Peter ANDERS : Récital.

Peter ANDERS : Récital.  Œuvres de Lehar, Kalman, Smetana, Strauβ, Giordano, Strauss, Verdi.  Audite : 23.419.  TT : 78’50 + 64’17.

Occasion de réécouter, sur ces enregistrements radiophoniques de 1949-1951, le ténor allemand Peter Anders (1908-1954) qui bénéficia d’une grande popularité dans les années 1930-1940.  Ces deux CDs permettent d’apprécier ses interprétations dans des répertoires aussi différents que l’opérette, le lied, l’opéra.  Volontiers comparé à Fritz Wunderlich, dont il partagea la tessiture et le destin tragique, il s’en distingue toutefois par l’évolution de sa carrière qui, les années passant, lui permirent d’aborder non seulement les rôles de ténor lyrique mais également les rôles de ténors dramatiques verdiens et wagnériens. Ce disque rejoint une importante discographie menée sous la baguette des plus grands chefs, notamment  Willhem Furtwängler

Airs de differens Autheurs donnés à une Dame.

Airs de differens Autheurs donnés à une Dame.  Sébastien & Charles LE CAMUS. Marc-Antoine CHARPENTIER.  Ensemble Les Meslanges.  Hortus : 062.  TT : 58’30.

Composés à la manière d’une conversation dans les salons féminins du Grand Siècle, ces airs sérieux mêlent expressivité mélodique et déclamation théâtrale, le chanteur devient acteur à part entière, voire danseur. Les « Le Camus », père et fils, étaient des maîtres du genre comme en témoigne Madame de Sévigné dans sa correspondance.  À la qualité des instrumentistes (Emmanuelle Guigues, viole de gambe ; Manuel de Grange, luth & théorbe), il convient d’adjoindre la performance de Thomas Van Essen, baryton, dans son effort pour respecter la prononciation, l’ornementation et autres artifices techniques vocaux, en accord avec le traité de Bertrand de Bacilly L’art de bien chanter (1668).

Invent’Airs.

Invent’Airs.  Les musiciens CMR du Val-de-Marne (Tél. : 06 63 38 03 15.  www.lescmr.asso.fr).

Délicieux ensemble de chansons imaginées & interprétées par une joyeuse équipe de CMRistes : Claire Filliard (guitare, balafon, chant), Étienne Filliard (batterie), Agnès Friberg (auteur, compositeur, flûtes, accordéon, guitare, chant), Dominique Grassart (saxophone, chant), Thierry Guérin (auteur, compositeur, guitare, banjo, percussions, chant), Dominique Jacques-Jean (auteur, compositeur), Aurélie Pongnian (claviers, chant).  Neuf titres qui feront la joie de tous publics : Le Banjo, Quatre éléments (la bande des quatre), Le clown, Le club des cinq sens, Be Bop Euloula, Le zoo music, Henri, Shéhérazade, Dis-moi Papa Dembo.

Les Archives internationales de musique populaire de Genève

Les Archives internationales de musique populaire de Genève (www.adem.ch) & les Disques VDE-Gallo (www.vdegallo.ch) poursuivent leur heureuse collaboration.  Ainsi de leurs récentes publications en CD (assorties de livrets fort complets) :

  • Bulgarie : L’art de la gadulka.  2008.  VDE : CD-1278.  TT : 69’36 (17 plages). Textes : Jérôme Cler
  • Pérou : Musique des Awajún et des Wampies - Amazonie, vallée du Cenepa.  2004-2006.  VDE : CD-1279.  TT : 62’19 (36 plages).  Textes : Raúl Riol et alii
  • Grèce : Musiques pour flûte – O Skáros.  1966-2007.  VDE : CD-1280.  TT : 71’08 (40 plages).  Textes : Wolf Dietrich
  • Swaziland : Chants des Swazi.  2005.  VDE : CD-1283.  TT : 64’04 (16 plages).  Textes : Mark Bradshaw
Gérard SIRACUSA : Drums Immersion

Gérard SIRACUSA : Drums Immersion.  Collection sonore : « Signature ».  Radio France (www.kiosque.radiofrance.fr) : SIG11065.  Distr. Harmonia Mundi.  TT : 50’18.

Il s’agit là - en jeu direct - d’une suite de sept solos dédiés à la batterie : Rouge/ Flagrance/ Monologue/ Immersion/ Émergence/ Illusion/ Hommage.  « Argumentée, enjouée aussi, une drumologie inventive est là, flagrante » écrit fort justement Christian Tarting, auteur de la notice.  Pour tout percussionniste, ce disque sera une merveilleuse source d’idées : « Selva chiara » (Forêt claire).

Pierre WISSMER (1915-1992) : Le quatrième Mage

Pierre WISSMER (1915-1992) : Le quatrième Mage.  Oratorio. Livret de William Aguet.  Judith Gauthier (soprano), Michel Fockenoy (ténor), Jean-Louis Serre (baryton). Récitant : Michael Lonsdale.  Chœur et orchestre de La Trinité, dir. Fabrice Gregorutti.  1CD + 1DVD Marcal Classics : 09 04 01. TT : 52’25.

Suite à la belle plaquette consacrée à ce compositeur par Pierrette Germain & Philippe Rayer (éditions Billaudot), les disques Marcal publient Le quatrième Mage, oratorio en un prologue & cinq chapitres - honoré en 1965 du Prix Paul Gilson -, juste hommage à un musicien qu’il serait heureux de voir sortir de ce purgatoire où l’avaient relégué les « Trente furieuses » (Cf. : www.pierrewissmer.com).

Philomela.

James DILLON : Philomela.  Opéra en 5 actes.  Anu Komsi, soprano (Philomena), Susan Narucki, soprano (Procne), Lionel Peintre, baryton (Tereus).  Remix Ensemble, Porto, dir. Jurjen Hempel.  2CDs Aeon : AECD 0986.  TT : 91’25.

Voilà assurément l’un des ouvrages majeurs de notre temps.  De par, notamment, la brutalité d’un lyrisme en parfaite adéquation avec la tragédie de Sophocle.  Afin de se venger du viol perpétré sur sa sœur Philomèle, Procné fait manger à son époux Térée les chairs d’Itys, leur propre fils.  Tous trois étant, in fine, métamorphosés en oiseaux…  Interprétation au-dessus de tout éloge.  À quand, sur une scène française ?

Claude DEBUSSY : Sonate pour flûte, alto & harpe.

Claude DEBUSSY : Sonate pour flûte, alto & harpeSix épigraphes antiques, pour flûte, alto & deux harpes (transcription : Fabrice Pierre).  Alain LOUVIER : Envols d’écailles, pour flûtes, alto & harpe (1986).  Patrick Gallois (flûte), Pierre-Henri Xuereb (alto), Fabrice Pierre, Francis Pierre (harpes).  Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1104.  TT : 57’00.

La réussite de la Sonate de Debussy a opportunément inspiré Fabrice Pierre pour sa transcription pour flûte, alto & deux harpes des diaphanes Six épigraphes antiques du même compositeur, non moins qu’Alain Louvier pour la composition de ses délicats Envols d’écailles, symboles de trois saisons : Envols légers d’un jour de juin (flûte en ut, alto & harpe), Envols furtifs d’une nuit d’été (piccolo, alto & harpe), Envols crépusculaires (flûte en sol, alto & harpe).  Dans l’interprétation d’artistes dont il n’est plus nécessaire de vanter la maîtrise.

Claude DEBUSSY : La mer.

Claude DEBUSSY : La mer.  Images.  Orchestre philharmonique du Luxembourg, dir. Emmanuel Krivine.  Livret : Harry Halbreich.  Timpani (www.timpani-records.com) : 1C1165.  TT : 58’26.

Visionnaire est Emmanuel Krivine, chef de l’excellent OPL.  Sachant admirablement dégager les contours de ces paysages.  Dans des tempi souvent inaccoutumés - fort loin, en tout cas, des rêveuses sensualités d’un Désiré-Émile Ingelbrecht…

Gabriel FAURÉ : Le Jardin clos, La Chanson d’Ève, Mélodies

Gabriel FAURÉ : Le Jardin clos, La Chanson d’Ève, Mélodies.  Karine Deshayes, mezzo-soprano.  Hélène Lucas, piano.  Avec la participation du baryton Stéphane Degout, pour Pleurs d’or.  Livret : Jean-Michel Nectoux.  Zig-Zag Territoires (www.zigzag-territoires.com) : ZZT 090902.

Aigus splendides, quelques inégalités dans les couleurs vocaliques du medium…  La grande mezzo nous offre ici des interprétations où affleure la plus vive émotion - dans les six célèbres mélodies qui ouvrent l’album : Soir, Les roses d’Ispahan, La rose, Le parfum impérissable, Arpège et Pleurs d’or, aussi bien que dans les luxuriances de La chanson d’Ève et, surtout, les admirables épures du Jardin clos, cycle qui demeure inexplicablement négligé.

Felix MENDELSSOHN : Intégrale des sonates & autres pièces pour orgue

Felix MENDELSSOHN : Intégrale des sonates & autres pièces pour orgue.  Edouard Oganessian à l’orgue Walcker du Dôme de Riga.  2CDs Saphir (www.saphirproductions.net) : LVC 1094.  TT : 70’45 + 75’16.

Sa découverte de J.-S. Bach est probablement à l’origine du l’intérêt que porta Mendelssohn à l’orgue - instrument qui n’avait guère alors les faveurs du public.  En témoigne le présent enregistrement d’une intégrale qui ne dure pas moins de 2h26’.  Dans la superbe interprétation d’Edouard Oganessian, officiant sur l’un des rares orgues romantiques ayant conservé leur sonorité initiale.

Ça se fête !  Olivétan

Ça se fête !  Olivétan (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : 9038-1.  69’32.

Cette réalisation est exceptionnelle car elle propose, sur un même disque, une partie audio comprenant 21 chansons de Daniel Priss, Frédéric Humber, Claude Fraysse, Jean-Marc Meyer…, portant sur le lien entre les hommes, l’Hymne de Martin Luther King, l’espoir, la joie, la vie, la misère des enfants, leurs rêves bizarres (loups, araignées, une histoire mal terminée à la télé, troubles)… Le vocabulaire et les idées sont très proches d’eux.  Chaque chant est mis en valeur par un contexte sonore adéquat (instrumentarium, bruitage, voix parlée, effectif variable).  De plus, une partie CD-Rom reproduit textes et partitions de « 12 célébrations pour parents et enfants ».  Le coffret comporte également une plaquette avec les paroles des chansons. La visée

Clasicos cubanos del siglo XIX.

Clasicos cubanos del siglo XIX.  CD + DVD Roldan : 117 (CD-Diffusion : 28, route d'Eguisheim, BP 4, F-68920 Wettolsheim.  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).  TT : 48’.

Les enregistrements de musique cubaine sont assez rares. L’intérêt de cette production est encore rehaussé par un DVD joint au CD.  Les interprètes Niuris Narando Dorta (violon), l’Orchestre de solistes de La Havane, des musiciens invités, tous placés sous la direction précise de María Elena Mendiola, redonnent vie à des œuvres de compositeurs du XIXesiècle : I. Cervantès, H. de Blanck, J. White, L. Jiménez, peu connus en France.  Caractérisées par une nostalgie prenante, une recherche d’expressivité, elles donnent cependant libre cours à quelques élans romantiques et à un dynamisme généralement contenu.  Le DVD permet aux mélomanes notamment de voir et d’entendre l’orchestre en pleine action.  Excellente formule.

Nikolaï MIASKOVSKY : Sonates n°2, 3 et 4

Nikolaï MIASKOVSKY : Sonates n°2, 3 et 4.  Le Chant du Monde (31-33, rue Vandrezanne, 75013 Paris.  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : AR RE SE 2009/2.  TT : 47’16.

Après la publication des Sonates 3 et 4 pour piano de Nikolaï Miaskovsky (cf. notre Lettre d’information, mai 2009), ce CD comprenant, en outre, la deuxième, vient à point nommé, pour permettre aux interprètes de bénéficier des critères d’interprétation retenus par Lydia Jardon.  Le compositeur, né en 1881 - l’année de la mort du tsar Alexandre II -, mobilisé en 1914, sera, après la chute du tsar, au service de l’état-major. Ce n’est qu’en 1921 qu’il sera professeur au Conservatoire du Moscou ; en 1948, il subira les persécutions et les contraintes de l’Union des compositeurs. Ses Sonates n°2, en fa# mineur (op.13) et n°3, en ut mineur (op.19), en un seul mouvement enchaîné, ne bénéficient pas d’un mouvement lent central,

Antonio VIVALDI : La Stravaganza

Antonio VIVALDI : La Stravaganza.  Ricercar : RIC 288. TT : 56’29.

Les perfectionnements dans la facture du violon ont suscité de nombreuses compositions, de Concerti grossi et de Concerti da camera.  L’opus IV : La Stravaganza d’Antonio Vivaldi (1678-1741) comprend douze concertos.  Les musiciens en interprètent sept transcriptions (Concerti 1, 3, 4, 5, 6, 9 et 11) du meilleur effet ; elles frappent par leur diversité stylistique, sollicitant souvent le violon et la flûte à bec, très volubile, associés aux sonorités des hautbois, violoncelle, basson, orgue ou clavecin, guitare et théorbe.  En fin connaisseur, Frédéric de Roos (flûte à bec), à la tête de ses excellents musiciens, dirige, avec légèreté et aisance, ces œuvres tout à fait adaptées à l’Ensemble La Pastorella ; ils recréent l’atmosphère si typique du XVIIIe siècle et rendent aussi un éblouissant hommage à Vivaldi.

Historia Sancti Eadmundi.

Historia Sancti Eadmundi.  De la liturgie dramatique au drame liturgique.  Arcana : A 346 (Outhere S.A., rue du Chêne, 27.  B-1000 Bruxelles.  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). TT : 62’00.

Cette Historia médiévale, annoncée par des cloches, demande une participation vocale monodique et instrumentale : crwth, vielle ; citôle, harpe, cithara teutonica ; orgue, organistrum ; percussions… « Archétype paradigmatique du drame rituel » typique de l’École de Cambridge, elle est divisée en 3 parties : La vie, La passion et Les miracles de St Edmond (Eadmund Wilfing, v. 844-870), dernier roi saxon d’East-Anglia et martyr, premier saint protecteur de l’Anglia, « Pater noster, & totius Anglie patronum ».  Des commentaires parlés assurent la soudure entre passages chantés, interludes instrumentaux et l’histoire proprement dite.  Les antiennes : Ave Rex gentis Anglorum et Exulta sancta ecclesia l’honorent.  Antiennes et répons alternent, avec

Karl JENKINS : Stabat Mater.

Karl JENKINS : Stabat Mater Royal Liverpool Philharmonic Chorus & Royal Philharmonic Orchestra, sous la direction du compositeur.  EMI : 5 00583-2 .

Karl Jenkins est un compositeur gallois de 63 ans.  Son Stabat Mater, commandité en 2008 par le prince Charles d'Angleterre, est parfaitement inclassable : il s'agit d’une vaste fresque d'un peu plus d'une heure qui réussit la synthèse des trois religions du Livre, en replaçant la mort du Christ dans son contexte historique et géographique, à savoir la Palestine occupée par les Romains : d’où une alternance d’harmonieuses polyphonies sur le texte latin de Todi, de lamenti en araméen évoquant tout à fait les pleureuses arabes, de psaumes en hébreu, de douce mélopées en anglais qui commentent avec tendresse les larmes de Marie, d’épisodes guerriers où se déchaînent les cuivres et où l’on voit véritablement défiler les légions romaines.  Le dixième

Ludwig van BEETHOVEN : Concerto pour piano n°3.

Ludwig van BEETHOVEN : Concerto pour piano n°3.  Anton BRUCKNER : Symphonie n°7.  Alfred Brendel, piano.  Orchestre du Festival de Lucerne, dir. Claudio Abbado.  DVD EuroArts : 2054649.  TT : 106'.

Le concept de musique de chambre étendu à l'orchestre symphonique, tel pourrait être le credo des exécutions dirigées par Claudio Abbado à la tête de son Orchestre du Festival de Lucerne.  Cette formation à nulle autre semblable réunit des musiciens venus d'horizons divers, solistes, membres d'ensembles de chambre ou d'orchestres.  Elle transcende l'hétérogénéité de forts talents individuels à la faveur d'une sonorité d'une rare homogénéité et d'un jeu à l'incomparable densité - comme le démontre le programme du concert inaugural du festival 2005.  Il débute par le 3e Concerto pour piano de Beethoven dont Alfred Brendel capte l'essence.  Avec le complice Abbado qui imprime d'emblée un tempo alerte, sa vision est d'une élégance suprême et le

Richard WAGNER : Tristan und Isolde

Richard WAGNER : Tristan und Isolde, drame lyrique en trois actes.  Ian Storey, Waltraud Meier, Michelle DeYoung, Gerd Grochowski, Matti Salminen.  Orchestre du Teatro alla Scala, dir. : Daniel Barenboim.  Filmé live le 7 décembre 2007.  3DVDs Virgin Classics : 51931599.  TT : 267'.

Quelle chance de pouvoir, grâce au DVD, revoir et disséquer la mise en scène que Patrice Chéreau a sculptée du Tristan et Isolde de Wagner.  Ce qu'un régisseur venant du théâtre parlé peut apporter à l'opéra, en termes de compréhension, on le vérifie ici, ô combien.  Chéreau a imaginé de placer ce drame on ne peut plus intérieur dans le mouvement même de la vie : l'équipage du navire de Tristan au premier acte, la soldatesque à la solde de Mélot au deuxième, les écuyers du héros au dernier.  Tout cela tisse l'arrière-plan vivant d'une action dont les longs monologues sont tout sauf statiques, tant le mot est signifiant.  Ainsi du récit d'Isolde mis en perspective sur fond de labeur de l'équipage ou de sa lassitude de ne point arriver, de la présence

Leoš JANÁČEK : La Petite Renarde rusée, opéra en trois acte

Leoš JANÁČEK : La Petite Renarde rusée, opéra en trois actes. A.Tsallagova, H.Esther Minutillo, J.Rasilainen, Michelle Lagrange, David Kuebler, R.Bracht, P.Gay. Orchestre de l'Opéra national de Paris, dir. Dennis Russell Davies. Medici Arts : 3078388. TT : 101'.

De tous ses opéras, Janáček chérissait La Petite Renarde rusée, « une chose gaie avec une fin triste » comme il l'appelait.  La production de André Engel, filmée live à l'Opéra Bastille, retrouve la fraîcheur et l'innocence douce amère du roman feuilleton dont s'est inspiré le musicien, de ces scènes de la vie animale qui racontent une histoire d'amour si vraie, où des destins fugaces croisent ceux d'humains dérisoires dans la célébration d'un hymne panthéiste.  Le monde de la forêt est tiré ici vers un champ de tournesols dont l'immensité est bordée par une voie de chemin de fer.  Car l'homme ne cherche-t-il pas à domestiquer la nature ? Celle-ci aura pourtant le dernier mot. L'hiver frileux qui emportera la renarde facétieuse, laisse place au retour du

Frédéric CHOPIN : Sonate n°2.

Frédéric CHOPIN : Sonate n°2. Alexander SCRIABIN : Sonate n°2 « Sonate-Fantaisie ».  Franz LISZT : Sonate pour piano en si mineur.  György LIGETI : Études n°4 : « Fanfares » et n°10 :« L'Apprenti sorcier ».  Yuja Wang, piano.  Universal/DG : 477 8140.  TT : 74'10.

Pour ses débuts au disque, la pianiste chinoise Yuja Wang, déjà adoubée par Claudio Abbado, joue l'audace et gagne ses galons.  Quelle autorité de la part de cette frêle jeune femme de 21 ans dans la Sonate n°2 de Chopin ! Une entrée en matière saisissante prélude à une énergie incroyable qui cependant ne cherche pas à tirer sur l'effet. Le deuxième thème du scherzo s'aventure dans les régions de la réflexion et le contraste avec le staccato du premier n'en est que plus marqué.  Le lento de la Marche funèbre est résolu dans sa progression dynamique et là encore le 2e thème apporte une touche d'introspection non emphatique. L'énigmatique presto final n'a jamais paru aussi avant-gardiste. La 2e Sonate de Scriabine appartient à la première

Frédéric CHOPIN : Sonate n°3, op. 58.

Frédéric CHOPIN : Sonate n°3, op. 58.  Deux Nocturnes, op.62.  Trois Mazurkas, op.59.  Polonaise-Fantaisie, op.61.  Trois Mazurkas, op.63.  Trois Valses, op.64.  Mazurkas, op.67 n°2 et n°4.  Sonate pour violoncelle & piano, op.65.  Mazurka, op.68 n°4.  Maria Joao Pires (piano).  Pavel Gomziakov (violoncelle). 2CDs Universal/DG : 477.  TT : 56'19+70'05.

La grande pianiste portugaise Maria Joao Pires revient à son cher Chopin ; pour un voyage parmi les dernières compositions du maître, que caractérisent l'approfondissement de la forme - la Polonaise-Fantaisie op.61 n'emprunte que de loin au rythme de la polonaise dansée - la retenue émotionnelle, le raffinement extrême, l'exploration de l'âme au fil de climats changeants où la mélancolie poignante côtoie la gaieté sans fard (Mazurkas, op.59). Une ascèse qui ne signifie pas tristesse, l'absence de recherche de l'effet, l'éclat, à ne pas confondre avec brillance, sont autant de secrets de l'approche de Pires, d'une abyssale profondeur sous une naturelle simplicité (Nocturnes, op.62).  Le jeu délié empli d'une vraie tendresse est tout sauf ostentatoire