Cette belle réalisation se termine par son Concerto pour violon et orchestre à cordes (2002) en trrois mouvements traditionnels. Le compositeur maronite se souvient de l’antienne Salve Regina ; il la paraphrase en respectant la ligne grégorienne exposée au violon sur un fond d’orgue. Les interprètes confèrent à cette pièce l’indispensable caractère recueilli et calme. Cultivant les formes traditionnelles, Naji Hakim a réalisé un Capriccio pour ces deux instruments : un premier thème vigoureux contraste avec un second reposant sur un accompagnement percussif à l’orgue, puis la réexposition des deux aboutit à une conclusion éclatante faisant appel à la virtuosité violonistique. Sa Fantaisie pour violon s’inspire d’un tableau d’Edvard Munch : « Jeunes sur la plage » baignant dans le calme de la mer ayant suggéré à Naji Hakim une « fantaisie nostalgique » pour le violon, à partir de mélodies danoise et norvégienne. Enfin, selon ses intentions : « les dernières mesures font une citation du motif en ostinato du Prélude à la nuit de Maurice Ravel », hommage au pays d’accueil du musicien libanais. Autre hommage à la France : sa Sonate pour violon et piano dont l’Allegro vivace est construit sur le Branle de l’official de Thoinot Arbeau. L’œuvre repose sur des variations thématiques de forme lied avec coda. « Le mouvement central Andante sostenuto développe un chant tendre et mélancolique accompagné au piano par des grappes harmoniques denses articulées en rythme amphibraque. » Au centre, il paraphrase le Noël bien connu : Mon beau sapin (O Tannenbaum) servant de motif allant du grave à l’aigu, « à la recherche d’une ouverture vers l’éternel, annonçant le dernier vers du thème principal du Finale : Ich bin im Himmel schon » (Je suis déjà au ciel). L’œuvre se termine aux accents d’un rondeau-sonate à variations évoquant à nouveau le caractère rythmique et joyeux du premier mouvement ; le thème principal provient d’une chanson alsacienne Uff em Berjel, bin ich g’sässe (Je suis assis sur une montagne). Une danse campagnarde de Claude Gervaise est également citée dans cette Sonate particulièrement originale. Son Concerto pour violon et orchestre à cordes, plus développé, à partir d’une structure classique : Allegro vivace – Moderato – Allegro con moto, est « conçu comme un ballet imaginaire en trois actes : Joie rayonnante, Béatitude et Feu flamboyant » : atmosphères que le Zenon Brzewski Warsaw String Orchestra rend à merveille. Voici une forte intéressante illustration de l’apport de Naji Hakim au répertoire violonistique, de ses attaches avec la musique catholique, la musique française et des chansons d’origine alsacienne, émanant d’un organiste et compositeur de renom international. À retenir.