ARARAT. France-Arménie, un dialogue musical. Ensemble Canticum Novum, dir. Emmanuel Bardon. 1 CD Ambronay : AMY049. TT : 78’49.

Si Ararat évoque immédiatement le massif volcanique des hauts plateaux arméniens, symbole de toute une nation, ce deuxième opus discographique de l’ensemble Canticum Novum, après Aashenayi, sera, sans doute, pour le plus grand nombre une belle découverte puisqu’il propose un émouvant et éloquent dialogue entre deux cultures, française et arménienne, au travers de différentes courtes pièces lumineuses et aériennes explorant les liens entre musiques françaises et musiques traditionnelles d’Europe de l’Est et d’Orient. Un programme passionnant qui rappelle l’attachement de l’ensemble vocal et instrumental Cantotum Novum à l’interculturalité. Poèmes, ode liturgique, cantique, chansons populaires, danse de cour, romances judéo-espagnoles et chant d’exil sont, ici, particulièrement mises en valeur par les voix d’Emmanuel Bardon et Barbara Kusa superbement soutenus par un instrumentarium adapté aux sonorités surprenantes. Une réussite indiscutable !

« Retratos ». Juliette Salmona, violoncelle & Benjamin Valette, guitare. 1 CD Ad Vitam Records : AV 170315. TT : 50’52.

Deux instrumentistes talentueux forment ce duo de circonstance, musiciens bien connus de par leur activité chambriste respective, au sein du Quatuor à cordes Zaïde pour Juliette Salmona et au sein du Quatuor de guitares Éclisses pour Benjamin Valette. L’histoire de ce CD est celle d’une rencontre autour de l’œuvre de Radamès Gnattali (1906-1988) et tout particulièrement autour de sa Sonate pour guitare et violoncelle (1989) et de sa Suite Retratos (1956) dont l’album porte le nom. Un programme très varié comprenant également différentes transcriptions effectuées par les interprètes à partir du corpus de compositeurs brésiliens du 19e et 20e siècle (Ernesto de Nazareth, Francisco Mignone, Alberto Nepomuceno, ainsi que l’inévitable Heitor Villa-Lobos).
Un album très original par le choix des œuvres, souvent méconnues, mais aussi par le caractère inhabituel de l’instrumentarium utilisé, réunissant guitare et violoncelle, deux instruments à la tessiture pratiquement identique, autorisant un jeu de rôle aussi surprenant que jubilatoire. Un très bel enregistrement superbement interprété, haut en couleurs, empruntant à la musique savante et à la musique populaire brésilienne, porteur de joie, mais aussi d’une indicible nostalgie qui en font tout le charme Une belle découverte à ne pas manquer !

GRONDAHL. MARTIN. TOMASI. DAVID. Great Trombone Concertos. Jacques Mauger, trombone. Orchestre Symphonique Français, dir. Laurent Petitgirard. 1 CD Indésens : INDE079. TT : 56’45.

Inlassable défenseur des vents français, et notamment des cuivres, le label Indésens nous offre, ici, un enregistrement rare datant de 1994, reprenant quatre œuvres phares du répertoire du trombone, servies par les mains expertes de Jacques Mauger, ancien tromboniste solo de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris. Une présentation et une mise en lumière d’un instrument rarement utilisé comme soliste qui nous permet d’en apprécier toutes les facettes techniques et musicales, virtuosité, couleur flamboyante ou délicate, lyrisme puissant, legato et expressivité. Un programme s’appuyant sur le Concerto pour trombone et orchestre (1924) de Launy Grondahl (1886-1960) aux accents post romantiques, la Ballade pour trombone et orchestre (1940) de Frank Martin (1890-1974) plus moderne, aux inflexions plus jazzy et dodécaphoniques, le superbe Concerto pour trombone et orchestre (1956) d’Henri Tomasi (1901-1971) peut-être le plus réussi musicalement et, sans aucun doute, le plus attachant par sa ligne mélodique, son mystère et sa poésie et, enfin, seul concerto du XIXe siècle, le très romantique Concertino (1837) de Ferdinand David (1810-1873) composé à la demande de Mendelssohn pour le Gewandhaus de Leipzig et son tromboniste virtuose Karl Traugott. Un bel album, magnifiquement interprété.

Chants hébraïques et chants d’amour Sofia Falkovitch, mezzo-soprano et Cantor. Orchestre de chambre Les Illuminations, dir. Gabriel Bourgoin. 1 CD Calliope Records : CAL 1742. TT : 46’56.

Voici un disque dont la cohérence concernant le programme ne saute pas aux yeux, ni aux oreilles ! Cela d’autant que le livret accompagnant le CD est réduit à sa plus simple expression ne donnant pas les raisons, s’il y en a, amenant à mêler sur le même album, avec un bonheur tout relatif, chants hébraïques empruntés à la liturgie et tradition juives et nécessitant de ce simple fait des techniques propres au chant cantorial comme l’improvisation, et des chants d’amour convoquant respectivement Ravel, Rimski-Korsakov, Fauré ou encore Bizet ( ?) Deux mondes bien différents, heureusement traités avec une certaine réussite musicale, s’appuyant sur la voix chaude et la vocalité facile de Sofia Falkovitch, mezzo et cantor, ainsi que sur l’accompagnement très pertinent de l’orchestre Les Illuminations dirigé par Gabriel Bourgoin.

« Des cordes marines ». Trios à cordes de Jean CRAS, Joseph Ermend BONNAL, Albert ROUSSEL. Ensemble Des Equilibres. 1 CD ARION : ARN68836. TT

Voici encore une belle découverte, celle d’un ensemble à cordes talentueux, le trio constitué par Agnès Pika au violon, Blandine Leydier à l’alto et Armance Quéro au violoncelle, appartenant toutes trois à l’ensemble Des Equilibres. Découverte également d’un lieu sublime, le Couvent des Minimes, joyau du XVIe siècle, à Pourrières dans le Var où cet album fut enregistré et redonné dans son intégralité, à l’occasion des Soirées Musicales en mai dernier. Découverte enfin des trios à cordes de trois compositeurs, Jean Cras (1879-1932), Joseph Ermend Bonnal (1880-1944) et le plus célèbre Albert Roussel (1869-1937). Trois compositeurs ayant en commun d’être contemporains, mais surtout d’avoir exercé une double activité maritime et musicale expliquant ainsi le titre de cet album.

« A British Promenade ». Sandrine Chatron, harpe. Ophélie Gaillard, violoncelle. Michael Bennett, ténor. 1 CD Aparté : AP 140. TT : 78’26.

La harpiste française Sandrine Chatron, en compagnie de la violoncelliste Ophélie Gaillard et du ténor Michael Bennett, nous invite avec cet album original à une promenade pleine de charme à travers des œuvres de compositeurs britanniques du XXe siècle, dont certains bien connus comme Benjamin Britten, d’autres moins comme Bowen, Howells, Bantok, Scot, Goossens, Watkins, Williams, Berkeley, Rubbra, ayant tous en commun d’avoir étudié la composition dans des institutions britanniques et d’avoir composé pour harpe, avec accompagnement de violoncelle et voix. Un répertoire peu connu, choisi de façon intuitive et passionnée par Sandrine Chatron qui nous amène, tout au long de cette flânerie musicale, à découvrir toute la créativité et l’originalité de cette musique britannique puissante, raffinée, émouvante et colorée où se mêlent avec un bonheur tout particulier la sonorité de la harpe, le lyrisme du violoncelle et la chaleur de la voix. Un disque rare construit autour de la harpe, ce qui n’est pas si fréquent, réunissant des musiciens de grande qualité dans un programme particulièrement original. A ne pas manquer !

TCHAIKOVSKI. MOUSSORGSKY. STRAVINSKY. Romeo & Juliet. Pictures At An Exhibition. Firebird. Philippe Guilhon-Herbert, piano. 1 CD Indésens- Calliope : CAL 1632. TT : 62’02.

Voilà un disque qui ne nous convainc qu’à moitié tant la puissance, parfois éprouvante, du jeu de Philippe Guilhon-Herbert confère à son interprétation un aspect par trop monolithique où manquent souvent nuances et couleurs. Un programme conçu comme un itinéraire russe au travers d’œuvres de Tchaïkovski, Moussorgski ou encore Stravinski.
L’Ouverture-Fantaisie de Roméo et Juliette de Piotr Iliych Tchaïkovski est assurément la plage la plus réussie de ce CD, pleine de charme et de poésie. Dans une transcription de Philippe Guilhon-Herbert, elle témoigne, sans nul doute, de la capacité stupéfiante du pianiste français à reproduire les sonorités de l’orchestre, ainsi que de la variété de son jeu qui passe avec une facilité confondante de la romance à l’épopée. En revanche la lecture de l’Oiseau de feu d’Igor Stravinski semble moins convaincante.

« Trésors du piano russe ». RACHMANINOV. MOUSSORGSKY. SCRIABINE. Stéphane Blet, piano. 1 CD Indésens-Calliope : CAL 1631. TT : 56’06.

Le pianiste français Stéphane Blet nous propose, ici, un nouvel opus discographique consacré à trois compositeurs russes parmi les plus importants du répertoire pianistique. Un très beau disque tout en couleurs, nuances, expressivité, allant et virtuosité. Les Tableaux d’une exposition de Modest Moussorgski, œuvre incontournable du répertoire, sont joués ici avec beaucoup d’à propos. Une belle interprétation qui nous donne à « voir » la musique, par ses couleurs variées, ses nuances subtiles, son phrasé plein de relief et ses contrastes exaltés par un jeu virtuose et poétique se déployant tout au long de ce voyage imaginaire à travers les tableaux de Victor Hartmann.

Felix MENDELSSOHN : Symphonies 1 – 5. Karina Gauvin, Regula Mühlemann, Daniele Behle. RIAS Kammerchor. Chamber Orchestra of Europe, dir. Yannick Nézet-Séguin. 3CDs DG : 479 7337. TT.: 73'01+66'57+60'12. : 54’ 46.

Voici la captation discographique de l'intégrale des symphonies de Mendelssohn donnée en février 2016 à la Philharmonie de Paris par le COE dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Comme la Lettre d'Information de l'Éducation musicale s'en était fait alors l'écho (cf. LI de mars et d'avril 2016), ces exécutions se signalent par leur spontanéité, leur joie de vivre, mais aussi leur côté charnel et dynamique, le souci de l'articulation et de la clarté des lignes comme du dramatisme que recèle cette musique. Elles sont servies par la somptueuse lecture d'un orchestre au mieux de sa forme : homogénéité d'une phalange d'exception que le mot routine n'effleure même pas, souplesse de jeu, lustré des cordes et précision des pizzicatos, fines couleurs des bois et des cuivres. On ajoutera l'art du cantabile que Nézet-Séguin met au service de « Mendelssohn l'aquarelliste » (Brigitte François-Sappey) et de sa subtile orchestration. La prise de son live est d'une parfaite immédiateté, offrant une excellente définition des divers plans et une agréable aération dans les tuttis.

« Mélodies françaises ». Anaïs Constans, soprano, Marina Viotti, mezzo-soprano, Jérémie Schütz, ténor, Matthieu Gardon, baryton. Agnès Graziano, piano. Orchestre du Concours International de chant de Mâcon, dir. Éric Geneste. 1 CD TRITON (www.disques-triton.com) : TRI 331207. TT : 65’14.

Le Concours International de chant de Mâcon (Airs d’opéras, Mélodies françaises) a lieu chaque année. Après avoir sollicité des pièces de compositeurs contemporains, il a le mérite de sélectionner et d’attirer l’attention sur les meilleurs chanteurs de moins de 35 ans. Les judicieuses photos illustrent d’ailleurs l’esprit de compétition et l’engagement des participants batailleurs, décidés, motivés et convaincus. L’enregistrement avec accompagnement de piano, a eu lieu à Vézelay (Cité de la Voix) ; celui avec orchestre, à Mâcon, en 2016.
Isabelle Aboulker (née en 1938) a fait ses études au CNSMP. Elle est accompagnatrice, chef de chant et professeur auprès de jeunes chanteurs au CNSM. Elle attache une attention particulière à la prosodie et se situe dans le sillage des Mélodies de Fauré, Debussy, Ravel et Poulenc.

Michael KIMBER : Music for viola 7.  Marcin Murawski, Michalina Matias, Kamil Babka, Michael Kimber. Alto. 1CD ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com) : AP0393. 2017. TT: 62’ 12.

L’alto est parfois un « parent pauvre » de la production discographique, pourtant il s’impose par ses sonorités expressives, graves et intériorisées. Au gré des titres des 9 œuvres pour un ou plusieurs altos, ce 7e disque bénéficie du concours de Marcin Murawski, Michalina Matias, Kamil Babka et du compositeur lui-même : Michael Kimber.
La Suite en style baroque pour 2 altos épouse la forme classique, avec des danses. D’abord bien enlevé, en dialogue à deux, le Prélude contraste avec l’Allemande assez allante dans laquelle les deux instruments sont à égalité ; la Courante traditionnelle est suivie de la Sarabande plus langoureuse. Les Gavottes I et II sont bondissantes avec effets d’écho, alors que les Menuets I et II sont plus mesurés. Dans la Gigue conclusive, les deux altistes déploient énergie et entrain.

« Rêves inachevés ». Poèmes et pièces pour piano. Michèle Bernard, récitante, Joao Paulo Santos, piano. 2CDs SOUPIR ÉDITIONS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) : S 237. Distribution SOCADISC. 2017. TT.:  76’55 + 58’06.

Ce titre, évocateur et douloureux, implique à la fois regrets et admiration. L’idée dominante est le jeune âge de compositeurs disparus trop tôt et qui s’étaient distingués par des œuvres prometteuses auxquelles la maladie et la mort ont mis fin brutalement, avant que ces poètes et compositeurs n’aient pu donner toute leur mesure. Il s’agit de Sabine Sicaud, avec ses poèmes visionnaires, interrompus à l’âge de 15 ans ; de Lili Boulanger — sœur de Nadia — disparue à 24 ans ; de Guillaume Lekeu, aux talents prometteurs, mort au même âge ; Gabriel Dupont, auteur des Heures dolentes si évocatrices et d’Antonio Fragoso, victime de la grippe. Le Label SOUPIR ÉDITIONS leur rend un vibrant et très émouvant hommage.

W A. MOZART : Concerto pour piano K 488.Robert SCHUMANN : Concerto pour piano. Margarita Höhenrieder, piano,Wiener Symphoniker, dir. Fabio Luisi. 1CD SOLO MUSICA (www.solo-musica.de) : SM189. Distribution Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). TT : 75’ 01.

À elle seule, la photo de couverture en dit long sur la complicité du chef et de la pianiste. Ils interprètent deux Concertos pour piano et orchestre de Mozart de Schumann.
Le Concerto pour piano et orchestre n°23 en La Majeur (KV488) de W. A. Mozart comporte deux mouvements rapides avec un mouvement central lent. Dans le premier : Allegro, il spécule sur un sujet vif et un sujet plus suave, avec des tonalités mineures. Il incombe au piano d’orner le premier, d’assurer, après la ritournelle orchestrale, des traits de soliste, puis de rappeler le thème initial. À noter la libre cadence conclusive qui termine le premier tutti assortie d’une brève coda. L’Adagio central est marqué par le balancement de rythmes de sicilienne ; à l’exposition du thème à découvert, répondent clarinette, flûte, basson et violons. Un nouveau thème passera, au piano, du mineur au majeur.

Joseph HAYDN : Les treize Trios et Quatuors vocaux avec piano. Deux Sonates pour piano Antoine de Grolée, piano. Chœur de chambre Les Temperamens Variations. Dir : Thibault Lam Quang (www.lestemperamensvariations.com ). 2017. TT : 72’ 03.

Selon Marcel Marnat, Joseph Haydn (1732-1809) souhaitait regrouper vingt cinq pièces (à partir de 1796) mais, en raison de son âge et de la difficulté à trouver des textes, il n’en mit que treize en musique. Elles sont publiées dans l’ordre alphabétique des titres et reflètent sa perception de la vie et son expérience de compositeur. Ces Trios et Quatuors vocaux, brefs et presque de caractère instrumental, ne sont pas des Lieder (mélodies) et reposent sur des poèmes de G. E.  Lessing (1729-1781), G. F. Gelert (1715-1769)…
Thibault Lam Quang — toujours à l’affût de programmes neufs et originaux — a judicieusement et dans une parfaite logique thématique regroupé ces treize pièces autour de trois centres d’intérêt : « La vie en société », « De l’amour » et « Face à Dieu ». 

Tivadar SZÁNTÓ : Complete Piano Works 1 et 2. Artur Cimirro, piano. 2CDs ACTE PRÉALABLE  (www.acteprealable.com  ). vol 1 = AP0386. TT : 70’46. Vol. 2 = AP0387. TT : 71’35.

Le dynamique Label polonais vient de réaliser en premier enregistrement mondial l’Intégrale de l’œuvre pour piano de Tivadar (Théodore) Szántó (1877-1934), compositeur tombé dans l’oubli mais tout récemment redécouvert par Jan. A. Jarnicki, et grâce au pianiste Artur Cimirro. Né dans l’Empire austro-hongrois à Vienne en 1877, il a évolué dans la mouvance de musiciens français tels que Debussy, Ravel, Florent Schmitt, Isidore Philipp, entre autres, auxquels il dédie certaines de ses œuvres. Ses sources d’inspiration proviennent de thèmes hongrois populaires (1915), de mélodies japonaises, de la vie quotidienne des paysans magyars, de chants de travail. Il cultive la musique descriptive, l’élégie dramatique, les formes suivantes : lamentations, ballades, variations et final.

Igor STRAVINSKY : Pétrouchka (version originale - version pour piano à quatre mains). . Sinfonieorchester Basel, dir. Dennis Russel Davies. Dennis Russel. Davies et Maki Namekawa, piano. 1CD SOB 11. Distribution Laurent WORMS (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). TT : 74’ 45.

Igor Stravinsky (1882-1971) termine son célèbre ballet Petrouchka en mai 1911, lors de son séjour à Rome ; le 13 juin suivant, Pierre Monteux le dirige à Paris au Théâtre du Châtelet. Cette réalisation permet de confronter la version originale pour orchestre et la version pour piano à 4 mains ; la première est interprétée par l’Orchestre symphonique de Bâle sous la direction de Dennis Russel Davies (qui est aussi pianiste), la seconde par D. R. Davies et Maki Namekawa en un duo soudé.

 Wladislaw ZELENSKI : Sacred Choral Works. 1CD AP0374.  TT : 62’ 43.
2. Songs, Duets. 1CD AP0384.  TT : 57’ 43
3. Secular Choral Works. 11CD AP0363.  TT : 68’ 32
ACTE PRÉALABLE (www.acteprealable.com ).

Wladislaw Zelenski, né en 1837, mort en 1921, compositeur polonais très apprécié en Europe à son époque, est rapidement tombé dans l’oubli. Pour le plus grand plaisir des discophiles, le voilà relancé et réhabilité grâce aux inlassables efforts de Jan A. Jarnicki, directeur du Label ACTE PRÉALABLE qui — après des recherches à la Bibliothèque Nationale de Varsovie et après avoir acquis 11 Albums dont 9 autographes, ainsi que d’autres partitions —, a entrepris, selon les commentaires joints aux disques, une véritable « croisade » pour chercher des interprètes et un chœur polonais. Finalement, c’est le prêtre Robert Kazorowski (cf. p. 11, CD Sacred Choral Works) qui a réussi à trouver les artistes motivés.

Franz LISZT, Frédéric CHOPIN, Robert SCHUMANN : Véronique Bonnecaze live 1CD TRITON (www.disques-triton.com ) : TRI 331208. 2016. TT : 75’04.

Ce triptyque associant Franz Liszt, Robert Schumann et Frédéric Chopin a été enregistré en direct, à la Salle Cortot (Paris) lors du Concert du 10 novembre 2016.
Véronique Bonnecaze, après ses études au Conservatoire de Bordeaux, puis avec Nadia Tagrine à paris, enfin au CNSMP dans la classe de Ventsislav Yankoff où il a obtenu un Premier Prix de piano et de musique de chambre, est lauréate de Concours internationaux. Elle se produit en France et dans de nombreux pays à l’étranger. Depuis 2010, elle enseigne le piano à l’École Normale de Musique de Paris et assure des masterclasses. Son texte de présentation propose des commentaires brefs mais pertinents. Son programme réunit des œuvres qu’elle « aime » et dans lesquelles elle « se sent à l’aise » selon ses propres termes.

Alessandro STRADELLA : Santa Pelagia. Oratorio pour quatre voix et basse continue. Roberta Mamelli, Raffaele Pe, Luca Cervoni, Sergio Foresti. Ensemble Mare Nostrum, dir. Andrea De Carlo. 1CD Arcana (distribution Outhere Music) : A431. TT. : 50'22.

Ceci est le quatrième volume du « Stradella project », d'enregistrement des oratorios d'Alessandro Stradella (1639-1682), après entre autres, « Santa Edita » (cf. LI de juin 2016). « Santa Pelagia » est un oratorio en deux parties pour quatre voix et basse continue, composé aux alentours de 1677. Il appartient au genre du drame spirituel, basé sur l'allégorie de la vanité humaine, comme on en trouve dans plusieurs pièces de l'époque et jusque chez Haendel dans « Il trionfo del tempo e del disinganno ». Il conte l'histoire de Pélagie d'Antioche, figure de sainte très populaire dans l'Italie du Seicento : la femme prostituée qui se convertit et fut baptisée par Nonnus, l'évêque d'Édesse, puis après s'être rendue à Jérusalem, vécut en ermite dans une prison sur le Mont des Oliviers. L'auteur du livret est inconnu, mais pourrait être le prince romain Lelio Orsini, qui écrivit celui de « Santa Editta ».

Serge PROKOFIEV : sonates pour piano N° 2 op. 14, N° 6, op. 82 & N° 8, op. 84. Alexander Melnikov, piano. 1CD Harmonia Mundi : HMC 902202. TT. 70'05.

Premier volet d'une intégrale à venir des sonates pour piano de Prokofiev, cet album propose les Deuxième, Sixième et Huitième sonates. Autrement dit un rapprochement entre l'audace de la première manière et la suprême maitrise de la maturité. La sonate N° 2 op. 14, de 1913, montre une apparente facilité d'inspiration comme à l'allegro introductif qui aligne pas moins de cinq thèmes, et affirme déjà une grande habileté dans leur savante combinaison qui frôle la dissonance. Le scherzo offre un rythme enjoué mais énergique et un piano percussif. Cœur de l'œuvre, l'andante, tout de lyrisme, au fil d'une longue mélodie mouvante, dispense des climats mystérieux, qu'on retrouvera plus tard dans bien d'autres compositions.

Gabriel FAURÉ : Mélodies. Thibaut Lenaerts, ténor, Philippe Riga, piano. 1CD Muso : MU-017. TT.: 53'10.

Il est rare d'entendre des mélodies de Fauré interprétées par un ténor. Et par un ténor rompu à la musique baroque, peut-être plus encore. Le fait est que passé l'effet de surprise, ce disque invite à repenser la manière dont on conçoit la musique vocale de ce compositeur. Thibaut Lenaerts a conçu son programme en opérant dans l'immense corpus des mélodies de Fauré un choix original de pièces écrites entre 1861 et 1894, ce qui couvre la première partie de la longue période créatrice du musicien. Il mêle pièces connues et surtout pièces peu jouées. L'autre particularité est le choix de l'instrument d'accompagnement, un piano Erard de 1873, grand format, à la sonorité claire. On passera sur les mélodies comme « Au bord de l'eau », « Après un rêve », « Clair de lune », ou encore l'immanquable « Mandoline » et ses arabesques inouïes sur un piano sublime, exécutées avec tact.

« Einsamkeit » Robert SCHUMANN : Sechs Gedichte und Requiem op. 90, Myrthen op. 25 (extraits), Gesänge op. 89. Matthias Goerne, baryton, Markus Hinterhäuser, piano. 1CD Harmonia Mundi : HMM 902243. TT.: 51'13.

Voici un récital Schumann traité avant tout sur le mode de la confidence, au plus près de l'intime romantique. Matthias Goerne a réuni un bouquet de Lieder autour de deux cycles : les « Sechs Gedichte und Requiem » op. 90 et les « Gesänge » de l'opus 89. Desdits « Six Poèmes », écrits en 1850, sur des textes de Lenau, on perçoit d'emblée le caractère nocturne (« Meine Rose », Ensamkeit »), l'angoisse (« Der schwere Abend »/Triste soir), la romance tour à tour d'une apparemment insouciance et de la prédiction du temps qui passe (« Die Sennin »/La bergère). Partout observe-t-on une déclamation proche du chuchotement, tandis que la partie de piano n'est pas sans évoquer les « Nocturnes » de Chopin. Sans doute, pour des raisons de cohérence du propos, Goerne a-t-il choisi de ne pas donner le premier morceau, « Lied eines Schmiedes »/Chant du foregron, le seul à offrir un ton extraverti.