Le disque propose des arrangements pour piano par Kyoko Yamamoto du Libertango (1973) : Allegro giustoso de la Séria del Angel et de la Tangosuite (1983) comprenant trois tangos très contrastés : 1. Decido, 2. Andante rubato, melancolico, 3. Allegro que Christelle Abinasr interprète avec une grande finesse au piano Steinway. La troisième partie concerne des Préludes inspirés par la danse (tango, valse) et écrits par Astor Piazzolla en 1987, vers la fin de sa vie. La pianiste, en parfaite symbiose avec les intentions du compositeur, s’impose par son jeu précis, son sens des tempi justes et des atmosphères subtiles. Il en est de même pour Adios Nonino concernant la disparition de son père et Oblivion pour le film Henri IV (d’après Pirandello). Cette réalisation illustre l’évolution esthétique du tango, ses différentes formes et atmosphères (cf. analyses de Lionel Pons) : musique d’ambiance hors pair, haute en couleurs, baignée de tendresse et de lumière, faisant résonner l’âme argentine dans tous ses états.