« Piotr Anderszewski at Carnegie Hall ». Johann Sebastian BACH

« Piotr Anderszewski at Carnegie Hall ». Johann Sebastian BACH : Partita n°2.  Robert SCHUMANN :Faschingsschwank aus Wein, op.26. Leoš JANÁČEK : Dans les brumes. Ludwig van BEETHOVEN :Sonate pour piano, n°31, op.110.  Béla BARTÓK : Trois danses hongroises.  Piotr Anderszewski, piano.  2CDs Virgin Classics : 267291 2 1. TT : 42'49+41'36.

Autre programme de concert : celui donné à Carnegie Hall, en décembre 2008, par Piotr Anderszewski, personnalité curieuse de tout, d'un enthousiasme réel - ce qu'on a pu apprécier dans le film récent que lui a consacré Bruno Montsaingeon – et, à en juger par ce CD, pianiste en rien confiné dans ses choix artistiques. On sait qu'il voue à Bach une passion immodérée. La Suite n°2 offre une rythmique rigoureuse mais pas sèche et retrouve le sens de l'improvisation comme dans la Sarabande qui évolue sur des nuances ppp.  Le Cappricio final éclate de force.  Son Carnaval de Vienne convoque un Schumann puissant, sans concession à quelque virtuosité démonstrative dans le vaste allegro, débordant de poésie mélancolique à l'heure de la

« The Berlin Recital »

« The Berlin Recital ».  Robert SCHUMANN : Sonate pour violon & piano n°2, op.121, Kinderszenen pour piano, op.15.  Béla BARTÓK : Sonate pour violon solo (1944), Sonate pour violon & piano n°1 (1921).  Fritz KREISLER : Liebeslied, Schön Rosmarin.  Gidon Kremer (violon), Martha Argerich (piano). 2CDs EMI : 6 93399 2. TT : 58'01+58'47.

Signe des temps, la vogue de l'intégrale cède le pas au projet éclectique, calqué sur celui du concert, à géométrie variable même.  Le programme, que les deux interprètes ont promené partout en Europe – dont à Pleyel - fin 2006, rapproche Schumann et Bartók.  Un choix a priori curieux, qui s'avère fascinant au jeu des contraires : richesse harmonique chez le premier, rudesse pour le second.  Ils ont écrit chacun deux sonates pour violon & piano, mais en favorisant leur instrument favori, le clavier pour Schumann, le violon pour Bartók.  La Sonate n°2 de Schumann est tout sauf virtuose, se situant dans le registre médian du violon.  Le climat en est plutôt sombre, les deux instruments se complétant plus qu'ils ne s'opposent.  L'originalité de la

ean CRAS : Sonate pour violoncelle & piano.

Jean CRAS : Sonate pour violoncelle & piano.  Trio pour violon, violoncelle & piano.  Largo pour violoncelle & pianoPhilippe Koch (violon), Aleksandr Khramouchin (violoncelle), Alain Jacquon (piano). Timpani : 1C1151.  TT : 70'59.

Jean Cras appartient à cette race d'autodidactes chez qui l'inspiration, appramment sans limite, va de pair avec une écriture originale.  Ne disait-il pas être partagé entre son métier d'officier de marine, choisi, et celui de compositeur, qui s'est imposé à lui.  Musicien précoce, il eut pour mentor Duparc.  Et Vincent d'Indy tenait en haute estime son jeune collègue.  Sa Sonate pour violoncelle & piano (1901) composée à bord du cuirassier Saint Louis, plonge dès les premiers accords massifs, vivement attaqués dans le grand dramatisme. La veine restera généreuse tout au long de l'allegro initial, les deux instruments se voyant gratifiés d'une écriture richement harmonique. L'adagio, intensément lyrique, prvilégie un discours très expressif, celle d'une

Wolfgang Amadeus MOZART : Idomeneo, dramma per musica.

Wolfgang Amadeus MOZART : Idomeneo, dramma per musica.  Richard Croft, Bernarda Fink, Sunhae Im, Alexandrina Pendatchanska, Kenneth Tarver, Nicolas Rivenq, Luca Tittoto.  Freiburger Barockorchester, dir. René Jacobs.  3CDs Harmonia Mundi : HMC 902036.38.  TT : 53'54+75'39+61'33.

Pour ceux qui ont eu la chance d'assister à son concert de Idomeneo, donné à la Salle Pleyel, la fulgurance de l'interprétation de René Jacobs ne sera pas une surprise.  Ce qui frappe, c'est la juste réévaluation d'un chef-d'œuvre, et d'abord de son livret.  De ce que le jeune musicien doit à son auteur, l'abbé Varesco, poète mais aussi instrumentiste, à son message d'humanité. De son caractère musical hybride aussi, que d'aucuns ont cru devoir fustiger.  Mais ne serait-ce pas sa force, s'interroge Jacobs ? Ancré dans le passé (sa veine seria), inscrit dans le présent (la tragédie lyrique initiée par Gluck) et tourné vers l'avenir (l'univers de Da Ponte), Idomeneooffre une dramaturgie complexe qui trouve son aboutissement dans les relations entre les

Joseph HAYDN : Sonates pour piano

oseph HAYDN : Sonates pour piano : H.XVI, n°20, 32, 34, 37, 40, 42, 48-52.  Fantasia : H.XVII, n°4. Adagio : H.XVII, n°9.  Andante con variazioni : H.XVII, n°6.  Alfred Brendel, piano.  « The Original's », 4CDs Universal/Decca : 478 1369.  TT : 200'17.

Hommage au compositeur autant qu'à l'interprète, Universal a eu la bonne idée de regrouper en un seul coffret les diverses gravures qu’Alfred Brendel a livré des Sonates de Haydn. Un monument ! Longtemps considéré comme un musicien « pour connaisseurs » et avec condescendance - ne parlait-on pas du « papa Haydn » - méconnu dans bien de ses compositions, ses opéras, sa musique pour piano, les choses ont bien changé dans les dernières décennies du siècle dernier. Un interprète comme Alfred Brendel aura beaucoup fait pour réhabiliter ses pièces pour le clavier. On se souvient qu'il aimait volontiers débuter un concert par un morceau de ce compositeur, chantre du classicisme viennois, comme il l'était lui-même de ce style

Joseph HAYDN : Concertos pour violoncelle & orchestre Hob.

Joseph HAYDN : Concertos pour violoncelle & orchestre Hob. VII:1 et 2.  Georg Matthias MONN : Concerto pour violoncelle, cordes & clavecin en sol mineur.  Jean-Guihen Queyras, violoncelle.  Freiburger Barockorchester, dir. Petra Müllejans.  Harmonia Mundi : HMX 2961816. TT : 66'22.

Curieux destin que celui des deux concertos de Haydn pour le violoncelle. Le premier, en ut, ne fut redécouvert qu'en 1961, à Prague ; tandis que le second, en , longtemps attribué à son dédicataire, le musicien de l'orchestre d'Esterhaza, Anton Kraft, et arrangé ensuite par quelque virtuose en quête de reconnaissance, ne sera définitivement reconnu comme étant du maître que grâce à la découverte de l'autographe en 1954.  Et pourtant quels chefs-d'œuvre, dont se sont vite emparés les grandes vedettes de l'instrument au XXe siècle, au rang desquels Slava Rostropovitch.  Composés à quelque vingt ans d'intervalle, ils sont forts différents. Là où le premier se situe encore dans la continuité de Carl Philip Emmanuel Bach, fort virtuose en

Marcos PORTUGAL (1762-1830) : Matinas do Natal (Rio de Janeiro, 1811)

Marcos PORTUGAL (1762-1830) : Matinas do Natal (Rio de Janeiro, 1811).  Ensemble Turicum, dir. Luis Alves da Silva & Mathias Weibel.  2CDs Paraty (www.paraty.fr) : 209.108.  TT : 47’56 + 44’57.

Tant dans l’histoire musicale du Portugal que dans celle du Brésil, unique est la position de Marcos Antonio da Fonseca Portugal.  Ses 22 opéras ou opéras-comiques et innombrables autres productions scéniques connurent, en Europe et au Brésil, le plus vif succès.  C’est à Rio de Janeiro qu’il composa notamment, en 1811, ces Matinas do Natal, monumental ensemble de huit « Responsórios » (pour sopranos, alto, contreténors, ténor, baryton et basses, ici accompagnés sur instruments d’époque).  La veine est assurément populaire, et les mélodies d’une réjouissante fraîcheur d’inspiration.  Merci à l’Ensemble Turicum qui s’est donné pour mission de mieux faire connaître le vaste répertoire de la péninsule ibérique et de l’Amérique du Sud.  En l’espèce il s’agit d’une révélation. [Parution du coffret le 9 novembre 2009.]

Hugues DUFOURT : Les Météores.

Hugues DUFOURT : Les Météores Ancuza Aprodu (piano), Fabrice Jünger (flûte).  Ensemble orchestral contemporain, dir. Daniel Kawka.  Sismal Records : SR004.  TT : 65’48.

Toute de timbrique fascination et de mystère est l’œuvre d’Hugues Dufour, assurément l’un de nos plus importants compositeurs.  Cet album comporte quatre œuvres majeures : L’origine du monde (inspirée du fameux tableau de Courbet) pour piano et 14 instruments ; Hommage à Charles Nègre (grand photographe français du XIXe siècle) pour sextuor ; The Watery Star (« L’étoile des eaux », titre emprunté à Shakespeare) pour 8 instruments ; Antiphysis (« rejet du naturalisme sous toutes ses formes ») pour flûte et orchestre de chambre.  Un indispensable !

Mikael TARIVERDIEV (1931-1996) : Quo vadis ?

Mikael TARIVERDIEV (1931-1996) : Quo vadis ? Christophe Guida aux grandes orgues de Roquevaire (www.christopheguida.fr).

Célèbre en Russie pour, notamment, les bandes originales de 132 films, Mikael Tariverdiev a également composé de nombreuses chansons, 4 partitions de ballet, 4 opéras, de la musique instrumentale et des pièces d’orgue - tels que les extraits ici réunis : 1er mouvement de la Chernobyl Symphony pour orgue op.94, 2emouvement de la suite Quo vadis ?, quatre mouvements du 1er Concerto « Cassandra », 1er mouvement du 2eConcerto « Cahier polyphonic », ainsi que les Chorals n°2, 3 et 8.  Défi à l’académisme et à l’insipidité de la culture de masse héritée du régime soviétique, la musique de Tariverdiev porte une marque – bien que toujours tonale – tout à fait singulière.  Merci au jeune et brillant organiste Christophe Guida (Marseille, 1982) de nous révéler cet éminent compositeur russe dont un Concours international d’orgue porte, tous les deux ans, le nom, à Kaliningrad.

Complete Recordings “Rias” of Wilhelm FURTWÄNGLER.  Live in Berlin.

Complete Recordings Rias of Wilhelm FURTWÄNGLER.  Live in Berlin.  12 CDs + Bonus CD Audite (www.audite.de) : 21.403.

Il s’agit là d’une compilation de tous les concerts dirigés par Wilhelm Furtwängler, à la tête du Berliner Philharmoniker, du 25 mai 1947 au 23 mai 1954, pour la station de radio Rias Berlin.  Dans un répertoire exclusivement germanique : Bach, Beethoven, Blacher, Brahms, Bruckner, Fortner, Gluck, Händel, Hindemith, Mendelssohn, Schubert, Schumann, Strauss, Wagner, Weber.  En bonus : Colloque du 27 février 1951, en la « Hochschule für Musik » de Berlin, au cours duquel Werner Egk et ses étudiants interviewaient Furtwängler sur l’art de l’interprétation.  Bien que les bandes originales aient été remastérisées, il demeure quelques disparités dans la qualité des prises de son.  Mais ce ne sera nullement un handicap pour les inconditionnels du célèbre chef d’orchestre.

« Trios avec clarinette ».  BRAHMS

« Trios avec clarinette ».  BRAHMS : Trio pour clarinette, violoncelle & piano op. 114.  BARTÓK : « Contrastes » pour violon, clarinette & piano, Sz. 111.  KHACHATURIAN : Trio pour violon, clarinette & piano.  Florent Pujuila (clarinette), Deborah Nemtanu (violon), Yovan Markovitch (violoncelle), Romain Descharmes (piano). Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1102.  TT : 57’35.

Bonheur de retrouver, dans ces interprétations juvénilement complices, les célèbres trios de Brahms et Bartók, tout autant que de découvrir (du moins pour moi) celui d’Aram Khachaturian, datant de 1932, beaucoup plus inspiré et chatoyant - et surtout moins clinquant - que bien de ses œuvres à venir.

Anton BRUCKNER : 8e Symphonie, WAB 108.  Wolfgang Amadeus MOZART

Anton BRUCKNER : 8e Symphonie, WAB 108.  Wolfgang Amadeus MOZART : Symphonie « Prague », K. 504.  Staatskapelle Dresden, dir. Bernard Haitink.  2CDs Profil/Hänssler : PH 07057.  TT : 59’53 + 54’11.

Il s’agit, dans ce 24e volume de l’« Edition Staatskapelle Dresden », d’un concert donné au profit des victimes des inondations catastrophiques qui touchaient en 2002, la ville de Dresde.  Avec le grand Bernard Haitink, la 8eSymphonie de Bruckner a trouvé l’interprète visionnaire que nécessitent ses dimensions gigantesques (quatre mouvements, d’une durée totale de quelque 86 minutes) : profonde unité de l’œuvre et plans sonores sont admirablement mis en relief.  Quant à la Symphonie « Prague », elle acquiert ici une gravité insoupçonnée.  Un enregistrement d’anthologie.

HÄNDEL Gold : Célèbres arias & chœurs.

HÄNDEL Gold : Célèbres arias & chœurs2CDs Decca (www.decca.com) : 478 1460.  TT : 142’38.

Précieuse compilation de « tubes » haendéliens, interprétés par les plus étincelantes stars du chant (plus ou moins...) baroque : Janet Baker, Cecilia Bartoli, Teresa Berganza, Grace Bumbry, Joyce DiDonato, Plácido Domingo, Kathleen Ferrier, Renée Fleming, Susan Gritton, Marilyn Horne, Kiri Te Kanawa, Magdalena Kožená, Sylvia McNair, Danielle de Niese, Russell Oberlin, Anne Sofie von Otter, Luciano Pavarotti, Thomas Quasthoff, Nigel Robson, Andreas Scholl, Joan Sutherland, Bryn Terfel, John Tomlinson, Rolando Villazón, Fritz Wunderlichet… les English Concert Choir, Academy & Chorus of St Martin in the Fieds et Choir of Westminster Abbey.

Barbara STROZZI (1619-1677) : Virtuosissima compositrice.

Barbara STROZZI (1619-1677) : Virtuosissima compositrice.  Cappella Mediterranea, dir. Leonardo García Alarcón.  Ambronay : AMY 020.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 60’03.

Voilà un compositeur majeur du XVIIe siècle ultramontain qu’il conviendrait certes de réhabiliter.  Serait-ce sa « féminitude » qui, des siècles durant, fit oublier cette brillante élève de Francesco Cavalli ?  Sur des poèmes de son père, le célèbre Giulio Strozzi (librettiste, entre autres, de Monteverdi), Barbara publiait, en 1644, vingt-cinq madrigaux, au langage très seconda prattica, dont plusieurs se retrouvent sur ce superbe enregistrement, où sont aussi inclus des madrigaux de Monteverdi et Sigismond d’India.

Laudes et chants soufis.

Laudes et chants soufis.  Ensemble Doulce Mémoire, dir. Denis Raisin Dadre.  Zig-Zag Territoires : ZZT 090901.TT : 76’07.

Saluons l’œcuménisme de ce disque qui associe, pour notre plus grand plaisir, des chants chrétiens et soufis, issus des confréries d’Orient et d’Occident, démontrant bien que la musique, si elle constitue le plus court chemin vers Dieu, moyen d’ascèse et de dévotion, n’a pas besoin d’église.  Une prière en même temps qu’une leçon de tolérance.  À méditer…

Débora RUSS Ensemble : Andares.

Débora RUSS Ensemble : Andares.  Aeon (www.aeon.fr) : AECD 0979. TT : 66’54.

Les amateurs de tango et de jazz apprécieront ce disque de Débora Russ qui associe, avec bonheur, les grands standards (Piazzolla, Sanchez…) à ses compositions personnelles. Le tango apparait ici pour ce qu’il est : une musique métissée  et évolutive, capable de chanter l’amour, les joies enfantines, la peine… La voix chaude et sensuelle et l’orchestre aux accents « jazzy et latino » font indiscutablement de ce disque, une réussite, une invitation au voyage.

Frédéric ROSSILLE : Ocean Song.  Rêves magiques (Cécile Duchamp.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).  TT : 18’03.

Dernier album du compositeur et pianiste français Frédéric Rossille, Ocean Song nous donne à entendre une très belle composition, empreinte de poésie, de charme et de sagesse orientale si prisée par l’auteur, bien mise en évidence par le jeu du piano, clair voire transparent, qui nous invite à lâcher prise…

Bob VERSCHUEREN : Catalogue de plantes.

Bob VERSCHUEREN : Catalogue de plantes. Un travail sonore de plasticien de l’artichaut au roseau.  Fuga Libera : FUG 705.  TT : 65’47.

Si la musique postmoderne nous propose d’entendre l’inaudible, ce qui suppose une présence au-delà du sonore, la présence est ici végétale, voire potagère (artichaut, carotte…).  Pour mélomane végétarien, à consommer toutefois avec modération !

Ludwig van BEETHOVEN : Rondos et bagatelles.

Ludwig van BEETHOVEN : Rondos et bagatellesNatalia Valentin, forte-piano (www.nataliavalentin.com).  Paraty : 109.104.  TT : 56’11.

Modestes par leur dimension, ces pièces où la ligne mélodique et l’improvisation tiennent une large part, écrites en marge des grandes œuvres pianistiques, nous donnent à entendre un Beethoven plein de spontanéité et de fraicheur.  L’interprétation de Natalia Valentin, empreinte de clarté et de virtuosité, est encore valorisée par un remarquable piano-forte allemand du XVIIIe siècle, restauré par Christopher Clarke, qui donne à cet enregistrement une sonorité d’époque.

Thierry MACHUEL : Sur la terre simple.

Thierry MACHUEL : Sur la terre simple. Œuvres profanes pour chœur a cappella.  Label inconnu (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : LI 09-0301.  Solistes du chœur Mikrokosmos, dir. Loïc Pierre.  TT : 57’16.

Seize œuvres sur des poésies de langues variées chantées par un petit effectif de solistes d’une belle homogénéité (mais les solos sont parfois désagréables).  Dans l’esprit du madrigal, les textes appellent la musique : dissonances et ralenti pour la mort, ostinato scintillant pour les étoiles… Tout sonne bien. Les tempi lents favorisent le déploiement vocal, souplement pulsé, l’harmonie tonale fait la part belle au mineur ou à la gamme par tons et, sur de fréquents bourdons, l’unisson domine, les élaborations polyphoniques par imitations générant plus un foisonnement tintinnabulant qu’un véritable contrepoint.  Mais cette beauté consensuelle qui semble se souvenir d’un Poulenc qui se souviendrait de Josquin reste si prévisible qu’elle finit par lisser ce qui nous accroche dans les textes de Jabès ou Bonnefoy.  L’art peut-il faire l’économie de la résistance aux langages convenus ?

Au-delà du silence : Johann Sebastian Bach.

u-delà du silence : Johann Sebastian Bach.  Tambour Battant (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : TABA 11 08 0001.  TT : 77’07.

Cédric Burgelin (°1970), titulaire de cinq médailles d'or, a été formé par les plus grands maîtres de l'orgue : Gaston Litaize, Michel Chapuis, Michel Bouvard et Olivier Latry.  Il a obtenu deux premiers prix (orgue et basse continue) du CNSM et le Diplôme de Formation supérieure. Il se produit régulièrement en soliste ainsi que dans diverses formations. Titulaire des grandes orgues historiques de la cathédrale de Saintes, il y a enregistré, sous le titre évocateur : Au-delà du silence, une petite anthologie d’œuvres de J. S. Bach.  D’emblée, l’aria des Variations Goldberg crée une atmosphère calme et méditative exceptionnelle, propice à l’écoute et au recueillement, et justifie déjà le titre.  L’Ouverture de ces mêmes Variations contraste par son

Roland de LASSUS : Magnum Opus Musicum.

Roland de LASSUS : Magnum Opus Musicum. Ricercar (Outhere S. A. Rue du Chêne 27, B 1000 Bruxelles. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : RIC 283. TT : 56’08.

Cette nouvelle collaboration du Chœur de chambre de Namur et de La Fenice, sous la direction de Jean Tubéry, permet de découvrir des motets (3 à 12 voix) publiés par les fils de Roland de Lassus (1532-1594), en 1604 — soit dix ans après sa mort —, et regroupés sous le titre : Magnum Opus Musicum.  Il s’agit de pièces de circonstance, avec rappel historique, par exemple le motet (à 6 voix), très développé : Qui trepidas, qui musa times… (Pourquoi trembles-tu, pourquoi, muse, crains-tu…) composé pour les noces du prince Guillaume de Bavière et Renée de Lorraine.  Le programme varié comprend 23 pièces, dont 21 cantiones respectivement à 4, 5 et 6 voix, parmi lesquelles des cantiones sine textu alternent avec des titres bien connus :