Un très bel album consacré en totalité à la musique de Girolamo Frescobaldi (1583-1643) dont le charme, la fraîcheur, l’élégance et la délicatesse sont ici exaltés par le jeu lumineux et virtuose de Yoann Moulin, qu’il s’agisse du clavecin italien Philippe Humeau de 2012, ou du virginal de Jean-François Brun, copie d’un instrument italien anonyme datant de 1626. Un programme cher à tous les clavecinistes comprenant Il primo (1615) et Il secondo (1627-1637) libro di Toccate ainsi que Recercari e Canzoni franzese (1615) qui permet de juger de toute la richesse et de toute la diversité des compositions du maître italien qui, célébré dans toute l’Italie comme maitre du clavier, fut notamment titulaire de l’orgue de la basilique Saint-Pierre de Rome. Pour son premier album solo Yoann Moulin réussit, ici, un coup de maitre. Un disque qui ravira, à n’en pas douter, tous les amateurs du genre.

< La jeune violoncelliste suisse Estelle Revaz, née en 1989, est passionnée par Jean Sébastien Bach, « père de la musique pour violoncelle seul ». Après ses études dans son pays natal, puis au CNSMD de Paris et à la Musikhochschule de Cologne, elle s’est rapidement imposée sur la scène internationale en Europe, Asie et Amérique du Sud. L’originalité de cet enregistrement consiste — selon le principe très en vogue actuellement de l’alternance entre tradition et modernité — à insérer entre chaque mouvement des Suites n°1 et 3 (pour violoncelle solo) de J. S. Bach, de brèves compositions de notre temps, par exemple de Berndt Alois Zimmermann (1918-1970), Heinz Holliger (né en 1939), Luciano Berio (1925-2003), György Ligeti (1923-2006), Pascal Dusapin (né en 1955)… et surtout, en première mondiale, le Cantus II de Xavier Dayer, né à Genève en 1972, titulaire de nombreux Prix, ayant composé pour de prestigieuses institutions en Suisse, Allemagne et France. La démarche illustre les nombreuses possibilités de coloris, timbres, paysages sonores ainsi que la profondeur expressive du violoncelle.

Sobriété et simplicité sont de mise dans l’interprétation des deux redoutables Suites pour violoncelle seul (BWV 1007 et 1009). À remarquer que, dans son Cantus II, un

Si cette réalisation brille par son originalité, elle a aussi le mérite de démontrer les possibilités sonores et les coloris de clarinettes de différentes tessitures ; elle résulte d’une étroite collaboration entre les deux instruments et neuf compositeurs contemporains qui n’ont pas ménagé leurs conseils. (Voir aussi recension du CD « Chamber Music for Piccolo Clarinets… » (chez VDE GALLO, cf. LI n°114). Le sous-titre : No parking semble être lié à la brève pièce de Bernard Cavanna (né en 1951), intitulée paradoxalement : Parking Schubert pour clarinette en si b et clarinette basse ; il précise qu’il s’agit d’« un parking imaginaire où sont convoqués à la fois l’urbanité et le classicisme.

Le titre fut cependant imaginé bien avant la composition de la pièce et il sera donc bien difficile d’y reconnaître quelques parpaings ou gruppetto ; il s’agit d’un continuum à deux voix qui s’inspire d’un fragment écrit pour orgue de barbarie et un motif emprunté à un concerto pour accordéon associé à un thème ethnique de Katerina Fotinaki (son étudiante), œuvre d’une grande complexité rythmique ». Sa brièveté contraste avec les 10 Duos de Philippe Hersant (né en 1948), dont six transcriptions de ses 8

Le Label Acte préalable privilégie la musique et les interprètes polonais et fait aussi connaître d’autres compositeurs, par exemple le norvégien Konrad Øhrn. Ce CD commence par les Dances reprenant la structure traditionnelle de la Suite, quelques Miniatures ou encore le Concerto pour 2 flûtes et cordes, interprété par T. Rostvik et K. Kasminska (flûtes), le CoOperate Orchestra, sous la direction d’Adam Domurat et le jeune ensemble d’élèves de l’Académie de Musique de Poznan, rompu à un vaste répertoire allant de la musique baroque à l’époque contemporaine (ensemble avec violons, altos, violoncelles et contrebasse). L’European Flute Ensemble regroupe des flûtes, flûtes alto et flûtes basse.


Konrad Øhrn, né le 22 janvier 1950, d’abord pianiste, a composé dès son jeune âge ; il a environ 200 œuvres et arrangements à son actif. Il précise qu’après avoir été tenté par le dodécaphonisme et le sérialisme, il a personnellement opté pour un plan tonal plus franc et la clarté des lignes mélodiques. Il souhaite que sa musique réconforte les auditeurs. Dances — a Suite in 7 movements, œuvre de commande, date de 2012. Son style est à la fois néoclassique et contemporain sur le plan

Cet hommage à Julien-François Zbinden, compositeur suisse, est réalisé grâce à des documents d’Archives de la Radio Télévision Suisse. Né à Rolle (Canton de Vaud) en 1917, d’abord pianiste de jazz, il étudie le contrepoint et l’orchestration avec René Gerber à Neuchâtel, Régisseur de la Radio de Suisse Romande, ensuite chef de service chargé des émissions musicales, puis directeur adjoint. Son esthétique est notamment marquée par l’influence d’Arthur Honegger et de Maurice Ravel. Ce 13e album illustre son activité de compositeur, recouvre des œuvres allant de 1948 à 2014 et évoque ses nombreux centres d’intérêt, ses compositions pour l’Ensemble Romand d’instrument de cuivre (ERIC), sa participation en tant que pianiste et compositeur (émissions de Jacques Rollan, à Lausanne), « un de ses amis les plus chers », ses affinités avec le jazz et notamment Cole Porter, ou encore la musique légère en général.


Le texte de présentation rédigé par Julien-François Zbinden, est complété par un apport photographique significatif, donnant un excellent aperçu visuel de son entourage artistique (interprètes, séances d’enregistrement) et de son 97e anniversaire (en 2014). Au fil des plages, les discophiles l’entendront en tant que pianiste, compositeur :

L’organiste française bien connue, Jeanne Demessieux (née à Montpellier en 1921-décédée à Paris en 1968) est aussi pianiste, improvisatrice, compositrice et remarquable pédagogue. Installée en 1932 à Paris, au Conservatoire, elle étudie le piano, l’écriture, la composition et l’orgue (Premier Prix en 1941) auprès des meilleurs maîtres. De 1962 à sa mort prématurée, elle est l’organiste titulaire de La Madeleine (Paris) et, de 1950 à 1952, professeur au Conservatoire de Nancy puis, de 1952 à 1968, au Conservatoire royal de Liège. Avec notamment Henriette Puig-Roget, Marie-Louise Girod-Parrot et Marie-Claire Alain, elle a été l’une des premières organistes professionnelles françaises.


Le programme présente ses œuvres pour orgue les plus marquantes : CD 1 : Sept Méditations sur le Saint-Esprit (op. 6, 1947) ; Douze Chorals-Préludes sur des thèmes grégoriens (op. 8, 1950) ; CD 2 : Triptyque (op. 7, 1948) ; Prélude et Fugue dans le mode lydien (op. 13, 1962) ; Six Études (op. 5, 1946) ; Te Deum (op. 11, 1959) et Répons pour le temps de Pâques (1962-3). Elles ont été interprétées par Pierre Labric (né également en 1921) à l’Orgue Aristide Cavaillé-Coll (1890) de l’Abbatiale Saint-

L’attention de nos lecteurs à propos d’Astor Piazzolla (1921-1992), musicien argentin très populaire, a été attirée dans la LI n°114 (mai 2017, cf. Astor PIAZZOLLA : La musique de Buenos Aires). Ses études musicales étant terminées à Paris, il retourne dans son pays d’origine. En 1958, après un séjour aux États-Unis, il revient en Argentine. L’écrivain Alberto Rodriguez Munoz lui ayant demandé une musique pour accompagner sa pièce de théâtre Le tango de l’ange — relatant l’histoire d’un ange qui est apparu dans un immeuble de Buenos Aires pour purifier l’âme de ses habitants —, il compose alors une Introduccion al Angel que toutefois il n’intégrera pas dans sa Trilogie de l’ange.

L’œuvre définitive comprend donc Milonga del Angel, dans la mouvance du tango avec emprunts de rythmes plus légers : il s’agit de l’une des plus jolies mélodies de caractère sentimental d’Astor Piazzolla. Pour évoquer l’ange attaqué qui se défend lors d’un combat, avant de mourir, le deuxième volet de ce triptyque : Muerte del Angel est de caractère descriptif, toujours en mouvement. Il ajoutera, en 1965, Resurreccion del Angel, troisième volet d’atmosphère d’abord langoureuse, puis joyeuse et

(Haut-Rhin – France). 1CD. CLZ005. Classiquez – Chanteloup Musique. https://www.chanteloup-musique.org/nosdisques/ collection-classique/ TT : 78’13

Ce disque est essentiellement consacré à deux instruments et, ce qui n’est pas si fréquent, à deux instruments récents du facteur Richard Dott, de Sélestat. Comme l’explique Richard Dott dans l’excellente notice jointe à cet enregistrement, c’est une grande chance pour un facteur d’orgue de se voir confier la réalisation d’un instrument nouveau. Alors, deux… En 1991, un incendie détruit l’orgue de 1728 de l’abbatiale Saint Pierre et Paul d’Ottmarsheim. C’est à Richard Dott qu’on fait appel pour construire un nouvel instrument, réalisé en 2000. (http://decouverte.orgue.free.fr/orgues/ottmarsh.htm). Sollicité d’en construire un

Ballet en un acte et trois parties. Ensemble Aedes. Marion Ralincourt, flûte. Les Siècles, dir. François-Xavier Roth. 1CD Harmonia Mundi : HMM 905280. TT.: 55'03.

Voici une nouvelle version du célèbre ballet de Ravel, qui possède bien des atouts. A commencer par le fait d'être interprété par un orchestre jouant sur instruments anciens. François-Xavier Roth s'en explique par la volonté de retrouver la sonorité de l'époque de la création - en 1912 au Théâtre du Châtelet, sous la direction de Pierre Monteux - et la manière pour l'orchestre de ''sonner'' comme alors. La « symphonie chorégraphique » conçue par Ravel, en rupture avec le ballet à argument que lui proposait Diaghilev, en acquiert un chatoiement exceptionnel. Par la palette sonore d'abord eu égard à l'usage de cordes en boyau

op. 100. Jean FRANCAIX : L'Heure du Berger. Margarita Höhenrieder, piano. Kammerphilharmonie der Sächsischen Staatskapelle Dresden. 1 CD Solo Musica : SM 251. TT.: 53'48.

La musique de chambre pour ensemble d'instruments à vents ne compte pas beaucoup de titres... On pense au Quintette de Mozart K 452, à celui op. 16 de Beethoven, ou au Sextuor op. 40 de Louise Ferenc, de 1852. Aussi ce disque est-il intéressant. Car il présente deux raretés et une oeuvre déjà bien installée dans le répertoire. Le Sextuor pour piano et quintette à vents (flûte, hautbois, clarinette, basson et cor), d'abord, de Ludwig Thuille (1861-1907), compositeur

Jonas Kaufmann, ténor. Wiener Philharmoniker, dir. Jonathan Nott. 1CD Sony classical : 88985389832; TT.: 61'06.

On sera nul doute surpris de ne voir dans l'énoncé des interprètes de cette nouvelle version du Chant de la terre qu'une seule voix, celle de ténor. C'est que, pour la première fois, est livrée ici une version chantée par une voix unique et non par les deux prévues par le compositeur, qui précise comme sous titre : « symphonie pour une voix de ténor et une voix d'alto (ou de baryton) et orchestre ». Il en a ainsi été de toutes les versions proposées au disque – et bien sûr au concert – depuis la création de l'oeuvre par Bruno Walter en 1910 à Munich. Jonas Kaufmann, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a décidé de chanter les deux

1CD Harmonia Mundi : HMM 902248. TT.: 65'13.

Pour fêter leurs trente ans, les Wanderer reviennent à Dvořák et à son fameux Trio « Dumky », pilier du répertoire du trio pour piano, violon et violoncelle, auquel ils doivent leur premier succès au disque, et qui, comme chez leurs aînés, les Beaux Arts, a enluminé plus d'un de leurs concerts. Dernier de ses trios, cet opus 90, de 1891, Dvořák lui confère une forme inhabituelle en six mouvements, autant de ''Dumky'', du nom de la danse épique de la dumka, d'origine ukrainienne. Qui mêle la rêverie mélancolique, sorte de spleen salve, et la fièvre, l'exaltation. Ceci se traduit par une alternance de sections lentes et vives, à l'intérieur même de

.Anton Ferdinand TITZ : Quatuor N° 3. Alexander GLASOUNOV : Novelettes op. 15 . Piotr Iliych TCHAIKOVSKI : Quatuor N°1 op. 11. casalQuartett. 1 CD Solo Musica : SM 241. TT.: 74'52.

Ces « Trésors russes » appartiennent au répertoire du quatuor à cordes de la période romantique, pas forcément le plus visité au concert ou au disque. A part ceux de Tchaïkovski, joue-t-on ceux de Glinka, d'Anton Rubinstein ou de Borodine ? Et ceux des musiciens illustrés ici. Anton Ferdinand Titz (1742-1810), violoniste allemand qui vécut à Vienne où il se lia d'amitié avec Gluck, passa une bonne partie de sa vie en Russie où il contribua à introduire les grands maitres classiques. Son Quatuor N° 3, dernier volet d'un ensemble de trois (1801-1803), est dédié au Tsar Alexandre Ier. L'agencement des mouvements y est singulier :

Renaud Capuçon & Christoph Conz, violons, Gérard Caussé & Marie Chilemme, altos, Gautier Capuçon & Clemens Hagen, violoncelles. 1CD Erato : 0190295888374. TT.: 76'49.

Renaud Capuçon n'est pas seulement un immense musicien, il est un fédérateur d'énergies. En témoigne le Festival de printemps d'Aix-en-Provence qu'il a créé en 2013 et qui draine le gotha des interprètes et la jeune génération talentueuse. Il peut y cultiver son jardin secret, celui de la musique de chambre. Lors de l'édition 2016, il avait réuni autour de lui cinq de ses amis pour interpréter les deux sextuors à cordes de Brahms. Ce CD est le fruit d'une rencontre au sommet. Ces deux pièces sont à plus d'un titre fascinantes. Le sextuor N° 1 op. 18, de 1860, la première grande oeuvre chambriste de Brahms, se situe dans la lignée de

Intégrale des symphonies vol. 4. Symphonies Nos 12, 60 & 70. Domenico CIMAROSA : Il Maestro di Cappella. Riccardo Novaro, baryton. Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini. 1CD Alpha : 674. TT.: 79'55.

Voici le 4ème volume de la collection « Haydn 2032 », qui présente cette fois un généreux programme placé sous l'égide du maitre de chapelle ou Kapellmeister que fut le Papa Haydn. On a regroupé trois symphonies ayant en commun une manière théâtrale, et un mini opéra bouffe de son collègue Cimarosa. La symphonie N° 60, dite « Per la commedia intitolata Il Distratto » est conçue comme une vraie pièce de théâtre avec une ouverture, quatre entrées et un finale. L'allegro di molto, passé son introduction lente, est mené bon train avec effets de surprise, coutumiers chez Haydn, telles ces phrases répétées de plus en plus pianissimo et

 Giuseppina Bridelli, Salvo Vitale, Caroline Weynants, Guillaume Houcke, Pierre Derhet, Maxime Melnik. Choeur de chambre de Namur. Millenium Orchestra, dir. Leonardo García Alarcón. 1CD Ricercar : RIC 378. TT.: 57'03.

Voici encore une redécouverte due à la sagacité de Leonardo García Alarcón ! Le jeune Allessandro Scarlatti (1660-1725) se fixe à Naples en 1683 et se voit nommer, l'année suivante, maitre de chapelle de la Real Cappella. C'est vraisemblablement là qu'a été composée, en 1685, sa Passion Selon St Jean. Au fil de six numéros, l'oeuvre chantée en latin suit le récit évangélique qui est ici confié à trois personnages principaux : Testo, ou l'Évangéliste, Jésus et Pilate. La partie la

Pièces de clavecin du XVII ème siècle anglais. Caroline Huynh Van Xuan, clavecin. Avec Paulin Bündgen, contre-ténor. 1CD Muso : MU-016. TT.: 67'53.

Après la période du puritanisme des années 1649-1660 et l'accession au trône de Charles II, l'art reprend ses droits en Angleterre avec la création de nombreuses institutions musicales et une démocratisation de l'accès à la musique, désormais jouée dans les théâtres, salles de concert mais aussi les tavernes, les clubs ou les associations musicales. Cette vitalité nouvelle de la scène musicale se traduit en particulier par la publication de nombreuses oeuvres pour le clavecin sous forme de Suits ou Lessons. C'est dans les manuscrits conservés à la British Library que Caroline Huyn Van Xuan a puisé le contenu du présent programme, mêlant pièces connues et vraies découvertes, premières au disque pour beaucoup. Les compositeurs ont pour nom Purcell, Blow et Haendel, mais aussi Anthony Yong, Jeremiah Clarke, Philip Hart, William Croft, John Barrett, Robert King ou John Weldon, et combien encore d'anonymes dont l'auteur de « Since in vain », pièce qui donne son titre au CD. On y manie diverses danses, l'Allmand entrainante, le Hornpipe, et surtout le Ground, une forme typiquement anglaise, qui ressemble à la Passacaille ou à la Chaconne, danse lente à trois temps, reposant sur le principe de l'ostinato. Le registre est vif, bien rythmé, ou au contraire, méditatif. Bouquet final, et inattendu bond dans le temps, que l'arrangement en forme de Ground d'une chanson de Sting, « Moon over Bourbon Street », sorte de belle improvisation qui ne dépare pas avec toutes ces musiques du XVII ème siècle anglais. Ce programme imaginatif et didactique, aux enchainements agréables et judicieux, bénéficie du jeu feutré de Caroline Huyn Van Xuan, capté dans une acoustique intimiste.

DUCASSE. HURÉ. IBERT. KOECHLIN. De La PRESLE. RAVEL. ROUSSEL. SÉVERAC. Amaury Breyne, piano. 1 CD Hortus. Collection « Les Musiciens et la Grande Guerre. Vol XXIII ». HORTUS 723. TT : 68’17.

indirect avec la guerre. Contrairement aux volumes précédents on n’y trouve aucune trace de militarisation, mais à l’inverse, différentes postures créatrices cherchant délibérément à s’extraire du climat délétère et dramatique du conflit. Les compositeurs convoqués pour cet enregistrement, ayant tous appartenu au service de santé des armées, marquent par leurs oeuvres l’ardent désir de se rattacher au souvenir du bienheureux passé, ou à l’inverse de se tourner vers l’avenir, dans une modernité assumée et rêvée comme un havre de paix. Refuge dans des formes anciennes, ambigüité tonale, dissonances, accumulation,

PUCCINI. STRAUSS. LEHAR. WEBERN. LEONCAVALLO. KORNGOLD. Fionnuala Mc Carthy, soprano. Klaus Häger, baryton. Karola Theill, piano. 1 CD Hortus. Collection « Les Musiciens et la Grande Guerre. Vol XXII ». HORTUS 722. TT : 65’40.

Nouvel opus de la collection « Les Musiciens et la Grande Guerre » qui donne voix à ces compositeurs parfois oubliés ou méconnus qui ont eu à souffrir des affres de la Grande Guerre, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’exil. Ensemble de voix étouffées par l’intensité du drame et d’oeuvres ignorées que le label Hortus a décidé de remettre au jour jusqu’en 2018. Un florilège de 18 mélodies composées par nombre de compositeurs comme Schreker, Ives, Foerster, Lehar,

OEuvres originales pour hautbois et guitare : PILSS. COSTE. REBAY. KOVÁTS. Michaela Hrabankova, hautbois. Gabriel Bianco, guitare. 1 CD Ad Vitam Records : AV 170115. TT : 59’37.

Encore un très beau disque par le simple plaisir que l’on prend à l’écoute de cette musique de divertissement, à rapprocher de la musique de salon du XIXe siècle, au charme un peu suranné. Un enregistrement original par l’association assez inhabituelle de nos jours du hautbois au timbre acidulé et de la sonorité chaude de la guitare. Une découverte, enfin, de compositeurs peu connus du grand public, petits maitre viennois, français ou tchèque. La Sonatine de Karl Pilss (1902-1979) composée en 1942. La Fantaisie dramatique « Le Départ » (1856) pour guitare solo et Le Montagnard, datant de la même époque, de Napoléon Coste

BLOCH. KORNGOLD. Ophélie Gaillard, violoncelle. Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dir. James Judd. Sirba Octet menbers. 1 CD Aparté : AP 142. TT : 69’.

Ernest Bloch (1880-1959) et Eric Wolfgang Korngold (1897-1957) deux compositeurs exilés, ayant dû fuir l’Europe du fait de leur judéité, deux voix étouffées par la montée du nazisme, dont les oeuvres longtemps méconnues du grand public semblent susciter de nos jours un regain d’intérêt totalement justifié par leur qualité musicale indiscutable. D’Ernest Bloch, Ophélie Gaillard nous présente deux oeuvres bien différentes Schelomo, « Rhapsodie hébraïque » et De la vie juive (Prière, Supplication, Chant juif et Danse de mariage). Schelomo fut composée en 1916 et s’inspire du personnage de Salomon comme décrit dans l’Ecclésiaste.

Michel Dalberto, piano. 1 CD Aparté : AP150. TT : 73’49.

Fort du succès de son précédent disque consacré à Debussy, Michel Dalberto, spécialiste reconnu de la musique française, nous présente, ici, le deuxième opus de sa tétralogie pianistique consacrée aux compositeurs français (Debussy, Fauré, Ravel, Franck). Un album entièrement dédié à la musique pour piano solo de Gabriel Fauré, enregistré dans l’historique salle du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, sur un piano Bechstein, spécialement choisi pour la qualité de ses basses. Un programme copieux et pertinent, suivant le fil chronologique des dates de composition, qui nous rappelle que Fauré composa pour le piano tout au