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www.leducation-musicale.com



novembre-décembre 2007
n° 547-548


septembre-octobre 2007
n° 545-546


BACCALAUREAT 2008
Supplément au n° 543-544


Sommaire :

1 - L'éditorial de Francis Cousté : Une école, un orchestre !
2 - Informations générales
3 - Varia
4 - Manifestations et Concerts
5 - L'édition musicale
6 - Bibliographie
7 - CDs et DVDs
8 - 2008, année Messiaen
9 - Spectacles musicaux
10- La vie de L’éducation musicale


Une école, un orchestre !

 

L’Éducation nationale et les parents d’élèves de conservatoires
représentent certes un marché considérable et convoité.
(Marc-Olivier Dupin, Pour une autre éducation musicale)

Qui ne souscrirait à une telle ambition ? S’inspirant - nous dit-on – de ce qui existe en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis.  Pays dans lesquels pourtant, derrière quelques brillantes façades, la réalité n’est guère idyllique…

  • Ainsi, en République fédérale d’Allemagne, découvre-t-on d’invraisemblables disparités entre Länder : enseignement musical surreprésenté dans certaines écoles (celles que l’on exhibe à tout coup), cependant qu’il est absent de la plupart d’entre elles.
  • En Angleterre - où il n’y eut jamais d’équivalent de nos conservatoires -, les cours instrumentaux sont dispensés au sein même des établissements d’enseignement général.  À l’exaspération du corps enseignant qui voit ses emplois du temps constamment perturbés, voire amputés…
  • La situation est certes meilleure aux États-Unis, où les après-midi sont consacrés à la pratique des arts et du sport.  Activités remarquablement développées d’ailleurs, grâce à une solide tradition de mécénat privé, permettant à tout établissement de posséder, par exemple, un instrumentarium de qualité.

Ce n’est malheureusement pas le cas, en France : mécénat quasi inexistant et impossibilité d’obtenir de l’État le moindre subside.  Ouvrant ainsi un boulevard à quelques bons apôtres, instrumentalisés en sous-main par d’habiles commerçants…  Lesquels, cœur en bandoulière, confient - mais pour un temps limité - divers instruments d’orchestre à de jeunes enfants.  Néophytes qui ont ainsi toute latitude de faire agréablement mumuse…

Opérations avant tout commerciales donc, menées dans la radieuse perspective de l’ouverture de nouveaux marchés.  Alors que, nous le savons bien, un véritable enseignement musical scolaire ne peut se fonder que sur l’audition, le chant choral et les pratiques créatives d’ensemble qu’autorisent les nouvelles technologies…

À l’école, la musique s’apprend de manière collective, et il faut que cela perdure !  Ne serait-ce pas plutôt aux conservatoires et écoles de musique de développer leurs propres pratiques orchestrales – complément indispensable d’apprentissages que tout le monde s’accorde à trouver bien trop individualisés ?

Francis B. Cousté


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BOEN n°41, du 15 novembre 2007, p. 2282.  Modification des modèles de diplôme du baccalauréat technologique « Techniques de la musique & de la danse ».

 

Le Bulletin officiel de l’Éducation nationale est librement consultable sur :

www.education.gouv.fr/pid285/le-bulletin-officiel.html

 

Dates des écrits de concours.  Capes interne : 30 janvier 2008 / Agrégation interne : 22-25 janvier 2008.  Capes externe : 4-19 mars 2008 / Agrégation externe : 1er-17 avril 2008.

 

 

En Europe, 5 millions de personnes travaillent dans le secteur culturel, soit 2,5 % de l’emploi total dans l’Union européenne.  Renseignements : http://ec.europa.eu/eurostat

 

Eurostat logo

 

En libre accès… Choral Public Domain Library : http://cpdl.org

 

Chœur & orchestre de Paris-Sorbonne

 

« Rencontres de la Médiathèque » à la Cité de la musique.  « Parcours métier : chef de chœur », le mercredi 12 décembre, à 18h30.  Avec Claire Marchand, Cyrille Rault-Gregorio & Florent Stroesser.  Accès libre, sur réservation par courriel : rp@cite-musique.fr  Renseignements : 01 44 84 89 45. http://mediatheque.cite-musique.fr

 

 

« Tristan Murail, de l’école spectrale aux théories du chaos » : cette Journée d’étude se déroulera, en présence du compositeur, le vendredi 14 décembre, de 9h30 à 17h30, à Paris, au Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC).  Avec la participation de : Nicolas Darbon (concepteur de la Journée), Pierre Albert Castanet, Anne Sedes, Guilherme Carvalho, Thierry Alla, Jean-Yves Bosseur, Olivier Class.  À 18h00, concert d’œuvres de Giacinto Scelsi et de Tristan Murail.  Renseignements : www.cdmc.asso.fr

 

Tristan Murail, par Riccardo Vecchio

 

« Musique et dialogue entre les cultures », tel était le thème du symposium de l’Unesco qui s’est tenu à Paris, le 26 novembre 2007.  Manifestation organisée par l’Unesco en coopération avec le Northeastern University’s Department of Music de Boston et la Melody for Dialogue Among Civilizations Association (MDACA).  Trois ateliers : Musique et expressions culturelles / L’impact de la globalisation et de la commercialisation sur la musique en tant que patrimoine immatériel / Comment la musique concourt-elle à la communication ?  Une Conférence internationale se tiendra sur ce même thème à Boston (USA), en 2008.  Renseignements : www.music.neu.edu ou www.melodydialogue.org

 

Mehri Madarshahi-d’Orville, présidente

 

« Quel avenir pour le disque et le spectacle vivant Jeune public ? », tel est le thème de la table ronde professionnelle organisée à Paris (Espace Cardin), le 5 décembre 2007, par l’Irma, en partenariat avec le festival Mino et les JMF.  Avec des représentants des firmes ou organismes : Naïve, Victorie Music, Adami, Festival de Marne, Jeanine Roze Production, W2, Fnac… Un compte rendu des travaux sera bientôt disponible sur les sites de l’Irma et du festival Mino : www.mino.fr & www.irma.asso.fr

 

 

Sur Canal Académie : Berlioz à Rome, le rendez-vous manqué, par Danièle Pistone, directrice de l’Observatoire musical français (OMF) :

http://www.canalacademie.com/Berlioz-a-Rome-le-rendez-vous.html

 

Villa Medicis

Rome, Villa Medicis

 

« Vienne en fête », avec l’Orchestre national d’Île-de-France, dir. Klaus Weise.  Naïra Abrahamyan, soprano ; Ann-Estelle Médouze, violon.  Œuvres de Johann Strauss, Mozart et Richard Strauss.  En décembre, à Paris (Salle Pleyel), Rueil-Malmaison, Saint-Michel-sur-Orge, Villeparisis, Aulnay-sous-Bois, Saint-Maurice, Noisy-le-Grand, Longjumeau.  Renseignements : 01 43 68 76 00. www.orchestre-ile.com

 

Wiener Opernball

 

L’écrivain & musicologue Philippe Beaussant (°1930), fondateur en 1977 du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), a été élu, le 15 novembre 2007, à l’Académie française.  Où il occupera le fauteuil de Jean-François Deniau.

 

Philippe Beaussant



Inquiétudes dans les universités. Le département Musique & musicologie de l’université Lyon 2 serait aujourd’hui touché par des restrictions budgétaires (de l’ordre de 20%, à échéance de 2009-2010), entraînant une diminution de l’enveloppe horaire de 1 124 heures sur 3 ans, et donc la disparition d’une vingtaine de postes d’enseignants. [Il en irait à peu près de même, nous dit-on, pour le département Musique & musicologie de l’université de Nice Sophia-Antipolis.] Renseignements : http://musicolyon.overblog.com

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Philippe Meirieu : « On n’apprend bien que ce que l’on a appris soi-même, nous dit Rogers.  Mais on n’apprend soi-même que ce qui vient des autres.  L’acte d'apprendre est, en effet, la capacité à tenir ensemble ces deux exigences.  Car apprendre, nul ne peut le faire à notre place… et apprendre des autres est nécessaire parce que nous ne pouvons pas recréer le monde chacun à notre tour : ce qui nous caractérise comme être humain, c'est ce rapport à l'héritage » (Un nouvel art d’apprendre).  Renseignements : www.meirieu.com

 

 

Musicians of the Year (by Musical America)

 


1960: Leonard Bernstein

1961: Leontyne Price

1962: Igor Stravinsky

1963: Erich Leinsdorf

1964: Benjamin Britten

1965: Vladimir Horowitz

1966: Yehudi Menuhin

1967: Leopold Stokowski

1968-69: Birgit Nilsson

1970: Beverly Sills

1971: Michael Tilson Thomas

1972: Pierre Boulez

1973: George Balanchine

1974: Sarah Caldwell

1975: Eugene Ormandy

1976: Arthur Rubinstein

1977: Plácido Domingo

1978: Alicia de Larrocha

1979: Rudolf Serkin

1980: Zubin Mehta

1981: Itzhak Perlman

1982: Jessye Norman

1983: Nathan Milstein

1984: James Levine

1985: Philip Glass

1986: Isaac Stern

1987: Mstislav Rostropovich

1988: Sir Georg Solti

1989: Leonard Bernstein

1990: Herbert von Karajan

1991: Gian Carlo Menotti

1992: Robert Shaw

1993: Kurt Masur

1994: Christa Ludwig

1995: Marilyn Horne

1996: The Juilliard String Quartet

1997: James Galway

1998: Seiji Ozawa

1999: André Previn

2000: Carnegie Hall

2001: Martha Argerich

2002: Sir Simon Rattle

2003: Kronos Quartet

2004: Wynton Marsalis

2005: Karita Mattila

2006: Esa-Pekka Salonen

2007: Bernard Haitink

2008: Anna Netrebko (notre photo)


 

 

Fêter la Saint-Patrick à Paris-Bercy ! Samedi 15 mars 2008, 20h : Grand concert celtique & fest-noz géant, jusqu’à 2h00 du matin.  Renseignements : www.nuitdelasaintpatrick.com

 

Cliquez pour entrer

 

Exposition « Le monde de la chanson enfantine ».  Centre régional de documentation pédagogique de Poitou-Charentes, jusqu’au 21 décembre 2007.  Entrée gratuite.  Visites de groupes sur réservation.  Renseignements : CRDP – 6, rue Sainte-Catherine, 86000 Poitiers. Tél. : 05 49 60 67 67. www.crdp-poitiers.cndp.fr

 

 

Florilège vocal de Tours.  Prochaines éditions : 30 mai-1er juin 2008 & 29-31 mai 2009.  Renseignements : 02 47 21 65 26.  www.florilegevocal.com

 

Florilège vocal de Tours, édition 2007

 

Maison de l’Amérique latine.  Tribune de la musique et du spectacle : les jeudis 13 décembre 2007 & 17 janvier, 14 février, 20 mars, 10 avril, 22 mai, 12 juin 2008.  Avec Oscar Barahona, Élodie Bouny, Francisco González, Michel Plisson et Cristóbal Soto.  Renseignements : 217, bd Saint-Germain, Paris, VIIe.  Tél. : 01 49 54 75 00. www.mal217.org

 

   

Maison de l’Amérique latine

 

Le stage choral « En musique, l’an neuf 2008 en Alsace », dont le thème est Musique chorale d’Asie, se déroulera du 28 décembre 2007 au 1er janvier 2008.  Avec, notamment, le Singapore Youth Choir Ensemble Singers, dir. Jennifer Tham & Jean Sturm.  Renseignements : À Cœur Joie Alsace.  Tél. : 08 75 32 82 42.  http://acj-alsace.musicanet.org

 

La passion de chanter

 

Laurence Equilbey, créatrice du chœur Accentus, a conçu et fait réaliser un diapason électronique révolutionnaire : e-tuner.

Renseignements : http://www.e-tuner.fr/idee.php?langue=fr

 

 

Musique & cinéma à l’Archipel : 17, bd de Strasbourg, Paris XeProgrammes : www.larchipel.net

facade

Musée du Louvre : Avec 8,35 millions de visiteurs (en 2006), le Musée du Louvre est le musée le plus fréquenté au monde.  Depuis 2001, sa fréquentation a crû de 60 %.  En 2006, plus de 100 000 jeunes l’auront fréquenté le vendredi soir (entrée gratuite pour les moins de 26 ans).  Renseignements : 01 40 20 50 50. www.louvre.fr

 

 

Le célèbre orgue du Studio 103 de la Maison de la radio vient d’être acquis (pour 1 €) par la paroisse Sainte-Jeanne d’Arc de Versailles.  Il devrait être inauguré en septembre 2008 (notre photo).  Renseignements : http://jeannedarc-versailles.com/spip.php?rubrique17

 

 

 

Hibiki Tamura (20 ans), pianiste japonais, vient de remporter le Grand Prix du Concours international de piano Marguerite-Long 2007.

 

 

 

The Music of Freemasonry : http://masonmusic.org/home.html

 

                               

                                   Pochette maçonnique                                                Tablier de Voltaire

 

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En la cathédrale Saint-Louis de Versailles, sera donné, les samedi 1er (21h) et dimanche 2 décembre (16h30), l’Oratorio de Noël de J.-S. Bach.  Solistes, chœur & orchestre de la cathédrale, sous la direction de l’abbé Amaury Sartorius, curé de la paroisse Sainte-Jeanne d’Arc et maître de chapelle de la cathédrale Saint-Louis (notre photo).  Libre participationRenseignements : http://jeannedarc-versailles.com/spip.php?article137

 

               Oratorio de Noël

 

 

Hommage à André David : « Lignes croisées » à la Schola Cantorum (269, rue Saint-Jacques, Paris Ve), le samedi 1er décembre 2007 à 20h00.  Œuvres de : Isaac Albéniz, Narcis Bonet, Daniel-Lesur, André David, Manuel de Falla et Joan Guinjoan.  Avec le concours de Odile Descols, Geneviève Ibanez, Frédéric Werner.  Solistes de l’Orchestre Léon Barzin, dir. Jean-Jacques Werner.  Renseignements : 01 43 54 15 39. www.schola-cantorum.com

 

 

 

Auditorium du Musée d’Orsay. Pour jeune public (à partir de 8 ans) : L’Histoire du soldat de Ramuz et Stravinski.  Dimanche 2 décembre, 11h00 et 15h00.  Durée : 50’.  Renseignements : 1, rue de la Légion-d’Honneur, Paris VIIe.  Tél. : 01 40 49 47 50. www.musee-orsay.fr

 

La Danse de Carpeaux avec au premier plan une compositon de Joel Shapiro - Correspondances 2005 - Paris Musée d'Orsay - Copyright : Musée d'Orsay - Joel Shapiro et A.Point, JPhG

 

 

Sandrine Piau aux Bouffes-du-Nord : Accompagnée au piano par Susan Manoff, la grande soprano donnera, le 3 décembre 2007 à 20h30, un récital d’œuvres de Chausson, R. Strauss, Brahms, Debussy, Zemlinsky, Koechlin et Schönberg.  Renseignements : 37bis, bd de la Chapelle, Paris Xe.  Tél. : 01 46 07 34 50.  www.bouffesdunord.com

 

           

 

Le pianiste François-René Duchable & le comédien Alain Carré présenteront leur nouveau spectacle musical « Prévert, Paroles et musiques », à Paris, Salle Gaveau, le vendredi 7 décembre, 20h30.  Œuvres de Bach, Beethoven, Brahms, Chopin, Daquin, Gershwin, Grieg, Liszt, Moussorgski, Ravel, Scarlatti, Schumann.  Renseignements : 45, rue La Boétie, Paris 8e.  Tél. : 01 49 53 05 07. www.sallegaveau.com

 

 

 

« Les Concerts d’Athalie », orchestre symphonique constitué de 50 jeunes musiciens, dirigé par Léonard Ganvert (notre photo), donnera, le samedi 8 décembre 2007 à 20h30, de Robert Schumann : Manfred op. 115 et Der Königssohn op. 116.  Avec le concours de solistes et du chœur Arioso.  Lieu : Théâtre du lycée Jacques-Decour (12, avenue Trudaine, Paris IXe).  Libre participationRenseignements : 01 42 23 13 06. http://lesconcertsdathalie.free.fr

 

 

 

Musique au Val-de-Grâce : Hommage à Guy Morançon, le samedi 8 décembre 2007, 18h30.  Œuvres de M. Dupré, G. Morançon (notre photo), W. A. Mozart, J.-Ph. Rameau, L. Saguer et A. Vivaldi.  Avec les organistes Hervé Désarbre & Raphaël Tambyeff, le Quatuor à cordes de la Chambre de la Reine et l’Ensemble vocal « La Chapelle-Musique du Val-de-Grâce », dir. Étienne Ferchaud.  Entrée libreRenseignements : 1, place Alphonse-Laveran, Paris Ve. www.desarbre.com

 

                  

 

Vie parisienne : Offenbach à Saint-Louis de Gonzague, les samedi 8 décembre (20h30) et dimanche 9 décembre (15h00).  Maîtrise Saint-Louis de Gonzague, solistes et chœur, dir. Rémi Gousseau.  Renseignements : 12, rue Franklin, Paris XVIe.  Tél. : 06 42 38 51 84 (réservation indispensable).

 

 

 

Chantons Noël ensemble ! À l’Institut finlandais, le dimanche 9 décembre 2007, à 17h.  Entrée libre.  Renseignements : 60, rue des Écoles, Paris Ve.  Tél. : 01 40 51 89 09. www.institut-finlandais.asso.fr

 

 

 

VIe Forum de la Jeune Création musicale (SIMC) : Avec le concours de l’ensemble Proxima Centauri (notre photo), ce forum se tiendra, le vendredi 14 décembre 2007, dès 19h30, en l’Auditorium Saint-Germain (4, rue Félibien Paris VIe).  Renseignements : www.proximacentauri.fr

 

 

 

« Ode Paname… le son jazz de la poésie » sera en concert, le dimanche 16 décembre 2007, à 19h30, au Théâtre du Tambour Royal (94, fg du Temple, Paris XIe).  Avec Léa Castro (chant), Armel Dupas (piano), Olivier de Colombel (saxs) et Joan Eche-Puig (contrebasse).  Renseignements : 06 60 75 76 72. odepaname@yahoo.fr / www.myspace.com/odepaname ou http://www.dailymotion.com/video/x2zx48_ode-paname-concert-jazz_events

 

 

 

Musique en Sorbonne : « Faust de Goethe et les musiciens romantiques », Grand Amphithéâtre, lundi 17 décembre 2007, 20h30.  Programme : extraits de La Damnation de Faust de Berlioz et des Scènes de Faust de Schumann.  Aurélia Legay, soprano.  Pierre Vaello, ténor.  Patrice Berger, baryton-basse.  Chœur & orchestre de Paris-Sorbonne, chef de chœur : Denis Rouger / dir. Jacques Grimbert.  Renseignements : 01 42 62 71 71. www.musique-en-sorbonne.org

 

 

L’Ircam, hors les murs…  Happy end (Le Petit Poucet), opéra de Georges Aperghis : création mondiale, 7 et 8 décembre 2007, 20h.  Opéra de Lille.  Renseignements : 03 28 38 40 50. www.opera-lille.fr

« Du spirituel dans l’art ».  Samedi 8 décembre, 20h : Dialogue de l’ombre double et Anthèmes II de Pierre Boulez (solistes de l’Ensemble Intercontemporain) + œuvres de J.-S. Bach (le Concert français).  Dimanche 16 décembre, 16h30 : …explosante fixe… de Pierre Boulez (Ensemble Intercontemporain) + œuvres de J.S. Bach, M.-A. Dalbavie, B. Mantovani et G. Benjamin (Orchestre de Paris).  Cité de la musique.  Renseignements : 01 44 84 44 84. www.cite-musique.fr

 

 

 

Opéra de Tours : « Dix concerts pour petites oreilles » les 11, 12 et 13 décembre 2007 : Danses slaves n°1 et 3 de Antonin Dvorák / Casse-Noisette de Piotr-Illytch Tchaïkovski.  Orchestre symphonique Région Centre-Tours, dir. Jean-Yves Ossonce.  Tous publics à partir du CP.  Durée : 45’.  Renseignements : 02 47 60 20 20.  www.tours.fr theatre-jeunepublic@ville-tours.fr

 

 

 

Théâtre musical à l’Amphithéâtre Bastille : Aventures, Nouvelles aventures + Musica ricercata de György Ligeti ; Miniwanka or the Moments of Water de Raymond Murray Schafer.  Avec l’Ensemble Justiniana.  Pour tous publics : 8, 12, 15 et 18 décembre 2007.  Pour scolaires (à partir de 9 ans) : 14 et 17 décembre, 14h30.  Durée : 60’.  Renseignements : 08 92 89 90 90. www.operadeparis.fr

 

Petits et Grands - Saison 2007-2008

 

 

Le BSI Winter Festival se déroulera, en l’Église au Bois de St. Moritz, les 27, 29 et 30 décembre 2007.  Avec le concours, notamment, de Renaud Capuçon (directeur artistique du festival), Gautier Capuçon, Michel Dalberto, Paul Meyer, Béatrice Muthelet, Aki Saulière…  Renseignements : +41 81 837 33 33. www.stmoritz.ch ou www.bsi.ch

 

 

Francis Cousté

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FORMATION MUSICALE

Jean-Clément JOLLET : Tour de chants. Livre de mélodies. Divers auteurs. Livre-CD. Billaudot : G8087B.

Ce livre a été préparé pour de jeunes élèves débutants de deuxième année de FM dans le cadre d’un cycle de quatre ans. Il est divisé en trois parties : la première présente des chansons françaises à réaliser par répétition avec les paroles ; la deuxième, accessible par la lecture, présente des chansons d’origines variées ; la troisième présente des textes tirés du répertoire. Le CD est un outil indispensable. Il contient les accompagnements de chaque texte ainsi que les cellules préparatoires présentées comme dans chaque cours. Il s’agit là d’un précieux outil pédagogique. Saluons cette remarquable réalisation d’un pédagogue dont les nombreux ouvrages sont devenus des « incontournables » de la FM. Jean Clément Jollet ne cesse de se renouveler et d’apporter, à chaque fois, aux professeurs la possibilité de faire de la musique avec leurs élèves…

 

Jean-Clément JOLLET : La musique tout simplement, n°7.  2e cycle, 3e année.  Livre de l’élève / livre du professeur.  Billaudot : G7580B / G7581B.

Voici donc le 7e volume de cette remarquable collection dont nous rendons compte au fur et à mesure de ses parutions. Construite entièrement à partir des textes musicaux, cette méthode, outre qu’elle intègre l’ensemble des disciplines de base d’un cours de FM, donne également aux élèves une véritable culture musicale par le choix des œuvres étudiées et toutes les indications qui s’y rapportent. On ne peut que conseiller chaudement aux professeurs de découvrir, s’ils ne l’ont déjà fait, cette collection en tous points remarquable. 

 

Stephan ETCHARRY : Mélodimania,vol. 4.  1er cycle.  Billaudot : G7530B.

De Sermisy à Kosma en passant par Lully, Wagner et bien d’autres, ce volume fait parcourir avec bonheur le répertoire vocal. Les mélodies sont notées avec l’accompagnement de piano et les paroles. Chacune fait l’objet de suggestions de travail, d’intonation, de rythme et d’analyse. Cet ouvrage peut donc être très utile pour la culture à la fois vocale et musicale des élèves.

 

Marie-Hélène SICILIANO & Joëlle ZARCO : Pédagogie de l’écoute.  1 vol. + 1 CD.  Lemoine : 28573 HL.

Ce volume s’adresse aux débutants et commence par les exercices d’écoute les plus simples avant d’initier à la dictée traditionnelle proprement dite. C’est très progressif, très bien fait, simple et complet dans l’étude des différents paramètres du son, y compris le timbre des différents instruments, sans oublier une initiation auditive à la structure de la phrase et l’enchaînement des premier et cinquième degrés.

 

Joëlle ZARCO : La musique par le mouvement. De la perception à l’action.  Début 1er cycle.  1 vol. + 2 CDs.  Lemoine : 28489 HL.

Joëlle Zarco, spécialisée en éveil, est diplômée de sophrologie et licenciée en rythmique Dalcroze de la Juilliard School.  On ne sera donc pas étonné de voir aussi intimement mêlés mouvement et musique.  Placé au centre de cette pédagogie, le corps devient l’expression de la perception musicale subjective. La pratique précède toujours l’analyse. Dire que « cet ouvrage couvre le programme de la première année de formation musicale, et au-delà » n’est sans doute pas tout à fait exact : il couvre une partie du programme des premières années, mais il aura besoin d’être complété par une approche plus traditionnelle de certains exercices.  Il est toutefois d’une grande richesse et permettra t d’approfondir des aspects souvent négligés ou ignorés, et pourtant tellement nécessaires, de l’initiation.  Il sera notamment très précieux pour mettre en place une écoute fine et musicale. 

 

ORGUE

Naji HAKIM : Glenalmond Suite, pour orgue.  United Music (distribution : Leduc).

Cette commande pour l’inauguration de l’orgue du Glenalmond College, en Écosse, a été créée le 10 juin de cette année. Les quatre pièces qui la composent sont inspirées par le psaume 22 (23) : « l’Éternel est mon berger » et l’épisode de la brebis perdue dans Matthieu, textes qui se répondent évidemment.  Cette Suite, qui met en valeur toutes les possibilités de l’orgue et de l’organiste nous fait passer de la méditation à la jubilation.  Voilà encore une très belle œuvre à ajouter au catalogue déjà abondant de ce compositeur (notre photo). 

 

FLÛTE À BEC

Michel NIERENBERGER : Pauline, pour flûte à bec et piano.  Lafitan : PL 1559.

Voici une pièce bien agréable, un peu « jazzy » avec un air de blues, et sans difficulté pour le flûtiste même débutant. On a envie de swinguer un peu cette Pauline, au point que l’auteur a dû préciser : « Les croches égales »…

 

FLÛTE TRAVERSIÈRE

Philippe SAGNIER : Nuages épars, pour flûte en ut et piano.  Lafitan : PL 1648.

Ces nuages épars, à la fois dansants et mélancoliques, séduiront les élèves de préparatoire en leur permettant de prouver leurs qualités de sonorité ainsi que leur capacité à faire vivre la musique.  Une petite cadence, un peu plus difficile, permet d’exercer leur technicité.

 

Djef JUNG : Valse sur un nuage, pour flûte en ut et piano.  Lafitan : PL 1690.

Est-ce la tessiture de la traversière qui fait que les compositeurs la propulsent dans les nuages ? Ici, notre nuage est une vraie salle de bal où une valse rapide fait tournoyer les danseurs.  On la verrait bien pour un niveau élémentaire ou moyen.  Pièce bien agréable.

 

GUITARE

Thierry TISSERAND : Couleurs latines, pour guitare.  Lemoine : 28499 HL.

Ces six pièces, très variées par le caractère, s’adressent à des guitaristes de deuxième cycle.  Nul doute que leur charme sud-américain ne séduise les élèves.  Bien mieux que des pièces d’études, elles sont de petits tableaux à découvrir et faire partager. 

 

Norberto PEDREIRA & Osvaldo BELMONTE : Dialogando, pour deux guitares.  Lemoine : 28427 HL.

On pourrait en dire autant de ce duo pour guitare inspiré d’un rythme populaire du nord-est de l’Argentine. Il s’agit d’une œuvre pleine de caractère et qui autorise une improvisation maîtrisée : un exemple de solo est proposé à un moment, mais il est possible d’improviser d’autres solos à partir d’une progression harmonique.  Les outils nécessaires (différentes possibilités de gammes & arpèges pour servir de base à l’improvisation) se trouvent sur le site Internet de Norberto Pedreira ainsi que des versions enregistrées de la pièce.  Voilà une proposition originale et intéressante.

 

Dominique CHARPAGNE : Matin de Creuse.  Pièce pour guitare.  Lafitan : PL 1615.

Cette charmante pièce s’adresse à des guitaristes de deuxième année.  Elle est fort mélodieuse et convient parfaitement au charme de l’instrument.  La partition est notée à la fois de façon classique et en tablature, ce qui permet aux élèves de pratiquer les deux systèmes.

 

CLARINETTE

Edward YADZINSKY : Sirène, pour clarinette seule en sib.  Leduc : AL 30363.

Ce compositeur américain, né en 1940, est professeur de clarinette et saxophone à la « State University of New York » de Buffalo.  Divisée en quatre parties (Prélude, La Folia, Danse à la folie et Sirène enchantée), cette pièce, à la fois virtuose et sensible, ne manquera pas… d’enchanter les auditeurs - même si elle donnera du fil à retordre à l’exécutant.

 

Émile LELOUCH : À travers champs pour clarinette en sib et piano.  Lafitan : PL 1573.

Voilà une agréable promenade qui permettra à tout clarinettiste un peu aguerri de folâtrer parmi champs, bois et clairières…

 

Xavier EECKELOOT : Un air de famille pour clarinette en sib et piano.  Lafitan : PL 1682.

Écrite pour le niveau Élémentaire, cette pièce, aux faux airs de « Canon de Pachelbel », exercera le pianiste encore plus que le clarinettiste… mais tous deux y trouveront profit et plaisir.

 

Marie-Luce SCHMITT : Piccolo Mozart. Sonatine en trois mouvements pour clarinette en sib et piano.  Lafitan : PL 1583.

On s’y croirait ! Voilà un bien agréable « à la manière de… ».  Tout y est, et je suis sûr que bon nombre d’auditeurs attribueront cette pièce à Wolfgang… Mine de rien, ce travail permettra à un clarinettiste de niveau moyen de s’approprier le style de Mozart et de s’initier ainsi au langage du premier auteur à avoir écrit un concerto pour cet instrument. Ce « modèle réduit » constituera donc un exercice très profitable, en même temps qu’il donnera l’occasion à l’instrumentiste de faire preuve de phrasé et de vélocité.

 

GUITARE ÉLECTRIQUE

Jean-Pierre VIMONT : La guitare électrique.  18 morceaux complets.  Méthode pratique et progressive.  Exercices et répertoire.  Tablatures.  Solfège.  Vol. + CD.  Hit-Diffusion : PCDEBGUIELE.

L’intitulé de l’ouvrage résume son contenu.  Tout s’y trouve, depuis la description de l’instrument, le choix de la guitare et des amplis.  Le néophyte est conduit pas à pas vers ses premières notes et ses premiers morceaux.  Exercices pratiques de lecture traditionnelle et de lecture des accords, morceaux simples avec play-back, tout devrait permettre une initiation logique à un instrument qui fascine tant d’élèves.  Abondant et très bien fait, le CD accompagne chaque étape de l’initiation. 

 

BATTERIE

Jacky BOURBASQUET & Claude GASTALDIN : Drum Session 11.  25 pièces pour batterie. Initiation 1 à fin de premier cycle.  Musique : Claude Brisset & Philippe Khoury.  Vol. + CD.  Leduc : AL 30423 et 30424.

Conçu de façon progressive et accompagné d’un remarquable CD de play-back de styles différents, cet ouvrage constitue un complément indispensable à l’enseignement de la batterie : il permet une approche simple et efficace du travail en orchestre.  Il complète d’autres recueils parus chez le même éditeur. Les commentaires pédagogiques, précis et détaillés, permettront une parfaite mise en œuvre, aussi bien pour les professeurs que pour le travail personnel de l’élève. 

Drum session 11

 

CONTREBASSE

Rémi YULZARI : Errance, pour contrebasse et piano.  Combre : C 06529.

Considérée comme de niveau fin du deuxième cycle, cette Errance, tantôt tendre et nostalgique, tantôt tumultueuse - œuvre d’un jeune compositeur jurassien de 25 ans - est très intéressante et pleine de promesses.

 

MUSIQUE D’ENSEMBLE

Philippe SAGNIER : Variations sur un air populaire du Maine, pour contrebasse solo et quatuor à cordes.  Combre : C 06529.

Voilà, pour un ensemble certes original, une pièce en forme de thème et (sept) variations.  Bien qu’il y ait un instrument soliste, le rôle du quatuor est loin d’être de simple accompagnement.  Il s’agit d’une pièce très plaisante qui sonne fort bien.  Sans visée pédagogique, cette œuvre pourra être toutefois montée avec profit par des élèves avancés. 

 

Daniel Blackstone

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Jean STURM : De literarum ludis recte aperiendis liber (De la bonne manière d'ouvrir des écoles de Lettres) ; Presses universitaires de Strasbourg.  159 p., 22 €. pus@umb.u-strasbg.fr

Ce Traité de pédagogie (1538) - à l’initiative de Jean Sturm (1507-1589) ayant réuni en un seul établissement l’ensemble des écoles latines de Strasbourg, alors ville libre du Saint-Empire romain germanique - est conçu dans l’optique de l’Humanisme et de la Réforme.  Il contient des préceptes et de judicieux conseils. Il est publié en 2007, à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du futur Recteur, à l’origine de la fondation de l’Académie, en 1566, et de la future Université (protestante), en 1621.

Le texte, traduit par Georges Lagarrigue et revu par Matthieu Arnold, est présenté sur deux pages en regard : à gauche, traduction française ; à droite, original latin.  Son contenu particulièrement instructif, placé sous le signe de l’acquisition de la « sagesse » et de l’« éloquence » et des auteurs latins (Cicéron, Virgile, Plaute, Térence…) met l’accent sur l’élégance et la construction du discours, la prosodie et la quantité des syllabes, la grammaire, la mémoire et la réflexion, mais aussi sur le catéchisme et l’« amour du bien ».

À côté de la rhétorique et de la dialectique, figurent non seulement les mathématiques, les « réalités naturelles » (quatre éléments de la nature), l’astronomie, mais aussi la musique, car « le dernier jour de la semaine, pendant les heures de l’après-midi, tous les élèves doivent s’exercer à la musique. En effet, la connaissance et la pratique de cet art sont dignes d’un homme libre ».

J. Sturm accorde  à la mère, sept ans pour élever l’enfant et jouer avec lui » ; aux enseignants, neuf ans pour les enfants ; cinq ans, pour les adultes, soit un total de quatorze ans. L’émulation et la stimulation sont encouragées. Le passage à la classe supérieure fait l’objet d’une cérémonie, où les mérites sont reconnus. L’enseignant doit « enseigner, corriger, exhorter et dissuader ». Ce remarquable Traité, fondé sur des principes bien argumentés, reste en partie valable, cinq siècles après son élaboration.

                      

 

Édith Weber

 

Revue de l’ABF, n°8.  Association Beethoven France et Francophonie (19, rue de l’Étang, 78660 Ablis.  Tél. : 01 30 59 03 87).  21 x 29,7cm, 108 p., 10 €.

L’aspect un peu fanzine de cette revue est vite oublié devant la qualité des écrits et leurs solides sources d’information.  Quatorze pages sont consacrées au 7e volet de la biographie du grand Ludwig, mais aussi aux événements familiaux et historiques qui ont forgé sa personnalité humaine et musicale.  Influence de Beethoven sur Wagner (Manuel Capdevila), Compréhension de l’œuvre de Beethoven par Berlioz (Dominique Catteau, professeur à l’IUFM d’Arras), Wagner & Nietzsche ou Gounod & Beethoven (Gérard Condé, compositeur et musicographe), Wilhelm Fürtwangler, un passionné de Beethoven (Frédéric Swensen, professeur émérite à l’Université de Californie) sont des articles bien documentés, parsemés de témoignages et d’un excellent niveau musicologique.  La revue se termine sur des comptes rendus de concerts et informations sur la vie de l’association.  Voilà une publication qui ravira les inconditionnels du maître de Bonn, témoignant que la passion peut faire bon ménage avec qualité et rigueur. 

Couverture du n°8 de la revue Beethoven

 

Nicolas DUFETEL & Malou HAINE (Sous la direction de) : Franz Liszt, un saltimbanque en province. « Perpetuum mobile », Symétrie. 24 x 17 cm, 426 p., ill. n&b et couleurs. 55 €.

Franz Liszt, au cours de sa carrière de concertiste, a sillonné les routes d’Europe.  Il était un véritable phénomène qui galvanisait les foules et dont l’aura n’a cessé de briller jusqu’à notre époque. La France a occupé une place privilégiée dans ses voyages. Cet ouvrage collectif, fruit du travail de quinze musicologues et universitaires spécialistes de Liszt et de la vie musicale française au XIXe siècle, présente un large panorama des tournées françaises du virtuose.  On y découvrira avec intérêt les programmes de ses concerts, leur réception (pas toujours favorable !) par la critique ou le public et un remarquable article de Bruno Moysan sur sa pratique de l’arrangement.  La personnalité de Liszt y est étudiée sous ses aspects apparemment contradictoires, d’interprète, de créateur et d’amuseur, lui-même se présentant à regret comme un saltimbanque.  Illustré de gravures d’époques, affiches de concert, caricatures et manuscrits musicaux, l’ouvrage étend ses investigations à tout un environnement social : la vie musicale de province, les voyages au XIXe siècle, les sociétés savantes, l’organisation des tournées ou les réseaux d’influence (aristocrates, francs-maçons, peintres…).  Un ouvrage passionnant, clair et admirablement documenté qui éclaire d’une lumière nouvelle un personnage hors du commun. 

 

Anthony GIRARD : Le langage musical de Chopin dans les 24 Préludes pour piano.  « Les cahiers d’analyse musicale », Billaudot.  21 x 27 cm, 62 p.  23,80 €.

Cet ouvrage propose un panorama complet du langage musical de Chopin à travers une œuvre fondamentale du compositeur : les 24 Préludes pour piano.  Illustrée de nombreux exemples musicaux annotés et présentés de manière très pédagogique, cette analyse s’attache à dégager dans l’un ou l’autre prélude les éléments compositionnels.  Sont ainsi abordés la mélodie et l’accompagnement (courbes mélodiques, types de mélodies, intervalles, nuances…), l’harmonie (types d’accords, cadences, emprunts et modulations…), puis le phrasé et la forme (schéma des phrases, plan tonal, plan dynamique…). Outre l’intérêt porté à l’œuvre elle-même, ce travail minutieux offre de nombreux angles d’approches offrant des bases solides pour travailler l’analyse, réviser des notions oubliées ou se perfectionner.  Enfin, l’auteur rappelle la nécessité de relier les éléments techniques à une compréhension musicale globale de l’œuvre. 

Anthony Girard: Le Langage Musical De Chopin

Anthony GIRARD : Le langage musical de Debussy dans les 12 Études pour piano.  « Les cahiers d’analyse musicale », Billaudot.  21 x 27 cm, 56 p.  22,60 €.

Dans cet autre cahier d’analyse musicale, Anthony Girard a choisi d’aborder le langage pianistique de Debussy à travers les 12 Études pour piano.  Le choix est pertinent car ces pièces déploient des éléments mélodiques, harmoniques et expressifs caractéristiques du compositeur. Un foisonnement d’exemples musicaux choisis avec rigueur soutient une analyse non moins rigoureuse mais également claire et concise.  On appréciera l’accent mis sur des points importants de l’expression : distinction entre thèmes narratifs, motifs suggestifs et textures figuratives, comment Debussy traite l’intériorité et le lyrisme ou quelles sont les particularités de sa syntaxe.  Les subtilités harmoniques, la forme et le timbre sont mis en évidence dans un esprit pédagogique qui ne laisse rien au hasard.  Ici encore, chaque étude n’est pas traitée isolément mais s’inscrit dans un contexte général comparatif dans lequel la musicalité semble le souci essentiel.  Cet ouvrage est à conseiller tant aux professeurs d’analyse, aux étudiants ou aux musicologues qu’aux pianistes qui y trouveront de nouvelles pistes d’interprétation.  « L’analyse musicale, écrit l’auteur, est le moyen de maintenir l’esprit et l’oreille en éveil, en interrogeant sans cesse une matière inépuisable qui toujours se dérobe, afin de retrouver les sensations de l’instant créateur ».

Anthony Girard: Le Langage Musical De Debussy

Célestin DELIÈGE : Invention musicale et idéologies.  2 : Mutations historiques et lectures critiques de la modernité.  Mardaga. 24 x 17 cm, 376 p.

Vingt ans après son premier recueil d’essais, Célestin Deliège réunit dans cet ouvrage la prolongation de séminaires tenus à l’Ircam entre 1989 et 1994, sous la direction de Hugues Dufourt, sur les thèmes de la Mutation de l’écriture et de la Modernité. L’auteur, en partant des années postweberniennes et des recherches postérieures, réévalue les mutations de l’écriture qui ont parcouru le XXe siècle à partir de Debussy.  Il s’attache ensuite à considérer la modernité sous l’aspect stylistique et celui du goût, les opposant à la postmodernité qui ne serait qu’un épisode de la modernité. Il envisage les idéologies externes qui ont généré la création musicale, l’idée ayant été captée par le compositeur, puis intégrée dans une collectivité de créateurs pour devenir idéologie.  Un ouvrage d’une rare qualité qui ouvre de nouveaux horizons vers une compréhension approfondie de la musique contemporaine.

Invention Musicale Et Ideologies T.2 ; Mutations Historiques Et Lectures Critiques De La Modernite

Gérard Moindrot

 

Joëlle-Elmyre DOUSSOT : Vocabulaire de l’ornementation baroque. « Musique ouverte », Minerve-Éditions (Tél. : 01 42 58 72 51. www.editionsminerve.com).  15 x 21 cm, 192 p., ex. mus.  19 €.

Dans la série « Vocabulaire » (elle comporte déjà 10 volumes), le présent titre faisait vraiment défaut.  Comment rendre, en effet, justice aux compositeurs du Baroque, en offrant de leurs œuvres l’interprétation la proche possible d’une réalité à jamais perdue ? Lacune ici comblée, et de belle manière.  À l’ordinaire de cette série, chaque entrée - riche d’exemples musicaux - se clôt sur « Voir aussi… ».  Depuis Accent (voir aussi : accento, aspiration, chute, Nachschlag, plainte) jusqu’à Zwischenschlag (voir aussi : appogiature, passage), sont ainsi présentées quelque 130 entrées.  En annexe : liste des symboles, bibliographie, index des noms. 

 

Patrick SCEMAMA & Stéphane ROUSSEL (Sous la direction de) : L’opéra au XXe siècle Préface de Gérard Mortier. Textuel (www.editionstextuel.com).  Ouvrage relié sous jaquette, 22,5 x 28 cm, 178 p., 4 portfolios de photos couleurs hors-texte.  59 €.

Lieu de toutes les conventions, l’opéra fit toujours l’objet - et singulièrement au XXe siècle - de violentes controverses.  Sous la plume d’éminents philosophes, musicologues, critiques et historiens d’art, est ici disséqué le phénomène.  Après une introduction intitulée « Le rituel et la modernité », l’ouvrage se divise en 3 grandes parties : Évolution du genre (Opéra et avant-garde, 1900-1945 / L’opéra dans la seconde moitié du XXe siècle / Traitement de la voix dans l’opéra) ; Interprétation (Mise en scène / Scénographie : vers une dramaturgie du visuel / Le chef d’orchestre et la création lyrique) ; L’opéra et les autres arts (Opéra et littérature / L’œuvre d’art totale : une rêverie de la modernité).  En annexe : Liste sélective des opéras créés au XXe siècle et Indications bibliographiques. 

Doktor Faust de Ferruccio Busoni

 

Marie-Christine VILA : Paris musique.  De l’école de Notre-Dame à la Cité de la musique : huit siècles d’histoire.  Parigramme (58, fg Poissonnière, Paris Xewww.parigramme.fr).  15 x 21 cm, broché avec rabats, 400 p. ill. n&b et couleurs.  35 €.

Richement illustré, ce magnifique pavé (de quelque 1 kg 300 gr), répondra à toutes vos curiosités concernant l’histoire musicale de la capitale : au Moyen Âge (moines, jongleurs & ménétriers), à la Renaissance (la ville & la cour), à l’Âge classique (sur les ponts de Paris, dans la ruelle & au théâtre), au siècle des Lumières (salons musicaux, concerts & querelles), du Directoire à la IIe République (grand opéra, goguettes & cabarets), du Temps des cerises à la Grande Guerre (caf’conc’, « Petit Bayreuth », Carmen & musiques d’ailleurs), des Années folles à l’Occupation (groupe des Six, Revue nègre, jazz hot & chanson réaliste), de la Libération aux années 1980 (be-bop, chanson rive gauche, musique sérielle & scène alternative).  Du plain-chant à l’électroacoustique, Paris fut toujours une fête musicale… 

Paris Musique

Francis Cousté

 

Hélène Bonafous-Murat : Échafaudage.  Le passage.  334 p., 18 €.

L’Hirondelle, célèbre chanteuse de cabaret et de cafés-concerts, a été assassinée en 1907 dans son appartement du IXe arrondissement.  Cent ans plus tard, son immeuble est ravalé.  Le restaurateur découvre la vie de cette artiste adulée par le Tout-Paris grâce aux habitants de l’immeuble qui tentent de résoudre le mystère de la mort de l’Hirondelle. Ainsi, les récits des différents narrateurs nous transportent à la Belle Époque tout en racontant leurs espoirs, leurs amours ou leurs déceptions. Un livre enchanteur. 

 

Hervé gauville : Pas de deux.  Verticale.  124 p.  14,90 €.

Un soldat, une danseuse.  Ils s’aiment.  L’art de la guerre n’existe qu’avec la beauté du geste, la précision du mouvement.  Comme la danse en un sens.  L’homme déserte, la femme le suit dans sa fuite. Cette fuite est une danse torturée, dangereuse, merveilleusement interprétée.  Sa fin est tragique.  Le narrateur, le frère de la danseuse, le complice de ce couple, se rappelle cette rencontre et séparation brutale.  Il parle simplement de la beauté de la danse, de sa fascination pour les armes.  Le récit est un souvenir troublant écrit avec nostalgie.

 

POUR LES (PLUS) JEUNES

David Gallant & Michelle Campagne (chansons), Don Gillmor (conte), Marie-Louise Gay (illustrations), Christiane Duchesne (traduction) : La fabuleuse mélodie de Frédéric Petitpin.  Livre-CD.  La montagne secrète.  Distr. : Harmonia Mundi.

Madame Petitpin adore son fils chéri, Frédéric, qu’elle destine à une carrière de musicien. Celui-ci n’est guère enthousiaste.  Mais un jour, il succombe au charisme d’un chef d’orchestre ! La musique fera-t-elle désormais partie de sa vie ? 12 chansons enlevées inspirées de ce joli conte sont interprétées avec talent par Richard Desjardins, Luck Mervil, Sylvain Cossette, le groupe rock Kain et Gilles Vigneault.  Les illustrations de la célèbre Marie-Louise Gay donnent beaucoup de fraîcheur et de douceur au récit.  Bravo ! 

Nouveauté de La montagne secrète - La fabuleuse mélodie de Frédéric Petitpin

 

Muriel BLOCH (texte et récitante), Guilla THIAM (musique), Catell RONCA (illustrations) : La marchande de soleils.  Livre-CD.  Dès 5 ans.  Thierry Magnier.  32 p., 23 €.

Muriel Bloch, conteuse voyageuse, et Guilla Thiam, chanteur-guitariste sénégalais, ont réalisé un magnifique livre-CD qui nous transporte à Dakar.  Des prises de sons réalisées dans cette ville, des refrains et proverbes en wolof et en français donnent du rythme à cette jolie histoire d’amour.  La charmante Aïssata vend Le Soleil, quotidien national, et rêve à son prochain mariage… Son client, chanteur à succès, prince de Colobane, cherche une épouse à l’aide de son talisman.  Ce dernier donne son avis sur les femmes qui approchent son maître.  Les illustrations de Catell Ronca, à la gouache avec quelques collages, évoquent avec jubilation le Dakar d'aujourd'hui : rues, tissus, couleurs, lumière… Une composition musicale débordante d’énergie.  Un peu de soleil dans les chaumières ! 

 

Yves Prual & François BarrÉ (direction musicale), Éric Battut (illustrations) : Noël d’étoiles et de musique.  Didier Jeunesse.  Livre-CD.  72 p.  23,50 €.

25 chansons du répertoire traditionnel ou plus contemporaines pour rêver en ces temps de fêtes.  On chante la beauté de la neige et le réconfort du sapin, la naissance de Jésus et la venue des Rois mages, la gaieté des enfants et la venue du Père Noël.  Les magnifiques illustrations du grand Éric Battut restituent la magie de cette période unique.  Le bonheur des plus jeunes est traduit à merveille par les incroyables voix des petits chanteurs qui répondent à un quatuor d’instruments à vent.  Et Didier Jeunesse régale toute la famille d’un bonus : 5 play-back à entonner en chœur ! 

 

Françoise de Guibert (texte), Nathalie Novi (illustrations) : La Callas. Une invitation à l’Opéra.  Didier Jeunesse.  Livre-CD.  60 p.  23,50 €.

Voici une formidable idée : faire découvrir aux enfants cinq opéras interprétés par La Callas.  Dans l’album, on retrouve la beauté et le tragique de La Bohème, Tosca, La Traviata, Norma et Madame Butterfly.  L’enfant rencontre des personnages fondamentaux qu’il fait siens.  Nathalie Novi campe son univers et son décor grâce à des illustrations colorées.  Elle donne vie aux héros qui semblent danser sous nos yeux.  Le CD reprend trois extraits par opéra : les plus beaux airs de la diva, mais aussi des duos, des chœurs.  Ceux-ci n’ont aucun secret pour le lecteur puisque paroles et traductions sont reproduites.  Un livre enchanteur ! 

 

Modest MOUSSORGSKI (musique), Muriel Bloch (présentation), Sacha POLIAKOVA (illustrations), Ensemble Carpe Diem : Tableaux d’une exposition.  Gallimard Jeunesse Musique, « Petit répertoire ». Dès 5 ans. 32 p., 22 €.

« Attention… ! Mesdames et messieurs ! Ouvrez grands vos yeux et grandes vos oreilles ! Vous allez découvrir des paysages, des personnages, des ambiances où chaque décor est une musique, où chaque musique est un tableau.  Voici les… Tableaux d’une exposition ! ».  Une promenade musicale autour de 10 tableaux, dont l’ambiance picturale est mise en musique. On rencontre un gnome diabolique, un troubadour mélancolique, des enfants joueurs… La musique, elle, est grave et sombre, puis chaleureuse et douce, entraînante et vive ! La version proposée ici est celle orchestrée par Ravel pour neuf instruments : violon, alto, violoncelle, contrebasse, cor, flûte, harpe, hautbois et percussions.  L’interprétation de l’Ensemble Carpe Diem est un délice.  Elle dévoile toute la beauté et la force de cette partition.  Un véritable coup de cœur ! 

 

Pascal Zavaro (musique), Anna & Elena Balbusso (illustrations), Jacques Gamblin (récitant) : Les cygnes sauvages. Gallimard Jeunesse Musique, « Contes de toujours », dès 6 ans.  64 p., 20 €.

Après la mort de leur mère, la princesse Elisa et ses onze frères vivent paisiblement jusqu’à ce que la nouvelle Reine transforme les garçons en cygnes.  Elisa, trop pure pour être atteinte par la magie de la Reine, est bannie par son propre père ensorcelé.  Déterminée, elle part alors à la recherche de ses frères pour les sauver... Avec toute sa magie, la version authentique d’un des plus beaux contes d’Andersen subtilement mis en musique par Pascal Zavaro.  Sa partition deviendra certainement un classique.  Elle donne toute sa magie au texte lu par Jacques Gamblin qui touche profondément le lecteur.  Sa voix le berce et le cajole.  Les illustrations d’Anna et Elena Balbusso emmènent le lecteur dans un monde enchanté dont il ne reviendra pas indemne.  Une version unique des Cygnes sauvages. 

 

Serge PROKOFIEV (musique), Valérie LEMERCIER (récitante), Orchestre national du Capitole de Toulouse, dir. Tugan Sokhiev : Pierre et le loup (et autres pièces russes). Naïve Classique.  Livre-CD.

Tugan Sokhiev nous propose ici sa version de quelques contes russes, et on l’en remercie.  Ce chef talentueux ressent avec une force incroyable la partition et dirige avec classe l’Orchestre national du Capitole de Toulouse.  S’ajoute à sa performance une Valérie Lemercier passionnée par Pierre et le loup (elle possède pratiquement toutes les versions).  Elle fait sien ce récit qu’elle a illustré avec douceur et humour.  On trouve dans cet album également Baba Yaga, Le Lac enchanté, Kikimora, les Trois merveilles et Le Vol du bourdon.  Un très beau petit coffret à offrir à Noël.

 

Pierre Créac’h (texte & illustrations), Jean Rochefort (récitant) : Le silence de l’Opéra, album-CD.  Éditions Sarbacane (en partenariat avec la Réunion des Opéras de France).  112 p., 29,90 €.

Louis, petit preneur de son, vif et curieux, pousse un jour la porte de l’Opéra de Paris.  Il découvre alors l’existence de grands personnages blancs, fantômes malicieux des œuvres jouées dans la prestigieuse salle, le grand rideau rouge, une petite danseuse, des pompiers, un chef d’orchestre… Cette étrange histoire est née de l’imaginaire de Pierre Creac’h, un musicien dessinateur talentueux et inventif qui a imaginé une bande-son riche : toute source sonore est musique, est poésie.  L’auditeur se laisse surprendre avec plaisir par les couacs d’instruments, les vocalises, les bruits de porte et le silence.  Il peut s’amuser à reconnaître les airs cités de Mozart, Verdi, Rossini, Bizet… On découvre, à chaque page, des illustrations à la mine de plomb qui mêlent avec bonheur classicisme et fraîcheur juvénile.  Jean Rochefort dit son texte avec douceur et humour, son timbre grave et familier séduit son public dès les premiers mots.  Une belle réussite éditoriale. Un livre à lire, écouter et regarder indéfiniment ! 

                   

 

Janine TEISSON : Amoureuse.  Dès 12 ans.  « Tempo », Syros. 152 p.  5,90 €.

Nous sommes en 1961.  Viviane, 12 ans, refuse de devenir une femme, d’être attirée par des « garçons imbéciles et brutaux ».  Mais le mystérieux David croise son chemin.  Il joue du violon avec talent, il vit avec son oncle, sa famille a connu l’horreur de la Shoah.  Janine Teisson décrit avec justesse les premières palpitations amoureuses et le bonheur procuré par la musique.  Qu’il est bon d’avoir 12 ans ! 

 

Julia Kino : Adieu la chair.  Adolescents avertis. « Exprim’ », Sarbacane.  186 p., 9 €.

Alain Bashung, les Beatles, Booba, Marianne Faithfull, Miossec, Fred Poulet… voilà la bande-son de ce livre extrêmement aride, brutal.  Six garçons et filles âgés de 16 à 19 ans traînent dans leur ville surnommée Here, en clin d’œil à l’album des Clash, From Here To Eternity.  Ils tuent des inconnus pour se distraire, se sentir exister.  Ils quittent leur solitude en s’envoyant en l’air. Ils sont solidaires, haineux, perdus. La mort les détruit et les sépare. Sauront-ils faire surface ? Un premier roman troublant.  Un auteur à suivre. 

 

Karim MADANI : Hip-hop connexionDès 15 ans.  « Exprim’ », Sarbacane.  186 p.  9 €.

Wiz est un dealer de Brooklyn qui rêve d’abandonner la dope pour le hip-hop.  Pour lui, la « musique, ça apais[e] la souffrance, ça fai[t] du bien, exactement comme la drogue, sauf que ça vous bousill[e] pas ».  Hakim, lui, aime « les rimes au vitriol, qui claquent comme l’explosion d’un fusil à pompe, des histoires de quartiers, des métaphores confinées comme une cellule de garde-à-vue ».  Il vit dans sa cité parisienne.  Il veut oublier sa vie pour devenir producteur. La passion de ces deux jeunes va les unir.  Un premier roman parfaitement maîtrisé. Violence, douceur, rythmes saccadés ou chaloupés se succèdent.  Vocabulaire cru et métaphores originales interpellent le lecteur.  Une réussite littéraire et musicale ! 

Aurélie Clément

 

 

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CDs

Gioacchino ROSSINI : Opera Arias & Overtures.  Max Emanuel Cencic (contre-ténor), Ensemble vocal « Le Motet » de Genève, Orchestre de chambre de Genève, dir. Michael Hofstetter.  Virgin Classics : 00946 385788 2 6 DP. TT : 73’14.

Dans cet enregistrement, Max Emanuel Cencic interprète des arias extraites des premières partitions italiennes de Rossini composées entre 1813 et 1827 (Tancredi, Aureliano in Palmira, La donna del lago, Semiramide), auxquelles sont adjointes trois ouvertures (Tancredi, Aureliano in Palmira et Semiramide) par l’orchestre de chambre de Genève. Héritant de la tradition née aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rossini utilise des voix d’alto, mezzo-soprano ou soprano pour les personnages héroïques, à l’époque où Napoléon, pénétrant en Italie, ferme au nom de la morale les conservatoires formant les castrats.  Max Emanuel Cencic retourne ainsi à la source, et nul ne s’en plaindra.  Eccomi alfine in Babilonia et In sì barbara sciagura de Semiramide sont de véritables défis vocaux dans lesquels le contre-ténor réalise une véritable performance. Son interprétation de ces arias est un régal. La couleur sonore, la chaleur de sa voix, son timbre nuancé et son expressivité témoignent d’un artiste accompli dans ce registre. 

 

Edvard GRIEG : Pièces lyriques.  Daniel Propper, piano.  Skarbo : DSK 1079.  TT : 61’22.

Les quatre cahiers des Pièces lyriques pour piano sont des miniatures au caractère de journal intime.  Influencé par Schumann et la musique romantique qu’il connaissait bien, Grieg pensait que l’avenir musical était dans l’attachement au nationalisme.  Il trouva ainsi son style personnel en empruntant à la culture norvégienne.  Le 1er cahier (1867) offre de riches mélodies toutes empreintes d’intériorité, agrémentées de chromatismes et soutenues par des harmonies séduisantes.  À l’époque du 2e cahier (1884), la carrière du compositeur est consolidée (Concerto pour piano, Peer Gynt…).  Les éléments musicaux se complexifient : harmonies et modulations plus riches, intérêt souligné pour les musiques populaires (Halling, danse à deux temps).  Grieg se montre poétique et schumannien dans Élégie, en style improvisé, ou le Canon, construit avec rigueur.  Le 3e cahier (1886) est marqué par la solitude (Voyageur solitaire) et la nostalgie (Au pays natal), avec une influence notoire de Schumann dans Érotique (déclaration à Nina Grieg ?), où deux voix dialoguent sur des harmonies colorées, et les Pièces printanières, véritables hymnes à la nature (Papillons, Petit oiseau, Au printemps).  Le 4e cahier (1888) est plus sombre : une Valse Impromptu dans l’esprit de Chopin côtoie Mélodie, Mélancolie et Élégie toutes de tristesse et de résignation.  L’interprétation de ces pièces par Daniel Propper (notre photo) est remarquable.  Le pianiste semble totalement concerné par cette musique.  Aucun artifice inutile mais de la vérité, de la justesse, de la simplicité, un jeu coloré et maîtrisé qui saura séduire les amoureux de l’intimité scandinave. 

 

« Retour aux sources ».  Zoltán KODÁLY : Duo op.7.  Erwin SCHULHOFF : Duo pour violon et violoncelle.  Béla BARTÓK : Mélodies populaires hongroises.  Ana-Maria DEVESELU : Esquisse.  Ana-Maria Deveselu (violon), Dorel Fodoreanu (violoncelle).  Artemus Records : AR101-HORT533.  TT : 54’.

Les œuvres présentées dans cet enregistrement ont pour fil conducteur la vibration d’un espace culturel et spirituel situé au centre de l’Europe.  Le Duo op.7 de Zoltán Kodály (1914) allie des rythmes fougueux à des mélodies mélancoliques dans lesquels transparaissent des réminiscences de musiques traditionnelles.  Dans les sept Mélodies populaires hongroises pour piano (1909), transcrites ici pour violon et violoncelle, Béla Bartók a reproduit des éléments du jeu des musiciens locaux : unissons, cordes à vide, lignes mélodiques entrelacées quintes et octaves parallèles.  Folklore morave, École de Vienne et musique tzigane apparaissent en filigrane dans le Duo d’Erwin Schulhoff (1925), principalement dans une Zingaresca au rythme exubérant. Enfin Esquisse, de la violoniste Ana-Maria Deveselu, est un hommage aux enfants d’un village de Transylvanie et une évocation des improvisations vocales dans lesquelles les paysans expriment leurs joies et leurs souffrances. Cette dernière pièce est remarquable de créativité et de sensibilité.  Plages à couleur folklorique alternent avec effets sonores et parties chantées dans une atmosphère envoûtante propre à favoriser l’imaginaire.  Les deux instrumentistes témoignent d’un engagement total dans la musique qu’ils interprètent.  La rythmique est implacable et la dynamique oscillant entre clairs-obscurs évocateurs et assauts fulgurants est au service d’un sens narratif profondément intériorisé.  De la musique d’Europe centrale comme on aimerait souvent en entendre. 

Gérard Moindrot

 

Dietrich BUXTEHUDE : O fröhliche Stunden.  Alpha (stephanie.flament@alpha-prod.com) : 113.  TT : 56’25.

L’année Buxtehude (2007) a été marquée par de nombreuses productions discographiques et des publications, à l’occasion du tricentenaire de sa naissance.  Ce disque propose un choix de cantates pour solistes interprétées par Hans Jörg Mammel (ténor), accompagné par l’Ensemble La Fenice, placés sous la direction de Jean Tubéry qui assure aussi une partie de cornet à bouquin et de cornet muet. En Allemagne - à côté de cantates luthériennes pour soli, chœur et ensemble instrumental -, le répertoire de cantates pour un soliste est aussi largement cultivé.  C’est aussi le cas de Heinrich Schütz dans ses Petits Concerts spirituels composés pendant les affres de la guerre de Trente Ans.

Ces miniatures - destinées aux Abendmusiken de Lubeck, véritables petits « sermons en musique » - reposent sur des versets bibliques (Lobe den Herrn, meine Seele, Psaume 103, versets 1 à 5 ; Singet dem Herrn ein neues Lied (Chantez au Seigneur un cantique nouveau), Ps. 98 ; Cantique de Siméon (Luc, chapitre 2, versets 29-32 : Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix)… ou des chorals luthériens (Herr, wenn ich nur dich habe (Seigneur, si je n’ai que toi…), d’après le Ps. 73, et surtout le choral de Johann Rist, extrait de ses Méditations musicales (Lunebourg, 1655) : O fröhliche Stunden - qui a donné son titre au CD -, en 5 strophes traduisant d’abord la confiance, puis la louange).

Ces pages vocales, interprétées avec intériorité, sensibilité et musicalité par H. J. Mammel, bénéficiant d’un accompagnement instrumental équilibré, sont entrecoupées par trois pages d’orgue, dont la Toccata en Sol et la Fugue en Sol de D. Buxtehude.  Remarquable clôture de la production discographique de l’année commémorative que cette coproduction Alpha/Südwestrundfunk, de surcroît magnifiquement présentée. 

 

Orgues historiques de Suisse (Suisse Centrale).  Vol. 10.  Sinus : 6010 (sinus-verlag@bluewinch.ch).  TT : 68’10.

Ce florilège permet d’apprécier des orgues suisses des cantons d’Uri, Schwyz, Unterwalden (Engelberg) et Lucerne, allant de la fin du XVIe au début du XXe siècle.

Ce répertoire comprend des tablatures pour orgue de Christoph Löffelholtz (1585), des pièces de Susanne van Soldt, de Joan z’Bären (père et fils), jusqu’à Franz Liszt, Theodor Kirchner, Max Reger, en passant par Johann Jakob Froberger et Johann Ludwig Krebs.

Albert Bolliger, fondateur de la maison de disques Sinus et éminent organiste itinérant, s’adapte à toutes les factures d’orgues (anciens et modernes), en 37 pièces brèves.  Il a réalisé une remarquable anthologie soulignant la diversité et la qualité des orgues en Suisse, avec une sélection de danses, ricercar, fantaisies, préludes, toccatas et de préludes de chorals allemands.

Cette belle réalisation dans la longue durée illustre la richesse du patrimoine organistique de Suisse centrale : elle ravira tous les organistes et les « Amis de l’Orgue » en particulier. 

 

Bernard REICHEL : Choix d’œuvres de 1936 à 1983.  Neuf CDs : GALLO 1171 à 1179.  TT : 65’12 ; 54’42 ; 68’03 ; 54’42 ; 49’35 ; 78’27 ; 63’48 ; 51’08 ; 50’58.  VDE Gallo (La Cure CH 1410 Denezy. info@vdegallo.ch).

Les éditions Gallo, soucieuses de mieux faire connaître le patrimoine musical suisse, ont eu l’excellente initiative, en liaison avec l’Association Bernard Reichel (Genève), d’enregistrer la quasi-totalité de l’œuvre de Bernard Reichel (1901-1992).

Cette réalisation exceptionnelle permet de découvrir et l’homme, et sa musique. Dès la fin du XIXe siècle, sa famille, originaire de Silésie et de Provence, s’est fixée en Suisse. Il est né le 3 août 1901 à Neuchâtel, et mort, le 10 décembre 1992 à Lutry, dans le Canton de Vaud.  En 1925, il s’installe à Genève. Il a été l’élève de Charles Faller, au Locle ; Paul Benner, à Neuchâtel ; Hermann Suter et Adolf Hamm au Conservatoire de Bâle, en piano, orgue et composition, et de Jaques-Dalcroze - dont il devient le disciple - ; et enfin, d’Ernest Levy, en composition, à Paris.  Il est à la fois organiste, chef d’orchestre et professeur au Conservatoire et à l’Institut Jaques-Dalcroze à Genève, ville qui lui a décerné en 1971 son « Prix de musique ».

Bernard Reichel a composé dans divers genres. Sa musique instrumentale comprend, notamment des pièces pour claviers (orgue, piano), des Symphonies, une Suite symphonique, un Concerto pour orgue et cordes…, un Concerto pour alto et orchestre, des Sonates, Divertissements, de la musique de chambre (pour violon, alto, violoncelle, flûte…).  Sa musique vocale comporte des chœurs a cappella, un Magnificat pour double-chœur, 4 Psaumes, la Cantate de Noël : Ah ! si le ciel se déchirait…, une Cantate psalmique, le Récit de la Crucifixion, des Oratorios : La vision d’Ézéchiel (1936), Emmaüs (1953), des Lieder, entre autres.

Le compositeur ne se réclame d’aucune école ; il forge sa propre esthétique, donnant libre cours à la tonalité élargie. Dans sa musique religieuse, il se souvient de la tradition des Psaumes calvinistes, du style de Heinrich Schütz, du choral, sans renier le langage musical du XXe siècle.  Ce coffret de neuf disques, sous le titre global : « Bernard Reichel, éloge », offre un aperçu éloquent de la diversité de son inspiration et de sa musique hostile à toute grandiloquence.

La cause de Bernard Reichel est admirablement servie, notamment par l’Orchestre de chambre de Lausanne dirigé par Daniel Reichel, l’Orchestre de la Suisse romande (direction : Jean-Marie Auberson), des instrumentistes et chanteurs de très haut niveau : ils assurent presque 10 heures de musique, à découvrir impérativement. 

 

Patrice SCIORTINO : Edgar Poe.  Poème symphonique.  Arpèges (123, rue Lamarck, 75018 Paris. arpeges@arpeges.com) : IMD 0010.  TT : 56’55.

Patrice Sciortino est né à Paris, le 26 juillet 1922.  À treize ans, il prépare conjointement l'entrée aux Beaux-Arts et l'examen d'admission à la Schola Cantorum.  Il étudie le piano avec J. Gentil et l'écriture avec A. Philippe et E. Sciortino.  Il a exercé de nombreux métiers de la musique : organiste, professeur, accompagnateur, directeur, orchestrateur, compositeur (commandes pour la radio, la télévision, le cinéma et la scène).

Il est connu par son disque : Les Cyclopes, réalisé avec A. Charlin, frappant par ses recherches acoustiques et sa préoccupation d’exotisme.  Sa production est particulièrement importante : neuf symphonies, œuvres chorales et instrumentales, musique de chambre, quatre grands ballets, compositions pour des instruments marginaux (ondes Martenot, accordéon, harmonica) et surtout, de nombreux ouvrages lyriques dont il écrit lui-même les livrets : Atsmeuk, Round, La hallebarde…

Edgar Poe, commande du chorégraphe américain Joseph Russillo, est un poème symphonique en neuf parties pour cordes – dont un violon solo (P. Doukan) -, cuivres, percussions (D. Benedetti), chœur et soprano solo (Cl. Giroux), avec des rythmes incisifs, des voix triturées, des onomatopées, des bruitages.  Le compositeur spécule sur les effets inattendus, les contrastes de tempi et d’atmosphères.  Sa musique, d’une extrême originalité, fait preuve d’un esprit inventif, tout à l’image des récits fantastiques de l’écrivain américain. Selon le compositeur : « La partition, d’où les bois (…) sont volontairement exclus, s’affole et délire par ses rythmes, ses douleurs et sa colère désespérée ».  Sous la direction du compositeur, les interprètes unissent leurs talents au service d’une interprétation pertinente dont l’authenticité est garantie.

Édith Weber

 

Terezin.  A. S. von Otter (soprano), Ch. Gerhaher (baryton), D. Hope (violon), B. Forsberg (piano).  DG/Universal : 477 6546.  TT : 71'40.

Projet peu commun, Anne Sofie von Otter chante les compositeurs de Terezin, ce camp de concentration près de Prague où tant d'artistes juifs furent rassemblés par un régime totalitaire qui cherchait à donner l'illusion de l'importance accordée à la culture, avant d'être conduits pour un dernier voyage.  Malgré les conditions de contrainte, la musique restait une sorte d'essentiel, un acte de résistance même.  La chanteuse évoque ainsi ces musiciens bannis, tels Viktor Ullmann, Pavel Haas, un élève de Janácek, Hans Krasa ou la poétesse Ilse Weber.  Ces musiques appartiennent aussi bien au genre sérieux qu'au style cabaret. On est saisi par une telle créativité, les sentiments qu'évoquent ces pièces : la joie simple ou l'ironie au second degré de textes naïfs ou bravaches.  Tout cela, la charme et la tendresse de l'interprète, le sens inné du texte qu'elle sait communiquer, le célèbrent avec une résonance particulière.  B. Forsberg est un accompagnateur sobre et efficace. A. S. von Otter est rejointe par d'excellents partenaires, Ch. Gerhaher, au beau timbre de baryton dramatique, et D. Hope qui joue avec panache la Sonate pour violon seul de Schulhoff, mort lui aussi dans un camp - point d'orgue d'une fascinante évocation. 

 

Eugène YSAŸE : Six sonates pour violon seul.  Fanny Clamagirand.  Nascor : NS03.  TT : 64'28.

Les sonates pour violon seul de Ysaÿe sont au XXe siècle ce que furent au XVIIIe les six sonates de Bach, sur le modèle desquelles elles sont d'ailleurs construites.  Violoniste réputé, plus connu à ce titre que comme compositeur, Ysaÿe a dédié ces pièces à six confrères qu'il admirait : Szigeti, Thibaud, Enesco, Kreisler, Crickboom, second violon de son propre quatuor, et Quiroga, musicien espagnol de renom.  Les qualités d'interprète et la manière de chacun sont illustrées en forme de portrait. Écrites dans les tonalités mêmes des sonates du Cantor, elles exploitent les possibilités polyphoniques de l'instrument, mêlant recherche expressive et vrituosité.  Autant dire que s'y risquer constitue un tour de force.  La jeune Fanny Clamagirand, pour ses débuts au disque, relève le défi avec aplomb. Elle y déploie un talent sûr, alliant une phénoménale technique et une musicalité souveraine pour maîtriser les grands écarts d'intervalles, les différences d'écriture, souvent proches de l'improvisation, les fréquents changements de tempos, de jeu aussi qui s'éloigne de la technique classique.  La sûreté d'intonation n'a d'égale que la poésie intense dont elle pare ces pièces qui forment une somme incontestable. 

 

Maria Cecilia BARTOLI. Avec L. Pisaroni, baryton-basse, M. Vengerov, violon.  Orchestre La Scintilla, dir. A. Fischer.  Decca/Universal : 475 9077 4.  TT : 78'12.

Dans son récent disque, Cecilia Bartoli s'attelle à une entreprise singulière : faire renaître la voix de légende de la grande Maria Malibran. Celle qu'adulaient Bellini et Rossini fut aussi bien une voix aux capacités étonnantes, formée par un père exigeant, lui-même ténor, Manuel Garcia, qu'une diva de renom qui faisait se pâmer un public envoûté.  Sa voix, d'un calibre hors du commun, se déployait aussi bien dans le registre mezzo que dans la tessiture aiguë du soprano.  Les caractéristiques de celle de Bartoli ne sont-elles pas aujourd'hui de semblable facture ?  Le programme se propose de présenter des raretés et de remette les pendules à l'heure quant à l'exécution de cetaines pièces connues du répertoire.  On découvrira ainsi des arias belcantistes de Pacini, de Persiani, comme des airs écrits par le papa Garcia pour flatter la virtuosité de sa fille adorée.  Le plus étonnant reste cependant ces arias revisitées de Bellini. Là où l’on pensait tout connaître de cette littérature depuis Callas, on découvre encore des trésos insoupçonnés d'interprétation : telle l'infinie douceur émanant de Casta Diva, la prière de Norma, abordée ici ppp, sur la mélopée fragile de la flûte, et ses vocalises enchaînées délicatement hors de tout effet grandiose. Là, comme partout, la couleur des instruments anciens de l'orchestre La Scintilla, émanation de celui de l'Opéra de Zürich, est pour beaucoup dans la réussite de ces lectures chargées d'histoire. 

 

Antonio VIVALDI : Atenaide.  S.Piau, G.Laurens, N.Stutzmann, V.Genaux, R.Basso, P.Agnew.   Modo Antiquo, dir. A.M.Sardelli, 3CD Naïve : OP 30438.  TT : 76'13 + 75'27 +  68'15.

Poursuivant la passionnante entreprise de redécouverte d'une œuvre lyrique aux richesses insoupçonnées, l'Édition Vivaldi propose l'opéra Atenaide, enregistré là même où il fut créé en 1728, le Teatro de La Pergola de Florence.  Ce dramma per musica conte les amours contrariées d'Athénaïs, impératrice d'Orient, convertie sous le nom d'Eudoxie, et de l'empereur Théodose II.  Le style de Vivaldi, affiné au contact du goût nouveau développé par l'école napolitaine naissante, s'enorgueillit d'une étonnante faconde thématique et d'un vrai souffle dramatique ; sans compter un remarquable florilège d'arias inventifs.  L'interprétation est éblouissante, la flamme instrumentale rencontrant la virtuosité vocale.  F.M.Sardelli, chez qui le chef d'orchestre se nourrit du musicologue, possède ce sens inné de la pulsation naturelle qui anime la phrase vivaldienne, et pas seulement dans le débit rapide.  Sa direction est tout sauf sèche, évitant tout effet convulsif dans les arias di tempesta, et toujours d'une belle souplesse. Deux chanteuses françaises, formées à l'école de William Christie, se partagent la vedette : S.Piau dont on admire la sûreté du style et les superbes envolées dont le rôle titre est paré, et G.Laurens qui anime d'un talent impressionnant les diverses facettes du rôle de Pulcheria, la sœur vengeresse de Teodosio.  Des voix de femmes, sur une palette s'étendant du plus clair au plus sombre et enfin le ténor P.Agnew complètent une distribution de rêve.  Ces magistrales prestations enluminent une œuvre brillante. 

 

F.B. CONTI : David.  M.Miljanovic, S.Kermes, S.Prina, V.Priante.  Il Complesso Barocco, dir. A.Curtis.  2CD Virgin : 0946 3 78877 2.  TT : 76'03 + 79'05.

Le florentin Francesco Bartolomeo Conti (1682-1732) fut compositeur à la cour de Habsbourg à compter de 1713. Son « Azione sacra per musica », David, sera créée à Vienne en 1724.  Ce drame biblique narrant les péripéties suscitées par la jalousie de Saül envers David, se situe aux confins de l'opéra, de par son syle vocal lyrique comme sa tournure théâtrale.  On remarque le soin avec lequel Conti peaufine de manière originale les récitatifs accompagnés et organise les airs en fonction d'une action qui n'échappe pas au conflictuel.  Le morceau le plus célèbre est celui où David tente d'apaiser Saül par le chant de sa harpe ; mais exacerbe en fait la fureur du roi qui tente de le tuer de sa javeline.  La partition requiert six solistes qui se voient offrir des arias prestigieux.  La crème du chant baroque actuel est là encore réunie, avec une mention particulière pour M. Mijanovic, voix de contralto à la formidable « colorature », et S.Kermes, soprano lumineuse enhardie de périlleux trilles aigus.  La sonorité somptueuse que Alan Curtis tire de son Complesso Barocco, de l'ensemble dec cordes en particulier, est pur bonheur.  Admirable aussi, le continuo qu'orne le théorbe, instrument sur lequel s'illustrait Conti. 

 

G.F. HÄNDEL : « Ah! mio cor ».  Arias par M.Kozenà.  Venice Baroque Orchestra, dir. A.Marcon.  1CD Archiv/Universal : 477 6547.  TT : 76'33.

Magdalena Kozenà consacre son plus récent disque à un bouquet d'arias de Handel. Cette interprète attachante nous convie à un parcours musical des plus séduisants à travers l'évocation de quelque dix personnages typés que relie une inépuisable richesse vocale.  Le portrait est toujours juste qu'animent des sentiments exacerbés, la brillance de l'héroïsme, l'épanchement de la prière ou encore l'émotion intense née de la perte de la raison.  Elle confie ne pas chercher le beau son en soi, mais plutôt l'expression vraie ; ce qui l'autorise à lâcher la voix, voire à livrer la note grave détimbrée.  Le climat vibrant doit beaucoup au support qui lui apportent Alan Marcon et le Venice Baroque Orchestra, aussi à l'aise ici que dans leur répertoire vivaldien de prédilection. 

Jean-Pierre Robert

 

« 200 ans de Musique à Versailles ». Voyage au cœur du Baroque français.  Réf. : MBF 1107.  Codaex (42, rue Pierre-Curie, 78670 Médan. Tél. : 01 39 08 01 02. fr@codaex.com / www.coffretbaroque.com).  Livret illustré en DVD (sous la direction de Benoît Dratwicki).  Prix de lancement : 59 €.

Réalisé à l’occasion du 20e anniversaire du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), sous la direction de Louis Castelain, ce magnifique coffret de 20 CDs propose quelque 25 heures de musique (dont de nombreuses pièces inédites) de plus de 40 compositeurs.  Ensemble témoignant de l’extraordinaire richesse & diversité des musiques de cour de Louis XIII à Louis XVI : suites d’orchestre, musiques de chambre, symphonies pour les Soupers du Roi, grands motets, messes, airs d’opéras, musiques de ballets, intermèdes de comédies…  Par les plus illustres interprètes de ces répertoires.  Richement illustré en DVD, le livret a été réalisé sous la direction de Benoît Dratwicki.  Un « incomparable » !

Francis Gérimont

 

DVDs

Franz SCHUBERT : FierrabrasJ. Kaufmann, J. Banse,Ch. Strehl, L. Polgar, M. Volle. Orchestre de l'Opéra de Zürich, dir. Franz Welser-Möst.  2DVD EMI Classics : 5 00969 9 2.  TT : 171'.

Incontesté dans le domaine du lied, Franz Schubert était attiré par l'opéra.  De ses nombreux essais, deux sont passés à la postérité, dont Fierrabras, opéra héroïco-romantique, inspiré d'une chanson de geste narrant les luttes armées entre francs et maures au temps de Charlemagne. Comment présenter aujourd'hui cette épopée chevaleresque, à l'action fort embrouillée, où coexistent conflit de cultures et drame intime d'amours contrariés, traité dans le style du mélodrame, avec passages parlés ? La production de Claus Guth à l'Opéra de Zürich apporte une réponse originale : jouer la pièce selon une approche autobiographique, en introduisant un personnage qui la construit et y participe tout à la fois, celui-là même du compositeur.  Ce Schubert qu'incarne un acteur ressemblant à s'y méprendre au portrait connu du musicien en redingote et chevelure ébouriffée… D'où aussi l'idée d'un espace décoratif unique, le cabinet de travail du musicien, de style Biedermeier, avec cet immense pianoforte et sa chaise qui dominent de leur ombre tutélaire les tribulations de personnages souvent ravalés au rang de figurines.  Le rendu pictural est excellent de par une prise de vues qui ménage avec doigté plans d'ensemble et rapprochés.  Le plaisir musical est peut-être plus grand encore.  La direction tout en subtilité de Franz Welser-Möst fait la part belle à l'inspiration mélodique sans limite de Schubert, à ce mélange de poétique et d'héroïque ; ce que recèlent des chœurs animés, dans la grande tradition romantique.  La distribution est de classe, comme sait en concocter l'Opernhaus de Zürich. 

 

W. A. MOZART : Die Entführung aus dem Serail.  M. Hartelius, M. Léger, M. Klink, L. Félix, W. Smilek.  Les Musiciens du Louvre-Grenoble, dir. Marc Minkowski.  1DVD BelAir Classiques : BAC 028.  TT : 128'.

Assurément une des productions marquantes de l'ère Lissner au festival d'Aix en Provence, l'Enlèvement au sérail trouve naturellement sa place en DVD. La mise en scène de Jérôme Deschamps et de Macha Makeïef sonne ici peut-être encore plus juste que dans la réalité.  Car la régie vidéo sélectionne habilement ce qui en fait le sel : une direction d'acteurs constamment animée, cocasse ou aérienne telle une chorégraphie, toute de naturel, de drôlerie fine, jamais vulgaire, tout en gommant ce que la présentation décorative peut avoir de banal.  On accepte vite les pitreries des acolytes d'Osmin, autant de clins d'œil amusés à la vie confinée du sérail, où tout s'épie.  Non que les idées émancipatrices ne soient pas présentes chez les femmes du pacha Sélim, beau comme un éphèbe, à la mine de dévoreur.  La direction de Marc Minkowski est un bonheur constant, alerte, vive, poétique.  Si la distribution vocale n'est pas frappée au coin de l'idéal, du moins fonctionne-t-elle bien dramatiquement. 

 

Philippe BOESMANS : Julie.  M. Ernman, G. Magee, K. Avemo.  Orchestre de la Monnaie, dir. K.Ono.  1DVD BelAir Classiques : BAC 026.  TT : 74’.

Le huis clos étouffant imaginé par Strindberg, Mademoiselle Julie, est doté par le compositeur belge Philippe Boesmans d'une musique expressive, alors que la régie du librettiste Luc Bondy nous fait entrer dans l'intimité de personnages hors normes.  Autant dire que cet opéra en un acte, qui file comme l'éclair, se prête naturellement à la captation cinématographique.  L'œil sélectif de la caméra construit l'évolution psychologique de caractères aux sentiments exacerbés.  La dramaturgie de ce récit d'amour et de mort, dans l'unité de lieu, une cuisine, et de temps, la nuit de la Saint Jean, l'inversion des situations qui s'installe peu à peu, sont magnifiées au travers d'interprétatins finement étudiées : Julie, la jeune femme noble qui veut abolir les rangs sociaux, le valet Jean qui, provoqué, en vient à se comporter en conquérant. Le drame bascule insensiblement dans la tragédie. Un exemple de réalisation efficace, parée d'une exécution musicale parfaite. 

Jean-Pierre Robert

 

Denis LEVAILLANT (texte et musique) : O.P.A. mia, opéra.  C. Le Coz, soprano (Sphinx, Déesse de la Vérité), V. Le Texier, baryton-basse (Sunny Cash, Dieu de l'argent) et les acteurs Y. Collette (Lui) et I. Dalle (Elle) ; Ensemble Ars Nova dirigé par P. Nahon (15 musiciens).  Mise en scène : A. Engel.  Décors (hélas noyés dans une pénombre bleue) et costumes : E. Bilal.  Filmé (sans génie) à l'Opéra Comique, Paris, en 1990.  Bonus d'interviews (2005).  Livre (74 p.) : préface (G. Condé), dessins (E. Bilal), livret, annexes.  ¡éditions! (Tél. : 01 53 27 98 19).

Où l'amour pourrait triompher de l'argent ? On le souhaite, tout comme D. Levaillant, dont l'opéra, réédité il y a peu en DVD, oppose la violence masculine des marchés boursiers à la parole intime, sujet hélas toujours brûlant.  Sur fond électroacoustique (bruits de corbeille et masses chorales), le dispositif dramatique reste traditionnel, avec airs, duos et mélodrames, dans un langage atonal libre et généreux que défendent ici de remarquables interprètes.

Paul Gontcharoff

 

Moving Hearts live in Dublin1DVD + 1CD.  Keltia Musique (1, place au Beurre, F-29000 Quimper. Tél. : 02 98 95 45 82. www.keltiamusique.com) : KMDVD 13.

En février 2007, au « Vicar Street » de Dublin se reconstituait le groupe mythique des Moving Hearts (°1981), inoxydable ensemble de fusion des musiques traditionnelles irlandaises, du jazz et du rock (www.movinghearts.ie).  Où nous retrouvons les légendaires Davy Spillane (uilleann pipes & low whistle), Keith Donald (saxophones & clarinette basse), Donal Lunny (bouzouki & guitare baryton), Anto Drennan (guitare électrique), Graham Henderson (claviers), Eoghan O’Neill (guitare basse), Matt Kelleghan (drums), Noel Eccles (percussion) et, seul nouveau venu, Kevin Glackin (fiddle).  Tous ces quinquas ayant, entre temps, mené de prestigieuses carrières autour du monde.  Ils interprètent ici neuf de leurs plus célèbres compositions - outre The Lark, manière de pot-pourri de sept autres titres.  Avec de nouvelles recherches harmoniques…  Mais l’émotion demeure intacte, dans laquelle communiait intensément l’immense public présent, ce soir-là, au Vicar Street.  En bonus : « The Back Story » (interviews des musiciens) et « The Tunes » (commentaires sur le programme par Donal Lunny).  Le CD joint nous a, en outre, permis - lors de récents mouvements de grève - de supporter fort agréablement, en voiture, bien des embouteillages. 

Francis Gérimont

 

CDs POUR ENFANTS

Les trois papas.  Nouvel album d’Hélène Bohy & Philippe Berthe.  Dans les rôles des 3 papas : les frères Marc, Benoît & Olivier Caillard.  Digipack « Enfance et musique » (www.enfancemusique.com) : DCDP50.  À partir de 1 an.  TT : 43’.

Délicieux ! Et d’une parfaite musicalité…  À l’ordinaire de ce que fait cette joyeuse équipe (une quinzaine de chanteurs, enfants et adultes, accompagnés de guitares, bandonéon, piano, contrebasse et percussions).  Mélodies originales ou traditionnelles (version chantée + version instrumentale).  Le livret de 28 pages, en couleurs, est également fort réjouissant. 

 

Chansons Choux, vol. 7. « Au bal des couleurs ».  Textes : Bernard Peyranne.  Musiques : Claude & Patrick Fried.  Chant : Jessica.  Disques Victorie : 301762-8.  Distr. : Universal.  TT : 48’28.

Farandole de quinze chansons originales, dansantes et tout en couleurs, aussi amusantes que faciles à chanter.  Avec leurs utiles versions instrumentales… 

 

Crabouillage.  « Crabouilleurs » : Bruno Coupé (voix, chœur et guitares), Philippe Drouillard (guitares), Johan Dalgaard (claviers), Denis Bouvier & Bernard Laval (basses), Jean-Marc Bouchez (saxophone), Jean-Jacques Milteau (harmonica) + quelques invités – dont, aux guitares, Dan ar Braz…  Victorie : 301762-6.  TT :

Swinguant en diable est ce 7e album de Bruno Coupé !  Aussi plaira-t-il peut-être davantage aux parents qu’aux enfants.  Pour vous en convaincre : www.brunocoupe.com 

 

L’île en l’eau.  Jacques Haurogné chante les « Fabulettes »d’Anne Sylvestre.  Chœurs & ensemble instrumental, dir. Thierry Garcia.  Victorie : 301762-5.  TT : 42’18.

Après avoir collaboré avec M. Jonasz, D. Dufresne, A. Arias ou C. Ringer, Jacques Haurogné – artiste assurément éclectique - créa plusieurs spectacles avec Anne Sylvestre, dont il interprète ici, avec drôlerie et sensibilité, quatorze des plus célèbres Fabulettes (accompagné par guitare, violoncelle et percussions).  À visiter : www.jacqueshaurogne.com 

 

Henri DÈS (Paroles et musique) : Gâteau (15e album).  Éditions du Mille-Pattes : 301763-0.  Distr. : Universal Music.

Pour fêter les 30 ans de chansons d’Henri Dès, Gâteau, nouvel album composé de 11 chansons originales (avec leurs play-back) est ici doublé d’un « CD anniversaire » (comportant 14 titres, extraits des 14 disques précédemment sortis : La petite Charlotte, Les Bêtises, Far West, Flagada, Le Crocodile…).  En parallèle de ce superbe coffret, signalons la parution d’une bande dessinée : Henri Dès, chansons en BD (éditions Delcourt).

                 http://www.zeporama.com/images/dessin_000.jpg

 

Francis Gérimont

 

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À l'occasion du centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen (1908-1992), l'église de la Trinité à Paris, dont il fut, pendant 61 ans, l'organiste titulaire du grand-orgue, organise une année de célébrations.  Le projet intitulé « Un arc-en-ciel théologique » présentera, du 9 décembre 2007 au 10 décembre 2008, au rythme des fêtes liturgiques, une série de dix-huit concerts donnés par des interprètes prestigieux - dont l'intégrale de l'œuvre pour orgue, des pièces pour piano et des œuvres orchestrales et vocales.  Outre trois concerts d'improvisations, est prévue une création mondiale du compositeur Peter Bannister, qui sera donnée par l'Ensemble Orchestral de Paris, sous la direction de John Nelson.

Des actions pédagogiques seront également organisées, que ce soit sous forme d'introduction aux concerts présentant les œuvres jouées, de conférences-rencontres par d'éminents spécialistes - le musicologue Harry Halbreich, le Père Jean-Rodolphe Kars et le compositeur George Benjamin, l’un des élèves du Maître -, ou encore de concerts par des élèves des conservatoires d'Île-de-France, d'une journée spéciale de découverte des grandes orgues, et enfin de publication d'un catalogue-programme.

Une exposition permanente sera, par ailleurs, organisée sur le thème de l'opéra Saint François d'Assise, inaugurée le 2 octobre 2008, jour de la fête de saint François.

L'entrée à ces diverses manifestations - qui témoignent de l'actualité de Messiaen et représentent un « programme typé, mais pas fermé », selon le Père Jacques Benoît-Gonnin, curé de la paroisse de la Trinité - sera libre.
  Renseignements : 3, rue de La Trinité, Paris IXe.  Tél. : 01 48 74 85 27.
  http://latriniteparis.com/trinite-messiaen-2008-presentation.html

 

              Église de la Sainte-Trinité

 

Jean-Pierre Robert

 

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Le CrÉa a 20 ans !

 

La ville d’Aulnay-sous-Bois a fêté avec succès les 20 ans du CRÉA, du 3 au 7 octobre 2007. Professionnels et amateurs de tout âge ont rendu un hommage bien mérité à une démarche artistique et éducative remarquable.  Tables rondes, ateliers, concerts, rencontres dans les écoles…

Pour faire le portrait du CrÉa : Didier Grojsman imagine, en 1987, une structure atypique dans le paysage de l’art vocal : le CrÉa centre d’éveil artistique. Le rêve de ce militant passionné : offrir à tous les enfants, sans sélection ni audition, le droit à une éducation artistique encadrée par des professionnels. Grâce à sa confiance et à son enthousiasme, ils découvrent, au fil des ans, la rigueur et le travail nécessaires à la réalisation de spectacles réussis.  Et ceux-ci sont éblouissants, touchants, bouleversants.

Opéra d’Aulnay-sous-Bois : Il y a vingt ans, Aulnay-sous-Bois reçoit Didier Grojsman et présente son premier spectacle. Depuis, ils ne se quittent plus. Cette ville a compris immédiatement l’importance d’un projet que de nombreuses mairies ont refusé. Elle a offert son théâtre pour que de jeunes talents s’expriment dans les meilleures conditions. Elle a favorisé les actions dans les établissements scolaires. Elle a donné à l’art une place de choix dans la vie de ces enfants, le public de demain. Son aide financière et humaine est considérable. Grâce à elle, le chant se démocratise.

Les enfants du CrÉa : Des centaines d’enfants et d’adolescents débarquent au CrÉa depuis 20 ans.  Ils y restent plus ou moins longtemps, mais tous sont frappés par ce passage formateur.  Ils se construisent, apprennent l’effort, l’engagement. Ils forment un microcosme soudé.  Aujourd’hui, certains sont devenus des parents et parlent de cette expérience avec passion. On croit en eux, on les écoute et, bien entendu, ils ont droit à l’erreur !

Le tour du CrÉa en quelques noms : Depuis 1990, le CrÉa sollicite auteurs et compositeurs pour l’écriture d’opéras. Ainsi, Coralie Fayolle, Isabelle Aboulker, Marc-Olivier Dupin, Christian Mesmin ont participé à l’aventure.  21 opéras et 23 spectacles de théâtre musical ont été créés. Ceux-ci ont été sélectionnés pour les programmations Jeune public de l’Opéra de Paris-Bastille, de l’Opéra de Vichy, de l’Opéra de Bordeaux. Leur voyage ne s’arrête pas là ! Ils sont repris par d’autres structures, dans de nouvelles productions à l’étranger.

Quand notre cœur fait boum ! Le CrÉa nous a offert un formidable cadeau en 2007 : la charmante italienne Laura Scozzi a imaginé une œuvre autour d’extraits d’opéras composés, durant ces vingt ans, avec 60 jeunes gens âgés de 12 à 30 ans.  Difficile, me direz-vous ! Certes, mais le pari est réussi ! Avec La vie secrète de Marioline Serin, Laura Scozzi nous embarque dans un univers bien à elle.  Poésie, absurde et loufoque sont au rendez-vous.  Chant, danse et jeu se mêlent avec bonheur. Toutes les scènes s’enchaînent avec brio ; les musiques néo-classique, jazz, chilienne se mêlent pour notre plus grand plaisir.

Les mots de la fin : « Je les aime », dit Didier Grosjman en parlant des enfants du CrÉa avec qui il a travaillé.  Et cela, on n’en doute pas quand on voit ses spectacles.  Il ajoute : « Depuis 20 ans, je suis en formation permanente. » Peut-être, mais nous aussi, grâce à lui.  Il nous transmet son savoir et son expérience.  Souhaitons au CrÉa longue vie et de nouveaux moyens !  Joyeux anniversaire !

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La vie secrète de Marioline Serin.  Laura Scozzi (conception & mise en scène), Didier Grojsman (direction musicale), Claire Belloc (décor).  Avec les interprètes du Chœur de scène, du Chœur de jeunes et un ensemble instrumental de quinze musiciens.  Renseignements : www.lecrea.fr  

             

 

Le Roi LionMusique et paroles d’Elton John & de Tim Rice.  Musique et paroles additionnelles de Lebo M., Mark Mancina, Jay Rifkin, Julie Taymor et Hans Zimmer.  Livret de Roger Allers et d’Irene Mecchi.  Adaptation du livret et des paroles par Stéphane Laporte.

Le célèbre film d’animation de Walt Disney mis en musique par Elton John est devenu un spectacle musical surprenant, récompensé par six Tony Awards.  Le 4 octobre 2007, le Théâtre Mogador a rouvert ses portes après 10 mois de rénovation, pour accueillir les lions, hyènes, éléphants et gnous de Julie Taymor.  Celle-ci nous offre 3 heures d’enchantement et raconte à sa façon la fable universelle de cet enfant lion.

Dès le lever de rideau, le spectateur se détache du film pour pénétrer avec bonheur dans l’univers de Julie Taymor.  Ce metteur en scène talentueux donne vie aux décors stylisés de Richard Hudson qui se créent et se transforment sous nos yeux ébahis.  Le rocher de la Terre des Lions se dresse vers le ciel avec prestance, tel le Roi des animaux. Les carcasses montagneuses des éléphants suggèrent, quant à elles, l’hypocrisie des hyènes.  La savane est joyeuse !

La scène est sans doute un peu petite pour accueillir les nombreux personnages. Mais qu’importe, ils évoluent avec un naturel déconcertant. Ils ne font qu’un avec leurs masques et leurs costumes extrêmement riches.  Zazou est terriblement drôle, Scar brille par son cynisme.  Le jeu de certains acteurs n’est certes pas à la hauteur, mais attendons, ce n’est que le début.  Le chorégraphe Garth Fagan utilise les crinières, queues, griffes et cous des girafes pour enrichir ses danses - compositions modernes inspirées de mouvements afro-antillais et du classique.  Le jeune lion et son amie Nala dansent avec l’arrogance et la fantaisie d’enfants souhaitant s’affirmer au milieu de peluches grandeur nature. Les hyènes forment une intimidante armée disciplinée.

La musique et les paroles françaises de Stéphane Laporte traduisent les pensées des héros. Aux morceaux archi-connus d’Elton John s’ajoutent les mélodies et les rythmes africains envoûtants de Lebo M. : ils troublent l’auditeur qui en redemande.  Soulignons la performance de Rafiki, le singe-chaman, magistralement interprété par la talentueuse Zama Magudulela, des chœurs et des percussionnistes qui enthousiasment le public.

Les spectateurs, beaucoup d’adultes, réservent une ovation à ce spectacle qui annonce le renouveau de la comédie musicale en France.

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Quelques chiffres : Au cours des 10 dernières années, Le Roi Lion a été vu par plus de 42 millions de personnes.  115 personnes travaillent chaque soir.  400 costumes.  200 masques.  100 instruments de musique.  25 espèces d'animaux, de poissons, d'oiseaux et d'insectes.  37 000 heures ont été nécessaires pour concevoir marionnettes et masques.  Le masque de Mufasa pèse 310 grammes.  Les animaux les plus hauts sont les girafes de 7,90 mètres.  Le plus petit animal est la souris capturée au bout de la canne de Scar : 12,7 cm.  27 kg d'herbes hautes ont été utilisés pour confectionner les coiffes de la prairie.

 

           

Le Roi Lion © Disney. Photo : Brinkhoff/Mögenburg

 

La Boîte à joujoux, conte musical de Claude Debussy.  Texte : Rascal.  Ensemble Agora, récitante : Nathalie Dessay.

La vie est parfaitement réglée dans la Boîte à joujoux, mais un jour, une belle inconnue fait son apparition… Jalousie et passion se déchaînent alors. Qui choisira-t-elle ? Polichinelle, espiègle et méchant, ou le Soldat 7 ?  S’inspirant du ballet d’origine, Rascal a écrit une histoire qui se déploie au rythme des mouvements musicaux. La cantatrice Natalie Dessay campe à merveille un Polichinelle bougon, une Chouchou coquette et naïve et un Soldat 7 qui se meurt d’amour… Elle est accompagnée par l’ensemble Agora, qui joue la partition ici adaptée, par Fabrice Pierre, pour quintette et harpe. Une introduction à la musique classique à ne pas rater.

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Réservations : 01 42 44 45 45. Dimanche 23 décembre, 11h. Mardi 25 décembre, 14h30 ou 16h.  Vous pourrez retrouver ce spectacle chez Didier Jeunesse (livre-CD ou CD) : www.didierjeunesse.com

 

 

La Boîte à joujoux

 

Le Petit Chaperon Rouge, d’après Charles Perrault.  Adaptation & mise en scène : Colette Roumanoff. Musique : Jérôme Lemonnier. Costumes : Katherine Roumanoff. Chorégraphie : Marie-Jo Buffon. Lumières : Nicolas Bats.  Durée :1 h.  Spectacle musical tout public.

Colette Roumanoff revisite Le Petit Chaperon Rouge pour le plus grand plaisir des enfants et des parents. Au récit archi-connu, elle ajoute des inventions de son cru : un téléphone portable, une fable de La Fontaine… Son héroïne est terriblement attachante. Le loup est grand et méchant à souhait… un peu neuneu aussi.  La Grand-Mère pétillante est un délicieux repas.  Et le chasseur, bien entendu, surprend tout ce petit monde.  Les très jolies mélodies de Jérôme Lemonnier ponctuent le spectacle avec bonheur. Celles-ci s’accompagnent de chorégraphies joyeusement interprétées par les acteurs.  Le public est charmé et suivra sans doute cette troupe dans l’avenir…  Un spectacle plein d’humour et de trouvailles désopilantes. À voir absolument en famille !

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Renseignements : Théâtre Fontaine - 10, rue Pierre-Fontaine, Paris IXe. M° Blanche ou Saint-Georges. Tél. : 01 48 74 74 40. www.theatre.roumanoff.com  

Le Petit Chaperon Rouge

 

T’es qui dis, t’es d’où ? est une comédie musicale absolument fascinante qui aborde des sujets délicats : identité, double culture, amitié, craintes… La charmante Doudou explique le plus simplement du monde : « Moi j’ai grandi là avec une famille et deux pays. Suis-je d’ici ou pas ? Parfois je m’y perds un peu aussi. » De petites voix mélodieuses et justes chantent avec naturel : « J’ai peur du collège, peur de ma colère, de mes propres pièges, j’ai peur de me perdre ». Troublant.  Des adultes talentueux et motivés ont donné le goût de la musique et du spectacle à des enfants en difficulté. Ceux-ci sont aujourd’hui des acteurs talentueux qui chantent et jouent avec justesse. Leur présence sur scène est incontestable, celle-ci leur appartient. Ils nous offrent une heure trente de bonheur. On rit, on applaudit sans cesse, on retient une petite larme. On est époustouflés, on mange ces chérubins des yeux, on leur souhaite du bonheur.  Courez voir ce spectacle joué par des enfants, pour les grands et pour les petits !

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T’es qui dis, t’es d’où ? Les enfants de Belleville/Château Rouge.  Un CD, lauréat Prix Mino 2007, talent Adami Jeune public.  Fabien Bouvier (texte, musique et mise en scène), Véronique Bavière (chorégraphie).  Les 5, 6, 7 et 8 décembre 2007, à 20h, au Théâtre de Ménilmontant (15, rue du Retrait, Paris XXe).  Renseignements : 01 43 48 58 21.  www.serruriersmagiques.com  

T’es qui dis, t’es d’où ?

Aurélie Clément

 

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Dès janvier 2008, L’éducation musicale inclura un dossier dans chacune de ses livraisons.  Parmi les thèmes retenus :

  • Le bruit (en référence au programme de l’agrégation de musique)
  • Activités instrumentales & vocales à l’école (chorales, orchestres, spectacles musicaux)
  • La percussion (dans les musiques contemporaines, électroniques, extra-européennes, actuelles)
  • Musique & cinéma (en référence au programme du baccalauréat)
  • Empreintes croisées (compositrices et compositeurs)

Fr. C.

Le supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques du baccalauréat ».

Le supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.

Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.
Fax : 01 53 10 85 19. s.desmoulins@leducation-musicale.com

Découvrez le nouveau Prétentaine : "Constellations musicales", Avec cette approche plurielle et transversale sur les Constellations musicales, Prétentaine poursuit son parcours consacré à la musique entamé avec les n° 18/19 (Musique. Ontologies, phénoménologies, interprétations) et les n° 20/21 (Opéra. Mises en scènes et représentations scéniques). Ces trois numéros successifs sur la thématique de la musique peuvent sans doute être interprétés comme un effet de la magie musicale. La recherche sur la musique ne saurait être indépendante en effet de son « charme » parfois enivrant, celui très exactement des célèbres sirènes. Des éclairages rationnels peuvent certes rendre compte de cette magie de la répétition, mais cela pose alors deux questions fondamentales : Peut-on parler de musique ? Comment en parler ?

 

Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité, votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53 10 08 18 pour connaître nos tarifs publicitaires.

Aurélie Clément