Jakub Jan RYBA : Stabat Mater NIBIRU (www.nibiru-publishers.com ). CD 01622231. Distribution : CD DIFFUSION (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). TT : 58’ 39 (avec présentation tchèque, anglaise, allemande et française).

Remarquable personnalité dans l’histoire de la musique tchèque, Jakub Jan Ryba (1765-1815) est surtout connu par sa Messe tchèque de Noël. Toutefois, sa production religieuse qui n’est pas assez souvent interprétée est d’ailleurs restée inédite jusqu’à 2015 pour l’édition et 2016 pour ce premier enregistrement mondial.
Il a placé la Musique d’église au centre de ses préoccupations. En fait, comme le rappelle le texte d’accompagnement, il souhaitait introduire la langue tchèque dans la musique d’Église, tout en respectant le latin, langue liturgique traditionnelle. Il souhaitait composer des Messes, Graduels et Offertoires pour chaque dimanche et fête importante de l’Année liturgique, mais, malgré sa grande force créatrice et sa persévérance, n’a réalisé qu’un tiers du projet. Il voulait élever le niveau de la musique d’église dans son pays. En raison de sa fin tragique, il n’a pas récolté le succès qu’il aurait mérité. Dans un manuscrit en 5 volumes de 1300 pages, intitulé : Novae et liberae cogitationes, il propose quelques réflexions de caractère philosophique avec des remarques en latin, et un cycle de musique d’orgue (1798).


En 1805, pendant six semaines lors desquelles il lutte contre une maladie (peut-être mentale), il compose son Stabat Mater, œuvre majeure s’imposant par son ton « le plus grave de sa production » (selon Hubert Hoyer). Écrite « à l’initiative de son ami Frantisek Krepelka, alors directeur de la maîtrise de Saint-Bartholomée », l’œuvre est dédiée au Maire Frantisek Mattas qui assurait le contrôle de la musique dans les églises de Plzen. » Il avait destiné l’Oratorio latin à la Maîtrise de cette ville qui groupait de remarquables chanteurs et musiciens. Son interprétation exige un haut niveau technique, condition parfaitement remplie par L’Armonia Terrena, les Martinu Voices ainsi que les solistes Simona Saturova (soprano), Marketa Cukrova (alto), James Kryshak (ténor) et Adam Plachetka (basse), tous placés sous la direction sensible de Zdenek Klauda.
Jakub Jan Ryba a repris les paroles latines traditionnelles, chantées successivement dans les formations suivantes : quatuors de solistes, duetto (soprano-alto), aria (ténor), chœur, aria (soprano), aria (basse), trio (soprano-alto-ténor), récitatif et arioso (ténor), aria (alto), récitatif (basse)... Le texte du Stabat mater : « La mère se tenait debout… » est une séquence en 10 épisodes remontant au XIIIe siècle et attribuée à Jacopo da Todi. Supprimée par les Pères du Concile de Trente (1545-1563), elle a été rétablie en 1727. Elle évoque la souffrance et la douleur de Marie, lors de la crucifixion de Jésus et a pour objectif de susciter la compassion du croyant.
De manière générale, chanteurs et musiciens mettent leurs talents au service de cette musique souvent pleine de grâce et concertante, mettant en valeur les interventions des solistes. Un modèle d’interprétation et d’émotion tout à l’honneur de ce représentant le plus significatif de la musique religieuse tchèque au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.