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BACCALAUREAT 2008
Supplément au n° 543-544
|

septembre-octobre 2007
N° 545-546 |
Sommaire :
1- Informations générales
2- Varia
3- Manifestations et Concerts
4- L'édition musicale
5- Bibliographie
6- CDs et DVDs
7- La vie de L’éducation musicale
Lettre
au ministre de l’Éducation nationale
Monsieur
le Ministre,
On ne peut
plaire à tout le monde et à son père, et
le dissensus est certes plus fécond qu’une belle
unanimité. Faut-il encore que le débat reste courtois,
que l’on préfère aux arguments ad hominem
les arguments ad ignorantiam – ce qui n’aura
pas été, à l’évidence, le propos
d’un certain Alain Duault dans sa « Lettre ouverte
» à vous adressée, où il met grossièrement
en cause l’Inspecteur général de notre discipline
pour son choix des œuvres au programme du baccalauréat.
Mais voyons les choses au fond.
Que l’on
s’en réjouisse ou le déplore, notre culture
humaniste s’inscrit désormais dans celle de l’espèce
- culture devenue générique grâce aux médias
interactifs, à la Toile notamment. Et dès lors qu’en
son sein, la musique occupe une place privilégiée,
comment son enseignement pourrait-il se réduire au culte
exclusif de notre patrimoine occidental – aussi sublime
soit-il ?
Il est donc
non seulement légitime, mais indispensable d’ouvrir
l’École aux buissonnantes singularités du
monde d’aujourd’hui. Afin notamment que chaque adolescent
puisse constituer son propre « portefeuille de goûts
» - se libérant ainsi de la tyrannie mercantile des
pseudo cultures populaires, toutes de paillettes, sinon parfois
génératrices de haines communautaristes…
Non, le public
scolaire n’est plus ce qu’il était. Et nier
cette réalité - à l’origine du tragique
isolement de bien des enseignants - n’est, en vérité,
qu’élitisme schizophrénique. Quant au clergé
médiatique, rassurons-nous : ses œillères et
oreillettes ne seront jamais que dérisoires murailles de
sable face à l’irrésistible montée
de l’avenir.
Francis
B. Cousté
Informations
générales
Haut
BOEN
n°27, 12 juillet 2007. Encart, p. XVII-XVIII.
Programme prévisionnel des actions éducatives.
Spectacles musicaux pour
jeunes publics : décembre 2007 / écoles /
partenariat JMF-Adami / www.mino.fr.
Concerts et manifestations : 21 juin
2008 / écoles, collèges, lycées / www.fetedelamusique.culture.fr.
Approches artistiques,
culturelles et scientifiques des questions liées au son :
janvier 2008 / écoles, collèges, lycées / www.lasemaineduson.org.
Réalisations d’émissions
par des élèves : toute l’année / lycées /
partenariat avec Radio Classique / http://etab.ac-montpellier.fr/musique/rc
BOEN n°28, 19 juillet 2007, p. 1543.
Doyen du groupe
Enseignements & éducation artistiques.
Vincent Maestracci, Inspecteur général de l’Éducation nationale,
est renouvelé dans ses fonctions à compter du 1er
septembre 2007, pour une durée de deux ans renouvelable.
BOEN
Numéro spécial n°5, 20 juillet 2007, p. 32-34, 40-42, 51-52. Concours de recrutement, session 2008.
Calendrier détaillé des épreuves d’admissibilité aux concours
de Capes et d’agrégation internes et externes. Renseignements :
www.education.gouv.fr/siac2
Le
Bulletin officiel de
l’Éducation nationale est librement consultable sur :
www.education.gouv.fr/pid285/le-bulletin-officiel.html
Éric
Gross, Inspecteur général de l’Éducation nationale, ancien
président du Centre national du livre (CNL), vient de se voir
confier, par les ministres de l’Éducation nationale et de la
Culture, une mission d’étude et de propositions sur l’Éducation
artistique et culturelle, dans une perspective de sa « généralisation
dans & en dehors de l’école » - actions concrètes à
mener dans le domaine des interventions d’artistes à l’école,
des ateliers de pratique amateur pour les élèves et des activités
proposées en dehors de l’école, en lien avec les institutions
culturelles de l’État et des collectivités territoriales.

XXXIV
Convegno Internazionale di Musicologia : « Melos e Logos », ricerche sui fondamenti umanistici della voce.
Artimino (Villa Medicea « La Fernandina »), 17-18
septembre 2007. Coordination : Florence Malhomme
(Paris IV-Sorbonne). Direction des travaux :
Nella Anfuso (présidente, Fondation CSRM). Intervenants :
Andrew Barker (Univ. Birmingham), Corrado Bologna (Univ. La
Sapienza, Rome), Laurence Boulègue (Univ. Lille), Danielle Cohen-Levinas
(Paris IV-Sorbonne), Perrine Galan-Hallyn (EPHE, Paris IV-Sorbonne),
Paolo Gozza (Univ. Bologne), Maria Chiara Martinelli (École
Normale, Pise), Letterio Mauro (Univ. Gênes), Gabriella Moretti
(Univ. Trente), Gioia Rispoli (Un. Naples), Christian Trottmann
(CNRS, Tours), Alexandre Wong (CNRS, Paris), Mary-Anne Zagdoun
(CNRS, Paris). Renseignements :
fondazionecsrm@tele2.it Fax :
07 73 80 37 44.
Collèges
de la Cité de la musique. Tout au long de l'année, la Cité
de la musique de Paris propose séminaires, ateliers de pratiques,
formations professionnelles et journées d'études. Destinés
à un large public adulte, ces collèges permettent d'appréhender
différents langages et styles musicaux selon diverses thématiques.
Chaque collège comprend une quinzaine de séances de deux heures
chacune, une fois par semaine. Collèges 07-08 :
Anatomie du jazz / L'opéra au siècle des Lumières / La musique rock /
Écouter la musique
classique / Le poème symphonique / Le jazz contemporain /
La musique
contemporaine / L'histoire de la musique occidentale de 1750 à
1945 / Musiques
et rituels : approches ethnomusicologiques. Renseignements :
http://www.cite-musique.fr/francais/activites/adulte.htm#college
Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale,
a confirmé sa volonté de « renforcer la place de l’éducation artistique et culturelle à l’école ».
Il a notamment annoncé le doublement « d’ici
la fin de l’année scolaire prochaine » du nombre de
collèges « Ambition réussite » ayant un partenariat
dans le domaine artistique (sur les 249 collèges ainsi labellisés,
22 ont actuellement ce type de partenariat). Il a en outre
souhaité que, « d’ici cinq ans », tous les établissements scolaires aient noué
un partenariat avec une institution artistique. Distingué
organiste, le ministre a également exprimé le vœu que l’enseignement
des pratiques artistiques soit recentré sur l’apprentissage
des techniques (21 juin 2007, Fête de la musique, collège Jean-Lurçat,
Sarcelles, Val-d’Oise).
Tifenn de La Godelinais Martinot-Lagarde
a été nommée « conseiller technique pour l’Éducation artistique
& culturelle » auprès du ministre de l’Éducation nationale.
Fonctions précédentes : conservateur au département des
Arts du spectacle de la BnF (responsable des costumes et objets),
puis chef du département des bibliothèques
publiques & du développement de la lecture au ministère
de la Culture. Elle est, en outre, co-auteur de… Il était une fois les contes de fées (Le
Seuil/BnF).
Inspecteurs
d’académie/Inspecteurs pédagogiques régionaux d’Éducation musicale
(2007) :
Aix-Marseille :
Chantal Ohanessian
Amiens :
Anne-Isabelle Ghetemme
Besançon :
Jean-Marie Caniard
Bordeaux :
Sylvie Walczak
Caen :
Claude Dietrich
Clermont-Ferrand :
François Dupoux
Créteil :
Claude Desfray
Dijon :
Yves Audard
Grenoble :
Jean-Luc Idray
Lille :
Jean-Michel Eloire
Limoges :
Michel Renault [extension : Toulouse / Orléans-Tours]
Lyon :
Jacques Ferchaud
Montpellier :
Denis Waleckx
Nancy-Metz :
Yves Rauch
Nantes :
Yves Bourdin
Nice :
Benoist Dechambre [extension : Corse]
Orléans-Tours :
Éric Michon [extension : Guadeloupe / Guyane /
Martinique]
Paris :
Janine Delahaye
Poitiers :
Philippe Bazin
Reims :
Pascale Hertu
Rennes :
Lionel Morvezin
Rouen :
François Virot
Strasbourg :
Jacques Berthe
Toulouse :
Ghislaine Tessadri
Versailles :
Valérie Morel / Laurent Fichet [extension : La Réunion]
Opéra de Tours. Saison lyrique 2007-2008 :
L’Elisir d’Amore (Gaetano
Donizetti), Phi-Phi
(Henri Christiné), Le
Pays (Joseph-Guy Ropartz), Pelléas
et Mélisande (Claude Debussy), La
Flûte enchantée (Wolfgang Amadeus Mozart), Carmen
(Georges Bizet). Renseignements : 02 47 60 20 00. www.tours.fr / theatre@ville-tours.fr
Le
Pays de Joseph-Guy Ropartz
Disparition du compositeur André David.
Notre ami et collaborateur – pianiste, compositeur, docteur
en médecine – s’est éteint le 5 juin 2007, à l’âge de 85 ans.
Que son épouse Pierrette Germain-David et ses enfants trouvent
ici le témoignage de notre profonde sympathie. Renseignements : http://fr.wikipedia.org:80/wiki/André_David
Chiffres-clés de l’Ircam :
- 145
collaborateurs dont : 90 salariés chercheurs, ingénieurs,
réalisateurs en informatique musicale, assistants, services
transversaux…, 55 artistes, compositeurs, intermittents &
enseignants engagés par an.
- Une
centaine de chercheurs & doctorants accueillis par an.
15 % de collaborateurs étrangers issus des cinq continents.
- 10 000
spectateurs dans les activités hors les murs.
- 30 000
spectateurs & visiteurs pour la saison à Paris, les stages,
la médiathèque et le forum.
- Budget :
10 990 000 €, dont 3 351 000 €
de ressources propres, soit plus de 30 % d’autofinancement
et 10 % en ressources internes.
Frank
Madlener, directeur de l’Ircam
« Journées de la profession » au
CNSMD de Paris. Cette 2e édition se déroulera
les 13 et 14 septembre 2007. Objectif : dérouler,
pour les étudiants, musiciens et ingénieurs du son, un panorama
du paysage culturel en France et en Europe ; stimuler leur
imagination ; les inciter à construire leur carrière de
façon active, en identifiant les différents types de carrière
et les choix de vie qui s’y rattachent. Renseignements : 209, avenue
Jean-Jaurès, Paris XIXe. www.cnsmdp.fr
ou journeesdelaprofession@cnsmdp.fr
L’art des harmonies & fanfares au jardin
des Tuileries : Dans le cadre des Journées du Patrimoine,
le Louvre organise cette manifestation, les samedi 15 septembre
(16h30-20h30) et dimanche 16 septembre (11h30-18h30).
Avec le concours de plus de 300 musiciens des harmonies du bassin
minier, mais aussi d’Ars Nova, Opus 2 Brass Band, Nervous
Cabaret, etc. Œuvres pour cuivres de Pascal Dusapin, Marc
Monnet, Maurizio Kagel, Karlheinz Stockhausen, Aaron Copland,
Luciano Berio… Entrée libre. Informations : 01 40 20 55 55.
www.louvre.fr/templates/llv/pdf/ressources/dp_fanfares.pdf

Harmonie-fanfare
rudipontaine, 1970
Enseignement musical dans & par la pratique
collective : la voix. D’octobre 2007 à juillet
2008, l’Ariam Île-de-France organise, sur ce thème, trois sessions.
Intervenants : Martina Catella, Didier Grojsman,
Geoffroy Jourdain, Frédéric Maragnani, Magali Marchal, Claire
Heggen, Benjamin Hertz, Henri Lecomte, Claudia Philips, Sarah
Sanders, Jean-Francis Zermati. Renseignements : 01 42 85 45 42/
45 33. www.ariam-idf.com
International Music Council : Le
2e Forum mondial de la musique se déroulera du 11
au 14 octobre 2007 à Beijing (Pékin). Renseignements : Silja Fischer. Tél. : 01 45 68
48 50. www.unesco.org/imc
Commémoration du centenaire des Saisons russes
(2006-2009). Le Comité Diaghilev, animé par Jean-Bernard
Cahours d’Aspry, publie un bulletin de liaison, La
Saison Russe, dans lequel sont recensées toutes les manifestations
ad hoc (expositions, concerts, spectacles,
publications littéraires ou audiovisuelles…). Renseignements :
15, rue Saint-Gilles, Paris IIIe. Tél. :
06 10 20 74 94. mondelart@free.fr

Serge
de Diaghilev
Examen suisse de maturité. Domaine des arts visuels & de la musique :
chaque candidat à cet examen (équivalent du baccalauréat français)
devra désormais choisir - dans une même période de l’histoire
de la musique - trois œuvres de trois compositeurs différents
(ou trois musiciens, s’il choisit le jazz). Renseignements : http://www.sbf.admin.ch/.../domaine_des_arts.pdf
Le CRÉA fête ses 20 ans ! Sous la
houlette imaginative et efficace de son directeur-fondateur
Didier Grojsman, ce Centre d’éveil artistique (fort de son expérience
de 22 opéras dont 18 commandes et 23 spectacles musicaux) propose
pour sa saison 2007-2008 : Pratique vocale & scénique /
Théâtre musical & création d’opéras / Actions pédagogiques,
de formation professionnelle & de diffusion. Du 3
au 7 octobre 2007, est en outre organisée toute une semaine
de spectacles et rencontres. Renseignements : 85, rue Anatole-France,
93600 Aulnay-sous-Bois. Tél. : 01 48 66 87 53. www.lecrea.fr

Le 7e Concours international de
chœurs d’Elsenfeld se déroulera, du 10 au 14 juillet 2008,
au Bürgerzentrum d’Elsenfeld (Miltenberg). Renseignements : www.chorwettbewerb-miltenberg.de

L’Orchestre de Poitou-Charentes (OPC)
s’est donné pour fil conducteur de sa saison 2007-2008 :
« La symphonie romantique & post-romantique »
(Schubert, Schumann, Tchaïkovski, Sibelius…). Créations
de Philippe Manoury, Philippe Fénelon, Toshio Hosokawa.
Chefs d’orchestre : Jean-François Heisser, François-Xavier
Roth, Zu Zhong, Arie van Beek, Jean-François Verdier, Paul Watkins.
Renseignements : http://www.orchestre-poitou-charentes.com
La Médiathèque de l’Ircam offre une riche
documentation sur la musique contemporaine et les sciences &
techniques associées. Quelque 30 000 documents constituent
ses collections physiques et numériques (livres, partitions,
périodiques, disques, films, notes de programme et archives
sonores inédites des concerts et conférences organisés par l’Ircam).
Sans préjudice des ressources et services disponibles en ligne
(biographies et catalogues d’œuvres de compositeurs, bibliographies,
articles scientifiques et musicaux, veille technologique et
musicale, etc.). Ouvert à tous. Renseignements :
01 44 78 47 44. http://mediatheque.ircam.fr
Médiathèque de l’Ircam, par Didier
Ghislain
Festival
Présences 2007-2008. Pour sa 18e édition, ce
festival de Radio France se déroulera sur 4 week-ends, à Lille
(Auditorium du Nouveau Siècle, 14-16 septembre, www.onlille.com),
Montpellier (Corum, 7-9 décembre, www.orchestre-montpellier.com),
Toulouse (Halle aux grains, 18-19 janvier, www.onct.mairie-toulouse.fr) et
Paris (Cité de la musique, 9-11 mai, www.cite-musique.fr).
38 compositeurs, 26 créations (17 créations mondiales, 9 créations
françaises), 13 concerts gratuits. Renseignements :
01 56 40 15 16. www.concerts.radiofrance.fr
L’Ensemble
orchestral de Paris (EOP) propose aux jeunes (écoles primaires,
collèges, lycées, études supérieures) des actions de sensibilisation
à la musique classique : possibilité d’assister à des répétitions
générales, de bénéficier d’un tarif de 5 € lors des concerts
symphoniques au Théâtre des Champs-Élysées & de musique
de chambre à la salle Cortot, de faire venir en classe un musicien
de l’Ensemble orchestral de Paris. Les lycéens ayant choisi
l’option Musique se voient en outre offrir un parcours programmant
des œuvres de compositeurs au programme de l’enseignement de
spécialité du baccalauréat 2008 : Bartók et Haydn.
Des master-classes sont également proposées aux jeunes amateurs
de musique, aux chœurs ainsi qu’aux orchestres de jeunes souhaitant
perfectionner leur pratique instrumentale auprès d’un musicien
professionnel.
Informations :
01 41 05 72 51. www.ensemble-orchestral-paris.com
ou : www.jeunepublic-eop.com
***
Varia
Le 37e Festival interceltique de Lorient aura accueilli en 2007, « Année de l’Écosse »,
quelque 650 000 festivaliers. Futurs invités d’honneur :
Pays de Galles (1er-10 août 2008) et Galice (2009).
En 2010, on fêtera les 40 ans du Festival. Renseignements :
www.solangecollery.com
Pablo Picasso (1881-1973) : « L’art se meurt de l’absence d’un académisme fort. »
Woody Allen metteur en scène d’opéra :
À partir du 6 septembre 2007, l’Opéra de Los Angeles monte Il Trittico de Puccini, sous la baguette de James Conlon. William
Friedkin met en scène : Il
Tabarro et Suor Angelica,
Woody Allen : Gianni
Schicchi. « Je n’ai aucune idée de ce que je
fais, mais l’incompétence ne m’a jamais empêché de me jeter
dans l’action avec enthousiasme » a commenté le célèbre
clarinettiste.
IPR : « Inspecteur pédagogique régional » ou : “Intellectual Property Rights”.
« Spectaculaire », premier Salon vivant du spectacle, présentera,
au Parc floral de Paris, du 14 au 16 septembre 2007, toute la
saison culturelle 2007-2008. Spectacles, débats, rencontres
avec des artistes… Renseignements : www.spectaculaire.com
Parc
floral de Paris, la pinède
L’Ircam propose plusieurs parcours pédagogiques permettant aux enseignants
de susciter une rencontre privilégiée entre leurs élèves et
la création musicale contemporaine. Ces parcours associent
un ou deux ateliers pratiques sur ordinateur, une visite pédagogique
de l’Institut et une place de concert. Durant l’année
2007-2008, ils se déclinent en trois thèmes autour de la voix :
Les machineries parlantes
de Georges Aperghis (collèges) / Du naturel au synthétique : la voix décryptée
par la science (lycées) / Métamorphoses de la voix (lycées : option musique & écoles
de musique : classes de culture musicale). Renseignements : 1,
place Igor-Stravinsky, Paris IVe. Tél. :
01 44 78 48 23. www.ircam.fr
ou info-pedagogie@ircam.fr
Place
Igor-Stravinsky
Droits d’auteur : Pour la première fois depuis 1992, le montant
des perceptions de la Société des auteurs, compositeurs &
éditeurs de musique (Sacem) a connu, en 2006, une légère érosion
(-0,2 % par rapport à 2005). Baisse consécutive à
la forte chute des ventes de CDs et DVDs, que ne compensent
que partiellement les droits perçus sur les radios, les télévisions,
la musique d’ambiance et surtout les concerts – ces derniers
en nette augmentation. Renseignements : www.sacem.fr
[Ci-dessous,
membres du Conseil d’administration de la Sacem (exercice 2007-2008)
regroupés autour de leur président, Laurent Petitgirard.]
Un « Hommage à Charlie Parker », œuvre du sculpteur Alain
Kirili, a été inauguré le 26 juin 2007 à Paris, quartier Masséna
(XIIIe arrondissement). Cet ensemble monumental
a été taillé dans la belle pierre dite de Bourgogne-Corton -
« miel doré » aux veines mauves ou grises (carrière
de Nuits-Saint-Georges).
Le Chant du Monde - éditions musicales & label discographique,
fondés en 1938 - nous présente son nouveau site : www.chantdumonde.com
Perlissimo… À François Truffaut qui lui demandait de composer la musique de son film
Fahrenheit 451, Bernard
Herrmann répondit : « Vous
devez connaître Boulez, Stockhausen, Messiaen. Eux sont des
compositeurs d’avant-garde. Demandez-leur ! »
Et Truffaut de rétorquer : « Ils m’apporteront une musique du XXe
siècle. Vous, du XXIe ! »
Bernard Herrmann
Du compositeur français Louis Vierne, les éditions Bärenreiter ont entrepris de publier,
en Urtext, les œuvres complètes pour orgue et pour piano - sous
la direction de l’organiste Helga Schauerte-Maubouet.
Coéditeurs : Thierry Escaich, Rollin Smith, Olivier Gardon,
Brigitte de Leersnyder, Jean-Pierre Mazeurat. Renseignements :
www.baerenreiter.com
Louis Vierne
Le journaliste, critique musical & écrivain Philip de La Croix
vient d’être nommé directeur musical de la chaîne musicale Mezzo. Renseignements : 28, rue François
Ier, Paris VIIIe. www.mezzo.tv
L’American Symphony Orchestra League (ASOL : « trou du cul », en anglais) a décidé de changer
d’acronyme. Ce sera désormais la League of American Orchestras (LAO). Renseignements : www.symphony.org ou :
« La vacance des grandes valeurs fait la valeur des grandes vacances »…
Fondateur, en 1982, du premier lycée expérimental (cogéré à
parité par les élèves et l’équipe enseignante), Gabriel Cohn-Bendit,
professeur d’allemand aujourd’hui retraité, estime que « les
professeurs qui se plaignent de la fatigue, c’est scandaleux !
[…] Les profs devraient donner un mois tous les quatre ans,
sans se faire payer, pour encadrer des jeunes » (14 juillet
2007). Renseignements :www.vousnousils.fr/page.php?P=data/ca_vous_parle/l_invite/
&key=itm_20060713_114326_gabriel_cohn_bendit__les_grandes.txt
La modernité à l'Opéra : Jacques Rouché (1914-1945). Le musée du Palais Garnier consacre une intéressante
exposition à Jacques Rouché qui dirigea l'Opéra de Paris pendant
quelque trente ans. L'apport de celui qui fut à la fois
administrateur, artiste et mécène est considérable : efforts
pour renouveler le répertoire – on lui doit la présentation
de Turandot, du Chevalier à la rose ou du Coq d'or, comme des créations de Vincent d'Indy, Florent
Schmitt ou Darius Milhaud ; dynamisation du ballet qu'il
confie en 1929 à Serge Lifar. On lui doit encore d'avoir
modernisé la présentation scénique. Il fait appel à de
grands peintres, Maurice Denis, Raoul Dufy, Marie Laurencin
ou Fernand Léger, et introduit des innovations techniques radicales
(décor construit, projections cinématographiques). Il
s'adonnera même à la mise en scène et assurera celle d'Ariane
et Barbe-Bleue
de Dukas. Bibliothèque-Musée de l'Opéra :
Palais
Garnier, place de l'Opéra, Paris IXe. Tous les jours de 10h à 17h, jusqu'au
30 septembre 2007.
Les éditions du Centre de musique
baroque de Versailles (CMBV) n’ont de cesse d’élargir le champ de leurs publications. Informations : Hôtel des Menus-Plaisirs – 22, avenue de
Paris, 78000 Versailles. Tél. : 01 39 20 78 18.
www.cmbv.com
Isidore
Isou-Goldstein, pape du Lettrisme (« art de jouer avec
les lettres de l’alphabet et des particules linguistiques dépourvues
de sens immédiat ») est décédé, le 28 juillet 2007, à l’âge
de 82 ans. Auteur notamment de l’Introduction à une
nouvelle poésie et à une nouvelle musique (1945) et du très
long métrage (4h30) Traité de bave & d’éternité (1951),
il aura acquis à ses thèses un Guy Debord qui fera, plus tard,
dissidence pour créer « L’Internationale lettriste ».
Isidore
Isou
Groupe de recherche « Patrimoine
musical (1450-1850) ». Le séminaire 2007-2008 se tiendra, sous la responsabilité du Professeur
Édith Weber, du 8 novembre 2007 au 15 mai 2008, de 17h à 19h,
en la Maison de la Recherche de la Sorbonne (28, rue Serpente,
Paris VIe). Le 8 novembre 2007 : « Johann Walter, 1496-1570, premier
cantor de la Réforme », par James Lyon. Renseignements : 01 45 40 60 26.
James Lyon
Philippe
Caillard – quinze fois « Grand Prix du Disque »
– auditionne excellents chanteurs / bons lecteurs, pour
la Chorale du Conservatoire du Centre (une répétition par semaine)
& pour un petit groupe de solistes (un dimanche par mois).
Lieu des répétitions : Paris, M° RER-Châtelet.
Grand répertoire polyphonique. Formation à la direction
de chœur. Renseignements : 06 87 34 44 25 (sauf le mardi). philippe@caillard-edition.com
Philippe
Caillard
Hokusai
Katsushika (1760-1849) : « Depuis l’âge
de cinq ans, j’ai la manie de recopier la forme des choses…
Je n’ai rien peint de notable avant d’avoir soixante-dix ans.
À soixante-treize ans, j’ai assimilé légèrement la forme des
herbes et des arbres, la structure des oiseaux et d’autres animaux,
insectes et poissons ; par conséquent à quatre-vingts ans,
j’espère que je me serai amélioré et à quatre-vingt-dix ans
que j’aurai perçu l’essence même des choses, de telle sorte
qu’à cent ans j’aurai atteint le divin mystère et qu’à cent
dix ans, même un point ou une ligne seront vivants. Je
prie pour que l’un de vous vive assez longtemps pour vérifier
mes dires. »
Hokusai, Sous la vague au large de Kanagawa (1831)
Contrechamps, structure genevoise liée à la musique contemporaine,
fête son trentième anniversaire. L’illustreront de nombreuses
manifestations - tables rondes & concerts. Renseignements : 8, rue de la Coulouvrenière, CH-1204 Genève.
www.contrechamps.ch
Bâtiment des Forces Motrices (BFM), Genève
Le Salon du Gospel 2007 se tiendra, les 22 et 23 septembre, dans
le cadre prestigieux du Carrousel du Louvre : conférences,
débats, concerts, ateliers, stands, expositions, animations,
défilés de mode, projections… Avec, notamment, la participation
de Liz McComb. Renseignements : www.salondugospel.com
Francis Cousté
Saison 2007-2008 du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Pour sa première saison, le nouveau directeur
Peter de Caluwe mise sur la diversité : création de Phaedra, le dernier opéra de Henze (régie de P. Mussbach),
nouvelles mises en scène de Mitridate de Mozart (régie de R. Carsen), de Werther, donné simultanément dans les deux versions
pour ténor et pour baryton (direction de K. Ono), de Didon
et Énée,
de Jules
César en Égypte
(direction de R Jacobs) présenté dans les versions pour contre-ténor
et pour alto, de Médée de Cherubini (direction Ch. Rousset), et
de La Forza del destino.
Le XXe siècle est représenté par Avis
de Tempête
de Georges Aperghis, et par Wozzeck. On donnera également des opéras en version de concert : Euryante de Weber, Maria Stuarda et les Scènes de Faust de Schumann dirigées par N. Harnoncourt.
Renseignements et location :
4, rue Léopold, 1000 Bruxelles. Tél. : 00 32 70 23 39 39.
www.lamonnaie.be
Jean-Pierre Robert
Gallimard
Jeunesse Musique lance une nouvelle collection promise au
plus bel avenir. « Mes premières découvertes des
instruments » présentent, en effet, un instrument par ouvrage
pour aider les enfants à choisir leur instrument de prédilection.
Un texte de Leigh Sauerwein est mis en musique par un compositeur de
talent. Les partitions d’Isabelle Aboulker et de Régis Campo
révèlent aux plus jeunes l’extraordinaire richesse, la palette
et les possibilités d’un timbre instrumental. Le piano et le
violon pour les deux premiers titres. De grande taille,
ces livres font la part belle à des illustrations aux couleurs
vives réalisées par un quatre-mains audacieux : Aurélia
Fronty et Christine Destours se répondent à merveille.
Le dossier pédagogique de Judith Birnbaum raconte l’histoire,
l’origine et le fonctionnement de l’instrument.
Les rêves de Petit Cheval - À la découverte du piano. Leigh Sauerwein
(texte), Isabelle Aboulker (musique), Christine Destours &
Aurélia Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).
Monsieur Hérisson a disparu - À la découverte du violon. Leigh Sauerwein
(texte), Régis Campo (musique), Christine Destours & Aurélia
Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).
Gallimard
Jeunesse musique, « Mes premières découvertes des
instruments », 32 p., 14 €. www.gallimard-jeunesse.fr/jukebox/accueil.php?tranche=t1
Jardins de l’Opéra Comique : Destinés au jeune public, ces « Jardins »
prennent la forme de contes musicaux, réductions d’œuvres, spectacles
oniriques en regard des nouvelles productions de la saison,
au tarif unique de 11 € (saison 2007-2008 : La Boîte à joujoux de Claude Debussy ;
Pierrot Cadmus de
Denis Carolet ; La
Véritable Histoire de Zampa ;
Rapt, vol et brigandage à l’Opéra Comique ; Momo
de Pascal Dusapin ; Le
Jazz animé). Parallèlement à cette programmation,
l’Opéra Comique organise des sessions à destination des groupes
scolaires pour qu’ils se familiarisent avec son répertoire,
ses métiers, sa place dans la société et la culture. Les
enseignants se voient proposés des sessions et un dossier pédagogique
illustré qui éclaire le contexte de la création des œuvres et
fait le lien avec les matières enseignées. Renseignements & inscriptions :
01 42 44 45 45. jeunepublic@opera-comique.com
ou www.opera-comique.com
Aurélie Clément
***
Manifestations
et Concerts
Haut
« Jazz à La Villette ». Jusqu’au 9 septembre 2007,
Wayne Shorter, Steve Coleman & Julien Lourau ont carte
blanche et invitent leurs amis… Renseignements : 01 44 84 44 84. www.jazzalavillette.com
En l’Auditorium du Musée Guimet, Bimbavati Devi, groupe de danse classique Manipuri, se produira les
vendredi 7 et samedi 8 septembre, à 20h30. Avec Guru
Kalavati Devi & Draupadi Devi (chant), Th. Brojen Singh
(pung : percussion traditionnelle du Manipuri), Gour
Pal (flûte) et Nichola (sitar). Renseignements : 6,
place d’Iéna, Paris XVIe. Tél. : 01
40 73 88 18. auditorium@guimet.fr
En ce même Auditorium Guimet, le vendredi 21 septembre, à 20h30, Chant carnatique avec T. V. Gopalakrishnan
et ses musiciens.
Au Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC) : « L’identité
américaine dans sa musique : de Aaron Copland à Steve
Reich ». Jeudi 20 septembre 2007, à 19 heures.
Avec la participation de Pierre-Albert Castanet, Daniel Caux,
Makis Solomos et François Coadou. Animateur : Philippe
Lalitte. Entrée libre (réservation obligatoire
au : 01 58 71 01 20). Renseignements : www.cdmc.asso.fr
Steve
Reich
À
la Rotonde des locomotives de Longueville, sera donné,
le dimanche 23 septembre, à 16 heures – dans le cadre du Festival
d’Île-de-France – le concert « Un train pour le Far East » :
Quartet in four parts
(John Cage), Black Angels :
Treize images pour pays sombres, pour quatuor à cordes
électrifié (George Crumb) et Different
Trains, pour quatuor à cordes & bande magnétique (Steve
Reich). Avec le quatuor Diotima. Possibilité
d’effectuer le trajet en train à vapeur (au départ de
la Gare de l’Est, Paris). Renseignements : Musée
des Locomotives, rue Louis-Platriez, 77650 Longueville (Seine-et-Marne).
Tél. : 01 64 08 60 62. www.festival-ile-de-france.com
Rotonde
des locomotives
La 25e édition de Musica, festival international des musiques
d’aujourd’hui, se déroulera à Strasbourg, du 26 septembre
au 14 octobre 2007 : 35 manifestations, 58 compositeurs,
40 créations & premières françaises, 100 œuvres.
Renseignements : Cité de la musique
et de la danse – 1, place Dauphine, 67000 Strasbourg. Tél. :
03 88 23 46 46. www.festival-musica.org
Symposium François Bayle. Dédiée au compositeur français (notre
photo), cette manifestation « Die
Klangwelt der akusmatischen Musik » se déroulera
à Cologne, du 9 au 12 octobre 2007. Incluant quatre
concerts de musique acousmatique. Renseignements :
www.fbayle.fr /
www.uni-koeln.de/phil-fak/muwi/events/bayle2007.html
« Vingt lieux sur la mer » : Pour célébrer ses 20 ans
de créations, l’Ensemble Musicatreize propose, le vendredi
14 septembre 2007, à 20h30 - en association avec le Nederlands
Kamerkoor - un grand concert en la Chambre de Commerce de
Marseille (sise sur la Canebière) : Lux Aeterna de György Ligeti ; En un jardin secret de Lucien Guérinel ;
Figure humaine de
Francis Poulenc ; Avoaha
de Maurice Ohana. Avec la participation des pianistes
Marie-Josèphe Jude & Jay Gottlieb, ainsi que des percussionnistes
Roland Auzet, Florent Jodelet & Christian Hamouy.
Dir. Roland Hayrabedian & Klaas Stok. Le lendemain,
samedi 15 septembre : « Parcours-concerts à travers
la ville ». Renseignements : 04 91 00 91 31. www.musicatreize.org
Musicatreize
et palissade
Concerts de Midi Trente au Musée d’Orsay : Dix-neuf concerts
de musique de chambre et de récitals mettent à l’honneur jeunes
artistes & artistes confirmés, dans un répertoire allant
des musiques espagnoles, suisses et russes à la chanson française.
Renseignements : 01 40 49 47 57.
www.musee-orsay.fr
Musiques de chambre au Louvre. Résolument germanique, ce cycle
annuel de treize concerts se déroulera en l’Auditorium du
Louvre, du 26 septembre 2007 au 14 mai 2008. Renseignements : 01 40 20 51 04. www.louvre.fr
Francis
Cousté
L'édition
musicale
Haut
Nikolaï MIASKOVSKY :
Sonate n°1, op. 12 pour violoncelle et piano. Chant
du Monde (31-33, rue Vandrezanne, 75013 Paris) : VC 4484.
2005. 31 p. + 12 p.
- Sonate n°2, op. 81 pour violoncelle et piano (ou alto
et piano). Chant du Monde : VC 4470. 2005.
56 p. + 16 p.
- Concerto pour violoncelle, op. 66 (réduction pour violoncelle
et piano). Chant du Monde : VC 4455. 2005.
37 p. + 16 p.
- Réminiscences, op. 29. Excentricités, op.
25 pour piano. Chant du Monde : PN 4495.
s.d. 33 p.
« Le Chant du Monde », spécialisé dans les disques
notamment de musique russe, édite aussi des partitions présentées
avec grand soin. Parmi les récentes productions de la collection
« XXe siècle », figurent des œuvres de
N. Miaskovsky et de D. Chostakovitch.
Nikolaï Miaskovsky (1881-1950), compositeur et pédagogue soviétique,
professeur de composition - célèbre dans les années 1920 - a
composé, entre autres, des pages de musique de chambre.
La Sonate n°1 op. 12, pour violoncelle et piano, comporte
deux mouvements contrastés : un Adagio méditatif
convenant parfaitement à la sonorité du violoncelle ; un
Allegro passionato mettant la technique et la virtuosité
en valeur. (À noter : le verso de la dernière page de la
partie de violoncelle reproduit en fait la p. 12 de la partition
piano/violoncelle). La Sonate n°2, op. 81, pour violoncelle
(ou alto) et piano, est dédiée à M. Rostropovitch. Le
compositeur maîtrise parfaitement l’écriture pour violoncelle
et piano, dont le rôle est loin d’être secondaire. Le
Concerto pour violoncelle et orchestre, op. 66,
datant de 1944, compte parmi ses œuvres les plus populaires.
La présente partition en est une réduction pour violoncelle
et piano.
Celui qui a contribué à la renaissance de la musique de chambre
russe est aussi l’auteur de Réminiscences, op. 3 pour
piano, miniatures assorties d’indications évocatrices («…réminiscence…»,
«…insomnie… », « …perdu dans la neige… »).
Ce volume est complété par Excentricités, 6 petites pièces
op. 25 composées entre 1917 et 1922, de facture assez classique
(d’après l’édition de 1937).
Dimitri CHOSTAKOVITCH :
Onze pièces pour violoncelle et piano. Chant du Monde :
VC 4176. s. d. 32 p. + 12 p. Romance
pour violon et piano. Chant du Monde : VC 4198.
s.d. 3 p. + 1 p.
Dimitri Chostakovitch (1906-1975), musicien emblématique du
régime soviétique, professeur dans plusieurs conservatoires
- dont celui de Moscou -, est surtout connu par ses symphonies.
Sur ces 11 Pièces pour violoncelle et piano, neuf sont
des arrangements de musiciens russes contemporains. Leurs
titres évocateurs ne sont pas sans rappeler un peu l’Album
à la jeunesse de R. Schumann. Le violoncelle expressif est
soutenu par le piano qui contribue à créer des atmosphères variées.
Sa brève Romance, op. 97a, arrangée pour violon et piano
par C. Fortunatov, est aussi marquée par l’expressivité de l’âme
russe.
Guy MORANÇON : Trois pièces pour grand-orgue.
Chant du Monde : OR 4484. s.d. 26 p.
« Le Chant du Monde » ne s’intéresse pas qu’à l’école
russe. Guy Morançon (°1927), organiste, chef d’orchestre
et compositeur, s’inspire, dans ses Trois pièces pour
grand-orgue, de citations de l’Apocalypse, évoquant
notamment : « Un signe grandiose »ou encore
« Le dragon à sept têtes et dix cornes ».
Il excelle dans la traduction musicale figuraliste du mystère,
du mysticisme et la peinture d’atmosphère. Cette édition, d’une
remarquable précision concernant la registration, les tempi,
la dynamique et, en général, les intentions du compositeur,
s’adresse à des organistes et solfégistes chevronnés ;
elle comblera une lacune dans le répertoire organistique du
« XXIe siècle » (selon le titre de la collection).
Gaël LIARDON :
Chorals pour orgue. Fleurier, Cantate Domino :
CD 3091. 52 p. (2a, rue du Sapin, CP 156, CH-2114 Fleurier).
Les organistes manquent souvent de paraphrases fonctionnelles
portant sur des psaumes, des chorals, l’année liturgique (Avent,
Pâques, Pentecôte…) ou sur des thèmes particuliers. Dans
ses 27 arrangements (1995-2006), G. Liardon propose des versions
manuscrites, avec indications de registrations diversifiées
(plein-jeu, pour l’ouverture ; hautbois, pour le cantus
firmus traditionnel énoncé en valeurs longues (pédale, superius)).
La référence des Psaumes français est précisée dans l’orthographe
du XVIe siècle, tout comme l’incipit des Chorals
allemands. Pour le Psaume 137, le compositeur renforce
les figuralismes (« rives aquatiques » : évoquées
en croches et batteries de doubles croches). Cet ouvrage
rendra service aux organistes soucieux de respecter les mélodies
traditionnelles et d’élargir leur répertoire cultuel.
Michel POILLOT :
Cours d’harmonie pratique au clavier. Voix nouvelles
(38, rue des Remparts
d’Ainay, 69002 Lyon. info@voixnouvelles.com). 24 x 30, 174 p. 30 €.
Ce remarquable manuel s’adresse en premier lieu à ceux qui
sont chargés d’accompagner les chants liturgiques, parfois de
préluder et de postluder sur des mélodies tonales de facture
classique (y compris le répertoire actuel). Excellente
initiation à l’harmonie en général, à la basse chiffrée en particulier.
Accompagné d’exercices très judicieux, ce cours - particulièrement
adapté à son objet - rendra d’immenses services aux accompagnateurs,
organistes et improvisateurs.
Édith Weber
FORMATION MUSICALE
Pierre CHEPÉLOV & Benoît MENU : La dictée en musique. Niveau début de 1er cycle. Textes
du répertoire. 1 vol. avec CD, 1 vol. de corrigés. Lemoine :
28440HL.
Ce
recueil est divisé en quatre parties : Rythme, Mélodie,
Mélanges, Dépistage de fautes, offrant ainsi à l’élève les différents
types d’exercices aujourd’hui en usage. Les dictées de rythme
fournissent la mélodie et les dictées mélodiques comportent
les indications de rythme. L’ensemble est réalisé avec beaucoup
de soin et les textes musicaux font appel au répertoire de tous
temps et tous styles, de Guillaume Dufay à Gilbert Amy en passant
par des « traditionnels » de divers pays. Il
faut également souligner l’intérêt du CD qui donne souvent de
larges extraits des œuvres, bien au-delà de ce qui est nécessaire
à la dictée, permettant ainsi de faire goûter aux élèves les
musiques qu’ils écoutent. La préface de Marguerite Labrousse
fait d’ailleurs excellemment ressortir les qualités de ce travail.
Guillaume SAINT-JAMES : Écoute…
c’est pas pareil ! 14 comparaisons
sonores pour comprendre et expliquer la musique. 1 livre,
1 CD, 4-5 ans / 1 livre, 1 CD, 6-7 ans. Fuzeau Jeunesse.
La
philosophie des deux volumes est la même : permettre un
éveil sensoriel du jeune âge. Les illustrations de Bos
sont tout à fait adaptées à leur public. Il s’agit d’une sorte
de « livre d’images » perfectionné qui commente chacune
de ses pages. Ne soyons pas étonné de la durée réduite des CDs
(autour de 10’). Ces durées sont, au contraire, tout à fait
adaptées à l’âge des enfants auxquels ces petits livres cartonnés
aux pages résistantes s’adressent. Les enfants aimeront
écouter inlassablement le CD qui se déroule comme une histoire.
Le volume pour les 4-5 ans fait évidemment appel à des comparaisons
moins compliquées : hauteurs, timbres, styles, le tout
de façon toujours simple mais exacte. Le volume des 6-7
ans constitue une initiation beaucoup plus « pointue »,
avec emploi de termes spécifiques. Tous deux sont remarquablement
faits et on y trouve plaisir - de 4 à… beaucoup plus que 7 ans !
Les deux livres constitueront aussi, bien sûr, une occasion
de dialogue fécond entre enfants et parents !
CLAVECIN
Johann Ludwig KREBS : Clavier-Übung
(IIIe partie – 6 sonatines), ca
1744. « FacsiMusic », Fuzeau Classique :
50126.
Les
éditions Fuzeau mettent à notre disposition six sonatines de
ce compositeur qui fut, à la Thomasschule de Leipzig, l’un des
meilleurs élèves de J.S. Bach. Organiste et claveciniste de
renom, il écrivit quantité d’œuvres dont beaucoup sont restées
manuscrites. Les six sonatines publiées ici sont très intéressantes
et ne demanderont qu’un effort de lecture de clés pour être
aisément interprétées. Publiée sous la direction de Jean
Saint-Arroman, la collection « Facsimusic »
regroupe des partitions de 5 à 25 pages non préfacées.
Le propos de l’éditeur est, notamment, de garder la qualité
de ses autres éditions en fac-similé, mais d’en minorer le coût.
Charles Alexandre JOLLAGE : Premier
livre de pièces de clavecin, 1738. « FacsiMusic »,
Fuzeau Classique : 50105.
Il
s’agit ici, semble-t-il, du seul recueil connu de cet organiste
du roi de Pologne Stanislas Leczinski, qu’il suivit dans son
exil. Il fut organiste par quartier à Notre-Dame, en compagnie
de Louis Claude Daquin et Armand-Louis Couperin. Tout à fait
dans le style de l’époque, ces diverses pièces comportent des
titres évocateurs comme Le Postillon, l’Agitée, la Résolue. On
y trouve en particulier deux exemples de « pièces croisées » :
L’Agitée et La Tranquille, chose rare, en France, après Couperin.
PIANO
Christian Gottlieb NEEFE : Fantasia
per il Clavicembalo, ca 1798. « FacsiMusic »,
Fuzeau Classique : 50124.
Toujours
dans la collection « FacsiMusic », nous trouvons cette
Fantaisie de Neefe. Il est fascinant de constater combien, en moins
de cinquante ans, l’écriture pour clavier a évolué en passant
du clavecin au piano. Cette œuvre est, en effet, pleinement
pianistique. Par sa liberté de style et l’appel aux ressources
les plus extrêmes du nouvel instrument, elle évoque déjà l’écriture
pianistique d’un Beethoven. Neefe n’en fut-il pas le maître,
l’ami et le protecteur pendant quelques années ? Il s’agit
d’une succession de courts mouvements variés et très caractérisés
formant un ensemble qui soutient constamment l’attention et
l’intérêt. À découvrir absolument.
Dimitri TCHESNOKOV : 20 Préludes
pour piano, op. 2. Delatour : DLT 1376.
Ne
nous y trompons pas : ce jeune compositeur ukrainien, né
à Vokhma en 1982, n’est plus un débutant. À son actif,
de nombreuses œuvres, notamment deux concertos pour piano. Les
pièces ici publiées, écrites en 1999, portent bien leur nom.
À elles vingt, elles durent, en tout, cinq ou six minutes. Extrêmement
variées, chacune constitue un séduisant petit tableau de quelques
secondes.
VIOLON
Siegbert RAMPE & Dominik SACKMANN : Violon, vol. III. « Méthodes et Traités ». Fuzeau Classique :
6391.
Ce
volume fait partie d’une série de quatre, consacrés aux méthodes
et traités de violon parus en Allemagne & Autriche de 1600
à 1860. Il couvre une période allant de 1774 à 1780. On y trouve les fac-similés intégraux de
Anweisung zum Violinspielen de George Simon
Löhlein, Schreiben über
die Berlinische Musik et Antwort
Schreiben eines Ton-Künstler (publié en 1782) de Johann
Friedrich Reichardt, et Uiber meine Violine de Karl Tauber von Tauberfurt. Bien
sûr, il vaut mieux être germaniste pour aborder ce volume…
ALTO
Igor RAYKHELSON : Adagio pour
alto (ou violon) et orchestre. Réduction pour alto (ou violon)
et piano. Leduc : AL 29851.
Une
œuvre attachante et lyrique de ce compositeur russe qui collabore
depuis peu avec les éditions Leduc. De longues phrases expressives
se déroulent sur des harmonies poignantes. L’œuvre se déroule
en trois parties : un adagio tranquillo puis un animato
en forme de valse au double du mouvement initial, enfin retour
à l’adagio initial.
FLÛTE TRAVERSIÈRE
Joseph BODIN de BOISMORTIER : Sonates
à deux flûtes traversières sans basse. Œuvre premier, 1724.
« FacsiMusic ». Fuzeau Classique : 50104.
C’est
toujours un plaisir de disposer des œuvres du prolixe compositeur
parisien qui connut un grand succès sous la Régence. Comme toujours
dans cette collection, la reproduction fac-similé est d’une
exceptionnelle lisibilité et ce sera un plaisir pour les flûtistes
de pouvoir directement jouer d’après cette édition de 1724.
Paul TAFFANEL : Fantaisie sur
« Françoise de Rimini », opéra d’Ambroise Thomas
pour flûte et piano. Révision de la partie de flûte par Philippe
Bernold. Billaudot : G6603B.
On
ne présente plus ces fantaisies brillantes qui ont fait le succès
des salons du Second Empire et le bonheur des flûtistes. Celle-ci
diffère cependant des autres par son caractère plus intérieur
et dramatique. Les thèmes retenus par Taffanel sont tirés exclusivement
de thèmes instrumentaux de l’opéra. Est-il nécessaire de rappeler
que Taffanel est un peu le père de la flûte moderne et qu’il
aura formé, entre autres, Philippe Gaubert ?
CLARINETTE
Georg Philipp TELEMANN : 12
fantaisies. Adaptation originale pour clarinette en sib ou en la, par Jean Marc
Fessard. Delatour : DLT0353.
Il
s’agit d’une adaptation des Douze fantaisies pour flûte seule. Bien
que les douze fantaisies puissent se jouer sur clarinette en
sib, pour huit d’entre elles la clarinette
en la est préférable.
L’adaptation suit fidèlement les éditions de 1732 et 1733. L’adaptateur
a seulement ajouté des indications d’articulation. Nul doute
que les clarinettistes apprécieront l’adaptation scrupuleuse
de pièces aussi intéressantes.
SAXOPHONE
Thomas GUBITSCH : Clair obscur
pour saxophone alto & dispositif électroacoustique.
Leduc : 1 cahier AL30371 + 1 CD AL30372.
Né
en 1957 à Buenos Aires, ce compositeur, virtuose de la guitare,
devint une « rock star » en Argentine. Lors
de son passage à Paris avec Astor Piazzolla, en 1977, il décide
de s’y installer pour échapper à la dictature. Il joue alors
avec Stéphane Grappelli, Michel Portal et bien d’autres.
La pièce proposée est une commande du Centre culturel André
Malraux et du CNR de Nancy. Que dire de plus que ce qu’en dit
l’auteur : « Bon, bien sûr, il y a cette idée de jeu
sur les contrastes. Mais surtout il y a ce questionnement sur
ce qui est contemporain et ce qui est actuel en musique. Il
y a ceux qui s’interrogent (j’en fais partie) et ceux qui savent.
Ces derniers le disent haut et fort à la télé, à la radio et
dans les journaux… and
yet… ». C’est, en tout cas, de la musique, et
de la bonne !
Thomas GUBITSCH : Des bords
déments pour saxophone alto & dispositif électroacoustique.
Leduc : 1 cahier AL30387 + 1 CD AL30388.
Cette
œuvre est une commande des mêmes instances. Là encore, je laisserai
la parole à l’auteur : « S’il fallait sombrer dans
l’excès pour être un petit peu plus nous-même, allons-y sans
retenue. Je ne garde aucun souvenir émouvant de la modération,
et vous ? »
Thomas GUBITSCH : Pour mémoire…
pour saxophone alto & dispositif électroacoustique.
Leduc : 1 cahier AL30389 + 1 CD AL30390.
Écrite
dans les mêmes circonstances, cette œuvre offre les mêmes qualités
que les précédentes. Laissons encore la parole à l’auteur :
« Sur les traumatismes mortifères provoqués par les terrorismes
d’État, pas d’oubli, pas de pardon. ». Lorsqu’on se souvient
des circonstances qui ont conduit l’auteur à s’installer à Paris,
on comprend l’âpreté du discours musical.
MUSIQUE DE CHAMBRE
Igor RAYKHELSON : Réflexions
pour violon (ou flûte), alto et orchestre. Réduction pour
violon (ou flûte), alto et piano. Leduc : AL29848.
Né
à Saint-Pétersbourg, Igor Raykhelson est un compositeur contemporain
qui a reçu, au Conservatoire Rimsky-Korsakov, une formation
aussi bien classique que jazz. Il collabore fréquemment
avec l’altiste Yuri Bashmet. L’œuvre ici proposée est
profondément lyrique et passionnée – telle une rhapsodie qui
se déroule dans une tension toujours renouvelée. Une œuvre superbe,
à découvrir.
Daniel Blackstone
Haut
Bibliographie
Christine JOLIVET-ERLIH :
Écrits d'André Jolivet. Delatour,
2vol.
17,5 x 24 cm, 818 p., ill. n&b et couleurs.
52 €.
Transcrits,
présentés et annotés par Christine Jolivet-Erlih, fille du compositeur, ces textes, rédigés entre
1921 et 1974, rappellent
qu’André Jolivet (1905-1974) a embrassé l’ensemble des questions
de création, de pédagogie et de diffusion musicales, à l’époque
même où se structuraient la politique et l’administration
de la culture en France. C’est ainsi un grand destin musical
qui se dessine au travers d’écrits autobiographiques, professionnels
et publics. Compositeur, André Jolivet entendait bien l’être,
non pour s’abstraire des réalités, mais pour s’en ressaisir
avec sincérité et, surtout, pour se relier aux autres.
Par cette double exigence, la générosité et les difficultés
qu’elle implique, l’histoire intellectuelle que dessinent
ces écrits intéresse aussi notre présent. Cette publication
permet aussi de découvrir le corpus des dessins d’un musicien
que tous les champs du sensible passionnèrent.

André Jolivet,
juin 1940
Gérard Denizeau
Marc
PERRENOUD : Les
musicos. Enquête sur des musiciens ordinaires. « Textes
à l’appui. Enquêtes de terrain », La Découverte. 324 p.,
22 €.
Le
bassiste toulousain M. Perrenoud a fait de ses dix ans de
pratique professionnelle une enquête ethnographique, livrée
ici en des récits vivants et pleins de musique qui dialoguent
avec un solide appareil théorique. D'une écriture fluide
et précise comme une walking
bass, l'auteur examine le déroulement des carrières (s'approprier
/ répéter / jouer / enregistrer / tourner / durer) et trace
ainsi avec intelligence et humanité le portrait des musicos,
ces musiciens sans gloire ni fortune mais qui,
de bals en bars ou rares concerts, « ne font que
ça ».
Pierre-François
COEN et Madeleine ZULAUF (éds) : Entre savoirs modulés et savoir moduler : l'Éducation musicale en
question. Préface de Martine Wirthner. « Sciences
de l'Éducation musicale », L'Harmattan. 270 p. 22,50 €.
Dans
la relation entre enseignant et apprenant, comment se définissent
les savoirs musicaux ? Cette question complexe se trouve
ici discutée par dix intervenants aux Journées francophones
de recherche en Éducation musicale (Fribourg, 2004).
D'horizons très divers, ils rendent compte de réflexions et
expériences souvent intéressantes (dont « Dix mois d'école
et d'opéra » de D. Fouache), que les deux éditeurs viennent
très heureusement cadrer.
Paul Gontcharoff
Catherine CESSAC : Jean-Féry Rebel (1666-1747).
Musicien
des Éléments. « Sciences de la musique,
série Études ». CNRS Éditions. 15 x 23 cm,
192 p., ill. n&b, ex. mus. 30 €.
Assurément
moins connu que Campra, Rameau ou Lalande, le compositeur
Jean-Féry Rebel n’en est pas moins une figure majeure de la
musique française – notamment instrumentale – du XVIIIe
siècle. Appartenant à une dynastie de musiciens qui
s’étendit sur trois générations, il fut sans doute le plus
brillant propagateur, en France, de la sonate et de la symphonie
de danse - dont Les
Éléments demeure le meilleur exemple. Outre la biographie
familiale du compositeur, Catherine Cessac présente sa musique
vocale (airs sérieux & à boire ; Ulysse,
tragédie en musique), sa musique de chambre (sonates &
pièces pour violon) et sa musique de danse (Caprice,
Boutade, La Terpsichore, Les Plaisirs champêtres, Les Éléments…).
En riches annexes : documents d’archives, glossaire des
mouvements de danses, catalogue de l’œuvre, bibliographie,
discographie, index…
Sophie
ZADIKIAN : Cosí fan tutte de Mozart.
L’opéra incompris. « Univers musical », L’Harmattan.
276 p., ex. mus., 24 €.
Longtemps
considéré comme une œuvre mineure dans la production opératique
de Mozart, Cosí fait, depuis quelques décennies,
l’objet de relectures passionnées et de mises en scène originales.
Sur l’énigme d’un livret fourmillant de références historiques,
sociales, littéraires et picturales aussi bien que sur les
ambiguïtés psychologiques dont, a piacere, joue le
compositeur, Sophie Zadikian, professeur d’histoire de l’art
et d’analyse musicale, ouvre de toutes nouvelles perspectives.
Les 78 pages d’annexes comportent, notamment, un fort éclairant
catalogue analytique des mises en scène réalisées de 1950
à 2005.
Ronald
LESSENS : Grétry ou Le triomphe de l’opéra-comique
(1741-1813). « Univers musical », L’Harmattan.
272 p., ex. mus., 24 €.
À
celui à qui Voltaire déclara « Vous êtes musicien, et
vous avez de l’esprit ! » et qui souffrit longtemps
d’un injuste ostracisme, il fallait que fût consacrée une
telle réhabilitation – tout au moins bibliographique, dans
l’attente de la réinscription de ses œuvres au programme de
nos scènes nationales. Comment, en effet, Lucile,
Richard Cœur de Lion ou Zémire et Azor ne feraient-elles
pas les belles soirées de la Salle Favart, voire de la Péniche
Opéra ? Musique et livret de chacun de ces ouvrages -
et de bien d’autres - sont ici succinctement analysés.
Charles
ROSEN : Les
sonates pour piano de Beethoven. Un
petit guide. Traduit de l’anglais par Anne Chapoutot
& Georges Bloch. NRF/Gallimard. 15 x 24 cm,
334 p., ex. mus., 1CD (37 extraits musicaux), 24 €.
Corpus
majeur de la culture occidentale, les trente-deux sonates
pour piano de Beethoven méritaient certes pareille étude (trop
modestement sous-titrée « petit guide ») - laquelle
passionnera aussi bien musiciens chevronnés que mélomanes.
Où nous sont proposés, en leur contexte : principes formels
de la tradition (phrasés, tempi, pédale, trilles, limites
du clavier...) et approche stylistique de chaque sonate.
Ensemble assorti de nombreux exemples musicaux, et illustré
(dans le CD inclus) d’extraits significatifs, plus quelques
items empruntés à Haydn, Mozart ou Schubert. Un « in-dis-pensable » !
Deborah
PRIEST : Debussy, Ravel & Stravinsky :
textes de Louis Laloy (1874-1944). « Univers
musical », L’Harmattan. 392 p., illustr., ex. mus.
31,50 €.
Sur
les pénétrants aperçus de l’éminent critique musical, helléniste
et sinologue Louis Laloy – ami et premier biographe de Debussy
-, s’est penchée la pianiste et musicologue australienne Deborah
Priest. Il s’agit là, pour l’essentiel, d’une colligation
de souvenirs personnels et de remarques sur le style, la réception
et l’interprétation des œuvres de ces trois compositeurs.
Passionnante mise en perspective de la vie musicale parisienne
entre 1900 et 1940.
Mary E. DAVIS : Erik Satie.
« Critical lives », Reaktion Books (www.reaktionbooks.co.uk). 13 x 20 cm, 176 p., ill. n&b, £10.95
Enseignante
à l’Université de Cleveland (Ohio) et déjà auteur de Classic
Chic : Music, Fashion and Modernism (2006), Mary
E. Davis met ici en lumière quelques aspects peu étudiés de
la personnalité du « Velvet Gentleman » (aux
sept identiques costumes de velours) : l’initiateur notamment
- bien avant Stravinsky - du Néoclassicisme et ce, au carrefour
Dada de la couture et de la culture, arts visuels, littérature
et musique. Un original complément à l’œuvre de la grande
papesse du satisme, Ornella Volta.
Le
génome musical. Revue « Circuit, Musiques
contemporaines », vol. 17, n°1 (2007) : Presses
de l’Université de Montréal (www.revuecircuit.ca / info@revuecircuit.ca). 21,5 x
22,5 cm, 136 p., ill. n&b, ex. mus, 18 $.
Au
sommaire de cet exceptionnel numéro : L’idée avant
l’œuvre (J. Goldman) ; Towards an Analysis of
Compositional Strategies (Fr. Delalande) ; La
musique dans la philosophie de Wittgenstein (A. Soulez) ;
De l’idée à l’œuvre dans Notation I de Pierre
Boulez (A. Bonnet) ; Enquête : neuf idées
musicales (P. Klanac, Ph. Leroux, Br. Mantovani, Ch. P.
Harman, Kl. Torstensson, Br. Current, M. Lanza, J.-Fr. Laporte,
J. M. Staud) ; Entretien avec Helmut Lachenmann
(A. Heathcote) ; Analyse des Berliner Momente
de Walter Boudreau (M. McKinley) ; Écrits de Tristan
Murail (S. Ferguson) ; À propos du Corps électrique
de Fausto Romitelli (Cl. Ambrosini).
Patrick
REVOL : Conception orientale du temps dans la musique
occidentale du XXe siècle. « Univers
musical », L’Harmattan. 206 p., illustr., ex. mus.,
19 €.
Spécialiste
de l’influence de la musique javanaise sur le langage debussyste,
notre collaborateur élargit ici son propos à l’appropriation,
par les musiciens occidentaux, des paramètres temporels des
arts de l’Asie – sans le pittoresque clinquant à quoi se réduisit
trop longtemps cette influence. Quatre grands chapitres :
Debussy et la prééminence d’un temps nouveau / De John
Cage à Steve Reich / L’exploration temporelle du son :
Scelsi, Grisey, Harvey / Arvo Pärt.
Alain
MÉDAM : Ce que
la musique donne à entendre. À propos du plaisir de l’écoute.
Éditions Liber (Québec). « Distribution du Nouveau
Monde » (30, rue Gay-Lussac, 75005 Paris. Tél. :
01 43 54 49 02. www.librairieduquebec.fr). 15 x
23 cm, 180 p., 23,75 €.
Sociologue
de l’espace urbain, mais également peintre, Alain Médam s’interroge,
cette fois, sur ce que fait entendre la musique par-delà ce
que l’on en perçoit. Comment dire l’indicible, comment
« dénommer » afin que ce que l’on écoute nous parle ?
Nous permettant d’approcher asymptotiquement l’inexprimable…
Lyse
VÉZINA : Le violoncelle.
Ses origines, son histoire, ses interprètes. Éditions
Varia (Québec). « Distribution du Nouveau Monde ».
14,5 x 27,5 cm, 354 p., ill. n&b, cahier
couleurs, $ 34,95.
Signée
par une praticienne chevronnée de l’instrument, membre de
l’Orchestre symphonique de Montréal, voilà une monographie
dont nul violoncelliste ne pourra faire l’économie !
Histoire du violoncelle, de son avènement à nos jours ;
considérations sur les grandes écoles pour instruments à cordes,
l’art de l’archet, la lutherie, les plus célèbres facteurs ;
présentation des plus grands solistes. En langue française,
une somme sans équivalent.
Jonathan
HARVEY : Pensées sur la musique. La quête de
l’esprit. Avant-propos de Danielle Cohen-Levinas.
Traduit de l’anglais par Mireille Tansman-Zanuttini &
Danielle Cohen-Levinas. « Musique et musicologie :
les Dialogues », L’Harmattan. 172 p., ex.
mus., 17 €.
Le
célèbre compositeur anglais - dont vient d’être créé l’opéra
Wagner Dream (2007) - nous livre ici le texte des « Conférences
Bloch » qu’il donnait en 1995, à l’Université Berkeley
de Californie : auscultation de ses propres œuvres aussi
bien que de celles de Bach, Mozart, Beethoven, Wagner, Mahler,
R. Strauss, Webern, Britten, Pärt, Takemitsu… (55 pages d’exemples
musicaux). S’inspirant notamment de la « clairvoyance »
d’un Rudolf Steiner, le musicien développe sa conception de
la dimension ontologiquement sacrée de la musique - paradigme
même, selon lui, de la transcendance.
Peter
SZENDY : Sur
écoute. Esthétique de l’espionnage. « Paradoxe »,
Les Éditions de Minuit. 13,5 x 22 cm, 19 €.
Généralisée
est aujourd’hui la surécoute : en témoignent amplement
scandales politiques nationaux (grandes oreilles de l’Élysée…)
& internationaux (mise sur écoute du secrétaire général
de l’ONU…). Déjà auteur de Écoute.
Une histoire de nos oreilles (Minuit, 2001), le musicologue
Peter Szendy récidive en faisant un historique de l’espionnage
auditif (« second plus vieux métier du monde »,
estime-t-il) - depuis les espions de Jéricho jusqu’à « Echelon », système de télécoute planétaire
mis en place, à des fins désormais civiles et économiques,
par la National Security Agency. Via naturellement les
fantasmes d’écoute dans Orphée, Le Nozze di Figaro et Don Giovanni
(« grand opéra sur l’oreille »), aussi bien que
les projets panacoustiques d’un Jeremy Bentham, pendant de
son fameux Panoptique… Sans préjudice du Terrier de Kafka, du Wozzeck d’Alban Berg et des films d’Hitchcock,
Fritz Lang ou Coppola (auxquels nous pourrions rajouter l’admirable
La Vie des autres
(2007) du réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck).
Lewis
PORTER : John
Coltrane (1926-1967). Sa vie, sa musique. Traduit
de l’anglais par Vincent Cotro. « Contrepoints »,
Outre Mesure (www.outre-mesure.net). 18 x
22 cm, 384 p., ex. mus., ill. n&b. 32 €.
Riche
était déjà la bibliographie consacrée au « Trane »
(ouvrages, notamment, de C.O. Simpkins & J.C. Thomas).
Or voilà que, pour le 40e anniversaire de sa disparition,
les éditions Outre Mesure publient la traduction française
de l’ouvrage universellement reconnu comme le plus complet
et le plus circonstancié à ce jour. Monographie particulièrement
riche, en effet, d’exemples musicaux, analyses, reproduction
de documents, témoignages et iconographie… Et (ce n’est certes
pas indifférent) d’un constant bonheur d’écriture !
François
BASCHET (°1920) : Mémoires
sonores. Préface : Yehudi Menuhin. Postface :
Michel Deneuve. « L’Écarlate », L’Harmattan. 282 p.,
2 cahiers de photos n&b, 26 €.
Bernard
& François Baschet inventaient, en 1952, leurs fameuses
Sculptures sonores
- qui tant fascinèrent un Alexandre Calder -, instruments
de musique strictement acoustiques, sculptés dans des matériaux
tels que le métal, le cristal, le verre, voire le carton rigide.
Instrumentarium aux riches vocabulaire, timbres et sonorités
dont l’électroacoustique fera bientôt son miel… Ils créèrent,
en outre, un instrumentarium simplifié destiné à l’éducation
musicale (notre photo). Un parcours hors du commun qui
nous est ici - au fil de vingt joyeux chapitres - conté par
le menu, dans un style savoureux, riche d’anecdotes.

Carmen
PARDO SALGADO : Approche
de John Cage. L’écoute oblique. Traduit de l’espagnol
par Nathalie Lhuillier. Préface de Daniel Charles. « Musique-Philosophie »,
L’Harmattan. 178 p., 16 €.
À
la fois plasticien & poète, compositeur & mycologue
(music et mushroom
ne voisinent-ils pas dans les dictionnaires ?), le père
du happening ne fut certes jamais victime d’ostracisme de
la part de la gendelettre. Ici placée sous la pieuse
préface de Daniel Charles, cette nouvelle « vie des saints »
ne manquera pas de séduire tout fervent de haute branchitude.
Mehenna
MAHFOUFI : Musiques
du monde berbère. Initiation & écoute interactive. Ibis Press (4, rue des Patriarches,
75005 Paris. Tél. : 01 43 71 28 87. www.ibispress.com).
16 x 24 cm, 96 p., ill. n&b, ex. mus.,
1CD. 30 €.
Déjà
auteur de Chants kabyles de la guerre d’indépendance.
Algérie 1954-1962 (Séguier) et de Chants
de femmes en Kabylie. Fêtes et rites au village (Ibis
Press), l’ethnomusicologue Mehenna Mahfoufi nous présente
ici la musique kabyle au quotidien dans les trois pays du
Maghreb, mais aussi en Europe, dans les pays d’émigration.
À vocation pédagogique, ce précieux ouvrage comporte cinq
parties : Études berbères sur la musique / Passé
& présent / Musique & contexte musical dans la
société berbère / Rythmique & chanson / Instruments
de musique. Ensemble assorti de quatorze exercices à
partir de l’écoute des pièces incluses dans le CD (30 extraits
vocaux et instrumentaux utilisés lors de cérémonies traditionnelles).
Non sans les indispensables lexique vernaculaire, glossaire,
sélection bibliographique et photographies.
Musicien berbère
Philippe
KOECHLIN (1938-1966) : Mémoires de rock et de folk. Préface de Stéphane Koechlin.
Le Castor Astral (tél. : 01 48 40 14 95. www.castorastral.com). 15 x 23 cm,
220 p., cahier de photos n&b, 19 €.
De
la plume joyeusement féroce de celui qui fut le rédacteur
en chef de Jazz Hot,
avant que de fonder en 1966 la revue Rock & Folk, puis de tourner une série de films sur les plus grands
jazzmen, voici les mémoires musicaux. Panorama de toute
une génération qui aura marqué la seconde moitié du XXe
siècle - de Coltrane, Bob Dylan, Ray Charles, les Beatles,
Jim Morrison ou Jimi Hendrix aux principaux acteurs du free
jazz ou du punk, du reggae ou du rap. En quarante-six
brefs chapitres, où alternent portraits de musiciens et de
personnalités du show-business - scènes plaisantes ou émouvantes,
emblématiques d’un certain âge d’or des musiques populaires
issues du blues.
Gerald
& Ralph FARIS : Janis
Joplin (1943-1970) & Jim Morrison (1943-1971) face au
gouffre. Le trouble de personnalité limite.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par François Tétreau.
Le Castor Astral. 15 x 23 cm, 240 p.,
19 €.
Sans
vouloir aucunement réduire le talent de ces deux artistes
(qui furent ses patients) à leurs troubles de la personnalité
(border lines, états
limites caractérisés), Gerald Faris, professeur de psychologie
à l’Université de Yale, ne s’interroge pas moins sur leurs
comportements outranciers, leurs pulsions autodestructrices,
la nature profonde de leur détresse, la manière dont on aurait
pu les secourir… Et ce, à la lumière des plus récentes avancées
de la psychanalyse. Après une minutieuse description
de la maladie elle-même, le thérapeute - assisté de son frère
Ralph, professeur de sociologie - établissent une manière
de verbatim des
séances de psychanalyse auxquelles participèrent Janis et
Jim, à peu près à la même époque.
Simha
AROM & Frank ALVAREZ-PÉREYRE : Précis d’ethnomusicologie. CNRS
Éditions (www.cnrseditions.fr).
14 x 22 cm, 244 p. 18 €.
Après
tant de pesantes sommes dédiées à l’ethnomusicologie, voici
enfin – signé d’éminents spécialistes - le compendium qui
rendra de signalés services à tous ceux qui s’interrogent
sur cette discipline et ses méthodes - théorie & pratique,
hommes & cultures, matériel sonore & instruments.
Sont successivement abordés : les aspects historiques
& conceptuels, les champs disciplinaires, les courants
& écoles / les outils & démarches sur le terrain /
la manière dont les sociétés humaines ordonnent la substance
musicale. Pour tout amateur des musiques du monde, un
« incontournable ».
La musique de tango argentin expliquée
aux danseurs & aux musiciens. Conférences
enregistrées, résumées et traduites par Pierre Canals.
Association Plaisir Tango (116, fg des Trois-Maisons, 54000
Nancy. Tél. : 03 83 41 28 01. plaisir.tango@free.fr). 14,5 x
21 cm, 30 p., ill. n&b, ex. mus. 8 €.
Il
s’agit là de la transcription de conférences données par l’Orquesta
Típica Imperial de Buenos Aires. Où il est notamment
question de l’arrastre,
de la yumba, du
bordoneo, du coral ou encore
de la technique du staccato,
façon tango.
László
SÁRY & Judit GÓCZÁN : Conte nomade. Pièce
pour 6 chanteurs, 6 instruments à vent, un tam-tam et un cymbalum.
Ensemble Musicatreize, dir. Roland Hayrabedian. Actes
Sud /Musicatreize. Album cartonné : 20,5 x
20,5 cm, 80 p., ill. couleurs, CD inclus, 25 €.
Sur
la partition du compositeur hongrois László Sáry (°1940),
inspirée d’un poème de Sándor Weöres, la dramaturge Judit
Góczán (°1974) a imaginé une manière de « conte dans
le conte » figurant une cérémonie ancestrale – acte magique
entre l’homme et les forces cosmiques, voyage poético-initiatique
où se conjuguent le mythe et le jeu. Plus proche de
Boulez que de Bartók, la musique crée un climat étrangement
onirique. Superbes illustrations hiératiques, signées
József Szurcsik.
Francis
Cousté
Jean-Yves
REUZEAU : Janis Joplin. Gallimard, « Folio
biographies », 422 p., 8,20 €.
En
ouvrant ce livre, on effectue un vol plané dans l’univers
musical sulfureux, solitaire, alcoolisé, boosté à l’héroïne
des années 1960. Le lecteur découvre une sauvageonne
mal dans sa peau, perdue dans un Texas réactionnaire. Sur
la route, il suit les rencontres plus ou moins bénéfiques
d’une paumée passionnée. Il découvre, quelques déconvenues
plus tard, une femme incroyablement sensuelle qui devient
la plus grande chanteuse de blues blanche. Jean-Yves
Reuzeau raconte avec justesse le « destin démesuré »
d’une icône. Il dépeint la vie à bout de souffle d’une génération,
l’histoire d’une musique qui surprend. Ce livre parfaitement
documenté et extrêmement précis est un hommage à l’icône d’une
époque qui a tant fait pour le rock.
WU
MING 1 : New thing. Métailié. 224 p.,
18 €.
New
York, 1967 : les esprits s’échauffent, les manifestations
racistes se multiplient. Le free-jazz bouscule les mœurs,
ses musiciens dérangent. D’ailleurs, on en assassine quelques-uns.
La police enquête vaguement. Une jeune journaliste s’empare
de l’affaire… elle disparaîtra. Quarante ans plus tard, les
protagonistes d’une époque révolue se souviennent. Ce
livre est conçu tel un morceau de la New Thing. Le thème – l’enquête
policière – n’est plus central, il sert de prétexte à la description
d’un monde d’écorchés. Les narrateurs se répondent tels des
musiciens. Chacun sa mélodie, son harmonie, son rythme. L’ensemble
est parfaitement construit. New Thing, un des
titres de la rentrée assurément.
POUR
LES PLUS JEUNES
Gérard
MONCOMBLE (texte), BARROUX (illustrations) : Les
trois notes d’Hyppolite Isocèle. Album illustré. Dès
5 ans. Nathan. 32 p., 12 €.
Hyppolite
joue du triangle dans un orchestre symphonique. Mais un beau
jour, il se convainc que personne n’entend ses trois notes.
Il veut changer d’instrument. Avec lui, le lecteur découvre
un trombone « épatant », une harpe qui « rappelle
la planche à voile », une cornemuse qui « glousse »
et « caquette »… Les illustrations aux couleurs
vives et le texte très imagé assurent une connaissance de
la musique en poésie.
David
MERVEILLE (texte et illustrations) : Juke-Box.
Album illustré. Éditions du Rouergue. 48 p., 11,50 €.
Un
café, un juke-box, des consommateurs. Résultat : le client
choisit sa musique, le bistrot se transforme, les habitués
se métamorphosent. Leurs rêves se réalisent : ils chantent,
dansent, s’amusent. Opéra, jazz, hip-hop, chacun sa musique !
David Merveille nous emmène dans un drôle de voyage musical
sans texte. Un album aux couleurs éclatantes et aux multiples
clins d’œil.
Jacques
PRÉVERT (textes), Jacqueline DUHÊME (images) : Balades.
Gallimard Jeunesse. Album illustré. 142 p., 16 €.
Gallimard
Jeunesse nous offre un magnifique livre pour les 30 ans de
la mort de Jacques Prévert. Un chansonnier qui connaissait
la puissance des mots. Un auteur qui a permis à de nombreux
enfants d’aimer la poésie. Jacqueline Duhême, son amie et
pionnière dans l’illustration jeunesse, peint avec fantaisie
et douceur 30 histoires et poèmes : Chanson pour chanter
à tue-tête et à cloche-pied, Chanson des escargots qui vont
à l’enterrement, Chanson du mois de mai, Page d’écriture,
Le cancre, En sortant de l’école. Un livre unique
à offrir aux enfants… et aux adultes.
Gallimard
Jeunesse Musique lance une nouvelle collection promise
au plus grand succès. « Mes premières découvertes
des instruments » (32 p., 14 €) présente un
instrument par ouvrage pour aider les enfants à choisir leur
instrument de prédilection. Un texte de Leigh
Sauerwein est mis en musique par un compositeur de talent.
Les partitions d’Isabelle Aboulker et de Régis Campo révèlent
aux plus jeunes l’extraordinaire richesse, la palette et les
possibilités d’un timbre instrumental. Le piano et le violon,
pour les deux premiers titres. Les livres, plus grands,
font la part belle à des illustrations aux couleurs vives
réalisées par un quatre-mains audacieux : Aurélia Fronty
et Christine Destours se répondent à merveille. Le dossier
pédagogique de Judith Birnbaum raconte l’histoire, l’origine,
le fonctionnement de l’instrument.
Les rêves de Petit
Cheval, à la découverte du piano : Leigh Sauerwein (texte), Isabelle Aboulker (musique),
Christine Destours et Aurélia Fronty (illustrations), Judith
Birnbaum (dossier pédagogique).
Monsieur Hérisson
a disparu, à la découverte du violon : Leigh Sauerwein (texte), Régis Campo (musique),
Christine Destours et Aurélia Fronty (illustrations), Judith
Birnbaum (dossier pédagogique).
Gallimard
Jeunesse musique, « Mes premières découvertes
des instruments » :
http://www.gallimard-jeunesse.fr/jukebox/accueil.php?tranche=t1
Aurélie
Clément
Haut
CDs et DVDs
Jean-Sébastien BACH : h-moll Messe. Rondeau
Production (Heinrich-Brandt-Strasse 18, D-91575 Windsbach) :
ROP 4009/10. 2C. TT : 54’28 + 52’56.
Le célèbre Thomanerchor, l’Orchestre
baroque de Leipzig, d’excellents solistes et le Cantor Georg
Christoph Biller signent une nouvelle version de la Messe
en si mineur parfaitement équilibrée entre voix
et instruments. Elle s’impose par son excellente technique
vocale et sa densité spirituelle. Dans cette œuvre intemporelle,
Bach respecte scrupuleusement le Credo en sa version
catholique. Le paysage vocal, grâce notamment aux voix de
garçons bien stylées, est tout à l’honneur de la réputation
de l’École saint Thomas.
Gaetano VALERI : Concerti
per organo e Sinfonie per orchestra. Tactus (via
Tosarelli, 352, I-40055 Villano di Castenaso, Bologna. info@tactus.it / CD Diffusion : 28, route d'Eguisheim BP 4, F-68920 Wettolsheim) :
TC 762201. TT : 60’42.
Ce premier enregistrement mondial
de Gaetano Valeri (1760/64-1822), musicien italien, organiste
responsable des nouvelles orgues de G. Callido, maître de
chapelle à la Cathédrale de Padoue, professeur de chant
grégorien et de chant polyphonique à l’école de la Cathédrale,
retiendra l’attention. Les auditeurs ne seront pas dépaysés
par un souffle mozartien planant sur ces pièces pour orgue
et orchestre, de facture classique, en trois ou deux mouvements
contrastés. Au total : 7 pièces agréables à entendre,
interprétées en connaissance de cause par le Hermans Consort
(instruments d’origine), L. Scandali (orgue), placés sous
la direction de F. Ammetto.
Louis VIERNE : 3e Symphonie.
Marcel DUPRÉ : Préludes et Fugues op. 7.
Tempéraments (Radio France, pièce 10357 / Distrib. Harmonia
Mundi) : TEM 316037. TT : 56’42.
L’originalité de cet enregistrement
consiste à réunir le maître, L. Vierne (1870-1937) et l’élève,
M. Dupré (1886-1971) autour de la 3e Symphonie,
op. 28 du premier, créée en 1912 par son dédicataire (M.
Dupré), oscillant entre énergie, expressivité, méditation
et passion. Vincent Dubois (°1980) a retenu l’orgue
historique Cavaillé-Coll de l’Abbatiale St-Étienne de Caen,
convenant parfaitement au répertoire français (début XXe
s.). L’excellent organiste, lauréat de nombreux Premiers
Prix, interprète également avec assurance et musicalité
les Trois Préludes et Fugues, op. 7 (1912)
de l’élève bientôt maître.
Marcel Dupré devant son orgue personnel, à Meudon
Contes et chants de Noël :
Le Sabotier rieur (conte musical pour chœur d’enfants
à 3 voix égales & ensemble instrumental, texte :
Marie-Pierre Faure, musique : Marcel Godard).
Monsieur Scroodge (cantate pour voix d’enfants, poème :
Charles Dickens, musique : Steve Pogson). Les
sept noëls de Lourmarin (textes : Henri Bosco,
musique : Illo Humphrey). Interprétés par « La
Lauzetta », chœur d’enfants de Toulouse, dir. François
Terrieux. Studio E-Magin (tél. : 06 98 17 61
67). TT : 56’.
Voilà un bien agréable et rafraîchissant
programme inspiré par Noël et l’enfance. Il ne pourra
que séduire auditeurs, amateurs de chant choral et, bien
sûr, enseignants ; ceux-ci pourront, en effet, y puiser
des musiques susceptibles de trouver leur place dans les
fêtes scolaires de fin d’année. L’originalité, la
qualité et la modernité de ces œuvres, ainsi que l’absence
de difficultés techniques ou polyphoniques leur permettent
de s’intégrer fort bien au répertoire des chorales scolaires.
Au poétique Le Sabotier rieur,
où alternent, après une brève ouverture instrumentale, récits
parlés et chansons, fait suite une cantate inspirée de Dickens
où – miracle de Noël – le cœur dur et calculateur de Monsieur
Scroodge devient miséricordieux. C’est enfin avec
Les sept noëls de Lourmarin, sur des poèmes d’Henri
Bosco (d’où est d’ailleurs exclue toute connotation folklorique
ou populaire) que s’achève cette belle évocation de Noël.
Créé en 1965 par Marie-Henriette
Fernandez, le chœur d’enfants « La Lauzetta »
(hommage à Bertrand de Ventadour, est, depuis 1998, dirigé
par François Terrieux. Ses 160 choristes y sont répartis
en 5 groupes - suivant leur âge (de la Maternelle à l’Université)
et leur niveau. Nous ne pouvons que louer les qualités
vocales et musicales de ce prestigieux ensemble qui a déjà
participé à de nombreuses manifestations musicales d’envergure.
French Baroque Cantatas.
Michel PIGNOLET de MONTÉCLAIR : La mort de Didon /
Ariane et Bacchus. Jean-Baptiste STUCK (Battistin) :
L’amant réconcilié / Céphale et l’Aurore.
Taryn Fiebig, soprano. Fiona Campbell, mezzo-soprano. Ensemble
Battistin. « The Perfection of Music » (Masterpieces
of the French Baroque). ABC Classic (www.abc.net.au/classic) : 4765941.
Distrib. : info@codadistribution.co.uk
TT : 57’25.
« Que béni soit le bon
Battistin et sa bonne cantate ! » s’était
exclamé J.-J. Rousseau qui, arrivé à Lyon sans un sou en
poche, gagna son premier écu en copiant la cantate Les
Bains de Tomery de Jean-Baptiste Stuck, compositeur
italien installé à Paris en 1705, où il prit le nom de Battistin.
Nous serions ici tentés de reprendre les mots de Jean-Jacques
au reçu et à l’écoute de ce remarquable CD qui nous vient
d’Australie. Son initiateur, David Tunley, professeur
émérite à l’Université de Western Australia, ancien élève
de Nadia Boulanger, au Conservatoire international de Fontainebleau,
et de Jacques Chailley, orienta la majeure partie de ses
travaux sur la musique française des XVIIIe et
XIXe siècles. Mondialement connu pour ses
travaux sur « La cantate française au XVIIIe
siècle » (dont il a d’ailleurs édité les dix-sept volumes
en fac-similé), sur François Couperin, puis sur « La
musique de salon à Paris au XIXe siècle »,
ses conseils et directives pour l’élaboration de ce disque
ne pouvaient qu’en donner une fidèle réalisation.
Composées sur des textes littéraires anonymes, les quatre
cantates ici enregistrées sont un ravissement.
De Michel Pignolet de Montéclair
(1667-1737), nous découvrons La mort de Didon (1709)
dont les récitatifs et les airs, sans atteindre à la puissance
tragique de Purcell, sont pourtant d’une véritable intensité
dramatique, bien que l’œuvre s’achève sur un « Air
gai »… Avec Ariane et Bacchus (1728),
l’accent n’est plus mis, comme chez Monteverdi, sur le désespoir
et l’appel à la mort, mais sur la consolation qu’apporte
à l’héroïne un nouvel amour, celui de Bacchus.
Les deux cantates de Jean-Baptiste
Stuck (1680-1755), alias Battistin, violoncelliste virtuose,
protégé du Régent et auteur de quatre livres de cantates,
s’opposent, avec leur style galant, au caractère tragique
de celles de Monteclair. L’amant réconcilié
(1706) est un aimable marivaudage reflétant la joie paisible
des retrouvailles d’une bergère et d’un berger après une
querelle d’amoureux et s’achevant, de manière quelque peu
insolite, sur une joyeuse fugue à quatre voix. Dans
Céphale et Aurore (1706) enfin, le sujet des amours
entre une divinité et un mortel – ici impossibles – est
traité avec une poésie teintée de mélancolie.
Nous ne pouvons que louer les
remarquables interprètes : voix charmante et légère
de la soprano Taryn Fiebig ; timbre plus chaud et grave
de la mezzo Fiona Campbell. L’ensemble instrumental
Battistin (traverso, violon, alto, viole de gambe, violoncelle
et clavecin) accompagne avec délicatesse et raffinement,
sans maniérisme ni afféterie. Merci à nos amis australiens
de faire vivre et aimer, avec tant d’authenticité et de
perfection artistique, ces très belles pages de notre patrimoine
musical.
Pierre-Paul Rubens : La
mort de Didon
Francine Maillard
Philippe Delacour à l’orgue Aubertin
de l’église Saint-Rémi de Forbach. Fugatto :
FUG 012. CD Diffusion.
TT : 63’04.
Cet orgue - à tuyaux en chamade - est « passe-partout », ce qui
permet au remarquable organiste, Ph. Delacour (élève de
M.-Cl. Alain), de proposer un voyage dans le temps (XVIe-XXe
s.). La Suite du 2e ton de J. A.
Guilain permet de mettre les différents jeux en valeur.
Le brillant Prélude en ut majeur de
D. Buxtehude, bien enlevé, est suivi du Prélude de choral
Liebster Jesu... de J.-S. Bach, avec des sonorités
proches de la facture baroque, n’empêchant pas l’atmosphère
romantique (F. Mendelssohn), méditative (C. Frank).
Les trois dernières pièces (O. Messiaen, B. Britten, J.
Takacs), délibérément du XXe siècle, prouvent
que l’instrument du facteur Michel Gaillard est polyvalent.
Saint-Rémi de
Forbach
Zum Gipfel und zurück. Neue Alphornmusik. Migros : MGB 624. CD Diffusion. TT :
46’33.
Cette réalisation fait entendre
des instruments de la famille typiquement suisse des cors
des Alpes (en fa, fa#, y compris le saxophone
des Alpes) - tuyaux coniques en bois sans pistons, trous
ni clés - dont les sons puissants résonnent. La troisième
pièce nécessite douze cors ; la dernière, un cor des
Alpes en soliste et 7 cors. Parmi les compositeurs,
figurent A. Schilkloper (°1956), H.-J. Sommer (°1950), M.
Rüegg (°1952), J. W. Brennan (°1954) - dont l’œuvre :
Zum Gipfel und zurück sert de titre -, D. Schnyder
(°1961)… Enregistrement très présent (résonance, échos,
bruits de la nature (vent), harmoniques) ; titres descriptifs,
empruntés à la danse ou méditatifs, rehaussent l’originalité
du cor des Alpes.
Cors des Alpes au Kenya
Georg Friedrich HAENDEL :
Il duello amoroso. Harmonia Mundi : HMC 901957.
TT : 72’23.
Ces miniatures qui constituent la forme du « duello amoroso »
sont rarement diffusées. Pourtant, elles illustrent une
autre facette de l’auteur du Messie, avec Amarilli
vezzosa révélé en 1994. Selon David Vickers, à
défaut du manuscrit autographe de Nel dolce tempo,
la Collection Santini de Munster contient la copie d’une
version pour soprano solo et basse continue et « d’autres
cantates de cette collection ont été adaptées de compositions
antérieures pour voix d’alto ; la référence du texte
de Nel dolce tempo au fleuve Volturno (près de Naples)
indique que Haendel composa probablement la version originale
de la cantate (…) à Naples, en 1708. » Ces pièces,
agréables à entendre - entrecoupées par la Sonate en
trio en si mineur interprétée avec musicalité
-, évoquent un chanteur amoureux d’une nymphe. Andreas Scholl,
contre-ténor et Hélène Guilmette, soprano, l’Accademia Bizantina,
sous la direction d’Ottavio Dantone, révèlent avec bonheur
et fraîcheur ces œuvres de jeunesse d’un Haendel sous le
charme de l’Italie.
Por el Valle de Rosas. Villancicos du Nouveau monde. Chœur
« Harmonies » de la Cathédrale Notre Dame de Los
Angeles. Jade (43, rue de Rennes, 75006 PARIS, <jade@milanmusic.fr>) : 699 629-2. TT :
58’12.
Le Villancico, genre lyrique traditionnel d’origine espagnole,
aborde dès le Moyen Âge des thèmes profanes et religieux,
par exemple dans les Cantigas de Santa Maria. Il
peut donner lieu à des versions vocales, instrumentales,
monodiques, polyphoniques, de caractère populaire ou savant.
Le programme, dirigé par Antonio Espinal, révèle une sélection
variée de chants (Mexique, Cuba, Porto Rico, Chili, Équateur…)
pour le temps de Noël (Navidad). La musique entraînante,
aux rythmes diversifiés, les voix lumineuses, fraîches et
bien timbrées du chœur féminin « Harmonies »,
les instruments typiques confèrent à ces chants traditionnels
latinos, hauts en couleurs, toute leur naïveté autour de
la joie de Noël.
Anton BRUCKNER :
Symphony n°7 in E Major (1881-83). Danacord :
DACO 655. CD Diffusion (28, route d'Eguisheim, BP 4,
68920 Wettolsheim). TT : 67’28.
Bruckner a composé sa 7e Symphonie en mi majeur en 1882-1883.
Dédicacée au roi Louis II de Bavière, elle a été créée
à Leipzig, le 30 décembre 1884, sous la direction de A. Nikisch.
La présente version a été enregistrée lors du concert du
28 avril 2005 à la Cathédrale Aarhus, d’après l’édition
de Robert Haas. À l’Allegro moderato mettant
en valeur un thème très expressif et les sonorités des violoncelles
et cors, avec des contrechants aux violons, succède un Adagio
très lent particulièrement solennel et émouvant, contrastant
avec le Scherzo très rapide et très rythmé. Le Finale,
« mouvementé mais pas trop rapide », reste assez
pathétique, puis énergique, avec un thème traité en choral.
Cette interprétation très soignée, réalisée par le Aarhus
Symphony Orchestra placé sous la direction de James Loughran,
privilégie le coloris instrumental baignant dans une expressivité
toute romantique.
Tombeau d’Anton Bruckner
Théodore DUBOIS (1837-1924) : Mélodies. Gilles Perny
Productions. CD Diffusion : GPP 0023. TT : 75’06.
Théodore Dubois est souvent considéré comme l’auteur d’un Traité
d’harmonie. François Le Roux (baryton) et Noël
Lee (piano) ont le mérite de faire découvrir un grand choix
de mélodies peu connues sur des textes empruntés à Sully
Prudhomme, A. Sylvestre, Th. de Banville, M. Bouchor, Th.
Gauthier et à des poètes moins célèbres. Il s’efforce de
traduire musicalement les moindres nuances poétiques, quelque
peu dans le sillage de la mélodie française, genre cultivé
par Gounod, Duparc, Fauré, Roussel… Ce disque bénéficie
de la complicité entre chanteur et pianiste, de l’excellente
diction de François Leroux, de l’accompagnement précis et
discret de Noël Lee, qui mettent tout leur talent au service
de ce premier enregistrement mondial, tirant ces mélodies
de l’oubli.
Théodore Dubois
Stéphane BLET :
Fantaisie ottomane - Œuvres pour piano. Marcal
Classics : MA 051101. TT : 54’58.
Stéphane Blet (°1969), professeur de piano en perfectionnement à
l’École Normale de Musique de Paris Alfred Cortot, spécialiste
de Franz Liszt, de réputation internationale, est aussi
compositeur. Comme le relate Isabelle Oehmichen : « Enthousiasmée
à l’écoute de la 4e Rhapsodie turque de Stéphane
Blet, entendue lors d’un concours de piano en 2000, j’ai
été très désireuse de découvrir d’autres œuvres de ce compositeur.
Conquise par le romantisme contemporain qui s’en dégageait,
j’ai proposé à Marcal Classics de réaliser ce CD ».
En introduction, elle interprète de façon éblouissante la
Fantaisie ottomane accompagné par le Weiner Chamber
Orchestra que dirige R. Weninger avec lesquels elle collabore
de longue date. Dans les pièces pour piano, l’excellente
interprète, se jouant de tous les traquenards, met sa grande
virtuosité et sa musicalité au service, notamment, des redoutables
Préludes, Rhapsodies, Esquisses, Poèmes.
À découvrir impérativement.
Stéphane Blet
Ngiele ngiele. Jade : 699 630-2. TT : 54’55.
Ce choix de chants africains réalisé à Kinshasa sort des sentiers
battus. Il révèle d’autres sonorités, d’autres rythmes et,
d’une manière générale, la musique chorale congolaise à
soubassement rythmique, notamment grâce aux percussions.
D’inspiration religieuse, les textes traduisent la reconnaissance,
le combat des chrétiens, un appel « lancé aux jeunes
filles et garçons » en vue de plus grandes certitudes.
L’interprétation peut être alternée entre voix d’hommes
et voix de femmes, solistes et chœur. Disque envoûtant,
irrésistible, grâce à l’entrain et à la conviction des membres
du chœur La Grâce, placé sous la direction énergique d’Ambroise
Kua-Nzambi Toko.
Paysages. Chœur de chambre Mikrokosmos, dir. Loïc Pierre. Jade :
699 621-2. TT : 55’58.
Ces œuvres des XXe
et XXIe siècles nécessitent,
pour leur interprétation, des voix très expérimentées, tant
pour la tessiture que pour le timbre, la ligne mélodique
continue. C’est le cas de la pièce dans la plus pure tradition
française : Rossignol du bois joli (L. Pierre,
2005), dans laquelle la chanson de la Renaissance rejoint
celle de notre temps : la voix plane au-dessus d’un
fondu sonore du plus bel effet. Selon Loïc Pierre, « Paysages
propose à l’auditeur une expérience sensorielle fondée sur
la découverte d’une palette sonore très large, multipliant
langues et langages » ; les paysages esquissés
sont norvégiens, estoniens, franc-comtois. Tant par
la qualité de l’interprétation vocale que par le programme
sélectif et diversifié, cette réalisation est un modèle
du genre et représente le tout dernier état de la musique
chorale actuelle ; elle devra servir d’exemple à de
nombreuses chorales. À écouter (et réécouter) absolument :
c’est un émerveillement renouvelé.
Édith Weber
Robert SCHUMANN : Concerto
pour violoncelle. Johannes BRAHMS : Sérénade
n°1. Natalia Gutman. Mahler Chamber Orchestra,
dir. Claudio Abbado. DG : 476 5786.
Claudio Abbado propose ici un
intéressant programme. Grand concerto romantique en trois
mouvements enchaînés, le Concerto pour violoncelle
de Schumann est d'un lyrisme grave mis en exergue dans un
mouvement lent central, beau lied expressif. N. Gutman
y fait montre d'une persuasive éloquence. La richesse thématique
de la Sérénade n°1 de Brahms, composée bien avant
les symphonies, se mesure constamment dans les six parties
qui la composent, baignées de fraîcheur empreinte de rusticité,
ce qui n'empêche pas une écriture très raffinée. La petite
harmonie brille, notamment dans l'adagio, nocturne à l'ample
cantabile. On admire l'excellence des musiciens du Mahler
Chamber Orchestra sous la baguette enjouée du maestro Abbado.
Johannes BRAHMS : Intégrale
des Quatuors à cordes et Quintette pour piano & cordes.
Léon Fleisher Emerson Quartett. 2CD DG : 477
6458. TT : 63’47 et 78’77.
La musique pour quatuor à cordes
de Brahms est exigeante à la fois des interprètes et de
l'auditeur. Venu tard à ce genre musical, Brahms s'y attelle
pourtant avec passion et commet deux œuvres coup sur coup,
les opus 51, n° 1 et 2. Au caractère intense, presque
compact et austère du premier aux motifs tourbillonnants
qu'enlumine le lyrisme d'une belle romanza, répond
le climat plus contrasté du second, où danse hongroise et
valse viennoise se partagent le final. Pour fêter ses trente
ans d'existence, le quatuor Emerson en livre des interprétations
au jeu extrêmement raffiné, magnifiquement structuré, d'une
suprême musicalité. D'atmosphère plus détendue le
quatuor op.67 se veut pastoral et joyeux. Bien sûr, le quintette
pour piano et cordes op.34 est plus familier et aisément
abordable, hommage évident ici à Schubert et à son quintette
pour deux cellos, forme à laquelle Brahms aurait d'abord
pensé. Ce chef-d'œuvre du romantisme regorge d'idées mélodiques.
La vision qu'en donnent les Emerson est retenue, d'une fièvre
contrôlée dans le triomphal finale, le piano idéalement
fondu parmi les cordes, de par le toucher souplement articulé
de Léon Fleisher.
Franz LISZT : Via Crucis.
Harmonies poétiques et religieuses. Brigitte Engerer.
Accentus, dir. Laurence Equilbey. Naïve : V 5061.
TT : 58’27.
L'inspiration religieuse est
chez Liszt au cœur de nombreuses compositions. Via Crucis,
le Chemin de croix (1879), pour chœur et piano, décrit un
parcours intérieur plus imaginé que réellement adapté au
cheminement station après station devant les scènes de la
Passion. L'œuvre alterne, sans solution de continuité, interventions
de solistes et du chœur et passages instrumentaux. Des chorals
allemands complètent la prière latine en un mélange singulier.
La partie pianistique, sorte de lien entre les diverses
séquences, est très contrastée, souvent dans le registre
grave. Exécution finement pensée de Br. Engerer et
du chœur Accentus sous la main inspirée de L. Equilbey.
Le CD juxtapose des extraits des Harmonies poétiques
et religieuses qui empruntant à Lamartine sa pièce Pensée
des morts, montrent la voie de la méditation.
TELEMANN voyageur virtuose :
Sonates en duo & en trio. Ensemble Amarillis.
Ambroisie/ Naïve : AM112. TT : 57’19.
L'Ensemble Amarillis rend un
vibrant hommage à un compositeur prolifique, très éclectique,
lui-même virtuose, en proposant un florilège de ses sonates
en trio pour flûte à bec (ou hautbois) et violon (ou clavecin),
tirées essentiellement du recueil des Essercizii Musicali
(1790). Ce qui les caractérise, c'est l’extrême concision
des mouvements forts divers dans leur succession.
Car si Telemann ne cherche pas à s'écarter du mode lent/rapide,
il le travaille de manière imaginative. Une sonate pour
violoncelle & clavecin complète le disque. Violaine
Cochard et Héloïse Gaillard, fondatrices d'Amarillis respectivement
claveciniste et hautboïste/flûtiste, offrent un superbe
travail sur l'équilibre entre les voix et la pulsation rythmique.
Le discours est plein de fantaisie primesautière, de brillance
aussi, qui sait surprendre.
Charles KOECHLIN : Chansons
Bretonnes, Sonate pour violoncelle. DEBUSSY :
Sonate pour violoncelle. Peter Bruns, cello ;
Roglit Ishay, piano. Hänssler Classic : CD98.258.
TT : 53’11.
L'œuvre pour violoncelle et piano
de Koechlin recèle des trésors de polytonalité. Telles
ces vingt Chansons bretonnes empruntant à des thèmes
de l'ancien folklore. Sur le mode de la ballade populaire,
il y est question de personnages emblématiques, le roi Arthur
ou la pieuse Enora. Ces pièces évocatrices, fort concises,
sont simples mais aussi raffinées, auxquelles la sonorité
sobre du cello apporte une expressivité tour à tour tendre,
héroïque ou élégiaque. Elles sont variées dans leur atmosphère
où l'on devine le climat médiéval. Tout cela est rendu avec
une extrême sensibilité. Ce que l'on retrouve dans la Sonate
pour violoncelle, d'une étonnante brièveté - quelque
12 minutes - composée de trois mouvements habilement reliés
thématiquement. On a ajouté la Sonate pour violoncelle
de Debussy, contemporaine, d'une lecture flamboyante.
Comme le sont les interprétations de P. Bruns, qui joue
un instrument ayant appartenu à Pablo Casals, et de la pianiste
israélienne R. Ishay.
Charles Koechlin
Jean-Pierre Robert
Gabriel FAURÉ : Mélodies. Michel Piquemal, baryton.
Christine Lajarrige, piano. L’Empreinte digitale (www.lempreintedigitale.com) :
ED13187. Distr. Abeille Musique.
Le baryton français Michel Piquemal, qui a travaillé la mélodie française
avec Denise Duval et Pierre Bernac, nous offre ici vingt-sept
des plus belles mélodies de Fauré. On y trouve, bien
sûr, les quatre pièces de L’Horizon chimérique, épurées,
presque ascétiques, écrites deux ans avant sa mort par un
compositeur alors prisonnier d’une totale surdité. Mais
aussi de grands classiques nés cinquante ans plus tôt :
Les Berceaux, Au bord de l’eau, La chanson
du marin où les Cinq mélodies de Venise sur des
textes de Paul Verlaine. L’osmose entre les textes poétiques
- impeccablement ciselés par Michel Piquemal - et la musique
de Fauré qui les sublime est ici parfaite. Celle entre le
timbre chaleureux du chanteur et le piano de Christine Lajarrige,
qui déploie avec infiniment de goût toute la palette sonore
de son instrument, l’est également. Un seul regret :
l’extrême laideur de la pochette du CD, qui ne doit pas décourager
l’amateur d’aller à la découverte de cet authentique bijou.
Michèle Lhopiteau
POUR LES PLUS JEUNES
L’Arbre sans lumière. Conte musical en chansons. Texte : Olivier Prou.
Musique : Benoît Urbain. Compagnie « Non-Pas-Bonjour ! ».
À partir de 4 ans. Vis-à-Vis & Co (tél. : 01
42 62 58 74 / visavisandco@free.fr) :
VS 432 642. Distrib. : « L’autre Distribution ».
TT : 45’.
Il s’agit là de l’enregistrement
de la nouvelle version scénique d’une merveilleuse histoire
– émaillée de délicieuses chansons - qui a déjà fait le bonheur
de nombreux jeunes publics (notamment en écoles de musique
& conservatoires). Tournée prévue en France, tout
au long de la saison 2007-2008. Une version pédagogique
est disponible aux éditions Gérard Billaudot.
Agnès CHAUMIÉ : Mon petit
doigt m’a dit, vol. 2. Illustrations : Katy
Couprie. Enfance et Musique (www.enfancemusique.com) :
DCDP41. À partir d’un an. TT : 50’.
Ce deuxième volume propose 25
titres issus de la chanson traditionnelle, comptines et créations
d’aujourd’hui. Accompagnée par Gilles Clément à la guitare,
Agnès Chaumié se réapproprie avec tendresse et fantaisie quelques
classiques du répertoire de la petite enfance.
Isabelle CAILLARD : Ti’Zozios.
Chansons et comptines. Enfance et Musique : DCDP40.
À partir d’un an. TT : 51’.
Au fil de 21 chansons, chants
d’oiseaux, voix d’enfants, accordéon, flûtes & violon
se mêlent aux accords de la guitare pour un voyage sylvestre
de toutes les couleurs. Dans de délicieux arrangement signés
Isabelle Caillard, Harold & Clélya Abraham.
Décrochez la lune, 10 chansons pour enfants.
Victorie : 301753 9. Distr. Universal.
Anthologie de la chanson pour
enfants, la collection « Victorie » nous propose
10 albums. Celui-ci « Décrochez la lune »
comporte 10 chansons signées, notamment : Sophie Forte,
Henri Dès, Monica Lypso, Alain Schneider, Suhubiette, Les
Courgettes sauvages… Consulter : www.club-tralalere.com
Michèle
ÉLIAT (texte et chansons), Yves PRUAL (musique), Marion
BILLET (illustrations), Nathalie TUAL (récit) : Je
veux Maman. Didier Jeunesse, « Polichinelle ».
Album-CD. Tout-petits. 40 p., 17,50 €.
Nina est à la crèche et sa maman lui manque.
Heureusement, son copain Antoine l’entraîne dans
les flaques d’eau, lui montre un escargot qui chatouille
ou une limace dodue. Des univers musicaux variés rythment
cette journée avec bonheur grâce aux chansons
du CD, Chansons pour un p’tit poisson. Se succèdent
de douces voix d’enfants, un morceau carrément
jazzy, un chœur d’hommes et une tendre berceuse.
Une réussite musicale qui met en scène d’adorables
animaux tout en rondeurs qui séduiront les enfants.
Un livre plein d’amour et de gaieté. Une des
surprises de la rentrée.

Olivier COHEN
(adaptation), Vincent BOUCHOT (musique), Charlotte GASTAUT
(illustrations), Virginie LEDOYEN (récit) : La
Belle au Bois Dormant. Livre-CD. Thierry Magnier. 24
p., 23 €.
Ce conte n’a jamais été aussi fascinant.
La version des frères Grimm est mise en musique avec
passion par Vincent Bouchot. Sa partition, inquiétante
et troublante, nous transporte dans un univers féerique.
Flûte, cor, clarinette et cordes bercent et accompagnent
avec bonheur la voix de Virginie Ledoyen. Olivier Cohen nous
régale une fois de plus d’une formidable mise
en scène musicale !

Aurélie Clément
DVD
Paul HINDEMITH : Cardillac.
A. Held, A. Denoke, H. Esther Minutillo, Ch. Ventris, Ch.
Workman. Orchestre et chœurs de l'Opéra national de
Paris, dir. Kent Nagano. Bel Air Classic : BAC
023. TT : 148'.
La mise en scène de Cardillac
présentée et filmée à l'Opéra Bastille en 2005, est assurément
une mémorable réussite. Entreprise d'autant plus méritoire
qu'elle nous fait découvrir une œuvre peu connue. La
destinée du joaillier Cardillac, c'est celle de la solitude
de l'artiste. La fière idée d’André Engel est d'en faire
un personnage à la double vie qui, le soir venu, endosse le
masque de Fantômas pour assassiner ceux qui acquièrent ses
œuvres ; par passion pour l'Art. Dans le superbe écrin
d'un grand hôtel modern-style où le joaillier a posé ses valises,
le temps de visiter quelque improbable client, on passe du
hall grouillant à une chambre à coucher, lieu d'un de ses
forfaits, puis à l'appartement qu'il occupe ; aux toits
mêmes de l'immeuble pour une explication plus qu'embarrassante
pour lui. L'image est toujours suggestive et quelques mouvements
rapides de caméra augmentent l'effet de suspense. La tension,
on la doit tout autant à Kent Nagano qui tire de l'orchestre
de l'Opéra Bastille des sons d'une froide beauté. Sa
prestigieuse distribution est dominée par le Cardillac torturé
de A. Held et par A. Denoke qui prête son talent d'adroite
comédienne à la fille du joaillier.
W. A. MOZART : Le Nozze
di Figaro. A. Netrebko, I. d'Arcangelo, D. Röschmann,
B. Skovhus, Chr. Schäfer. Wiener Philharmoniker, dir.
Nikolaus Harnoncourt. DG : 0440 073 4245.
TT : 202'.
Les Noces de Figaro, captées à Salzbourg lors du
festival 2006, sont le joyau de la monumentale « Edition
Mozart 22 ». La régie de Claude Guth fait choix
d'une forte implication des caractères et impose des personnalités.
Dans un univers glacé, digne d'un film de Bergman, l'interaction
entre les personnages est comme réinventée. Bien des
choses sont suggérées plus que dites, le trouble qui agite
les esprits, la souffrance même. Tout est magnifié par l'imaginative
réalisation vidéo de Brian Large. Quelques libertés
de transposition sont vite pardonnées par le saisissement
réel procuré par l'image. Le personnage muet de l’Ange,
sosie de Chérubin imaginé par le régisseur, conscience visible
des personnages, prend ici tout son sens. Tout, durant
cette folle journée, sera téléguidé par ce Cupidon libertin.
La direction musicale de N. Harnoncourt, grandiose, intense,
fait corps avec une vision somme toute pessimiste. Distribution
de rêve, à l'instar de la Suzanna d'A. Netrebko que capte
généreusement la caméra, splendide numéro de théâtre, il est
vrai, et de l'idéal Chérubin de Chr. Schäfer, jeune gavroche
qui sait déjà, de son charme dévastateur, si bien conquérir
les dames.
Jean-Pierre Robert
***
La vie de L’éducation
musicale
Haut
Le
supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année,
L’éducation musicale propose le supplément indispensable
aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale
qui préparent l’épreuve de spécialité « série L »
ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques
du baccalauréat ».
Le
supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances
culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie
de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers
sonores qui nous entourent.
Il
peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du
Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.
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site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53
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à journaux suivants :
Place
du Marché – 92200 Neuilly-sur-Seine
64,
avenue Charles De Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine
133,
avenue Achille Peretti – 92200 Neuilly-sur-Seine
44,
boulevard du Château – 92200 Neuilly-sur-Seine
1,
boulevard de la Madeleine – 75001 Paris
13,
place de la République – 75003 Paris
5,
place de la Bastille – 75004 Paris
46,
boulevard Henri IV – 75004 Paris
12,
rue de Rivoli – 75004 Paris
70,
boulevard Saint-Michel – 75005 Paris
Place
du 18 juin 1940 – 75006 Paris
147,
boulevard Saint-Germain – 75006 Paris
31,
rue de Condé – 75006 Paris
16,
rue de Sèvres – 75007 Paris
12,
place de la République – 75010 Paris
1,
avenue de la République – 75011 Paris
17,
place de l’A. G. Henocque – 75013 Paris
202,
boulevard Raspail – 75014 Paris
71,
avenue du Général Leclerc – 75014 Paris
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rue de Vaugirard – 75015 Paris
5,
place Cambronne – 75015 Paris
24,
rue de Passy – 75016 Paris
61,
avenue de la Grande Armée – 75016 Paris
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50,
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23,
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51,
rue d’Auteuil – 75016 Paris
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Kiosque
de presse : 89, avenue de Wagram – 75017 Paris
Aurélie Clément
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