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www.leducation-musicale.com



novembre-décembre 2008
n° 557-558


septembre-octobre 2008
n° 555-556



BACCALAUREAT 2009
Supplément au n° 555-556

DELAMUSIC

OPERA COMIQUE




Sommaire :

1. L'éditorial de Francis Cousté : "Reliance-déliance"
2. Informations générales
3. Varia
4. Manifestations et Concerts
5. L'édition musicale
6. Bibliographie
7. CDs et DVDs
8. Olivier Messiaen
9. Saisons

10. La vie de L’éducation musicale

11. Crépuscule


Reliance-déliance

 

Maintenant je vous ordonne

de me perdre et de vous trouver !

(Nietzsche, Ainsi parla Zarathustra)

 

Plutôt qu’une science ou un art, ou même un savoir-faire méthodologique, un professeur enseigne d’abord ce qu’il est, et son propre rapport au savoir.  Par lente imprégnation, bien sûr…  Décisif étant ici le rôle des affects, de ces liens de quasi-parentèle tissés entre un maître et ceux que l’on disait naguère ses disciples, voire - dans des domaines plus opératifs - ses apprentis.

 

Il n’empêche qu’il ne s’agit plus guère aujourd’hui, entre enseignants et apprenants, que de relations contractuelles, assorties de leurs fatidiques échéances.  Sinon peut-être dans l’enseignement privé qui – nul ne s’en étonnera - refuse du monde…  Quant à la plupart des jeunes, ne sont-ils pas désormais farouchement présentistes, ne pouvant s’imaginer comme simples maillons dans la chaîne des générations, persuadés qu’ils sont d’être au cœur de l’histoire, entre un passé définitivement obsolète - donc dépourvu de toute efficience didactique - et un futur parfaitement conjectural ?

 

Mais hélas pour eux, même si elle est réputée ne jamais « repasser les plats », l’histoire est foncièrement têtue.  « Le passé ne meurt jamais ; il ne passe même pas » disait William Faulkner* - et les déferlantes de l’avenir ne manqueront pas d’éternellement les surprendre.

 

À cet affligeant constat n’échappe certes pas l’enseignement de la musique.  De toutes nouvelles reliances sont-elles, pour autant, inconcevables ?  Promesse de futures et - pourquoi pas ? - flamboyantes déliances…

 

Francis B. Cousté

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*« The past is never dead ; it’s not even past. »

 

 


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La Folle Journée 2009 : « Bach, Buxtehude, Schütz », aux sources de la musique de Jean-Sébastien Bach.  Du vendredi 23 au dimanche 25 janvier, en Pays de la Loire.  Du mercredi 28 janvier au dimanche 1er février, à Nantes.  Renseignements : 7, rue de Valmy, 44000  Nantes.  Tél. : 02 51 88 36 36 www.follejournee.fr

 

Folle journée©LM Portefolio

 

À l’Académie des Beaux-Arts.  William Christie, chef d’orchestre d’origine américaine, fondateur du prestigieux ensemble des Arts Florissants, a été élu, le 12 novembre 2008 , au fauteuil précédemment occupé par le mime Marcel Marceau (section Membres libres).  Commentant le résultat de cette élection il a déclaré : « Devenir membre de cette illustre confrérie ne représente pas seulement le couronnement d’une carrière vouée à la musique et à la culture de ce pays.  C’est un honneur qui a aussi une grande signification pour tous ceux qui m’ont accompagné dans le mouvement de renouveau de la musique baroque ».

 

La Fondation Royaumont soutient, depuis longtemps, les nouvelles générations d’artistes.  Elle propose notamment des « formations professionnelles et résidences musique ».  Renseignements : Abbaye de Royaumont, 95370 Asnières-sur-Oise.  Tél. : 01 30 35 59 84 www.artisteroyaumont.com ou www.royaumont.com

 

La Médiathèque de la Cité de la musique est, pour l’information musicale, le 1er pôle de ressources, en France.  Renseignements : Cité de la musique – 221, avenue Jean-Jaurès, Paris XIXe. Tél. : 01 44 84 89 45 http://mediatheque.cite-musique.fr

 

©Pierre-Emmanuel Ratoin / Cité de la musique

 

Le « Forum Pédagogie » de l’Ircam est ouvert aux étudiants et aux enseignants des établissements d’enseignement général et conservatoires de musique.  Il permet d’accéder aux six programmes de MusiqueLab 1 (Hauteur et intensité, Polycycles, Construction rythmique, Échelles et modes, Nuages, Montage) et aux trois modules de MusiqueLab 2 (Maquette, Audio, Annotation).  Renseignements : 1, place Igor-Stravinsky Paris IVehttp://musiquelab.ircam.fr  / www.forumnet.ircam.fr / admin-forum@ircam.fr

 

La Cité de la musique met à l’honneur, cette saison, l’épopée indienne du Rāmāyana et choisit de mener un concept pédagogique, artistique et culturel avec l’École d’art musical « Un, Deux, Trois Musiques... » de Sion en Suisse, dont Nicole Coppey [notre photo] est la fondatrice.  Selon Chahinez Razgallah, responsable des concerts éducatifs de la Cité de la musique, « ce projet reste un événement exceptionnel.  La philosophie de l’école www.123musique.ch, qui est de décloisonner les disciplines artistiques, fait appel à des méthodes pédagogiques originales de transmission où la notion de plaisir est omniprésente ».  Vingt-sept étudiants suisses, enfants, adolescents et adultes participent aujourd’hui à un stage avec des professionnels de la Cité de la musique (travail sur gamelan, musiques du monde, steel drums, théâtres d’ombres & de marionnettes), cela afin d’acquérir les outils nécessaires à l’élaboration d’un spectacle qui sera parallèlement présenté, à Sion et à Paris, en juin 2009.

 

©Pierre-Emmanuel Ratoin / Cité de la musique

 

Musée Claude Debussy.  En la maison natale du compositeur sont régulièrement proposées des manifestations.  Renseignements : 38, rue au Pain.  78100 Saint-Germain-en-Laye.  Tél. : 01 34 51 05 12 www.ot-saintgermainenlaye.fr/patrimoine-et-culture/les-musees/musee-claude-debussy

 

BPI : nouveau site Web.  La Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou propose notamment : BiblioSés@me, réseau coopératif de réponses à distance.  Cliquer sur : www.bpi.fr

 

Environnement logiciel de l’Ircam pour la création musicale.  Ce stage intensif (72 heures de formation, du 15 au 30 juin 2009 ) est proposé à des compositeurs.  Formation dispensée en anglais.  Date limite de candidature : 3 avril 2009 Renseignements : 01 44 78 48 17 www.ircam.fr / info-pedagogie@ircam.fr

 

Classes à horaires aménagés musicales.  Le ministère de la Culture et de la Communication a chargé l’agence « La Terre est ronde » d’évaluer les conditions de mise en œuvre des nouveaux aménagements horaires des CHAM.  Renseignements : 33, rue Professeur-Morat, 69008 Lyon.  Tél. : 06 74 19 24 62 etude2008cha@gmail.com

 

Syndicat national de l’édition phonographique : Au cours des six premiers mois de l’année 2008, le marché de la musique enregistrée a accusé, en France, une baisse de 12 % - la progression du marché numérique (+56 %) ne compensant pas la chute du marché physique (-17,7 %).  Depuis 2002, le marché a perdu la moitié de sa valeur.  Renseignements : SNEP - www.disqueenfrance.com

 

Musical America 2009 Award Recipients : Yo-Yo Ma (Musician of the Year), Christopher Rouse (Composer of the Year), Marin Alsop (Conductor of the Year), Stephanie Blythe (Vocalist of the Year), The Pacifica Quartet (Ensemble of the Year).

 

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Un livre électronique consacré à Jean-Claude Risset.  Anne Veitl, 2008 : La chute des notesQuand Jean-Claude Risset métamorphosait l’acoustique et la musique (1961-1971).  126 p., 2Mo.  E-book téléchargeable gratuitement au format PDF : www.tscimuse.org/biblios/veitl/ebookjeanclauderisset.pdf

 

Conseil québécois de la musique.  Pour faire découvrir les artistes classiques québécois, leurs musiques et leurs passions, se développe la campagne « Adoptez un musicien ! ». Renseignements : 01 47 63 54 82. http://www.viva-concertino.fr ou www.cqm.qc.ca

La chanson française - de la fin du Second Empire aux années cinquante : www.chanson.udenap.org

 

Le Belge Gérard Mortier, actuel directeur de l’Opéra de Paris - récemment retoqué de sa candidature à la co-direction du Festival de Bayreuth - vient de présenter sa démission du poste de directeur du New York City Opera (NYCO) dont il devait prendre les rênes en septembre 2009.  Au motif de la réduction du budget d’icelui (passant de 60 à 36 millions de dollars).

 

Berklee College of Music ouvrira bientôt à Valence (Espagne) - pour le jazz, le rock et la pop - une « Music School of the Future ».  Renseignements : www.berkleevalencia.org

 

« L’Envol », l’esthétique du mouvement de la musique à la peinture.  Exposition d’œuvres récentes de Bénédicte Plumey, à la Fondation Dosne-Thiers (27, place Saint-Georges, Paris IXe.  Tous les jours, du 17 au 28 décembre 2008, de 13h à 20h).  Entrée libre.

 

Acousmatique.  À découvrir, sur : www.musique-acousmatique.com, les créations de notre collaboratrice Anne-Claude Iger.

 

 

Mondialization ! L’anglophone nigériane chanteuse Asa a remporté le Constantin Prize.  Renseignements : www.prixconstantin.com

 

Les enfants qui étudient la musique depuis au moins 3 ans… auraient de bien meilleures performances dans les tests cognitifs : http://www.msnbc.msn.com/id/27663240

 

Oreille absolue… Un stage consacré à son développement s’est tenu à Paris, du 22 au 30 novembre 2008.  Renseignements : Oriole Independant Artists.  Katja Keller : 01 39 55 02 27.  www.oreilleabsolue.mobi

 

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Orchestre de Paris.  Le 10 décembre, à 20h, Salle Pleyel : Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen, dir.  Christoph Eschenbach.  Les 17 & 18 décembre, à 20h, Salle Pleyel : Das klagende Lied de Gustav Mahler / Concerto pour violon de Richard Dubugnon (création mondiale), dir. Esa-Pekka Salonen.  Janine Jansen, violon.  Renseignements : 01 42 56 13 13 www.orchestredeparis.com

 

Hommage à Roger Calmel.  Pour commémorer le Xe anniversaire de la disparition du compositeur, dans la série « Images bibliques » (Radio Courtoisie, Paris 95.6), Édith Weber lui consacrera deux émissions :  le 7 décembre, de 11h à 12h : Requiem à la mémoire de Marie-Antoinette et extraits du Magnificat ; le 14 décembre, de 11h à 12h : L’Enfant Roi.  Seront donnés, en outre, le 20 décembre, à 19h30, en l’Auditorium Saint-Germain (4, rue Félibien, Paris VIe), de larges extraits de L’Enfant Roi, avec le concours du Chœur des Polysons, dir. Élisabeth Trigo.

 

« La Belle Époque » à la Sorbonne.  Amphithéâtre Richelieu, le mardi 9 décembre, à 21h, œuvres de : Cl. Debussy, A. Honegger, Fr. Poulenc, M. Ravel et J.-L. Petit.  Orchestre sous la direction de Jean-Louis Petit.  Renseignements : www.lyre-muses.fr

 

« Michaels Reise » de Karlheinz Stockhausen sera donné, les samedi 13 (20h30) et dimanche 14 décembre (15h30), au Théâtre MC 93 (1, bd Lénine, 93000 Bobigny).  Ensemble musikFabrik, dir. Peter Rundel.  Renseignements : 01 40 26 77 94 www.artention.info

 

« Captivités.  L’art aux prises avec les camps ».  Conçu par Pierre-Laurent Aimard, concert-lecture au Théâtre des Champs-Élysées, le lundi 15 décembre 2008 , à 20h.  Être sans destin d’Imre Kertész, Prix Nobel de littérature (Denis Podalydès, lecteur).  Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen (Pascal Moraguès, clarinette / Isabelle Faust, violon / Valérie Aimard, violoncelle / Pierre-Laurent Aimard, piano).  Renseignements : 15, avenue Montaigne, Paris VIIIewww.theatrechampselysees.fr/saison-detail.php?t=5&s=113

 

À L’Européen.  Le 1er décembre : Antonio Placer (musique du monde, jazz).  Le 2 décembre : Ben Kweller + Carrick (folk).  Le 5 décembre : Marcio Faraco (bossa-nova).  Le 8 décembre : Les Valseuses (chanson).  Le 9 décembre : Maxi Monster Music Show + Mariscal (cabaret-rock).  Tous les autres soirs, en décembre : « Le jazz fait son cirque » (humour musical).  Renseignements : L’Européen - 5, rue Biot, Paris XVIIe.  Tél. : 01 43 87 97 13 www.leuropeen.info

 

Hommage à Varèse.  Atelier-Studio du Gmem, le mardi 16 décembre : Octandre (Edgard Varèse), Cascando (Pascal Dusapin), Octophonie (Guy Reibel), Mavens immobilis (Mitru Ecalona-Mijares).  Ensemble « C. Barré ».  Renseignements : Gmem – 15, rue de Cassis, 13008 Marseille.  Tél. : 04 96 20 60 10 www.gmem.org

 

« Women in love » - avec Patricia Petitbon, soprano, et l’ensemble Concerto Köln - sera présenté au Palais de la Musique et des Congrès (Strasbourg, 16 décembre, 20 h30), à la Salle Gaveau (Paris, 19 décembre, 20 h30) et à la Galerie des Glaces (Château de Versailles, 22 décembre, 21 h).  Œuvres de Rigel, Mozart, Gluck et Haydn.  Renseignements : 01 40 26 77 94 www.artention.info

 

I went to the house but did not enter [notre photo], concert scénique de Heiner Goebbels, avec le Hilliard Ensemble.  Le jeudi 11 décembre, 20 h30, au Grand Théâtre de Provence/Aix-en-Provence.  Renseignements : 04 42 91 69 69 www.grandtheatre.fr

Mention légale © Klaus Gruenberg

 

Francis Cousté

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Serge PROKOFIEV : Pierre et le loup, op.67.  Arrangement pour piano : Bruno Schweyer.  Version française du texte : Renaud de Jouvenel.  Illustrations : Cécile Dalnoky.  Le Chant du Monde (31-33, rue Vandrezanne, Paris XIIIe.  Tél. : 01 53 80 12 30 www.chantdumonde.com) : réf. PN 2082.  18,50 €.

Assorti de judicieux conseils techniques pour l’interprétation de chaque leitmotiv, cet arrangement pour piano fera – n’en doutons pas – le bonheur de tout honnête pianiste.  Les séquences par trop ardues faisant, notamment, l’objet d’ingénieux ossia (passages simplifiés)…

 

Laurent GRYNSZPAN (Textes, paroles et musiques de) : À la Recherche des Étoiles.  Conte musical (pour chœur à deux voix, solistes, hautbois, violoncelle, contrebasse & piano).  À partir de 8 ans.  Partition piano/voix.  Taklit éditions (22, rue de Fleurus, Paris VIe.  Tél. : 01 45 49 11 42/52).  64 p.

La vie d’un seul enfant est en péril, et c’est l’histoire de toute l’humanité !  Basé sur l’histoire vraie d’une fillette juive (la mère du compositeur), sauvée en 1942 grâce à un inconnu qui, dans un train, la fit passer pour sa fille, ce poignant et merveilleux hymne à la liberté, la fraternité et la justice a été représenté à Paris, en 2007, avec le concours de 250 enfants de seize collèges de l’académie de Paris.  En voici enfin disponibles conducteur, parties séparées et, ici, la partition piano & chant.  Extraits sonores disponibles sur les sites : http://taklitpartitions.over-blog.com ou www.myspace.com/laurentgrynszpan1

Francis Cousté

 

FORMATION MUSICALE

B. J. VILLARD & P. KERSALÉ : La voix.  Thèm’Axe 2. 1vol. + 2CD. Lugdivine : réf. 1041. www.lugdivine.com

Ce volume est consacré à la voix dans toutes ses composantes, aussi bien la voix dans la musique occidentale que la voix dans les musiques du monde (du jodel pygmée à l’Opéra de Pékin), sans oublier le « chant par le biais d’un instrument ».  Bref, il s’agit d’un parcours très complet présenté avec beaucoup d’exemples et d’illustrations. Le premier CD est essentiellement consacré à des exemples. Le second contient également des fichiers PDF et des fichiers Midi qui rendent particulièrement facile et agréable l’utilisation de ce matériel pédagogique. Ajoutons qu’un DVD sur la voix, réalisé par Patrick Kersalé (réf. 7347), remarquablement réalisé, complétera le présent volume.

 

Anne-Marie GROSSER : Danses enfantines. Anthologie thématique de la chanson enfantine. 1livret, 1DVD.  Fuzeau : 6907.

Ces jeux chantés en Maternelle et en Primaire sont présentés sur un DVD très gentiment réalisé en situation réelle.  C’est plein de fraîcheur et de remarques pertinentes.

 

Anne-Marie GROSSER : Jeux de balle et jeux de corde. Anthologie thématique de la chanson enfantine. 1livret, 1DVD.  Fuzeau : 6908.

On retrouve les mêmes qualités dans cette autre réalisation qui a, comme la précédente, le mérite de transmettre des traditions très anciennes. On goûtera la présentation de l’auteur qui situe les différents jeux dans leur dimension historique ainsi que dans le développement moteur de l’enfant.

 

Marguerite LABROUSSE, Yann LIORZOU & Benoît MENUT : Chantons en F.M. Volume 1. 1vol. 1CD. Lemoine : HL 28 636.

Si on retrouve dans ce premier volume d’une nouvelle collection tous les éléments habituels en Formation musicale, il faut souligner combien la présentation et la gradation en sont pertinentes et logiques.  Chaque leçon est découpée en cinq chapitres : écoute, rythme (avec lecture de rythme et exercices de reconnaissance), notes (comprenant lecture, dictées, le son n’étant pas séparé du signe et, bien entendu, chant), théorie et activités (devoirs à faire à la maison).  L’originalité de cet ouvrage tient plus dans l’esprit qui l’anime que dans son contenu. On lira avec soin l’avant propos qui résume à lui seul toute la démarche. Il insiste, en effet, sur l’approche sensorielle qui doit précéder toute acquisition théorique. Les leçons mettent notamment l’accent sur la reconnaissance auditive des différents paramètres du son. Bien sûr, le CD, qui ne comporte pas moins de 94 plages, est un outil indispensable pour la mise en œuvre de ce volume.  Et remercions les auteurs d’avoir, contrairement à beaucoup d’autres, cité les grands pédagogues qui les ont inspirés : Maria Montessori et Maurice Martenot.  Au milieu des très nombreux manuels qui sont proposés, voilà un ouvrage qui mérite d’être particulièrement signalé.

 

PIANO

Claude DEBUSSY : Piano Pieces, a collection of 5 short piano solosUMP Classic Series. United Music.  Distrib. Leduc.

Nous trouvons dans ce recueil L’Isle joyeuse, Danse de la Poupée de La Boîte à joujoux, Prélude de L’enfant prodigue, Berceuse héroïque et Prélude de La Damoiselle élue. Il est difficile de trouver la logique de ce choix, sinon la brièveté des pièces.  Rappelons que le titre complet de la Berceuse héroïque est : Berceuse héroïque pour rendre hommage à S. M. le Roi Albert Ier de Belgique et à ses soldats, et qu’elle fut écrite en 1914.  Tel quel, ce recueil a le mérite de regrouper des pièces qui ne sont pas forcément les plus connues de l’auteur.

 

VIOLONCELLE

Patrick CHADAILLAT : Le Violoncelle enchanteur pour violoncelle & piano. Combre : C06514.

Conçu pour le premier cycle préparatoire, ce recueil propose quatre courtes pièces de caractères contrastés et qui ne manquent pas de charme.  La partie de piano n’offre pas une très grande difficulté et pourra être exécutée par un élève de bon niveau. Belle occasion de musique de chambre…

 

FLÛTE

Odette GARTENLAUB : Séquence pour flûte & harpe, ou flûte seule. Combre : C06577.

On connait Odette Gartenlaub pour son engagement sans faille dans la pédagogie de la Formation musicale. On la connait moins pour son œuvre de compositrice, et c’est bien dommage. Précisons tout de suite qu’il s’agit de deux versions d’une même pièce : la partition est livrée avec la version pour flûte & harpe et celle pour flûte seule.  Est-il nécessaire de dire qu’il ne s’agit pas d’une pièce pédagogique ? Cette séquence déploie le chatoiement des timbres des deux instruments dans un chant expressif et poignant qui se déploie parfois en volutes poétiques.  Souhaitons que cette pièce fasse le bonheur des duos flûte & harpe…

 

FLÛTE À BEC

Jean-Sébastien BACH : Quinze inventions à deux voix (BWV 772-786) pour deux flûtes à bec (alto et ténor).  Transcription : Jean-Claude Veilhan.  Leduc : AL 29 607.

Comment ne pas se réjouir de ces transcriptions ! Même si les tonalités d’origine n’ont pu être toujours respectées, on appréciera ce remarquable et fidèle travail qui permettra aux flûtistes à bec de s’initier à ces pages essentielles trop souvent considérées comme des exercices pour jeunes pianistes.  Il s’agit, certes, de pièces pédagogiques, mais on sait que pour Bach, le mot pédagogique n’a jamais été synonyme de musique « au rabais ».  Pensons aux quarante-cinq chorals du Petit livre d’orgue ! Souhaitons que beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) instrumentistes inscrivent à leur répertoire ces transcriptions totalement respectueuses de l’original.

 

Étienne ROLIN : Sky over roots, pour flûte à bec solo. « La flûte à bec contemporaine ». Combre : C06495.

Ce diptyque, dont le titre peut se traduire par « Le ciel au-dessus des racines » met en œuvre deux flûtes : l’alto pour la première partie, et le ténor pour la seconde. L’auteur revendique une forte référence à l’Afrique noire et au jazz.  Applaudissons à sa conclusion : « Il est grand temps de reconnaître que la flûte à bec peut défendre les couleurs de la musique de notre temps… ».  L’œuvre demande un niveau de troisième cycle.

 

Étienne ROLIN : Aude pour la Nouvelle Orléans pour flûte à bec & clavier. « La flûte à bec contemporaine ». Combre : C06494.

Il s’agit cette fois d’un triptyque inspiré par les événements dramatiques qui ont submergé la ville phare de la Louisiane.  Les trois parties sont jouées successivement par l’alto, le ténor et la basse. La partie de clavier sera jouée de préférence par un clavecin, mais on peut la jouer aussi au piano ou à l’accordéon. Oscillant entre l’esprit blues et l’articulation baroque, cette pièce de niveau deuxième cycle est pleine de charme et de nostalgie.

 

CLARINETTE

Michel CHEBROU : Le temps des souvenirs, pour clarinette en sib & piano. Lafitan : P.L.1705.

Cette jolie pièce un peu nostalgique donnera au jeune clarinettiste l’occasion de montrer ses qualités de phrasé et de sensibilité ainsi qu’une certaine aisance rythmique.  Beaucoup de poésie dans ce Temps des souvenirs.

 

Marcel JORAND : Menuet du roi pour clarinette en sib & piano. Lafitan : P.L.1665.

Il n’est pas si facile d’écrire des pièces intéressantes pour débutant. C’est pourtant ce que propose Marcel Jorand. Cette pièce évocatrice crée une ambiance plaisante et gracieuse à souhait.

 

Philippe SAGNIER : Sicilienne I, pour clarinette en sib & piano. Lafitan : P.L.1729.

Cette pièce joliment modulante n’est pas sans difficultés d’intonation et de rythme.  Mais elle est bien agréable et chantante, et permettra un travail très intéressant de mise en place avec le piano.

 

PERCUSSIONS

Jacky BOURBASQUET & Claude GASTALDIN : Drum Session 12.  29 pièces pour batterie. Leduc : 1vol. AL 30 439 / 1CD AL 30 440.

Bien que comportant des références différentes, volume et CD sont évidemment inséparables. Préparatoire au travail en orchestre, cet ouvrage se présente comme un complément indispensable à l’enseignement traditionnel de l’instrument.  L’examen des partitions et l’écoute du CD viennent justifier pleinement ce propos. Complète le répertoire de pièces publiées aux mêmes éditions.

 

Bruno LESCARRET : 15 tableaux, pour vibraphone ou marimba avec play-back. 1CD. Musique de genre.  Combre : C06468.

Sans qu’il y ait véritablement recherche d’une progression technique méthodique, les premières pièces peuvent s’adresser à des débutants alors que les dernières sont pour des exécutants plus expérimentés.  Il s’agit en fait de trois ensembles de cinq pièces : la première partie s’intitule Cinq saynètes médiévales, la deuxième, Cinq portraits fantaisistes, et la dernière, Cinq esquisses urbaines.  On passe ainsi de l’écriture modale à l’écriture classique et enfin à la gamme par tons. On ne s’ennuie pas avec ces compositions aussi variées qu’originales. Les accompagnements sont divers : piano, orgue, autres instruments & percussions… Le CD, plein de vie et d’optimisme, autant que de vraie musique, donne à la fois la réalisation finale et le play-back.

 

MUSIQUE D’ENSEMBLE

Jean KLEEB : Tango.  11 arrangements pour instrumentation variable.  Bärenreiter : BA 7669.

On sait combien ces arrangements sont recherchés par tous ceux qui, dans des conservatoires ou des associations, dirigent des formations souvent hétéroclites.  Ici nous sont proposés deux « dessus » et une basse, plus un piano.  Les parties de dessus sont fournies en do, sib et mib. Parmi les tangos proposés, on trouve notamment le célèbre Adiós muchachos ! Il y a, parmi les 11 arrangements, une surprise : un tango pour chœur mixte a cappella, de Jean Kleeb lui-même, de la meilleure venue. Voilà un tango qui devrait faire chavirer bien des… chœurs !

 

Claude WORMS : Maestros clásicos de la guitarra flamenca. Volume 3 : Victor Monge « Serranito ». 1vol. 1CD. Combre : C06552.

Né à Madrid en 1942, Victor Monge « Serranito » est l’un des trois grands maîtres de la guitare flamenca contemporaine.  Les quatorze œuvres présentées ici ont été choisies pour leur diversité et le panorama qu’elles offraient de l’évolution esthétique de l’auteur.  Les transcriptions sont évidemment faites avec le plus grand soin. On pourra s’en rendre aisément compte puisque toutes les pièces figurent sur le CD qui regroupe des enregistrements de Victor Monge s’étendant de 1960 à 1988.

 

Gabriel FAURÉ : Pavane op.50. Transcription pour violoncelle & guitare de Joaquim de Sousa-Antunes.  Hamelle (distr. Leduc) : HA 9736.

On ne peut que se réjouir d’une transcription comme celle-ci réalisée avec autant de soin que de goût.  Souhaitons cependant que les interprètes ne se laissent pas trop aller à donner à cette pièce si connue un caractère trop sentimental : rappelons combien il y a d’ironie dans le propos de cette œuvre initialement écrite avec chœur…

 

Jacques BALLUE : Sur les rives - Kora, pour hautbois, clarinette & guitare. Combre : C06543.

Kora fait partie d’une suite intitulée Sur les rives. La kora est une harpe luth africaine faite d’une moitié de calebasse tendue d’une peau et d’un long manche muni de 6 à 21 cordes. On appréciera tout particulièrement la poésie de cette pièce commandée à un compositeur connu par ses talents dans tous les domaines, aussi bien en jazz qu’en classique, et créée en 2002 à Agen dans le cadre du festival « La Guitaromania ».

 

Claude-Henry JOUBERT : Une journée mouvementée ! Six quatuors pour 3 clarinettes principales & un instrument invité. Combre : C06519.

L’ensemble est de niveau 1er cycle.  Les invités sont successivement : une flûte traversière, un saxophone alto, une caisse claire, une guitare, un cornet et un violon.  On ne s’étonnera pas, connaissant leur auteur, si ces pièces, au demeurant fort plaisantes et agréables sont également pleines d’humour.  Ni les élèves ni leur professeur ne risquent de s’ennuyer ne serait-ce qu’un instant.  À déguster sans modération !

Daniel Blackstone

 

 



Pierre BOULEZ, Henri LOYRETTE, Marcella LISTA : Pierre Boulez : œuvre/fragment.  Dessins, partitions et textes choisis.  Gallimard/Musée du Louvre éditions.  Volume relié cartonnée, 18,5 x 25,5 cm, 160 p., ill. n&b et couleurs, DVD (TT : 142’). 42 €.

Admirable ouvrage-catalogue pour une exposition hors du commun.  Où le compositeur Pierre Boulez a réuni – à la demande d’Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre – de nombreux dessins (Ingres, Picasso, Brancusi, Giacometti, Beuys), peintures (Degas, Delacroix, Cézanne, Klee, Picasso, Kupka, Kandinsky) et manuscrits autographes de partitions (Wagner, Webern, Bartók, Stravinski, Varèse, Berio, Ligeti, Boulez).  Se confondant avec la trajectoire de l’artiste, l’image de l’œuvre infinie traverse en filigrane toute la pensée de Boulez.  En témoignent ici quatre textes majeurs : « Fragment : entre l’inachevé et le fini » (Pierre Boulez), « Œuvre : fragment » (Henri Loyrette), « Dialogue Pierre Boulez et Henri Loyrette » (propos recueillis par Johannes Wetzel), « Esquisse, fragment et modernité : un parcours de Pierre Boulez » (Marcella Lista).  L’ouvrage est accompagné d’un DVD incluant Éclats de P. Boulez (dir. Frank Schaeffer) et le célèbre documentaire sur Incises, écrit et réalisé par Andy Sommer et Hélène Jarry.

 

Véronique PUCHALA : Pierre Boulez : À voix nue.  Symétrie (www.symetrie.com).  20 x 20 cm, 164 p., ill. n&b, 2CDs. 29 €.

Dans le prolongement de ses cinq entretiens avec Pierre Boulez (émission À voix nue, France Culture, avril 2005), Véronique Puchala a ici regroupé textes et photos inédites autour de cinq thèmes : L’écoute (« Messiaen insistait beaucoup sur l’oreille… »), Le regard (« Il n’y a pas d’évidence sans émotion, ni d’émotion sans évidence… »), Le geste (« Si vous avez une idée précise de ce que vous voulez entendre, le geste viendra. »), La voix (« Mon travail avec les Renaud-Barrault m’a beaucoup aidé quand j’ai abordé l’opéra. »), L’Autre (« La recherche de l’Autre n’est pas une recherche ciblée. ».  Dans les CDs sont proposés : Notations I et II + …Explosante fixe… (L’écoute), Notations IV + Messagesquisse (Le regard), Notation VIII + Répons (Le geste), Pli selon pli + Le marteau sans maître (La voix), Notations X et XII + Anthèmes II (L’Autre).

 

« Sons et musique.  De l’art à la science », n°373.  Numéro spécial de la revue Pour la Science (8, rue Férou, Paris VIe.  Tél. : 01 55 42 84 00.  www.pourlascience.com).  21 x 28,5 cm, 160 p., ill. couleurs, schémas, ex. mus.  6,50 €.

Tandis qu’au sein du Quadrivium, l’antiquité grecque incluait la musique (auprès de l’arithmétique, de la géométrie et de l’astronomie), la science moderne ne s’est plus guère intéressée qu’à l’organologie.  Les neurosciences se penchent aujourd’hui sur les musiciens eux-mêmes - praticiens ou simples mélomanes.  Et c’est ce qui fait l’intérêt majeur de la présente édition française du prestigieux magazine Scientific American.  Où il est notamment traité des Sciences cognitives : Entendre dans un monde virtuel (ouverture à de nouvelles thérapies des troubles psychiatriques et perceptifs) / L’organisation des sons, de l’illusion à la perception (les illusions sonores éclairent la façon dont le cerveau analyse une scène auditive) / La musique, un langage universel ? (même un auditeur non musicien est expert en perception musicale) / Les émotions musicales (constituées, à des degrés divers, de quatre émotions fondamentales : colère, sérénité, désespoir, gaîté).  Où ne sont pas moins abordés les domaines de la Physique (Faire vibrer l’air avec une corde / Les cuivres : le son et la forme / Le rythme des anches / De la bouche artificielle au musicien artificiel) et des Mathématiques & informatique (Instruments de musique virtuels / Représentation des sons musicaux / Indexation de la musique / Musique mise en algèbre / Spatialisation du son).

 

Musique, Architecture.  Rue Descartes n°56, revue du Collège international de philosophie.  PUF (www.puf.com).  17 x 21 cm, schémas & illustrations n&b, 15 €.

Peut-on dire que la musique construit une écoute comme le tableau construit un regard ?  C’est à partir de cette question que le présent numéro interroge le rapport entre musique et architecture, prolongeant ainsi une journée d’études, organisée au CIPh en 2005, à laquelle participaient des architectes, philosophes, compositeurs, danseurs, acousticiens : Jean Attali (Nouvelle philharmonie à Brême), Olivier Balaÿ (Espace sonore de la ville au XIXe siècle), Carlotta Darò (Détournement des propriétés solides de l’architecture), Jehanne Dautrey (Collaboration entre Renzo Piano & Luigi Nono), Étienne Feher (Concert à chœur ouvert), Jac Fol (Du cas d’espace à l’œuvre), Cécile Le Prado (L’espace comme révélateur d’écriture), Alexis Meier (Diagrammes, architecture, musique), Angelin Preljocaj & Olivier Assayas (Danser dans les failles de la musique), Marco Stroppa (Accorder musicalement espace réel & espace inventé), Olivier Warusfel (De l’acoustique virtuelle à la réalité virtuelle)…

 

Sophie GOSSELIN & Franck CORMERAIS (Sous la direction de) : Poétique(s) du numérique.  « L’électron musagète », L’Entretemps (www.editions-entretemps.com).  15 x 21 cm, 184 p., schéma et photos n&b.  19 €.

Issu d’un colloque organisé à Nantes en 2006, cet ouvrage propose une approche critique des mutations engendrées par les outils numériques (Internet, systèmes interactifs, télématique, dispositifs évolutifs et/ou distribués…) en même temps qu’une mise en perspective des ouvertures rendues possibles (pratiques en réseau ou collaboratives).  Ouvrant ainsi la voie à une reconfiguration de l’espace social & politique - future « po(é)litique »…

 

Xavier BISARO, Giuliano CHIELLO & Pierre-Henry FRANGNE : L’ombre de Monteverdi.  La querelle de la nouvelle musique (1600-1638).  « Aesthetica », Presses universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr).  17 x 21 cm, 220 p., ex. mus., 18 €.

Nous est ici proposée, annotée et commentée, la première traduction française du célèbre traité que fit paraître à Venise, en 1600, le chanoine Artusi : L’Artusi, ou des imperfections de la musique moderne.  Sans que soit jamais cité le nom de Monteverdi, il n’est pas moins évident que ce texte fait constamment référence aux théories et à l’œuvre du musicien.  Nous voilà ainsi au cœur de la fameuse querelle qui opposa les anciens, dont notre chanoine, aux tenants de la seconda prattica, dont le projet est ici remarquablement explicité.  Bibliographie, index nominum.

 

Jean DURON (Textes réunis par) : La naissance du style français (1650-1673).  « Regards sur la musique », Mardaga (www.mardaga.be).  14,5 x 22 cm, 192 p., ill. n&b, ex. mus. 25 €.

Sous la houlette du savant directeur des éditions du Centre de musique baroque de Versailles, spécialiste de l’époque de Louis XIV, voici regroupées de passionnantes études sur les musiques de compositeurs au style reconnaissable entre tous : Lully, Du Mont, Robert, Lambert, Louis Couperin, Nivers.  Et sur les moyens de leur interprétation : effectifs, contrepoint, composition, théorie…  Six grands chapitres : Les nouveaux canons de la musique française (Jean Duron), Quelques réflexions sur la naissance du style français de clavecin (Olivier Baumont), Le théâtre français et le « partage du chant » (Bénédicte Louvat-Molozay), Genèses du grand motet (Thierry Favier), Le style des « vingt-quatre violons » et les premières compositions du jeune Lully (Gérard Geay), Le petit chœur dans les grands motets pour la première chapelle, 1660-1683 (Thomas Leconte).  Bibliographie, index nominum.

 

Sylvie BOUISSOU : Vocabulaire de la musique baroque.  Nouvelle édition augmentée.  « Musique ouverte », Minerve (www.editionsminerve.com).  15 x 21 cm, 254 p., ex. mus., ill n&b. 23 €.

S’il est une expression qui prête à controverse, c’est bien celle de « musique baroque » - employée dans des acceptions différentes, voire rejetée, selon les sensibilités et les pays.  Dans cette nouvelle édition augmentée (de termes notamment étrangers), musiciens, étudiants et mélomanes trouveront – de A cappella à Zarzuela – réponses concises à leurs interrogations.  D’utiles « Voir aussi… » concluent la plupart des notices, renvoyant vers d’autres entrées.

 

Stéphane BARSACQ : Johannes Brahms.  Préface d’Hélène Grimaud.  « Classica », Actes Sud.  10 x 19 cm, 180 p., 16 €.  Livre lyriquement fraternel plutôt qu’ouvrage de musicologue – mais l’œuvre de Brahms n’a-t-elle pas déjà donné lieu à toutes les exégèses ? Comme à l’ordinaire de cette collection, le volume est enrichi d’une chronologie, d’une bibliographie, d’une discographie commentée et d’un index.

Philippe HERREWEGHE (Sous la direction de) : Anton Bruckner.  « Classica », Actes Sud.  10 x 19 cm, 192 p., ex. mus., 20 €.  Rien moins que pléthorique est la bibliographie brucknérienne en français.  Aussi ce petit volume est-il singulièrement bienvenu : où le célèbre chef d’orchestre Philippe Herreweghe, auteur de l’avant-propos (« Un monde magique »), a rassemblé des textes déjà parus dans diverses revues et d’autres tout nouveaux, choisis pour leur pertinence.  Il y est notamment traité de la carrière viennoise du compositeur et de la réception de ses œuvres, d’hier à aujourd’hui.  Annexes : tableau synthétique des diverses versions des symphonies / repères biographiques, bibliographiques & discographiques / index rerum et nominum.

 

Lionel MARCHETTI : La musique concrète de Michel Chion.  Suivi d’un entretien de Michel Chion avec Christian Zanési.  Préface de François Bayle.  Éditions Metamkine (50, passage des Ateliers, 38140 Rives.  Tél. : 04 76 65 27 73).  15 x 21 cm, 318 p., ill. n&b. 10 €.

Ni biographie ni étude exhaustive de l’œuvre, il s’agit là d’un essai sur ce qui, du « donné à entendre » par le compositeur, est en réalité « entendu » par l’auditeur.  Qu’est-ce, en outre, qu’enregistrer un son, qu’un « tournage sonore » ? En quoi cet acte est-il à même de bouleverser nos percepts ? Quid des conditions d’un possible surgissement poétique ?  À ces questions, la musique de Michel Chion propose des réponses.  Chronologie et catalogue des œuvres.

 

Bernard WODON : Histoire de la musique.  « In Extenso », Larousse.  14 x 21 cm, 480 p.  26 €.

Visant à être « le guide éclairé des mélomanes », cette nouvelle Histoire de la musique est, en quelque sorte, un heureux abrégé des récents classiques du genre – ouvrages notamment de Gérard Denizeau (Guide de la musique, une initiation par les œuvres, Larousse 2005), d’Ulrich Michels (Guide illustré de la musique, Fayard 1990) et de Jean-Noël von der Weid (La musique du XXe siècle, Hachette 2005).  Divisions de l’ouvrage : La musique avant l’an 1000, La musique du Moyen Âge (1000-1400), La musique de la Renaissance (1400-1600), La musique du Baroque (1600-1700), La musique du Baroque finissant (1700-1750), La musique du préclassicisme (1750-1770), La musique du classicisme (1770-1800), La musique du romantisme (1800-1850), La musique des écoles nationales (1850-1900), La musique moderne (1900-1950), La musique contemporaine (1950-2007).  Toujours judicieusement circonstanciée, cette superbe synthèse devrait être, pour le plus large public, un vade-mecum.

 

Jean-Yves BOSSEUR : La musique du XXe siècle à la croisée des arts.  « Musique ouverte », Minerve (www.editionsminerve.com).  15,5 x 23 cm, 252 p.  24,50 €.

Où sont décrites les relations entre musique et autres disciplines artistiques, mais aussi les relations – ô combien prégnantes aujourd’hui… - entre pratiques savantes et populaires : problématique notamment de l’improvisation et ordinaires cloisonnements entre création & diffusion de la musique…  Sont successivement traités : Entre musique et texte dans la création contemporaine / De la musique au texte / Image cinématographique et figuration musicale (« La conjonction Hitchcock-Herrmann »…) / Musique et arts plastiques / Musique, espace et architecture / Le rythme entre danse et musique / Composer avec des identités culturelles / L’improvisation, de l’apprentissage à la pratique.  Un utile arrêt sur image.

 

Jean-Jacques NATTIEZ : Lévi-Strauss musicien.  Essai sur la tentation homologique.  Actes Sud.  11,5 x 21,5 cm, 242 p., ex. mus., 23 €.

Sous la plume de l’un des pionniers de la sémiologie musicale, professeur à l’université de Montréal, déjà auteur d’un Proust musicien, voilà une étude consacrée à celui qui considère que « la musique, suprême mystère des sciences de l’homme, (…) ose aller plus loin que les autres arts, tant du côté de la nature que de la culture » et qu’il y eut toujours relation homologique entre musique et mythe.  Cernant le rôle fondamental de la musique dans la somme théorique et méthodologique du célèbre anthropologue, Jean-Jacques Nattiez établit un bilan admirativement critique de l’œuvre, non sans souligner quelques contradictions - notamment dans les perspectives homologiques.

 

Claude Vivier, vingt-cinq ans après.  Une introspection.  Revue Circuit, Musiques contemporaines (vol. 18, n°3).  Les Presses de l’Université de Montréal (www.revuecircuit.ca).  21,5 x 23 cm, 138 p., ex.  mus., ill. n&b. 28 $ CA.

Essentiellement dédié au compositeur québécois, décédé à Paris en 1983, ce numéro de la prestigieuse revue Circuit propose Voyage au bout de l’œuvre : Prologue (Jonathan Goldman), Introduction à Kopernikus, réflexions autour du sacré (Louise Bail), Travelogue pour un Marco Polo (Stephen Rogers) / Enquêtes sur : Pulau Dewata, des arrangements raisonnables ? (Fabrice Marandola), Comment Vivier passe-t-il d’un style à l’autre ? (Martine Rhéaume), Élaboration du matériau musical dans les dernières œuvres vocales (Patrick Levesque) / Cahier d’analyse : Siddhartha de Cl. Vivier, K. Stockhausen, la nouvelle simplicité et le râga (Jean Lesage).  Plus les rubriques d’actualité. 

 

Colette BOKY : Le chant d’une femme, biographie (avec la collaboration de Mireille Barrière).  Triptyque (www.triptyque.qc.ca).  15,5 x 23 cm, 356 p., photos n&b.  17,38 €.

Qui aurait pu imaginer que Colette Boky, célèbre mannequin, deviendrait, dans les années 60, l’une des plus célèbres cantatrices du temps ?  « Reine de la nuit » au Met, en 1967, elle mena ensuite une carrière internationale, aux côtés de Tebaldi, Sutherland, Corelli, Domingo, Pavarotti…  Depuis 1980, elle enseigne le chant au département Musique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle dirige l’Atelier d’opéra.  Cet ouvrage permet de mieux découvrir, derrière la diva, la femme - compagne du comédien et metteur en scène Jacques Létourneau - aussi bien que la mère et la grand-mère.

 

Daniel PAQUETTE : Entretiens-Mémoires. Avec Jean-Louis Orengia.  Série « Témoignages », n°2.  « Observatoire musical français », Université de Paris IV-Sorbonne.  Distrib. Zurfluh (www.zurfluh.com. Tél. : 01 46 60 50 28 ).  14,5 x 21 cm, 128 p., ill. n&b, ex. mus.  7 € (+ port).

Manière de « Mélanges », ce petit volume rend un juste hommage à celui qui enseigna plus de vingt ans à l’Université Lyon 2/Louis Lumière, mais aussi à l’éminent compositeur, chef d’orchestre, musicologue et plasticien.  Quatorze témoignages d’anciens étudiants et/ou amis parfont l’émouvant portrait d’un homme dont l’érudite simplicité et l’humour forcèrent toujours la fervente sympathie de ceux qui eurent le bonheur de l’approcher.

 

Louis OSTER & Jean VERMEIL : Guide raisonné et déraisonnable de l’opérette et de la comédie musicale.  Fayard.  15,5 x 23,5 cm, 718 p., 26 €.

Volontiers impertinent, sans toutefois perdre de sa pertinence, ce guide - quasiment exhaustif sur le sujet - ne manquera pas de séduire les nostalgiques de l’un ou l’autre genre, non moins que ses plus enthousiastes prosélytes.  Les auteurs sont classés par ordre alphabétique ainsi que, dans les chapitres ad hoc, pas moins de 150 ouvrages lyriques.  En annexes : Biographies (développées), Orchestrations (fluctuantes selon les périodes), Références bibliographiques générales, Table des œuvres.  Un ouvrage sans précédent.

 

Philippe GUMPLOWICZ : Le roman du jazz.  Troisième époque : les modernes.  Fayard. 15,3 x 23,7 cm, 502 p., 24 €.

Éminent spécialiste des musiques populaires et, notamment, du jazz (il enseigne à l’Université de Bourgogne et à l’EHESS), Philippe Gumplowicz publie, chez Fayard, le 3e volume d’une somme qui fera désormais référence.  Entre histoire et fiction, l’auteur fait alterner analyses de la floraison des styles (be-bop, cool, hard bop, free jazz) et des talents (Parker, Gillespie, Davis, Coltrane, Getz…), assorties des témoignages imaginaires de Ferd Davis (oncle de Miles) et de Melvin Goldberg (émigré d’Allemagne).  En six chapitres tumultueux et passionnants : Outblowing / La rue qui ne dormait jamais / Un oiseau de toutes les couleurs / Cool / Hard Times / My Favorite Things

 

Jann S. WENNER (Sous la direction de) : Lennon Remembers.  L’interview inédite.  Avant-propos de Yoko Ono.  Éditions White Star (www.ed-whitestar.fr).  Reliure souple sous jaquette.  15 x 23 cm, 153 p., 2 cahiers de photos n&b et couleurs.  16,50 €.

Jusqu’à présent inédite en France, cette interview légendaire, accordée en 1970 à celui qui était alors le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, montre un Lennon assurément désabusé après la séparation des Beatles, mais d’une incroyable acuité dans ses auto-analyses, le récit de la genèse de ses propres textes, son rapport à la drogue et ses opinions sur des collègues musiciens - notamment Bob Dylan et les Rolling Stones.  Étant fort optimiste quant à son avenir auprès de Yoko Ono…  Magnifiques photos.

 

Bob DYLAN : Lyrics, Chansons 1962-2001.  Traduit de l’anglais (États-Unis) par Robert Louit & Didier Pemerle.  Fayard.  28 x 28,5 cm, 464 p., ill n&b, 38 €.

Pour les innombrables fans français de Bob Dylan, voici enfin, en édition bilingue, tous les textes de ses chansons, depuis son premier album Bob Dylan (1962) jusqu’à Love and Theft (2001).  Du blues à Broadway, de la country au Brill Building, via la Bible et les murder ballads (héritées d’Angleterre, d’Écosse ou d’Irlande), Bob Dylan aura tout retenu et métamorphosé.  En témoigne ce monument éditorial (lyrics de 28 albums), magnifiquement traduit.

 

Jean-Pierre FILIU : Jimi Hendrix, le gaucher magnifique.  Essai.  Mille et une nuits/Fayard.  12,5 x 19 cm, 212 p., 14 €.

Depuis la naissance à Seattle (27 novembre 1942) jusqu’à la mort à Londres (19 septembre 1970), voilà le récit d’une vie fulgurante et lumineuse.  Où l’auteur n’est pas sans céder à la propension hagiographique commune à la plupart des biographes du guitariste d’Electric Ladyland – éludant quelque peu ses démêlés avec la Mafia et les Panthères noires.  Un plaisant vade-mecum, au demeurant…

 

Mark BLAKE : Pigs might fly.  L’histoire cachée de Pink Floyd.  Traduit de l’anglais par Frédéric Valion.  Tournon (www.editionstournon.fr).  15 x 24 cm, 512 p., cahier de photos quadri.  25 €.

Assurément l’un des plus énigmatiques groupes que le rock aura vu fleurir !  Qui furent vraiment Syd Barrett et Richard Wright ? Qui sont aujourd’hui Roger Waters, Nick Mason, David Gilmour ?  Par un célèbre critique anglais (www.markrblake.com), l’histoire d’un groupe de légende…

 

François BON : Rock’n roll. Un portrait de Led Zeppelin.  Albin Michel.  14,5 x 22,5 cm, 386 p., 20 €.

Quarante ans après ses débuts (1968), la réputation des musiciens de Stairway to Heaven (www.ledzeppelin.com) demeure intacte.  Le groupe anglais ne fascine-t-il pas également toutes les générations ?  C’est ce prodigieux itinéraire que retrace ici François Bon (déjà heureux auteur de monographies consacrées à Bob Dylan et aux Rolling Stones).

 

Florent MAZZOLENI : Les racines du rock.  Hors Collection (www.horscollection.com).  19 x 26 cm, 224 p., ill. n&b et couleurs. 29,90 €.

Après L’Odyssée du rock, histoire du rock de 1954 à 2004, Florent Mazzoleni retourne aux sources de cette musique : prémices (années trente), influences musicales (boogie-woogie, rhythm’n’blues, country) et contexte politique (tensions raciales) qui auront permis son éclosion, le 5 juillet 1954, lorsque Elvis Presley enregistra That’s All Right, Mama.  Superbe iconographie.

 

Éric DESHAYES & Dominique GRIMAUD : L’underground musical en France.  « Formes », Le Mot et le Reste (www.atheles.org/lemotetlereste).  14,8 x 21 cm, 350 p., ill. n&b, 23 €.

Plutôt que de défricher - tâche ingrate et souvent injuste -, les auteurs ont ici choisi de révéler la fertilité d’un mouvement qui, né en mai 68 et s’inspirant de la contre-culture psychédélique & du free-jazz, visait à rejeter institutions politiques et pratiques du show-business.  Problématiques qui n’ont assurément rien perdu de leur prégnance, aujourd’hui…  Quelques noms de ces groupes aux tendances plus ou moins libertaires, revendicatives et expérimentales : Barricade, Art Zoyd, Gong, Maajun, Magma, Komintern, Lard Free, Crium Delirium, Camizole, Étron fou/Leloublanc, Lard Free…

 

La collection « Entre deux » des éditions Mômeludies (émanation du Centre de formation des musiciens intervenants de l’Université Lumière-Lyon 2.  Tél. : 04 78 29 07 21.  http://lesla.univ-lyon2.fr) constitue son catalogue d’ouvrages [14,5 x 18 cm, 64 p., 10 €] :

Lionel MARCHETTI : L’idée de tournage sonore.  Lettre à un étudiant.  Composer avec des sons enregistrés, c’est façonner des identités, tant au moment de la composition qu’à celui de l’enregistrement.

Gérard AUTHELAIN : Inventer sa musique.  Quid des enjeux de la dynamique créée lorsque, à l’occasion d’un spectacle d’enfants, il est annoncé que ceux-ci sont les auteurs du « donné à voir et à entendre ».

Laëtitia PAUGET & Alain GERBER : Sons d’école.  Musique électroacoustique en Primaire : des enfants s’ouvrent au monde et l’écoutent, analysent, structurent et passent leurs émotions au filtre de leur imaginaire.

          

 

Jean BOUCHON : Enseigner le piano… un défi au quotidien.  Préface & entretien : Augustin Scali.  Éditions Contre-Chant (7bis, rue Barla, 06300 Nice. Tél. : 04 93 26 60 71 . academie.de.musique@cegetel.net).  14,7 x 21 cm, 234 p., ex. mus., 22 €.

Sous le terme générique « enseigner », se cache un plaidoyer pour une pédagogie active dans laquelle chaque élève est un être à découvrir, à construire et à guider sur le chemin de sa propre révélation.  Enseignant le piano depuis une trentaine d’années à l’Académie de musique de Nice, Jean Bouchon, orfèvre en la matière, a déjà publié de nombreux ouvrages didactiques.  Deux grandes parties composent ce nouvel ouvrage : « Une relation à construire » et « Le cours »..  Un entretien avec le psychologue Augustin Scali clôt cet ouvrage qui - n’en doutons pas - interpellera toute personne ayant eu, un jour, à enseigner le piano – voire quelque autre instrument.

 

Gilles VERLANT : Brel par Leloir.  Préface de France Brel.  Fetjaine (www.fetjaine.com).  Album cartonné sous jaquette, 26 x 28,5 cm, 128 p., photo n&b et couleurs.  29,90 €.

S’il n’était – à l’occasion du 30e anniversaire de la disparition du chanteur – qu’un seul album à vous offrir, que ce soit celui-là !  Le cher Jean-Pierre Leloir, en effet, photographe de tous les artistes musiciens, aura suivi - quinze années durant - la carrière de son ami Jacques Brel, et ainsi réalisé le plus riche album de photos qui se puisse imaginer.  Documents extraordinairement vivants, émouvants, accompagnés d’anecdotes révélatrices…  Avec, bien entendu, la mythique série de photos prises le 6 janvier 1969, réunissant Brel, Brassens et Ferré…  Magnifique !

 

Jacques CANETTI (1909-1997) : Mes 50 ans de chansons françaises.  Flammarion.  Relié sous jaquette, 24 x 27 cm, 176 p., ill. n&b et couleurs, 1CD, 39 €.

Génialement intuitif découvreur de talents, quelles vedettes - chanteurs, comédiens ou humoristes - Jacques Canetti n’aura-t-il pas lancées, dans son petit théâtre des Trois Baudets ? À son palmarès, il n’est que de citer : Brassens, Brel, Béart, Leclerc, Mouloudji, Salvador, Lapointe, Vian, Gainsbourg, Gréco, Escudero, Nougaro, Sylvestre, Higelin, Fontaine… Magali Noël, Jeanne Moreau, Reggiani… F. Raynaud, R. Devos, P. Dac & Fr. Blanche, D. Cowl, J. Yanne…  S’inspirant du livre de souvenirs de leur père, Cherche jeune homme aimant la musique (Calmann-Lévy, 1978), les enfants de Jacques Canetti nous en livrent aujourd’hui une version augmentée et actualisée, sous forme d’un album illustré de plusieurs centaines de documents rares ou inédits.  En quatre parties : Mes débuts (1909-1939), La guerre (1939-1945), La période des Trois Baudets (1947-1967), Les chemins de la liberté (1962-1997).  Le CD propose vingt interviews inédites où Jacques Canetti raconte (ou s’entretient avec) Brassens, Brel, Reggiani, Signoret, Leclerc, Piaf, Vian…

 

Rosita BOISSEAU : Panorama de la danse contemporaine.  100 chorégraphes.  Textuel (www.editionstextuel.com).  Nouvelle édition.  17 x 23 cm, 705 p., 750 documents quadri.  59 €.

Belle est ici la part faite à la France (où l’on dénombre quelque 500 compagnies de danse), mais aussi aux États-Unis, à l’Angleterre, à l’Allemagne, aux Pays-Bas, au Japon, à l’Afrique du Sud… Journaliste, critique au Monde et à Télérama, Rosita Boisseau nous livre - dans la nouvelle édition de cette « bible » - les portraits complices de 100 des plus grands chorégraphes de notre temps (de Ushio Amagatsu à VA Wölfl), assortis d’entretiens, de photos de spectacle, de croquis, de notes de travail…

 

Martine CLÉMENT : Music-hall, demandez le programme !  Éditions Du May (Tél. : 01 46 99 24 24 . www.etai.fr).  22 x 28,5 cm, 160 p., ill. n&b et couleurs. 38 €.

Tout… vous saurez tout sur le sujet !  Figures célèbres : les clowns (Footit, Fregoli, Grock, Fragson), les comiques troupiers (Polin, Ouvrard), les chanteuses réalistes (Marie Dubas, Damia, Fréhel, Yvette Guilbert), la danse (Argentina, La Loïe Fuller), les meneurs de revue (Mistinguett, Maurice Chevalier, Joséphine Baker), les directeurs (Joseph Ollier, Léon Volterra).  Hauts lieux du music-hall : Les Folies-Bergère, Bobino, L’Horloge & le Jardin de Paris, Les Ambassadeurs, Le Nouveau Cirque, Le Moulin-Rouge, Le Casino de Paris, L’Olympia, L’Alhambra.  Le tout magnifiquement illustré en quadri.

 

Laurent FAUGERAS : Accordéons : de la java au jazz.  Éditions Du May (Tél. : 01 46 99 24 24. www.etai.fr).  22 x 28,5 cm, 160 p., ill. n&b et couleurs. 38 €.

Méconnu, car étonnamment disparate, est le monde de l’accordéon.  Voilà un album qui – foin des idées reçues ! – se propose de nous le faire (re)découvrir.  Principaux chapitres : une histoire tourmentée, comment ça marche, le musette, les nouvelles voies, les grands noms, les marques & les modèles, les « frères de lames », l’accordéon dans le monde, visite d’une fabrique, festivals, etc.

 

William RITCHEY NEWTON : Derrière la façade.  Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle.  Perrin (www.editions-perrin.fr).  14 x 21 cm, 274 p., plans, cahier d’illustr. couleurs.  19 €.

Derrière l’or, les lustres, les miroirs et les marbres - symboles des fastes et du pouvoir versaillais - s’enchevêtrait, au XVIIIe siècle, un véritable labyrinthe de 226 appartements où quelque mille personnes devaient trouver à se loger, se nourrir, se laver, se chauffer.  Chose rien moins qu’aisée, comme nous l’imaginions… Mais cette superbe chronique de la vie quotidienne dans le plus beau palais du monde, riche d’étonnantes anecdotes, nous le démontre précisément – crasse et promiscuités, odeurs nauséabondes, aménagements de fortune… Déjà auteur de plusieurs monographies sur la Cour de Versailles, l’Américain William Richey Newton a ordonné son étude sous les rubriques : Le logement, La « Bouche à la Cour », L’eau, Le feu, L’éclairage, Le nettoyage, Le blanchissage.  Ensemble assorti de savoureuses « arrière-pensées »…

 

Anne GOETZINGER & Pierre CHRISTIN : Le Tango du disparu.  Roman graphique.  Métailié (www.editions-metailie.com).  16,5 x 23 cm, 160 p., illustrations, 18 €.

Dans une milonga porteña (boîte à tango de Buenos Aires), débute, un soir de grand vent, la carrière d’Enrique Pracánico, mythique joueur de bandonéon qui – comme tant d’autres – disparaîtra sous le régime des généraux.  Non sans avoir noué des liens passionnels avec la sublime Elba Eva, épouse d’un oligarque du régime… Étrange trajectoire d’une vie imaginée par Pierre Christin, où surgissent de nombreux acteurs - bien réels ceux-là - du tango.  Magnifiques illustrations signées Anne Goetzinger.  Un roman graphique comme nous n’en connaissions pas.  Une révélation !

 

Jean-Christophe GRANGÉ : Miserere.  Albin Michel. 15,5 x 24 cm, 524 p., 22,90 €. 

Si vous êtes de ces passionnés de thrillers à n’avoir point encore frémi à la lecture de ce dernier roman de Jean-Christophe Grangé, précipitez-vous !  Où vous suivrez passionnément l’enquête de deux flics - l’un plus ou moins junkie et l’autre, retraité - aux prises avec le mystère de l’assassinat du chef de chœur d’une paroisse arménienne – découvert tympans crevés, entouré de traces de pas d’enfants.  Mais il y aura bien d’autres victimes, avec sur le corps, chaque fois, une page du Miserere d’Allegri.  Séraphiques tortures…  Craignez de craindre, chers lecteurs !

Francis Cousté

 

Reine-Brigitte SULEM : Le Qi Gong du musicien. L’art du corps dans l’art des sons. « Médecine des arts », aleXitère. Nbses photos & ill.  Annexes (remarquablement claires et utiles). 152 p., 27 €.

Le Qi Gong est une pratique éveillant la conscience de l’énergie.  Les liens Qi Gong/musicien-né, quoique multiples, peuvent se résumer ainsi : « L’intention (Yi) [musicale] induit une énergie (Qi) [sonore] qui entraîne un mouvement [corporel]. »  Ce livre est un magnifique condensé des exercices et enchaînements les plus pertinents du Qi Gong et de leurs prolongements dans l’expression musicale.  Il apporte d’excellentes solutions aux problèmes posés par l’entraînement instrumental.  Mais, comme pour la musique, apprendre seul est presque impossible, fût-ce avec le meilleur bouquin du monde, et ceci n’est jamais dit…  Ce volume constituera donc un soutien appréciable pour des musiciens pratiquant déjà le Qi Gong.  Notons par ailleurs que les mouvements seraient plus compréhensibles avec des vidéos sur CD Rom.

 

Michel BOUTAN : Le stretching du musicien. Guide pratique des étirements myotendineux. Préface de Ph. Chamagne.  « Médecine des arts », aleXitère.  Nbses photos & ill.  Bibliographie.  128 p., 27 €.

Cet ouvrage, très bien construit, de présentation claire, précise et détaillée, doté d’une pagination efficace, donne accès – pour des musiciens non-spécialistes des aspects physiologiques complexes qu’ils mettent pourtant en œuvre quotidiennement – à des explications limpides sur les systèmes musculaires et nerveux.  Le rapport entre les descriptions et les photos, particulièrement réussi, y est pour beaucoup. Cependant, malgré quelques mises en garde contre la mauvaise utilisation des exercices ou leur excès, il est bien dommage de ne pas trouver quelques conseils pour savoir comment « exercer sa vigilance musculaire », comment être dans « l’utilisation raisonnée » ou « à l’écoute de son corps ».  Or tout cela s’apprend – au moins pour certains – et il aurait été judicieux de laisser quelques pistes.

Martine Gagnepain

 

POUR LES PLUS JEUNES

Jean OBÉ : Oscar et Irma.  Livre/CD.  Interprétation : Christine Sèvres.  Illustrations : Aurélia Grandin.  Musique : Marcel Yonnet.  « La prochaine fois, je vous le chanterai… », collection dirigée par Philippe Meyer.  Éditions du Rouergue.  27 p.  19,50 €.

Cet album peint la rencontre de deux personnages ordinaires, naïfs, Oscar et Irma.  Ces anti-héros, ni riches ni beaux, s’aiment simplement.  Les illustrations, faites de collages, superpositions, peintures nous emmènent dans un monde réaliste et populaire touchant. Chantée avec l’accent de titi parisien de Christine Sèvres, composée par Marcel Yonnet et Jean Obé, la chanson est déterminante dans l’attachement que l’on porte aux personnages et nous entraîne instantanément dans les cabarets parisiens des années 1950.  La chanson chante la vie modeste, sans artifices, nous bouleverse, et donne de l’importance aux petits riens de la vie ! La collection « La prochaine fois je vous le chanterai… » a la particularité de confier l’intégralité d’une chanson à un illustrateur et d’initier les plus jeunes au répertoire de la chanson française à texte.

Laëtitia Girard

 

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Haut

Guillaume de MACHAUT : Messe de Nostre Dame.  Alpha (rue du Chêne 27B, 1000 Bruxelles. stephanie.flament@alpha-prod.com) : 132.  TT : 60’55.

La présentation attrayante invite déjà à l’audition de la Messe de Nostre Dame de Guillaume de Machaut (ca 1300-1377), ne correspondant pas à un cycle unifié, mais l’ensemble reste cohérent. Des motets (de Philippe Royllart et anonymes) ont été intercalés. Depuis les premiers enregistrements de cette œuvre - il y a plusieurs décennies -, l’interprétation a gagné en relief et en profondeur ; la prononciation latine a été considérablement améliorée, en fonction de recherches récentes en phonétique historique.  Il a été tenu compte des possibilités acoustiques de l’Abbaye de Fontevraud.  La Messe de Nostre Dame représente un excellent exemple des techniques très recherchées au XIVe siècle (rythme, harmonie, musica ficta) et pratiquées par le chef de file de l’Ars Nova.  L’Ensemble Diabolus in musica, placé sous la direction d’Antoine Guerber, a donc signé une version « historique » proche des critères médiévaux.

 

Tomaso da VITTORIA : Missa O quam gloriosum, Motetti e Inni. Tactus (CD Diffusion, 28, route d'Eguisheim BP 4, F-68920 Wettolsheim.  info@cddiffusion.fr) : TC 552902.  TT : 69’12.

Tomaso da Vittoria (1548-1611), compositeur espagnol, est né à Avila, vers 1545-1550, et mort à Madrid en 1611.  Il a d’abord vécu à Rome, où il a étudié la théologie et la musique, et subi l’influence de Palestrina.  Il a également séjourné à Madrid, et il termine sa vie comme chanteur et simple organiste au Couvent des Déchaussées Royales.  Sa Missa O quam gloriosum est regnum comporte les parties traditionnelles : Kyrie-Gloria-Credo-Sanctus-Agnus Dei, d’après l’antienne de même incipit (enregistrée en grégorien, plage 1), chantée pour le Magnificat de la Fête de « tous les saints ».  Le Groupe vocal « Il Convitto Armonico », dirigé par Stefano Buschini, remet Tomaso da Vittoria à l’honneur. Le disque est complété par un choix de brefs Motets - dont le si poignant O vos omnes - et trois Hymnes : belle Défense et illustration d’un musicien oublié en Italie comme en Espagne.

 

Ippolito GHEZZI : L’Adamo, oratorio à 3 voci ; Dialoghi sacri e Lamentationi per la Settimana Santa. Tactus (CD Diffusion) : TC 653201.  TT : 63’09.

Ce disque se présente comme un triptyque : 1. oratorio : L’Adamo ; 2. Dialogues sacrés ; 3. Lamentations pour la Semaine Sainte du Père augustinien Ippolito Ghezzi (ca 1650-ca 1709) - maestro di cappella à la cathédrale de Montepulciano en 1679 -, particulièrement intéressé à la musique religieuse, depuis son opus 1 : Dialoghi sacri à 2 voix avec violons.  Ses 4 oratorios pour voix et basse continue, avec alternance d’airs et de récitatifs, sans ambages, coulent de source. Dans le Premier Acte (symbolisant le Paradis terrestre) de L’Adamo à 3 voix : Ève (soprano) chante a cappella ou légèrement soutenue par le clavecin et la basse, puis Adam (ténor) la rejoint pour évoquer le péché originel.  Avec Dieu (basse), les deux protagonistes décrivent leur exclusion du Jardin en une poignante complainte.  I. Ghezzi est également l’auteur de Dialogues (latins) sacrés entre l’âme et la Vierge Marie ; entre le démon et l’archange Saint Michel.  Ces œuvres s’imposent par les voix lumineuses et claires, et notamment par la volubilité du 2e Dialogue.  Le troisième volet est constitué par les Lamentations pour la Semaine Sainte, avec les Leçons du Mercredi, Jeudi et Vendredi. Chaque Lamentation du Prophète Jérémie commence traditionnellement par les lettres hébraïques, la première leçon du mercredi, par Aleph, Beth, Gimel… ; la première du Jeudi, par Heth, Teth, Iod…, enfin la seconde du Vendredi Saint, par les mêmes lettres que celle du Mercredi.  L’ensemble se déroule essentiellement dans le calme et la sérénité. Ces œuvres peu connues - interprétées par  la Chapelle musicale de Saint Jacques Majeur de Bologne (archiluth & direction : Roberto Cascio) - se doivent de figurer dans toute discothèque de musique religieuse du XVIIe siècle.

 

L’Orgue de l’Abbaye de Brevnov.  Arta (CD Diffusion: F10162.  TT : 77’55.

L’abbaye bénédictine de Brevnov - près de Prague -, fondée en 993, a toujours cultivé la liturgie, la musique et le chant choral lors des messes ; au début du XVIIe siècle, la musique figurée s’est introduite avec des chants polyphoniques soutenus par des instruments. Son orgue est construit par Kansky & Brachtl en 2007 d’après l’instrument de Tobias Meissner (1725).  Robert Hugo met d’emblée les jeux particulièrement en valeur, avec deux pièces anonymes : Pedale di Pleno Coro et Postilion.  Son programme organistique comprend également des pages de Georg Christoph Wagenseil (1715-1777), Erasmus Mentschel, Joseph Mentzel, plusieurs Arie de Johann Valentin Rathgeber (1682-1750), un Divertimento de G. Chr. Wagenseil… Cette réalisation est accompagnée de trois pièces vocales (pl. 6, 18 et 20) : un Dialogue entre Jésus et Marie, l’Alma Redemptoris et la Cantata Pentecostalis, interprétées par la Chapelle royale de Prague. Programme à découvrir par les amateurs d’orgue et de musique religieuse baroque.

 

Hommage à Roger CALMEL.  Chœur des Polysons (7, rue du Jourdain, 75020 Paris. lespolysons@wanadoo.fr).  Agate (5, bd des Nations-Unies, 92120 Meudon) : 2007/2. TT : 46’31.

Enregistré en décembre 2007, en prélude au dixième anniversaire de la disparition de Roger Calmel, ce CD, destiné à un chœur d’enfants, souligne un des aspects créatifs de ce compositeur et pédagogue né en 1920 (et non 1921, selon certaines encyclopédies) et mort en 1998.  Ce brillant Hommage lui est rendu par le Chœur des Polysons, créé en 1994 par Marc et Élisabeth Trigo.  Cette association active regroupe essentiellement des enfants du quartier de Belleville (Paris) et comprend une cinquantaine de chanteurs très sensibilisés au chant choral ; ils se produisent dans de nombreux festivals de chorales et rencontres de chœurs.  Le programme très varié comprend, tout d’abord, L’enfant Musique (conte musical pour chœur d’enfants, récitant et piano, sur un texte du regretté Didier Rimaud), avec le concours de Marine Thoreau La Salle (pianiste) et de Jean-Pierre Nortel (conteur).  Action et musique sont parfaitement adaptées à des jeunes, tout comme le conte musical : Les oiseaux du Roi (sur le texte de Bernard Jourdan) et les Sept comptines des oiseaux (dont Roger Calmel est l’auteur des paroles et de la musique) : Le Rossignol ; L’Alouette ; Le Moineau ; Les Mouettes ; Le Rouge-gorge ; Le Colibri ; Le rassemblement.  Cette musique est très vivante, haute en couleurs et brillante, absolument irrésistible ; elle sera, de surcroît, un beau cadeau de Noël, très apprécié des jeunes.

 

Christmas at St Michael’s Abbey. Chants for the three Masses of Christmas.  Jade (43, rue de Rennes, 75006 Paris <promotion@milanmusic.fr>) : 699 675 2. TT :40’14.

Réalisé en Californie, par quelque 70 membres appartenant à l’Ordre des Prémontrés (ou Norbertins), à St. Michael’s Abbey, ce CD propose 3 messes de Noël : Missa in Nocte, Missa in Aurore, Missa in Die.  Les œuvres illustrent la pratique quotidienne découlant de l’apostolat de cette communauté. Son chant est proche de la liturgie de l’Église catholique, et plus particulièrement du chant ambrosien, toutefois avec une certaine distanciation rythmique et quelques minimes variations.  L’interprétation tout en souplesse invite - comme il se doit - à la contemplation.

 

Trace d’Ange. Harpes celtique et paraguayenne.  Jade : 699 672 2. TT : 49’27.

Sous ce titre se cache une sélection de Noëls populaires, originaires de quelques provinces françaises (Auvergne, Béarn, Bresse, Bretagne) et de pays anglophones (Angleterre, Irlande). Certains titres et mélodies sont gravés dans toutes les mémoires ; d’autres sont moins connus. Cette sélection concerne des arrangements de musiques du XVe au XVIIe siècle, mais la particularité réside dans l’interprétation par un duo canadien de harpes (celtique et paraguayenne), formé de Gisèle Guibord et Robert Grenon, également auteur des adaptations.  Les incipit sont en français, anglais et latin (Veni Emmanuel).  On trouvera avec bonheur un Noël de Saboly.  Quant au Noël « Traces d’Ange », de Robin Grenon, il introduit l’atmosphère du Mystère de la Nativité. Ce programme, œuvre de commande de la CBS (Canada), exprime tour à tour la mélancolie, le raffinement, la joie.

Édith Weber

 

Jean Philippe RAMEAU : La Pantomime. Pièces de clavecin en sol majeur/mineur, en la majeur/mineur, en ré mineur.  Pièces de clavecin en concerts.  Skip Sempé & Olivier Fortin, clavecin.  Paradizo : PA0005. TT : 58'56.

C’est à une belle incursion dans l’univers allusif des pièces de clavecin de Rameau que nous convie Skip Sempé.  Dans un pénétrant interview, celui-ci souligne combien Rameau fait étalage souvent provocateur d’effets nouveaux et manie les concepts de noblesse et d’humour. Et de poursuivre quant à l’intérêt qu’il y a de cultiver le timing plutôt que la référence au rythme, comme le jeu sur le timbre.  De ces pièces aux titres évocateurs, La Dauphine, Les Cyclopes, La Triomphante... le claveciniste américain, grand avocat de ce répertoire, fait montre d’une vraie créativité alliant virtuosité et musicalité au service d'exécutions tout sauf monotones.  Quelques pièces « en concerts » jouées sur deux clavecins – aux lieu et place de l’accompagnement de violon et de viole de gambe – fruit des recherches de Sempé en matière d'interprétation, apportent un heureux contraste. Même s’il conserve une large part de subjectivité, le jeu doit, nous dit-il, garder la souplesse et l’inventivité inhérente à toute restitution musicale. Un morceau comme La Forqueray en sort tout ragaillardi, presque théâtral.  Tandis que La Pantomime fait assaut d’accents bondissants, rappelant que Rameau n’a jamais mieux écrit que pour le ballet.

 

Antonio VIVALDI : Concerti per violoncello, vol II.  Christophe Coin, violoncelle. Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini.  Naïve : 0P30457.  TT : 60'16.

L’Édition Vivaldi de Naïve est devenue un incontournable.  Les forces réunies en sont la meilleure preuve. Pour les concertos pour violoncelle, on a fait appel à Chr. Coin, formé chez Navarra et Jordi Savall et à l’ensemble Il Giardino Armonico que dirige le jeune Antonini, un baroqueux avec lequel il faut compter.  Magnifique union de talents pour des exécutions flamboyantes de quelques opus singuliers du « Prete rosso ».  Illustration de la manière quasi infinie avec laquelle celui-ci décline le mode concertant : groupes d'instruments en répons dialoguant l’un avec l'autre et sertissant la belle déclamation du soliste, sobres cantilènes des mouvements lents, alors que le cello est parfois accompagné du seul continuo, voire même de l’orgue positif, dans le ton de la confidence, ritournelles enlevées des allegros conclusifs.  Et quelle variété de rythmes pointés, de balayages énergiques des cordes, de brillance des solos, de profusion de la thématique.  On saisit combien l’influence du style vocal est présente.  Les interprétations sont frappées au coin de la spontanéité, de l’équilibre délicat qui ne succombe pas à l’excès de vitesse ou à quelque rythmique forcenée.  Non, Igor Stravinsky avait tort qui péremptoirement affirmait que Vivaldi n’a fait que répéter six cents fois le même concerto !

 

Frédéric CHOPIN : Sonate n°2, op.35 ; Ballade n°2, op.38 ; Quatre Mazurkas, op.33 ; Trois Valses, op.34 ; Impromptu n°2, op.36.  Maurizio Pollini, piano.  Universal/DG : 477 7626.  TT : 57’08.

Maurizio Pollini revient à son cher Chopin. Pour un programme autour de la 2e Sonate, composé de pièces écrites entre 1837 et 1839, période créatrice centrale du musicien. C’est d’abord la 2e Ballade, dédiée à Schumann, inspirée d’un poème de Mickiewicz ; puis les Mazurkas op.33, alternant accès de gaieté et moments d'introspection profonde.  Voici les Trois Valses op.34, dont Cortot dira qu’elles « ne sont pas des danses pour le corps, mais pour l’âme ».  Ni salon ni viennoises, elles allient rythmes saisissants de la première, nostalgie contenue dans la deuxième, vitalité pour l’ultime.  Un Impromptu encore, le n°2 op.36, est tout sauf improvisé, large cantilène modulant.  Voilà enfin la Grande Sonate dite « funèbre ». La fameuse marche en est, en effet, le centre de gravité, crescendo fermement rythmé qu’entrecoupe un épisode de lyrique méditation.  Mais que de riches harmonies parent le morceau initial, notamment dans le grave de l’instrument, ce que Pollini souligne bien.  Si le scherzo est terrifiant, l’énigmatique finale est proprement hallucinant, spectral, comme fantomatique dans cette lecture.  Sans renoncer à une once du pianisme souverain qui caractérise son jeu, il émane de ces interprétations de Pollini une force poétique nouvelle. Cédant le pas à la virtuosité haletante de certaines prestations récentes, il recentre le discours au profit d’une spontanéité qui tourne le dos à toute recherche d’éclat. Voilà des exécutions qui parlent à l’âme sous les doigts d’un pianiste au sommet de son inspiration.

 

Felix MENDELSSOHN : Prélude, op.104a n°2 ; Rondo Capriccioso, op.14 ; Romances sans paroles, op.38 n°2, op.19 n°2, op.102 n°5 ; Variations sérieuses, op.54 ; Caprices, op.33, n°2 et 3 ; Trois Études, op.104b ; Scherzo, op.16 ; Deux Lieder transcrits par Liszt ; Scherzo (extrait du Songe d'une nuit d’été), transcrit par Rachmaninov.  Bertrand Chamayou, piano.  Naïve : V5131.  TT : 65'.

La relève de la jeune génération est prête : Bertrand Chamayou le démontre à l’envi dans une merveilleuse anthologie consacrée à Mendelssohn, en forme de « Liederabend sans paroles » - beau jeu de mots - subtil assemblage, varié et nuancé, de pièces pianistiques de l’auteur du Songe d’une nuit d’été.  Ainsi du Rondo Capriccioso, plein d’esprit, d’un bouquet de Romances sans paroles qui, comme les mazurkas chez Chopin, fleurissent tout au long de sa vie créatrice, et auxquelles l’absence de texte chanté ne semble pas nuire, tant elles sont évocatrices d’atmosphères primesautières ou réfléchies, des Variations sérieuses op.33 dont Schumann soulignait « l’humeur farouche » ; et enfin des volubiles Études op.104.  Il y ajoute, tel un clin d’œil, des transcriptions de Lieder du maître, où le génial Liszt enveloppe, dans un même geste, parties de piano et de chant, et du fameux scherzo du Songe, revu par Rachmaninov, délicat point d’orgue d’un captivant récital.  Derrière ce jeune garçon sage, se cache une personnalité hors du commun : puissante maîtrise des traits fiévreux, rapport d’intimité des climats sereins, toucher perlé, sens de l’émerveillement qu’il dit ressentir à la lecture de ces pièces.

 

Claude DEBUSSY : Sonate n°1 pour violoncelle et piano ; Valse « La plus que lente » ; Scherzo ; Intermezzo.  Francis POULENC : Sonate pour violoncelle et piano ; Suite française d’après Claude Gervaise ; Bagatelle, extrait du Bal Masqué ; Sérénade.  Jean-Guihen Queyras, violoncelle. Alexandre Tharaud, piano.  Harmonia Mundi : HMC902012.  TT : 62’47.

Rien a priori ne semble rapprocher la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy de celle de Poulenc.  Encore qu’à y regarder de près, comme le soulignent J.-G.Queyras et A.Tharaud, elles ont plus d’un élément en commun : la même admiration de la part des deux compositeurs pour les maîtres anciens, Couperin et Rameau chez le premier, la musique médiévale pour le second ; le même art de l’imprévisible ironique.  Comment ne pas voir dans la Sonate de Debussy un chef-d’œuvre d’esprit, un « langage espiègle, joueur et sensuel, libéré »  pointe le celliste.  La pièce de Poulenc offre un mélange de profondeur et de style Dada, passant en un tour de main de l’humour au sérieux dans une forme très libre.  La mise en perspective ne s’arrête pas là et nous vaut quelques perles rares empruntées à chacun des compositeurs, comme la Suite française, dans une transcription des mains mêmes de Poulenc, aux climats variés, Bagatelle, une étonnante pochade, parfait exemple de ce que l'auteur appelait le style « carvaval nogentais ».  Les bis de Debussy ont pour nom La plus que lente, valse inspirée par le jeu d’un violoniste de bar d’hôtel, Scherzo, pièce de jeunesse, où  perce déjà la patte de Claude de France, Intermezzo, un inédit à l’élan déclamatoire grandiose.  Outre l’inventivité ayant présidé à la composition de ce passionnant programme, l’osmose entre les deux jeunes musiciens est totale.  Ne retrouvent-ils pas ce vrai esprit français fait d’élégance, de légèreté de ton et de délicatesse du jeu !

 

Béla BARTÓK : Concerto n°1 pour violon ; Concerto pour deux pianos et percussions ; Concerto pour alto.  Pierre-Laurent Aimard & Tamara Stefanovich, pianos.  Nigel Thomas & Neil Percy, percussions.  Gidon Kremer, violon.  Yuri Bashmet, alto.  LSO, Berliner Philharmoniker, dir. Pierre Boulez.  Universal/DG : 477 7440.  TT : 70’35.

Bartók est un compositeur vers lequel Pierre Boulez aime à revenir.  Il revisite cette fois trois concertos peu connus.  Le Concerto pour violon n°1, sans avoir l’ampleur du second, est d’une écriture tendue pour l’instrument dans un contexte lyrique (andante sostenuto) puis festif (allegro gracioso).  Il appartient à la première manière du compositeur (1907) et accorde une belle importance au rythme, trait essentiel des œuvres ultérieures plus modenistes.   Émanation plus que transcription de sa Sonate, le Concerto pour deux pianos et percussions (1942) en conserve l’esprit, voire pour beaucoup la lettre des parties solistes, encore que des différences apparaissent, et pas seulement dans l’élargissement du spectre sonore.  Dans le Concerto pour alto, laissé inachevé et complété pour son collègue Serly, Bartók, au soir de sa vie, dépouille son style et revient à la musique pure.  Non qu’il abandonne les grands élans lyriques qui caractérisent sa manière concertante tardive, comme les ruptures dans la composition.  L’alto apporte ici une chaude intonation soutenue, par exemple lorsqu'il soliloque sur une pédale d'orchestre ou dialogue avec les bois.  Boulez s'est entouré de solistes de premier plan et de deux de ses orchestres favoris.  C’est peu dire que ces exécutions frôlent la référence.

 

Claude DEBUSSY, Gabriel FAURÉ, Maurice RAVEL : Quatuor à cordes.  Quatuor Ébène.  Virgin Classics : 519045.  TT : 79’.

Quatre jeunes gens dans le vent qui engrangent les succès au point d’être salués par une standing ovation lors de leurs débuts à Salzbourg l’été dernier, jouent dans leur récent CD rien moins que les opus de Debussy et de Ravel auxquels ils ajoutent celui de Fauré.  L’empathie pour ces pièces est admirable, la façon de trouver le ton juste, la cohérence dans les fluctuations du tempo, l’art de souligner l’accent et de modeler la sonorité, l’extrême lisibilité du discours, toujours d’une absolue transparence, même dans les passages les plus exposés.  Et tout cela sans jamais forcer le trait.  Il y a là un mélange de fougue juvénile et d’étonnante maturité.  Quelle sensibilité à l'heure de la méditation, l’andantino marqué « doucement expressif » du Debussy, le long andante du Fauré, tout sauf monotone, là où l’écriture module comme hors du temps, le « très lent » du Ravel, où l’émotion contenue inonde tout.  La maîtrise instrumentale est tout aussi fascinante, d’une précision dans l’attaque qui sait ne pas être rude, apte par sa fluidité à abonder les couleurs irisées, les atmosphères joyeuses ou mélancoliques.  Ils sont tout autant chez eux dans les fausses brumes debussystes et ces transitions à la limite de l’immatériel que dans la virtuosité ravélienne et ses tournures presque symphoniques.  Et combien à l’aise pour décrypter les mélismes fauréens, si épurés ici.  Car dans sa dernière œuvre et son seul Quatuor à cordes (1921), Fauré livre la quintessence, ne gardant que l’écume au-delà de toute contingence métérielle.  Il émane de ces exécutions équilibrées, naturelles, quelque chose de miraculeux.

 

Gustav MAHLER : Symphonie n°7.  London Symphony Orchestra, dir. Valery Gergiev. LSO Live : 0665.  TT :72’.

Valery Gergiev aborde la 7e Symphonie de Mahler, énigmatique à plus d’un titre : atmosphères contrastées, foisonnement de trouvailles instrumentales, telles les sonnailles de cloches alpestres, ou encore utilisation de certains instruments pour des sonorités singulières, cordes comme égratignées, cuivres aux sonorités presque criées.  Elle est surtout enveloppée d’une atmosphère nocturne souvent inquiétante, à l’aune des trois mouvements centraux, des Nachtmusik entourant un scherzo.  La première déroule une marche hésitant entre fantasmes et chant plus assuré, la deuxième apparaît plus séduisante et intimiste avec sa guitare et sa mandoline.  Le grotesque scherzo les interrompt par une sorte de pantomime macabre comme tournant sur elle-même pour se diluer dans le néant.  Les mouvements extrêmes, par leurs immenses proportions, sont on ne peut plus vertigineux, partagés entre véhémence et apaisement.  Florilèges, en tout cas, des thématiques et modes mahlériens, s’enchaînant sans solution de continuité dans le plus grand éclectisme.  Déchaînant des sonorités envoûtantes du LSO, chauffé à blanc, Gergiev souligne les accents et renforce les contrastes en chef de théâtre qu’il est.  Il fait saillir les sombres tensions en forçant çà et là le tempo, en accentuant les ruptures de climats si nombreuses ici.  Le final assène des coups de boutoir et libére une énergie irrépressible.  Lecture cohérente certes, mais pour qui aime un Mahler hyper dramatique.

 

Olivier MESSIAEN : Trois Petites Liturgies de la Présence divineCouleurs de la Cité célesteHymne pour grand orchestre.  Roger Muraro, piano.  Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot.  Hélène Collerette, violon solo. Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Myung-Whun Chung.  Universal/DG : 477 7944.  TT : 68’13.

Myung-Whun Chung poursuit son exploration des œuvres orchestrales de Messiaen avec les Trois Petites Liturgies de la Présence divine. La nouveauté du langage fit immense sensation à la création, en 1944.  Quelle audace, en effet, que ces combinaisons de timbres, cette intrusion du gamelan balinais, et des ondes Martenot à l’appui d’un chœur de femmes opérant dans le regitre séraphique, que cette profusion de climats, de l’adoration fervente au chant de louanges, à l’incantation véhémente, que cette rythmique scandée, ce parlé chanté et ces grands accords prolongés.  Bel exemple d’introduction du religieux dans le musique symphonique, pour « transporter une sorte d’office au concert » dira le maître.  Chung, qui fut proche de Messiaen auprès duquel il recueillit de précieux conseils, convoque son orchestre et la Maîtrise de Radio France pour une fête sonore diaprée.  Créée en 1964 par Pierre Boulez, Couleurs de la Cité céleste, pièce inspirée de l’Apocalypse, ne saurait mieux faire contraste par son effectif instrumental : piano solo, trois clarinettes, cuivres et percussions.  Musique éblouissante, comme la lumière à travers un vitrail, produisant une sensation d’espace par son écriture aérée aux formes claires qu’accentue la résonance des instruments.  Hymne au Saint Sacrement (1933), empreint de mysticisme, offre déjà ces effets de couleurs alors que l’hommage à Debussy est plus qu’évident.

Jean-Pierre Robert

 

Giulio CACCINI (1551-1618) : L’Euridice, Composta in Stile Rappresentativo (1600).  Ricercar (www.ricercar.be) : Ric 269.  TT : 79’30.

Dès le milieu du XVIe siècle (influence probable du Concile de Trente), il faut « fuir le vain plaisir de l’ouïe » et que « les paroles puissent être perçues de tous ».  La très profane Euridice de Caccini, ouvrage emblématique de ce que l’on dira bientôt être la « seconda pratica », illustre parfaitement ces directives.  Magnifiquement serti dans un livret d’une centaine de pages, le présent enregistrement rend justice à une œuvre qui ne démérite aucunement auprès de l’Orfeo de Monteverdi.

 

Jean-Sébastien BACH : Cantatas pour soprano solo, BWV 51, 82a, 199.  Natalie Dessay, soprano.  Le Concert d’Astrée, dir. Emmanuelle Haïm (Neil Brough, trompette).  CD + DVD Virgin Classics : 235004-2.  TT : 63’35 + 52’00.

Libre cours est ici donné à la radieuse (mais jamais démonstrative) virtuosité de la soprane.  La belle Emmanuelle Haïm fait, en outre, merveille à la tête de l’un des meilleurs ensembles baroques qui soient.  Passionnant making-of des sessions d’enregistrement en la paroisse Notre-Dame du Liban à Paris (film signé Esti).

 

Jean-Sébastien BACH.  Hélène Grimaud, piano (www.helenegrimaud.fr).  DG/Universal : 477 6248.  TT : 76’03.

Après un premier album consacré, en 2007, à Beethoven, Hélène Grimaud nous propose, cette fois, des œuvres de Bach : du Clavier bien tempéré, les Préludes et fugues n°2 et 4 (1er cahier) & n°6, 9 et 20 (2e cahier) / Concerto pour clavier BWV 1052 (Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, dir. Florian Donderer).  Mais aussi des transcriptions pour piano d’arrangements antérieurs : Chaconne de Bach-Busoni, d’après la Partita BWV 1004 / Prélude et fugue BWV 543 pour orgue de Bach-Liszt / Prélude de Bach-Rachmaninov, d’après la Partita pour violon BWV 1006.  La célèbre pianiste gagne décidément en sobre maturité – avec moins de fracassantes énonciations, notamment…  Superbe prise de son.

 

Joseph HAYDN : Les sept dernières paroles de notre rédempteur sur la Croix (1787).  Transcription pour orgue de & par Vincent Genvrin.  Orgue Clicquot de l’église Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris.  Hortus (Tél. : 06 60 69 36 01 . www.editionshortus.com) : 057.  Distrib. Codaex.  TT : 54’22.

Est-ce effet dû à l’inscription de cet oratorio de Haydn au programme du baccalauréat, il n’est guère de mois que n’en paraisse un nouvel enregistrement voire, comme cette fois, une nouvelle transcription.  Laquelle ne manquera pas d’intéresser tout organiste, car habilement réalisée et techniquement abordable – semble-t-il.

Les Sept Dernières Paroles du Christ

 

Robert SCHUMANN : Toccata op.7 (en do majeur), Davidsbündlertänze op.6, Humoreske op.20 (en sib majeur).  Olivier Chauzu, piano.  Calliope (www.calliope.tm.fr) : CAL 9409.  TT : 73’28.

Ayant déjà enregistré, pour Calliope, les quatre cahiers d’Iberia d’Albéniz et l’œuvre pour piano de Paul Dukas, Olivier Chaunu nous livre ici, en étroite communion avec le compositeur, des pièces où Schumann exprime – de manière sans doute plus intense que dans le reste de l’œuvre - ses conflits intérieurs : enthousiasmes et tourments, voire dépressions.  De par une palette sonore admirablement diversifiée, cette interprétation est hautement recommandable.

 

Mireille Delunsch, la tragédienne.  Œuvres de Henri Duparc, Ernest Bloch, Louis Vierne, Guy Ropartz.  Timpani : 1C1100.  TT : 63’13.

Répertoire d’exception pour une admirable interprète – ici accompagnée au piano par François Kerdoncuff dans H. Duparc & L. Vierne et par l’Orchestre philharmonique du Luxembourg dans E. Bloch (dir. David Shallon) & G. Ropartz (dir. Jean-Yves Ossunce).

 

Leoš JANÁČEK (1854-1928) : Quatuors à cordes n°1 et n°2 « Lettres intimes ».  Quatuor Diotima + Garth Knox, viole d’amour.  Alpha (www.alpha-prod.com) : 133.  TT : 68’11.

Au cœur de l’œuvre de Janáček, les deux Quatuors occupent une place essentielle – pièces dans lesquelles il a transposé les principes dramatiques de ses opéras.  Singulièrement dans le second, dit « Lettres intimes », où le compositeur se fait l’écho de la correspondance passionnée qu’il entretint avec Kamila Stöslová, sa muse de quelque 40 ans plus jeune que lui (plus de 700 lettres publiées, sur quelque 2 000 échangées).  Pour l’enregistrement de cette œuvre, les Diotima ont adopté la formation d’origine : les quatre premiers mouvements avec alto, les quatre derniers avec viole d’amour.

 

Arthur HONEGGER : L’œuvre pour piano.  Jean-François Antonioli, piano.  Timpani : 1C1138.  TT : 71’31.

Peu discographiquement rebattue est l’œuvre pour piano d’Arthur Honegger.  Raison de plus pour (re)découvrir ces 30 pièces brèves.  Plaisant et généralement fort accessible répertoire qui ne devrait pas manquer de séduire nombre de pédagogues.  Ah ! la « Berceuse pour le Bal des petits lits blancs » (0’36, 1935)…

 

TAFFANEL, TCHAÏKOVSKY, SAINT-SAËNS, FAURÉ : Œuvres pour flûte & piano.  Philippe Bernold, flûte.  Ariane Jacob, piano.  2CDs Saphir (Tél. : 01 48 00 01 20 . www.saphirproductions.net) : LVC 1090.  TT : 72’28 + 59’15.

Remarquable sélection d’œuvres pour flûte et piano, auxquelles ont été adjointes – avec le concours d’artistes invités – diverses pièces avec hautbois, clarinette, cor et basson.  Considéré comme le plus grand flûtiste de son temps, le talent du compositeur Paul Taffanel (1844-1908) fut injustement méconnu.  Nous le confirment ici onze délicieuses pièces de genre, plus un fort original Quintette pour instruments à vent.

 

Philippe GAUBERT (1879-1941) : Symphonie.  Les Chants de la mer.  Concert en fa.  Orchestre philharmonique du Luxembourg, dir. Marc Soustrot.  Timpani (www.timpani-records.com) : 1C1135.  TT : 70’16.

La chose n’est, en effet, pas si rare : talent d’un compositeur éclipsé par sa réputation d’interprète (ici le flûtiste et chef d’orchestre).  Merci à Marc Soustrot de rendre justice au grand symphoniste qu’était Philippe Gaubert, et de quelle belle manière !  Prélude à une nécessaire résurrection…  Comment le charme et l’éblouissant lyrisme de ces musiques ont-ils pu être aussi longtemps méconnus ?

 

Jean CRAS (1879-1932) : Sonate, pour violoncelle & piano.  Trio, pour violon, violoncelle & piano.  Largo, pour violoncelle & piano. Philippe Koch, violon.  Aleksandr Khramouchin, violoncelle.  Alain Jacquon, piano.  Timpani (www.timpani-records.com) : 1C1151.  TT : 71’01.

Autre compositeur qui mériterait une bien plus large audience : le trop rare Jean Cras, dont nous découvrons ici deux pièces dont c’est le premier enregistrement : la Sonate et le Largo.  Partitions de jeunesse certes, encore toutes imprégnées - comme le Trio - d’un ample lyrisme brahmsien...  Merci à la firme Timpani de publier l’intégrale d’une œuvre d’aussi haute inspiration.

 

Richard STRAUSS (1864-1949) : Burleske, pour piano & orchestre en mineur.  Ein Heldenleben, poème symphonique, op. 40.  Plamena Mangova, piano.  Orchestre national de Belgique, dir.  Walter Weller.  Fuga Libera (www.fugalibera.com) : FUG546.  TT : 67’31.

Intéressante confrontation d’une fort longue œuvre de jeunesse (20’59), longtemps réputée injouable de par ses difficultés techniques (dont se joue d’ailleurs ici la jeune pianiste bulgare Plamena Mangova), et d’Une Vie de héros, poème symphonique que Romain Rolland considérait comme le chef-d’œuvre tardif du compositeur.  Walter Weller - qui fut longtemps Konzertmeister du Wiener Philharmoniker - a réussi à faire de l’Orchestre national de Belgique l’un des meilleures phalanges qui soient.  Pour s’en convaincre, il n’est que d’écouter le présent enregistrement.

 

Igor STRAVINSKI (1882-1971) : Symphonie en trois mouvements, Symphonie de psaumes (version révisée en 1948), Symphonie en ut.  Berliner Philharmoniker, Rundfunkchor Berlin, dir.  Sir Simon Rattle.  EMI Classics (www.emiclassics.com) : 2 07630 0.  TT : 75’39.

Quel bonheur de retrouver ici, à la tête de l’incomparable Berliner Philharmoniker, le grand Sir Simon Rattle, dans l’un de ses répertoires de prédilection ! Réunissant trois œuvres (abusivement) affectées du titre de « symphonie », ce programme était enregistré live à la Philharmonie de Berlin, les 20 et 22 septembre 2007.

 

Rolande FALCINELLI (1920-2006) : Azãn pour flûte et orgue.  Pièces pour orgue seul & pour flûte seule.  Élise Battais (flûte), Philippe Brandeis (orgue de l’église des Invalides, Paris).  Hortus (www.editionshortus.com) : 059.  TT : 63’39.

Dédié à des compositions de la célèbre organiste, ce nouveau disque réunit des pièces joyeuses (« Rondel » du Triptyque : Litanies, Rondel et Fugue), sombres (Cortège funèbre op.41, Salve Regina op.43) ou éclatantes (passacaille Jesu Sacratissimum op.31) ou bien encore à vocation pédagogique (4 études extraites de la fameuse méthode L’initiation à l’orgue).  Dans Azãn, cycle inspiré par des musiques entendues par la musicienne tout au long de ses périples en Asie, l’organiste se fait zarbiste et le jeu de la flûte rappelle celui du ney iranien.  Chaque mouvement porte en épigraphe une sourate, rythmant ainsi les heures de prière.  Cet extraordinaire CD comporte en outre Krishna-Gopala op.61, élégantes variations modales pour flûte seule, symbolisant la danse des Gopis autour du dieu indou.

 

Pièces de Thierry ESCAICH (1965), Lars-Erik LARSSON (1908-1986), Jacques IBERT (1890-1962), Paul TAFFANEL (1844-1908) et Anders HILLBORG (1954).  Royal Wind Quintet Stockholm : Peter Fridholm (flûte), Fredrik Söhngen (hautbois/cor anglais), Staffan Mårtensson (clarinette), Hans Larsson (cor), Fredrik Ekdahl (basson).  Integral Classic (www.integralclassic.com) : INT 221 227.  TT : 63’32.

À tout le moins éclectique est ce programme établi par le Quintette royal de Stockholm : Trois instants fugitifs (1994) de Th. Escaich, Quattro tempi (1968) de L. E. Larsson, Trois pièces brèves (1930) de J. Ibert, Quintette (1900) de P. Taffanel, Six pièces (2008) de A. Hillborg.  Œuvres dans lesquelles nos cinq musiciens font preuve d’un étourdissant brio, concurrement à un louable sens du phrasé.

 

ODE PANAME : L’Invitation au voyage.  Léa Castro, chant.  Olivier de Colombel, compositions & sax.  Armel Dupas, piano.  Joan Eche-Puig, contrebasse.  Et invités… Ode Paname (Tél. : 06 60 75 76 72. contact@odepaname.com).

Sur des poèmes de Baudelaire, Apollinaire, Anna de Noailles, Verlaine, Antoinette Deshoulières, Aragon, Eluard, que voilà du bel & bon jazz !  Avec la chaude et prenante voix de Léa Castro, magnifiquement entourée par un compositeur inspiré et des improvisateurs hors pair.  Avec en outre - pour ce CD - pas moins de six invités (cordes, vibraphone et batterie).  Qui a jamais dit que la langue française ne se prêtait pas à la rythmique ternaire du jazz ?

Francis Gérimont

 

POUR LES PLUS JEUNES

Rudyard KIPLING raconté et chanté par Enzo Enzo & Brigitte Lecordier : Trois histoires comme ça.  1 livre (72 p.), 1 CD.  Traduction et adaptation : Yves Lecordier.  Musique : Romain Didier.  Illustrations Irène Schoch.  Naïve Jeunesse : U318168.

Dus au merveilleusement imaginatif auteur du Livre de la jungle (et remarquablement traduits par Yves Lecordier, par ailleurs auteur inspiré des paroles des chansons), ces 3 contes : Le chat qui faisait son chemin tout seul / Comment la baleine acquit ses fanons / L’enfant d’éléphant feront assurément le bonheur de tous, petits et grands.  Nous savions la délicatesse d’inspiration du compositeur Romain Didier ; nous sommes, une fois de plus, sous le charme ! D’autant mieux qu’il est ici servi par Enzo Enzo et Brigitte Lecordier, interprètes d’une qualité rare…  Un « incontournable » pour la hotte de qui vous savez !

 

Chansons Choux (vol. 7) : Au bal des couleurs.  Couleurs en chansons faciles à danser.  Paroles : Bernard Peyranne.  Musique : Claude & Patrick Fried.  Chant : Jessica.  Victorie Music/Universal : 301762-8.  TT : 48’36.

Quinze chansons (+ 7 versions instrumentales) composent ce joyeux kaléidoscope.  Dès le plus jeune âge.

 

Ma Compil RTL : 13 chansons pour enfants (de 4 à 10 ans).  Victorie Music/Universal : 301776-7.

Réalisé par Stéphan de Pascale (qui, dans son émission Laissez-vous tenter, chronique ces répertoires), voilà un joyeux ensemble de chansons empruntées à des albums de Sophie Forte, Alain Schneider, La famille Maestro, Amipagaille, Henri Dès, Le Grand Orchestre du Splendid, Pakita, Isabelle Bal, Les Déménageurs, L’Autobus à vapeur, Bruno Coupé, Les Enfantastiques…

 

Dominique DIMEY : Le temps d’une chanson.  Les plus belles chansons de Dominique Dimey (www.dominiquedimey.com) + deux chansons inédites.  Victorie Music/Universal : 301 776-8.

« Bon sang ne saurait mentir », dit-on.  Qui le nierait, à l’écoute de cette magnifique compil’ de 12 chansons écrites & interprétées par la fille du grand Bernard Dimey : mots justes, intelligence des textes, musicalité… Dès 4 ans.

Francis Gérimont

 

DVD

Giacomo PUCCINI : La Fanciulla del West.  Antonietta Stella, Gastone Limarilli, Anselmo Colzani. NHK Symphony Orchestra, dir. Oliviero de Fabritiis.  Video Artists International : 4439.  TT : 131’+ 24’ (interview d’Antonietta Stella).

Enregistrement historique (1re représentation de cet opéra au Japon, le 2 novembre 1963) qui vaut surtout par la présence d’Antonietta Stella, soprano spinto, qui eut son heure de gloire dans les années 50-60, surtout dans le répertoire italien (Verdi et Puccini).  Force est de signaler la médiocrité technique de ce document : prise de vues figée (noir et blanc), mise en scène kitsch et sans intérêt, sous-titrages japonais occupant la moitié de l’écran et sur lesquels viennent se surimprimer de minuscules sous-titres européens illisibles, prise de son médiocre, pour cette œuvre de Puccini, à mi chemin entre opéra et western, qui valut toutefois au compositeur un triomphe lors de sa création à New York en 1910, sous la direction de Toscanini. Mais ne boudons pas notre plaisir, lié à la performance d’Antonietta Stella omniprésente vocalement et dramatiquement (malgré la faiblesse du livret) et bien entourée d’Anselmo Colzani, et de Gastone Limarilli qui ne donne sa vraie mesure que dans le troisième acte.  En « bonus », une interview de la chanteuse qui nous rappelle sa carrière et les temps anciens où les chefs d’orchestre prenaient le temps de faire répéter chanteurs et musiciens… évitant ainsi les erreurs de casting que l’on peut voir de nos jours… Ah ! nostalgie, quand tu nous tiens...

Patrice Imbaud

 

Jean-Sébastien BACH : Les Variations Goldberg.  Thème et trente variations, BWV 988.  Daniel Propper, piano. Un film de Serge Gauthier-Pavlov.  « Réminiscences », L’Autre Film (www.lautrefilm.fr) : LAF 501.  TT : 85’00.

Le grand pianiste d’origine suédoise Daniel Propper (°1969) interprétait, en 2005, dans le grand salon du château du Maréchal de Saxe (Yerres, Île-de-France), les Variations Goldberg.  Filmé par Serge Gauthier-Pavlov dont la caméra suit, avec une admirable souplesse, le mouvement des mains de l’interprète - quasiment selon le rythme de chaque variation… « Par miracle, notre respiration était la même » confie le pianiste.  Résultat miraculeux, en effet.

 

Pierre-Dominique BURGAUD (Livret) & Louis CHEDID (Musique) : Le Soldat Rose, comédie musicale.  France Télévision éditions.  14 comédiens + musiciens « live ».  Mise en scène : Corinne & Gilles Benozio.

Destiné « …aux enfants et à ceux qui le sont restés », Le Soldat Rose, l’un des plus gros succès musicaux de ces dernières années (plus de 400 000 albums vendus + 2 Victoires de la musique), sort ici en DVD avec une toute nouvelle distribution.  Rappelons les faits : Las du monde des adultes, le petit Joseph se laisse enfermer au rayon Jouets d’un grand magasin. Où il découvre que, la nuit, les personnages prennent vie et usent de tous les stratagèmes pour ne pas être achetés et séparés…  La nouvelle mise en scène s’inspire largement de l’esprit du cabaret, d’où sont issus les réalisateurs.  En bonus : making-of de 15’, diaporama de photos, puzzle du Soldat Rose, fond d’écran.  Pour soirées familiales festives !

Francis Gérimont

 

 

 

Une mémorable exécution du Saint François d’Assise à Pleyel

 

Aucune scène française n’aura donc eu la témérité de présenter Saint François d’Assise, le Grand œuvre de Messiaen, pour l’année du centenaire et les 25 ans de sa création parisienne.  L’audace sera venue de Radio France et de Myung-Whun Chung qui, dans le cadre du festival consacré au musicien, en ont offert une version de concert à la Salle Pleyel.  On le sait, la gestation de ces « Scènes franciscaines » aura duré quelque huit années, durant lesquelles Messiaen a peaufiné livret et composition.  Le résultat est une œuvre hors norme, sans équivalent dans le répertoire ; que d’aucuns ont cru bon de rapprocher de l’oratorio.  Rien de plus inexact ! Il s’agit bien d'une œuvre théâtrale. Mais répondant à une conception particulière du théâtre musical.  Passionné d'opéra, Messiaen était attiré dans celui-ci moins par l’aspect dramatique que par le rapport de la musique au texte.  De fait, Saint François ne propose pas de progression dramatique à proprement parler, mais une suite de récits et d'échanges à la tonalité souvent méditative, qui ressortit au domaine du rituel et de la symbolique.  À l’intérieur des huit tableaux, c’est une succession de séquences, non liées entre elles, ce qui musicalement se traduit par une absence de transition et de continuum dramaturgique.  La vie - et elle est intense - on la trouve ailleurs : dans les procédés rythmiques, un des piliers du langage musical du compositeur, et à propos duquel on a parlé d’art de la métamorphose, dans la manière infinie de varier le discours instrumental soit en courts motifs, sorte de vignettes sonores, soit par des phrases amplement développées (les chants d'oiseaux), qui certes n’échappent pas à un certain statisme, mais dont émane souvent une sensation d’élargissement de l’espace et du temps.

Nul mieux que M.-W. Chung n’était désigné pour embrasser ce vaste opus.  Il aborde l’œuvre avec objectivité, refusant l’excès, et une passion contenue, une grande force de conviction.  S’il joue à fond les contrastes et s’attache à établir le silence, un silence absolu, avant le début d’une séquence, il défend une exécution de laquelle est exclue toute agressivité.  Seul peut-être le tableau du Lépreux contient-il des phrases requérant une approche plus tendue et théâtrale.  Ailleurs, c’est de la force qu’il faut pour traduire ces formidables coups de boutoir (l’Ange frappant à la porte du couvent ; François recevant les Stigmates), ces fascinants crescendos et ces accords prolongés, à tranformation, pour atteindre l’incandescent.  Mais, là non plus, il n’y aura pas de violence dans les attaques.  Fascinant est aussi le travail instrumental : hypervirtuosité des percussions – fabuleux brelan de xylophones et autres gongs – précision des attaques des cordes, rutilance des cuivres.  On se prend à découvrir un trait concertant presque chambriste, quelque harmonie wagnérienne ou tel mode debussyste (l’utilisation de la petite cloche d'argent).  Quel que soit le registre sonore, on reste interdit devant la souple battue avec laquelle Chung balaie ces phrases immenses, le calme olympien avec lequel il aborde les traits les plus titanesques, l’extrême lisibilité qu’il confère aux ensembles, si complexes, et surtout l’absence de recherche d’effet dans ce kaléidoscope sonore. Le « Philhar » démontre à quel point d’excellence ses musiciens se sont hissés.

Les Chœurs de Radio France ne le cèdent en rien en gloire : murmures, brouillard sonore si typique ici, exaltation de laquelle se détachent quelques voix solistes.  L’écriture vocale de Messiaen est simple a priori et donne à voir avec celle de Debussy. Quoique l’apparence soit trompeuse - comme chez ce dernier d’ailleurs.  L’interprète doit souvent lutter contre des forces envahissantes.  Pour sa prise du rôle de Saint François, Vincent Le Texier fait un coup de maître. Dans le rôle créé par José van Dam – avec lequel il a travaillé, et cela est perceptible, notamment dans les intonations –, il offre cette belle déclamation cérémonieuse mais sans emphase, à la fois grandiose et empreinte de sobriété, d’émotion aussi.  Les autres Frères sont tous parfaitement distribués, avec un mention particulière à Tom Randle, Frère Massée, dont la joie intérieure et l’émerveillement sont un bonheur.  Hubert Delamboye prête au Lépreux des accents vrais.  Heidi Grant Murphy possède les aigus de la partie de l’Ange, mais est moins à l’aise dans les passages déclamatoires où manque cette ultime naïveté qui fait tout le prix de ce rôle sans pareil.  On l’aura compris, un immense achèvement, salué par un public enthousiaste.

Jean-Pierre Robert

 

Bilan bibliographique de l’Année Messiaen

 

L’année qui s’achève aura conduit jusqu’à saturation à honorer la mémoire de l’immense musicien : souhaitons que l’on continue à lui prêter une écoute aussi assidue dans les années futures, ce qui ne serait que justice, alors que les années-anniversaires ont parfois le tort de provoquer un accès de bonne conscience... dans l’arc de douze mois.  La floraison bibliographique n’aura pas été en reste sur l’avalanche concertistique, et l’on reviendra ici sur quelques contributions marquantes.

Au chapitre des témoignages, puisque nombre d’élèves et interprètes de Messiaen vivent encore, Le livre du centenaire (éditions Symétrie) – comme il se présente en toute... simplicité – constitue de fait un magnifique travail éditorial très richement illustré, réunissant sous la direction d’Anik Lesure et Claude Samuel de nombreux textes dus à la plume du Maître, entrecoupés de témoignages (compositeurs élèves de Messiaen, tels Pierre Boulez, Gilbert Amy, Betsy Jolas, Michel Fano, François-Bernard Mâche, interprètes tels Philippe Albèra, Myung-Whun Chung, Olivier Latry, Loïc Mallié, le facteur d'orgues Olivier Glandaz qui assure l'entretien de l'instrument de la Trinité, l’écrivain René de Obaldia...), et complétés par un appareil documentaire bien présenté. On s’étonne d'ailleurs que la table des matières de ce considérable ouvrage ne rende pas compte de la richesse de son contenu, ce qui rend les recherches fort malcommodes.  Un précieux disque d'archives est inséré dans le livre : des extraits d’entretiens de Messiaen avec Claude Samuel se voient prolongés de plages musicales bien choisies.  On entend là des propos magnifiques, sur l’improvisation à l'orgue, sur son enseignement, sur la foi, sur le succès, exprimés toujours avec simplicité, avec pénétration, parfois avec humour.  Il y a aussi des traits d’humour involontaire, notamment quand notre incorrigible compositeur-ornithologue s’étend sur ses chers amis ailés, les imitant au micro ; Messiaen se trouve tout aussi involontairement à expliquer pourquoi son obsession de transcrire en musique occidentale les chants d’oiseaux est – selon nous – vouée à l’échec, donc finalement absurde, puisqu'il énumère tous les facteurs par lesquels il est obligé de dénaturer les chants inimitables qu'il prétend exploiter (tempo plus lent, transposition une ou deux octaves plus bas, suppression de micro-intervalles). Imaginez une bande magnétique passée à une vitesse lente sur un appareil mal réglé, et vous aurez une idée de l’inanité de prétendre écrire en notation musicale un Catalogue d’oiseaux pour instrument tempéré.  On retrouve aussi ses partis pris : l’incompétence avec laquelle il argumente contre Verdi est par exemple consternante.  On soupire enfin en l’entendant chanter les louanges de Monseigneur Charles, prédicateur qu’il admirait et dont il semble avoir ignoré l’aversion que celui-ci, en retour, vouait à sa musique (ce qui généra des conflits « saignants » au Sacré-Cœur de Montmartre, dont Monseigneur Charles était le terrible recteur allergique à toute musique moderne, lorsqu’il advint que son organiste titulaire, Rolande Falcinelli, et le jeune Raffi Ourgandjian, précocément passionné par la musique d’orgue de Messiaen, que l’on a le plaisir d’entendre sur ce disque, y défendent les partitions du Maître) !

Face à cette réalisation, le recueil d’(autres) témoignages conçu par Catherine Lechner-Reydellet, Messiaen, l'empreinte d'un géant (éditions Séguier), fait terriblement « patronage » ! On sursaute face aux fautes d’orthographe (un pieu comme enfoncé dans la piété de Messiaen, Derveau pour le chef d’orchestre Pierre Dervaux, Pierre-Laurent médiévisé en Aymard, Norbert Dufourq privé de c une fois sur deux, le jeu d’orgue rebaptisé nasar, Octotandre d’Edgard Varèse, la liste n'est pas exhaustive...) ou aux oublis de ponctuation dénotant l’absence de tout travail éditorial sérieux.  Ce livre, pourtant préparé en 2007, donne parfois l'impression d’une session de rattrapage pour les intervenants qui n’auraient pas eu les honneurs de l’officiel Livre du centenaire (encore que Michel Fano, René de Obaldia, Claude Samuel, Olivier Latry, Loïc Mallié aient été sollicités des deux côtés) : cela ne diminue en rien les apports essentiels de certaines personnalités (les organistes Raffi Ourgandjian et Louis Thiry, le compositeur iranien Iradj Sahbaï qui nous livre d’importants extraits de ses notes recueillies à la classe de Messiaen, le toujours érudit Bruno Ducol).  Mais pourquoi faut-il que ces témoignages soient empilés sans perspective historique, enchâssés dans une présentation « nu-nuche », qui va même – dans certains cas malvenus – jusqu’à faire croire que le livre est écrit à la gloire des personnes interrogées plutôt qu’à celle du Maître honoré ?!

Un livre bien plus intéressant, Messiaen ou la lumière (éditions Hermann), par Philippe Olivier, choisit de ne s’attacher qu’à un angle d'attaque : le message religieux du compositeur, resitué dans le contexte historique des soubresauts traversés par la pensée catholique de son temps et de la décadence de la musique liturgique ; les commentaires à partir de propos du Cardinal Ratzinger, éminent mélomane bavarois devenu le pape Benoît XVI (Ph. Olivier enseigne en Allemagne), et du patrimoine hébraïque (culture d’origine de l'auteur), sous-tendent une réflexion originale. Le portrait du compositeur, tracé sans concessions (à l’instar du tableau de son contexte familial), ne manque ni de finesse ni de piquant.  On sourit cependant lorsqu’on lit cet ouvrage après avoir relu (p.78 du florilège critique publié dans Le livre du centenaire) le compte rendu assassin que le même auteur avait écrit dans Libération au lendemain de la première de Saint François d'Assise.  S’agirait-il d’une conversion (Ph. Olivier en évoque d’autres, purement religieuses, par ailleurs) ? Cela serait parfaitement légitime et respectable (qui n’a pas écrit, dans la précipitation de la critique immédiate, une opinion qu’il regrettera avec plus de recul ?).  De surcroît, le phénomène interpelle si l’on se réfère à la nouvelle préface ajoutée par Harry Halbreich à la réédition complétée de son admirable ouvrage analytique et esthétique, L’œuvre d’Olivier Messiaen (éditions Fayard, dont la première version, sous le titre Olivier Messiaen, avait paru en 1980, du vivant de son sujet) : l’auteur, d’origine juive lui aussi, y dévoile sa conversion au christianisme sous l'influence de l’artiste dont il a étudié la pensée.  Somme (...théologique ?) absolue de la pensée de Messiaen, exégèse extrêmement informée et sensible, l’ouvrage d’Harry Halbreich a nécessité, non seulement le complément dévolu à toutes les œuvres composées depuis 1979 dans les chapitres analysant les différents genres musicaux (ce qui signifiait augmenter encore la centaine d’exemples musicaux accompagnant le texte), mais aussi une refonte des fins de chapitre dans les parties offrant une synthèse des thèmes chers au musicien et des généralités sur son langage.  Le livre constitue donc plus que jamais le bréviaire auquel se reporter dès que l’on cherche un détail sur une partition de Messiaen.  On continuera néanmoins de déplorer que soit occultée la part dévolue à l’influence du compositeur et théoricien russe Nicolas Obouhov dans l’élaboration du langage harmonique de Messiaen.  Celui-ci était – péché d’orgueil bien dissimulé – fort soucieux d’apparaître dans l’unicité de ses systèmes, alors que l’étude de certaines voies parallèles hors des frontières relativiserait les choses...

L’événement de l’entrée dans la postérité de notre musicien est à chercher du côté de l’arrivée en France de la première véritable biographie répondant aux critères du genre historiographique : Olivier Messiaen, par Peter Hill et Nigel Simeone (éditions Fayard), traduction par l’excellente Lucie Kayas de l’imposant travail paru dès 2005 chez Yale University Press, aujourd’hui augmenté pour prendre en compte les éléments les plus complets mis à la disposition des chercheurs. En effet, la parution de témoignages ou d’exégèses, si méritoires soient-ils, fleurait encore bon la présence vivante du compositeur et professeur qui étendit si largement son influence; de tels documents sont les outils les plus appréciables que les historiens des générations futures puissent recueillir sur un créateur qu’ils n'approcheront jamais « physiquement ». Mais l’heure de la mise en perspective historique, avec sa méthodologie, doit sonner le plus tôt possible, et c’est ce qu’apporte le travail des deux professeurs de l’Université de Sheffield, déjà auteurs séparément de divers travaux antérieurs sur Messiaen.  Correspondances, carnets, documents inédits fournis par la veuve du compositeur nourrissent ces chapitres. Le contexte de la vie française de l’époque, ou plutôt des époques traversées par Messiaen, est admirablement rendu, restituant avec exactitude le climat musical ainsi que les réactions (souvent risibles, avec le recul du temps) qui accueillirent de prime abord l’étrangeté de ce musicien débarqué d'une autre planète.  Peut-être fallait-il des auteurs anglais pour nous restituer enfin comme des moments d’histoire ces événements et ces personnes que nous avons trop directement connus.  On réalise alors que ce livre est effectivement le premier ouvrage d’historiens sur Messiaen : tous les autres nous parlaient, depuis l’intérieur du creuset, des polémiques ou des influences décisives que déclencha la musique de Messiaen. Celui-ci présente l’avantage de traiter le musicien comme n’importe quel autre grand génie inscrit dans l’histoire de la musique, tout en conservant encore la proximité due au fait que Peter Hill fut un élève et interprète de Messiaen, et que les deux auteurs ont pu consulter abondamment Yvonne Loriod quand il en était encore temps.  Il nous plaît d'y relever cette belle phrase écrite par Messiaen dès 1945, dans un carnet où il notait (déjà) ses aspirations en vue d’enseigner la composition à de futurs apprentis : « Les pousser le plus possible à écrire une musique qui aime et qui chante – en respectant leur personnalité ».

Notre parcours bibliographique ne prétend pas être exhaustif. On relèvera, parmi les nouveautés étrangères, une biographie par Christopher Dingle : The life of Messiaen, Cambridge University Press (2007), plusieurs fois citée par Philippe Olivier, ainsi que le livre d’analyse de l’organiste italien Fausto Caporali portant sur l’œuvre complète pour orgue de Messiaen, et illustré de nombreux exemples musicaux : Il dialogo perpetuo. L’opera per organo di Olivier Messiaen (edizioni Armelin Musica, Padova 2007)À cette heure, notre rédaction n’a pas reçu le livre d’Olivier Latry & Loïc Mallié, lui aussi consacré à la musique d’orgue, d’abord annoncé chez Leduc (ce qui aurait été logique, eu égard à la part que l’œuvre de Messiaen représente dans le catalogue de cet éditeur !) puis « exilé » chez Carus à Stuttgart.  On citera enfin l’ouvrage collectif (avec des textes du Père Jean-Rodolphe Kars, Harry Halbreich, George Benjamin, Jacques Penot, Loïc Mallié...) accompagnant le cycle Messiaen à la Trinité, organisé par Olivier Latry : Messiaen 2008 : Un arc-en-ciel théologique (Trinité Média Communication, 2007).

Sylviane Falcinelli

 

 


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Lady Macbeth de Mzensk à l’Opéra Bastille : Œuvre phare de la production lyrique de Dimitri Chostakovitch, Lady Macbeth de Mzensk est reprise à l’Opéra Bastille dans une formidable production due à Martin Kusej.  Rarement l’expressionnisme forcené de cette pièce n’aura été mieux saisi en des images d’une fulgurance inouïe et d'une extrême théâtralité.  La distribution et la direction d'orchestre ne devraient pas non plus décevoir. Opéra Bastille, les 17, 20, 22, 28, 30 janvier 2009 (19h30), et 25 janvier (14h30).  Renseignements et location : 130, rue de Lyon, Paris XIIe.  Tél. : 08 92 89 90 90 . www.operadeparis.fr

 

© A T Schaefer

 

 

Une comédie musicale de Bernstein au Châtelet : On The Town de Leonard Bernstein, sur une trame de Jerome Robbins, sera donné au Théâtre du Châtelet pour les fêtes de fin d'année. Une occasion (à ne pas manquer) de savourer une comédie musicale qui, sans avoir atteint la notoriété de West Side Story, l’égale en intérêt musical.  La production fort réjouissante et pleine de vie nous vient de l’ENO de Londres. Châtelet, du 10 décembre 2008 au 4 janvier 2009 . Renseignements et location : 1, place du Châtelet, Paris Ier. Tél. : 01 40 28 28 40 . www.chatelet-theatre.com

 

Le Passeport européen de l’Opéra : Pour quelque 90 €, l’Opass, passeport d’opéra européen, permet aux jeunes de moins de 31 ans d'assister à 5 représenattions dans diverses maisons d’opéra à travers l’Europe - de Bruxelles à Madrid, de Copenhague à Prague, de Riga à Séville, Barcelona, Genève, Varsovie, Athènes, etc.  Un excellent moyen de découvrir ce qui se fait dans le domaine des grands classiques, revisités par les régisseurs d’aujourd’hui, ou de mesurer les tendances actuelles de la création opératique - sans oublier l’aspect touristique, loin d’être négligeable !  Renseignements : www.opass.eu ou info@opass.eu

 

Une saison à la Scala de Milan... au Musée du Louvre ! L’auditorium du Louvre nous emmène à la prestigieuse Scala de Milan pour douze séances d’opéras filmés - par la RAI - de nouvelles productions et d’archives, récentes ou historiques, dont certaines inédites.  L’occasion de découvrir le travail d’une maison illustre s’il en est, de voir des mises en scène légendaires, puisées aux grands courants de ce théâtre, historiciste (Franco Zefirelli), esthétique (Giorgio Strehler, Gilbert Deflo), ou modernistes (Luca Ronconi, Liliana Cavani, Patrice Chéreau, Stéphane Braunschweig), et de réentendre quelques-unes des plus grandes voix qui se sont produites sur la scène milanaise, et elles sont légions : et bien entendu les baguettes de haut vol, Abbado, Kleiber, Muti, Maazel ou Barenboim.  L'occasion aussi de souligner le lien particulier qu’entretient le célèbre musée avec l’opéra, sorte d’écho du monde lyrique dans ses collections.  Deux confèrences complèteront ces programmes, par Sergio Segalini, sur l’histoire de la Scala, et Stéphane Lissner, l’actuel directeur du théâtre, sur ses projets.  Un excellent moyen de rendre encore plus accessible le monde de l’opéra ; grâce aussi à l’apport des nouvelles technologies, en particulier, pour ce qui est des productions les plus récentes, filmées en haute définition.  Auditorium du Louvre : du 7 décembre 2008 au 28 juin 2009 .  Location sur place tous les jours, sauf mardi et dimanche, de 9h à 17h30. Par tél. : 01 40 20 55 00 ou à la Fnac.

Jean-Pierre Robert

 

 


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Didier Jeunesse organise un grand jeu-concours autour de la musique classique !  Il s’agit d’initier les élèves en les incitant à créer eux-mêmes leurs propres productions comme :

  • Réécrire deux scènes de Roméo et Juliette* en transposant l’action dans le lieu et l’époque de leur choix.
  • Inventer une autre fin à La chèvre de Monsieur Seguin** et l’illustrer à la manière d’Éric Battut.
  • Imaginer un épisode de La petite sirène*** qui n’est pas présent dans la version d’origine.
  • Décrire une fête du Moyen Âge au château de Guingamor****.

 

Surtout que les prix sont très attractifs puisque le 1er Prix est une invitation, de toute la classe, au concert-conte de l’Orchestre philharmonique de Radio France donné dans le cadre de sa saison Jeune public : « La parole surgit des glaces » (le vendredi 15 mai 2009, à 14h30, salle Olivier Messiaen, avec Isabelle Autissier et Pascal Ducourtioux. Pour 7 musiciens et récitants).  Et recevez toute la collection des livres-disques classiques de la collection « Contes et Opéras » !

Du 2e au 5e prix : recevez cinq livres-disques classiques de la collection « Contes et Opéras » et gagnez un abonnement à la revue L’éducation musicale.  Du 6e au 50e prix : choisissez un livre-disque parmi les titres de la collection « Contes et Opéras ».

 

Pour participer, il suffit d’envoyer, sur papier libre, avant le 20 avril 2009 à Didier Jeunesse (Concours Musique - 8, rue d’Assas, 75006 Paris) les productions des élèves, un résumé de la démarche pédagogique adoptée par l’enseignant et les différentes étapes qui ont marqué l’élaboration du projet.

Vous pouvez librement agrémenter votre projet d’enregistrements sonores ou d’illustrations ! Toutes les initiatives créatives sont encouragées chez Didier Jeunesse !

 

Règlement complet de ce superbe jeu-concours disponible sur : www.didierjeunesse.com

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* Roméo et Juliette. Didier Jeunesse. Musique : Serge Prokofieff. D’après la pièce de Shakespeare avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Dirigé par Myung Whun-Chung. Texte écrit et conté par Valérie de la Rochefoucauld. Illustrations de Laurent Corvaisier. 48 pages/CD : 50 minutes.

 

** La chèvre de Monsieur Seguin. Didier Jeunesse. Musique originale : Olivier Penard. Sous la direction de Jean-Michel Despin. Récitant : Jacques Bonnaffé. Illustrations : Éric Battut.  36 pages/CD : 37 minutes.

 

*** La petite sirène.  Didier Jeunesse. Musique : Edvard Grieg. « Peer Gynt » par l’ensemble Agora. Texte : Andersen. Récitante : Natalie Dessay. Illustrations : Nathalie Novi. 48 pages/CD : 62 minutes.

 

**** Guingamor, le chevalier des sortilèges. Texte : Pierre Coran. Récitant : Denis Lavant. Direction musicale : Emmanuel Bonnardot. Illustrations : Judith Gueyfier. 46 pages/ CD : 53 minutes.

 

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Entrez dans la musique avec vos élèves !

 

Les concerts du mercredi. Marianne Vourch Production (marianne.vourch@wanadoo.fr). Réservation : 01 42 27 79 90 . www.lesconcertsdumercredi.com Durée : 1 heure. Tarif : 5  € par élève (gratuit pour les accompagnateurs).  Espace Léopold Bellan (64, rue du Rocher, 75008 Paris).

© DR

 

Ces concerts sont nées de l’initiative et de la ténacité de Marianne Vourch en 2001 afin de familiariser le jeune public à la musique classique. Elle prépare chaque concert minutieusement avec, en plus des anecdotes et éléments historiques, des dossiers pédagogiques mis à disposition.

 

Les concerts pour les primaires et les collèges ont lieu à 10h ou 15h :

  • 9 décembre 2008 Escales.  Bruno Desmouillières, percussions. Florent Héau, clarinette et scie musicale. Patrick Zigmanowski, piano.
  • 20 et 22 janvier 2009 Suivons la contrebasse ! Yann Dubost, contrebasse. Yannaël Quenel, piano
  • 10 et 12 février 2009 Jacques Prévert en musique. Véronique Fèvre, clarinette. Véronique Briel, piano
  • 10 mars 2009 Undine, sonate de Carl Reinecke. Yves Charpentier, flûte. Bruno Belthoise, piano
  • 7 avril 2009 Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Tamayo Ikeda, piano. Patrick Zigmanowski, piano
  • 12 mai 2009 De Mozart à … Bruno Fontaine, piano

 

 

 

Le supplément Baccalauréat 2009. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques du baccalauréat ».

Le supplément Baccalauréat 2009 réunit les connaissances culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.

Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris.
Tél : 01 53 10 08 18. Fax : 01 53 10 85 19. heuresdefrance@wanadoo.fr


 

 

 

Notre numéro de Novembre/décembre est à découvrir sans attendre! au sommaire de ce numéro, vous trouverez un dossier spécial consacré à "La chanson" avec des analyses musicales de Les Feuilles mortes ou encore de Cécile, ma fille.

 

 

Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité, votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre site Internet, n’hésitez pas à me contacter au 01 53 10 08 18 pour connaître les tarifs publicitaires.





 

Laëtitia Girard

Im Abendrot

Au crépuscule

 

Tu m’as appris le baiser amoureux, son avidité croissante, sa tendresse d’amadou qui enflamme nos lèvres, génie sensuel jaillissant de la lampe de chair où nos langues filent un feu doux. 

Les ponts mosans enjambent le soleil couchant, le fleuve s’ouvre les veines.  Nous avons vécu l’après-midi à contrecœur et regardons maintenant à contre-jour les chalands éperonner la lumière amarrée sous les arches.  L’air cotonneux peluche, le soir descend par les jardins en gradins ; les petites filles échelonnent les pavés pour la marelle, y déposent un petit palet.  Nos ombres enlacées sont si longues, si longues que les gens marchent dessus.  A l’horizon les toits des faubourgs flamboient.  Dans ma tête « Im Abendrot » de Richard Strauss me pose sa question sereine articulée sur six notes : « Ist dies etwa der Tod »…fa dièse, fa dièse, la, la, si bémol, do bémol...  « Est-ce cela, la mort ? » 

Le sang noir de la Meuse coule au cœur de la ville ; et le fleuve de plus en plus sombre, sombre en lui-même comme les dernières mesures du Lied. Soudain les rires des petites filles, pareils aux flûtes des six dernières mesures, trillant par-dessus le lent naufrage des cordes basses, me rappellent à la sérénité, me donnent la paix du point d’orgue, accord de six notes, ouvert sur la plénitude d’une interrogation sans réponse.

                                                                 

                                                                           Michel Wagner*

 

*Michel Wagner (1951) est flûtiste concertiste et, après une formation de philologue, traducteur de profession. Il vient de publier aux éditions Beauchesne son premier roman, L’Apparence de la mort. Passionné de musique, d’histoire, d’astrophysique et de philosophie, il est, peut-être, avant tout, coureur de bois aux yeux ouverts.