La pianiste américaine, Claire Huangci (née en 1990), qui s’est lancée très jeune dans une carrière internationale, est spécialiste de Fr. Chopin, P. Tchaikovski et S. Prokofiev. Accompagnée par le Brandenburgisches Staatsorchester (de Francfort), sous la baguette attentive de Howard Griffiths, elle participe à la révélation d’œuvres de Ludwig van Beethoven (1770-1827) rarement interprétées et provenant de différents stades de sa vie.

Tout d’abord, à l’âge de 20 ans : son Ritterballet (Ballet de Chevalier), représenté en 1791 au Château de Bonn pour le Carnaval, structuré en 15 brèves séquences groupant une marche et une danse allemandes, un chant allemand, des chants de chasse et de guerre (avec sonorités de cor), une chanson à boire, introduits par une Marche solennelle et se terminant sur une joyeuse Coda. Le maître de Bonn a aussi signé un document historique : Wellingtons Sieg (La Victoire de Wellington), op. 91, recréant la victoire des troupes du Duc de Wellington sur l’armée napoléonienne à Vitoria (Espagne), le 21 juin 1813. L’œuvre comprend deux parties : Schlacht (La Bataille) — genre souvent cultivé et particulièrement dramatique —, avec des citations patriotiques : Rule Britannia (marche) et Malbrough s’en va-t-en guerre ; la

Siegessymphonie (Symphonie de la Victoire). Deux orchestres symbolisent les deux adversaires. Roulement crescendo de caisse claire, sonnerie au clairon campent le décor guerrier, puis cèdent la place à la marche anglaise ; idem côté français avec Malbrough. La confrontation des armées est ensuite figurée. La Victoire est proclamée joyeusement et très énergiquement. Le Concerto pour piano en Ré majeur (op. 61a) provient d’un célèbre concerto de violon qu’à la demande de Muzio Clementi (1752-1832) Beethoven a retravaillé pour piano. Il comprend 3 parties : Allegro ma non troppo (très développé), Larghetto (rêveur) contrastant avec le Rondo sur un thème très rythmé des plus beethovéniens. Les cadences mettent en valeur tout l’ambitus de l’instrument.

Au service de Beethoven, Claire Huangci s’impose par son énergie, sa virtuosité, son enthousiasme communicatif. En parfaite symbiose avec l’excellent chef anglais Howard Griffiths et l’Orchestre allemand expert, ils contribuent largement à faire découvrir des « raretés beethovéniennes » qui, si nécessaire, viennent confirmer la grâce et la puissance évocatrices de sa musique.
Édith Weber