chacune alternant récitatifs et airs ; sauf certaines d'entre elles qui sont précédées d'une introduction et d'une « canzone » instrumentale avec deux violons solistes. Quelquefois un instrument se détache, comme le violoncelle dans le dernier air de la cantate de thème mythologique « Fetonte, e non ti basta ». Les airs constituent des morceaux bien distincts les uns des autres et présentent des caractéristiques se référant au répertoire opératique. C'est que l'écriture offre un dynamisme proche de la théâtralité. Le choix opéré ici est judicieux, parfaitement représentatif de ces pièces où la douce sobriété fait écho à la fervente intensité. Les cinq musiciens de l'Astrée, formation de chambre de l'orchestre de l'Accademia Montis Reglis, deux violons, violoncelle, théorbe et clavecin, livrent des exécutions d'une extrême rigueur et de la justesse de ton qui marqua naguère leurs interprétations dans le répertoire vivaldien, sous la houlette du claveciniste Giorgio Tabacco. Et la jeune soprano française Stéphanie Varnerin, lauréate de plusieurs concours, y brille par un timbre solaire et la délicatesse avec laquelle elle décrit les affetti qui distinguent les récitatifs de ces cantates et annoncent des airs d'une grande beauté.