Marcel COMINOTTO : Œuvres pour duos. AZUR Classical. Distribution : Centre International Albert Roussel (CIAR) (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). AZC146. TT : 68’ 17.

L’interprétation de duos exige à la fois une compétence réelle dans l’exploitation des timbres spécifiques et une belle connivence artistique. Marcel COMINOTTO, formé au Conservatoire de Liège, a obtenu, à l’âge de 15 ans, les premiers prix en harmonie, contrepoint, fugue puis de virtuosité. Son programme rassemble des duos pour les formations suivantes : 2 violoncelles, piano à 4 mains, violon et piano, 2 guitares. Pianiste de rayonnement international, depuis 1978, il enseigne l’instrument et l’écriture tonale et s’intéresse au matériau et à la sémantique dans une perspective historique.
Sa Storia pour deux violoncelles, dans laquelle « chacun apporte une qualité d’engagement et de précision, tant expressive que technique », est en fait « un voyage exceptionnel ». Anna-morphoses pour piano à 4 mains — œuvre composée pour le duo Jean Schils et Dominique Swinnen — tire son titre d’un « jeu de mots lié au prénom de leur petite fille ». Proche de la forme sonate, cette page frappe par sa complexité rythmique et contrapunctique, les couleurs harmoniques et les dissonances. La pièce Facéties, également à 4 mains et destinée à Pablo, petit frère « facétieux » d’Anna, entraîne les discophiles dans une valse enivrante. En réalité, ces 2 pièces forment un diptyque. Apollo, duo pour violon et piano, nécessite grande maîtrise technique et solide sens du rythme (le titre se rapporte à la course à la lune, vers 1960) : un mélange d’énergie et d’introspection. Démarche originale explosive autour de « big bang miniatures ». Six Préludes (brefs) pour 2 guitares (à 10 et à 8 cordes) rarement associées, exploitent des accords particuliers. Selon Marcel Cominotto, le 1er est un « mouvement perpétuel » ; le 2e plonge dans l’atmosphère d’une mélodie tzigane ; le 3e, est désinvolte puis mélancolique, avant de reprendre le ruissellement initial ; le 4e exploite des quartes répétées et des clusters ; le 5e se veut méditatif et intériorisé ; enfin le 6e est le « plus mécanique, puis tendu à base de tritons ». La conclusion ramène passionnément la sensation de mécanicité.
Les commentaires de M. Cominotto mettent en évidence son extrême inventivité et originalité compositionelles. Premier enregistrement mondial à ne pas manquer. Inouï et inégalable.

Édith Weber
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