Lauréate du 9e Concours international de violon Leopold Mozart, qui a eu lieu en 2016 à Augsbourg, Ji Won Song, violoniste sud-coréenne née à Séoul, prouve à la fois ses qualités de concertiste virtuose et de partenaire avisée en musique de chambre. Elle s’est imposée très tôt sur la scène internationale : en Chine, en Allemagne, au Canada et aux Etats-Unis. José Gallardo, pianiste brésilien né à Buenos Aires, a fait ses études dans sa ville natale, puis à l’Université de Mayence. Concertiste invité par de nombreux Festivals internationaux, il a enseigné à Mayence, puis au Centre Leopold Mozart (Université d’Augsbourg). Le nom du père de Wolfgang Amadeus plane sur l’interprétation violonistique, conformément à son ouvrage didactique : Versuch einer gründlichen Violinschule (1756). Leur programme s’échelonne de W. A. MOZART à Fritz KREISLER (1875-1962), en passant par Ludwig van BEETHOVEN et Pablo de SARASATE (1844-1908), d’horizons divers mais associés par des emprunts thématiques d’une part à Mozart (Flûte enchantée) et d’autre part à Beethoven.

Les formes représentées se réclament des Sonate (en 3 mouvements), Romance, Rondo, Rondino et Fantaisie. À noter, dans les Sonates en mi b majeur (KV 481) et en

fa majeur (KV 376), le jeu perlé du pianiste, les répliques précises de la violoniste, la discrétion et la grâce mozartiennes, et le lyrisme dans la Romance en fa majeur (op. 50) de Beethoven ; la belle envolée lyrique dans le Rondino de Fritz Kreisler sur un thème de Beethoven ; la Fantaisie virtuose sur La Flûte enchantée de Pablo de Sarasate, déployant toute la palette sonore du violon. En outre, les discophiles seront sensibles à l’équilibre exceptionnel entre les deux instrumentistes et leur parfaite connivence, mais aussi à l’interprétation baignant dans la sonorité si chantante du violon, la sensibilité et la finesse. À ne pas manquer.
Édith Weber