Qui ne sait que les temps troublés furent toujours favorables à l'explosion créatrice des arts ? Que c'est alors que surgirent les grands visionnaires...
Dans le nouveau modèle de gouvernance économique et de survie en commun qui va devoir inéluctablement s'instaurer, la culture et les arts ne pourraient-ils occuper une place éminente ? Angélisme ? Pas si sûr...
La refondation du système monétaire mondial - que l'Europe a été la première à exiger - devra, bien entendu, s'attacher prioritairement à la lutte contre la malnutrition, génératrice de futurs tsunamis démographiques (un milliard d'individus ne souffrent-ils pas déjà de la faim ?) et ce, parallèlement à la défense de notre planète, à la diversité de ses espèces.
De notre propre espèce justement, la survie ne nécessitera-t-elle pas de communs idéaux, une authentique spiritualité laïque, c'est-à-dire tolérante à l'égard de toutes les cultures, de toutes les confessions ou libres pensées - sans faiblesse cependant envers les contempteurs de la liberté ?
Devant le présent déclin de l'empire américain - jadis qualifé de "Nouveau Monde" -, ne peut-on espérer que se rallument enfin les flambeaux d'une Europe renaissante ?
Montez orages désirés, et que se lèvent enfin - flamboyant rougeoiement - un Otto Dix, un paroxystique Artaud, un Beethoven implacable !
Disparition
dela femme de lettres et critique musical
Martine Cadieu (Tunis, 9 mars 1924 – Paris, 27 octobre 2008).Notre éminente collaboratrice aura produit de
nombreuses émissions littéraires et musicales sur France Culture et France
Musique. Elle a notamment publié : Soleils d’hiver (Gallimard), Un
été sans mémoire (Robert Laffont), À
l’écoute des compositeurs (Minerve), Mozart (10-18), Manuel de Falla (Séguier), Entretiens avec Henri
Dutilleux (Michel de Maule), et traduit en français les livrets d’Ulysse de Luigi Dallapiccola et de Intoleranza de Luigi Nono. Dans
notre dernière livraison (L’EM n°555-556, septembre-octobre 2008), elle signait encore l’article « Cathy
Berberian/Luciano Berio, Visages ».
Au CNSMD de
Lyon : Recrutement
d’un professeur de composition, spécialité « Informatique musicale »
(à partir du 1er janvier 2009). Date limite de dépôt des
candidatures : vendredi 28 novembre 2008. Renseignements :04 72 19
26 34. www.cnsmd-lyon.fr ou recrutement@cnsmd-lyon.fr
Meurtre à
Mogadiscio. C’est
au cours d’un séminaire consacré aux menaces de mort dont font l’objet les
musiciens, en Somalie, que l’un des principaux intervenants, Abdirasak Yusuf
Bahlawi, a été tué à coup de poignard. Renseignements : www.freemuse.org/sw2338.asp
L’Opéra national de
Paris retransmet
- pour la première fois, en direct & accès gratuit sur Internet - le 4 novembre 2008, à 19h30, l’opéra tchèque : La Petite Renarde rusée de Leoš
Janáček. Trois sites d’accès : www.operadeparis.fr / www.medici.tv / www.france2.fr. Sera également
disponible en VOD (différé) jusqu’au 31
décembre 2008.
38es Rugissants : Pour
ses 20 ans, le « Festival grenoblois des nouvelles musiques » se
propose de Composer le monde (du
vendredi 14 au samedi 29 novembre 2008). Renseignements : 11,
rue Jean-Jacques Rousseau, 38000 Grenoble. Tél. : 04 76 51
12 92. www.38rugissants.com
Ircam.
Présentation du système WFS. Jeudi 20 novembre, 18h30. À l’inverse des systèmes
de haut-parleurs conventionnels, la technique WFS permet de simuler la position
de sources sonores, de manière cohérente, pour tous les auditeurs d’un espace
donné. Renseignements : Ircam - 1, place Igor-Stravinsky,
Paris IVe. Tél. : 01 44 78 48 16. www.ircam.fr
Colloque
international : « Musique et complexité ». Autour d’Edgar Morin et de Jean-Claude Risset. Du mardi 9 au
jeudi 11 décembre 2008. À
Paris I-Panthéon/Sorbonne et au Centre de documentation de la musique
contemporaine (CDMC). Responsable : Nicolas Darbon. Avec
notamment : Georges Balandier, Michel Blay, Jean-Pierre Changeux, John
Chowning, Jacques Mandelbrojt, Mat Mathews… Colloque, film, concert. Entrée
libre. Renseignements : http://complexitemusicale.site.voila.fr
En 2009,
l’enseignement scolaire, avec quelque 60 milliards d’euros, restera en tête des dépenses
de l’État (plus de 1/5 du budget). Concourant ainsi - selon le ministre
Xavier Darcos - à la scolarisation de plus de 12 millions d’élèves et à
l’emploi de plus de 1 million de fonctionnaires… Le taux de
non-remplacement des personnels de l’Éducation nationale sera néanmoins de 35 %.
Le Louvre invite Pierre Boulez. Du 6
novembre 2008 au 9 février 2009 : concerts, exposition,
musique filmée, débat, conférence, colloque. Le 6 novembre (18h30) : Conférence inaugurale par Pierre
Boulez. Le 7 novembre (18h30) : Conversation
d’architecture avec Pierre Boulez, Jean Nouvel & Laurent Bayle.
Le 8 novembre (10h-18h) : L’œuvre en
suspens, colloque en présence du compositeur. Renseignements :www.louvre.fr
Jubilé Calvin. L’association « Calvin
09 » organise le concours Psaumes
d’hier & d’aujourd’hui, afin d’offrir à des compositeurs – sans limite
d’âge, de nationalité ou de confession – la possibilité de contribuer au
renouvellement de l’hymnologie réformée. Il s’agit de mettre en musique
des transcriptions de psaumes en français. Prix : 3 000,
2 000 et 1 000 francs suisses. Délai pour l’inscription : 12 janvier 2009. Renseignements : Temple de la Fusterie, place de la Fusterie, CH-1204 Genève. Tél. : +41
22 311 20 09. www.calvin09.org
First International Fryderyk Chopin Piano Competition
for Amateurs.Ce concours trisannuel se déroulera en septembre 2009, à
Varsovie. Renseignements : 9, Pilsudski square, PL-00-078
Warsaw. www.konkurs.amator.chopin.pl ou info@chopin.pl
L’Argentin Ricardo
Mosner (°1948, Buenos Aires), dont plusieurs tableaux ont illustré notre dossier sur le
tango (L’EM, supplément au
n°525-526), a peint « le dernier pilier de La Coupole » (pilastre en
réalité) et participé à la conception de la toute nouvelle coupole de la
célèbre brasserie parisienne. Où il expose, aujourd’hui, plusieurs
toiles. Rappelons que cet artiste est également sculpteur, graveur,
illustrateur (œuvres de Jarry, Roda-Gil, Butor, Donner, Jouët, Lascault…),
auteur, metteur en scène, acteur (troupe « Le Théâtre en poudre »),
chroniqueur radiophonique (« Les Décraqués » ; « Les Papous
dans la tête » sur France Culture)… Renseignements : La
Coupole (102, bd du Montparnasse, Paris XIVe. Tél. : 01 43 20
14 20).
Courrier du Québec : « (…) J’en profite pour vous
faire part de mon malaise très profond devant ces nombreux jeunes compositeurs
et interprètes québécois qui choisissent de chanter en anglais et de se donner
un nom anglais... Ça leur donne quoi ? Ont-ils honte de leurs origines ?
Pensent-ils qu’ils vont percer mieux aux États-Unis ? C'est une
vraie jungle et ils vont s’y perdre ! N’ont-ils pas constaté que les
vrais bons chanteurs québécois, depuis Félix Leclerc, ont très bien réussi en
français ? » (Onil Perrier, perricha@sympatico.ca)
« Le Baiser
salé », club
de jazz sis 58, rue des Lombards, Paris Ier, élargit sa
programmation. Renseignements :01 42 33
37 71. www.lebaisersale.com
Musique au Moulin
d’Andé : Situé en Normandie, sur un bras de la Seine, à quelque 100 km de Paris, le
Moulin d’Andé, édifié à la fin du XIIe siècle (dernier spécimen des
« moulins pendants ») propose, tout au long de l’année, concerts de
musique de chambre & expositions. Renseignements :02 32 59
90 89. www.moulinande.com
Théâtre des
Bouffes-du-Nord.Lundi 3 novembre, 20h30 : Ensemble vocal Accentus,
dir. Laurence Équilbey, cors & musette (œuvres de M. Ravel,
A. Scriabine, G. Pesson, Br. Pauset). Lundi 10 novembre, 20h30 : Christophe Desjardins,
alto ; Teodoro Anzellotti, accordéon ; Daniel Ciampolini,
percussions ; Lionel Peintre, comédien (œuvres de W. Fr. Bach,
B. Britten, M. Stroppa, S. Gervasoni, L. Berio). Lundi 17 novembre, 20h30 : Gustav Leonhardt, clavecin
(œuvres de H. Du Mont, L. Couperin, J. H. d’Anglebert,
J. S. Bach, A. Forqueray. Renseignements : 37bis, bd de la Chapelle, Paris Xe.
Tél. : 01 46 07 34 50. www.bouffesdunord.com
La Flûte enchantée sera à l’affiche de l’Opéra Bastille, à Paris, les
17, 19, 22, 25, 27, 29, 30 novembre et 1er, 4, 7, 10, 13, 18, 20, 23 décembre 2008. Lire, à ce propos, « Le symbolisme de La Flûte enchantée », article de
Jean-Pierre Robert, dans L’éducation
musicale n°557-558 (novembre-décembre 2008).
Le Trio
Bell-Fodoreanu-Abramovitz se produira le dimanche 23 novembre 2008, à 16 heures, en l’Auditorium de
Vincennes. Œuvres de Haydn, Chostakovitch, Piazzola et Schubert. Renseignements : 98, rue de Fontenay, 94300 Vincennes. Tél. : 06 30 57
26 51. www.arthemusconcerts.com
« Paris de la
musique »,
festival classique & contemporain, se déroulera du 7 au 14 novembre 2008. Sites : Radio France, Théâtre
des Bouffes-du-Nord, église Saint-Étienne-du-Mont, Théâtre du Châtelet. Renseignements :01 40 39 94 26. www.parisdelamusique.com
Le Centre culturel
suissepropose :The Torch Press de Sabisha Friedberg, spectacle musical incorporant
vocalises, langue parlée, enregistrements, instruments & films (le 26
novembre, à 20h) / Elina Duni
Quartet, chant, piano, contrebasse & batterie (le 27 novembre, à
20h) / Free Tallinn Trio, voix,
piano, guitare & électronique (le 28 novembre, à 20h). Renseignements : 32-38, rue des Francs-Bourgeois, Paris IIIe. Tél. : 01 42 71
44 50. www.ccsparis.com
Musique russe au
Grand Amphithéâtre de la Sorbonne. Mercredi 3
décembre, 20h30.
Rachmaninov : Concerto pour piano
n°2 (soliste : Mikhail Faerman Tchaïkovski : Valse des fleurs et extrait de l’opéra Eugène Onéguine. Moussorgski : Une nuit sur le Mont Chauve (version avec chœurs) et extraits
d’opéras inachevés. Jacqueline Mayeur, mezzo-soprano. Chœurs &
Orchestre de Paris-Sorbonne. Chef des chœurs : Denis Rouger. Direction :
Johan Farjot. Renseignements :01 42 62 71 71. www.musique-en-sorbonne.org
Auditorium du musée
Guimet, musée
national des arts asiatiques, propose Koma,
ensemble d’instruments traditionnels japonais (7
novembre, 20h30)
et Etsuko Chida, chant & koto (13 décembre, 20h30). Renseignements : 6, place
d’Iéna, Paris XVIe. Tél. : 01 40 73 88 18. www.guimet.fr/-auditorium
L’opéra Astrée, livret de Jean de La Fontaine, musique de Pascal
Colasse, sera créé, les vendredi 5 et samedi 6
décembre 2008,
à 20h30, au Théâtre Montansier, à Versailles. Renseignements : 13, rue des Réservoirs, 78000 Versailles. Tél. : 01 39 20
16 16. www.theatremontansier.com
Francis Cousté
Spectacles
musicaux
La Péniche-Opéra,
une scène atypique
La plus petite compagnie française d’opéra se joue la
comédie sur une péniche, ou plutôt deux : « Opéra » et
« Adélaïde », amarrées quai de la Loire, dans le bassin de la
Villette, à Paris XIXe. Atypique par son lieu, l’institution
est incontournable pour qui veut se sortir du train-train, découvrir ce que la
création lyrique contemporaine a d’original, ou redécouvrir quelques perles
enfouies dans la mémoire de mélomanes désabusés. Autour du credo à la
fois simple et ambitieux, « divertir, questionner, imaginer », quatre
axes structurent le projet artistique de la saison : l’exploration de
l’opéra-comique français, encore trop négligé - mais qui semble vouloir sortir
de son purgatoire - avec La Colombe de
Gounod, une pièce pleine de verve à la Courteline (de janvier à mars
2009) ; un coup de projecteur sur la musique française du XXe siècle, à travers deux compositeurs singuliers : Satie (Sports etdivertissements) et Poulenc (L'Histoire
de Babar), auxquels on joindra une création : Les Shadocks (à l'opéra),
de Denis Chouillet sur des textes de Jacques Rouxel (janvier à mars
2009) ; puis un hommage à Paul Hindemith dont seront présentées deux
partitions peu connues : Aller-retour et Le long dîner de Noël, son dernier opéra (23 avril à la Cité de la
Musique, et les 24 et 26 avril à Metz) ; enfin, la création musicale
d'aujourd’hui, avec Opéra de Maldoror d’après Les Chants de Maldoror de
Lautréamont, sur une musique d’André Fertier (novembre 2008), et Outsider, « opéra transatlantique
d’après les chemins croisés d’Elia Kazan et de Jules Dassin », sur une
musique d’Alexandre Markeas (avril 2009).
Quelques soirées en forme de coups de cœur compléteront ce
panorama on ne peut plus éclectique, avec Le
Voyage d'hiver de Schubert (5/III), un récital français autour de Duparc,
Debussy, Ravel (6/III), interprétés, l’un et l’autre, par Gilles Ragon &
Jean-Louis Haguenauer, qui présenteront encore un programme à la thématique
inventive : « Qui a chipé la clef des chants », un conte de
Colette Lebourhis, illustré de mélodies françaises empruntées, entre autres, à
Poulenc et Manuel Rosenthal (7 et 8/III).
À noter que La Péniche-Opéra voguera aussi sur la Seine,
le Loing et l’Yonne (juin 2009), et que la compagnie fera halte à terre, aussi
bien au théâtre de Fontainebleau (16/I) qu'à l’Opéra de Metz (24 et 26/IV).
Renseignements et location : La Péniche-Opéra, Compagnie
nationale de théâtre lyrique & musical (Bassin de la Villette. 46,
quai de la Loire, Paris XIXe. Tél. : 01 53 35
07 77. www.penicheopera.com).
Jean-Pierre Robert
Prince mouche. Auteur : Muha Vojnikovic.
Compositeur : Seyo Kovo. Antoine de Staël & Marc Wels :
mise en scène. Théâtre Les Déchargeurs (mercredi et samedi, 14h30 ;
tous les jours des vacances de la Toussaint). Adultes :
10,50 €. Enfants : 7,50 €. Réservation : 08 92 70
12 28.
Venez découvrir ce spectacle musical dans un charmant
théâtre au 3, rue des Déchargeurs, Paris Ier… Là, vous assisterez à
une représentation haute en musique ! La chanson prend une large place et
est entrecoupée de récits parlés. Les enfants sont captivés par ce spectacle
musical, composé de cinq personnages qui démarrent en fanfare de manière
presque classique. Prince Mouche nous annonce en chantant l’arrivée du
printemps. Puis tout s’arrête, la terrible nouvelle est révélée : « la
source d’eau mondiale » est tarie. La quête de l’eau peut commencer…
Mouche et son compagnon Sharfo sont chargés de cette délicate mission !
Véritable voyage entrecoupé de chants, de danses, rendant à ce spectacle une
vigueur étonnante. Ce conte musical crée une réelle prise de conscience
car il met en scène le problème du manque d’eau potable.
Petit’Ô. Théâtre Les Déchargeurs, mercredi
et samedi à 10h30 ou 16h30 jusqu’à mi-décembre, tous les
jours des vacances de la Toussaint. Les comédiennes : Gwenaëlle
Mendonça, Sandrine Nicolas, Hélène Seretti et Anna Pieri. Collaboration
artistique : Philippe Suberbie. Conseillère musicale : Jeanne
Leroux. Conseiller lumières : Laurent Prunier. Compagnie « Le
Rideau à Sonnettes ».
Ce conte musical nous emmène délicatement
dans le monde de Petit’Ô. Tout est dépourvu d’artifices, les comédiens ne
sont pas fardés, les décors sont minimalistes et la force réside dans les
chants, les sons, le mime et le jeu théâtral. Petit’Ô est un petit être,
vierge de tout savoir ; son parcours initiatique et des créatures qui
croisent son chemin – la Reine des Vents, le Doudou-Terre ou encore le
Poisson-Mer sont construits autour des éléments Eau, Air et Terre et la
découverte des cinq sens. Toutes les ponctuations sonores ou musicales
proviennent d’un son réalisé en direct. Une véritable réflexion a été apportée
au développement des rythmes, des bruitages et à l’instrument vocal. La
curiosité est sollicitée, parents et enfants sont ravis !
Irmhild BEUTLER & Sylvia Corinna ROSIN : Advent, Advent !Premiers chants de Noël, pour flûte à bec soprano. Breitkopt Pädagogik (www.breitkopf.com) :
EB 8762. 12,50 €.
Sur sol, la, si, do,
ré, voilà un ensemble de 17 pièces progressives pour flûtiste débutant, assorties
des notions solfégiques ad hoc. Avec accompagnement possible de
flûte à bec alto, et/ou piano, et/ou guitare (notation anglo-saxonne des
accords), en parties séparées. Paroles en allemand. Trois pages de
jeux-exercices : « Ma liste de cadeaux », « L’hiver »,
« Petits gâteaux de Noël ». Joyeuses illustrations signées
Marlies Walkowiak.
Francis Gérimont
FORMATION MUSICALE
Marie-Hélène
SICILIANO : On aime la F.M. Vol. 4.
H.Cube/Hexamusic: H.C.41.
Après le volume 3, recensé en janvier dernier, voici le
volume 4 destiné à la quatrième année de Formation musicale. On
appréciera le caractère extrêmement varié des exercices qui sont proposés ainsi
que la qualité et la richesse des extraits proposés. Il ne s’agit pas d’un
« manuel » mais d’un outil de travail à partir duquel le professeur
pourra construire son propre cours. Il comporte cinq parties : 13 leçons à
thème, qui constituent des ensembles équilibrés, mais non des « leçons »
au sens strict du terme, des compléments techniques, lecture, rythme, théorie,
une partie écoute & découverte, faisant une part importante au jazz et à la
musique contemporaine (même si ces musiques ne sont pas absentes des
« leçons », loin de là). Un CD est disponible en option, ainsi
que le livre du maître, sur présentation d’un justificatif.
Vincent GUYOT &
Dominique SOURISSE : Répertoires. Adaptations à l’usage des classes
de Formation musicale et d’orchestre. Vol. 1, 2e cycle.
Billaudot : G 8164 B.
Il s’agit en fait d’un volume de 12 transcriptions
d’œuvres symphoniques pour des ensembles à possible géométrie variable.
En effet, chaque pièce est transcrite sur deux systèmes qui ressemblent à une
partition de piano : un système à quatre voix pour les vents, et à quatre
voix pour les cordes. Entre ces deux systèmes se trouve une portée sur laquelle
l’élève pourra reporter sa propre partie écrite dans sa clé préférée (je pense
notamment aux altistes…) ou dans sa tonalité propre (clarinette, saxophone…).
Cette présentation très astucieuse permet également de faire jouer chacun des
systèmes par un… pianiste. On retrouve ainsi la bonne vieille formule qui
a fleuri autrefois dans beaucoup d’orchestres amateurs : celle du
« piano conducteur » qui permet de mettre en œuvre ces arrangements
même lorsqu’on dispose de peu de moyens, et de faire faire à nos pianistes de
la musique d’ensemble. Cette collection devrait donc rencontrer un franc
succès, quelle que soit la taille de la structure où l’on enseigne.
Agnès
MABIRE-BEX : L’oreille à l’écoute. Comprendre le langage musical. Vol.
1, début 2e cycle. 1 vol. 1 CD. Billaudot : G
8322 B.
Voilà un ouvrage très complet permettant de faire un
véritable travail de relevés divers et d’analyse musicale sur douze œuvres
empruntées essentiellement à la période baroque et classique, et présentées par
ordre chronologique. Les enregistrements, très soigneusement réalisés,
donnent une première version de l’extrait à analyser. Une deuxième
version contient un extrait plus important ou plus fidèle à l’esthétique
originale, notamment pour les musiques de la Renaissance. Le volume
contient toutes indications nécessaires pour sa mise en œuvre ainsi que des
corrigés très développés. Cet ouvrage peut donc concerner aussi bien les
élèves de Formation musicale que les étudiants en musicologie, ou tout
simplement les amateurs désirant approfondir leur travail et leur découverte de
la musique.
Joy KANE : Solfeggio rigolo. « La musique, c’est toi »,Lemoine : 28 344 H.L.
Voilà un recueil bien sympathique qui pourrait paraître, à
première vue, un peu simplet et traditionnel, mais ce serait mal connaître Joy
Kane : ces chansons jazzy et pleines de malice forment une initiation à un
certain nombre de formes musicales simples mais incontournables. Le CD ne se
contente pas de reprendre les chansons, mais en montre la mise en œuvre, en
contient divers play-back. De plus, il ne faudra pas oublier de bouger, sur ces
chansons ! Il s’agit de bouger en musique, d’associer à une mélodie une
expression corporelle, une gestuelle musicale. Bien sûr, il vaut mieux que le
professeur et le pianiste accompagnateur aient eux-mêmes le sens du jazz et du
mouvement…
CHANT
Jacqueline BONNARDOT : Les plaisirs du chant, pour voix moyennes. Vol. 3A et 3B.
1 CD. Lemoine : 28 637 H.L.
Il ne faut pas confondre ces volumes avec les Classiques du chant du même auteur dont
nous avons rendu compte dans notre livraison de mai/juin 2007. Ce volume
est destiné, comme les précédents de la même collection, aux jeunes chanteurs
et aux cours de Formation musicale. Toutes les pièces peuvent être interprétées
par des voix féminines ou masculines. Le CD présente les œuvres
interprétées par une soprane et un ténor : ces deux chanteurs se sont
efforcés de le faire avec la plus grande simplicité, et la réussite est
excellente. Il contient aussi le play-back réalisé au piano. L’ensemble
est de grande qualité. Le choix des morceaux des deux volumes aborde tous les
styles, de Gluck à Massenet et Messager en passant par Schumann. Bref, et
selon le titre des recueils, il y a vraiment là de quoi se faire plaisir.
VIOLON
Max MÉREAUX : Remember pour violon & piano.
Lafitan : P.L. 1761.
Voilà une fort jolie pièce un peu mélancolique sur un
rythme de barcarolle. Elle est de niveau moyen, et a également été écrite (dans
une autre tonalité…) pour saxophone en sib sous la référence P.L. 1431.
VIOLONCELLE
Claude
DEBUSSY : Sonate pour violoncelle
& piano. Éditée par Regina Back &
Douglas Wood-Full-Harris. Urtext Bärenreiter : BA 9412.
Bien sûr, ce qui caractérise cette édition, c’est le soin
avec lequel le texte a été établi. On apprécie aussi la qualité et la clarté de
l’impression et la présence d’un fac-similé de deux pages du manuscrit. Mais,
bien plus encore, il faut faire un sort particulier à la remarquable
introduction rédigée par les deux éditeurs, traduite en français, et qui
comporte, outre l’arrière-plan historique et l’histoire de la publication, un
historique complet des premières exécutions. Mais surtout, une partie très
importante est consacrée à l’esthétique et aux traditions d’interprétation,
partie très détaillée et faisant une large part aux remarques de Debussy
lui-même. Cette introduction, par sa qualité et sa pertinence, présente
un intérêt qui dépasse la seule présentation de l’œuvre. Elle devrait
être lue en détail par tout interprète de Debussy. Les pianistes, en
particulier, liront avec profit ce qui est dit, par Debussy lui-même, de
l’utilisation de la pédale…
FLÛTE TRAVERSIÈRE
Alexandre
CARLIN : Un soir d’été pour flûte en ut & piano. Lafitan : P.L. 1769.
Alexandre Carlin offre au jeune flûtiste une jolie mélodie
pleine de charme, malgré la modicité des moyens mis en œuvre.
Lucien CONTOIS : Dialogue pour flûte en ut & piano. Lafitan : P.L. 1640.
Ce dialogue, qui dure près de cinq minutes, s’adresse à
des flûtistes aguerris. Passant du récitatif en forme de cadence à la valse
lente pour revenir à un récitatif final, cette pièce parfois nostalgique ne
manque pas, cependant, de caractère.
HAUTBOIS
Charles
KOECHLIN : 2 monodies, extraites des « 12 monodies
pour instruments à vent » op. 213, pour hautbois. Billaudot :
G 7768 B.
De moyenne difficulté, ces pièces écrites en 1947 sont de
très belles œuvres, dépouillées et expressives qui n’ont été créées qu’assez
récemment. Espérons qu’elles figureront de plus en plus souvent au
programme des concerts.
BASSON
Charles
KOECHLIN : 2 monodies, extraites des « 12 monodies
pour instruments à vent » op. 213, pour basson. Billaudot :
G 7768 B.
On se reportera au commentaire des pièces pour hautbois
ci-dessus.
TROMBONE
Marc LYS : Trois à Troyes, pour trois trombones.
Combre : C06551.
Cette commande pour l’épreuve finale du 3e Concours national de trios de trombones de Troyes n’est évidemment pas
particulièrement facile. Mais c’est d’abord de la musique, et de la
bonne.
Cette pièce de niveau premier cycle introduit
effectivement un certain nombre de glissandi qui justifient le titre de la
pièce. Et il n’y a pas que les ré…
Une pièce agréable et très chantante.
Bruno
LESCARRET : 15 tableaux, pour
vibraphone ou marimba avec play-back. 1CD. Musique de genre. Combre : C06468.
Sans qu’il y ait véritablement recherche d’une progression
technique méthodique, les premières pièces peuvent s’adresser à des débutants
alors que les dernières sont pour des exécutants plus expérimentés. Il
s’agit en fait de trois ensembles de cinq pièces : la première partie
s’intitule Cinq saynètes médiévales, la
deuxième, Cinq portraits fantaisistes, et
la dernière, Cinq esquisses urbaines. On passe ainsi de l’écriture modale à l’écriture classique et enfin à la
gamme par tons. On ne s’ennuie pas avec ces compositions aussi variées
qu’originales. Les accompagnements sont divers : piano, orgue, autres
instruments & percussions… Le CD, plein de vie et d’optimisme, autant que
de vraie musique, donne à la fois la réalisation finale et le play-back.
MUSIQUE DE CHAMBRE
SMETANA : Quatuor à cordes n°1 en mi mineur. Quatuor à cordes n°2 en ré mineur.Urtext. Bärenreiter. Partition de poche :
TP 516 et TP 517. Matériel : BA 9516 et BA 9517.
Le premier quatuor, intitulé De ma vie, est de 1876. Le deuxième suivra en 1883 et sera l’une de
ses dernières compositions. Inutile de dire avec quel soin cette édition
est réalisée. On trouvera dans la partition de poche une très intéressante
préface de Marta Otlova qui fait l’historique de ces pièces et de leurs
éditions.
Jules DEMERSSEMAN : Grand duo sur des motifs de Guillaume Tell de G. Rossini, pour
2 euphoniums ou saxhorns, en si ou
en ut & piano. Révision :
Philippe Fritsch. Billaudot : G 7668 B.
C’est pour les nouveaux
instruments de son ami Adolphe Sax que Jules Demersseman écrivit ce duo, conçu
primitivement pour le trombone Sax à six pistons et le saxhorn basse.
L’œuvre est essentiellement destinée à mettre en valeur les possibilités des
instruments et des instrumentistes. Elle n’en est pas pour autant dénuée
d’agrément et de qualités musicales. Il y a là de quoi se faire plaisir
et plaire à son public.
Claude PICHAUREAU : Tragoedia pour trombone ténor, piano &
ensemble instrumental. Combre : C06574.
Cette « Suite concertante »
est une commande du 8e Concours national de trombone
d’Aulnoye-Aymeries (Nord). L’ensemble instrumental est un véritable petit
orchestre symphonique : quatuor à cordes, flûte, clarinette, 4 saxos (de
soprane à baryton), percussions & deux claviers (xylophone et vibraphone)
joués par le même exécutant. Le piano ne fait pas partie de l’ensemble
proprement dit, mais il peut participer comme soutien ou à défaut de certains
instruments. Il s’agit donc d’une œuvre ambitieuse et d’un grand intérêt de cet
éminent chef, compositeur et professeur au CNSMP.
PERCUSSIONS
Nicolas BERTHE & Fabrice RICHARD : Art of Rhythm,n°5. 1CD. Fuzeau.
On connaît l’implication des éditions Fuzeau dans l’Éducation
musicale par la pratique instrumentale. L’élève dispose d’une partition
(sous forme de conducteur) et d’un play-back disponible en trois versions.
Il y a donc quatre pièces. Pour l’instrumentation, il est toujours prévu
une solution de remplacement avec les moyens du bord. Mais il vaut
évidemment mieux disposer des claves, du triangle, des boomhackers, du carillon
& du djembé demandés. L’ensemble est très agréable, très clair et
remarquablement enregistré et interprété.
"Pour la science", numéro spécial sons et musique, en vente dès le mois de novembre en kiosques et librairies.
Isabelle HANDY : Musiciens au temps des
derniers Valois (1547-1589). « Bibliothèque littéraire de la
Renaissance », Honoré-Champion (http://www.honorechampion.com).
697 p. 77 €.
Isabelle Handy, musicologue et
historienne de l’art, passionnée par les recherches d’archives, est en même
temps une excellente paléographe, ce qui lui permet d’interpréter des documents
anciens et de puiser aux sources de toute première main. Cet imposant livre est
l’aboutissement de minutieuses et patientes recherches au Minutier central des
notaires de Paris (encore peu exploré par les musicologues) et de
l’exploitation des Séries KK, L, LL, O1, U et Y aux Archives nationales.
L’idée générale est « L’exercice du métier de musicien et son
contexte », replacé dans son cadre institutionnel à la Cour de France
(célèbre par la « Musique de la Chambre », la « Musique de
l’Écurie », la « Musique de la Chapelle »). L’auteur dégage
l’« Ascension sociale du musicien au XVIe siècle »,
musicien qui, appelé « joueur d’instrument », devient progressivement
interprète. Au fil des pages, le lecteur sera plongé dans les milieux de Paris,
de la Cour, avec ses fastes, festins et banquets royaux ; il saisira mieux
le goût des Valois pour les Arts et Lettres, pour la culture humaniste, mais
aussi le niveau de vie et l’existence des musiciens (y compris les organistes),
chantres, pages... et le rôle des corporations. Cet ouvrage, résultat
d’une thèse préparée dans le cadre du Groupe de recherche sur le patrimoine
musical (1450-1750), renoue avec la tradition de la musicologie historique,
insiste sur l’histoire événementielle, sur la localisation des musiciens à
Paris, permet de découvrir, par exemple, la dynastie des Dugué. Annexes,
nombreuses illustrations, témoignages authentiques et iconographiques
(ballets...), Glossaire, Bibliographie et Index rehaussent
encore l’intérêt d’une étude qui s’impose par la nouveauté et la précision de
l’information. Elle contient une mine de renseignements qui seront très utiles
aux historiens, historiens des mentalités et des sensibilités, ainsi qu’à tous
ceux qui s’intéressent au rayonnement des derniers Valois.
Marie-Christine & Jean-François WEBER : J.
K. Mercken : premier facteur parisien de forte-pianos(nouvelle
édition revue et augmentée). Delatour (http://www.editions-delatour.com).
236 p. [CD encarté].
Dans
la production discographique, le pianoforte ou forte-piano est à l’honneur. Les
deux auteurs ont eu raison de se pencher sur cet instrument et, en particulier,
sur le premier facteur parisien : Jean-Kilien Mercken (1743-1819). La
nouvelle édition tient compte du dernier état de la question, aborde la grande
diversité de leurs dimensions et décoration, respectant toutefois les progrès
de la facture. Le facteur J. K. Mercken est situé dans ses divers
contextes. Sa famille, originaire d’Allemagne, arrive en France vers le
milieu du XVIIIe siècle.
Il s’installera à Paris (rue Saint-Honoré) comme facteur. Les auteurs évoquent
la situation du forte-piano à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et les conséquences de la Révolution
de 1789. Après cette date, J. K. Mercken n’est plus mentionné comme
facteur de clavecins, mais comme facteur de forte-pianos, instruments qui
connaissent alors de nombreux progrès. Un Index éloquent précise le nom
des facteurs. On trouvera également les traces et mentions d’instruments de
J. K. Mercken, en France et à l’étranger, ou dans des collections privées.
En fins connaisseurs, les deux auteurs montrent la diversité des modèles issus
des forte-pianos carrés et leurs spécificités. À côté des aspects
organologiques qui seront très appréciés des restaurateurs contemporains, le
contexte sociologique illustre bien le niveau de vie de ce type d’artisans à la
fin du XVIIIe siècle. Quant aux
interprètes, ils seront instruits non seulement par l’évolution et la typologie
de ces instruments, mais encore par l’interprétation de Richard Siegel qui, sur
deux forte-pianos de Mercken (1791, 1809), interprète des pièces de
N. Séjan, É. Méhul et Fr.-A. Boieldieu mettant particulièrement ces
instruments en valeur et faisant (re)découvrir les sonorités d’antan.
Nicole
ROUILLÉ :Le beau parler françois. La prononciation de la
langue publique aux XVIIe et XVIIIe siècles. Delatour,
200 p. [CD encarté].
Tous
les chefs de chœur, chanteurs et acteurs rencontrent les mêmes hésitations à
propos de la prononciation française correcte du XVIe au XVIIIe siècle. Certains s’appuient sur des traités
qui, tout en prodiguant des conseils, ne peuvent pas donner une idée très
précise de la réalité sonore de l’époque. Et c’est en cela que réside
tout le mérite de Nicole Rouillé, à la fois professeur, artiste et auteur
alliant l’érudition à la pratique. Grâce aux éditions Delatour, son ouvrage
original apporte une multitude de précisions pour redonner vie aux documents
anciens et, en ce sens, se rapprocher d’une déclamation quasi authentique,
retournant aux sources, comme il se doit. Le chapitre I a pour
dénominateur commun, d’une part l’éloquence (définition, applications), d’autre
part la réthorique (définition et surtout fonction dans les Arts
oratoires) ; le chapitre II, plus technique, donne un aperçu très
détaillé des « figures du discours », aussi bien des mots que des
pensées. Comédiens et chanteurs apprécieront - avec de nombreux exemples soigneusement
sélectionnés à l’appui - des définitions précises (prosopopée…), des
démonstrations très convaincantes (dans l’optique de la « Théorie des passions »),
des réactions. Sur le plan pratique, l’acteur comme le chanteur apprendra
de nombreuses règles sur la prononciation et typologie des voyelles,
diphtongues, consonnes, et nombreux cas particuliers. Il trouvera une
étude remarquable sur le solfège déclamatoire. Ce manuel n’est pas
destiné à être lu in extenso, mais doit être consulté comme un
vademecum : il apporte aux orateurs de notre temps toutes précisions
utiles pour préserver et sauvegarder notre langue ; ils tireront le
meilleur profit du CD joint (59’50), particulièrement instructif, reproduisant
« la prononciation de la langue publique aux XVIIe et XVIIIe siècles » et visant à la « restitution
d’une phonétique historique ». Si l’on réalise que cette matière
puis la linguistique, en tant que disciplinesn sont entrées à l’Université dans
les années 1950, ce maître-livre permet de mesurer le chemin parcouru pour
restituer notre langue fidèlement, selon les critères de chaque époque.
Alain PUCCI : Haydn et le quatuor à cordes.
Delatour. 207 p.
Cet ouvrage,
sous-titré « Du divertissement autrichien au quatuor à cordes
(1755-1785) : énigme, plaisanterie, spéculation », arrive à point
nommé en prélude à l’« Année Haydn » (2009). En parfait
spécialiste, Alain Pucci propose des démonstrations cohérentes, précises et
minutieuses ; lors de ses cours, il part de « l’analyse cellulaire
jouant et faisant chanter les motifs, puis les faisant entendre par un quatuor
enregistré en extraits très brefs pour sensibiliser les enfants aux registres
d’apparition de ces motifs en fonction de leur repérage sur le plan ».
Ensuite, il élargit « l’audition des motifs aux phrases, et des phrases
aux sections, et ainsi de suite jusqu’à la recomposition du mouvement ».
En guise d’Avant-propos, l’auteur évoque « Haydn et l’aventure de
l’esprit », ainsi que ses conditions de travail. Une Introduction
musicologique situe les origines et les premiers foyers du quatuor à cordes
(Milan, Vienne, Paris), et pose « la » question : « Haydn,
père du quatuor à cordes ? ». L’Introduction historique, avec de nombreux documents à l’appui, est
particulièrement intéressante. Des critères indispensables pour
comprendre les quatuors sont établis, à l’aide de plans-tableaux, d’exemples
musicaux commentés et analysés en profondeur, définitions terminologiques, avec
explication des diverses conceptions. Le lecteur trouvera des analyses
techniques percutantes, pour les Quatuors op. 0, 1, 2, 9, 17, 20 et 33, ainsi qu’une table générale des 34 premiers quatuors. Les enseignants
décèleront dans cet ouvrage de nombreux partis pris d’analyse stylistique et
esthétique qui permettront de mieux faire comprendre l’œuvre du « père du
quatuor à cordes ».
Nicolas DERNY : Erich Wolfgang Korngoldou l’itinéraire d’un enfant prodige. « Mélophiles »,
Papillon (www.editionspapillon.ch).
157 p. 16,70 €.
Le numéro 22 de
la collection « Mélophiles » est consacré à Erich Wolfgang Korngold
(1897-1957), compositeur autrichien naturalisé américain par la suite.
Élève, entre autres, d’Alexander von Zemlinsky, il commence à composer dès
l’âge de 12 ans (d’où le sous-titre du livre). Il sera compositeur et
chef d’orchestre, collaborera notamment avec Max Reinhardt, le metteur en scène
bien connu. D’une plume alerte, l’auteur présente la famille, évoque
« la douce vie viennoise » et les amis de scène, rappelle que le
musicien fera ensuite carrière à Hollywood dans la musique de film (ce qui ne
l’empêchera pas de retourner fréquemment en Europe). E. W. Korngold
a forgé la musique cinématographique naissante, n’échappant pas à l’atmosphère
postromantique. Son esthétique peut être sentimentale ou doucereuse.
Il apparaît comme un homme de théâtre avide de mystère, d’ésotérisme. Le Catalogue des œuvres est complété par
une Bibliographie et une Discographie sélectives et un très utile Tableau synoptique se présentant comme une chronologie permettant de
situer sa vie et son œuvre par rapport aux événements musicaux, artistiques,
littéraires et historiques de son temps. Nicolas Derny, qui n’a pas
ménagé ses efforts pour présenter cette personnalité déracinée, encore peu
connue mais attachante, conclut ainsi : « Laissez-vous séduire par
cette innocence et cette légèreté tout enfantine qu’Erich Wolfgang Korngold
aura su garder jusqu’à la fin de sa vie ». Contrat rempli.
Édith Weber
Gabriel FUMET (Entretien avec) : La
musique du silence ou la dynastie des Fumet. Delatour.
223 p. CD inclus.
Gabriel Fumet, flûtiste international
[notre photo], tente depuis plusieurs années de faire revivre cette musique
« première née du silence, dans la
réclusion de l’amour » composée par son grand-père, Dynam-Victor Fumet
(élève de César Franck), et son père, Raphaël Fumet (disciple de Vincent d’Indy),
tous deux organistes et compositeurs. Au cours de cet entretien - parfois
entaché de propos quelque peu populistes concernant la musique contemporaine -,
Gabriel Fumet dresse un portrait de ces deux personnalités, marginales et
attachantes, ainsi qu’un catalogue de leurs œuvres, originales et inspirées
d’une spiritualité profonde. Puisse ce livre faire sortir de l’ombre
cette musique tout empreinte de lumière. Le CD inclus permettra au
lecteur d’en juger…
Émile ORTENBERG : De
l’art de devenir mozartien. Un message de lumière. « Culture
et religion », Lethielleux/Desclée de Brouwer. 282 p.,
17 €.
Un livre de plus sur Mozart !
En dépit de la passion, maintes fois réaffirmée, de l’auteur pour Mozart, ce
livre n’apporte aucun élément nouveau, ni sur l’œuvre, ni sur la personnalité
du compositeur, ni sur les sources de ce « message de luùière »…
Nous étions en droit d’attendre quelques éclaircissements.
Malheureusement le lecteur restera dans les ténèbres. Alors, pourquoi
s’abimer les yeux ?
Patrice Imbaud
Pierre-Albert CASTANET (éd.) : Giacinto
Scelsi aujourd’hui. Actes de colloque (Paris, janvier 2005).
CDMC (www.cdmc.asso.fr).
Bibliographies, catalogue des œuvres, discographie, index. 25 x
20 cm, 394 p., ill., ex. mus. 29 €.
G. Scelsi (1905-1988) laisse une œuvre
réputée rétive à l’analyse en raison de l’unité de ses masses sonores ou de
l’absence proclamée de toute pensée. Il a pourtant ouvert la voie à la
génération des Grisey et Murail en décomposant le son dans son spectre.
Les opus de maturité se fixent ainsi sur une note unique dont
« l’intérieur » est modulé de manière raffinée par les nuances, les
modes de jeu ou l’orchestration. Butant sur la « plénitude
totale » du son scelsien, dont la « sphéricité » annoncée semble
déjouer les prises, les 28 présentes contributions s’emploient assez peu à en
éclairer le fonctionnement : exploration des battements par F.-X. Féron, application
par G. Giacco des concepts de surface et de masse… C’est que, pour Scelsi,
le son est avant tout objet de méditation, « force cosmique »
originaire, voie d’accès à l’ésotérisme et à la mystique, surtout orientale.
Et comme rituels théophaniques, les œuvres trouvent ici exégèses, parfois
poétiques.
Paul Gontcharoff
Agenda de l’Unesco 2009. Patrimoine mondial. Unesco : 7, place de Fontenoy, Paris VIIe (tél. : 01 45 68 22 22. www.unesco.org/publishing). 22 x 23 cm, 158 p., 19 €.
Comme chaque année, l’Unesco dédie son
célèbre agenda à la promotion du patrimoine mondial. Ainsi une somptueuse
photo en couleurs (légendée en français, anglais et espagnol) s’inscrit-elle en
regard de chaque page hebdomadaire. En annexe : liste des États
signataires et des sites inscrits.
Levente SELÁF : Chanter
plus haut. La chanson religieuse vernaculaire au Moyen Âge (essai de
contextualisation). « Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge,
n°87 », Honoré Champion (www.honorechampion.com). Relié : 15,5 x
22,5 cm, 650 p., 115 €.
Par trop négligé dans la tradition
philologique (à l’exception notable des Cantigas
de Santa Maria d’Alphonse X le Sage), il fallait que ce corpus soit
enfin rédécouvert. Fruit d’une thèse de doctorat (soutenue à Paris en
2003) ayant trouvé son origine dans la découverte de la poésie du trouvère
Gautier de Coinci, cet ouvrage envisage successivement : Origines
bilingues de la poésie religieuse vernaculaire / Poésie lyrique (malheurs
de la délimitation d’un corpus) / Les noms du divin / Poésie religieuse
des troubadours / Cantigas de Santa
Maria / Imitation formelle dans les chansons pieuses / Origines
mythiques et réelles / Motifs stylistiques et outils poétiques /
Chanson pieuse et catégories sociales / Les « chansonniers
pieux » / L’art de la glose. En annexe : très complètes
répertoriations ; bibliographie ; index.
Didier van
MOERE : Karol Szymanowski.Fayard. Relié, couverture souple : 13,5 x
22 cm, 696 p., 27 €.
Grande figure de l’Europe musicale entre
les deux guerres, le Polonais Karol Szymanowski (1882-1937) connut ensuite une
relative éclipse. Grâce à des musiciens qui - tel un sir Simon Rattle -
œuvrent de longue date à sa réhabilitation, le compositeur redevient
aujourd’hui populaire. Ainsi toutes ses musiques sont-elles désormais accessibles
au discophile, et ses opéras (La loterie
aux maris, Hagith, Le roi Roger) disponibles en DVD.
Voilà, en outre, comblée – et de belle manière - une lacune de l’édition
française. Ouvrage retraçant les grandes étapes d’une vie
mouvementée : Enfance et adolescence / Les années
d’apprentissage / La Jeune Pologne en musique / De Vienne à
Biskra / Un érémitisme fécond / Le chant du départ / Entre
l’Europe et l’Amérique / Le splendide isolement / Le Conservatoire ou
moi / Les chants du cygne / La symphonie des adieux. En annexes :
Catalogue de l’œuvre, bibliographie sélective, index nominum et rerum.
Harry
HALBREICH : L’œuvre d’Olivier Messiaen. Fayard. 15 x 23,5 cm,
596 p., ex. mus., 30 €.
Pour n’avoir pas le caractère hagiographique
du magnifique hommage paru, cette année, aux éditions Symétrie : Olivier Messiaen, le Livre du centenaire,
cette réédition, considérablement augmentée, de l’ouvrage d’Harry Halbreich (paru
en 1980) constitue, à ce jour, le plus complet panorama analytique de
l’œuvre. Avec, notamment, des études sur les chefs-d’œuvre des trente
dernières années : Éclairs sur
l’Au-delà, Livre du Saint-Sacrement, Saint François d’Assise… Quatre
grandes parties : L’homme et son univers / Le langage musical /
L’œuvre / Messiaen parmi nous. En annexes : Témoignages inédits
d’élèves d’Olivier Messiaen / Catalogue chronologique de l’œuvre /
Bibliographie / Index.
Paul GRIFFITHS. La
Mer en Feu : Jean Barraqué. « Points d’orgue »,
Hermann Musique (www.editions-hermann.fr). 14 x 21 cm, 347 p.,
cahier de photos n&b, 22 €.
Il faut, une nouvelle fois, que ce soit
un auteur anglo-saxon (ici le célèbre chroniqueur musical du Times, du New Yorker et du New York
Times) pour s’intéresser à un compositeur français, le trop rare et secret
Jean Barraqué (une première édition de cet ouvrage était parue : Rochester
University Press, 2003). Trois rencontres furent déterminantes pour le
musicien : Pierre Boulez, Michel Foucault et les écrits d’Hermann Broch (La Mort de Virgile, notamment). De
Jean Barraqué, nous ne possédons que six partitions : Sonate (pour piano), Séquence (pour voix, batterie et divers instruments), …au-delà du hasard (pour 4 formations instrumentales et une
formation vocale), Chant après chant (pour 6 batteurs, voix et piano), Le
temps restitué (pour soprano, chœur et orchestre), Concerto (pour 6 formations instrumentales et 2 solistes), plus un
fragment de musique électronique. Ton remarquablement vivant d’un auteur
qui s’adresse, post mortem, à celui
qui écrivit : « Je suis du côté exceptionnel du drame et du
pathétique – de la grandiloquence,
dirait Genet ».
Pierre MARIÉTAN (1935) : Dit
chemin faisant.Conversations,
Fragments/sources, Géophonies. Klincksieck (6, rue de la Sorbonne,
Paris Ve). 15 x 21 cm, 224 p., ex. mus.
23 €.
Multiples sont les écrits du compositeur
valaisan Pierre Mariétan, dont le catalogue musical est riche de plus de 200
œuvres chambristes, orchestrales, vocales ou électroacoustiques. La
musique doit sortir, selon lui, de la salle de concert et gagner notre
quotidien architectural et urbain – sous, bien entendu, d’expresses conditions.
Les présentes « Conversations » sont la transcription de dix entretiens
radiophoniques avec Philippe Sers, les « Fragments/sources »
décrivent les expériences d’écoute réalisées au cours de recherches et
« Géophonies » montrent leurs applications au sein de la série
« Ateliers de création radiophonique » (France Culture) et de
productions du Studio de la Westdeutscher Rundfunk (Cologne).
Cretien van
CAMPEN : The Hidden Sense. Synesthesia in Art and Science.Massachusetts Institute of Technology (http://mitpress.mit.edu). Relié toile sous
jaquette. 16 x 23,5 cm, 186 p., ill. n&b, cahier
couleurs. £19.95.
Quid de l’écoute de la musique en
couleurs, de la passion exclusive pour tel ou tel grain de voix, de l’attribution
d’une couleur spécifique à chaque lettre de l’alphabet ? Ces
expériences – auxquelles participent plusieurs sens, où communiquent des aires
du cerveau ordinairement compartimentées – ressortissent à la
synesthésie. Cretien van Campen envisage cette particularité du double
point de vue scientifique et artistique : dans les arts visuels, la
musique, la littérature, les plus récentes recherches neurologiques.
Court-circuitements neuronaux chez Scriabine, Van Gogh, Kandinsky, Nabokov,
Poe, Baudelaire, Rimbaud, Messiaen ? Selon l’auteur, ce ne furent jamais des
métaphores, mais bien plutôt un nouveau sens caché, un penser visuel - nouvelle
clé de sensibilité (sensivity). Trois
parties : Perception [Music
videoclip without TV / Children draw music / Visual music], Thought [Calculating in colors /
Poetic synesthesia / Exploring drug-induced synesthesia], Insight [A colored brain / Dark
double-bass & purple piano / The hidden sense]. Bibliographie et index.
Bernard MURACCIOLE et alii : Chants maçonniques des Hauts Grades.
« L’univers maçonnique », éditions Véga (tél. : 01
43 36 41 05. www.republique-des-lettres.fr/editions-vega.php). Relié, sous jaquette : 15,7 x
22,7 cm, 182 p., ill. n&b et couleurs. 1CD (24 plages,
77’51). 26 €.
Chanteur de l’Opéra de Paris, Bernard
Muracciole a déjà publié de nombreux ouvrages & CDs consacrés à la musique
maçonnique. Mais il n’existait pas, à notre connaissance, de monographie
dédiée aux seuls chants maçonniques des hauts grades (du 4e au 33e)
- de Rite français, de Rite écossais ancien & accepté (REAA), de Rite de marque
(Mark Mason). Ce magnifique livre, auquel ont participé les meilleurs
historiens contemporains de l’Ordre, est tout à fait informatif et son admirable
iconographie, en situation. Même si l’intérêt proprement musical du
corpus est plus anthologique qu’esthétique… Mais ne faut-il pas resituer
tout cela en son temps ? Spiritualité et sociologie des Lumières…
Les propres compositions de l’excellent chanteur qu’est Bernard Muracciole ne
déméritent certes pas aux côtés des 20 pièces originelles retrouvées.
Louis-Jean CALVET : Cent
ans de chanson française. Préface de Philippe Meyer.
Illustrations : José Corréa. Archi (www.archipoche.com) : 10,8 x 17,8 cm,
608 p. 9,50 €.
Vingt ans après ! Le
dictionnaire de référence de la chanson française reparaît, revu et enrichi.
Au fil de ses quelque 600 entrées, sont recensés chanteurs (ayant au moins
trois CDs à leur catalogue), auteurs, compositeurs, mais aussi firmes discographiques,
lieux où l’on chante, grandes chansons enfin. Panorama certes éclectique
et - pour autant que faire se peut - objectif. Notons la juste survenue
d’un fort contingent de chanteuses : Agnès Bihl, Camille, Jeanne Cherhal…
Philippe LE MOAL et alii : Dictionnaire de la Danse.
Larousse. Fort volume relié : 19,5 x 28,5 cm, 842 p.,
ill. n&b. 49,90 €.
Consacrée à l’histoire de la danse en
Occident, de la Renaissance à nos jours, la nouvelle édition de ce dictionnaire
traite essentiellement de la danse de spectacle, en direct ou filmée, sans pour
autant négliger la danse de société. Plus de 140 collaborateurs ont
participé à la réalisation de ce magnifique ouvrage de synthèse – fruit
d’innombrables témoignages directement recueillis ou dès longtemps compilés.
La riche et éloquente iconographie (plus d’un millier d’images) assure un
bonheur de feuillettement. In fine, sont donnés « Les mots de la danse » :
Concepts esthétiques / Danses de société / Genres
chorégraphiques / Notations du mouvement / Principes
chorégraphiques / Styles et courants / Termes de métier / Termes
du mouvement dansé. En annexe : bibliographies générale & par
pays ; revues spécialisées.
Sylvie REBOUL : Le
Vin & la Musique. Révélations sur des accords divins.
Féret, éditeur (24, allées de Tourny, 33000 Bordeaux. Tél. : 05
56 13 79 95. www.feret.com). Album grand format, relié sous
jaquette. 25 x 31 cm, 192 p., ill. n&b et
couleurs. 49 €.
S’il est, en ces temps moroses, un album
à festivement déguster, que ce soit celui-là ! Où sont
successivement envisagés : « Le
vin et la musique à travers l’Histoire » [Fêtes & cérémonies des
civilisations anciennes / Boire beaucoup comme un bénédictin /
Banquets du Moyen Âge & fêtes baroques / Le vin des guinguettes &
des cafés-concerts / Fêtes du vin & rendez-vous musicaux au fil du
calendrier], « Le vin dans les
chansons » [Dans la chanson des origines / Vinum bonum &
suave / Bon vin, je ne puis te laisser / À nous l’ivresse, à nous la folie ! /
Quand on est un sage et qu’on a du savoir boire… / Red, red wine…],
« Le vin dans la vie des musiciens »
[Mes camarades bons ivrognes / L’eau est vraiment trop
mauvaise ! / On boit un coup, on fait la fête]. Plaidoyer
assorti de somptueuses – et volontiers gaillardes – illustrations. Et comment
ne pas rallier un Michel Onfray, flamboyant sybarite : « Le temps du vin est celui de la musique,
évanescent et destiné à creuser l’âme pour laisser des traces, des souvenirs,
des témoignages »…
Francis Cousté
POUR LES PLUS JEUNES
Leigh SAUERWEIN : La
Clarinette. Musique de Thierry Pécou. Illustrations de
Aurélia Fronty & Christine Destours. « Mes premières découvertes
des instruments », Gallimard Jeunesse Musique, 32 p., 1CD
(30’). 15 €.
Écoutez, lisez, dansez avec ce livre étonnant où histoire et
musique s’entremêlent et forment une unité particulière. Un petit garçon
confronté à la rudesse de ses parents se rebiffe et fugue… Théo nous emmène
dans un monde absolument fabuleux où des personnages fantaisistes - comme un
ours grognon, un canard impatient ou encore un phoque farfelu - font irruption,
comme la musique d’ailleurs. La musique rythme cette histoire soit de
façon dramatique avec des sons fortissimo soit plus enjouée avec des sons
multiphoniques rendant à cette aventure toute sa cadence ! Les sons
fendus ou attaqués s’affrontent au même diapason que l’humeur de Théo. À la fin
de l’ouvrage, vous découvrirez un étonnant « zoom » sur la clarinette
de sa naissance à son usage très simplement exposé. La lecture et l’écoute
incitent l’enfant à jouer de la clarinette, à coup sûr !
Comptines des animaux de la ferme.« Comptines
d’ici », Didier Jeunesse. 58 p., 1CD. 23,50 €.
Magnifique album-CD où nous découvrons des chansons et
comptines oubliées ou inédites mettant en scène des animaux de la ferme. Les
illustrations sont de véritables tableaux, chaque double page est un univers
particulier mêlant couleurs et graphisme de façon prodigieuse ! La musique
intervient avec une alternance de chœurs, de solos, de chants a cappella et autres chansons à répondre
interprétés par de douces voix d’enfants. C’est sans compter les interventions
de Marguerite Lorensi, chanteuse lyrique, ajoutant du piment à tout ce
répertoire ! À noter, les prestations remarquées de François Barré qui
manie mieux que personne l’accordéon et autres percussions.
Inédit ! Un magazine dédié à la
musique pour les jeunes dès 8 ans ! À l’initiative de Christine
Szabo-Gueydan qui, déçue de ne pas trouver un magazine pour assouvir les
souhaits de ses enfants, décide d’en créer un ! Le premier numéro,
conçu par une équipe de pédagogues, de musiciens et de professionnels de
l’édition jeunesse, voit le jour en septembre 2008. Véritable mine
d’informations, vous découvrirez tout sur l’actualité des spectacles, les
métiers et l’histoire de la musique mais encore des interviews d’artistes, des
enquêtes et plein d’autres sujets passionnants !
Laëtitia Girard
Marie BERTHERAT : Angèle,
l’ange du clavecin. Un conte musical. Dès 5 ans. Livre/CD.
Illustrations : Claire de Gastold. 20,5 x 20,5 cm,
40 p. 1CD (direction artistique : Louis Dunoyer de Segonzac.
Pièces de Pancrace Royer ; Christophe Rousset, clavecin). Actes Sud
Junior/Cité de la musique. 15 €.
C’est l’histoire d’une enfant de 7 ans, fascinée
par le clavecin dont joue son père, noble châtelain. Mais nous sommes en
1789 et Angèle sera bientôt jetée sur les routes. Sans mémoire et mutique,
elle est recueillie par des gens simples et, à 16 ans, sera domestique…
Mais tout se terminera, bien entendu, sur d’émouvantes retrouvailles ! Plaisant
appendice autour de l’histoire et de la facture du clavecin.
Marie-Pauline MARTIN. Objectif :
Musée de la musique. Le guide des visites en famille. Actes
Sud Junior/Cité de la musique. Relié, couverture souple : 14 x
22 cm, 94 p., ill. couleurs. 13,50 €.
Extraordinairement attractif est ce
petit livre – de par, notamment, sa très riche iconographie illustrant des
textes clairs, intelligemment distribués et mis en page. Après
« Résonances » (Au commencement : le chant & la danse /
Les premiers instruments de musique / Les premières fonctions de la
musique), se succèdent : XVIIe siècle (la naissance de
l’opéra), XVIIIe siècle (la musique des Lumières), XIXe siècle (l’Europe romantique), XXe siècle (l’accélération de
l’histoire). Suivis des chapitres : « La création musicale en
Occident », « Les musiques du monde », « Les instruments
insolites », « Un musée au microscope ».
Belle
interprétation fougueuse et contrastée de ces deux sonates qui, bien que
composées à trente années d’intervalle, ont pour point commun un certain
attachement aux formes du passé, une primauté donnée à la mélodie, en même
temps qu’une oscillation constante entre expressivité et intériorité, sensibilité
et virtuosité, laissant une impression de forte tension intérieure.
L’opus 40 de Chostakovitch, symbole troublant et pathétique de la mise en
cause du fait culturel par les politiques, composé en 1934, est bien loin des
audaces et des impertinences de Lady
Macbeth et du Nez. Il
s’agit d’une œuvre de transition qui marque le ralliement du compositeur à des
formes plus académiques (4e et 5e symphonies).
Première œuvre majeure de musique de chambre dans l’importante production de
Chostakovitch, cette sonate, dont le ton hésite entre sérénité et
désenchantement, ironie et sarcasme, comporte quatre mouvements où l’on
retrouve quelques accents du lyrisme fauréen (premier mouvement) ainsi que
quelques espiègleries dignes de Prokofiev (final). L’opus 19 de Rachmaninov,
composé en 1901, dans un climat difficile, entre l’échec de la première
symphonie et le succès du deuxième concerto pour piano, est la dernière et
probablement la plus réussie de ses compositions de musique de chambre.
La partie de piano, très exigeante, laisse au violoncelle tout son impact
dramatique, instaurant un climat en demi-teinte - entre la douceur initiale du
premier mouvement, l’angoisse et la violence du deuxième, la méditation du
troisième, la virtuosité et la clarté du final. Ce beau disque se termine
sur la sublime Vocalise, op. 34,
transcrite en 1946 par Leonard Rose.
Stephen
FOSTER (The music of) : The voices
that are gone. Matt Turner (violoncelle), Peg et
Bill Carrothers (voix et piano). Édition limitée à 2 000 copies.
(www.illusionsmusic.fr).
TT : 49’45.
Matt
Turner met, ici, au jour des partitions quelque peu oubliées de Stephen Collins
Foster (1826-1864), l’un des pères de la musique populaire américaine -
volontiers utilisées dans les « blackface shows »,
« minstrelsongs » et musiques de film (The Sun Shines Bright de John Ford). Ses compositions se
situent aux carrefours de la musique classique, du jazz, du blues et du
folksong laissant une large place à l’improvisation. Bien servies par la
voix, le piano et le violoncelle, d’amples et audacieuses improvisations se
développent à partir de thèmes familiers et confèrent à ce disque une étonnante
modernité. Cet enregistrement nous invite au voyage, dans le temps et
l’espace, alors, profitons-en !
Zad MOULTAKA : Vision. Fadia Tomb el-Hage,
contralto. Chœur de chambre Les éléments, dir. Joël Suhubiette.
Avec la participation de l’ensemble instrumental Ars Nova. L’empreinte
digitale : ED13231. Distr. Nocturne. TT : 58’39.
Démarche
originale que nous propose Zad Moultaka, compositeur d’origine libanaise, dans
ce syncrétisme musical intégrant les données fondamentales de l’écriture
contemporaine occidentale aux caractères spécifiques de la musique arabe.
Ce disque rassemble diverses pièces vocales écrites entre 2003 et 2007.
La première Khat comprend trois
calligraphies pour dix-huit chanteurs. Ce sont les lettres elles-mêmes qui
servent de canevas à l’écriture musicale. On retrouve ici le savoir
occulte de la calligraphie où l’œuvre musicale puise une réalité sonore
inédite. La deuxième La Scala del
cielo, pour chœur mixte, piano & percussions, nous plonge dans un monde
souterrain, traversé de courants telluriques où la mort prend des accents
ludiques. La troisième Zikr,
pour contralto, chœur mixte et ensemble instrumental, est faite de
« lamentations » qui vont évoluer vers la révolte. La grosse
caisse marque le pas de cette montée en puissance entre rébellion et prière,
soufisme et tradition chrétienne. La quatrième Neb Ankh pour contralto et environnement électroacoustique, écrite
dans une langue imaginaire, explore toutes les ressources de la voix et de
l’énergie pour le dernier voyage d’une Néfertiti moderne dans un sarcophage
égyptien, où elle emporte avec elle ses objets familiers. La cinquième Enluminures, pour neuf voix de femmes a
cappella, correspond à neuf images sonores, neuf miniatures vocales, se
concentrant sur des mots ou des phrases, évoquant les terres lointaines où l’on
perd son nom. La dernière, Vision,
pour chœur mixte et environnement électroacoustique, repose sur le mixage des
pièces précédentes dans une bande son, sur laquelle vient se dérouler la voix du
chœur. Il s’agit d’un exercice de mémoire où le pari du compositeur
consiste, bien entendu, à tenter de faire entendre des visions - charge aux
auditeurs de retrouver les différents thèmes… Il y a indiscutablement dans ce
brassage culturel, dans ce jeu des sons, des rythmes et des mots, des moments
de grande poésie (au sens mallarméen du terme) ainsi qu’une aspiration marquée
à la verticalité… Pour happy few…
Johann Sebastian BACH. Jean-Patrice Brosse à l’orgue de la cathédrale
de Saint-Bertrand-de-Comminges. Saphir Productions : LVC 1095. TT :
62’15.
Jean-Patrice
Brosse, musicien accompli, directeur artistique du festival du Comminges nous
propose ici une lecture virtuose et inspirée de Bach. Ce volume retrace
les plus grandes pages d’orgue de la jeunesse ou de la maturité. La Fantaisie et fugueBWV 542, inspirée d’une chanson populaire, d’un
expressionisme hautement baroque se traduit également par des traits mélodiques
à l’ornementation exubérante, à la fois pathétique et dramatique. Avec
cette œuvre s’achève une époque de la vie créatrice du compositeur, c’est la
dernière expression du grand lyrisme buxtehudien, un dernier regard vers la
jeunesse. La Toccata, adagio et fugue BWV
564 est également une œuvre de jeunesse datant de la période de Weimar, fruit
d’un dialogue quotidien entre le compositeur (Bach quittera ensuite ses
fonctions d’organiste) etson
instrument. Seul exemple de l’interposition d’un adagio, inspiré du concerto
italien, dans l’habituel diptyque, cette œuvre est une des plus brillantes et
difficiles techniquement. Le Prélude
et fugue BWV 544 est, à l’inverse, une œuvre de la maturité qui marque les
interrogations métaphysiques du Cantor solitaire et vieillissant. Dans le
prélude, la créature dialogue avec son Créateur, puis la fugue clôt ce dialogue
par la certitude de la foi et la force de l’Esprit retrouvé. Le Prélude et fugue BWV 539 est
surtout intéressant par sa fugue transcrite à partir de la 1re sonate pour violon. La Fantaisie BWV 562,
est un hommage à la musique française et tout particulièrement à Nicolas de
Grigny, organiste de Reims ; la fugue en est restée inachevée. Ce disque
se termine par l’austère et grandiose Toccata
et fugue BWV 538 qui confirme, s’il en était encore besoin, la musique
de Bach comme moyen d’ascèse et support de l’aspiration à la transcendance.
Patrice Imbaud
The Susanne van Soldt Virginal Book. Ricercar (Outher,
rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles. stephanie.flament@alpha-prod.com) : RIC 264. TT : 56’42.
Le manuscrit du Virginal
Book (1599) de Susanne van Soldt - peut-être fille d’un riche marchand
anversois gagné à la Réforme et installé à Londres -, est conservé à la bibliothèque
de la British Library, avec sa signature. Il comprend 33 arrangements de
chansons profanes (dont Susanna Vng Jour de Roland de Lassus) ; de
danses : « Almandes » (de symmerman, loreyne, trycottee, de amour…), ronde du Brabant, Pavanes (dan
Vers, de frans…), Gaillardes (quy passe, Bassanni )…
ainsi que de psaumes (reposant sur des mélodies traditionnelles du Psautier
huguenot, Genève, 1562), par exemple : Myn siele wilt den Herre… (J. J. van Eyck), Des boosdoenders Wille seer quaet (sur
la mélodie du Ps. 36 : Du maling le meschant vouloir ou Du
maling les faitz vicieux, Cl. Marot). Ce Livre se présente comme une
anthologie du répertoire pour virginal à la fin de la Renaissance. Guy
Penson joue principalement sur un virginal « moeder & kind » - dont
la caisse de résonance abrite un petit virginal, à jouer seul ou couplé au
clavier principal - de J. van Boven (2006), d’après des modèles d’A. Ruckers,
bien connus. Il bénéficie parfois de la participation de Patrick Denecker
(flûtes à bec). Ils ont le mérite d’attirer l’attention sur ce Livre de
virginal. Excellente initiative sortant des sentiers battus, à l’honneur
des disques Ricercar.
Marin MARAIS & Jean-Philippe RAMEAU.
À la Marésienne. Le Couvent (www.lecouvent.org) :
K617 205. TT : 34’12.
Ce CD tire son nom de la première œuvre au programme : lasonate À la Marésienne de
Marin Marais (1656-1728). Sous le règne de Louis XIV, la viole de gambe
apparaît comme un instrument privilégié, et c’est le mérite de l’ensemble
Nouvelles Voix, avec Olivier Briand (violon baroque), Ronald Martin (viole de
gambe) et Jennifer Vera (clavecin) de replonger les mélomanes dans cette
ambiance si typique du Grand Siècle, où Marin Marais côtoie Jean-Philippe
Rameau (1683-1764). La sonate À
la Marésienne - seule pièce du premier pour instrument de dessus
assumant un rôle de soliste avec accompagnement de basse continue - est conçue
en six parties sur lesquelles plane un souffle tour à tour grave, léger, gai et
vif/grave ; une Gigue faisant appel à la virtuosité sert de
conclusion. Dans le Ve Concerto, J.-Ph. Rameau réserve
un rôle de vedette au clavecin par rapport aux deux autres instrumentistes. Il
y est aussi fait référence à M. Marais, avec La Marais, les deux autres
pages sont bien connues : La Forqueray et La Cupis (particulièrement expressive).
Retour à Marin Marais avec la Sonnerie de Sainte
Geneviève du Mont de Paris de caractère descriptif, proche de la tradition
française du carillon en musique. L’œuvre comprend des variations
placées sous le signe de la jubilation. Félicitations aux interprètes, à
Alain Pacquier et au Label K 617, d’avoir ainsi mis Marin Marais à l’honneur.
Le
titre est assez éloquent et fait tout de suite penser à la Toccata en ré mineur qui, toutefois, ne
figure pas au programme de ce CD… Il permet de (re)découvrir des transcriptions
pour orgue, notamment de la Sinfonia de la Cantate BWV 29 Wir danken dir, Gott, et
de la Sinfonia de la Cantate BWV 146 Wir müssen durch viel Trübsal in das Reich Gottes
eingehen, toutes deux datant de Leipzig et issues de mouvements de concerto.
Elles ont été réalisées par Marcel Dupré, resté proche des intentions
concertantes du Cantor de Leipzig. Ces deux œuvres avec opposition de claviers
sont bien enlevées et percutantes. Deux Sonates ont été transcrites, la première (Sonate en sol majeur BWV 1019a)
pour violon (assurant un rôle mélodique) et orgue (assurant une ponctuation
rythmique), en 5 mouvements ; la seconde (Sonata I en sol mineur BWV 1001),
pour violon seul, en 4 mouvements, commençant par un Adagioméditatif, particulièrement expressif
et se terminant par un Presto qui fait largement appel à la virtuosité.
Cet enregistrement comporte également le prélude de la Partita III en mi majeur BWV 1006
(transcrite pour violon), le Concerto en ré mineur d’après Vivaldi BWV 596 (transcrit pour
orgue) et le Prélude & Fugueen ré mineur BWV 539 (orgue). L’organiste Vincent
Dubois et le violoniste Raphaël Oleg, merveilleuse équipe, ont signé ce
programme original convenant particulièrement à l’acoustique de l’église
St-Pierre de Guignicourt (Aisne) et à l’orgue Jean-Daldosso (1903), à deux
claviers (56 notes) et pédalier (30 notes). Cette belle réalisation est
tout à l’honneur de l’action patrimoniale menée par le Conseil général de
l’Aisne.
Orgues historiques de France, vol. 4. Sinus (Postfach 526 CH-8802 Kilchberg) : 3004. CD Diffusion (28, route d'Eguisheim
BP 4, F-68920 Wettolsheim) TT :59’21.
Poursuivant sa série d’enregistrements sur des orgues historiques
en France, Albert Bolliger a retenu l’Oogue Christophe Moucherel (1742) de
Cintegabelle, avec positif, grand orgue, écho et pédale dont les jeux anciens
sont presque complets, mais, dans certains cas, des tuyaux anciens et neufs sont
mêlés. Cet orgue a failli disparaître lors de la Révolution française,
l’Abbaye ayant été vendue comme « bien national » ; les orgues
ont d’abord été livrées à l’abandon, puis des travaux en 1850 ont abouti à une
première restauration finalement réalisée en 1923/28, par le facteur Th. Puget.
Après avoir subi le goût du jour, grâce aux facteurs J. L. Boisseau et
B. Cattiaux, l’instrument a retrouvé sa conception originelle, avec un
très beau buffet Régence. Comme de juste, l’excellent organiste suisse a choisi
des œuvres françaises convenant particulièrement à cet instrument français,
dont il réussit à mettre en valeur de nombreux jeux et à souligner des sonorités
spécifiques, par exemple celles des cornet, cromorne, nazard... Les
discophiles écouteront avec plaisir les Pièces d’orgue du 5e ton de François d’Agincourt (ca 1680-1738), la Suite en sol mineur (comportant de nombreuses danses), de Louis Marchand
(1669-1732), ainsi que son 5e Livre d’orgue. Claude-Benigne
Balbastre (1727-1799), dans sa 2e Suite de Noëls, fait appel
à des Noëls de notre pays : Il est un petit, L’ange, Joseph
revenant un jour (bénéficiant d’une registration adéquate)... Cette
excellente sélection s’impose également par les registrations lumineuses par
excellence correspondant à l’esprit des Noëls français. Si elle est conforme au goût du public au XVIIIe siècle,
elle n’en ravira pas moins celui du XXIe siècle.
Ludwig van BEETHOVEN : Concerti 3 & 6 pour le
pianoforte avec accompagnement d’orchestre. Alpha 122.
TT : 69’.
Au XIXe siècle, la bonne société prise énormément le
pianoforte (instrument à marteaux) et les virtuoses sont légion. Ludwig
van Beethoven (1770-1827) n’échappe pas à cette mode, et Arthur Schoonderwoerd
(pianoforte & direction) la restitue en interprétant le Concerto en do mineur n°3 op. 37 sur
le fac-similé d’un pianoforte viennois d’Anton Walter (1800) et le Concerto
en ré majeur n°6 op. 61a sur le pianoforte viennois original de Johann Fritz (1807-1810). Il est
accompagné par l’excellent Orchestre Cristofori qui se produit sur instruments
anciens. Cet enregistrement, réalisé à la Dreieinigkeitkirche de Ratisbonne,
baigne dans le préromantisme. Dans un concerto, le pianofortiste assume, d’une
part, un rôle de soliste et, d’autre part, un rôle d’accompagnateur d’un autre
instrument. Le chef comme le premier violon (ici, Luigi de Filippi)
veillent à l’équilibre sonore de l’ensemble et à l’assise rythmique.
L’interprétation de ces œuvres (généralement au piano) au pianoforte correspond
mieux à l’esprit du compositeur. Le premier Concerto est en 3
mouvements, avec un Largo central, intense et méditatif. Le second, avec
un Larghetto central, est introduit par un Allegro ma non troppo très développé avec des accords incisifs ; dans le Rondo conclusif,
de caractère pétillant, pianoforte et orchestre dialoguent, il frappe par la
précision de l’attaque et son élan. Grâce au pianoforte, aux instruments
anciens de l’orchestre et au parti pris du soliste et chef l’esprit du temps
est fidèlement respecté, et la réalité sonore de l’époque magistralement
restituée.
Franz
LISZT. Philippe Delacour à l’orgue. Fugatto: FUG 005. CD
Diffusion (info@cddiffusion.fr). TT : 51’30.
Franz
Liszt (1811-1886), virtuose du piano, a également composé pour l’orgue.
Il traite, d’une part, des thèmes liturgiques, par exemple « Ad nos, ad salutarem undam »,
d’autre part, adapte pour l’orgue des œuvres profanes telles que des Préludes de Chopin, ou encore Le Chœur des Pèlerins de R. Wagner et sa
propre œuvre Consolation. Philippe Delacour a retenu l’orgue
« romantique allemand » de Nilvange en Moselle (1910, Johannes Klaïs,
Bonn) ; transformé en 1955 par Haepfer-Ermann de Boulay ;
excellemment restauré en 1997 par Michel Gaillard (manufacture Aubertin) en collaboration
avec l’interprète. Cet orgue symphonique convient parfaitement à l’esthétique
romantique, comme le prouve déjà la magistrale et imposante Fantaisie et
Fugue sur « Ad nos, ad
salutarem undam » (1849), contrastant avec le charme et l’intériorité
de l’Adagio de la Consolation en réb majeur. Retour au caractère majestueux avec le Prélude
en mi majeur de
Frédéric Chopin op. 28/9 ; en revanche, celui en mi mineur, op. 28/4,
s’impose par sa facture mélodique. En conclusion, la transcription du
« Chœur des Pèlerins » de Tannhaüser pose un point d’orgue
tour à tour calme et méditatif, puissant avec une progression dynamique bien
dosée. De quoi être réconcilié avec la pratique des transcriptions si souvent
malmenée. Cette production s’adresse non seulement aux amis de Liszt mais à
tous les organistes et mélomanes soucieux de sortir des sentiers battus.
Gabriel
FAURÉ : Mirages. Jade (43, rue de Rennes,
75006 Paris mathilde.dubois@milanmusic.fr) : 699651-2. TT : 36’46.
Le
chœur de chambre Mikrokosmos, fondé et dirigé par Loïc Pierre, fait porter ses
efforts sur la création. François Branciard (né en 1979) - membre du
Chœur - est l’auteur de transcriptions pour chœur a cappella de mélodies de Gabriel Fauré (1845-1924)
sur des textes, par exemple, des poètes Ch.-M.-R. Leconte de Lisle, parnassien
(entre romantisme et zymbolisme), Jean de la Ville de Mirmont (victime de la
Grande Guerre), Ch. Van Lerberghe (poète belge symboliste). Le
disque tire son titre de Mirages, recueil de R. de Brimont. Les
arrangements s’inspirent des innovations lancées par G. Ligeti pouvant
aller jusqu’à une orchestration vocale à 16 parties sans nuire à
l’intelligibilité des paroles, la mélodie pouvant circuler d’une voix à
l’autre. Les mélomanes seront curieux d’écouter, par exemple, Les
Roses d’Ispahan, Mandoline (Leconte de Lisle) ou encore La mer
est infinie extrait de L’horizon chimérique (La Ville de Mirmont).
L’intérêt de la facture mélodique et le traitement polyphonique rehaussent
encore la portée des poèmes. Grâce à Loïc Pierre, l’interprétation de ce
chœur de chambre s’impose d’emblée par sa musicalité, le fondu des voix, le paysage
vocal etla transparence - malgré le
nombre important de voix -, le texte et la mélodie d’origine sont toujours
identifiables. Un modèle du genre.
Naissance d’un Grand Orgue. Orgue Quoirin-Decaris de la Cathédrale
d’Évreux. Triton (« La Meunerie » 214, place de l'Église, 45320
Courtemaux. info@disques-triton.com). 2CD + 1DVD. TRI 331154 : 71’55. TRI
331155 : 77’59. DVD : 149’.
Parmi les événements organistiques de l’année, figure la
« naissance » de l’orgue Quoirin-Decaris à la cathédrale d’Évreux.
L’instrument est présenté en deux disques : « Classiques
d’hier » par Odile Jutten et « Classiques de demain » par
Pascale Rouet. Le premier CD, étalé dans le temps, commence avec des
œuvres classiques anciennes, allant de H. Scheidemann, J. P.
Sweelinck, A. de Cabezon, D. Buxtehude, J. S. Bach à F. Mendelssohn
et, pour l’École française, associant encore P. Dandrieu, puis
Ch. Tournemire et finalement O. Messiaen. Ce programme ambitieux
démontre l’intérêt de cet orgue qui bénéficie des techniques du XIXe siècle (accouplement manuel par machine Barker) et du XXe siècle (facilité
pour tirer les jeux). Le deuxième disque porte sur la musique au tournant
des XXe et XXIe siècles. P. Rouet réserve un
sort royal à des œuvres d’organistes contemporains : avec la Toccata (2000) de François Delor, Incandescence (2002) de Jean-Luc Étienne, la Fantaisie
sur « mi do si mi la »(2006) de Jacques Pichard, Night Song II (1983) d’Alain
Mabit ou encore la Sonate III (2005/6) : (D’une rive
l’autre – Falaise)deJean-Pierre Leguay ; et
enfin : Architecture (2007) de Graciane Finzi : belle
illustration du répertoire organistique contemporain et de sa restitution par
des organistes hors pair. Ce coffret très élaboré contient le DVD
particulièrement révélateur, intitulé : « Architecture des
Vents » et portant sur la construction du grand orgue de la cathédrale
d’Évreux.
Édith Weber
Antonio
VIVALDI : Concertos pour violon, cordes & basse continue, RV
234, 273, 253. Concerto pour deux violons, violoncelle & basse
continue, RV 565. Sonate pour deux violons &basse
continue, RV 63. « La follia », Aria « Sovvente il sole » (de Andromeda liberata). Daniel Hope,
violon, Anne Sofie von Otter, mezzo soprano ; Chamber Orchestra of Europe.
Universal/DG : 477 7463. TT : 57'45.
Les
disques de concertos de Vivaldi cultivent généralement la marotte de
l'intégrale et se signalent souvent par une virtuosité presque clinquante.
Tout le contraire dans celui qu'y consacre le violoniste Daniel Hope – dont
Menuhin fut le mentor, et lui-même membre, il y a peu encore, de feu le Beaux
Art Trio. De par son programme d'abord, qui confronte pièces concertantes
rabachées et moins connues, mais aussi propose une sonate pour deux violons, et
même un air tiré de l'opéra récemment découvert Andromeda liberata – enluminé par la voix moelleuse de la grande A S.
von Otter dialoguant avec le violon en un sublime adagio. Surtout, par le
soin amoureux apporté aux exécutions qui si elles sont sur instruments modernes
n'en emportent pas moins cette précision, cette netteté à laquelle nous ont
habituées les exécutions sur instruments baroques. Question de style
peut-être, plus que de facture d'instrument. D Hope fait montre
d'une intelligence aiguë du phrasé et de la manière de faire jouer la basse
continue - constituée ici d’un lirone, sorte de croisement entre cello, viole
de gambe et contrebasse, d'une guitare et d'une harpe baroques. La
délicatesse des passages lents, la belle prestance des mouvements rapides,
refusant l'excès motorique, le disputent à l'art d'animer les tempos, proche de
l'improvisation. L'allegro qui ouvre le concerto « L’inquietudine »
est d'une étonnante vivacité paré qu'il est de contrastes saisissants. Le
fameux « La tempesta di mare », avec ses télescopages de rythmes
illustrant la fureur des éléments naturels, résume sans doute ce que, selon
Hope, est la musique instrumentale de Vivaldi « une explosion de mélodie,
de drame, de passion, d'expression ».
Richard
STRAUSS : Vier letzte Lieder; Verführung, Freundliche Vision,Winterweihe, Zueignung ; extraits de Ariadne auf Naxos ; Die
Ägyptische Helena, monologue d'Hèlène. Renée Fleming, soprano,
Orchestre philharmonique de Munich, dir. Christian Thielemann.
Decca : 478 0647. TT : 56'16.
Chant
du cygne de Richard Strauss, les Vier letzte Lieder – sur des poèmes de
Eichendorff & Hermann Hesse, créés par Kirsten Flagstad et Wilhelm
Fürtwangler en 1950 - constituent un vibrant adieu à la voix de soprano, de la
part de celui qui écrivit tant et de si majestueuse façon pour elle.
Proches du grand air de concert, dotés d’une parure orchestrale rien moins que
somptueuse, trois d'entre eux sont des méditations sur la mort. Seule, la
première pièce, Printemps, échappe à
cette sombre atmosphère. Pour son second enregistrement du cycle, Renée
Fleming, qui bénéficie d’une captation live à Munich, en livre une exécution immaculée, faisant son miel de ces longues
tenues modulant legato comme si le son était suspendu, de ces envolées
aériennes qui, du grave à l'aigu, du piano au forte, transportent l’auditeur
sur les ailes du chant et les cimes de l'émotion. Les aigus sont clairs
et rayonnants, le contrôle du souffle irréprochable malgré certains tempos
plutôt retenus. L'interprétation est finement pensée, sans maniérisme, ce
qui est un challenge pour qui n'est pas née avec cet idiome. Outre
quelques autres mélodies puisées dans la vaste production de l’auteur, dont la
fameuse Dédicace, cheval de bataille
de bien de ses devancières, Fleming propose encore les passages significatifs
du rôle d’Ariane de l’opéra Ariadne auf
Naxos. Bien qu’elle ne l’aie pas encore abordé à la scène, le
personnage est habité de vrai. Là encore, son timbre lumineux épouse à
merveille ces lignes typiques de la prosodie straussienne où l'agilité, pour
passer d'un registre à l'autre, est comme une seconde nature. Il en est de même
pour le monologue d'Hélène tiré d’Hèlène
d’Égypte, à la facture flamboyante, débordant de lyrime extatique.
Partout, l’éclat, l’agilité de la voix confirment une grande soprano
straussienne. Ch. Thielemann est le partenaire indispensable, un des
grands tenants actuels de l’univers straussien dans le droit fil de Böhm et de
Karajan.
Sofia
GUBAIDULINA: Concerto
pour violon « In tempus praesens ».
Jean-Sébastien BACH : Concertos pour violon, BWV 1041 et 1042.
Anne-Sophie Mutter, violon. London Symphony Orchestra, dir. Valery
Gergiev (Gubaidulina), Trondheim Soloists (Bach). Universal/DG : 477 7948.
TT : 63'48.
La
violoniste Anne-Sophie Mutter, dédicataire de pièces de Penderecki, Rihm,
Previn, Lutoslawski ou Dutilleux, se voit offrir par la compositrice russe
Sofia Gubaidulina un nouveau concerto, « In tempus praesens ». Créé en février 2007, à Berlin, il
enchaîne cinq épisodes d'une grande diversité de climats. Le soliste,
constamment présent, domine l’orchestre « qui suit le violon comme son
ombre » souligne l’interprète, vagues envahissantes ou apaisées, voire
accords forte obstinés, où dominent
le grave et le sombre – l’effectif instrumental, de vastes proportions, ne
comprend pas de violons. Il évolue la plupart du temps dans l'extrême aigu,
sorte de cheminement vers l’extase. La tonalité d'ensemble est « d’une
extrême densité émotionnelle », sorte de dialogue entre lumière et ombre,
et empreinte d’élévation spirituelle. La pièce exploite les formidables
talents de la dédicataire, technique ébouriffante, habileté à varier les
couleurs, constante expressivité. Ses partenaires sont Valery Gergiev et
le LSO dont il faut louer l’engagement. En contrepoint, A.-S.Mutter
propose les deux Concertos pour violon de Bach qu’elle joue et dirige brillamment
avec un petit ensemble : interprétations typiques de la violoniste, tout
sauf baroqueuses, aux contrastes marqués de par des mouvements lents, affectés
de ralentis extrêmes.
Olivier
MESSIAEN : Quatuor pour la fin du Temps. Thème et
variations pour violon & piano. Trio Wanderer, Pascal Moraguès,
clarinette. Harmonia Mundi : HMC 901987. TT : 62'27.
Fruit
des cironstances exceptionnelles de sa composition, dans le stalag où Messiaen
était prisonnier, « pour les intruments que j’avais sous la main »,
dira-t-il, le Quatuor pour la fin du
Temps est écrit pour une formation insolite : violon, clarinette,
violoncelle & piano. Inspiré de l’Apocalypse de Jean, sa figure
emblématique est l’Ange glorieux apparaissant auréolé d’un arc en ciel ;
son thème fondateur, la perspective d’un au-delà radieux où le temps n’existe
plus. Car les visions de l’Apocalypse sont tout aussi effrayantes que
lumineuses. Composé de huit mouvements durant lesquels les quatre instruments
jouent soit ensemble, soit le plus souvent dans des configurations partielles,
en duo (piano-violon, piano-violoncelle) voire même en solo, telle la monodie
de la clarinette à l’heure de l’« Abîme des oiseaux », le continuum
mélodique y est comme improvisé, les combinaisons de timbres fascinantes.
Messiaen se montre déjà « peintre sonore », une des grandes
constantes de sa pensée. Les chants d’oiseaux, cet autre élément
caractéristique, irriguent l’œuvre qui, bien souvent, par son univers
incantatoire, détache l’auditeur de tout sentiment de prégnance du temps.
Alors que le piano dessine l’espace, la clarinette apporte un coloris extatique
et comme un supplément de ferveur. Messiaen utilise ses procédés
rythmiques favoris, temps inégaux, répétitions, rythmes non rétrogradables, et
des mélismes empruntant à la culture orientale comme à la musique
médiévale ; de même que le mode cyclique, préfigurant une technique à
laquelle il aura souvent recours dans ses œuvres orchestrales. Là où l’on
assemble le plus souvent quatre solistes, l’idée est judicieuse d’avoir fait
appel à un ensemble. Le Trio Wanderer auquel se joint le clarinettiste
principal de l’Orchestre de Paris en livrent une exécution profonde, toute de
passion intérieure, justement retenue, emplie d’harmonies chatoyantes et de
rythmes incisifs, scrupuleuse des indications de l’auteur qui en livrait cette
analyse : « c'est la lumière, la couleur, la perception d’un monde de
beautés à venir ; c’est l’espérance ». Le disque propose encore Thème et variations pour violon &
piano, courte pièce écrite en 1932 pour Claire Delbos, sa première épouse,
rare exemple chez Messiaen de musique pure, emplie de sérénité et de
spiritualité, annnonciatrice des mouvements lents du quatuor.
Franz
SCHUBERT : Die schöne Müllerin D.795. Nathalie Stutzmann, mezzo soprano, Inger
Södergren, piano. Calliope : CAL 9379. TT : 66'01.
La
force du cycle de La Belle Meunière réside dans la rencontre d'un authentique poète, Wilhelm Müller et d'un
musicien de génie, Franz Schubert. À la simplicité des poèmes de forme
strophique, dans l’esprit du Volkslied, correspond la simplicité de la
composition, au plan des tonalités comme de la ligne musicale. Ici est
réunie la thématique poétique chère au cœur de Schubert : le voyage, l’errance,
la fuite du temps, le couple joie-douleur, espérance-désillusion aussi, le
recours à la nature bienfaisante. À l’image de ce ruisseau qui irrigue
les vingt mélodies, l’auditeur est immergé dans un climat expressif où, sous
une apparence souvent anodine, affleure constamment le drame, comme toujours
chez le musicien. Écrit pour la voix de ténor, l’œuvre a été dédiée à un
baryton. Rares sont les exécutions par une voix de femme. Le timbre
corsé de Nathalie Stutzmann ne messied pas, car il est riche de couleurs
automnales. Achevant là son exploration des trois grands cycles
schubertiens, elle en livre une vision intense et subtilement nuancée, de l’éclat
au murmure, de la force profonde au subtil clair-obscur. Le legato reste
souple malgré l’ampleur de la voix. L’usage modéré du vibrato apporte ce
supplément de tension que renforcent la chaleur et la rondeur du timbre.
La partie de piano est tour à tour fébrile et distillée sur le ton de la
confidence, la scansion allègre ou affirmée. La proximité de l'instrument,
capté de près par la prise de son, conforte l’idée que le piano n’agit point en
accompagnateur ; mais qu'il « s’agit bien d’un duo », comme le
fait remarquer la chanteuse qui voit là de la vraie musique de chambre. À
l’aune de la symbiose poète-musicien, voilà une interprétation adornée par la
complicité et la sincérité, dans l’esprit de l’improvisation.
Jean-Pierre Robert
POUR LES PLUS JEUNES
Louise
WEEKE(Paroles, musique & photos
de) :L’Abécédaire de Marius. Illustrations : Anne-Marie Sarrabazolles.
Chant : Marius Sarrabezolles. Sur : http://www.myspace.com/abcmarius ou graml@free.fr. En vente le 8 décembre.
Les
cuivres de Ménilmontant présentent L’Abécédaire
de Marius… Véritable histoire de famille puisque les textes, chantés par
Marius, sont écrits par la maman et enregistrés par le papa, sans oublier la
grand-mère illustratrice du livret ! Très bel outil pédagogique pour se
familiariser avec les lettres de l’alphabet… Chaque chanson a sa lettre et
celle-ci est notée par une couleur distincte. L’enfant distingue immédiatement
la fameuse lettre. L’effet de la musique est quasi-magique, l’enfant retient
l’air, chante, répète à tue-tête le refrain, s’amuse du texte et danse !
Cet orchestre nous entraîne dès la première note dans un univers saisissant où
parents et enfants partageront un moment délicieux ! Vous découvrirez tour
à tour la trompette, le trombone, l’euphonium, l’hélicon, le piano et les
percussions ! Parfois salsa, parfois jazz, toujours entraînante, la
musique répond, accompagne la douce voix de Marius ! À offrir pour les
fêtes sans hésiter !
Laëtitia Girard
Geneviève LALOY (Chant, paroles
& musiques) : Si la terre…Victorie
Music/Polyson (www.polyson.com) : 301776-5. Distr. : Universal.
Venue
pour la première fois en France, la magnifique chanteuse, auteur-compositeur,
mais aussi flûtiste & chef de chœur belge Geneviève Laloy est à découvrir,
d’urgence ! (www.genevievelaloy.fr).
Débarrassées de tous a priori bêtifiants, ces 14 chansons convient jeunes
enfants et leurs parents à un tour du monde d’une merveilleuse diversité.
Thèmes poétiques, musiques et orchestrations (flûtes, sax alto, accordéon,
guitares, contrebasse, percussions diverses) sont, en outre, très contemporaines
- sans que l’on puisse heureusement les taxer d’« actuelles ».
Une révélation !
Jacques HAUROGNÉ chante Henri
SALVADOR. Faut rigoler.
Victorie Music/La Pool : 301775-6. Distr. : Universal. TT :
75’.
Bonheur
de redécouvrir 16 titres fameux, dans une interprétation, certes moins
truculente que celle du grand Salvador, mais toujours émue et d’une infinie
délicatesse - exhaussée par un accompagnement composé de seules cordes (Quatuor
Bedrich, guitare & contrebasse). Aussi le titre retenu pour l’album n’est-il
pas entièrement justifié…
Mino n°2. Sélection de chansons pour
enfants. Victorie Music : 301776-4. Distr. : Universal.
TT : 34’11.
Compil’
de 15 gentillettes chansons signées de 6 artistes (Amipagaille, Jean-Yves
Lacombe, Zut, Gilles Vigneault, Alain Schneider, Carlo Bondi). Extraits
en écoute sur www.club-tralalere.com
Francis Gérimont
DVDs
Stefano
LANDI : Il Sant’Alessio. Philippe Jarrousky, Emmanuel Cencic,
Xavier Sabata,
Alain
Buet, Didier Guillon. Les Arts Florissants, dir. William
Christie. 2DVDs Virgin Classics : 518999 9 8. TT : 162'.
Rare
exemple de drame sacré, Il Sant’Alessio de Stefano Landi, contemporain de Monteverdi, est basé sur l’épisode final de
la vie de saint Alexis, ce fils de famille parti du foyer, en Terre sainte, le
jour de ses noces, pour y revenir des années plus tard, en mendiant. Ne
voulant par abnégation révéler son identité, il vivra reclus sous un escalier
de la maison paternelle et sera le désespoir de sa famille. William
Christie à qui l’on doit la révélation de ce chef-d’œuvre, en souligne le
prodige d'écriture et la fraîcheur de la musique comme l'excellence du livret
dû au cardinal Rospigliosi, futur pape Clément IX. Bien que ne comportant
que peu d'action, le sujet reste intense, nullement austère, grâce à un mélange
de tragique et de burlesque, de dialogues pathétiques et de tableaux d'ensemble
animés. Captée lors de représentations qui de Paris à Nancy, de Caen à New York
en ont vu le triomphe, l'étonnante production de Benjamin Lazar ne laisse pas
de séduire par son souci de réalisme, de luxe décoratif, de faste de la
couleur ; reconstitution de ce que fut l'explosion baroque. La
gestuelle rhétorique adoptée, loin d'être précieuse, devient la manière
naturelle d’expression du récitatif chanté. Une habile décoration de
bois, calquée sur quelque maquette d'église, avec ses changements à vue,
fluidifie une mise en scène respirant le naturel. La saisie filmique l’enrichit
encore par un savant découpage et des plans rapprochés magnifiant des costumes
luxuriants aux riches étoffes, comme patinés par la chaude lumière que produit
l’éclairage à la bougie. Et quelle harmonie souveraine émanant de ces
visages d’angelots comme tirés d’une statuaire, de ces figures androgynes à la
troublante beauté ! La somptuosité visuelle n’a d’égale que la
sensualité musicale due au chant des contre-ténors habitant les rôles aussi
bien masculins que féminins. Les interprètes en assurent une exécution
mémorable. Indispensable !
Giuseppe VERDI : Stiffelio. José Carreras, Catherine Malfitano, Gregori Yurisich, Gwyn Howell ;
The Orchestra of the Royal Opera House, dir. Edward Downes. Opus
Arte : 0A R3103 D. TT : 122'.
Parangon
du niveau d’excellence de la série des opéras de Verdi montés au Royal Opera de
Londres dans les années 90, Stiffelio vaut d’être redécouvert. Composé en même temps que Rigoletto, d’après une pièce française, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer, l’on y voit un pasteur
confronté à la liaison de son épouse, lui pardonner lors d'un prêche devant la
communauté sur le thème de la parabole de la femme adultère. Tous les
ressorts mélodramatiques de l'opéra verdien sont là. Adroitement filmée
par Brian Large, la production, typique du style semi-figuratif alors prisé à
Covent Garden, écrin d'une mise en scène très lisible, se prête bien à l'écran.
Musicalement la fête est au rendez-vous. Dans ce qui fut son dernier
grand rôle, José Carreras propose un personnage tout en demi-teintes, partagé
entre jalousie personnelle et devoir spirituel. Et quel art du
legato ! La vibrante incarnation de l'héroïne dévorée de crainte et de
remords, par Catherine Malfitano, au sommet de ses moyens, est celle d'une
vraie tragédienne. Edward Downes, auteur d'une nouvelle édition de la
partition, fait sourdre le poids épique du drame, son lyrisme aussi. On
n’oubliera pas ces superbes plans de visages torturés, ces rafales d’images
majestueuses lors des ensembles concertants si importants dans cet opéra, ces
camaïeux de mauve d’un décor suggestif.
Hans
Werner HENZE : Boulevard Solitude. Laura Aikin, Par Lindskog,
Tom Fox, Hubert Delamboye. Orquestra Simfonica del Gran Teatre del Liceu,
dir. Zoltan Pesko. EuroArts : 2056358. TT : 102'.
Dans Boulevard Solitude, son premier opéra
(1952), Henze transpose la célèbre histoire de Manon Lescaut aux immédiates années
d’après guerre. La source d'inspiration est autant le roman de l’abbé
Prévost que des films comme Sunset
Boulevard de Wilder ou Manon de
Clouzot. L'action privilégie le chemin de désillusion d’Armand des Grieux
plus que le tragique destin de Manon, l’isolement de l’individu au milieu de l’agitation
de la ville. La régie de Nicolaus Lehnhoff, créée au Royal Opera de
Londres, captée ici au Liceu de Barcelone, restitue le mouvement irrésistible
voulu par Henze qui n’était alors pas insensible à la chorégraphie. Son
originalité est de faire du décor de hall de gare de la première et de la
dernière scène une sorte de toile de fond de l'opéra tout entier, qui
réapparaîtra lors des interludes musicaux ; univers saisissant aux
superbes éclairages dans lequel se meut une foule hétéroclite, pressée ou absorbée,
de laquelle se détachent quelques stéréotypes, habilement saisis par la caméra.
Le fatalisme et la désespérance des protagonistes ne le sont pas moins. La
distribution est de haut vol, et la direction musicale en phase avec le langage
complexe et ambigu de Henze, empruntant aussi bien au dodécaphonisme qu’au
système tonal, et même aux rythmes de jazz.
Le supplément Baccalauréat 2009. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément
indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves
de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série
L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales
et technologiques du baccalauréat ».
Le supplément Baccalauréat 2009 réunit les connaissances culturelles et techniques
nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il
ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.
Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris.
Tél : 01 53 10 08 18. Fax : 01 53 10 85 19. heuresdefrance@wanadoo.fr
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