Ce disque à l’initiative de Marielle Cafafa représente l’illustration sonore du programme ayant fait l’objet de son livre (cf. LI 118) : La chanson polyphonique française au temps de Debussy, Ravel et Poulenc (Paris, L’Harmattan, 2017).


Il convie les mélomanes, musicologues et littérairers à un vaste parcours poétique allant de Charles d’Orléans (1394-1465) à Guillaume Apollinaire (1880-1918) et Blaise Cendrars (1887-1961), en passant par Clément Marot (1496-1544) et Jean Antoine de Baïf (1532-1589) sur des thèmes de toujours : amour, vie, mort ; ou lyriques : mois de mai, hiver, neige. L’Ensemble Léonor (une vingtaine de chanteurs) bénéficie largement de la formation très complète de M. Cafafa, notamment en direction d’orchestre et de chœur, en piano, au chant lyrique acquise au CNSM, à la Haute École de Musique de Genève et à l’Université de Paris-Sorbonne où elle a obtenu son Doctorat en Musicologie. Ce premier enregistrement de l’Ensemble Léonor (qu’elle a fondé) fera date. Son apport avec des œuvres de compositeurs phares : Claude Debussy, Maurice Ravel Francis Poulenc, ainsi que Jean Langlais, Darius Milhaud… permet également d’apprécier à leur juste valeur des chansons de Raymond Bonheur,

Jacques Chailley, Reynaldo Hahn, Paul Ladmirault : soit un total de 20 « polyphonies françaises » a cappella, composées entre 1900 et 1930, marquant un nouvel Âge d’or du genre.

L’Ensemble Léonor, dirigé tout en souplesse, réagit aux moindres inflexions gestuelles de son chef. Malgré un léger excès de réverbération dû à l’acoustique du lieu, il se distingue par sa volubilité (Yver, vous n’estes qu’un villain, Cl. Debussy), sa prononciation précise, sa dynamique (Nicolette, M. Ravel), l’émotion qu’il suscite (Pleurez avec moi, R. Hahn). Une somptueuse illustration du remarquable ouvrage de Marielle Cafafa.
Édith Weber