Après s’être fait remarquer à 11 ans en soliste dans le Concerto pour piano et orchestre n°23 (KV488) de W. A. MOZART, avec l’Orchestre de la Radio roumaine, puis avoir bénéficié d’une exceptionnelle formation internationale au Conservatoire George Enescu de Bucarest, à la Haute École de Lausanne, à l’École Normale de Musique de Paris et au Conservatoire Royal de Bruxelles, Axia Marinescu se produit dans de nombreux Festivals. Artiste, elle est aussi une philosophe avertie (études à Paris) et conférencière maîtrisant 5 langues.

Le choix de son programme n’est pas le fait du hasard car le projet, longuement mûri, est conforme à sa recherche de la beauté : « Je me souviens que le chef d’orchestre me dit lors de la dernière répétition : Tu partages avec Mozart son esprit de musicalité ravissante. Je ne comprenais pas tout à fait en quoi cet esprit se traduisait à l’époque, mais j’ai associé cela à la joie et au bonheur que la musique de Mozart me procurait en la jouant » (p. 2). C’est cette connivence joviale qui émane de

son interprétation de la Sonate en la majeur (KV 331) — avec la célèbre Marche turque — de Wolfgang Amadeus MOZART. Les Klavierstücke (op. 118) de Johannes BRAHMS (1833-1897) — soit 6 morceaux composés en 1893 et dédiés à Clara Schumann — comprennent 4 Intermezzi, une vigoureuse et impétueuse Ballade et une Romance plus calme. L’Intermezzo (plage 16), le plus réussi, particulièrement douloureux, pathétique et résigné, se termine en sourdine Andante largo. Ce périple chronologique s’achève aux accents des Images du Premier livre de Claude DEBUSSY (1862-1918) : Reflets dans l’eau, page typiquement impressionniste ; Hommage à Rameau, lent et grave dans le style d’une sarabande, avec un thème plus ou moins grégorien, et Mouvements en Ut majeur, dans un tempo animé, dont la partie centrale à peine plus mouvementée baigne dans la délicatesse.

Axia Marinescu tire les meilleurs effets sonores du piano Yamaha. Elle fait preuve d’une grande maîtrise technique pianistique, avec des traits brillants bien enlevés, dans le respect des nuances et des tempi, et d’une subtile palette expressive. Interprétations très convaincantes.
Édith Weber
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