Kaspar Förster (junior), né en 1616 à Oliwa, près de Gdansk, est mort en 1673. Son père, (également prénommé Kaspar), chantre à la Marienkirche de cette ville, débuta sa formation musicale qu'il a poursuivie en 1632-1633 auprès du théoricien et compositeur Marco Scacchi, violoniste et maître de chapelle à Varsovie. Entre 1633 et 1636, il a séjourné à Rome au Collegium Germanicum auprès de Giacomo Carissimi. De retour en Pologne, il sera chanteur (alto) à la Cour royale de Wladyslaw IV et Jean II Casimir jusqu'en 1652. Après avoir été maestro di capella de la Cour de Frédéric III à Copenhague, il quittera cette ville pour succéder à son père à la Marienkirche. Il s'imposera comme brillant compositeur en Europe du Nord. La datation de ses œuvres est difficile ; ses manuscrits sont souvent conservés en copies de seconde main, certaines à la Bibliothèque de l'Université d'Uppsala (Fonds Düben). Son langage est tributaire du stylus phantasticus en usage notamment en Allemagne du Nord et de l'esthétique italitenne. Le compositeur doublé d'un remarquable chanteur fait souvent appel à la virtuosité vocale et à de larges tessitures.

Le programme comporte des Psaumes et Hymnes en latin et des Sonates instrumentales. Le Psaume Confitebor tibi Domine bénéficie d'une remarquable diction, d'un soutien instrumental précis ; le dialogue entre les chanteurs procède soit homorythmiquement et homosyllabiquement pour une meilleure perception du texte, soit par entrées successives assez volubiles entrecoupées de vocalises souples (Alleluia) avec de brefs interludes instrumentaux. L'Hymne Jesu Dulcis memoria, souvent attribuée à saint Bernard de Clairvaux, est généralement chantée aux Vêpres. Sa participation instrumentale, plus importante, est rendue avec vigueur. L'invocation O bone Jesu, expressive et insistante, est suivie du Psaume Benedicam Dominum chanté avec élan. L'affirmation : Credo quod redemptor [meus vivit] (« Je crois que mon Rédempteur est vivant ») est émouvante et intériorisée. Enfin, le Psaume Beatus vir qui timet Dominum, très volubile, grâce à la direction si efficace d'Étienne Meyer, met en valeur toutes les qualités interprétatives des Traversées baroques. Les Sonates n°2 et n°3 permettent aux instrumentistes de déployer leur virtuosité et, dans la Sonate anonyme, permet d'entendre les deux cornettini. L'interprétation des Traversées baroques est tout à l'honneur des « Chemins du Baroque » qui ont le grand mérite de lancer Kaspar Förster, compositeur polonais particulièrement significatif.