Louis VIERNE (né à Poitiers en 1870, mort à Paris en 1837) est surtout connu comme célèbre organiste de la Cathédrale Notre-Dame, improvisateur et compositeur dans la mouvance de « l’Orgue symphonique ». Ses études à l’Institut National des Jeunes Aveugles en piano, orgue et violon lui ont permis de réaliser des œuvres de musique de chambre oubliées, mais qui, notamment grâce aux Éditions HORTUS, connaissent heureusement un regain d’intérêt.

Le violoniste Dominique Hofer (élève de Dominique Hoppenot) et la pianiste Frédérique Troivaux (disciple de Bruno Rigutto) ont le mérite de présenter, en premier enregistrement mondial, sa Ballade (op. 52, 1926), œuvre marquante dédiée à Jacques Thibaud qui, à elle seule, résumerait ses nombreuses qualités compositionnelles : clarté, précision, concision, pureté, intériorité, style très personnel déjà souligné par la critique d’époque. Comme le rappelle Francis Besingrand, elle « devait être le pendant du Poème [1896] d’Ernest Chausson ».


Ce triptyque à découvrir propose aussi la Sonate en sol mineur (op. 23, 1906) en 4 mouvements. Elle requiert une solide maîtrise technique. Les deux interprètes s’associent pour en traduire l’atmosphère romantique et mouvementée. Quant aux extraits de la Suite bourguignonne (op. 17) primitivement pour piano (1899), puis arrangés pour violon et piano : Idylle, Danse rustique, Clair de lune, Aubade, Légende bourguignonne, ils évoquent tour à tour la nature, l’amour, l’allégresse et — en résonance avec le titre — une complainte intemporelle.

Lyrisme, romantisme, haute virtuosité n’ont point de secret pour Dominique Hofer et Frédérique Troivaux qui, en parfaite symbiose et intelligence de la partition, posent un regard inédit sur la personnalité exceptionnelle du célèbre organiste de Notre-Dame. Ils comblent ainsi une impardonnable lacune relative à ces œuvres de Louis Vierne et, en particulier, à sa Ballade : une révélation majeure.
Édith Weber
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