Ce parcours chronologique concerne les XVIIe, XIXe, XXe et XXIe siècles. La Passacaglia pour alto de Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) date de 1674. Elle est particulièrement développée, et Marcin Murawski en tire le meilleur parti. Plus récente, celle pour violon et alto (1893) de Johan Halvorsen (1864-1935), de caractère énergique, interprétée par Jakub Gutowski et Kamil Babka, nécessite une grande virtuosité. Celle de Paul Hindemith (1895-1963) est la plus élaborée du disque, avec doubles cordes. Plus proche de nous, la Passacaille sur une mélodie anglaise ancienne (1941) de Rebecca Clarke (1886-1979), accompagnée au piano par Anna Holeska, est brillamment enlevée par Marcin Murawski qui interprète aussi la Passacaglia pour alto seul d’Alfred Pochon (1878-1959), composée un an après, bénéficiant de la sonorité chantante de l’instrument et de la profondeur de son expression. Gordon Jacob (1895-1984) cultive la forme tripartite : Prélude (incisif) -Passacaglia (mystérieuse) et Fugue (fulgurante) pour violon et alto (1948). Elle est suivie de Passacaglia kolysankowa (2016) de Pawel Michalowski (né en 1990), berceuse avec des pizzicati, glissandi… et, pour conclure, la Passacaille (initialement composée pour violoncelle et transposée pour alto en 2015) de Samuel Bisson (né en 1984) fait appel à la technique du canon et à la superposition de pistes sonores avec effet spatial et symétrique. Marcin Murawski a le mérite d’avoir réalisé cette première mondiale. Quant à Jan A. Jarnicki, directeur du Label polonais ACTE PRÉALABLE, il poursuit avec bonheur l’exploration de répertoires originaux et inédits.