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septembre-octobre 2007
N° 545-546



BACCALAUREAT 2008
Supplément au n° 543-544


Sommaire :

1- Informations générales
2- Varia
3- Manifestations et Concerts
4- L'édition musicale
5- Bibliographie
6- CDs et DVDs
7- La vie de L’éducation musicale


Lettre au ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le Ministre,

On ne peut plaire à tout le monde et à son père, et le dissensus est certes plus fécond qu’une belle unanimité. Faut-il encore que le débat reste courtois, que l’on préfère aux arguments ad hominem les arguments ad ignorantiam – ce qui n’aura pas été, à l’évidence, le propos d’un certain Alain Duault dans sa « Lettre ouverte » à vous adressée, où il met grossièrement en cause l’Inspecteur général de notre discipline pour son choix des œuvres au programme du baccalauréat. Mais voyons les choses au fond.

Que l’on s’en réjouisse ou le déplore, notre culture humaniste s’inscrit désormais dans celle de l’espèce - culture devenue générique grâce aux médias interactifs, à la Toile notamment. Et dès lors qu’en son sein, la musique occupe une place privilégiée, comment son enseignement pourrait-il se réduire au culte exclusif de notre patrimoine occidental – aussi sublime soit-il ?

Il est donc non seulement légitime, mais indispensable d’ouvrir l’École aux buissonnantes singularités du monde d’aujourd’hui. Afin notamment que chaque adolescent puisse constituer son propre « portefeuille de goûts » - se libérant ainsi de la tyrannie mercantile des pseudo cultures populaires, toutes de paillettes, sinon parfois génératrices de haines communautaristes…

Non, le public scolaire n’est plus ce qu’il était. Et nier cette réalité - à l’origine du tragique isolement de bien des enseignants - n’est, en vérité, qu’élitisme schizophrénique. Quant au clergé médiatique, rassurons-nous : ses œillères et oreillettes ne seront jamais que dérisoires murailles de sable face à l’irrésistible montée de l’avenir.

 

Francis B. Cousté


Informations générales

Haut

BOEN n°30, du 30 août 2007, p.1611Brevet de technicien « Métiers de la musique », session 2008.  Programme limitatif à étudier durant l’année 2007-2008 : « Les duos d’amour dans l’opéra, de Monteverdi à Debussy » ; « Le thème de la nature dans la musique du XXe siècle ». 

BOEN n°30, du 30 août 2007, p.1658Nomination d’IA-IPR stagiaires d’Éducation musicale, année 2007M. Yves Rauch (professeur agrégé, académie de Metz-Nancy).  Mme Ghislaine Tessadri (professeur agrégé, académie de Toulouse). 

BOEN n°31, du 6 septembre 2007, p.1737Certificats d’aptitude professionnelle dénommés « métiers d’art » : Accordeur de piano / Assistant technique en instruments de musique : option accordéon ; option guitare ; option instruments à vent / Facteur d’orgues / Lutherie / Ouvrier archetier / Tuyautier en orgues.

 

Le Bulletin officiel de l’Éducation nationale est librement consultable sur :

www.education.gouv.fr/pid285/le-bulletin-officiel.html

 

Musique sur Internet.  Dans une lettre de mission (en date du 1er août 2007), le Président de la République a demandé à Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, de « conduire, dans les plus brefs délais, un plan de sauvetage de l’industrie musicale et, plus largement, de protection et de promotion des industries culturelles couvertes par les droits d’auteur et droits voisins ».  À cet effet, vient d’être confiée à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, une mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques.  Les conclusions de cette mission (en vue d’« un mini-Grenelle de la gratuité » a promis Denis Olivennes) devraient être rendues mi-novembre.

 

Christine Albanel      Denis Olivennes

Christine Albanel                                                              Denis Olivennes 

Un mastère 2 « Musique et musicologie », option Médiation musicale, vient d’être créé à l’initiative de l’université Paris IV-Sorbonne et de l’Orchestre national d’Île-de-France (notre photo).  Il est accessible aux étudiants en 5e année de musicologie et aux professionnels en formation continue.  Renseignements : 01 40 46 26 06 sorbonne.musique@paris-sorbonne.fr ou : 01 41 79 03 43 julie.david@orchestre-ile.com

 

L'orchestre fac

 

Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou.  Au cours de sa saison culturelle, la BPI propose, jusqu’au 20 juin 2008, un cycle de films documentaires sur la musique où seront évoqués « les enjeux sociaux liés au Carnaval ».  À la suite des projections, des musicologues, historiens et sociologues exploreront l’évolution musicale contemporaine du carnaval.  Renseignements : 01 44 78 12 33. www.bpi.fr

 

participante du Carnaval de La Nouvelle-Orléans (source)

Carnaval à La Nouvelle-Orléans

 

L’Association Augure, « Autour de Jean Guillou pour le rayonnement de ses enregistrements & écrits », s’est constituée en juin 2007, dans le but de collecter, restaurer et sauvegarder les enregistrements témoignant de l’art de cet immense artiste - compositeur, improvisateur et interprète.  Le titre « Augure » est emprunté à son opus 61.  Un premier CD est paru en septembre 2007 : « Jean Guillou : Les grandes heures dominicales à Saint-Eustache », AUG : 0701.  Renseignements : www.forumorganomoderno.splinder.com ou Sylviane Falcinelli : 06 63 56 85 80 / sfalcinelli@orange.fr

 

 

À l’Opéra Bastille.  En l’amphithéâtre, « Spectacles tout public » : Je ris de me voir si belle (dès 8 ans), Traversée d’ombres (dès 5 ans), Aventures et Nouvelles Aventures (dès 9 ans), Plis/Sons (dès 3 ans), Dialogues (dès 8 ans), Gomoka/Shantala Shivalingappa (dès 7 ans), Les Trois Jours de la queue du dragon (dès 6 ans) et « Spectacles scolaires » : Découvrir la voix ; Musique de chambre ; Danse/Démonstrations ; Animations à la carte.  En la grande salle, « Spectacles scolaires » : Roméo et Juliette (Berlioz, Sasha Waltz) ; Tosca (Puccini) ; Casse-Noisette (Tchaïkovski, Noureev) ; Wozzeck (Berg) ; Le Barbier de Séville (Rossini) ; ballets de Noureev, Balanchine et Forsythe.  Renseignements : Agnès de Jacquelot - Tél.  01 40 01 19 88. adejacquelot@operadeparis.fr ou www.operadeparis.fr

 

 

La Cisac, « Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs », n’a de cesse d’enrichir son site : www.cisac.org

 

Charles Aznavour. Sommet du droit d’auteur, Bruxelles, mai 2007

« La culture musicale à Hambourg à l’époque de Heinrich Schütz », tel est le thème des Journées Heinrich Schütz qui se dérouleront à Hambourg, du 25 au 28 octobre 2007.  Avec cours d’interprétation (orgue), séminaire de chant choral, colloque, concerts et excursion (découverte de l’orgue Schnitger).  Renseignements : Internationale Heinrich-Schütz-Gesellschaft (tél. : 00 49 (0)561-3105-0. info@schuetzgesellschaft.de).

 

Heinrich Schütz

 

L’Orchestre philharmonique de Radio France développe son programme pour jeunes publics. Outre sa programmation pédagogique de près de 20 concerts, dirigés par Myung-Whun Chung, il lance une série d’« Ateliers de création & pratique musicale » (sept sont proposés dans le cadre scolaire, six en famille). Renseignements : 01 56 40 34 92. cecile.kauffmann@radiofrance.com ou : www.concerts.radiofrance.fr

 

Myung-Whun Chung

Le Concerto pour orchestre de Bartók, œuvre au programme du baccalauréat 2008 (enseignement de spécialité, série L), sera donné en la Salle Pleyel, les jeudi 27 mars (14h30) et samedi 29 mars 2008 (11h), par l’Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Myung-Whun Chung.  Présentation : Jean-François Zygel (notre photo).  Renseignements : 01 56 40 34 92. cecile.kauffmann@radiofrance.com ou : www.concerts.radiofrance.fr

 

 

Bernard Miyet, président du directoire de la Sacem, est intervenu à Paris, au Centre Pompidou, le 4 septembre 2007, dans le cadre du colloque « Musique et diversité ».  Soulignant l’importance de la diversité culturelle dans la production musicale française, il a réaffirmé l’engagement de la Sacem en ce domaine.  Renseignements : www.sacem.fr

 

 

Un « must » !  Canal Académie, première radio académique francophone sur Internet : http://www.canalacademie.com/+-musique-+.html

 

 

Bucharest International Jazz Competition (for bands & vocalists) se déroulera, à Bucarest, du 7 au 13 mai 2008.  Les participants devront être nés après le 1er mai 1976.  Date limite d’inscription : 10 février 2008.  Renseignements : Jeunesses Musicales Romania, tél. : +40 722 383 542. www.jmEvents.ro

 

 

Verbier Festival. Un site remarquable présente - en libre accès - de nombreux films musicaux tournés lors de ce prestigieux festival : www.medici-arts.tv

 

Verbier Fest’Off

Eh bien, chantez maintenant ! Selon une enquête de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans la profession de l’enseignement, un tiers des hommes et la moitié des femmes déclarent avoir toujours ou souvent des troubles de la voix.  « Quelqu’un qui ne se sent pas entendu se crispe, se projette en avant, force le ton.  Cette voix, dite « de détresse », est entendue par l’élève qui sait, au moins intuitivement, que son enseignant se sent en échec » (Antoine Giovanni, directeur du laboratoire d’audiophonologie clinique à Marseille).  Renseignements : http://ist.inserm.fr/basisrapports/voix.html

 

La Péniche Opéra, Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical, propose, pour sa 25e saison : « Les lundis de la contemporaine », « Les mardis baroques », « Les jeudis de la chambre lyrique », « Les p’tits déj’ du dimanche matin » et « Les coups de cœur ».  Non sans proposer diverses activités pédagogiques, en direction aussi bien du milieu scolaire que des adultes (universitaires, amateurs mélomanes, curieux, cinéphiles…).  Renseignements : 46, quai de la Loire, Paris XIXe. Tél. : 01 53 35 07 76. www.penicheopera.com

La Péniche Opéra, saison 2007-2008

Péniche Opéra 

Stage Transatlantico.  À Lyon, du 30 octobre au 3 novembre 2007, sont proposés 3 ateliers autour de l’évolution des musiques du Brésil : Improvisation & interprétation jazz soliste (Laurence Saltiel), Technique vocale, improvisation & interprétation (Éric Tremolières), Travail d’ensemble (Eduardo Lopes).  Renseignements : 04 78 25 87 09.  http://laurence.saltiel.free.fr ou http://edalo.free.fr

Laurence Saltiel

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Varia

Le Centre musical Fleury-Goutte-d’Or/Barbara (4, rue Fleury, Paris XVIIIe) devrait ouvrir ses portes aux mélomanes, début janvier 2008.  Dédié aux « musiques actuelles », cet espace de quelque 1500 m², sur 5 niveaux (ouvert 7 jours sur 7, de 10h à 24h) proposera studios d’enregistrement, salles de répétition & de pratique.  Renseignements : http://paris.18.evous.fr/Centre-musical-Fleury-Goutte-d-Or,945.html

 

 

« Le Rive Gauche », Centre culturel de Saint-Étienne-du-Rouvray, propose : Lisboarium, avec Mísia, icône du fado (2 octobre), Kocani Orkestar, Gypsy brass band (5 octobre), Max Black, pièce de théâtre musical, de Heiner Goebbels (12 et 13 octobre), Toto le Mômo, spectacle d’après Antonin Artaud, par David Ayala (16 octobre), Si vous voulez bien me suivre, chorégraphie de Sylvain Groud, avec « Danse au lycée » (25 et 26 octobre).  Renseignements : 02 32 91 94 90. www.lerivegauche76.fr

 

Mísia

 

Cécile Wajsbrot : « Parler de musique est absurde, disait le maître.  La musique est faite pour être écoutée et non décrite, elle utilise d’autres modes que les mots et le problème est qu’il faut passer par les mots pour la définir.  Il y a forcément une déperdition, un malentendu, une impossibilité absolue. » (Conversations avec le maître, Denoël)

 

L'UNIVERS WAJSBROT

Cécile Wajsbrot

 

« Visions wagnériennes » à la Cité de la musique : Samedi 3 novembre 2007, Ciné-concerts avec l’Orchestre de la Radio flamande, dir. Frank Strobel.  Films de Fritz Lang, musiques de Gottfried Huppertz : Die Nibelungen – La mort de Siegfried (142’, à 15h30), Die Nibelungen – La vengeance de Kriemhild (144’, à 20h).  Sans préjudice de l’exposition « Richard Wagner, visions d’artistes » (du 25 octobre 2007 au 20 janvier 2008).  Renseignements : 01 44 84 44 84. www.cite-musique.fr

 

Koloman Moser : Wotan, le Voyageur, 1918

 

Marc-Olivier Dupin, directeur général de l’Orchestre national d’Île-de-France : « […] D’autres initiatives sont encore plus discutables, par exemple lorsque des facteurs d’instruments tentent des percées commerciales sous quelque alibi pédagogique.  On connaît des fabricants qui mettent à disposition de classes d’école ou de collège entières, des instruments gratuitement, dans un premier temps.  On ne connaît hélas que trop de démarches de cette nature, l’Éducation nationale et les parents d’élèves de conservatoires représentent certes un marché considérable et convoité » (Écoutez, c’est très simple. Pour une autre éducation musicale, éditions Tsipka Dripka).

 

Orchestre national d’Île-de-France

 

L’Action préalable, « mystère » d’Alexandre Scriabine, sera donné Salle Pleyel, le 9 novembre 2007, à 20h.  Orchestre, orgue, chœur & clavier à lumière, dir. Michel Tabachnik (notre photo).  Il s’agit là d’une œuvre inachevée - « rituel cosmique destiné à mettre l’homme au diapason de l’univers ».  Renseignements : 252, fg Saint-Honoré, Paris VIIIe.  Tél. : 01 42 56 13 13.  www.sallepleyel.fr

 

 

Qui aura téléchargé de la musique, en 2006 ?  En France : 32% des internautes (source : ministère de la Culture).  Aux États-Unis : seulement 27% (source : PEW Internet & American Life Project).

 

Maya Bogdanovic, jeune violoncelliste franco-serbe, vient de remporter à Pyeongchang (Corée du Sud), le « Prix Aldo Parisot » ($ US 30 000).  Renseignements : www.majabogdanovic.com

 

 

Les belles phrases… « Ne pas embrasser tout ce qu’il est possible de savoir, mais bien apprendre ce qu’il n’est pas permis d’ignorer. » (Jules Ferry)

 

Jules Ferry

 

« Rencontre entre la voix amplifiée et la voix acoustique ». Organisée par l’Association française des professeurs de chant (AFPC), cette manifestation se déroulera, du vendredi 2 au dimanche 4 novembre 2007, en l’Auditorium Saint-Germain-des Prés (4, rue Félibien, Paris VIe).  Entrée libreRenseignements : 06 08 99 15 61. http://zeddap.club.fr/afpc/index.html

 

La voix humaine

 

Carlos Gardel. Vient de paraître Don Carlos, collection complète de l’œuvre enregistrée : 867 MP3, photos, vidéos, 400 lettres, biographie.  Renseignements : www.todotango.com

 

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Manifestations et Concerts

Haut

Récitals de piano au Musée d’Orsay.  Philippe Cavagnat joue Liszt et Ravel (2 octobre, 12h30).  François-Frédéric Guy joue Hugues Dufourt (3 octobre, 20h).  Emmanuelle Swiercz joue Schumann et Ravel (16 octobre, 12h30).  Nicolas Stavy joue Schubert et Liszt.  Renseignements : Musée d’Orsay – 62, rue de Lille, Paris VIIe. www.musee-orsay.fr

 

 

Ethnomusicologie : Festival « Les Nuits du Maroc », au Musée d’ethnographie de Genève, du 4 au 13 octobre 2007.  Renseignements : MEG – bd Carl-Vogt 65, 1205 Genève. www.adem.ch ou www.ville-ge.ch/meg

 

Lila des Aïssawa de Fès

 

 

 

Ensemble Intercontemporain : Cassandre, monodrame de Michael Jarrell (5 et 6 octobre, Strasbourg / 14 octobre, Mulhouse).  « Musique des Lumières, le triomphe de la raison », œuvres de Bruno Mantovani (notre photo), York Höller, Marco-Antonio Pérez-Ramirez & George Benjamin (12 octobre, Paris, Cité de la musique / 13 octobre, Strasbourg).  « L’Automate et la grâce », œuvres de Franco Donatoni, Salvatore Sciarrino & Jérôme Combier (26 octobre, Paris, Centre Pompidou).  Renseignements : 01 44 84 44 53. www.ensembleinter.com

 

 

Musique au Val-de-Grâce.  Concert inaugural de la XVe saison d’orgue, le dimanche 7 octobre 2007, à 17h30.  Caroline Lupovici, piano ; Hervé Désarbre, orgue.  Œuvres de Clément Loret, Émile Bernard, Serge Rachmaninov, Dimitri Chostakovitch, Béla Bartók, Julien Bret & Georges Bizet.  Entrée libreRenseignements : Église du Val-de-Grâce – 1, place Alphonse-Laveran, Paris Ve. http://www.desarbre.com/pages/page33.html

 

Jean Thorel et Hervé Désarbre, en répétition à Gdansk, Pologne 

À la Sorbonne, en l’amphithéâtre Richelieu, sera donné, le jeudi 11 octobre à 20h, un concert par le Trio Cappa, au profit de l’Adesdida.  Renseignements : 01 42 62 71 71.  www.adesdida.fr

 

 

Deux créations d’Aubert Lemeland.  Élégies chinoises, pour ensemble instrumental, chœur mixte et piano, dir. Stéphane Cardon, le 12 octobre à Grenoble.  Lieutenant Karl, cantate de guerre en 3 actes, livret de Jules Roy et Aubert Lemeland.  Solistes, Chœur de l’Armée française, Orchestre de la Garde républicaine, dir. Sébastien Billard, le 25 octobre à Paris, église Saint-Louis des Invalides.  Renseignements : 01 40 28 91 26.

 

Musicien de l'orchestre de la Garde Républicaine

Musicien de la Garde républicaine

 

L’Association Femmes et Musique organise, le 18 octobre 2007, à 20h précises, en la salle Rossini (6, rue Drouot, Paris IXe), un concert d’œuvres de Fanny Mendelssohn, Éliane Lejeune-Bonnier et Édith Lejet (notre photo).  Avec Dorothée Lorthiois (mezzo-soprano), Peï Ju Dourdain (flûte), Lorenzo Cipriani, Véronique Roux et Delphine Bardin (piano).  Renseignements : AFM – 100, avenue de Villiers, Paris XVIIe. Tél. : 01 47 63 48 80.

 

 

L’Orchestre national de France s’engage - pour la 4e année consécutive - aux côtés de l’association « Musique et Santé », le samedi 13 octobre 2007, à 20h, en la salle Olivier-Messiaen de la Maison de Radio France : Carte blanche au musicien martiniquais Dédé Saint-Prix.  Renseignements : 9, passage Saint-Bernard, Paris XIe.  Tél. : 01 55 28 81 00. www.musique-sante.org

 

 

Ensemble orchestral contemporain (EOC) : « Asie plastique et musicale », œuvres de Yuri Kasparov (Russie), Jeong Hun Choi (Corée du Sud) & Mei-Fang Lin (Chine), le 16 octobre 2007, au Musée d’Art moderne de Saint-Étienne (Loire).  Renseignements : 04 72 10 90 46. www.eoc.fr

 

Youri Kasparov 

La Muse en circuit, Centre de création musicale, propose : Silences (spectacle inspiré de chants afghans) de Valérie Joly & Philippe Dormoy, à Paris (Théâtre du Lierre, 10-21 octobre) et à Colmar (Théâtre municipal, 24-25 octobre), ainsi que : Vous en rêvez, Youri l’a fait (chronique épique du premier homme cosmique) de Judith Depaule, à Vitry-sur-Seine (Théâtre Jean Vilar, 20-22 octobre) et à Ivry-sur-Seine (Théâtre Antoine Vitez, 23 octobre).  Renseignements : www.alamuse.com

 

 

« Shakespeare en musique » : Avec Amel Brahim-Djelloul (soprano), Sébastien Guèze (ténor) et l’Orchestre national d’Île-de-France, dir. Yoel Levi.  Œuvres de Mendelssohn, Bellini, Verdi, Berlioz, Gounod et Tchaïkovski.  À Pantin (Salle Jacques Brel, 14 octobre, 16h), Paris (Salle Pleyel, 16 octobre, 20h), Les Ulis (Centre culturel Boris Vian, 19 octobre, 20h30), Maisons-Alfort (Théâtre Claude Debussy, 21 octobre, 16h).  Renseignements : 01 43 68 76 00. www.orchestre-ile.com

 

Shakespeare en musique                                                         

La 29e édition de Rhinojazz, Vive les Jazz(s), se déroulera, du 2 au 27 octobre 2007, sur 31 communes entre Loire et Rhône (Rive-de-Gier, Saint-Étienne, Grand Lyon…) : 89 concerts, plus de 260 artistes, 13 nationalités.  Renseignements : http://www.rhinojazz.com

 

Manu Dibango 

Les 12es Journées Ravel de Montfort-l’Amaury, « Enfance, sortilèges », se dérouleront les 6/7 & 13/14 octobre 2007.  Causeries musicales, concerts-lectures, concerts, représentations…  Renseignements : 01 34 86 96 10. www.lesjourneesravel.com

 

Salle Pleyel, du 4 au 8 novembre 2007, le Los Angeles Philharmonic, dir. Esa-Pekka Salonen (notre photo), interprètera l’intégrale des symphonies de Jean Sibelius.  Renseignements : 252, fg Saint-Honoré, Paris VIIIe.  Tél. : 01 42 56 13 13.  www.sallepleyel.fr

 

  

 

Le CRÉA, « Centre d’éveil artistique », propose, du 3 au 7 octobre 2007, sous le haut marrainage de Natalie Dessay : Cinq jours autour de la création vocale pour enfantsRenseignements : Espace Jacques-Prévert (85, rue Anatole-France, 93600 Aulnay-sous-Bois). Tél. : 01 48 66 87 53. www.lecrea20ans.fr

 

le Crea a vingt ans

  

« L’Automate et la grâce » : Le 26 octobre 2007, à 20h30, en la Grande salle du Centre Pompidou, création mondiale de Stèles d’air de Jérôme Combier (commande de l’Ircam).  Avec aussi des œuvres de Franco Donatoni : Flag, Le ruisseau sur l’escalier, Hot, et de Salvatore Sciarrino : Introduzione all’oscuro.  Ensemble Intercontemporain, dir. Susanna Mälkki.  Renseignements : 01 44 78 48 43 www.ircam.fr ou : 01 44 84 44 53. www.ensembleinter.com

 

Jérôme Combier

Jérôme Combier 

Le Sunset, célèbre club de jazz (sis 60, rue des Lombards, Paris Ier), fêtera ses 25 ans, le 31 octobre 2007, au Théâtre du Châtelet.  Soirée animée par Dee Dee Bridgewater.  Avec la participation de Sixun, Didier Lockwood, Jean-Jacques Milteau, Giovanni Mirabassi, Julien Lourau et des frères Belmondo.  Renseignements : 01 40 26 46 60.  www.sunset-sunside.com ou www.chatelet-theatre.com

 

 

Francis Cousté


L'édition musicale

Haut

IMPROVISATION

Anto PETT, Étienne ROLIN : Le Système pédagogique d’Anto Pett.  1 vol. 1 CD.  Fuzeau Classique : 50503.

Comment ne pas créer une catégorie spécifique pour ce petit mais substantiel ouvrage ?  Car s’il a été d’abord rédigé pour les pianistes, il est transposable sans difficulté à tous les instruments et dépasse de loin le cadre de la « formation musicale » - même s’il serait souhaitable que tout cours de formation musicale comportât de l’improvisation…  Anto Pett est un improvisateur et professeur d’harmonie estonien.  C’est lors d’un séjour en France qu’il a rencontré Étienne Rollin, et c’est de leurs entretiens qu’est né cet exposé très pratique du système pédagogique d’Anto Pett.  Rien de théorique ou de pédant, ici, mais une approche à la fois profonde, riche et éminemment pratique de l’acte d’improvisation pris sous toutes ses formes.  Pour bien saisir l’esprit de ce que propose l’auteur, je citerai seulement ces quelques lignes de la préface d’Étienne Rollin : « La tradition et la connaissance des maîtres du passé conduisent à une attitude humble face à la tâche de « faire surgir » de la musique de manière spontanée. » Cette attitude humble est celle de l’auteur, mais à travers des chemins qui mettent en jeu toutes les profondeurs de l’être.

 

 

Valérie GUÉRIN-DESCOUTURELLE, Annick CHARTREUX : Voyages improvisés. 22 parcours à explorer par 1, 2, 3 pianos et plus, ou par des ensembles instrumentaux variés.  Van de Velde : VV268.

Voici, de la part de deux praticiennes aguerries, une méthode d’improvisation pratique qui rassurera ceux qui ne se sentent pas encore assez sûrs pour se lancer sans un guide qui les accompagne pas à pas. Grâce à ces Voyages improvisés, professeurs et élèves pourront se livrer au joies de l’improvisation.

 

FORMATION MUSICALE

Dominique ANDRÉ, Yves AUDARD, Jean-Pierre BLAISE, avec la collaboration de David KAESER : Muzziko 3 (Musicollège). Van de Velde.  Volume seul : VV 278.  Avec CD : VV 279.

On connaît assez le savoir-faire des auteurs pour ne pas recommander chaudement cette nouvelle mouture des célèbres Musicollèges.  On y trouve rassemblés tous les éléments nécessaires au cours de musique, ainsi que de nombreuses références alternatives pour nourrir le cours. Le CD, indispensable, est de grande qualité et regroupe l’ensemble des musiques proposées dans le livret.

 

Joy KANE : Mon corps sait chanter (Move that song along !).  « La musique, c’est toi ». 1 vol. 1 CD.  Henry Lemoine : 28 343 H.L.

Voici un livre original, entièrement bilingue y compris le CD. Il s’adresse à tous les enfants, et vise à développer la « mémoire kinesthésique » ou mémoire des muscles.  Les textes des chansons proposent des « paroles analytiques et/ou descriptives autour de ce que l’enfant vit corporellement ». Le CD contient à la fois les chansons en anglais et en français ainsi que le play-back.  Il s’agit d’une réalisation tout à fait originale, qui mérite d’être expérimentée.

 

Siegfred DRUMM, Jean-François ALEXANDRE : Symphonie FM. « La formation musicale par l’orchestre ». Vol. 1 : Livre du professeur. Cahiers instrumentaux.  Combre : C06535.

Il ne s’agit certes pas de supprimer le cours de Formation musicale mais de le concevoir autrement. L’expérience mérite d’être tentée.  Cette méthode est destinée aux instrumentistes ayant déjà une année d’expérience instrumentale. En tenant compte des caractéristiques des différentes familles d’instrument, il s’agit d’amener les élèves à une connaissance solfégique qui parte de la pratique instrumentale en ensemble.  Le projet peut paraître ambitieux, mais l’ensemble des outils proposés devrait permettre une formation complète, tant sur le plan de la lecture que de la formation auditive, vocale ou rythmique, car aucun de ces éléments n’est négligé, bien au contraire.  On ne peut qu’inviter les professeurs de Formation musicale à tenter l’expérience : même si cela bouscule les programmes, le bénéfice musical et le plaisir des élèves seront au rendez-vous.

 

Marcel BITSCH : Jean-Sébastien Bach : Le Clavier bien tempéré, deuxième livre BWV 870 à 893. Analyse en deux fascicules.  « Ricercare ». Combre : C06496 / C06497.

Cet ouvrage purement scolaire est destiné à servir de support à un enseignement oral.  Quant aux exemples musicaux, ils sont là pour permettre à l’étudiant de poursuivre les recherches. L’analyse de chaque prélude et fugue est donnée sur deux pages en regard.  On voit ainsi les limites mais aussi la richesse de ces deux fascicules.

 

Régis HAS : Le monde des instruments, des origines à nos jours. Pochette contenant un livre, trois CDs + le livret de l’élève.  Fuzeau : 7698 / 8873.

On a envie d’ajouter : vaste programme ! Eh bien, ce programme est remarquablement réalisé, aussi bien dans le temps que dans l’espace. Des premières flûtes d’os évidés aux synthétiseurs, de la musique européenne à la musique japonaise ou chinoise, tout s’y trouve.  On n’insistera pas sur l’intérêt des CDs qui présentent les instruments - non seulement pour eux-mêmes mais en situation -, ainsi que les grandes formations instrumentales.  Sous la rubrique « Grands répertoires », se trouve une description succincte mais précise des œuvres où chaque instrument est utilisé et, bien sûr, la photographie de chacun d’eux. Le livret de l’élève contient essentiellement les photographies des instruments décrits, ainsi qu’un emplacement destiné à noter ce qu’ils auront retenu ou les indications du professeur.

 

PIANO

Roger COHEN : Cinémaginaire, 7 pièces originales pour piano. 1 vol., 1 CD. « Piano création », vol. 1.  Hit Diffusion.

Roger Cohen, professeur au CNR de Saint-Maur et à l’ENM de Val Maubuée, dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, ressent très fortement la fracture qui se creuse chaque année entre la musique qu’écoutent ses élèves et celle qu’il leur propose.  C’est ainsi qu’après avoir écrit, en 2000, Souvenirs imaginaires, Roger Cohen nous propose aujourd’hui ce volume.  Aussi variées que remarquablement écrites, ces pièces trouveront certainement des résonances dans le vécu quotidien musical de nos élèves. Ajoutons que le CD leur permettra d’ajouter ces pièces à leur MP3thèque…

 

Roger COHEN : Histoires drôles, drôles d’histoires, 14 pièces originales pour piano. 1 vol., 1 CD. « Piano création », vol. 2.  Hit Diffusion.

Ce volume 2 est évidemment la suite du précédent, et il est aussi réussi, bien que dans un style différent.  On appréciera en particulier La Panne sèche, pièce d’un humour décapant.  Mais par quel mystère ces 14 pièces se trouvent-elles être quinze ? Personne ne se plaindra de ce « bonus », et certainement pas nos jeunes pianistes.

 

Aline SANS : Courts-métrages. 12 pièces originales pour piano. 1 vol., 1 CD. « Piano création », vol. 3.  Hit Diffusion.

Aline Sans est l’auteur de ce troisième volume. On connait par ailleurs ses qualités de compositrice.  C’est dans le même esprit que Roger Cohen, mais avec son génie propre, qu’elle a écrit ce troisième volume.  Je me demandais à quoi me faisait penser la dernière pièce du recueil, et j’y ai trouvé de lointains échos d’une certaine Esmeralda… Nul doute que ce recueil séduira également nos élèves. C’est Aline Sans qui a enregistré elle-même ses œuvres, avec le talent qui la caractérise.  Envoûtant !

 

HANON : Le pianiste virtuose. 60 exercices. Henry Lemoine : 28 600 H.L.

Hanon est de retour dans une édition moderne, avec la reliure spirale si pratique pour des livres de ce genre.  Pianistes et professeurs apprécieront ce toilettage d’un recueil, pour certains incontournable.

 

Roger BOUTRY : Rondoletto pour piano. Élémentaire. Pierre Lafitan : PL 1567.

Une pièce courte, pleine de vivacité et de charme, dans un do majeur qui ménage nombre de surprises.

 

Bruno LESCARRET : Valse du kangourou pour piano. Élémentaire. Pierre Lafitan : PL 1724.

Une charmante pièce qui fera bondir les mains du pianiste à l’image de l’animal évoqué.  Le style évoque à la fois la valse de salon 1900 et le côté un peu bastringue des années folles.  Il s’agit d’une pièce pleine d’humour, de grâce et de fluidité.

 

Jean LANGLAIS : Suite armoricaine pour piano. Combre : C0 6545.

On fêtait cette année le centenaire de la naissance de Jean Langlais.  On pourrait regretter que ce ne fût pas avec plus d’éclat. Parue en 1948 aux Éditions du Clavier, cette suite comporte cinq petits tableaux évocateurs de sa Bretagne natale.  Marins morts sans sépulture, mouettes, coquillages, tout s’y trouve. Mais ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas de musique descriptive mais d’évocations délicates et de grande beauté.  Souhaitons que cette courte suite soit jouée aussi souvent qu’elle le mérite.

 

Daniel Blackstone

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Bibliographie

Arnold SCHOENBERG, Thomas MANN : À propos du Docteur Faustus. Lettres 1930-1951.  Préface de E. Randol Schoenberg, postface de Bernhold Schmid.  Trad. (anglais & allemand) par H. Hildenbrand.  La Bibliothèque des Arts (Lausanne). Bibliographie. 156 p.

Où Schoenberg, très soucieux de sa postérité, dérape au moment de la publication du Dr Faustus, roman dans lequel le héros « invente » la technique dodécaphonique.  Cette dispute entre voisins californiens, utilement mise en perspectives par B. Schmid, fit beaucoup de bruit (1948-49).  Dans le rôle du « méchant » agissant dans l'ombre, un certain Adorno !

 

A Propos Du Docteur Faustus

 

 

Collectif : Rock altermondialiste. Scali, éditeur (www.scali.net). Bibliographies & discographies commentées, sites web. 528 p., 26 €.

Dans le cadre d'une « histoire de la musique du XXe siècle » (mais que de la popular music) Scali réédite en un volume, avec de légères mises à jour, cinq « Librio » (J'ai Lu, 2 €) pourtant pas si anciens sur Manu Chao, Bob Marley, Noir Désir, Sting et U2, soit des groupes ou artistes s'étant engagés pour l'humanitaire et/ou le politique.  De ces biographies convaincues, celle sur Marley apporte un peu plus d'épaisseur.

 

Pierre MIKAÏLOFF : Dictionnaire raisonné du punk. Scali.  304 p., illustr. n&b, index, bibliographie, sites web.  24 €.

Olivier CACHIN : Le dictionnaire du rap. Scali.  320 p., dessins n&b, index, bibliographie.  24 €.

Chez le même éditeur, très actif sur les musiques populaires, deux dicos qui vont vite s'imposer comme des ouvrages de référence.  Rédigés par de notoires experts dans une langue épousant les styles commentés, humour corrosif pour le punk, épopée existentielle pour le rap, on y trouve l'essentiel sur les artistes et leurs créations et, pour le punk, les lieux, fringues, drogues... Au-delà de leurs évidentes différences, les deux musiques expriment une même urgence violente, en forme de retour aux sources.  Du rock n' roll pour le punk, éruption brève et salutaire (1976-1978) contre les prétentions virtuoses des hippies pop.  Des ghettos noirs pour le toujours actuel rap, samplant RnB ou funk, pour mieux rimer misères et rêves d'aujourd'hui.  Les deux livres accordent par ailleurs une large place à la scène française, ce qui les rend d'autant plus indispensables.  Yo !

 

Jean-Pierre JACKSON : Miles Davis. « Classica », Actes Sud.  192 p., discographie commentée, bibliographie, filmographie, index.  15 €.

Impeccable biographie d'introduction à l'univers multiple du trompettiste génial (1926-1991), créateur qui « choisit de renaître plusieurs fois » et pour lequel l'auteur fait preuve d'une ferveur communicative, préférant les grandes réalisations jazz (d’avant 1968) à la période du binaire électrique où Miles devint rock star.

 

  

Nicolas DARBON : Musica Multiplex.  Dialogique du simple et du complexe en musique contemporaine.  Avant-propos d'Edgar Morin.  « Sémiotique et philosophie de la musique », L'Harmattan.  346 p., ex. mus., glossaire, bibliographie, sitographie.  30 €.

Ni fusion, ni dialectique, la dialogique « maintient en vie des principes contradictoires ».  Ce principe de la complexité développé par E. Morin, en phase avec la pensée scientifique du chaos ou la condition plurielle postmoderne, s'illustre ici d'un déchiffrage de la musique contemporaine et de ses débats à l'aide des notions du simple et du complexe.  Disons-le d'emblée : une telle lecture, originale et arrimée à d'importantes théories, suscite un intérêt extrêmement vif.  Et les possibles objections à l'éclairage inédit de certaines musiques viendront encore (dialogiquement ?) le renforcer.

L'ouvrage débute par un survol historique risqué qui, remontant au grégorien, réévalue styles et écritures au regard de l'opposition simplicité (=classique) vs complexité (=baroque).  L'histoire de la musique est-elle alternance cyclique des deux pôles, « pyramide de la complexité » (progrès), ou les deux sous forme de spirale ?  Trois chapitres construisent le corps de l'essai. On y croise, entre Ferneyhough l'hypercomplexe et Pärt le naïf, de nombreuses oeuvres, certaines encore peu commentées (Cohen, Bancquart, etc.).  « Sémiotiques » cerne les significations du simple et du complexe : large panorama sémantique, jusqu'aux nombres complexes ou aux simples médicinales, et sémiologie musicale avec les différents niveaux de la partition, de la perception et de l'interprétation.  « Poétiques » explore les moyens musicaux de la simplicité introspective (de l'unicité du son (spectralisme...) au silence) et de la complexité extrospective (polyphonie, formalisme, hermétisme, etc.).  Sous le signe du « Dieu est simple » de Messiaen, « Mystiques » rend compte de certaines « tentatives musicales en direction du mystère sacré ».  Un « finale » opère d'utiles synthèses, sauvegarde les paradoxes et conclut du caractère à la fois unitaire et multiple de la musique, en cela phénomène vivant.

Certes complexe, ce livre reste clair et un très précieux glossaire aidera chacun à pénétrer cette « œuvre maîtresse » (E. Morin).

 

 

 

 

Revue Filigrane : Musique, esthétique, sciences, société.

L'éducation musicale a reçu les 4 premiers numéros de la revue Filigrane (www.revue-filigrane.org), bisannuel publié depuis 2005 par Delatour (www.editions-delatour.com).  Le projet éditorial est présenté dans le n°1, Musicologies ?, par les quatre fondateurs : J. Caullier, J.-M. Chouvel, J.-P. Olive, M. Solomos.  Filigrane entend se consacrer « à la connaissance de l'homme et du monde, telle que l'art et la pensée d'aujourd'hui peuvent nous l'enseigner ».  Si la musique reste centrale, les autres arts et les sciences humaines sont largement sollicités et la revue affirme la dimension humaniste de ses analyses, souhaitant contribuer au « réveil des consciences » et des sensibilités, « amollies par l'hyperconsommation ».  C'est pourquoi, loin du « monde de l'apparence », d'importants artistes viennent y proposer leurs réflexions.  Le n°2, Traces d'invisible, souligne comment l'art contemporain déploie « la vie silencieuse et invisible de la pensée, du sensible et de l'intériorité ».  Le n°3, La société dans l'écriture musicale, défend l'idée que, malgré sa logique propre, rien dans l'écriture musicale ne s'est constitué « sans avoir été un jour l'expression d'une situation sociale ».  Le n°4, Nouvelles sensibilités, laisse la parole à des compositeurs plutôt jeunes qui, ne se résignant pas à la régression archaïque, cultivent « l'amour tranquille de l'inconnu » sans nécessairement passer par des formalismes abscons (CD joint d'œuvres des auteurs, TT : 78'54).  Longue vie à Filigrane !

 

Paul Gontcharoff

 

Remarquables éditions Gründ (60, rue Mazarine, Paris VIe. www.grund.fr) qui publient, dans la collection « Le spécialiste » - signées des meilleurs auteurs internationaux - de superbes monographies, aux reliures souples, admirablement illustrées en couleurs.

 

John BURROWS et alii : La Musique classique.  Introduction par Lady Solti.  512 p., 21,95 €.  Les éléments, les instruments, le concert, l’histoire…

Alan RIDING & Leslie DUNTON-DOWNER : L’opéra. 432 p., 24,95 €. Livrets et librettistes, mises en scène, salles et festivals, idoles de l’opéra, de Monteverdi à Mozart, les écoles nationales, l’opéra contemporain…

Ronald BERGAN : Le cinéma. 512 p., 95 €.  Histoire du cinéma, les techniques de réalisation, les genres, les écoles nationales, les réalisateurs (de A à Z), les 100 meilleurs films…

 

    

 

 

 

Marc-Olivier DUPIN : Écoutez, c’est très simple… Pour une autre éducation musicale.  Préface de Jack Lang.  Tsipka Dripka, éditeur (29, rue Bouchardon, Paris Xe. www.tsipkadripka.eu).  12 x 20 cm, 158 p., 18 €.

Décapant et lumineux !  Voilà une lecture dont ne devra se dispenser nul enseignant de musique - qu’il soit libre ou « sous tutelle ».  Non plus, bien sûr, que nos bons responsables politiques ou pédagogiques…  Comment dire en effet, en peu de mots, l’enthousiasme suscité par un ouvrage d’une telle pertinente acuité ?  Principaux chapitres : La République des sourds (splendeurs et misères de l’éducation musicale) / Les débuts en chanson (tout passe par la voix) / Les meilleurs moyens de dégoûter les adolescents de la musique… (à bas cacophonies instrumentales, musicologie & analyse desséchées !) …et quelques autres pour les y intéresser (bienfaits de la pédagogie de projet ; du bon usage des technologies…) / Le labyrinthe des conservatoires & écoles de musique (lieux d’apprentissage ou de loisir ; conservatoires et musique à l’école…) / Devenir musicien professionnel (Éducation nationale et Culture ; la tchatche au détriment du savoir ; plaidoyer pour l’ethnomusicologie ; l’Ircam ; la formation continue…) / Les bonheurs de Monsieur Ingres (la pratique amateur) / Pour un grand courant d’air dans les institutions (pour une pédagogie « à tous les étages »).  Utiles annexes : « La musique dans l’enseignement général, repères ».  « Les dispositions de la déclaration de Bologne ».  À impérativement lire, relire, méditer !

 

Le 15 mars, sortie du livre de Marc-Olivier Dupin <I>Ecoutez ! C’est très simple...</I><br> <br>Pour plus d'informations ou l'acheter en ligne, cliquez sur la couverture du livre.

 

 

 

Jean-Jacques NATTIEZ (Sous la direction de) : L’unité de la musique - 5e volume de « Musiques, une encyclopédie pour le XXIe siècle ».  Éditions Actes Sud/Cité de la musique.  Relié, 14 x 20,5 cm, 1264 p., ex. mus., 45 €.

Après Musiques du XXe siècle / Les savoirs musicaux / Musiques et cultures / Histoires des musiques européennes, voici paru le cinquième et dernier volume de cette remarquable encyclopédie - à laquelle auront participé quelque 200 musicographes (provenant de 19 pays).  Regard comparatiste, cette fois : La musique est-elle langage universel ? / Quels en seraient les « universaux » ? / Localisme et mondialisation / Influences et hybridations / Oralité / Symbolique des instruments / Échelles et modes / Techniques vocales / Relations entre texte et musique / Monodies / Polyphonies / Rythmes / Improvisation / Jugements esthétiques…

 

 

 

 

Philippe VERRIÈLE : La Muse de mauvaise réputation.  Danse et érotisme.  « L’Attrape-corps », La Musardine (122, rue du Chemin-Vert, 75011 Paris. www.lamusardine.com).  10,5 x 18,5 cm, 320 p., 15 €.

Alors qu’elle a d’indéniables dispositions à la luxure, la danse – art du mouvement dont le « matériau » est le corps – « garde un maintien un peu rigide et des manières directement issues du couvent des Oiseaux »…  Il y a des corps, des sexes, mais finalement peu de créations qui relèvent de l’érotisme, déplore Philippe Verrièle, réputé chroniqueur du monde de la danse.  Au fil d’un ouvrage à tout le moins décoiffant, l’auteur revisite l’histoire de la danse, plaidant pour un érotisme chorégraphique dont les créations les plus récentes annoncent sans doute la venue - concluant même que la pornographie est l’avenir de la danse.

 

 

 

 

Miles DAVIS & Quincy TROUPE : Miles, l’autobiographie.  Traduit de l’américain par Christian Gauffre.  Préface de Pierre-Jean Crittin.  Éditions In Folio (1, rue du Dragon, Paris VIe. Tél. : 01 45 48 62 70. www.infolio.ch).  16 x 23,5 cm, 448 p., ill. n&b, 25 €.

Largement revue et corrigée par Christian Gauffre - qui pour sa 1re traduction n’avait pas eu accès à l’intégralité des documents originels -, cette nouvelle édition retrace, au fil de vingt chapitres chronologiques, la vie et la carrière du trompettiste, depuis les premières années dans les beaux quartiers de Saint-Louis jusqu’aux expériences fusionnelles entre jazz, pop, rock, pop et musique antillaise – via naturellement les rencontres, dans les clubs de Harlem ou de la 52e rue, avec Parker, Monk, Gillespie puis Coltrane, Bill Evans et Cannonball Adderley.  Sans que soient ignorées les épreuves dues à l’alcool, la drogue, les maladies ou le racisme.  Un jalon essentiel pour l’histoire du jazz.

 

Miles

 

Francis Cousté

 

Hans Magnus : Joséphine et moi.  « Du monde entier », Gallimard. 146 p. 15,50 €.

« Je suis exactement comme les autres. Est-ce si difficile à concevoir ? » affirme Joséphine.  Cette ancienne cantatrice allemande de plus de 75 ans prend le thé tous les mardis à 17 heures avec Joachim, chercheur en Sciences économiques.  Celui-ci rapporte, dans son journal, les propos décousus, provocateurs, contradictoires d’une femme libre et excentrique rencontrée par hasard.  Elle raconte son succès et ses colères, ses maris et amants, l’opéra du IIIe Reich.  Elle parle de la stupidité du football, du grotesque de la mode, d’une modernité bêtement idolâtrée.  Hans Magnus dépeint avec tendresse et justesse la confrontation de deux mondes, deux époques.  Sans en avoir l’air, il nous interroge sur l’art, la musique, nos certitudes morales et politiques.

 

 

 

David McNEIL : Angie ou les douze mesures d'un blues.  « Blanche », Gallimard. 150 p., 12,90 €.

David McNeil écrit avec une simplicité déconcertante une formidable histoire d’amour : celle de toute une génération pour Angie, beauté fatale qui inspira les Rolling Stones.  Dans les années 1960, le narrateur, un musicien, quitte Paris en stop pour tenter de se faire embaucher à Bruxelles.  C’est Memphis Slim, le célèbre bluesman, qui s’arrête dans sa Rolls blanche.  Et l’engage aussitôt comme road manager.  Notre auto-stoppeur devient l’homme à tout faire de musiciens un peu bruyants et la nounou d’une femme incroyablement belle et mystérieuse, Angie.  Avec ce trio, le lecteur vit l’effervescence d’une nouvelle scène musicale, le quotidien de stars musicales et… la rencontre d’Angie avec Keith Richard.  Un livre touchant qui laisse songeur !

 

 

 

Colum McCann :  Danseur.  « Domaine étranger », 10-18.  415 p.  8,50 €.

Voici un incroyable portrait qui nous prend aux tripes.  Rudolf Noureïev, danseur d’exception, est décrit et réinventé par Colum McCann.  Il nous présente un petit Russe qui quitte son pays pour l’amour de la danse.  Devenu homme, il vit sa vie d’exilé avec excès : voyages, opéras, sexe, amours… Des personnages réels et imaginaires croisent cet homme au charisme hors du commun.  Les points de vue sont multiples : sa sœur, ses amis, sa gouvernante… La narration originale : journaux intimes, narrateurs omniscients, revue de presse… Une seule conclusion : on nous dépeint un homme bouleversant, volontaire, ambitieux.  Un roman magnifique !

 

Marie-Claire Bruley & Marie-France Painset : Au bonheur des comptines.  « Passeurs d’histoires », Didier Jeunesse.  189 p., 19 €.

Le pouvoir des comptines est incontestable.  Elles se transmettent avec succès de génération en génération. Poétiques, rythmées, imagées, elles touchent les plus jeunes qui se les approprient.  Marie-Claire Bruley, psychothérapeute, et Marie-France Painset, conteuse, s’interrogent sur la magie des comptines, le monde qu’elles décrivent, leur intérêt pour l’enfant.  Un documentaire qui rappelle la richesse de notre patrimoine.

 

POUR LES PLUS JEUNES

Jo HOESTLANDT (comptines) & Pascale BOUTRY (illustrations).  Comptines en forme d'alphabet.  « Les petits bonheurs », Actes Sud Junior.  63 p., 10 €.

A, B, C, D… Une lettre, une comptine. Une comptine, une illustration.  Les lettres, les sons, le rythme de la langue prennent vie sous la plume de Jo Hoestlandt.  Celui-ci, très inventif, fait de la bouche « un berceau où les bisous s’abritent », de la musique « un mystère, une lumière qui murmure dans la brume »…  Pascale Boutry, elle, crée de petits tableaux amusants et colorés, pleins de détails.  Un livre charmant qui réjouira… les oreilles !

 

 

 

Gilles Vigneault (conte et chansons), Stéphane Jorsich (illustrations) & James Hyndman (narration).  Un cadeau pour Sophie. Livre-CD.  La Montagne secrète.  40 p., 13,42 €.

La Montagne secrète fait encore appel à de grands talents.  On ne compte plus les récompenses obtenues par les artistes participant à l’aventure !  Un cadeau pour Sophie est un conte intemporel sur l’amitié et la richesse de la simplicité écrit par Gilles Vigneault.  Ses charmantes chansons sont interprétées par de nouvelles voix très appréciées en France : Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Térez Montcalm.  Francis Cabrel, lui, est un oiseau kleptomane.  Stéphane Jorsich fait de ce récit un spectacle musical grâce à sa palette colorée et douce.  Un livre-CD d’une grande qualité qui réjouira toute la famille.

 

 

 

Chantal Grosléziat (collectage des comptines), Jean-Christophe Hoarau (direction musicale), Claire Degans (illustrations).  Comptines et berceuses des rizières, 29 comptines de Chine et d’Asie.  Livre-CD. « Comptines du monde », Didier Jeunesse.  60 p., 23,50 €.

29 berceuses, comptines, chansons et jeux de tape-mains de Chine, du Vietnam, du Cambodge, du Japon… ravissent par leur richesse et leur qualité musicale.  Voix d’enfants et d’adultes, instruments traditionnels racontent l’histoire et les rites de cultures ancestrales.  L’illustratrice, Claire Degans, s’est merveilleusement inspirée de l’Asie et crée un univers onirique et délicat.  Ses pastels, ses camaïeux sont d’une grande douceur.  Le lecteur pénètre dans ce livre comme dans un pays.  Voilà une incroyable invitation au voyage !  À découvrir sans tarder.

 

 

 

Claudio ABBADO (texte), Paolo Cardoni & Gilberto Corretti (illustrations).  Je serai chef d’orchestre. Album illustré. « Archimède », L’école des loisirs.  46 p., 12,50 €.

Le célèbre chef d’orchestre italien Claudio Abbado dédie son livre aux nouveaux musiciens avec qui il aime tant travailler.  Il leur raconte avec passion sa découverte de la musique.  La magie du violon de son père qu’il écoutait répéter admiratif.  Son envie de devenir chef d’orchestre après une incroyable soirée à la Scala de Milan.  Son travail, très difficile, sa joie quand il réussissait.  Ce récit se conclut par des pages documentaires très claires sur la musique de chambre, le rôle du chef d’orchestre, les différents instruments… Claudio Abbado transmet avec simplicité l’univers auquel il consacre sa vie.

 

Aurélie Clément

 

 

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CDs et DVDs

Wolfgang Amadeus MOZART : L’Enlèvement au Sérail (Die Entführung aus dem Serail) Kv 384. Harmoniemusik (transcription pour octuor à vent).  Ensemble A Venti.  Calliope : CAL 9361.  TT : 59’43.

Avant l’avènement de la radiophonie puis du microsillon et à une époque où un concert symphonique était encore une rareté, la nécessité de la transcription provoqua, deux siècles durant, l’éclosion d’une littérature pléthorique sollicitant les formations les plus diverses. Le présent CD restitue ainsi une version de L’Enlèvement pour octuor à vent, découverte en 1982 à Donaueschingen, transcription anonyme mais dont Mozart - qui en est peut-être l’auteur - aurait probablement approuvé la facture.  Nous sommes là loin du théâtre, et c’est peut-être l’occasion de vérifier que les licences autorisées par la scène restent en l’occurrence essentiellement musicales, lors même qu’elles semblent destinées à l’illustration d’une proposition qui ne l’est pas. Les huit virtuoses ici rassemblés nous proposent ainsi un moment de rare bonheur, de pur plaisir auditif délivré de toute contrainte dramatique ou verbale ; et l’on en vient à envier le temps des kiosques dominicaux cernés d’une foule mélomane dont aucun metteur en scène élégamment tourmenté ne venait troubler la jouissance très amoralement sensuelle !

 

Gérard Denizeau

 

Henricus Loriti GLAREANUS : Dodekachordon. VDE-Gallo (La Cure, CH 1410 Denezy) : GALL 1157.  TT : 65’05.

Dans la collection « Musique suisse de la Renaissance », Henricus Loriti Glareanus (Glaréan) est à l’honneur. Né à Mollis dans le Canton de Glaris en 1488, et mort à Fribourg-en-Brisgau en 1563, ce théoricien et humaniste suisse, lié à Érasme et Zwingli, a séjourné à Cologne, Milan et Paris.  À côté de traités de mathématiques, de poésie, de géographie et de classiques latins, il est l’auteur du traité Isagoge in musicen (1516) et, surtout, du Dodecachordon (entre 1519 et 1539, publié en 1547 à Bâle), faisant le point des connaissances musicales théoriques de l’époque, notamment sur les douze modes et l’évolution de la polyphonie.

Le programme comprend des pièces de Greogrius Meyer (ca 1500-1576), organiste à la Cathédrale de Bâle où, après la Réforme, il a réintroduit l’orgue et le chant liturgique. Son Kyrie trinitaire de la Messe super de Nostra Domina (en modes hypolydien, phrygien et hypomixolydien), particulièrement développé, faisant appel à la technique du canon, figure avec des motets latins dans le Dodécacorde.  Des Motets de Fridolin Sicher (1490-1546) - organiste à l’Abbaye de St Gall, réunis dans une tablature d’orgue contenant des compositions liturgiques et des chansons de musiciens de son époque (y compris de Jacques Obrecht, dont Glaréan est le disciple) - sont interprétés à l’orgue par Gregor Ehrsam.  Johannes Wannenmacher, né à Neuenburg en Allemagne à la fin du XVe siècle, mort en 1551, cantor à la Cathédrale de Berne, puis à St Nicolas de Fribourg, est l’auteur de trois versions de l’Agnus Dei : pour chant polyphonique, pour tablature et en grégorien monodique.

L’Ensemble Glarean, fondé en 2002, s’est spécialisé dans l’interprétation de la musique suisse (Moyen Âge, Renaissance, Baroque). Les chanteurs, rompus à la polyphonie, ont le grand mérite d’avoir redonné vie à ces pages jusqu’ici consignées dans le célèbre Traité théorique.

 

L’Arte del Mandolino BaroccoJade (43, rue de Rennes 75006 Paris) : 699 631-2.  TT : 50’33.

L’original ensemble baroque Artemandoline (deux mandolines, une mandole, une guitare et une contrebasse) signe un programme de divertissement baignant dans une ambiance enjouée dès les premières mesures. Il veut faire découvrir des œuvres du XVIIIe siècle, toujours irrésistibles, par exemple la Sinfonia V en fa majeur et la Chaconne de Giuseppe Antonio Brescianello, où l’esthétique française côtoie l’esthétique italienne ; ou encore, tout à fait pensée pour la mandoline, la Symphonie XIII en la majeur de Pieter van Maldere (1729-1768), au service du duc de Lorraine, compositeur se situant dans le sillage du Baroque tardif.

En revanche, les auditeurs repéreront des thèmes familiers, enrobés de sonorités inattendues (à partir de l’arrangement du Concerto en sol majeur d’A. Vivaldi), et apprécieront également des pages de Fabritio Caroso (XVe s.-XVIIe s.) et Vito Ugolino (XVIIIe s.).

Pour les ornements, ces interprètes hors pair s’appuient sur les théories d’époque et les manuscrits originaux.  Toujours avec élégance et esprit, expression et spontanéité, virtuosité et brillance, charme et fougue : une petite heure de détente lumineuse et entraînante garantie.

 

 

 

Johann Sebastian BACH : Intégrale des Sonates & Partitas (BWV 1001-1006). Double version : stéréo et cinq canaux. BNL (www.bnlsyrius.com) : 112952. TT : 69’46 + 70’07.

Dès les premières mesures, ce disque est un enchantement. Comme toujours, Frédéric Pélassy s’impose par sa maturité, son extrême musicalité, son sens de la construction, son intériorité. Il maîtrise tous les traquenards de ces Sonates et Partitas redoutables entre toutes (coups d’archet, doubles cordes, virtuosité…).  En analyste chevronné, il structure hiérarchiquement chaque entrée, chaque note est « pensée », le choix des tempi est très sûr : dans les Partitas, les caractères des danses (allemande, courante, sarabande, gigue, menuet…) sont minutieusement rendus.  Dans les Sonates, les mouvements lents (Adagio, Andante) sont particulièrement méditatifs ; les mouvements rapides (d’Allegro assai à Presto) sont bien dosés.  Son interprétation se passe finalement de tout commentaire : elle parle au cœur.  Sublime.

 

Deutsche Kantaten. « Musique d’abord », Harmonia Mundi : HMA 1951703. TT : 75’48. Cette petite anthologie comprend, entre autres, la célèbre cantate-choral de Franz Tunder : Ein feste Burg ist unser Gott - en fait : 3 strophes du Psaume 46, attribuées à Martin Luther - dans le sillage du répertoire entendu à Sainte-Marie de Lubeck ; elle représente l’identité musicale de la Réforme en Allemagne.  Trois musiciens contemporains : Johann Kuhnau (né en 1660), Nicolaus Bruhns (né en 1665) et Christoph Graupner (né en 1683) ont composé des Cantates selon la structure habituelle : sonate ou symphonie introductive avec chœur ; alternance d’airs et de récitatifs, chœur (ou choral) conclusif.  Ces œuvres ont leur place précise dans l’année liturgique. Elles reposent en général sur des citations bibliques ou des chorals, et privilégient la traduction figuraliste des images et des idées du texte. Ces six cantates sont fidèlement interprétées par le Collegium Vocale Gent, sous la direction de Philippe Herreweghe.

 

 

 

Music in Prague Cathedral.  Arta : F10149.  CD Diffusion (28, route d'Eguisheim, BP 4, 68920 Wettolsheim). TT : 49’56.

Ce titre global met la musique italienne à l’honneur : deux Concertos en trois mouvements (en sol mineur et do mineur) et deux Sonates (en do majeur et mib majeur) d’A. Vivaldi, interprétés par l’Ensemble tchèque Hipocondria (cordes, orgue positif et théorbe), ponctuent ce programme bien agencé.

Les œuvres italiennes y ont toujours été privilégiées, comme le démontrent encore les apports de Leonardo Leo (1694-1744), Giovanni Battista Pergolesi (1710-1756), Leonardo Vinci (1690-1730), Antonio Lotti (1667-1740).  Quant à Johann Adolf Hasse (1699-1783), maître de chapelle à Dresde qui jouissait d’une grande popularité en Bohême, ses deux motets latins conviennent parfaitement à ce contexte baroque.

Cet enregistrement bénéficie des voix lumineuses et prenantes d’Ivana Bilej Braoukova (soprano), Markéta Curkova (mezzo-soprano) qui résonnent sous les voûtes de la cathédrale St Vitus abritant un fonds musical important. Le commentaire tchèque bénéficie d’une traduction anglaise ; les textes latins sont traduits en tchèque et en anglais. Les mélomanes seront sensibles à cette musique sans ambages et fort agréable à entendre.

 

 

 

Sergei RACHMANINOV : Liturgy of Saint John Chrysostom, op. 31 – Piotr Tchaikovsky : Liturgy of Saint John Chrysostom, op. 41.  2CD Vista Vera : VVCD 00122-2.  CD Diffusion. TT : 73’29 + 72’46.

Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, est mort en exil en 407 à cause de son zèle réformateur. Sa Liturgie (« service d’action de grâces ») destinée aux orthodoxes, célèbre le Seigneur, la gloire du Père et du Fils, le Royaume.  Elle comprend également l’Hymne des Chérubins, le Credo, et se termine par la Doxologie.

Ces deux disques, à l’initiative de Valeri Polyansky, reproduisent les versions de Sergei Rachmaninov (1873-1943) et Piotr Illitch Tchaikosky (1840-1893). La première (CD1), composée et créée en 1910, est profondément enracinée dans la tradition musicale orthodoxe. Celle de Tchaikovsky (CD2) est antérieure : elle a été composée par nécessité psychologique lors de son séjour en Italie, pendant l’hiver 1878.  Il souhaitait réaliser une musique religieuse reposant sur la tradition, mais accessible à ses contemporains. Elle marque un jalon important dans l’évolution du répertoire sacré en Russie. Sa première audition remonte à 1879, en l’église de l’Université de Kiev.

L’Ensemble « State Symphony Capella of Russia », avec ses qualités vocales exceptionnelles (fondu, équilibre, timbres), ses voix si prenantes - tour à tour méditatives, dynamiques, énergiques, lumineuses - rend à ces Liturgies tout leur mystère, leur intériorité et densité spirituelle.  Disques vivement recommandés.

 

Marie-Louise GIROD : Petite Cantate pour le jour de Pentecôte, VDE Gallo : VDE 1226. TT : 55’34.

Marie-Louise Girod-Parrot poursuit sa série de « petites cantates ».  Après celles « pour le jour de Noël » et « pour le matin de Pâques », celle pour le jour de Pentecôte date de 2007.  Elle repose sur un livret de Michel Wagner, d’après quelques fragments de la Genèse et le récit des Actes des Apôtres ; elle est écrite pour orgue, flûte, trompette, chœur et récitants, faisant alterner interventions instrumentales et récits, ponctués par le chœur.  Yves Müller, à la tête du Chœur du Marais, le comédien Gérard Rouzier, Nassim Maalouf (trompette), Isabelle Hureau (flûtiste) et Michel Wagner (l’Évangéliste) ont créé cette œuvre à l’Oratoire du Louvre, le dimanche de Pentecôte.  Sources grégoriennes (Veni Creator…), liturgie orthodoxe (Béatitudes), doxologie (Gloria de Palestrina), Negro spiritual (« Nobody knows »)… se côtoient, conformément au multilinguisme de Pentecôte.  Ce disque est complété par quelques œuvres instrumentales et textes de Michel Wagner planant sur des improvisations à la flûte, à la trompette arabe et à l’orgue.

 

 

 

Messe de Bordeaux. Triton : TRI 331139. TT : 78’16 (214, place de l’Église, 45320 Courtemaux). Intégral Distribution.

Destinée à la « Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie », cette messe anonyme du XVIIIe siècle, intitulée : Messe de Bordeaux, est interprétée par l’Ensemble Vox Cantoris - auquel, selon l’usage de l’époque, est joint un serpent - dirigé par Jean-Christophe Candau (ténor). La Messe, du Kyrie jusqu’à l’Agnus Dei et la Communion, avec interventions monodiques et polyphoniques, est entrecoupée par des pièces d’orgue - introduisant un élément plus solennel - de Claude Balbastre (1727-1799) jouées par Jean-Patrice Brosse.  Cette Messe appartient à la catégorie particulière des messes dites « en plain-chant musical » en usage dès la fin du XVIIe siècle comme, par exemple, celle de Henry Du Mont.

J.-Chr. Candau, ayant bien compris que la notation musicale ne donnait pas toutes les indications relatives à l’interprétation, s’est appuyé sur les traités d’exécution du plain-chant au XVIIIe siècle. Plain-chant non mesuré, duos, trios et quatuors en faux-bourdons, à 2 temps, indiqués en rondes et blanches, et soli de caractère plus lyrique alternent.  Il s’en dégage une certaine diversité et un relief différent entre les parties.

Cette intéressante révélation ne manquera pas de susciter la curiosité des mélomanes, d’autant plus que le chef a réussi à « faire sentir à l’écoute la mise en espace liturgique, en plaçant les interventions du « célébrant » proche du maître-autel, tandis que le chœur, pour lui répondre, est placé au centre des magnifiques stalles de la cathédrale Saint-Bertrand de Comminges. Réalisation exceptionnelle tout à l’honneur des interprètes et des disques Triton.

 

Michel CORRETTE : Messe à l’usage des Dames religieuses, Hortus (2, rue Diderot, 92600 Asnières. editionshortus@wanadoo.fr) : 047. Distrib. : Codaex. TT : 62’47.

Enregistrée à l’Orgue historique Parisot de l’Abbaye de Mondaye, avec le concours de Damien Colcomb (orgue) et de l’ensemble vocal féminin « Le concert des Dames » (C. Greuillet, E. Martin, J. Gendre-Robard : respectivement 1ers et 2e dessus), placés sous la direction de Frédéric Bourdin, cette Messe de Michel Corrette (1707-1795) s’insère dans le cadre d’un office traditionnel, avec récits, chœurs accompagnés, plain-chant et interventions à l’orgue.

Son auteur a été organiste au collège jésuite de la rue Saint-Antoine, puis au service du prince de Conti et du duc d’Angoulême. D’ailleurs, la dernière pièce vocale enregistrée n’est autre que le Domine salvum fac regem ; la brève conclusion (un plein jeu massif) est bien enlevée. Cette messe mérite d’être diffusée, car elle recrée un office (reconstitué) tel qu’on aurait pu l’entendre à la fin du XVIIIe siècle ; le propre de l’office reprend le plain-chant de Guillaume-Gabriel Nivers (1632-1714) ; les autres pièces sont de Michel Corrette, ultérieurement oublié au bénéfice de son père Gaspard.  Il faut savoir gré à Frédéric Bourdin d’avoir tiré de l’oubli cette page significative, véritable synthèse entre le style savant et la veine populaire.

 

Jean Sébastien BACH : Missae breves (BWV 233-236).  2CD Harmonia Mundi : HMC 901939.40.  TT : 111’.

À côté de sa Messe en si mineur (BWV 232, dans la mouvance catholique), le Cantor de Leipzig a composé, à partir de 1730, 4 Messes brèves parfois appelées « Messes luthériennes », car elles se rattachent à l’optique de la Réforme.  Par opposition à l’ordinaire complet de la messe, elles ne comprennent que le Kyrie et le Gloria, avec Gratias, Domine Deus (Filii, BWV 235), Quoniam, Cum Sancto Spiritu.  Selon certains exégètes, J. S. Bach les aurait composées pour la Cour de Dresde. Quoi qu’il en soit, elles ont été jouées lors des cultes dans les principales églises de Leipzig entre 1735 et 1744.  D’une manière générale, certaines sont des emprunts à des cantates. Elles sont marquées par quelques constantes : chœur pour le Kyrie, cinq divisions pour le Gloria avec deux interventions du chœur.

La Missa brevis en fa majeur (BWV 233) comprend le Kyrie ternaire ; elle fait appel aux hautbois et cors. Son traitement contrapuntique est particulièrement élaboré, avec des réminiscences de chorals, par exemple : Christe, du Lamm Gottes (dans le Kyrie).  Le style du motet archaïque, encore très proche, alors que la Missa brevis en la majeur (BWV 234), fait davantage appel au style concertant, et sa conclusion s’inspire de la structure de l’ouverture à la française.  Dans la Missa brevis en sol mineur (BWV 235), le Kyrie se rattache à l’esthétique du motet fugué. C’est aussi un chœur fugué « Cum sancto Spiritu » qui termine cette messe. Celle en sol majeur (BWV 236) s’inspire de plusieurs cantates. Les instruments jouent souvent colla parte.  L’orchestre assume un rôle important, et la conclusion est à la jubilation. Le Cantus Cölln et son dynamique chef, Konrad Junghänel, en donnent une interprétation fidèle, fort éloignée de celles des chœurs de masse : elle est conforme à la finalité cultuelle de ces Messes brèves.

 

 

 

Grandes Messes du XXe siècle pour deux orgues et chœur. HORTUS : 055. TT : 53’07.

L’orgue de la cathédrale Notre-Dame de Paris se rattache à la facture symphonique, et convient parfaitement aux œuvres de Louis Vierne et Charles-Marie Widor. Ce disque présente une œuvre délibérément de la première moitié du XXe siècle, considérée comme l’« identité sonore de Notre-Dame » : la Messe solennelle en ut# mineur, op. 16 de Louis Vierne (1870-1937), avec les cinq parties traditionnelles.  Après une introduction solennelle, le Kyrie s’élève des profondeurs, avec des entrées successives du chœur, ponctuées par des interludes massifs.  Le Gloria commence par l’intonation grégorienne, contrastant avec le traitement choral énergique des paroles dialoguant avec l’orgue (Philippe Lefebvre) et spéculant sur les brusques contrastes.  Le Sanctus, tout aussi vigoureux, est suivi du Benedictus calme et recueilli.  Enfin, l’Agnus Dei, plus dépouillé et bien écrit pour les voix, rétablit la plénitude.

La Missa Deo Gratias (1999-2000), œuvre de commande par « Musique sacrée à Notre-Dame de Paris », se veut un chant de louange en latin. Elle est écrite pour chœur et deux orgues (à l’orgue de chœur : Yves Castagnet ; au grand orgue : le compositeur).  Hélène Richer (soprano solo), choristes et instrumentistes (et, en particulier, Alain Huteau, percussionniste) n’ont pas ménagé leurs efforts pour interpréter cette œuvre monumentale, sortant des sentiers battus, avec un traitement vocal sans limitation, qui, par ses exigences vocales et ses audaces d’écriture, annonce le XXIe siècle.

 

Otto-Albert TICHY : Messe en l’honneur de l’Enfant-Jésus de Prague.  VDE Gallo : GALL 1089.

Otto-Albert Tichy est né en 1890, en Moravie. Il étudie à Brno et Prague, puis au conservatoire de cette ville, notamment pour la composition, exerce quelques activités de traducteur et, en 1919, suit des cours de composition, de chant grégorien et d’orgue à la Schola Cantorum (Paris).  Après avoir occupé plusieurs postes d’organiste en banlieue parisienne, il est nommé organiste et chef de chœur à Lausanne et professeur à l’Académie musicale Sainte-Cécile. Revenu à Prague en 1936, il sera successivement maître de chapelle, professeur d’orgue, critique musical. Il meurt en 1973. Fidèle à l’Église catholique, il a été à la fois admiré et suspect dans son pays.

Sa Messe, composée en 1951, a été chantée à Fribourg (Suisse), en 1963.  Assez traditionnelle, de conception romantique, elle est interprétée avec musicalité et nuances par les Chanteurs de Prague, le chœur et l’orchestre (à l’orgue : Tomas Flegr), dirigés par Stanislav Mistr, recréant des envolées lyriques.  Ses Motets pour chœur défendent l’esthétique des polyphonies de la Renaissance. À côté de six motets latins, figure l’hymne Vy pastyrove stavete, noël morave.

Sa Sonate pour orgue en mi mineur a été créée à Prague en 1947. Selon Otto-Albert Tichy, « le premier mouvement expose un thème paisible » suivi d’accords dissonants évoquant le temps de guerre ; « le second thème… est l’expression du renouveau de la nature » ; l’ensemble se termine pianissimo. Le deuxième mouvement, de caractère bucolique et espiègle, exploite la bitonalité empruntée à des chants d’oiseaux.  Le troisième mouvement, en mode lydien, assez sarcastique, contraste avec le calme du deuxième. Enfin, le quatrième emprunte l’Ite missa est (de Pâques) : Vesperae autem sabathi et le Choral à Saint Wenceslas.  La conclusion traduit « l’apparition éblouissante du Sauveur ressuscité des morts ».  À l’orgue de la Cathédrale St Venceslas (Olomouc), Petr Cech maîtrise parfaitement les subtilités du langage organistique plus moderne.  Musicien à découvrir par les mélomanes curieux.

 

Annum per annum, vol. 1.  Norddeutsche Orgelmusik Advent, Weihnacht.  Sinus (Postfach 526 CH-8802 Kilchberg. Suisse) : 7001.  CD Diffusion. TT : 67’23.

Le fondateur des éditions Sinus, Albert Bolliger, est aussi un excellent organiste suisse, élève d’André Marchal à Paris et de Hans Vollenweider.  Comme de juste, il privilégie les orgues historiques. À l’orgue Arp-Schnitger de St Jacques (Hambourg), il a enregistré un intéressant programme de pages nord-allemandes pour le temps de l’Avent et de Noël.

Ce premier volume permet d’entendre sept œuvres de Dietrich Buxtehude, notamment : Nun komm, der Heiden Heiland (Viens maintenant, Sauveur des païens) pour l’Avent ; des chorals traditionnels de Noël : In dulci jubilo ; Puer natus in Bethlehem ; des chants de louange, et la Toccata en fa majeur.  Il comprend, en outre, des œuvres de Nicolaus Bruhns, Michael Praetorius, Heinrich Scheidemann et Georg Böhm, sur le même sujet.  Par l’interprétation exemplaire, le paysage organistique spécifique grâce à de minutieuses registrations, cette excellente réalisation s’impose aux organistes et mélomanes, amis de l’orgue.

 

 

Annum per annum, vol. 2. Norddeutsche Orgelmusik Epiphanias, Passion, Ostern. Sinus : 7002. TT : 65’59.

Pour son deuxième volume, Albert Bolliger a sélectionné l’orgue Arp-Schnitger de St Ludgeri (Norden).  Le programme concerne trois temps liturgiques : Épiphanie, Passion, Pâques.  Le disque commence par une œuvre de virtuosité de Dietrich Buxtehude : le Prélude en do (BuxWV 138), bien enlevé, et se termine sur celui en sol (BuxWV 148). Un hommage est rendu à l’organiste et compositeur Heinrich Scheidemann (mort à Hambourg en 1663), dont l’influence sur l’histoire de l’orgue s’est étendue jusqu’à Dietrich Buxtehude.

Le temps de l’Épiphanie est représenté par Wie schön leuchtet der Morgenstern de Georg Philipp Telemann ; celui de la Passion, par une version du XVIIe siècle (M.W.C.B.M.) : O Mensch bewein dein’ Sünde gross (Ô homme, pleure tes lourds péchés) ; Da Jesus an der Kreuze stund de Samuel Scheidt, ou encore Victimae Paschali laudes (H. Scheideman).  À noter, deux versions de Georg Böhm : Christ lag in Todesbanden (Christ gisait dans les liens de la mort) avec cantus firmus au soprano pour la première.  Le texte de présentation et l’interprétation d’Albert Bolliger sont remarquables.

 

Roskilde. Albert Bolliger à l’orgue du Dôme (cathédrale) de Roskilde (Danemark). Sinus 4005. TT : 75’09.

Pour ce troisième enregistrement, Albert Bolliger a retenu l’orgue du Dôme de Roskilde.  Il propose une sélection de compositeurs moins connus : Ewaldt Hintz (1613-1668), avec le choral Allein Gott zu dir, Herr Jesu Christ ; Johann Lorentz (ca 1610-1689), avec deux Préludes ; Martin Radeck (ca 1640-1684), avec, entre autres, la Canzone in D ; Johann Rudolf Radeck (ca 1610-1663), avec Engellischer Mascharada ; et Christian Geist (ca 1640-1711), avec 3 brefs Préludes de chorals luthériens.

À côté de ces musiciens à découvrir, figurent : Nicolaus Bruhns, Franz Tunder…  Dietrich Buxtehude se taille la part du lion avec sept pièces - dont, entre autres, le Magnificat noni toni (BuxWV 205), les Préludes en la majeur (BuxWV 161), en la mineur (BuxWV 158), en mi majeur (BuxWV 141), plus développé, ce dernier pose un brillant point d’orgue sur cette petite anthologie d’œuvres concertantes et liturgiques d’essence luthérienne.  Ces trois réalisations sont tout à l’honneur des éditions Sinus et de leur fondateur.

 

Le Grand Orgue Abbey-Ayer de Notre-Dame de Chatou. TT : 59’19.  Improvisations à Notre-Dame de Chatou. Les Amis de l’Orgue de Chatou (4, place Sainte-Marie, 78400 Chatou) : sans cote.  TT : 58’11.

Les Amis de l’Orgue de Chatou ont édité deux CDs mettant en valeur l’instrument de J. et É. Abbey (1878) à 3 claviers et pédalier, reconstitué par le facteur suisse J.-D. Ayer et l’harmoniste français J. David.  Hubert Haye, né en 1966, a été l’élève, entre autres, d’O. Latry, L. Robillard, Th. Escaich...  Diplômé de plusieurs CNR, lauréat de concours internationaux, il enseigne l’orgue à Chatou...  Le programme éclectique du premier CD va de J. S. Bach à O. Messiaen, avec des pages de virtuosité, bien enlevées, et des pièces liturgiques plus intériorisées.

Le second CD comprend six Improvisations qui, selon l’interprète, « n’avaient été aucunement préparées, aucun thème, aucune idée préconçue, juste des choses à dire, un état d’âme… », d’ailleurs implicites dans les titres : À mon neveu... tué sur la route à l’âge de 16 ans ; À mon père... qui nous a quittés en septembre 2002 pendant que j’étais en concert à l’étranger.  Dernier hommage : « Au sacristain de Notre-Dame de Chatou ». L’orgue est tout approprié à ces pages d’une extraordinaire fulgurance.  Carrière d’organiste et de compositeur à suivre...

 

Édith Weber

 

Lili BOULANGER, Claude DEBUSSY : Pièces pour piano et cordesTrio George Sand.  Intégral Classic : INT 221.155.  TT : 61'.

Un fascinant CD réunit des œuvres rares de Debussy et de Lili Boulanger, justement sorties de l'oubli par le trio George Sand qui se plaît à jouer, sur une palette diversifiée, trio, duo, solo, pour rapprocher une œuvre phare de pièces complémentaires dans une autre formation.  Si le jeune Claude de France, à 18 ans, peut paraître encore un brin académique dans ce trio pour piano et cordes, dans le sillage de Massenet, quelle maîtrise déjà chez celui qui affirme à la face de son professeur « le plaisir est la loi » et distille un beau lyrisme annonçant l'art où il passera maître, celui de la couleur.  Lili Boulanger, première femme à être admise à la Villa Médicis (1914), fut un talent précoce et affranchi, hélas trop éphémère car la maladie l'emportera à 24 ans. Ses deux pièces écrites pour trio avec piano sont on ne peut plus contrastées : D'un matin de printemps, au climat heureux, fébrile presque, expression d'une sorte d'énergie du désespoir chez quelqu'un qui se savait menacée ; D'un soir triste, grave, tragique même, dans son geste ascendant pour des crescendos pathétiques où l'atmosphère est comme raréfiée.  Des pièces pour violon et piano complètent cet aperçu du style très personnel de la compositrice ; tout comme ces deux morceaux pour piano qui font penser à Fauré, cet autre maître révéré. Les trois dames du Trio George Sand, outre qu'elles jouent merveilleusement, savent nous faire découvrir de purs joyaux.

 

 

 

Gitano. Airs de zarzuelas.  Rolando Villazón.  Orquesta de la Comunidad de Madrid, dir. Plácido Domingo.  Virgin : 365474 2 8.  TT : 57'.

On sait gré au ténor Rolando Villazón de rappeler combien compte le genre de la zarzuela, ce fleuron de la musique espagnole, madrilène en particulier, qui s'épanouit au XIXe siècle.  La richesse mélodique, l'inimitable tonalité ibérique viennent à profusion, ou l'art de mêler inspiration populaire et veine classique savante sur des rythmes souvent entraînants.  Dans son CD intitulé Gitano, le célèbre Mexicain en façonne un vibrant hommage, exprimant aussi une admiration non feinte envers celui qui, avant lui, défendit avec génie cette musique, Plácido Domingo, qui endosse ici l'habit de chef d'orchestre !  Avec ces deux-là, le succès est assuré, car ils y croient et savent nous y faire croire.  De son aîné, Villazón possède la générosité vocale, le style glorieux de ces phrases soutenues, l'engagement de tous les instants et l'ardeur à savourer le texte - outre une quinte aiguë claironnante et des sons filés mirifiques.  Comment résister à ces pages qui dépeignent l'amour plus ou moins échevelé de la belle adorée.  Tout cela est enluminé par une voix inextinguible et un chef qui, plus qu'il n’accompagne, vit la musique.

 

 

 

Georges BIZET : Carmen.  Berganza, Domingo, Cotrubas, Milnes.  London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado.  « The Original's », Deutsche Grammophon : 477 5342.  TT : 2h37'.

Réussir Carmen suppose de réunir un carré d'as de chanteurs et un chef visionnaire. La version qu'enregistra Claudio Abbado en 1977, dans la foulée des représentations du Festival d'Édimbourg possède ces atouts, revitalisée par une nouvelle gravure de qualité sonore très améliorée.  La madrilène Teresa Berganza campe une Carmen qui, pour n'être pas pure séductrice, n'en est pas moins femme, sensuelle et résolue, toujours aristocrate.  Pas d'effet facile, même à l'endroit de Don José lorsqu'il préfère la soldatesque à un amour sans lendemain.  Celui-ci, Plácido Domingo, est de la même veine, immense dans sa désespérance.  La voix est glorieuse et le chant un modèle de legato. Les passages parlés ont, au début, cette naïveté qui sied à ce jeune militaire sans histoire plongé malgré lui dans la tourmente.  La Micaëla de la roumaine Ileana Cotrubas est vibrante d'émotion.  Sherill Milnes est un toréador tout de séduction vocale, à peine infatué.  Par dessus tout, Claudio Abbado, dans une battue superbement articulée, déborde de vitalité, d'ardeur toute méditerranéenne. D'extrêmes nuances soulignent le relief mélodique d'une œuvre qui allie éclat et subtilité, pourtant machine à broyer les destins.

Jean-Pierre Robert

 

Éternelle Maria Callas.  Coffret de trois disques : 2CDs (78’35 + 78’34) + 1DVD (12’05).  EMI Classics : 504250 (www.callas30.com).

Vestale de l’essentiel du fonds mythique des enregistrements de la prima donna assoluta, la firme EMI ne pouvait se soustraire à la célébration du 30e anniversaire de sa disparition.  La présente anthologie (interprétations les plus marquantes d’une cantatrice qui, selon un critique, « nous a gâché toutes les autres ») comporte des extraits d’ouvrages de Puccini, Catalani, Cilea, Giordano, Verdi, Bellini, Donizetti (1er CD) et de Rossini, Gluck, Bizet, Gounod, Massenet, Saint-Saëns, G. Charpentier (2nd CD).  Quant au DVD, il propose « Vie et destin de Maria Callas » (Gérard Courchelle), « Témoignages de ceux qui l’auront connue » (Giulini, di Stefano, Zefirelli), « Extraits chantés sur scène » (Le Barbier de Séville, Tosca, Norma).

 

 

 

Ghosts of Bernard Herrmann.  Stephan Oliva, piano solo.  Digipack disponible dans les Fnac parisiennes ou sur : www.illusionsmusic.fr (4, passage d’Enfer, 75014 Paris 14e. Tél. : 01 43 20 56 50). TT : 51’13

Voilà qui ne manquera pas d’interpeller tous ceux qui devront plancher, cette année, sur les musiques composées par Bernard Herrmann (1911-1975) pour les films d’Hitchcock (programme du baccalauréat 2008).  Dommage toutefois que Stephan Oliva n’ait point (encore ?) publié, en parallèle, ses superbes arrangements réalisés d’après les bandes originales…

 

  

Richard STRAUSS : Quatre derniers Lieder.  Scènes finales de Salomé et de Capriccio.  Nina Stemme, soprano.  Orchestre du Royal Opera House, Covent Garden, dir. Antonio Pappano.  EMI : 3 78797-2.  TT : 56’22/

La voix est somptueuse - même si elle n’a pas, notamment dans les Quatre derniers Lieder, l’airain de celle d’une Jessye Norman, mais peut-être nous touche-t-elle ainsi davantage.  Pour en juger, il ne vous sera que de l’écouter quelques instants sur : www.stemmestrauss.com

Dans Salomé, les partenaires de Nina Stemme sont Gerhard Siegel (Hérode) et Liora Grodnikaite (Herodias) ; dans Capriccio, la basse Jeremy White (Haushofmeister).

 

 

Les Organistes de Saint-Roch. Trois siècles de musique française.  Françoise Levéchin-Gangloff, orgue.  Disques Skarbo (www.skarbo.fr) : DSK 1075.  Intégral Distribution.  TT : 63’40.

Aujourd’hui titulaire du prestigieux buffet de l’église Saint-Roch à Paris (rue Saint-Honoré, à deux pas du Grand Louvre), Françoise Levéchin-Gangloff (disciple, notamment, de Gaston Litaize et Rolande Falcinelli) a ici enregistré des pièces d’organistes qui furent titulaires ou auront parfois officié sur cet instrument : Nivers (1632-1714), Balbastre (1722-1799), Benoist (1794-1878), Boëly (1785-1858), Lefébure-Wély (1817-1870), Saint-Saëns (1835-1921), Dupré (1886-1971).  Parfaite cohérence sonore d’un instrument qui permet d’homogénéiser des œuvres d’inspirations assurément différentes.

 

Taïgo.  « Duo Cordes et Âmes » : Sara Chenal (violon), Olivier Pelmoine (guitare). Disques Skarbo : DSK 4047.  Tt : 62’50.

 

Bien que tout naturel entre deux instruments de la famille des cordes, l’accouplement entre guitare et violon est certes peu banal - d’où l’originalité du répertoire.  Pièces de Reginald Smith Brindle (°1917), Atanas Ourkouzounov (°1970), mais aussi création d’œuvres de François Rossé (°1945), Jean-Yves Bosseur (°1947), Arnaud Dumond (°1950), José Luis Narvaez (°1953), Laurent Boutros (°1964), Orlando Rojas Gimenez (°1978).

 

  

Peggy Gilbert & The Dixie Belles.  Dixieland Jazz.  Disques Cambria : 1024 (www.cambriamus.com ou www.peggygilbert.org).  Notice : Jeannie Pool.  TT : 63’36.

Que voilà du bel et bon et joyeux dixieland ! Par une formation de drôlesses qui ne portent assurément pas à la mélancolie, fût-elle revivalisteParmi les treize titres proposés par l’inénarrable Peggy Gilbert (saxophone & vocals), bien sûr de grands classiques : Alexander’s Ragtime Band, Sweet Georgia Brown, When the Saints come marching in, Georgia of my Mind, Indiana…  Un bain de jouvence !

 

                        

 

POUR LES PLUS JEUNES

Parents ou grands-parents, réjouissez-vous ! Plus que jamais paraissent, destinées à votre progéniture, des nouveautés discographiques de qualité.

 

Ainsi, des publications du label « Enfance et musique » (www.enfancemusique.com) qui propose, notamment :

*Cadet Roussel, 16 chansons folkloriques pour chanter & danser, choisies et harmonisées par Wanda Sobczak et Olivier Caillard (DCDP 56.  TT : 41’28.  À partir de 3 ans).

*Le Grand Dodo, 10 chansons de tradition orale ou composées par Chantal Grimm (DCDP 48.  TT : 32’.  À partir de 1 an).

*En chœur ! Compilation de 17 des meilleures chansons au catalogue du label. (DCDP 58.  TT : 47’52.  À partir de 3 ans).

*Jacky Galou sur les traces de Nagawicka, où 12 musiques folkloriques américaines & françaises nous permettent de chanter et danser dans les plus joyeuses traditions de l’Ouest américain, indiennes ou country (DCDP 63.  TT : 39’33.  À partir de 3 ans).

*Scènes de ménagerie, 14 chansons animalières, par le duo Mamakaya - Christophe Devillers & Franck Steckar - accompagnés de leur fine équipe (DCDP 51).

*Les Voix du fruit, 15 chansons composées, pour la plupart, par Annik Meschinet et interprétées par la compagnie Rouge Malice, avec le concours de Jean-Paul Poletti et du Chœur d’hommes de Sartène (DCDP 47. TT : 46’48).

*Cléopâtre, ou l’Histoire racontée aux enfants.  Texte : John Mac.  Récitant : Elie Axas.  Musique : Will Maes (DCDP 46.  TT : 40’00.  À partir de 5 ans).

 

Mais il y a aussi – non moins intéressant - le label « Victorie Music » (www.victorie-music.com, distrib. Universal) qui propose :

*Maman dit qu’il ne faut pas, 10 chansons + leur version instrumentale, de & par Sophie Forte.  Musique : Antoine Sahler (VM : 301752-1.  À partir de 6 ans)

*Monica Lypso chante ses ragga comptines (vol. 2), 11 chansons + 5 versions instrumentales, avec Carlos Esposito, Kandy Brown et l’orchestre salsa de Franklin Lozada (VM : 301753-5).

*Tu peux dire, 15 chansons interprétées par la compagnie Amipagaille : Elsa Ferrier & Jean-Luc Bazille, auteurs-compositeurs-interprètes (VM : 301753-4).

*Les Farfadas, un poussin = deux, 12 chansons interprétées, notamment, par Nicolas Chavet, entouré de Bertrand Thibault, Anthony Boulc’h, Sébastien Degoulet, Vincent Lechevallier… (VM : 301755-8).

Francis Gérimont

 

DVDs

W.A. MOZART : Die Zauberflöte.  Gerhaher, Kühmeier, Groves, Damrau, Pape.  Wiener Philharmoniker, dir. Riccardo Muti.  Decca : 074 3159.  TT : 176'.

À l'heure des intégrales et des superlatifs, l'édition Mozart 22, captation en DVD de l'ensemble de l'œuvre scénique de l'enfant du pays lors du Festival de Salzburg 2006, place la barre très haut.  Surtout, elle préserve une réalisation majeure de l'histoire du festival.  À titre d'exemple, La Flûte enchantée, captée par Brian Large est une source de joie visuelle et sonore.  La régie de Pierre Audi se lit aisément, qui fait la part belle à la décoration luxuriante de Karel Appel. Elle est emplie de facéties et de clins d'œils amusés. Les gros plans sont là pour nous convier aux moments clés de l'action. Ce festival de couleurs bariolées flatte évidemment l'œil de la caméra qui retrouve l'ambiance féerique du spectacle. Non que le substrat philosophique de l'œuvre soit délaissé ; il sera seulement déroulé sans emphase. Le relief sonore est saisissant, magnifiant une exécution musicale de haut vol des Wiener Philharmoniker menés avec doigté par le maestro Riccardo Muti et une distribution sans faille. Voilà une version vidéo qui trouve la juste mesure entre modernité et tradition, imagination et vrai sens dramatique.

 

Jean-Pierre Robert

 

KRONOS QUARTET in Accord.  Œuvres de Piazzolla, von Bingen, Riley, Adams, Pérotin, Schnittke, Zorn, etc.  Un film de Manfred Waffender.  Arthaus Musik : 100 050.  TT : 57’.

Ce nouveau DVD regroupe quelques-unes des œuvres-clés du répertoire - rien moins que conventionnel - du célèbre quatuor.  Où l’aspect visuel est, en outre, particulièrement soigné : effets lumineux, retransmissions vidéo et paysages illustrant judicieusement chaque partition.  Parmi les œuvres interprétées, citons : Four, for tango (Piazzolla), Cadenza on the night plain (Riley), Escalay (Hamza el Din), Cat o’ nine tails (Zorn), The little serenade (Adams), O virtus sapientie (von Bingen), Viderunt omnes (Pérotin), Purple haze (Hendrix)… le tout émaillé de brèves présentations de chaque pièce par l’un des quatre musiciens : David Harrington, John Sherba, Hank Dutt, Joan Jeanrenaud.  Un évident « classique » de l’avenir.

 

  

BRAHMS : Les Symphonies. Wiener Philharmoniker, dir. Leonard Bernstein.  2 DVDs Deutsche Grammophon : 00440 073 4331.  TT : 235’.

D’une lumineuse concision sont ici les présentations par ce grand communicateur que fut Leonard Bernstein.  Nul besoin, d’autre part, de revenir sur les qualités éclatantes d’un chef d’orchestre rien moins qu’introverti – singulièrement dans un tel répertoire.  Enregistrement live, au Musikverein de Vienne.

 

  

HAYDN & SCHUMANN.  Concertos pour violoncelle.  Mischa Maïsky, cello.  Wiener Symphoniker, dir. Mischa Maïsky.  Wiener Philharmoniker, dir. Leonard Bernstein.  Deutsche Grammophon : 00440 073 4351.  TT : 100’.

De Haydn, ce superbe DVD propose les Concertos pour violoncelle en majeur (Hob.VIIb : 2) et do majeur (Hob. VIIb : 1) - ce dernier récemment authentifié grâce à la découverte du manuscrit de la main même du compositeur -, ainsi que la transcription pour violoncelle, par Mischa Maïsky, des Concertos pour violon en do majeur (Hob. VIIa : 1) et sol majeur (Hob. VIIa : 4). Concert filmé en la salle du Schloss Hetzendirf, à Vienne.

Pour le Concerto en la mineur de Schumann, le célèbre violoncelliste est accompagné par Leonard Bernstein, à la tête du Wiener Philharmoniker - au grand complet, cette fois, en la salle du Musikverein.  Avec restitution, enfin ! de la superbe cadence originelle du finale…

 

Loreena McKENNITT : Nights from the Alhambra.  Coffret de trois disques : 1DVD + 2CDs.  Disques Quinlan Road (www.quinlanroad.com). Distrib. : Keltia Musique (02 98 95 45 82.  www.keltiamusique.com).

Auteur, compositeur, interprète (harpe, piano, accordéon), la canadienne Loreena McKennitt (née dans le Manitoba en 1957) trouve son inspiration dans les légendes et musiques celtiques.  Bonheur d’écouter (et de voir...) cette lumineuse artiste (rousse aux yeux pers) - entourée d’une douzaine de musiciens de toutes origines (instruments classiques occidentaux, mais aussi kanoun, uillean pipes, oud, celtik bouzouki, tabla, lyra, bodhrán…) – interpréter pour nous ses radieuses mélodies.  Et cela dans un lieu privilégié : la cour intérieure du fabuleux palais de Charles Quint construit à Grenade, dans l’enceinte de l’Alhambra…  Le DVD inclut l’intégralité du concert (filmé live en septembre 2006) : pas moins de dix-huit titres que l’on retrouve aussi, bien sûr, dans les CDs audio (TT : 94’).

 

Francis Gérimont

 

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La vie de L’éducation musicale

Haut

Le supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques du baccalauréat ».

Le supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.

Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.  Fax : 01 53 10 85 19. s.desmoulins@leducation-musicale.com

Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité, votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53 10 08 18.

À Paris et à Neuilly-sur-Seine, vous pourrez désormais trouver L’éducation musicale dans les kiosques à journaux suivants :

Place du Marché – 92200 Neuilly-sur-Seine
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133, avenue Achille Peretti – 92200 Neuilly-sur-Seine
44, boulevard du Château – 92200 Neuilly-sur-Seine
1, boulevard de la Madeleine – 75001 Paris
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5, place de la Bastille – 75004 Paris
46, boulevard Henri IV – 75004 Paris
12, rue de Rivoli – 75004 Paris
70, boulevard Saint-Michel – 75005 Paris
Place du 18 juin 1940 – 75006 Paris
147, boulevard Saint-Germain – 75006 Paris
31, rue de Condé – 75006 Paris
16, rue de Sèvres – 75007 Paris
12, place de la République – 75010 Paris
1, avenue de la République – 75011 Paris
17, place de l’A. G. Henocque – 75013 Paris
202, boulevard Raspail – 75014 Paris
71, avenue du Général Leclerc – 75014 Paris
318, rue de Vaugirard – 75015 Paris
5, place Cambronne – 75015 Paris
24, rue de Passy – 75016 Paris
61, avenue de la Grande Armée – 75016 Paris
118, avenue Victor Hugo – 75016 Paris
50, avenue Bugeaud – 75016 Paris
23, boulevard Delessert – 75016 Paris
51, rue d’Auteuil – 75016 Paris
1, rue de Chazelles – 75017 Paris
36, avenue de la Grande Armée – 75017 Paris
Place Aimé Maillard – 75017 Paris

Ainsi que dans les Maisons de la Presse suivantes :

Bogo Presse : 26, rue de Sèvres – 75007 Paris
Presse Lanchas : 207, rue d’Alésia – 75014 Paris
Plum’ 2000 : 174, rue de la Pompe – 75016 Paris
Kiosque de presse : 89, avenue de Wagram – 75017 Paris

Aurélie Clément