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novembre-décembre 2008
n° 557-558


septembre-octobre 2008
n° 555-556



BACCALAUREAT 2009
Supplément au n° 555-556




Sommaire :

1. L'éditorial de Francis Cousté : "Ah ! les beaux jours... "
2. Informations générales
3. Varia
4. Manifestations et Concerts
5. L'édition musicale
6. Bibliographie
7. CDs et DVDs
8. La vie de L’éducation musicale


Ah ! les beaux jours...

 

Le nationalisme, c'est être contre les autres.

Le patriotisme, c'est être pour les siens.

 

Qui ne sait que les temps troublés furent toujours favorables à l'explosion créatrice des arts ? Que c'est alors que surgirent les grands visionnaires...

 

Dans le nouveau modèle de gouvernance économique et de survie en commun qui va devoir inéluctablement s'instaurer, la culture et les arts ne pourraient-ils occuper une place éminente ? Angélisme ? Pas si sûr...

La refondation du système monétaire mondial - que l'Europe a été la première à exiger - devra, bien entendu, s'attacher prioritairement à la lutte contre la malnutrition, génératrice de futurs tsunamis démographiques (un milliard d'individus ne souffrent-ils pas déjà de la faim ?) et ce, parallèlement à la défense de notre planète, à la diversité de ses espèces.

De notre propre espèce justement, la survie ne nécessitera-t-elle pas de communs idéaux, une authentique spiritualité laïque, c'est-à-dire tolérante à l'égard de toutes les cultures, de toutes les confessions ou libres pensées - sans faiblesse cependant envers les contempteurs de la liberté ?

Devant le présent déclin de l'empire américain - jadis qualifé de "Nouveau Monde" -, ne peut-on espérer que se rallument enfin les flambeaux d'une Europe renaissante ?

Montez orages désirés, et que se lèvent enfin - flamboyant rougeoiement - un Otto Dix, un paroxystique Artaud, un Beethoven implacable !

 

Francis B. Cousté

 


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Disparition de la femme de lettres et critique musical Martine Cadieu (Tunis, 9 mars 1924 – Paris, 27 octobre 2008 ).  Notre éminente collaboratrice aura produit de nombreuses émissions littéraires et musicales sur France Culture et France Musique.  Elle a notamment publié : Soleils d’hiver (Gallimard), Un été sans mémoire (Robert Laffont), À l’écoute des compositeurs (Minerve), Mozart (10-18), Manuel de Falla (Séguier), Entretiens avec Henri Dutilleux (Michel de Maule), et traduit en français les livrets d’Ulysse de Luigi Dallapiccola et de Intoleranza de Luigi Nono.  Dans notre dernière livraison (L’EM n°555-556, septembre-octobre 2008), elle signait encore l’article « Cathy Berberian/Luciano Berio, Visages ».

 

Au CNSMD de Lyon : Recrutement d’un professeur de composition, spécialité « Informatique musicale » (à partir du 1er janvier 2009).  Date limite de dépôt des candidatures : vendredi 28 novembre 2008 Renseignements : 04 72 19 26 34 . www.cnsmd-lyon.fr ou recrutement@cnsmd-lyon.fr

 

Meurtre à Mogadiscio.  C’est au cours d’un séminaire consacré aux menaces de mort dont font l’objet les musiciens, en Somalie, que l’un des principaux intervenants, Abdirasak Yusuf Bahlawi, a été tué à coup de poignard.  Renseignements : www.freemuse.org/sw2338.asp

 

L’Opéra national de Paris retransmet - pour la première fois, en direct & accès gratuit sur Internet - le 4 novembre 2008 , à 19h30, l’opéra tchèque : La Petite Renarde rusée de Leoš Janáček.  Trois sites d’accès : www.operadeparis.fr / www.medici.tv / www.france2.fr.  Sera également disponible en VOD (différé) jusqu’au 31 décembre 2008 .

 

38es Rugissants : Pour ses 20 ans, le « Festival grenoblois des nouvelles musiques » se propose de Composer le monde (du vendredi 14 au samedi 29 novembre 2008 ).  Renseignements : 11, rue Jean-Jacques Rousseau, 38000 Grenoble.  Tél. : 04 76 51 12 92 www.38rugissants.com

 

 

Ircam.  Présentation du système WFS.  Jeudi 20 novembre, 18 h30.  À l’inverse des systèmes de haut-parleurs conventionnels, la technique WFS permet de simuler la position de sources sonores, de manière cohérente, pour tous les auditeurs d’un espace donné.  Renseignements : Ircam - 1, place Igor-Stravinsky, Paris IVe.  Tél. : 01 44 78 48 16 www.ircam.fr

 

© Olivier Panier des Touches

 

 

Colloque international : « Musique et complexité »Autour d’Edgar Morin et de Jean-Claude Risset.  Du mardi 9 au jeudi 11 décembre 2008 .  À Paris I-Panthéon/Sorbonne et au Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC).  Responsable : Nicolas Darbon.  Avec notamment : Georges Balandier, Michel Blay, Jean-Pierre Changeux, John Chowning, Jacques Mandelbrojt, Mat Mathews… Colloque, film, concert.  Entrée libreRenseignements : http://complexitemusicale.site.voila.fr

 

En 2009, l’enseignement scolaire, avec quelque 60 milliards d’euros, restera en tête des dépenses de l’État (plus de 1/5 du budget).  Concourant ainsi - selon le ministre Xavier Darcos - à la scolarisation de plus de 12 millions d’élèves et à l’emploi de plus de 1 million de fonctionnaires…  Le taux de non-remplacement des personnels de l’Éducation nationale sera néanmoins de 35 %.

 

Le Louvre invite Pierre Boulez.  Du 6 novembre 2008 au 9 février 2009  : concerts, exposition, musique filmée, débat, conférence, colloque.  Le 6 novembre (18h30) : Conférence inaugurale par Pierre Boulez.  Le 7 novembre (18h30) : Conversation d’architecture avec Pierre Boulez, Jean Nouvel & Laurent Bayle.  Le 8 novembre (10h-18h) : L’œuvre en suspens, colloque en présence du compositeur.  Renseignements : www.louvre.fr

 

Pierre Boulez devant La Victoire de Samothrace, © photo : Patrick Berger

 

 

Jubilé Calvin.  L’association « Calvin 09 » organise le concours Psaumes d’hier & d’aujourd’hui, afin d’offrir à des compositeurs – sans limite d’âge, de nationalité ou de confession – la possibilité de contribuer au renouvellement de l’hymnologie réformée.  Il s’agit de mettre en musique des transcriptions de psaumes en français.  Prix : 3 000, 2 000 et 1 000 francs suisses.  Délai pour l’inscription : 12 janvier 2009 Renseignements : Temple de la Fusterie, place de la Fusterie, CH-1204 Genève.  Tél. : +41 22 311 20 09 . www.calvin09.org

 

First International Fryderyk Chopin Piano Competition for Amateurs.  Ce concours trisannuel se déroulera en septembre 2009, à Varsovie.  Renseignements : 9, Pilsudski square, PL-00-078 Warsaw.  www.konkurs.amator.chopin.pl ou info@chopin.pl

 

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L’Argentin Ricardo Mosner (°1948, Buenos Aires), dont plusieurs tableaux ont illustré notre dossier sur le tango (L’EM, supplément au n°525-526), a peint « le dernier pilier de La Coupole » (pilastre en réalité) et participé à la conception de la toute nouvelle coupole de la célèbre brasserie parisienne.  Où il expose, aujourd’hui, plusieurs toiles.  Rappelons que cet artiste est également sculpteur, graveur, illustrateur (œuvres de Jarry, Roda-Gil, Butor, Donner, Jouët, Lascault…), auteur, metteur en scène, acteur (troupe « Le Théâtre en poudre »), chroniqueur radiophonique (« Les Décraqués » ; « Les Papous dans la tête » sur France Culture)…  Renseignements : La Coupole (102, bd du Montparnasse, Paris XIVe.  Tél. : 01 43 20 14 20 ).

 

Courrier du Québec : « (…) J’en profite pour vous faire part de mon malaise très profond devant ces nombreux jeunes compositeurs et interprètes québécois qui choisissent de chanter en anglais et de se donner un nom anglais...  Ça leur donne quoi ?  Ont-ils honte de leurs origines ?  Pensent-ils qu’ils vont percer mieux aux États-Unis ?  C'est une vraie jungle et ils vont s’y perdre !  N’ont-ils pas constaté que les vrais bons chanteurs québécois, depuis Félix Leclerc, ont très bien réussi en français ? » (Onil Perrier, perricha@sympatico.ca)

 

« Le Baiser salé », club de jazz sis 58, rue des Lombards, Paris Ier, élargit sa programmation.  Renseignements : 01 42 33 37 71 www.lebaisersale.com

 

 

Musique au Moulin d’Andé : Situé en Normandie, sur un bras de la Seine, à quelque 100 km de Paris, le Moulin d’Andé, édifié à la fin du XIIe siècle (dernier spécimen des « moulins pendants ») propose, tout au long de l’année, concerts de musique de chambre & expositions.  Renseignements : 02 32 59 90 89 www.moulinande.com

 

 

 

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Théâtre des Bouffes-du-Nord.  Lundi 3 novembre, 20 h30 : Ensemble vocal Accentus, dir. Laurence Équilbey, cors & musette (œuvres de M. Ravel, A. Scriabine, G. Pesson, Br. Pauset).  Lundi 10 novembre, 20 h30 : Christophe Desjardins, alto ; Teodoro Anzellotti, accordéon ; Daniel Ciampolini, percussions ; Lionel Peintre, comédien (œuvres de W. Fr. Bach, B. Britten, M. Stroppa, S. Gervasoni, L. Berio).  Lundi 17 novembre, 20 h30 : Gustav Leonhardt, clavecin (œuvres de H. Du Mont, L. Couperin, J. H. d’Anglebert, J. S. Bach, A. Forqueray.  Renseignements : 37bis, bd de la Chapelle, Paris Xe.  Tél. : 01 46 07 34 50 www.bouffesdunord.com

 

La Flûte enchantée sera à l’affiche de l’Opéra Bastille, à Paris, les 17, 19, 22, 25, 27, 29, 30 novembre et 1er, 4, 7, 10, 13, 18, 20, 23 décembre 2008 .  Lire, à ce propos, « Le symbolisme de La Flûte enchantée », article de Jean-Pierre Robert, dans L’éducation musicale n°557-558 (novembre-décembre 2008).

 

Le Trio Bell-Fodoreanu-Abramovitz se produira le dimanche 23 novembre 2008 , à 16 heures , en l’Auditorium de Vincennes.  Œuvres de Haydn, Chostakovitch, Piazzola et Schubert.  Renseignements : 98, rue de Fontenay, 94300 Vincennes. Tél. : 06 30 57 26 51 www.arthemusconcerts.com

 

« Paris de la musique », festival classique & contemporain, se déroulera du 7 au 14 novembre 2008 Sites : Radio France, Théâtre des Bouffes-du-Nord, église Saint-Étienne-du-Mont, Théâtre du Châtelet.  Renseignements : 01 40 39 94 26 www.parisdelamusique.com

 

 

Le Centre culturel suisse propose : The Torch Press de Sabisha Friedberg, spectacle musical incorporant vocalises, langue parlée, enregistrements, instruments & films (le 26 novembre, à 20h) / Elina Duni Quartet, chant, piano, contrebasse & batterie (le 27 novembre, à 20h) / Free Tallinn Trio, voix, piano, guitare & électronique (le 28 novembre, à 20h).  Renseignements : 32-38, rue des Francs-Bourgeois, Paris IIIe.  Tél. : 01 42 71 44 50 www.ccsparis.com

 

 

 

 

 

 

Musique russe au Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.  Mercredi 3 décembre, 20 h30.  Rachmaninov : Concerto pour piano n°2 (soliste : Mikhail Faerman Tchaïkovski : Valse des fleurs et extrait de l’opéra Eugène Onéguine.  Moussorgski : Une nuit sur le Mont Chauve (version avec chœurs) et extraits d’opéras inachevés.  Jacqueline Mayeur, mezzo-soprano.  Chœurs & Orchestre de Paris-Sorbonne.  Chef des chœurs : Denis Rouger.  Direction : Johan Farjot.  Renseignements : 01 42 62 71 71 www.musique-en-sorbonne.org

 

 

 

Auditorium du musée Guimet, musée national des arts asiatiques, propose Koma, ensemble d’instruments traditionnels japonais ( 7 novembre, 20 h30) et Etsuko Chida, chant & koto ( 13 décembre, 20 h30).  Renseignements : 6, place d’Iéna, Paris XVIe.  Tél. : 01 40 73 88 18 www.guimet.fr/-auditorium

 

 

 

L’opéra Astrée, livret de Jean de La Fontaine, musique de Pascal Colasse, sera créé, les vendredi 5 et samedi 6 décembre 2008 , à 20h30, au Théâtre Montansier, à Versailles.  Renseignements : 13, rue des Réservoirs, 78000 Versailles.  Tél. : 01 39 20 16 16 www.theatremontansier.com

Francis Cousté

 

 

 

Spectacles musicaux

 

La Péniche-Opéra, une scène atypique

 

La plus petite compagnie française d’opéra se joue la comédie sur une péniche, ou plutôt deux : « Opéra » et « Adélaïde », amarrées quai de la Loire, dans le bassin de la Villette, à Paris XIXe.  Atypique par son lieu, l’institution est incontournable pour qui veut se sortir du train-train, découvrir ce que la création lyrique contemporaine a d’original, ou redécouvrir quelques perles enfouies dans la mémoire de mélomanes désabusés.  Autour du credo à la fois simple et ambitieux, « divertir, questionner, imaginer », quatre axes structurent le projet artistique de la saison : l’exploration de l’opéra-comique français, encore trop négligé - mais qui semble vouloir sortir de son purgatoire - avec La Colombe de Gounod, une pièce pleine de verve à la Courteline (de janvier à mars 2009) ; un coup de projecteur sur la musique française du XXe siècle, à travers deux compositeurs singuliers : Satie (Sports et divertissements) et Poulenc (L'Histoire de Babar), auxquels on joindra une création : Les Shadocks (à l'opéra), de Denis Chouillet sur des textes de Jacques Rouxel (janvier à mars 2009) ; puis un hommage à Paul Hindemith dont seront présentées deux partitions peu connues : Aller-retour et Le long dîner de Noël, son dernier opéra (23 avril à la Cité de la Musique, et les 24 et 26 avril à Metz) ; enfin, la création musicale d'aujourd’hui, avec Opéra de Maldoror d’après Les Chants de Maldoror de Lautréamont, sur une musique d’André Fertier (novembre 2008), et Outsider, « opéra transatlantique d’après les chemins croisés d’Elia Kazan et de Jules Dassin », sur une musique d’Alexandre Markeas (avril 2009).

Quelques soirées en forme de coups de cœur compléteront ce panorama on ne peut plus éclectique, avec Le Voyage d'hiver de Schubert (5/III), un récital français autour de Duparc, Debussy, Ravel (6/III), interprétés, l’un et l’autre, par Gilles Ragon & Jean-Louis Haguenauer, qui présenteront encore un programme à la thématique inventive : « Qui a chipé la clef des chants », un conte de Colette Lebourhis, illustré de mélodies françaises empruntées, entre autres, à Poulenc et Manuel Rosenthal (7 et 8/III).

À noter que La Péniche-Opéra voguera aussi sur la Seine, le Loing et l’Yonne (juin 2009), et que la compagnie fera halte à terre, aussi bien au théâtre de Fontainebleau (16/I) qu'à l’Opéra de Metz (24 et 26/IV).

Renseignements et location : La Péniche-Opéra, Compagnie nationale de théâtre lyrique & musical (Bassin de la Villette.  46, quai de la Loire, Paris XIXe.  Tél. : 01 53 35 07 77 . www.penicheopera.com).

 

Jean-Pierre Robert

 

 

 

 

Prince mouche.  Auteur : Muha Vojnikovic.  Compositeur : Seyo Kovo.  Antoine de Staël & Marc Wels  : mise en scène.  Théâtre Les Déchargeurs (mercredi et samedi, 14h30 ; tous les jours des vacances de la Toussaint).  Adultes : 10,50 €.  Enfants : 7,50 €.  Réservation : 08 92 70 12 28 .

Venez découvrir ce spectacle musical dans un charmant théâtre au 3, rue des Déchargeurs, Paris Ier… Là, vous assisterez à une représentation haute en musique ! La chanson prend une large place et est entrecoupée de récits parlés. Les enfants sont captivés par ce spectacle musical, composé de cinq personnages qui démarrent en fanfare de manière presque classique. Prince Mouche nous annonce en chantant l’arrivée du printemps. Puis tout s’arrête, la terrible nouvelle est révélée : « la source d’eau mondiale » est tarie.  La quête de l’eau peut commencer… Mouche et son compagnon Sharfo sont chargés de cette délicate mission ! Véritable voyage entrecoupé de chants, de danses, rendant à ce spectacle une vigueur étonnante.  Ce conte musical crée une réelle prise de conscience car il met en scène le problème du manque d’eau potable.

 

Petit’ÔThéâtre Les Déchargeurs, mercredi et samedi à 10h30 ou 16h30 jusqu’à mi-décembre, tous les jours des vacances de la Toussaint.  Les comédiennes : Gwenaëlle Mendonça, Sandrine Nicolas, Hélène Seretti et Anna Pieri.  Collaboration artistique : Philippe Suberbie. Conseillère musicale : Jeanne Leroux.  Conseiller lumières : Laurent Prunier. Compagnie « Le Rideau à Sonnettes ».

Ce conte musical nous emmène délicatement dans le monde de Petit’Ô.  Tout est dépourvu d’artifices, les comédiens ne sont pas fardés, les décors sont minimalistes et la force réside dans les chants, les sons, le mime et le jeu théâtral.  Petit’Ô est un petit être, vierge de tout savoir ; son parcours initiatique et des créatures qui croisent son chemin – la Reine des Vents, le Doudou-Terre ou encore le Poisson-Mer sont construits autour des éléments Eau, Air et Terre et la découverte des cinq sens.  Toutes les ponctuations sonores ou musicales proviennent d’un son réalisé en direct. Une véritable réflexion a été apportée au développement des rythmes, des bruitages et à l’instrument vocal. La curiosité est sollicitée, parents et enfants sont ravis !

 

 

 

   

Laëtitia Girard

 

 

 


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Irmhild BEUTLER & Sylvia Corinna ROSIN : Advent, Advent !  Premiers chants de Noël, pour flûte à bec soprano.  Breitkopt Pädagogik (www.breitkopf.com) : EB 8762.  12,50 €.

Sur sol, la, si, do, ré, voilà un ensemble de 17 pièces progressives pour flûtiste débutant, assorties des notions solfégiques ad hoc.  Avec accompagnement possible de flûte à bec alto, et/ou piano, et/ou guitare (notation anglo-saxonne des accords), en parties séparées.  Paroles en allemand.  Trois pages de jeux-exercices : « Ma liste de cadeaux », « L’hiver », « Petits gâteaux de Noël ».  Joyeuses illustrations signées Marlies Walkowiak.

Francis Gérimont

 

FORMATION MUSICALE

Marie-Hélène SICILIANO : On aime la F.M.  Vol. 4. H.Cube/Hexamusic: H.C.41.

Après le volume 3, recensé en janvier dernier, voici le volume 4 destiné à la quatrième année de Formation musicale.  On appréciera le caractère extrêmement varié des exercices qui sont proposés ainsi que la qualité et la richesse des extraits proposés. Il ne s’agit pas d’un « manuel » mais d’un outil de travail à partir duquel le professeur pourra construire son propre cours. Il comporte cinq parties : 13 leçons à thème, qui constituent des ensembles équilibrés, mais non des « leçons » au sens strict du terme, des compléments techniques, lecture, rythme, théorie, une partie écoute & découverte, faisant une part importante au jazz et à la musique contemporaine (même si ces musiques ne sont pas absentes des « leçons », loin de là).  Un CD est disponible en option, ainsi que le livre du maître, sur présentation d’un justificatif.

 

Vincent GUYOT & Dominique SOURISSE : Répertoires. Adaptations à l’usage des classes de Formation musicale et d’orchestre. Vol. 1, 2e cycle. Billaudot : G 8164 B.

Il s’agit en fait d’un volume de 12 transcriptions d’œuvres symphoniques pour des ensembles à possible géométrie variable.  En effet, chaque pièce est transcrite sur deux systèmes qui ressemblent à une partition de piano : un système à quatre voix pour les vents, et à quatre voix pour les cordes. Entre ces deux systèmes se trouve une portée sur laquelle l’élève pourra reporter sa propre partie écrite dans sa clé préférée (je pense notamment aux altistes…) ou dans sa tonalité propre (clarinette, saxophone…). Cette présentation très astucieuse permet également de faire jouer chacun des systèmes par un… pianiste.  On retrouve ainsi la bonne vieille formule qui a fleuri autrefois dans beaucoup d’orchestres amateurs : celle du « piano conducteur » qui permet de mettre en œuvre ces arrangements même lorsqu’on dispose de peu de moyens, et de faire faire à nos pianistes de la musique d’ensemble.  Cette collection devrait donc rencontrer un franc succès, quelle que soit la taille de la structure où l’on enseigne.

 

Agnès MABIRE-BEX : L’oreille à l’écoute. Comprendre le langage musical. Vol. 1, début 2e cycle.  1 vol. 1 CD. Billaudot : G 8322 B.

Voilà un ouvrage très complet permettant de faire un véritable travail de relevés divers et d’analyse musicale sur douze œuvres empruntées essentiellement à la période baroque et classique, et présentées par ordre chronologique.  Les enregistrements, très soigneusement réalisés, donnent une première version de l’extrait à analyser.  Une deuxième version contient un extrait plus important ou plus fidèle à l’esthétique originale, notamment pour les musiques de la Renaissance.  Le volume contient toutes indications nécessaires pour sa mise en œuvre ainsi que des corrigés très développés.  Cet ouvrage peut donc concerner aussi bien les élèves de Formation musicale que les étudiants en musicologie, ou tout simplement les amateurs désirant approfondir leur travail et leur découverte de la musique.

 

Joy KANE : Solfeggio rigolo. « La musique, c’est toi », Lemoine : 28 344 H.L.

Voilà un recueil bien sympathique qui pourrait paraître, à première vue, un peu simplet et traditionnel, mais ce serait mal connaître Joy Kane : ces chansons jazzy et pleines de malice forment une initiation à un certain nombre de formes musicales simples mais incontournables. Le CD ne se contente pas de reprendre les chansons, mais en montre la mise en œuvre, en contient divers play-back. De plus, il ne faudra pas oublier de bouger, sur ces chansons ! Il s’agit de bouger en musique, d’associer à une mélodie une expression corporelle, une gestuelle musicale. Bien sûr, il vaut mieux que le professeur et le pianiste accompagnateur aient eux-mêmes le sens du jazz et du mouvement…

 

CHANT

Jacqueline BONNARDOT : Les plaisirs du chant, pour voix moyennes. Vol. 3A et 3B. 1 CD. Lemoine : 28 637 H.L.

Il ne faut pas confondre ces volumes avec les Classiques du chant du même auteur dont nous avons rendu compte dans notre livraison de mai/juin 2007.  Ce volume est destiné, comme les précédents de la même collection, aux jeunes chanteurs et aux cours de Formation musicale. Toutes les pièces peuvent être interprétées par des voix féminines ou masculines.  Le CD présente les œuvres interprétées par une soprane et un ténor : ces deux chanteurs se sont efforcés de le faire avec la plus grande simplicité, et la réussite est excellente.  Il contient aussi le play-back réalisé au piano. L’ensemble est de grande qualité. Le choix des morceaux des deux volumes aborde tous les styles, de Gluck à Massenet et Messager en passant par Schumann.  Bref, et selon le titre des recueils, il y a vraiment là de quoi se faire plaisir.

 

VIOLON

Max MÉREAUX : Remember pour violon & piano. Lafitan : P.L. 1761.

Voilà une fort jolie pièce un peu mélancolique sur un rythme de barcarolle. Elle est de niveau moyen, et a également été écrite (dans une autre tonalité…) pour saxophone en sib sous la référence P.L. 1431.

 

VIOLONCELLE

Claude DEBUSSY : Sonate pour violoncelle & piano. Éditée par Regina Back & Douglas Wood-Full-Harris.  Urtext Bärenreiter : BA 9412.

Bien sûr, ce qui caractérise cette édition, c’est le soin avec lequel le texte a été établi. On apprécie aussi la qualité et la clarté de l’impression et la présence d’un fac-similé de deux pages du manuscrit. Mais, bien plus encore, il faut faire un sort particulier à la remarquable introduction rédigée par les deux éditeurs, traduite en français, et qui comporte, outre l’arrière-plan historique et l’histoire de la publication, un historique complet des premières exécutions.  Mais surtout, une partie très importante est consacrée à l’esthétique et aux traditions d’interprétation, partie très détaillée et faisant une large part aux remarques de Debussy lui-même.  Cette introduction, par sa qualité et sa pertinence, présente un intérêt qui dépasse la seule présentation de l’œuvre.  Elle devrait être lue en détail par tout interprète de Debussy.  Les pianistes, en particulier, liront avec profit ce qui est dit, par Debussy lui-même, de l’utilisation de la pédale…

 

FLÛTE TRAVERSIÈRE

Alexandre CARLIN : Un soir d’été pour flûte en ut & piano. Lafitan : P.L. 1769.

Alexandre Carlin offre au jeune flûtiste une jolie mélodie pleine de charme, malgré la modicité des moyens mis en œuvre.

 

Lucien CONTOIS : Dialogue pour flûte en ut & piano. Lafitan : P.L. 1640.

Ce dialogue, qui dure près de cinq minutes, s’adresse à des flûtistes aguerris. Passant du récitatif en forme de cadence à la valse lente pour revenir à un récitatif final, cette pièce parfois nostalgique ne manque pas, cependant, de caractère.

 

HAUTBOIS

Charles KOECHLIN : 2 monodies, extraites des « 12 monodies pour instruments à vent » op. 213, pour hautbois. Billaudot : G 7768 B.

De moyenne difficulté, ces pièces écrites en 1947 sont de très belles œuvres, dépouillées et expressives qui n’ont été créées qu’assez récemment.  Espérons qu’elles figureront de plus en plus souvent au programme des concerts.

 

BASSON

Charles KOECHLIN : 2 monodies, extraites des « 12 monodies pour instruments à vent » op. 213, pour basson. Billaudot : G 7768 B.

On se reportera au commentaire des pièces pour hautbois ci-dessus.

 

TROMBONE

Marc LYS : Trois à Troyes, pour trois trombones. Combre : C06551.

Cette commande pour l’épreuve finale du 3e Concours national de trios de trombones de Troyes n’est évidemment pas particulièrement facile.  Mais c’est d’abord de la musique, et de la bonne.

 

Jérôme NAULAIS : Certains ré glissent, pour trombone & piano. Combre : C06541.

Cette pièce de niveau premier cycle introduit effectivement un certain nombre de glissandi qui justifient le titre de la pièce. Et il n’y a pas que les …  Une pièce agréable et très chantante.

 

Bruno LESCARRET : 15 tableaux, pour vibraphone ou marimba avec play-back. 1CD. Musique de genre. Combre : C06468.

Sans qu’il y ait véritablement recherche d’une progression technique méthodique, les premières pièces peuvent s’adresser à des débutants alors que les dernières sont pour des exécutants plus expérimentés.  Il s’agit en fait de trois ensembles de cinq pièces : la première partie s’intitule Cinq saynètes médiévales, la deuxième, Cinq portraits fantaisistes, et la dernière, Cinq esquisses urbaines.  On passe ainsi de l’écriture modale à l’écriture classique et enfin à la gamme par tons. On ne s’ennuie pas avec ces compositions aussi variées qu’originales. Les accompagnements sont divers : piano, orgue, autres instruments & percussions… Le CD, plein de vie et d’optimisme, autant que de vraie musique, donne à la fois la réalisation finale et le play-back.

 

MUSIQUE DE CHAMBRE

SMETANA : Quatuor à cordes n°1 en mi mineur. Quatuor à cordes n°2 en mineur.  Urtext. Bärenreiter. Partition de poche : TP 516 et TP 517.  Matériel : BA 9516 et BA 9517.

Le premier quatuor, intitulé De ma vie, est de 1876. Le deuxième suivra en 1883 et sera l’une de ses dernières compositions.  Inutile de dire avec quel soin cette édition est réalisée. On trouvera dans la partition de poche une très intéressante préface de Marta Otlova qui fait l’historique de ces pièces et de leurs éditions.

 

Jules DEMERSSEMAN : Grand duo sur des motifs de Guillaume Tell de G. Rossini, pour 2 euphoniums ou saxhorns, en si ou en ut & piano. Révision : Philippe Fritsch. Billaudot : G 7668 B.

C’est pour les nouveaux instruments de son ami Adolphe Sax que Jules Demersseman écrivit ce duo, conçu primitivement pour le trombone Sax à six pistons et le saxhorn basse.  L’œuvre est essentiellement destinée à mettre en valeur les possibilités des instruments et des instrumentistes. Elle n’en est pas pour autant dénuée d’agrément et de qualités musicales.  Il y a là de quoi se faire plaisir et plaire à son public.

 

Claude PICHAUREAU : Tragoedia pour trombone ténor, piano & ensemble instrumental. Combre : C06574.

Cette « Suite concertante » est une commande du 8e Concours national de trombone d’Aulnoye-Aymeries (Nord).  L’ensemble instrumental est un véritable petit orchestre symphonique : quatuor à cordes, flûte, clarinette, 4 saxos (de soprane à baryton), percussions & deux claviers (xylophone et vibraphone) joués par le même exécutant. Le piano ne fait pas partie de l’ensemble proprement dit, mais il peut participer comme soutien ou à défaut de certains instruments. Il s’agit donc d’une œuvre ambitieuse et d’un grand intérêt de cet éminent chef, compositeur et professeur au CNSMP.

 

PERCUSSIONS

Nicolas BERTHE & Fabrice RICHARD : Art of Rhythm, n°51CD. Fuzeau.

On connaît l’implication des éditions Fuzeau dans l’Éducation musicale par la pratique instrumentale.  L’élève dispose d’une partition (sous forme de conducteur) et d’un play-back disponible en trois versions.  Il y a donc quatre pièces.  Pour l’instrumentation, il est toujours prévu une solution de remplacement avec les moyens du bord.  Mais il vaut évidemment mieux disposer des claves, du triangle, des boomhackers, du carillon & du djembé demandés.  L’ensemble est très agréable, très clair et remarquablement enregistré et interprété.

Daniel Blackstone

 

 

 

 



 

 

 

"Pour la science", numéro spécial sons et musique, en vente dès le mois de novembre en kiosques et librairies.

 

 

 

 

 

 

Isabelle HANDY : Musiciens au temps des derniers Valois (1547-1589). « Bibliothèque littéraire de la Renaissance », Honoré-Champion (http://www.honorechampion.com).  697 p. 77 €.

Isabelle Handy, musicologue et historienne de l’art, passionnée par les recherches d’archives, est en même temps une excellente paléographe, ce qui lui permet d’interpréter des documents anciens et de puiser aux sources de toute première main. Cet imposant livre est l’aboutissement de minutieuses et patientes recherches au Minutier central des notaires de Paris (encore peu exploré par les musicologues) et de l’exploitation des Séries KK, L, LL, O1, U et Y aux Archives nationales.  L’idée générale est « L’exercice du métier de musicien et son contexte », replacé dans son cadre institutionnel à la Cour de France (célèbre par la « Musique de la Chambre », la « Musique de l’Écurie », la « Musique de la Chapelle »). L’auteur dégage l’« Ascension sociale du musicien au XVIe siècle », musicien qui, appelé « joueur d’instrument », devient progressivement interprète. Au fil des pages, le lecteur sera plongé dans les milieux de Paris, de la Cour, avec ses fastes, festins et banquets royaux ; il saisira mieux le goût des Valois pour les Arts et Lettres, pour la culture humaniste, mais aussi le niveau de vie et l’existence des musiciens (y compris les organistes), chantres, pages... et le rôle des corporations.  Cet ouvrage, résultat d’une thèse préparée dans le cadre du Groupe de recherche sur le patrimoine musical (1450-1750), renoue avec la tradition de la musicologie historique, insiste sur l’histoire événementielle, sur la localisation des musiciens à Paris, permet de découvrir, par exemple, la dynastie des Dugué.  Annexes, nombreuses illustrations, témoignages authentiques et iconographiques (ballets...), Glossaire, Bibliographie et Index rehaussent encore l’intérêt d’une étude qui s’impose par la nouveauté et la précision de l’information. Elle contient une mine de renseignements qui seront très utiles aux historiens, historiens des mentalités et des sensibilités, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent au rayonnement des derniers Valois.

 

Marie-Christine & Jean-François WEBER : J. K. Mercken : premier facteur parisien de forte-pianos (nouvelle édition revue et augmentée).  Delatour (http://www.editions-delatour.com).  236 p. [CD encarté].

Dans la production discographique, le pianoforte ou forte-piano est à l’honneur. Les deux auteurs ont eu raison de se pencher sur cet instrument et, en particulier, sur le premier facteur parisien : Jean-Kilien Mercken (1743-1819).  La nouvelle édition tient compte du dernier état de la question, aborde la grande diversité de leurs dimensions et décoration, respectant toutefois les progrès de la facture.  Le facteur J. K. Mercken est situé dans ses divers contextes.  Sa famille, originaire d’Allemagne, arrive en France vers le milieu du XVIIIe siècle. Il s’installera à Paris (rue Saint-Honoré) comme facteur. Les auteurs évoquent la situation du forte-piano à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et les conséquences de la Révolution de 1789. Après cette date, J. K. Mercken n’est plus mentionné comme facteur de clavecins, mais comme facteur de forte-pianos, instruments qui connaissent alors de nombreux progrès. Un Index éloquent précise le nom des facteurs. On trouvera également les traces et mentions d’instruments de J. K. Mercken, en France et à l’étranger, ou dans des collections privées. En fins connaisseurs, les deux auteurs montrent la diversité des modèles issus des forte-pianos carrés et leurs spécificités.  À côté des aspects organologiques qui seront très appréciés des restaurateurs contemporains, le contexte sociologique illustre bien le niveau de vie de ce type d’artisans à la fin du XVIIIe siècle. Quant aux interprètes, ils seront instruits non seulement par l’évolution et la typologie de ces instruments, mais encore par l’interprétation de Richard Siegel qui, sur deux forte-pianos de Mercken (1791, 1809), interprète des pièces de N. Séjan, É. Méhul et Fr.-A. Boieldieu mettant particulièrement ces instruments en valeur et faisant (re)découvrir les sonorités d’antan.

 

Nicole ROUILLÉ : Le beau parler françois.  La prononciation de la langue publique aux XVIIe et XVIIIe siècles.  Delatour, 200 p. [CD encarté].

Tous les chefs de chœur, chanteurs et acteurs rencontrent les mêmes hésitations à propos de la prononciation française correcte du XVIe au XVIIIe siècle.  Certains s’appuient sur des traités qui, tout en prodiguant des conseils, ne peuvent pas donner une idée très précise de la réalité sonore de l’époque.  Et c’est en cela que réside tout le mérite de Nicole Rouillé, à la fois professeur, artiste et auteur alliant l’érudition à la pratique. Grâce aux éditions Delatour, son ouvrage original apporte une multitude de précisions pour redonner vie aux documents anciens et, en ce sens, se rapprocher d’une déclamation quasi authentique, retournant aux sources, comme il se doit.  Le chapitre I a pour dénominateur commun, d’une part l’éloquence (définition, applications), d’autre part la réthorique (définition et surtout fonction dans les Arts oratoires) ; le chapitre II, plus technique, donne un aperçu très détaillé des « figures du discours », aussi bien des mots que des pensées. Comédiens et chanteurs apprécieront - avec de nombreux exemples soigneusement sélectionnés à l’appui - des définitions précises (prosopopée…), des démonstrations très convaincantes (dans l’optique de la « Théorie des passions »), des réactions.  Sur le plan pratique, l’acteur comme le chanteur apprendra de nombreuses règles sur la prononciation et typologie des voyelles, diphtongues, consonnes, et nombreux cas particuliers.  Il trouvera une étude remarquable sur le solfège déclamatoire.  Ce manuel n’est pas destiné à être lu in extenso, mais doit être consulté comme un vademecum : il apporte aux orateurs de notre temps toutes précisions utiles pour préserver et sauvegarder notre langue ; ils tireront le meilleur profit du CD joint (59’50), particulièrement instructif, reproduisant « la prononciation de la langue publique aux XVIIe et XVIIIe siècles » et visant à la « restitution d’une phonétique historique ».  Si l’on réalise que cette matière puis la linguistique, en tant que disciplinesn sont entrées à l’Université dans les années 1950, ce maître-livre permet de mesurer le chemin parcouru pour restituer notre langue fidèlement, selon les critères de chaque époque.

 

Alain PUCCI : Haydn et le quatuor à cordes.  Delatour.  207 p.

Cet ouvrage, sous-titré « Du divertissement autrichien au quatuor à cordes (1755-1785) : énigme, plaisanterie, spéculation », arrive à point nommé en prélude à l’« Année Haydn » (2009).  En parfait spécialiste, Alain Pucci propose des démonstrations cohérentes, précises et minutieuses ; lors de ses cours, il part de « l’analyse cellulaire jouant et faisant chanter les motifs, puis les faisant entendre par un quatuor enregistré en extraits très brefs pour sensibiliser les enfants aux registres d’apparition de ces motifs en fonction de leur repérage sur le plan ».  Ensuite, il élargit « l’audition des motifs aux phrases, et des phrases aux sections, et ainsi de suite jusqu’à la recomposition du mouvement ».  En guise d’Avant-propos, l’auteur évoque « Haydn et l’aventure de l’esprit », ainsi que ses conditions de travail. Une Introduction musicologique situe les origines et les premiers foyers du quatuor à cordes (Milan, Vienne, Paris), et pose « la » question : « Haydn, père du quatuor à cordes ? ».  L’Introduction historique, avec de nombreux documents à l’appui, est particulièrement intéressante.  Des critères indispensables pour comprendre les quatuors sont établis, à l’aide de plans-tableaux, d’exemples musicaux commentés et analysés en profondeur, définitions terminologiques, avec explication des diverses conceptions.  Le lecteur trouvera des analyses techniques percutantes, pour les Quatuors op. 0, 1, 2, 9, 17, 20 et 33, ainsi qu’une table générale des 34 premiers quatuors.  Les enseignants décèleront dans cet ouvrage de nombreux partis pris d’analyse stylistique et esthétique qui permettront de mieux faire comprendre l’œuvre du « père du quatuor à cordes ».

 

Nicolas DERNY : Erich Wolfgang Korngold ou l’itinéraire d’un enfant prodige. « Mélophiles », Papillon (www.editionspapillon.ch).  157 p. 16,70 €.

Le numéro 22 de la collection « Mélophiles » est consacré à Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), compositeur autrichien naturalisé américain par la suite.  Élève, entre autres, d’Alexander von Zemlinsky, il commence à composer dès l’âge de 12 ans (d’où le sous-titre du livre).  Il sera compositeur et chef d’orchestre, collaborera notamment avec Max Reinhardt, le metteur en scène bien connu.  D’une plume alerte, l’auteur présente la famille, évoque « la douce vie viennoise » et les amis de scène, rappelle que le musicien fera ensuite carrière à Hollywood dans la musique de film (ce qui ne l’empêchera pas de retourner fréquemment en Europe).  E. W. Korngold a forgé la musique cinématographique naissante, n’échappant pas à l’atmosphère postromantique.  Son esthétique peut être sentimentale ou doucereuse.  Il apparaît comme un homme de théâtre avide de mystère, d’ésotérisme.  Le Catalogue des œuvres est complété par une Bibliographie et une Discographie sélectives et un très utile Tableau synoptique se présentant comme une chronologie permettant de situer sa vie et son œuvre par rapport aux événements musicaux, artistiques, littéraires et historiques de son temps.  Nicolas Derny, qui n’a pas ménagé ses efforts pour présenter cette personnalité déracinée, encore peu connue mais attachante, conclut ainsi : « Laissez-vous séduire par cette innocence et cette légèreté tout enfantine qu’Erich Wolfgang Korngold aura su garder jusqu’à la fin de sa vie ».  Contrat rempli.

Édith Weber

 

Gabriel FUMET (Entretien avec) : La musique du silence ou la dynastie des Fumet.  Delatour.  223 p.  CD inclus.

Gabriel Fumet, flûtiste international [notre photo], tente depuis plusieurs années de faire revivre cette musique « première née du silence, dans la réclusion de l’amour » composée par son grand-père, Dynam-Victor Fumet (élève de César Franck), et son père, Raphaël Fumet (disciple de Vincent d’Indy), tous deux organistes et compositeurs.  Au cours de cet entretien - parfois entaché de propos quelque peu populistes concernant la musique contemporaine -, Gabriel Fumet dresse un portrait de ces deux personnalités, marginales et attachantes, ainsi qu’un catalogue de leurs œuvres, originales et inspirées d’une spiritualité profonde.  Puisse ce livre faire sortir de l’ombre cette musique tout empreinte de lumière.  Le CD inclus permettra au lecteur d’en juger…

 

Émile ORTENBERG : De l’art de devenir mozartien.  Un message de lumière.  « Culture et religion », Lethielleux/Desclée de Brouwer.  282 p., 17 €.

Un livre de plus sur Mozart !  En dépit de la passion, maintes fois réaffirmée, de l’auteur pour Mozart, ce livre n’apporte aucun élément nouveau, ni sur l’œuvre, ni sur la personnalité du compositeur, ni sur les sources de ce « message de luùière »…  Nous étions en droit d’attendre quelques éclaircissements.  Malheureusement le lecteur restera dans les ténèbres.  Alors, pourquoi s’abimer les yeux ?

Patrice Imbaud

Pierre-Albert CASTANET (éd.) : Giacinto Scelsi aujourd’hui.  Actes de colloque (Paris, janvier 2005).  CDMC (www.cdmc.asso.fr).  Bibliographies, catalogue des œuvres, discographie, index.  25 x 20 cm, 394 p., ill., ex. mus.  29 €.

G. Scelsi (1905-1988) laisse une œuvre réputée rétive à l’analyse en raison de l’unité de ses masses sonores ou de l’absence proclamée de toute pensée.  Il a pourtant ouvert la voie à la génération des Grisey et Murail en décomposant le son dans son spectre.  Les opus de maturité se fixent ainsi sur une note unique dont « l’intérieur » est modulé de manière raffinée par les nuances, les modes de jeu ou l’orchestration.  Butant sur la « plénitude totale » du son scelsien, dont la « sphéricité » annoncée semble déjouer les prises, les 28 présentes contributions s’emploient assez peu à en éclairer le fonctionnement : exploration des battements par F.-X. Féron, application par G. Giacco des concepts de surface et de masse… C’est que, pour Scelsi, le son est avant tout objet de méditation, « force cosmique » originaire, voie d’accès à l’ésotérisme et à la mystique, surtout orientale.  Et comme rituels théophaniques, les œuvres trouvent ici exégèses, parfois poétiques.

Paul Gontcharoff

 

Agenda de l’Unesco 2009.  Patrimoine mondial.  Unesco : 7, place de Fontenoy, Paris VIIe (tél. : 01 45 68 22 22.  www.unesco.org/publishing).  22 x 23 cm, 158 p., 19 €.

Comme chaque année, l’Unesco dédie son célèbre agenda à la promotion du patrimoine mondial.  Ainsi une somptueuse photo en couleurs (légendée en français, anglais et espagnol) s’inscrit-elle en regard de chaque page hebdomadaire.  En annexe : liste des États signataires et des sites inscrits.

 

Levente SELÁF : Chanter plus haut.  La chanson religieuse vernaculaire au Moyen Âge (essai de contextualisation).  « Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, n°87 », Honoré Champion (www.honorechampion.com).  Relié : 15,5 x 22,5 cm, 650 p., 115 €.

Par trop négligé dans la tradition philologique (à l’exception notable des Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X le Sage), il fallait que ce corpus soit enfin rédécouvert.  Fruit d’une thèse de doctorat (soutenue à Paris en 2003) ayant trouvé son origine dans la découverte de la poésie du trouvère Gautier de Coinci, cet ouvrage envisage successivement : Origines bilingues de la poésie religieuse vernaculaire / Poésie lyrique (malheurs de la délimitation d’un corpus) / Les noms du divin / Poésie religieuse des troubadours / Cantigas de Santa Maria / Imitation formelle dans les chansons pieuses / Origines mythiques et réelles / Motifs stylistiques et outils poétiques / Chanson pieuse et catégories sociales / Les « chansonniers pieux » / L’art de la glose.  En annexe : très complètes répertoriations ; bibliographie ; index.

 

Didier van MOERE : Karol Szymanowski.  Fayard.  Relié, couverture souple : 13,5 x 22 cm, 696 p., 27 €.

Grande figure de l’Europe musicale entre les deux guerres, le Polonais Karol Szymanowski (1882-1937) connut ensuite une relative éclipse.  Grâce à des musiciens qui - tel un sir Simon Rattle - œuvrent de longue date à sa réhabilitation, le compositeur redevient aujourd’hui populaire.  Ainsi toutes ses musiques sont-elles désormais accessibles au discophile, et ses opéras (La loterie aux maris, Hagith, Le roi Roger) disponibles en DVD.  Voilà, en outre, comblée – et de belle manière - une lacune de l’édition française.  Ouvrage retraçant les grandes étapes d’une vie mouvementée : Enfance et adolescence / Les années d’apprentissage / La Jeune Pologne en musique / De Vienne à Biskra / Un érémitisme fécond / Le chant du départ / Entre l’Europe et l’Amérique / Le splendide isolement / Le Conservatoire ou moi / Les chants du cygne / La symphonie des adieux.  En annexes : Catalogue de l’œuvre, bibliographie sélective, index nominum et rerum.

 

Harry HALBREICH : L’œuvre d’Olivier MessiaenFayard.  15 x 23,5 cm, 596 p., ex. mus., 30 €.

Pour n’avoir pas le caractère hagiographique du magnifique hommage paru, cette année, aux éditions Symétrie : Olivier Messiaen, le Livre du centenaire, cette réédition, considérablement augmentée, de l’ouvrage d’Harry Halbreich (paru en 1980) constitue, à ce jour, le plus complet panorama analytique de l’œuvre.  Avec, notamment, des études sur les chefs-d’œuvre des trente dernières années : Éclairs sur l’Au-delà, Livre du Saint-Sacrement, Saint François d’Assise…  Quatre grandes parties : L’homme et son univers / Le langage musical / L’œuvre / Messiaen parmi nous.  En annexes : Témoignages inédits d’élèves d’Olivier Messiaen / Catalogue chronologique de l’œuvre / Bibliographie / Index.

 

Paul GRIFFITHS.  La Mer en Feu : Jean Barraqué.  « Points d’orgue », Hermann Musique (www.editions-hermann.fr).  14 x 21 cm, 347 p., cahier de photos n&b, 22 €.

Il faut, une nouvelle fois, que ce soit un auteur anglo-saxon (ici le célèbre chroniqueur musical du Times, du New Yorker et du New York Times) pour s’intéresser à un compositeur français, le trop rare et secret Jean Barraqué (une première édition de cet ouvrage était parue : Rochester University Press, 2003).  Trois rencontres furent déterminantes pour le musicien : Pierre Boulez, Michel Foucault et les écrits d’Hermann Broch (La Mort de Virgile, notamment).  De Jean Barraqué, nous ne possédons que six partitions : Sonate (pour piano), Séquence (pour voix, batterie et divers instruments), …au-delà du hasard (pour 4 formations instrumentales et une formation vocale), Chant après chant (pour 6 batteurs, voix et piano), Le temps restitué (pour soprano, chœur et orchestre), Concerto (pour 6 formations instrumentales et 2 solistes), plus un fragment de musique électronique.  Ton remarquablement vivant d’un auteur qui s’adresse, post mortem, à celui qui écrivit : « Je suis du côté exceptionnel du drame et du pathétique – de la grandiloquence, dirait Genet ».

 

Pierre MARIÉTAN (1935) :  Dit chemin faisant.  Conversations, Fragments/sources, Géophonies.  Klincksieck (6, rue de la Sorbonne, Paris Ve).  15 x 21 cm, 224 p., ex. mus. 23 €.

Multiples sont les écrits du compositeur valaisan Pierre Mariétan, dont le catalogue musical est riche de plus de 200 œuvres chambristes, orchestrales, vocales ou électroacoustiques.  La musique doit sortir, selon lui, de la salle de concert et gagner notre quotidien architectural et urbain – sous, bien entendu, d’expresses conditions.  Les présentes « Conversations » sont la transcription de dix entretiens radiophoniques avec Philippe Sers, les « Fragments/sources » décrivent les expériences d’écoute réalisées au cours de recherches et « Géophonies » montrent leurs applications au sein de la série « Ateliers de création radiophonique » (France Culture) et de productions du Studio de la Westdeutscher Rundfunk (Cologne).

 

Cretien van CAMPEN : The Hidden Sense.  Synesthesia in Art and Science.  Massachusetts Institute of Technology (http://mitpress.mit.edu).  Relié toile sous jaquette.  16 x 23,5 cm, 186 p., ill. n&b, cahier couleurs.  £19.95.

Quid de l’écoute de la musique en couleurs, de la passion exclusive pour tel ou tel grain de voix, de l’attribution d’une couleur spécifique à chaque lettre de l’alphabet ?  Ces expériences – auxquelles participent plusieurs sens, où communiquent des aires du cerveau ordinairement compartimentées – ressortissent à la synesthésie.  Cretien van Campen envisage cette particularité du double point de vue scientifique et artistique : dans les arts visuels, la musique, la littérature, les plus récentes recherches neurologiques.  Court-circuitements neuronaux chez Scriabine, Van Gogh, Kandinsky, Nabokov, Poe, Baudelaire, Rimbaud, Messiaen ? Selon l’auteur, ce ne furent jamais des métaphores, mais bien plutôt un nouveau sens caché, un penser visuel - nouvelle clé de sensibilité (sensivity).  Trois parties : Perception [Music videoclip without TV / Children draw music / Visual music], Thought [Calculating in colors / Poetic synesthesia / Exploring drug-induced synesthesia], Insight [A colored brain / Dark double-bass & purple piano / The hidden sense].  Bibliographie et index.

 

Bernard MURACCIOLE et alii : Chants maçonniques des Hauts Grades.  « L’univers maçonnique », éditions Véga (tél. : 01 43 36 41 05 www.republique-des-lettres.fr/editions-vega.php).  Relié, sous jaquette : 15,7 x 22,7 cm, 182 p., ill. n&b et couleurs.  1CD (24 plages, 77’51).  26 €.

Chanteur de l’Opéra de Paris, Bernard Muracciole a déjà publié de nombreux ouvrages & CDs consacrés à la musique maçonnique.  Mais il n’existait pas, à notre connaissance, de monographie dédiée aux seuls chants maçonniques des hauts grades (du 4e au 33e) - de Rite français, de Rite écossais ancien & accepté (REAA), de Rite de marque (Mark Mason).  Ce magnifique livre, auquel ont participé les meilleurs historiens contemporains de l’Ordre, est tout à fait informatif et son admirable iconographie, en situation.  Même si l’intérêt proprement musical du corpus est plus anthologique qu’esthétique…  Mais ne faut-il pas resituer tout cela en son temps ? Spiritualité et sociologie des Lumières…  Les propres compositions de l’excellent chanteur qu’est Bernard Muracciole ne déméritent certes pas aux côtés des 20 pièces originelles retrouvées.

 

Louis-Jean CALVET : Cent ans de chanson française.  Préface de Philippe Meyer.  Illustrations : José Corréa.  Archi (www.archipoche.com) : 10,8 x 17,8 cm, 608 p.  9,50 €.

Vingt ans après !  Le dictionnaire de référence de la chanson française reparaît, revu et enrichi.  Au fil de ses quelque 600 entrées, sont recensés chanteurs (ayant au moins trois CDs à leur catalogue), auteurs, compositeurs, mais aussi firmes discographiques, lieux où l’on chante, grandes chansons enfin.  Panorama certes éclectique et - pour autant que faire se peut - objectif.  Notons la juste survenue d’un fort contingent de chanteuses : Agnès Bihl, Camille, Jeanne Cherhal…

 

Philippe LE MOAL et alii : Dictionnaire de la Danse.  Larousse.  Fort volume relié : 19,5 x 28,5 cm, 842 p., ill. n&b.  49,90 €.

Consacrée à l’histoire de la danse en Occident, de la Renaissance à nos jours, la nouvelle édition de ce dictionnaire traite essentiellement de la danse de spectacle, en direct ou filmée, sans pour autant négliger la danse de société.  Plus de 140 collaborateurs ont participé à la réalisation de ce magnifique ouvrage de synthèse – fruit d’innombrables témoignages directement recueillis ou dès longtemps compilés.  La riche et éloquente iconographie (plus d’un millier d’images) assure un bonheur de feuillettement.  In fine, sont donnés « Les mots de la danse » : Concepts esthétiques / Danses de société / Genres chorégraphiques / Notations du mouvement / Principes chorégraphiques / Styles et courants / Termes de métier / Termes du mouvement dansé.  En annexe : bibliographies générale & par pays ; revues spécialisées.

 

Sylvie REBOUL : Le Vin & la Musique.  Révélations sur des accords divins.  Féret, éditeur (24, allées de Tourny, 33000 Bordeaux. Tél. : 05 56 13 79 95 www.feret.com).  Album grand format, relié sous jaquette.  25 x 31 cm, 192 p., ill. n&b et couleurs.  49 €.

S’il est, en ces temps moroses, un album à festivement déguster, que ce soit celui-là !  Où sont successivement envisagés : « Le vin et la musique à travers l’Histoire » [Fêtes & cérémonies des civilisations anciennes / Boire beaucoup comme un bénédictin / Banquets du Moyen Âge & fêtes baroques / Le vin des guinguettes & des cafés-concerts / Fêtes du vin & rendez-vous musicaux au fil du calendrier], « Le vin dans les chansons » [Dans la chanson des origines / Vinum bonum & suave / Bon vin, je ne puis te laisser / À nous l’ivresse, à nous la folie ! / Quand on est un sage et qu’on a du savoir boire… / Red, red wine…], « Le vin dans la vie des musiciens » [Mes camarades bons ivrognes / L’eau est vraiment trop mauvaise ! / On boit un coup, on fait la fête].  Plaidoyer assorti de somptueuses – et volontiers gaillardes – illustrations.  Et comment ne pas rallier un Michel Onfray, flamboyant sybarite : « Le temps du vin est celui de la musique, évanescent et destiné à creuser l’âme pour laisser des traces, des souvenirs, des témoignages »…

Francis Cousté

 

POUR LES PLUS JEUNES

Leigh SAUERWEIN : La Clarinette.  Musique de Thierry Pécou.  Illustrations de Aurélia Fronty & Christine Destours.  « Mes premières découvertes des instruments », Gallimard Jeunesse Musique, 32 p., 1CD (30’).  15 €.

Écoutez, lisez, dansez avec ce livre étonnant où histoire et musique s’entremêlent et forment une unité particulière. Un petit garçon confronté à la rudesse de ses parents se rebiffe et fugue…  Théo nous emmène dans un monde absolument fabuleux où des personnages fantaisistes - comme un ours grognon, un canard impatient ou encore un phoque farfelu - font irruption, comme la musique d’ailleurs.  La musique rythme cette histoire soit de façon dramatique avec des sons fortissimo soit plus enjouée avec des sons multiphoniques rendant à cette aventure toute sa cadence !  Les sons fendus ou attaqués s’affrontent au même diapason que l’humeur de Théo. À la fin de l’ouvrage, vous découvrirez un étonnant « zoom » sur la clarinette de sa naissance à son usage très simplement exposé. La lecture et l’écoute incitent l’enfant à jouer de la clarinette, à coup sûr !

 

Comptines des animaux de la ferme.  « Comptines d’ici », Didier Jeunesse. 58 p., 1CD. 23,50 €.

Magnifique album-CD où nous découvrons des chansons et comptines oubliées ou inédites mettant en scène des animaux de la ferme. Les illustrations sont de véritables tableaux, chaque double page est un univers particulier mêlant couleurs et graphisme de façon prodigieuse ! La musique intervient avec une alternance de chœurs, de solos, de chants a cappella et autres chansons à répondre interprétés par de douces voix d’enfants. C’est sans compter les interventions de Marguerite Lorensi, chanteuse lyrique, ajoutant du piment à tout ce répertoire ! À noter, les prestations remarquées de François Barré qui manie mieux que personne l’accordéon et autres percussions.

 

Musickeys, mensuel.  Dès 8 ans.  www.musickeys.fr.  36 p., 6 €.

Inédit ! Un magazine dédié à la musique pour les jeunes dès 8 ans ! À l’initiative de Christine Szabo-Gueydan qui, déçue de ne pas trouver un magazine pour assouvir les souhaits de ses enfants, décide d’en créer un !  Le premier numéro, conçu par une équipe de pédagogues, de musiciens et de professionnels de l’édition jeunesse, voit le jour en septembre 2008.  Véritable mine d’informations, vous découvrirez tout sur l’actualité des spectacles, les métiers et l’histoire de la musique mais encore des interviews d’artistes, des enquêtes et plein d’autres sujets passionnants !

Laëtitia Girard

 

Marie BERTHERAT : Angèle, l’ange du clavecin.  Un conte musical.  Dès 5 ans.  Livre/CD.  Illustrations : Claire de Gastold.  20,5 x 20,5 cm, 40 p.  1CD (direction artistique : Louis Dunoyer de Segonzac.  Pièces de Pancrace Royer ; Christophe Rousset, clavecin).  Actes Sud Junior/Cité de la musique.  15 €.

C’est l’histoire d’une enfant de 7 ans, fascinée par le clavecin dont joue son père, noble châtelain.  Mais nous sommes en 1789 et Angèle sera bientôt jetée sur les routes.  Sans mémoire et mutique, elle est recueillie par des gens simples et, à 16 ans, sera domestique…  Mais tout se terminera, bien entendu, sur d’émouvantes retrouvailles ! Plaisant appendice autour de l’histoire et de la facture du clavecin.

 

Marie-Pauline MARTIN.  Objectif : Musée de la musique.  Le guide des visites en famille.  Actes Sud Junior/Cité de la musique.  Relié, couverture souple : 14 x 22 cm, 94 p., ill. couleurs.  13,50 €.

Extraordinairement attractif est ce petit livre – de par, notamment, sa très riche iconographie illustrant des textes clairs, intelligemment distribués et mis en page.  Après « Résonances » (Au commencement : le chant & la danse / Les premiers instruments de musique / Les premières fonctions de la musique), se succèdent : XVIIe siècle (la naissance de l’opéra), XVIIIe siècle (la musique des Lumières), XIXe siècle (l’Europe romantique), XXe siècle (l’accélération de l’histoire).  Suivis des chapitres : « La création musicale en Occident », « Les musiques du monde », « Les instruments insolites », « Un musée au microscope ».

Francis Cousté

 

 

 



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CHOSTAKOVITCH : Sonate op. 40.  RACHMANINOV : Sonate op. 19, Vocalise op. 34.  Xenia Jankovic (violoncelle), Jacqueline Bourgès-Maunoury (piano).  Saphir Productions : LVC 1082.  TT : 69’43.

Belle interprétation fougueuse et contrastée de ces deux sonates qui, bien que composées à trente années d’intervalle, ont pour point commun un certain attachement aux formes du passé, une primauté donnée à la mélodie, en même temps qu’une oscillation constante entre expressivité et intériorité, sensibilité et virtuosité, laissant une impression de forte tension intérieure.  L’opus 40 de Chostakovitch, symbole troublant et pathétique de la mise en cause du fait culturel par les politiques, composé en 1934, est bien loin des audaces et des impertinences de Lady Macbeth et du Nez.  Il s’agit d’une œuvre de transition qui marque le ralliement du compositeur à des formes plus académiques (4e et 5e symphonies).  Première œuvre majeure de musique de chambre dans l’importante production de Chostakovitch, cette sonate, dont le ton hésite entre sérénité et désenchantement, ironie et sarcasme, comporte quatre mouvements où l’on retrouve quelques accents du lyrisme fauréen (premier mouvement) ainsi que quelques espiègleries dignes de Prokofiev (final).  L’opus 19 de Rachmaninov, composé en 1901, dans un climat difficile, entre l’échec de la première symphonie et le succès du deuxième concerto pour piano, est la dernière et probablement la plus réussie de ses compositions de musique de chambre.  La partie de piano, très exigeante, laisse au violoncelle tout son impact dramatique, instaurant un climat en demi-teinte - entre la douceur initiale du premier mouvement, l’angoisse et la violence du deuxième, la méditation du troisième, la virtuosité et la clarté du final.  Ce beau disque se termine sur la sublime Vocalise, op. 34, transcrite en 1946 par Leonard Rose.

 

Stephen FOSTER (The music of) : The voices that are goneMatt Turner (violoncelle), Peg et Bill Carrothers (voix et piano).  Édition limitée à 2 000 copies.  (www.illusionsmusic.fr).  TT : 49’45.

Matt Turner met, ici, au jour des partitions quelque peu oubliées de Stephen Collins Foster (1826-1864), l’un des pères de la musique populaire américaine - volontiers utilisées dans les « blackface shows », « minstrelsongs » et musiques de film (The Sun Shines Bright de John Ford).  Ses compositions se situent aux carrefours de la musique classique, du jazz, du blues et du folksong laissant une large place à l’improvisation.  Bien servies par la voix, le piano et le violoncelle, d’amples et audacieuses improvisations se développent à partir de thèmes familiers et confèrent à ce disque une étonnante modernité.  Cet enregistrement nous invite au voyage, dans le temps et l’espace, alors, profitons-en !

 

Zad MOULTAKA : Vision.  Fadia Tomb el-Hage, contralto.  Chœur de chambre Les éléments, dir. Joël Suhubiette.  Avec la participation de l’ensemble instrumental Ars Nova.  L’empreinte digitale : ED13231.  Distr. Nocturne.  TT : 58’39.

Démarche originale que nous propose Zad Moultaka, compositeur d’origine libanaise, dans ce syncrétisme musical intégrant les données fondamentales de l’écriture contemporaine occidentale aux caractères spécifiques de la musique arabe.  Ce disque rassemble diverses pièces vocales écrites entre 2003 et 2007.  La première Khat comprend trois calligraphies pour dix-huit chanteurs.  Ce sont les lettres elles-mêmes qui servent de canevas à l’écriture musicale.  On retrouve ici le savoir occulte de la calligraphie où l’œuvre musicale puise une réalité sonore inédite.  La deuxième La Scala del cielo, pour chœur mixte, piano & percussions, nous plonge dans un monde souterrain, traversé de courants telluriques où la mort prend des accents ludiques.  La troisième Zikr, pour contralto, chœur mixte et ensemble instrumental, est faite de « lamentations » qui vont évoluer vers la révolte.  La grosse caisse marque le pas de cette montée en puissance entre rébellion et prière, soufisme et tradition chrétienne.  La quatrième Neb Ankh pour contralto et environnement électroacoustique, écrite dans une langue imaginaire, explore toutes les ressources de la voix et de l’énergie pour le dernier voyage d’une Néfertiti moderne dans un sarcophage égyptien, où elle emporte avec elle ses objets familiers.  La cinquième Enluminures, pour neuf voix de femmes a cappella, correspond à neuf images sonores, neuf miniatures vocales, se concentrant sur des mots ou des phrases, évoquant les terres lointaines où l’on perd son nom.  La dernière, Vision, pour chœur mixte et environnement électroacoustique, repose sur le mixage des pièces précédentes dans une bande son, sur laquelle vient se dérouler la voix du chœur.  Il s’agit d’un exercice de mémoire où le pari du compositeur consiste, bien entendu, à tenter de faire entendre des visions - charge aux auditeurs de retrouver les différents thèmes… Il y a indiscutablement dans ce brassage culturel, dans ce jeu des sons, des rythmes et des mots, des moments de grande poésie (au sens mallarméen du terme) ainsi qu’une aspiration marquée à la verticalité… Pour happy few

 

Johann Sebastian BACH.  Jean-Patrice Brosse à l’orgue de la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges.  Saphir Productions : LVC 1095. TT : 62’15.

Jean-Patrice Brosse, musicien accompli, directeur artistique du festival du Comminges nous propose ici une lecture virtuose et inspirée de Bach.  Ce volume retrace les plus grandes pages d’orgue de la jeunesse ou de la maturité.  La Fantaisie et fugue BWV 542, inspirée d’une chanson populaire, d’un expressionisme hautement baroque se traduit également par des traits mélodiques à l’ornementation exubérante, à la fois pathétique et dramatique.  Avec cette œuvre s’achève une époque de la vie créatrice du compositeur, c’est la dernière expression du grand lyrisme buxtehudien, un dernier regard vers la jeunesse. La Toccata, adagio et fugue BWV 564 est également une œuvre de jeunesse datant de la période de Weimar, fruit d’un dialogue quotidien entre le compositeur (Bach quittera ensuite ses fonctions d’organiste) et  son instrument. Seul exemple de l’interposition d’un adagio, inspiré du concerto italien, dans l’habituel diptyque, cette œuvre est une des plus brillantes et difficiles techniquement.  Le Prélude et fugue BWV 544 est, à l’inverse, une œuvre de la maturité qui marque les interrogations métaphysiques du Cantor solitaire et vieillissant. Dans le prélude, la créature dialogue avec son Créateur, puis la fugue clôt ce dialogue par la certitude de la foi et la force de l’Esprit retrouvé. Le Prélude et fugue BWV 539 est surtout intéressant par sa fugue transcrite à partir de la 1re sonate pour violon.  La Fantaisie BWV 562, est un hommage à la musique française et tout particulièrement à Nicolas de Grigny, organiste de Reims ; la fugue en est restée inachevée. Ce disque se termine par l’austère et grandiose Toccata et fugue BWV 538 qui confirme, s’il en était encore besoin, la musique de Bach comme moyen d’ascèse et support de l’aspiration à la transcendance.

Patrice Imbaud

 

The Susanne van Soldt Virginal Book.  Ricercar (Outher, rue du Chêne 27, B-1000 Bruxelles.  stephanie.flament@alpha-prod.com) : RIC 264. TT : 56’42.

Le manuscrit du Virginal Book (1599) de Susanne van Soldt - peut-être fille d’un riche marchand anversois gagné à la Réforme et installé à Londres -, est conservé à la bibliothèque de la British Library, avec sa signature.  Il comprend 33 arrangements de chansons profanes (dont Susanna Vng Jour de Roland de Lassus) ; de danses : « Almandes » (de symmerman, loreyne, trycottee, de amour…), ronde du Brabant, Pavanes (dan Vers, de frans…), Gaillardes (quy passe, Bassanni )… ainsi que de psaumes (reposant sur des mélodies traditionnelles du Psautier huguenot, Genève, 1562), par exemple : Myn siele wilt den Herre… (J. J. van Eyck), Des boosdoenders Wille seer quaet (sur la mélodie du Ps. 36 : Du maling le meschant vouloir ou Du maling les faitz vicieux, Cl. Marot).  Ce Livre se présente comme une anthologie du répertoire pour virginal à la fin de la Renaissance.  Guy Penson joue principalement sur un virginal « moeder & kind » - dont la caisse de résonance abrite un petit virginal, à jouer seul ou couplé au clavier principal - de J. van Boven (2006), d’après des modèles d’A. Ruckers, bien connus.  Il bénéficie parfois de la participation de Patrick Denecker (flûtes à bec).  Ils ont le mérite d’attirer l’attention sur ce Livre de virginal.  Excellente initiative sortant des sentiers battus, à l’honneur des disques Ricercar.

 

Marin MARAIS & Jean-Philippe RAMEAU.  À la Marésienne.  Le Couvent (www.lecouvent.org) : K617 205. TT : 34’12.

Ce CD tire son nom de la première œuvre au programme : la sonate À la Marésienne de Marin Marais (1656-1728). Sous le règne de Louis XIV, la viole de gambe apparaît comme un instrument privilégié, et c’est le mérite de l’ensemble Nouvelles Voix, avec Olivier Briand (violon baroque), Ronald Martin (viole de gambe) et Jennifer Vera (clavecin) de replonger les mélomanes dans cette ambiance si typique du Grand Siècle, où Marin Marais côtoie Jean-Philippe Rameau (1683-1764).  La sonate À la Marésienne - seule pièce du premier pour instrument de dessus assumant un rôle de soliste avec accompagnement de basse continue - est conçue en six parties sur lesquelles plane un souffle tour à tour grave, léger, gai et vif/grave ; une Gigue faisant appel à la virtuosité sert de conclusion. Dans le VConcerto, J.-Ph. Rameau réserve un rôle de vedette au clavecin par rapport aux deux autres instrumentistes. Il y est aussi fait référence à M. Marais, avec La Marais, les deux autres pages sont bien connues : La Forqueray et La Cupis (particulièrement expressive).  Retour à Marin Marais avec la Sonnerie de Sainte Geneviève du Mont de Paris de caractère descriptif, proche de la tradition française du carillon en musique.  L’œuvre comprend des variations placées sous le signe de la jubilation.  Félicitations aux interprètes, à Alain Pacquier et au Label K 617, d’avoir ainsi mis Marin Marais à l’honneur.

 

Johann Sebastian BACH : Entre parodies et transcriptions.  Alpha (stephanie.flament@alpha-prod.com) : 126.  TT : 67’ 1.

Le titre est assez éloquent et fait tout de suite penser à la Toccata en mineur qui, toutefois, ne figure pas au programme de ce CD… Il permet de (re)découvrir des transcriptions pour orgue, notamment de la Sinfonia de la Cantate BWV 29 Wir danken dir, Gott, et de la Sinfonia de la Cantate BWV 146 Wir müssen durch viel Trübsal in das Reich Gottes eingehen, toutes deux datant de Leipzig et issues de mouvements de concerto. Elles ont été réalisées par Marcel Dupré, resté proche des intentions concertantes du Cantor de Leipzig. Ces deux œuvres avec opposition de claviers sont bien enlevées et percutantes.  Deux Sonates ont été transcrites, la première (Sonate en sol majeur BWV 1019a) pour violon (assurant un rôle mélodique) et orgue (assurant une ponctuation rythmique), en 5 mouvements  ; la seconde (Sonata I en sol mineur BWV 1001), pour violon seul, en 4 mouvements, commençant par un Adagio méditatif, particulièrement expressif et se terminant par un Presto qui fait largement appel à la virtuosité. Cet enregistrement comporte également le prélude de la Partita III en mi majeur BWV 1006 (transcrite pour violon), le Concerto en mineur d’après Vivaldi BWV 596 (transcrit pour orgue) et le Prélude & Fugue en mineur BWV 539 (orgue).  L’organiste Vincent Dubois et le violoniste Raphaël Oleg, merveilleuse équipe, ont signé ce programme original convenant particulièrement à l’acoustique de l’église St-Pierre de Guignicourt (Aisne) et à l’orgue Jean-Daldosso (1903), à deux claviers (56 notes) et pédalier (30 notes).  Cette belle réalisation est tout à l’honneur de l’action patrimoniale menée par le Conseil général de l’Aisne.

 

Orgues historiques de France, vol. 4.  Sinus (Postfach 526 CH-8802 Kilchberg) : 3004.  CD Diffusion (28, route d'Eguisheim BP 4, F-68920 Wettolsheim) TT : 59’21.

Poursuivant sa série d’enregistrements sur des orgues historiques en France, Albert Bolliger a retenu l’Oogue Christophe Moucherel (1742) de Cintegabelle, avec positif, grand orgue, écho et pédale dont les jeux anciens sont presque complets, mais, dans certains cas, des tuyaux anciens et neufs sont mêlés.  Cet orgue a failli disparaître lors de la Révolution française, l’Abbaye ayant été vendue comme « bien national » ; les orgues ont d’abord été livrées à l’abandon, puis des travaux en 1850 ont abouti à une première restauration finalement réalisée en 1923/28, par le facteur Th. Puget. Après avoir subi le goût du jour, grâce aux facteurs J. L. Boisseau et B. Cattiaux, l’instrument a retrouvé sa conception originelle, avec un très beau buffet Régence.  Comme de juste, l’excellent organiste suisse a choisi des œuvres françaises convenant particulièrement à cet instrument français, dont il réussit à mettre en valeur de nombreux jeux et à souligner des sonorités spécifiques, par exemple celles des cornet, cromorne, nazard...  Les discophiles écouteront avec plaisir les Pièces d’orgue du 5e ton de François d’Agincourt (ca 1680-1738), la Suite en sol mineur (comportant de nombreuses danses), de Louis Marchand (1669-1732), ainsi que son 5e Livre d’orgue.  Claude-Benigne Balbastre (1727-1799), dans sa 2e Suite de Noëls, fait appel à des Noëls de notre pays : Il est un petit, L’ange, Joseph revenant un jour (bénéficiant d’une registration adéquate)... Cette excellente sélection s’impose également par les registrations lumineuses par excellence correspondant à l’esprit des Noëls français. Si elle est conforme au goût du public au XVIIIe siècle, elle n’en ravira pas moins celui du XXIe siècle.

 

Ludwig van BEETHOVEN : Concerti 3 & 6 pour le pianoforte avec accompagnement d’orchestre.  Alpha 122.  TT : 69’.

Au XIXe siècle, la bonne société prise énormément le pianoforte (instrument à marteaux) et les virtuoses sont légion.  Ludwig van Beethoven (1770-1827) n’échappe pas à cette mode, et Arthur Schoonderwoerd (pianoforte & direction) la restitue en interprétant le Concerto en do mineur n°3 op. 37 sur le fac-similé d’un pianoforte viennois d’Anton Walter (1800) et le Concerto en majeur n°6 op. 61a sur le pianoforte viennois original de Johann Fritz (1807-1810).  Il est accompagné par l’excellent Orchestre Cristofori qui se produit sur instruments anciens. Cet enregistrement, réalisé à la Dreieinigkeitkirche de Ratisbonne, baigne dans le préromantisme. Dans un concerto, le pianofortiste assume, d’une part, un rôle de soliste et, d’autre part, un rôle d’accompagnateur d’un autre instrument.  Le chef comme le premier violon (ici, Luigi de Filippi) veillent à l’équilibre sonore de l’ensemble et à l’assise rythmique.  L’interprétation de ces œuvres (généralement au piano) au pianoforte correspond mieux à l’esprit du compositeur.  Le premier Concerto est en 3 mouvements, avec un Largo central, intense et méditatif. Le second, avec un Larghetto central, est introduit par un Allegro ma non troppo très développé avec des accords incisifs ; dans le Rondo conclusif, de caractère pétillant, pianoforte et orchestre dialoguent, il frappe par la précision de l’attaque et son élan. Grâce au pianoforte, aux instruments anciens de l’orchestre et au parti pris du soliste et chef l’esprit du temps est fidèlement respecté, et la réalité sonore de l’époque magistralement restituée.

 

Franz LISZT.  Philippe Delacour à l’orgue. Fugatto : FUG 005. CD Diffusion (info@cddiffusion.fr). TT : 51’30.

Franz Liszt (1811-1886), virtuose du piano, a également composé pour l’orgue.  Il traite, d’une part, des thèmes liturgiques, par exemple « Ad nos, ad salutarem undam », d’autre part, adapte pour l’orgue des œuvres profanes telles que des Préludes de Chopin, ou encore Le Chœur des Pèlerins de R. Wagner et sa propre œuvre Consolation.  Philippe Delacour a retenu l’orgue « romantique allemand » de Nilvange en Moselle (1910, Johannes Klaïs, Bonn) ; transformé en 1955 par Haepfer-Ermann de Boulay ; excellemment restauré en 1997 par Michel Gaillard (manufacture Aubertin) en collaboration avec l’interprète. Cet orgue symphonique convient parfaitement à l’esthétique romantique, comme le prouve déjà la magistrale et imposante Fantaisie et Fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam » (1849), contrastant avec le charme et l’intériorité de l’Adagio de la Consolation en réb majeur.  Retour au caractère majestueux avec le Prélude en mi majeur de Frédéric Chopin op. 28/9 ; en revanche, celui en mi mineur, op. 28/4, s’impose par sa facture mélodique.  En conclusion, la transcription du « Chœur des Pèlerins » de Tannhaüser pose un point d’orgue tour à tour calme et méditatif, puissant avec une progression dynamique bien dosée. De quoi être réconcilié avec la pratique des transcriptions si souvent malmenée. Cette production s’adresse non seulement aux amis de Liszt mais à tous les organistes et mélomanes soucieux de sortir des sentiers battus.

 

Gabriel FAURÉ : Mirages. Jade (43, rue de Rennes, 75006 Paris mathilde.dubois@milanmusic.fr) : 699651-2.  TT : 36’46.

Le chœur de chambre Mikrokosmos, fondé et dirigé par Loïc Pierre, fait porter ses efforts sur la création.  François Branciard (né en 1979) - membre du Chœur - est l’auteur de transcriptions pour chœur a cappella de mélodies de Gabriel Fauré (1845-1924) sur des textes, par exemple, des poètes Ch.-M.-R. Leconte de Lisle, parnassien (entre romantisme et zymbolisme), Jean de la Ville de Mirmont (victime de la Grande Guerre), Ch. Van Lerberghe (poète belge symboliste).  Le disque tire son titre de Mirages, recueil de R. de Brimont.  Les arrangements s’inspirent des innovations lancées par G. Ligeti pouvant aller jusqu’à une orchestration vocale à 16 parties sans nuire à l’intelligibilité des paroles, la mélodie pouvant circuler d’une voix à l’autre.  Les mélomanes seront curieux d’écouter, par exemple, Les Roses d’Ispahan, Mandoline (Leconte de Lisle) ou encore La mer est infinie extrait de L’horizon chimérique (La Ville de Mirmont).  L’intérêt de la facture mélodique et le traitement polyphonique rehaussent encore la portée des poèmes.  Grâce à Loïc Pierre, l’interprétation de ce chœur de chambre s’impose d’emblée par sa musicalité, le fondu des voix, le paysage vocal et  la transparence - malgré le nombre important de voix -, le texte et la mélodie d’origine sont toujours identifiables.  Un modèle du genre.

 

Naissance d’un Grand Orgue. Orgue Quoirin-Decaris de la Cathédrale d’Évreux.  Triton (« La Meunerie » 214, place de l'Église, 45320 Courtemaux.  info@disques-triton.com). 2CD + 1DVD.  TRI 331154 : 71’55.  TRI 331155 : 77’59.  DVD : 149’.

Parmi les événements organistiques de l’année, figure la « naissance » de l’orgue Quoirin-Decaris à la cathédrale d’Évreux.  L’instrument est présenté en deux disques : « Classiques d’hier » par Odile Jutten et « Classiques de demain » par Pascale Rouet.  Le premier CD, étalé dans le temps, commence avec des œuvres classiques anciennes, allant de H. Scheidemann, J. P. Sweelinck, A. de Cabezon, D. Buxtehude, J. S. Bach à F. Mendelssohn et, pour l’École française, associant encore P. Dandrieu, puis Ch. Tournemire et finalement O. Messiaen.  Ce programme ambitieux démontre l’intérêt de cet orgue qui bénéficie des techniques du XIXe siècle (accouplement manuel par machine Barker) et du XXe siècle (facilité pour tirer les jeux).  Le deuxième disque porte sur la musique au tournant des XXe et XXIe siècles.  P. Rouet réserve un sort royal à des œuvres d’organistes contemporains : avec la Toccata (2000) de François Delor, Incandescence (2002) de Jean-Luc Étienne, la Fantaisie sur « mi do si mi la » (2006) de Jacques Pichard, Night Song II (1983) d’Alain Mabit ou encore la Sonate III (2005/6) : (D’une rive l’autreFalaise) de Jean-Pierre Leguay ; et enfin : Architecture (2007) de Graciane Finzi : belle illustration du répertoire organistique contemporain et de sa restitution par des organistes hors pair.  Ce coffret très élaboré contient le DVD particulièrement révélateur, intitulé : « Architecture des Vents » et portant sur la construction du grand orgue de la cathédrale d’Évreux.

Édith Weber

 

Antonio VIVALDI : Concertos pour violon, cordes & basse continue, RV 234, 273, 253.  Concerto pour deux violons, violoncelle & basse continue, RV 565.  Sonate pour deux violons & basse continue, RV 63. « La follia », Aria «  Sovvente il sole » (de Andromeda liberata).  Daniel Hope, violon, Anne Sofie von Otter, mezzo soprano ; Chamber Orchestra of Europe.  Universal/DG : 477 7463.  TT : 57'45.

Les disques de concertos de Vivaldi cultivent généralement la marotte de l'intégrale et se signalent souvent par une virtuosité presque clinquante.  Tout le contraire dans celui qu'y consacre le violoniste Daniel Hope – dont Menuhin fut le mentor, et lui-même membre, il y a peu encore, de feu le Beaux Art Trio.  De par son programme d'abord, qui confronte pièces concertantes rabachées et moins connues, mais aussi propose une sonate pour deux violons, et même un air tiré de l'opéra récemment découvert Andromeda liberata – enluminé par la voix moelleuse de la grande A S. von Otter dialoguant avec le violon en un sublime adagio. Surtout, par le soin amoureux apporté aux exécutions qui si elles sont sur instruments modernes n'en emportent pas moins cette précision, cette netteté à laquelle nous ont habituées les exécutions sur instruments baroques.  Question de style peut-être, plus que de facture d'instrument.  D Hope fait montre d'une intelligence aiguë du phrasé et de la manière de faire jouer la basse continue - constituée ici d’un lirone, sorte de croisement entre cello, viole de gambe et contrebasse, d'une guitare et d'une harpe baroques.  La délicatesse des passages lents, la belle prestance des mouvements rapides, refusant l'excès motorique, le disputent à l'art d'animer les tempos, proche de l'improvisation.  L'allegro qui ouvre le concerto « L’inquietudine » est d'une étonnante vivacité paré qu'il est de contrastes saisissants.  Le fameux « La tempesta di mare », avec ses télescopages de rythmes illustrant la fureur des éléments naturels, résume sans doute ce que, selon Hope, est la musique instrumentale de Vivaldi « une explosion de mélodie, de drame, de passion, d'expression ».

 

Richard STRAUSS : Vier letzte Lieder ; Verführung, Freundliche Vision, Winterweihe, Zueignung ; extraits de Ariadne auf Naxos ; Die Ägyptische Helena, monologue d'Hèlène.  Renée Fleming, soprano, Orchestre philharmonique de Munich, dir. Christian Thielemann.  Decca : 478 0647.  TT : 56'16.

Chant du cygne de Richard Strauss, les Vier letzte Lieder – sur des poèmes de Eichendorff & Hermann Hesse, créés par Kirsten Flagstad et Wilhelm Fürtwangler en 1950 - constituent un vibrant adieu à la voix de soprano, de la part de celui qui écrivit tant et de si majestueuse façon pour elle.  Proches du grand air de concert, dotés d’une parure orchestrale rien moins que somptueuse, trois d'entre eux sont des méditations sur la mort.  Seule, la première pièce, Printemps, échappe à cette sombre atmosphère.  Pour son second enregistrement du cycle, Renée Fleming, qui bénéficie d’une captation live à Munich, en livre une exécution immaculée, faisant son miel de ces longues tenues modulant legato comme si le son était suspendu, de ces envolées aériennes qui, du grave à l'aigu, du piano au forte, transportent l’auditeur sur les ailes du chant et les cimes de l'émotion.  Les aigus sont clairs et rayonnants, le contrôle du souffle irréprochable malgré certains tempos plutôt retenus.  L'interprétation est finement pensée, sans maniérisme, ce qui est un challenge pour qui n'est pas née avec cet idiome.  Outre quelques autres mélodies puisées dans la vaste production de l’auteur, dont la fameuse Dédicace, cheval de bataille de bien de ses devancières, Fleming propose encore les passages significatifs du rôle d’Ariane de l’opéra Ariadne auf Naxos.  Bien qu’elle ne l’aie pas encore abordé à la scène, le personnage est habité de vrai.  Là encore, son timbre lumineux épouse à merveille ces lignes typiques de la prosodie straussienne où l'agilité, pour passer d'un registre à l'autre, est comme une seconde nature. Il en est de même pour le monologue d'Hélène tiré d’Hèlène d’Égypte, à la facture flamboyante, débordant de lyrime extatique.  Partout, l’éclat, l’agilité de la voix confirment une grande soprano straussienne.  Ch. Thielemann est le partenaire indispensable, un des grands tenants actuels de l’univers straussien dans le droit fil de Böhm et de Karajan.

 

Sofia GUBAIDULINA : Concerto pour violon « In tempus praesens ».  Jean-Sébastien BACH : Concertos pour violon, BWV 1041 et 1042.  Anne-Sophie Mutter, violon.  London Symphony Orchestra, dir. Valery Gergiev (Gubaidulina), Trondheim Soloists (Bach). Universal/DG : 477 7948. TT : 63'48.

La violoniste Anne-Sophie Mutter, dédicataire de pièces de Penderecki, Rihm, Previn, Lutoslawski ou Dutilleux, se voit offrir par la compositrice russe Sofia Gubaidulina un nouveau concerto, « In tempus praesens ».  Créé en février 2007, à Berlin, il enchaîne cinq épisodes d'une grande diversité de climats. Le soliste, constamment présent, domine l’orchestre « qui suit le violon comme son ombre » souligne l’interprète, vagues envahissantes ou apaisées, voire accords forte obstinés, où dominent le grave et le sombre – l’effectif instrumental, de vastes proportions, ne comprend pas de violons.  Il évolue la plupart du temps dans l'extrême aigu, sorte de cheminement vers l’extase.  La tonalité d'ensemble est « d’une extrême densité émotionnelle », sorte de dialogue entre lumière et ombre, et empreinte d’élévation spirituelle.  La pièce exploite les formidables talents de la dédicataire, technique ébouriffante, habileté à varier les couleurs, constante expressivité.  Ses partenaires sont Valery Gergiev et le LSO dont il faut louer l’engagement.  En contrepoint, A.-S.Mutter propose les deux Concertos pour violon de Bach qu’elle joue et dirige brillamment avec un petit ensemble : interprétations typiques de la violoniste, tout sauf baroqueuses, aux contrastes marqués de par des mouvements lents, affectés de ralentis extrêmes.

Olivier MESSIAEN : Quatuor pour la fin du TempsThème et variations pour violon & piano.  Trio Wanderer, Pascal Moraguès, clarinette.  Harmonia Mundi : HMC 901987.  TT : 62'27.

Fruit des cironstances exceptionnelles de sa composition, dans le stalag où Messiaen était prisonnier, « pour les intruments que j’avais sous la main », dira-t-il, le Quatuor pour la fin du Temps est écrit pour une formation insolite : violon, clarinette, violoncelle & piano.  Inspiré de l’Apocalypse de Jean, sa figure emblématique est l’Ange glorieux apparaissant auréolé d’un arc en ciel ; son thème fondateur, la perspective d’un au-delà radieux où le temps n’existe plus.  Car les visions de l’Apocalypse sont tout aussi effrayantes que lumineuses. Composé de huit mouvements durant lesquels les quatre instruments jouent soit ensemble, soit le plus souvent dans des configurations partielles, en duo (piano-violon, piano-violoncelle) voire même en solo, telle la monodie de la clarinette à l’heure de l’« Abîme des oiseaux », le continuum mélodique y est comme improvisé, les combinaisons de timbres fascinantes.  Messiaen se montre déjà « peintre sonore », une des grandes constantes de sa pensée.  Les chants d’oiseaux, cet autre élément caractéristique, irriguent l’œuvre qui, bien souvent, par son univers incantatoire, détache l’auditeur de tout sentiment de prégnance du temps.  Alors que le piano dessine l’espace, la clarinette apporte un coloris extatique et comme un supplément de ferveur.  Messiaen utilise ses procédés rythmiques favoris, temps inégaux, répétitions, rythmes non rétrogradables, et des mélismes empruntant à la culture orientale comme à la musique médiévale ; de même que le mode cyclique, préfigurant une technique à laquelle il aura souvent recours dans ses œuvres orchestrales.  Là où l’on assemble le plus souvent quatre solistes, l’idée est judicieuse d’avoir fait appel à un ensemble.  Le Trio Wanderer auquel se joint le clarinettiste principal de l’Orchestre de Paris en livrent une exécution profonde, toute de passion intérieure, justement retenue, emplie d’harmonies chatoyantes et de rythmes incisifs, scrupuleuse des indications de l’auteur qui en livrait cette analyse : « c'est la lumière, la couleur, la perception d’un monde de beautés à venir ; c’est l’espérance ».  Le disque propose encore Thème et variations pour violon & piano, courte pièce écrite en 1932 pour Claire Delbos, sa première épouse, rare exemple chez Messiaen de musique pure, emplie de sérénité et de spiritualité, annnonciatrice des mouvements lents du quatuor.

 

Franz SCHUBERT : Die schöne Müllerin D.795.  Nathalie Stutzmann, mezzo soprano, Inger Södergren, piano.  Calliope : CAL 9379.  TT : 66'01.

La force du cycle de La Belle Meunière réside dans la rencontre d'un authentique poète, Wilhelm Müller et d'un musicien de génie, Franz Schubert.  À la simplicité des poèmes de forme strophique, dans l’esprit du Volkslied, correspond la simplicité de la composition, au plan des tonalités comme de la ligne musicale.  Ici est réunie la thématique poétique chère au cœur de Schubert : le voyage, l’errance, la fuite du temps, le couple joie-douleur, espérance-désillusion aussi, le recours à la nature bienfaisante.  À l’image de ce ruisseau qui irrigue les vingt mélodies, l’auditeur est immergé dans un climat expressif où, sous une apparence souvent anodine, affleure constamment le drame, comme toujours chez le musicien.  Écrit pour la voix de ténor, l’œuvre a été dédiée à un baryton.  Rares sont les exécutions par une voix de femme.  Le timbre corsé de Nathalie Stutzmann ne messied pas, car il est riche de couleurs automnales.  Achevant là son exploration des trois grands cycles schubertiens, elle en livre une vision intense et subtilement nuancée, de l’éclat au murmure, de la force profonde au subtil clair-obscur.  Le legato reste souple malgré l’ampleur de la voix.  L’usage modéré du vibrato apporte ce supplément de tension que renforcent la chaleur et la rondeur du timbre.  La partie de piano est tour à tour fébrile et distillée sur le ton de la confidence, la scansion allègre ou affirmée.  La proximité de l'instrument, capté de près par la prise de son, conforte l’idée que le piano n’agit point en accompagnateur ; mais qu'il « s’agit bien d’un duo », comme le fait remarquer la chanteuse qui voit là de la vraie musique de chambre.  À l’aune de la symbiose poète-musicien, voilà une interprétation adornée par la complicité et la sincérité, dans l’esprit de l’improvisation.

Jean-Pierre Robert

 

 

POUR LES PLUS JEUNES

Louise WEEKE (Paroles, musique & photos de) : L’Abécédaire de Marius. Illustrations : Anne-Marie Sarrabazolles.  Chant : Marius Sarrabezolles.  Sur : http://www.myspace.com/abcmarius ou graml@free.fr. En vente le 8 décembre.

Les cuivres de Ménilmontant présentent L’Abécédaire de Marius… Véritable histoire de famille puisque les textes, chantés par Marius, sont écrits par la maman et enregistrés par le papa, sans oublier la grand-mère illustratrice du livret ! Très bel outil pédagogique pour se familiariser avec les lettres de l’alphabet… Chaque chanson a sa lettre et celle-ci est notée par une couleur distincte. L’enfant distingue immédiatement la fameuse lettre. L’effet de la musique est quasi-magique, l’enfant retient l’air, chante, répète à tue-tête le refrain, s’amuse du texte et danse ! Cet orchestre nous entraîne dès la première note dans un univers saisissant où parents et enfants partageront un moment délicieux ! Vous découvrirez tour à tour la trompette, le trombone, l’euphonium, l’hélicon, le piano et les percussions ! Parfois salsa, parfois jazz, toujours entraînante, la musique répond, accompagne la douce voix de Marius ! À offrir pour les fêtes sans hésiter !

Laëtitia Girard

 

Geneviève LALOY (Chant, paroles & musiques) : Si la terre…  Victorie Music/Polyson (www.polyson.com) : 301776-5 Distr. : Universal.

Venue pour la première fois en France, la magnifique chanteuse, auteur-compositeur, mais aussi flûtiste & chef de chœur belge Geneviève Laloy est à découvrir, d’urgence ! (www.genevievelaloy.fr).  Débarrassées de tous a priori bêtifiants, ces 14 chansons convient jeunes enfants et leurs parents à un tour du monde d’une merveilleuse diversité.  Thèmes poétiques, musiques et orchestrations (flûtes, sax alto, accordéon, guitares, contrebasse, percussions diverses) sont, en outre, très contemporaines - sans que l’on puisse heureusement les taxer d’« actuelles ».  Une révélation !

 

Jacques HAUROGNÉ chante Henri SALVADOR.  Faut rigoler.  Victorie Music/La Pool : 301775-6.  Distr. : Universal.  TT : 75’.

Bonheur de redécouvrir 16 titres fameux, dans une interprétation, certes moins truculente que celle du grand Salvador, mais toujours émue et d’une infinie délicatesse - exhaussée par un accompagnement composé de seules cordes (Quatuor Bedrich, guitare & contrebasse).  Aussi le titre retenu pour l’album n’est-il pas entièrement justifié…

 

Mino n°2. Sélection de chansons pour enfants.  Victorie Music : 301776-4.  Distr. : Universal.  TT : 34’11. 

Compil’ de 15 gentillettes chansons signées de 6 artistes (Amipagaille, Jean-Yves Lacombe, Zut, Gilles Vigneault, Alain Schneider, Carlo Bondi).  Extraits en écoute sur www.club-tralalere.com

Francis Gérimont

 

DVDs

Stefano LANDI : Il Sant’Alessio.  Philippe Jarrousky, Emmanuel Cencic, Xavier Sabata,

Alain Buet, Didier Guillon.  Les Arts Florissants, dir. William Christie.  2DVDs Virgin Classics : 518999 9 8. TT : 162'.

Rare exemple de drame sacré, Il Sant’Alessio de Stefano Landi, contemporain de Monteverdi, est basé sur l’épisode final de la vie de saint Alexis, ce fils de famille parti du foyer, en Terre sainte, le jour de ses noces, pour y revenir des années plus tard, en mendiant.  Ne voulant par abnégation révéler son identité, il vivra reclus sous un escalier de la maison paternelle et sera le désespoir de sa famille.  William Christie à qui l’on doit la révélation de ce chef-d’œuvre, en souligne le prodige d'écriture et la fraîcheur de la musique comme l'excellence du livret dû au cardinal Rospigliosi, futur pape Clément IX.  Bien que ne comportant que peu d'action, le sujet reste intense, nullement austère, grâce à un mélange de tragique et de burlesque, de dialogues pathétiques et de tableaux d'ensemble animés. Captée lors de représentations qui de Paris à Nancy, de Caen à New York en ont vu le triomphe, l'étonnante production de Benjamin Lazar ne laisse pas de séduire par son souci de réalisme, de luxe décoratif, de faste de la couleur ; reconstitution de ce que fut l'explosion baroque.  La gestuelle rhétorique adoptée, loin d'être précieuse, devient la manière naturelle d’expression du récitatif chanté.  Une habile décoration de bois, calquée sur quelque maquette d'église, avec ses changements à vue, fluidifie une mise en scène respirant le naturel.  La saisie filmique l’enrichit encore par un savant découpage et des plans rapprochés magnifiant des costumes luxuriants aux riches étoffes, comme patinés par la chaude lumière que produit l’éclairage à la bougie.  Et quelle harmonie souveraine émanant de ces visages d’angelots comme tirés d’une statuaire, de ces figures androgynes à la troublante beauté !  La somptuosité visuelle n’a d’égale que la sensualité musicale due au chant des contre-ténors habitant les rôles aussi bien masculins que féminins.  Les interprètes en assurent une exécution mémorable.  Indispensable !

 

Giuseppe VERDI : Stiffelio.  José Carreras, Catherine Malfitano, Gregori Yurisich, Gwyn Howell ; The Orchestra of the Royal Opera House, dir. Edward Downes.  Opus Arte : 0A R3103 D. TT : 122'.

Parangon du niveau d’excellence de la série des opéras de Verdi montés au Royal Opera de Londres dans les années 90, Stiffelio vaut d’être redécouvert.  Composé en même temps que Rigoletto, d’après une pièce française, Le Pasteur ou L’Évangile et le foyer, l’on y voit un pasteur confronté à la liaison de son épouse, lui pardonner lors d'un prêche devant la communauté sur le thème de la parabole de la femme adultère.  Tous les ressorts mélodramatiques de l'opéra verdien sont là.  Adroitement filmée par Brian Large, la production, typique du style semi-figuratif alors prisé à Covent Garden, écrin d'une mise en scène très lisible, se prête bien à l'écran.  Musicalement la fête est au rendez-vous.  Dans ce qui fut son dernier grand rôle, José Carreras propose un personnage tout en demi-teintes, partagé entre jalousie personnelle et devoir spirituel.  Et quel art du legato ! La vibrante incarnation de l'héroïne dévorée de crainte et de remords, par Catherine Malfitano, au sommet de ses moyens, est celle d'une vraie tragédienne.  Edward Downes, auteur d'une nouvelle édition de la partition, fait sourdre le poids épique du drame, son lyrisme aussi.  On n’oubliera pas ces superbes plans de visages torturés, ces rafales d’images majestueuses lors des ensembles concertants si importants dans cet opéra, ces camaïeux de mauve d’un décor suggestif.

Hans Werner HENZE : Boulevard Solitude.  Laura Aikin, Par Lindskog, Tom Fox, Hubert Delamboye.  Orquestra Simfonica del Gran Teatre del Liceu, dir. Zoltan Pesko. EuroArts : 2056358. TT : 102'.

Dans Boulevard Solitude, son premier opéra (1952), Henze transpose la célèbre histoire de Manon Lescaut aux immédiates années d’après guerre.  La source d'inspiration est autant le roman de l’abbé Prévost que des films comme Sunset Boulevard de Wilder ou Manon de Clouzot.  L'action privilégie le chemin de désillusion d’Armand des Grieux plus que le tragique destin de Manon, l’isolement de l’individu au milieu de l’agitation de la ville.  La régie de Nicolaus Lehnhoff, créée au Royal Opera de Londres, captée ici au Liceu de Barcelone, restitue le mouvement irrésistible voulu par Henze qui n’était alors pas insensible à la chorégraphie.  Son originalité est de faire du décor de hall de gare de la première et de la dernière scène une sorte de toile de fond de l'opéra tout entier, qui réapparaîtra lors des interludes musicaux ; univers saisissant aux superbes éclairages dans lequel se meut une foule hétéroclite, pressée ou absorbée, de laquelle se détachent quelques stéréotypes, habilement saisis par la caméra.  Le fatalisme et la désespérance des protagonistes ne le sont pas moins. La distribution est de haut vol, et la direction musicale en phase avec le langage complexe et ambigu de Henze, empruntant aussi bien au dodécaphonisme qu’au système tonal, et même aux rythmes de jazz.

Jean-Pierre Robert

 

 

 


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novembre-décembre 2008
n° 557-558

 

Le supplément Baccalauréat 2009. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques du baccalauréat ».

Le supplément Baccalauréat 2009 réunit les connaissances culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.

Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris.
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Laëtitia Girard