Carlo Francesco CESARINI : Cantates da camera della Biblioteca Casanatense di Roma, pour soprano et basse continue. Francesco D'Orazio, Lathika Vithanage, violons, Rebeca Ferri, violoncelle, Pietro Prosser, théorbe. L'Astrée, gruppo cameristico dell'Accademia Montis Regalis, Giorgio Tabacco, clavecin & dir. 1CD Aparté : AP136. TT.: 70'.

Pour cette première au disque, le label Aparté a choisi de puiser dans le vaste corpus de cantates dites de chambre composées par Carlo Francesco Cesarini, appelé aussi Carlo del Violino (ca.1666-1741), et dénichées par l'ensemble L'Astrée dans les cartons de la société italienne Éditrice de Musicologie de Rome, les manuscrits étant conservés à la Biblioteca Casanatense. Ce musicien fort réputé du baroque italien et actif dans la capitale italienne au début du XVIII ème dut son ascension au cardinal Benedetto Pamphili, mécène éclairé qui ''poussa'' aussi de nombreux autres compositeurs comme Alessandro Stradella ou Alessandro Scarlatti, et même Haendel durant son séjour transalpin. Cesarini occupera diverses fonctions dans les grandes institutions et églises de Rome comme celle du Gesù. Les cantates écrites pour le cardinal Pamphili y étaient régulièrement données, voire représentées, alors que le genre de l'opéra était alors proscrit. Elles appartiennent au genre arcadio-pastoral, évoquant les thèmes de la souffrance causée par un amour non réciproque, la jalousie ou la trahison chez la personne aimée. Elles sont conçues pour un accompagnement de la basse continue, sur un modèle en six parties,

chacune alternant récitatifs et airs ; sauf certaines d'entre elles qui sont précédées d'une introduction et d'une « canzone » instrumentale avec deux violons solistes. Quelquefois un instrument se détache, comme le violoncelle dans le dernier air de la cantate de thème mythologique « Fetonte, e non ti basta ». Les airs constituent des morceaux bien distincts les uns des autres et présentent des caractéristiques se référant au répertoire opératique. C'est que l'écriture offre un dynamisme proche de la théâtralité. Le choix opéré ici est judicieux, parfaitement représentatif de ces pièces où la douce sobriété fait écho à la fervente intensité. Les cinq musiciens de l'Astrée, formation de chambre de l'orchestre de l'Accademia Montis Reglis, deux violons, violoncelle, théorbe et clavecin, livrent des exécutions d'une extrême rigueur et de la justesse de ton qui marqua naguère leurs interprétations dans le répertoire vivaldien, sous la houlette du claveciniste Giorgio Tabacco. Et la jeune soprano française Stéphanie Varnerin, lauréate de plusieurs concours, y brille par un timbre solaire et la délicatesse avec laquelle elle décrit les affetti qui distinguent les récitatifs de ces cantates et annoncent des airs d'une grande beauté.