il ait livré au concert. Non que le thème avec hautbois solo ne développe son profond lyrisme, marquant un beau contraste. La 28e Symphonie de son cher Mozart livre un style d'interprétation « classique » dirait-on aujourd'hui (comparé à celui des baroqueux ou de leurs thuriféraires, sans parler d'un Harnoncourt) : orchestre de proportions relativement fournies, tempos rigoureux, articulation claire et, surtout, souci du phrasé laissant à la mélodie loisir de s'exprimer.  Intégrité, équilibre et sentiment de naturel sont des mots qui viennent à l'esprit. Même si, avec le recul,

Joseph HAYDN

Joseph HAYDN : Sonates n°60 en ut majeur Hob XVI 50, et n°31 en lab majeur Hob XVI 46.  Wolfgang Amadeus MOZART : Sonate n°13 en sib majeur KV 333 et n°7 en ut majeur KV 309Claire-Marie Le Guay, piano.  Universal/Accord : 480 1704.  TT : 81'33.

Troisième volume d'une série consacrée à des sonates de Haydn et de Mozart, autant de jeux de miroir entre deux compositeurs liés d'admiration l'un pour l'autre, ce CD prône le thème de l'esprit concertant. Fascinantes comparaisons au jeu des points communs comme des traits originaux qui les distinguent. La virtuosité entendue au sens de l'ampleur et du grand pianisme, est ici de rigueur. La différence d'approche est souvent flagrante : le théâtre de la vie chez Mozart, avec ce mélange inimitable de tragique et d'espiègle ; une mine d'imagination thématique avec Haydn et une sorte d'humanité dont l'humour n'est pas exclu. Ce que démontrent les interprétations de Cl.-M. Le Guay dans leur objectivité expressive, un brin sérieuses.  Contemporaine