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BACCALAUREAT 2008
Supplément au n° 543-544



septembre-octobre 2007
N° 545-546


 


Sommaire :

1- Informations générales
2- Varia
3- Manifestations et Concerts
4- L'édition musicale
5- Bibliographie
6- CDs et DVDs
7- La vie de L’éducation musicale


Lettre au ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le Ministre,

On ne peut plaire à tout le monde et à son père, et le dissensus est certes plus fécond qu’une belle unanimité. Faut-il encore que le débat reste courtois, que l’on préfère aux arguments ad hominem les arguments ad ignorantiam – ce qui n’aura pas été, à l’évidence, le propos d’un certain Alain Duault dans sa « Lettre ouverte » à vous adressée, où il met grossièrement en cause l’Inspecteur général de notre discipline pour son choix des œuvres au programme du baccalauréat. Mais voyons les choses au fond.

Que l’on s’en réjouisse ou le déplore, notre culture humaniste s’inscrit désormais dans celle de l’espèce - culture devenue générique grâce aux médias interactifs, à la Toile notamment. Et dès lors qu’en son sein, la musique occupe une place privilégiée, comment son enseignement pourrait-il se réduire au culte exclusif de notre patrimoine occidental – aussi sublime soit-il ?

Il est donc non seulement légitime, mais indispensable d’ouvrir l’École aux buissonnantes singularités du monde d’aujourd’hui. Afin notamment que chaque adolescent puisse constituer son propre « portefeuille de goûts » - se libérant ainsi de la tyrannie mercantile des pseudo cultures populaires, toutes de paillettes, sinon parfois génératrices de haines communautaristes…

Non, le public scolaire n’est plus ce qu’il était. Et nier cette réalité - à l’origine du tragique isolement de bien des enseignants - n’est, en vérité, qu’élitisme schizophrénique. Quant au clergé médiatique, rassurons-nous : ses œillères et oreillettes ne seront jamais que dérisoires murailles de sable face à l’irrésistible montée de l’avenir.

 

Francis B. Cousté


Informations générales

Haut

BOEN n°27, 12 juillet 2007. Encart, p. XVII-XVIIIProgramme prévisionnel des actions éducativesSpectacles musicaux pour jeunes publics : décembre 2007 / écoles / partenariat JMF-Adami / www.mino.frConcerts et manifestations : 21 juin 2008 / écoles, collèges, lycées / www.fetedelamusique.culture.frApproches artistiques, culturelles et scientifiques des questions liées au son : janvier 2008 / écoles, collèges, lycées / www.lasemaineduson.orgRéalisations d’émissions par des élèves : toute l’année / lycées / partenariat avec Radio Classique / http://etab.ac-montpellier.fr/musique/rc

BOEN n°28, 19 juillet 2007, p. 1543. Doyen du groupe Enseignements & éducation artistiques.  Vincent Maestracci, Inspecteur général de l’Éducation nationale, est renouvelé dans ses fonctions à compter du 1er septembre 2007, pour une durée de deux ans renouvelable.

BOEN Numéro spécial n°5, 20 juillet 2007, p. 32-34, 40-42, 51-52. Concours de recrutement, session 2008.  Calendrier détaillé des épreuves d’admissibilité aux concours de Capes et d’agrégation internes et externes.  Renseignements : www.education.gouv.fr/siac2

Le Bulletin officiel de l’Éducation nationale est librement consultable sur :

www.education.gouv.fr/pid285/le-bulletin-officiel.html

Éric Gross, Inspecteur général de l’Éducation nationale, ancien président du Centre national du livre (CNL), vient de se voir confier, par les ministres de l’Éducation nationale et de la Culture, une mission d’étude et de propositions sur l’Éducation artistique et culturelle, dans une perspective de sa « généralisation dans & en dehors de l’école » - actions concrètes à mener dans le domaine des interventions d’artistes à l’école, des ateliers de pratique amateur pour les élèves et des activités proposées en dehors de l’école, en lien avec les institutions culturelles de l’État et des collectivités territoriales.

XXXIV Convegno Internazionale di Musicologia : « Melos e Logos », ricerche sui fondamenti umanistici della voce.  Artimino (Villa Medicea « La Fernandina »), 17-18 septembre 2007.  Coordination : Florence Malhomme (Paris IV-Sorbonne).  Direction des travaux : Nella Anfuso (présidente, Fondation CSRM).  Intervenants : Andrew Barker (Univ. Birmingham), Corrado Bologna (Univ. La Sapienza, Rome), Laurence Boulègue (Univ. Lille), Danielle Cohen-Levinas (Paris IV-Sorbonne), Perrine Galan-Hallyn (EPHE, Paris IV-Sorbonne), Paolo Gozza (Univ. Bologne), Maria Chiara Martinelli (École Normale, Pise), Letterio Mauro (Univ. Gênes), Gabriella Moretti (Univ. Trente), Gioia Rispoli (Un. Naples), Christian Trottmann (CNRS, Tours), Alexandre Wong (CNRS, Paris), Mary-Anne Zagdoun (CNRS, Paris).  Renseignements : fondazionecsrm@tele2.it  Fax : 07 73 80 37 44.

 

Collèges de la Cité de la musique. Tout au long de l'année, la Cité de la musique de Paris propose séminaires, ateliers de pratiques, formations professionnelles et journées d'études.  Destinés à un large public adulte, ces collèges permettent d'appréhender différents langages et styles musicaux selon diverses thématiques. Chaque collège comprend une quinzaine de séances de deux heures chacune, une fois par semaine.  Collèges 07-08 : Anatomie du jazz / L'opéra au siècle des Lumières / La musique rock / Écouter la musique classique / Le poème symphonique / Le jazz contemporain / La musique contemporaine / L'histoire de la musique occidentale de 1750 à 1945 / Musiques et rituels : approches ethnomusicologiques.  Renseignements : http://www.cite-musique.fr/francais/activites/adulte.htm#college

 

Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, a confirmé sa volonté de « renforcer la place de l’éducation artistique et culturelle à l’école ».  Il a notamment annoncé le doublement « d’ici la fin de l’année scolaire prochaine » du nombre de collèges « Ambition réussite » ayant un partenariat dans le domaine artistique (sur les 249 collèges ainsi labellisés, 22 ont actuellement ce type de partenariat).  Il a en outre souhaité que, « d’ici cinq ans », tous les établissements scolaires aient noué un partenariat avec une institution artistique.  Distingué organiste, le ministre a également exprimé le vœu que l’enseignement des pratiques artistiques soit recentré sur l’apprentissage des techniques (21 juin 2007, Fête de la musique, collège Jean-Lurçat, Sarcelles, Val-d’Oise).

portrait

Tifenn de La Godelinais Martinot-Lagarde a été nommée « conseiller technique pour l’Éducation artistique & culturelle » auprès du ministre de l’Éducation nationale.  Fonctions précédentes : conservateur au département des Arts du spectacle de la BnF (responsable des costumes et objets), puis chef du département des bibliothèques publiques & du développement de la lecture au ministère de la Culture.  Elle est, en outre, co-auteur de… Il était une fois les contes de fées (Le Seuil/BnF).

Inspecteurs d’académie/Inspecteurs pédagogiques régionaux d’Éducation musicale (2007) :

Aix-Marseille : Chantal Ohanessian

Amiens : Anne-Isabelle Ghetemme

Besançon : Jean-Marie Caniard

Bordeaux : Sylvie Walczak

Caen : Claude Dietrich

Clermont-Ferrand : François Dupoux

Créteil : Claude Desfray

Dijon : Yves Audard

Grenoble : Jean-Luc Idray

Lille : Jean-Michel Eloire

Limoges : Michel Renault [extension : Toulouse / Orléans-Tours]

Lyon : Jacques Ferchaud

Montpellier : Denis Waleckx

Nancy-Metz : Yves Rauch

Nantes : Yves Bourdin

Nice : Benoist Dechambre [extension : Corse]

Orléans-Tours : Éric Michon [extension : Guadeloupe / Guyane / Martinique]

Paris : Janine Delahaye

Poitiers : Philippe Bazin

Reims : Pascale Hertu

Rennes : Lionel Morvezin

Rouen : François Virot

Strasbourg : Jacques Berthe

Toulouse : Ghislaine Tessadri

Versailles : Valérie Morel / Laurent Fichet [extension : La Réunion]

Opéra de Tours.  Saison lyrique 2007-2008 : L’Elisir d’Amore (Gaetano Donizetti), Phi-Phi (Henri Christiné), Le Pays (Joseph-Guy Ropartz), Pelléas et Mélisande (Claude Debussy), La Flûte enchantée (Wolfgang Amadeus Mozart), Carmen (Georges Bizet).  Renseignements : 02 47 60 20 00. www.tours.fr / theatre@ville-tours.fr

   

Le Pays de Joseph-Guy Ropartz

Disparition du compositeur André David. Notre ami et collaborateur – pianiste, compositeur, docteur en médecine – s’est éteint le 5 juin 2007, à l’âge de 85 ans.  Que son épouse Pierrette Germain-David et ses enfants trouvent ici le témoignage de notre profonde sympathie.  Renseignements : http://fr.wikipedia.org:80/wiki/André_David

Chiffres-clés de l’Ircam :

  • 145 collaborateurs dont : 90 salariés chercheurs, ingénieurs, réalisateurs en informatique musicale, assistants, services transversaux…, 55 artistes, compositeurs, intermittents & enseignants engagés par an.
  • Une centaine de chercheurs & doctorants accueillis par an.  15 % de collaborateurs étrangers issus des cinq continents.
  • 10 000 spectateurs dans les activités hors les murs.
  • 30 000 spectateurs & visiteurs pour la saison à Paris, les stages, la médiathèque et le forum.
  • Budget : 10 990 000 €, dont 3 351 000 € de ressources propres, soit plus de 30 % d’autofinancement et 10 % en ressources internes.

Frank Madlener, directeur de l’Ircam

« Journées de la profession » au CNSMD de Paris. Cette 2e édition se déroulera les 13 et 14 septembre 2007.  Objectif : dérouler, pour les étudiants, musiciens et ingénieurs du son, un panorama du paysage culturel en France et en Europe ; stimuler leur imagination ; les inciter à construire leur carrière de façon active, en identifiant les différents types de carrière et les choix de vie qui s’y rattachent.  Renseignements : 209, avenue Jean-Jaurès, Paris XIXe. www.cnsmdp.fr ou journeesdelaprofession@cnsmdp.fr

L’art des harmonies & fanfares au jardin des Tuileries : Dans le cadre des Journées du Patrimoine, le Louvre organise cette manifestation, les samedi 15 septembre (16h30-20h30) et dimanche 16 septembre (11h30-18h30).  Avec le concours de plus de 300 musiciens des harmonies du bassin minier, mais aussi d’Ars Nova, Opus 2 Brass Band, Nervous Cabaret, etc.  Œuvres pour cuivres de Pascal Dusapin, Marc Monnet, Maurizio Kagel, Karlheinz Stockhausen, Aaron Copland, Luciano Berio… Entrée libreInformations : 01 40 20 55 55. www.louvre.fr/templates/llv/pdf/ressources/dp_fanfares.pdf

Harmonie-fanfare rudipontaine, 1970

Enseignement musical dans & par la pratique collective : la voix.  D’octobre 2007 à juillet 2008, l’Ariam Île-de-France organise, sur ce thème, trois sessions. Intervenants : Martina Catella, Didier Grojsman, Geoffroy Jourdain, Frédéric Maragnani, Magali Marchal, Claire Heggen, Benjamin Hertz, Henri Lecomte, Claudia Philips, Sarah Sanders, Jean-Francis Zermati.  Renseignements : 01 42 85 45 42/ 45 33. www.ariam-idf.com

International Music Council : Le 2e Forum mondial de la musique se déroulera du 11 au 14 octobre 2007 à Beijing (Pékin).  Renseignements : Silja Fischer.  Tél. : 01 45 68 48 50. www.unesco.org/imc

 

Image:Beijng-Opera1.jpg

Commémoration du centenaire des Saisons russes (2006-2009). Le Comité Diaghilev, animé par Jean-Bernard Cahours d’Aspry, publie un bulletin de liaison, La Saison Russe, dans lequel sont recensées toutes les manifestations ad hoc (expositions, concerts, spectacles, publications littéraires ou audiovisuelles…).  Renseignements : 15, rue Saint-Gilles, Paris IIIe.  Tél. : 06 10 20 74 94.  mondelart@free.fr

  

Serge de Diaghilev

Examen suisse de maturité.  Domaine des arts visuels & de la musique : chaque candidat à cet examen (équivalent du baccalauréat français) devra désormais choisir - dans une même période de l’histoire de la musique - trois œuvres de trois compositeurs différents (ou trois musiciens, s’il choisit le jazz). Renseignements : http://www.sbf.admin.ch/.../domaine_des_arts.pdf

Le CRÉA fête ses 20 ans ! Sous la houlette imaginative et efficace de son directeur-fondateur Didier Grojsman, ce Centre d’éveil artistique (fort de son expérience de 22 opéras dont 18 commandes et 23 spectacles musicaux) propose pour sa saison 2007-2008 : Pratique vocale & scénique / Théâtre musical & création d’opéras / Actions pédagogiques, de formation professionnelle & de diffusion.  Du 3 au 7 octobre 2007, est en outre organisée toute une semaine de spectacles et rencontres.  Renseignements : 85, rue Anatole-France, 93600 Aulnay-sous-Bois.  Tél. : 01 48 66 87 53. www.lecrea.fr

    

Le 7e Concours international de chœurs d’Elsenfeld se déroulera, du 10 au 14 juillet 2008, au Bürgerzentrum d’Elsenfeld (Miltenberg). Renseignements : www.chorwettbewerb-miltenberg.de

 

L’Orchestre de Poitou-Charentes (OPC) s’est donné pour fil conducteur de sa saison 2007-2008 : « La symphonie romantique & post-romantique » (Schubert, Schumann, Tchaïkovski, Sibelius…).  Créations de Philippe Manoury, Philippe Fénelon, Toshio Hosokawa.  Chefs d’orchestre : Jean-François Heisser, François-Xavier Roth, Zu Zhong, Arie van Beek, Jean-François Verdier, Paul Watkins.  Renseignements : http://www.orchestre-poitou-charentes.com

 

La Médiathèque de l’Ircam offre une riche documentation sur la musique contemporaine et les sciences & techniques associées.  Quelque 30 000 documents constituent ses collections physiques et numériques (livres, partitions, périodiques, disques, films, notes de programme et archives sonores inédites des concerts et conférences organisés par l’Ircam).  Sans préjudice des ressources et services disponibles en ligne (biographies et catalogues d’œuvres de compositeurs, bibliographies, articles scientifiques et musicaux, veille technologique et musicale, etc.).  Ouvert à tousRenseignements : 01 44 78 47 44.  http://mediatheque.ircam.fr

Médiathèque de l’Ircam, par Didier Ghislain

 

Festival Présences 2007-2008. Pour sa 18e édition, ce festival de Radio France se déroulera sur 4 week-ends, à Lille (Auditorium du Nouveau Siècle, 14-16 septembre, www.onlille.com), Montpellier (Corum, 7-9 décembre, www.orchestre-montpellier.com), Toulouse (Halle aux grains, 18-19 janvier, www.onct.mairie-toulouse.fr) et Paris (Cité de la musique, 9-11 mai, www.cite-musique.fr).  38 compositeurs, 26 créations (17 créations mondiales, 9 créations françaises), 13 concerts gratuits.  Renseignements : 01 56 40 15 16.  www.concerts.radiofrance.fr

L’Ensemble orchestral de Paris (EOP) propose aux jeunes (écoles primaires, collèges, lycées, études supérieures) des actions de sensibilisation à la musique classique : possibilité d’assister à des répétitions générales, de bénéficier d’un tarif de 5 € lors des concerts symphoniques au Théâtre des Champs-Élysées & de musique de chambre à la salle Cortot, de faire venir en classe un musicien de l’Ensemble orchestral de Paris.  Les lycéens ayant choisi l’option Musique se voient en outre offrir un parcours programmant des œuvres de compositeurs au programme de l’enseignement de spécialité du baccalauréat 2008 : Bartók et Haydn.  Des master-classes sont également proposées aux jeunes amateurs de musique, aux chœurs ainsi qu’aux orchestres de jeunes souhaitant perfectionner leur pratique instrumentale auprès d’un musicien professionnel.

Informations : 01 41 05 72 51. www.ensemble-orchestral-paris.com ou : www.jeunepublic-eop.com

 

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Varia

Le 37e Festival interceltique de Lorient aura accueilli en 2007, « Année de l’Écosse », quelque 650 000 festivaliers.  Futurs invités d’honneur : Pays de Galles (1er-10 août 2008) et Galice (2009).  En 2010, on fêtera les 40 ans du Festival.  Renseignements : www.solangecollery.com

 

Pablo Picasso (1881-1973) : « L’art se meurt de l’absence d’un académisme fort. »

Woody Allen metteur en scène d’opéra : À partir du 6 septembre 2007, l’Opéra de Los Angeles monte Il Trittico de Puccini, sous la baguette de James Conlon.  William Friedkin met en scène : Il Tabarro et Suor Angelica, Woody Allen : Gianni Schicchi.  « Je n’ai aucune idée de ce que je fais, mais l’incompétence ne m’a jamais empêché de me jeter dans l’action avec enthousiasme » a commenté le célèbre clarinettiste.

IPR : « Inspecteur pédagogique régional » ou : “Intellectual Property Rights”.

« Spectaculaire », premier Salon vivant du spectacle, présentera, au Parc floral de Paris, du 14 au 16 septembre 2007, toute la saison culturelle 2007-2008.  Spectacles, débats, rencontres avec des artistes… Renseignements : www.spectaculaire.com

Parc floral de Paris, la pinède

L’Ircam propose plusieurs parcours pédagogiques permettant aux enseignants de susciter une rencontre privilégiée entre leurs élèves et la création musicale contemporaine.  Ces parcours associent un ou deux ateliers pratiques sur ordinateur, une visite pédagogique de l’Institut et une place de concert.  Durant l’année 2007-2008, ils se déclinent en trois thèmes autour de la voix : Les machineries parlantes de Georges Aperghis (collèges) / Du naturel au synthétique : la voix décryptée par la science (lycées) / Métamorphoses de la voix (lycées : option musique & écoles de musique : classes de culture musicale).  Renseignements : 1, place Igor-Stravinsky, Paris IVe.  Tél. : 01 44 78 48 23.  www.ircam.fr ou info-pedagogie@ircam.fr

Place Igor-Stravinsky

Droits d’auteur : Pour la première fois depuis 1992, le montant des perceptions de la Société des auteurs, compositeurs & éditeurs de musique (Sacem) a connu, en 2006, une légère érosion (-0,2 % par rapport à 2005).  Baisse consécutive à la forte chute des ventes de CDs et DVDs, que ne compensent que partiellement les droits perçus sur les radios, les télévisions, la musique d’ambiance et surtout les concerts – ces derniers en nette augmentation. Renseignements : www.sacem.fr

[Ci-dessous, membres du Conseil d’administration de la Sacem (exercice 2007-2008) regroupés autour de leur président, Laurent Petitgirard.]

Un « Hommage à Charlie Parker », œuvre du sculpteur Alain Kirili, a été inauguré le 26 juin 2007 à Paris, quartier Masséna (XIIIe arrondissement).  Cet ensemble monumental a été taillé dans la belle pierre dite de Bourgogne-Corton - « miel doré » aux veines mauves ou grises (carrière de Nuits-Saint-Georges).

Le Chant du Monde - éditions musicales & label discographique, fondés en 1938 - nous présente son nouveau site : www.chantdumonde.com

Perlissimo… À François Truffaut qui lui demandait de composer la musique de son film Fahrenheit 451, Bernard Herrmann répondit : « Vous devez connaître Boulez, Stockhausen, Messiaen. Eux sont des compositeurs d’avant-garde. Demandez-leur ! »  Et Truffaut de rétorquer : « Ils m’apporteront une musique du XXe siècle.  Vous, du XXI! »

Bernard Herrmann

Du compositeur français Louis Vierne, les éditions Bärenreiter ont entrepris de publier, en Urtext, les œuvres complètes pour orgue et pour piano - sous la direction de l’organiste Helga Schauerte-Maubouet.  Coéditeurs : Thierry Escaich, Rollin Smith, Olivier Gardon, Brigitte de Leersnyder, Jean-Pierre Mazeurat. Renseignements : www.baerenreiter.com

Louis Vierne

Le journaliste, critique musical & écrivain Philip de La Croix vient d’être nommé directeur musical de la chaîne musicale MezzoRenseignements : 28, rue François Ier, Paris VIIIe. www.mezzo.tv

L’American Symphony Orchestra League (ASOL : « trou du cul », en anglais) a décidé de changer d’acronyme.  Ce sera désormais la League of American Orchestras (LAO). Renseignements : www.symphony.org ou :

Meet the Music - Homepage

« La vacance des grandes valeurs fait la valeur des grandes vacances »…  Fondateur, en 1982, du premier lycée expérimental (cogéré à parité par les élèves et l’équipe enseignante), Gabriel Cohn-Bendit, professeur d’allemand aujourd’hui retraité, estime que « les professeurs qui se plaignent de la fatigue, c’est scandaleux ! […] Les profs devraient donner un mois tous les quatre ans, sans se faire payer, pour encadrer des jeunes » (14 juillet 2007). Renseignements :www.vousnousils.fr/page.php?P=data/ca_vous_parle/l_invite/

&key=itm_20060713_114326_gabriel_cohn_bendit__les_grandes.txt

La modernité à l'Opéra : Jacques Rouché (1914-1945).  Le musée du Palais Garnier consacre une intéressante exposition à Jacques Rouché qui dirigea l'Opéra de Paris pendant quelque trente ans.  L'apport de celui qui fut à la fois administrateur, artiste et mécène est considérable : efforts pour renouveler le répertoire – on lui doit la présentation de Turandot, du Chevalier à la rose ou du Coq d'or, comme des créations de Vincent d'Indy, Florent Schmitt ou Darius Milhaud ; dynamisation du ballet qu'il confie en 1929 à Serge Lifar.  On lui doit encore d'avoir modernisé la présentation scénique.  Il fait appel à de grands peintres, Maurice Denis, Raoul Dufy, Marie Laurencin ou Fernand Léger, et introduit des innovations techniques radicales (décor construit, projections cinématographiques).  Il s'adonnera même à la mise en scène et assurera celle d'Ariane et Barbe-Bleue de Dukas.  Bibliothèque-Musée de l'Opéra : Palais Garnier, place de l'Opéra, Paris IXe. Tous les jours de 10h à 17h, jusqu'au 30 septembre 2007.

Les éditions du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) n’ont de cesse d’élargir le champ de leurs publications.  Informations : Hôtel des Menus-Plaisirs – 22, avenue de Paris, 78000 Versailles.  Tél. : 01 39 20 78 18.  www.cmbv.com

Isidore Isou-Goldstein, pape du Lettrisme (« art de jouer avec les lettres de l’alphabet et des particules linguistiques dépourvues de sens immédiat ») est décédé, le 28 juillet 2007, à l’âge de 82 ans.  Auteur notamment de l’Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique (1945) et du très long métrage (4h30) Traité de bave & d’éternité (1951), il aura acquis à ses thèses un Guy Debord qui fera, plus tard, dissidence pour créer « L’Internationale lettriste ».

Photo non datée d'Isidore Isou. | DR

Isidore Isou

Groupe de recherche « Patrimoine musical (1450-1850) ». Le séminaire 2007-2008 se tiendra, sous la responsabilité du Professeur Édith Weber, du 8 novembre 2007 au 15 mai 2008, de 17h à 19h, en la Maison de la Recherche de la Sorbonne (28, rue Serpente, Paris VIe).  Le 8 novembre 2007 : « Johann Walter, 1496-1570, premier cantor de la Réforme », par James Lyon.  Renseignements : 01 45 40 60 26.

James Lyon

Philippe Caillard – quinze fois « Grand Prix du Disque » – auditionne excellents chanteurs / bons lecteurs, pour la Chorale du Conservatoire du Centre (une répétition par semaine) & pour un petit groupe de solistes (un dimanche par mois).  Lieu des répétitions : Paris, M° RER-Châtelet.  Grand répertoire polyphonique.  Formation à la direction de chœur.  Renseignements : 06 87 34 44 25 (sauf le mardi). philippe@caillard-edition.com

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Philippe Caillard

Hokusai Katsushika (1760-1849) : « Depuis l’âge de cinq ans, j’ai la manie de recopier la forme des choses…  Je n’ai rien peint de notable avant d’avoir soixante-dix ans.  À soixante-treize ans, j’ai assimilé légèrement la forme des herbes et des arbres, la structure des oiseaux et d’autres animaux, insectes et poissons ; par conséquent à quatre-vingts ans, j’espère que je me serai amélioré et à quatre-vingt-dix ans que j’aurai perçu l’essence même des choses, de telle sorte qu’à cent ans j’aurai atteint le divin mystère et qu’à cent dix ans, même un point ou une ligne seront vivants.  Je prie pour que l’un de vous vive assez longtemps pour vérifier mes dires. »

Hokusai, Sous la vague au large de Kanagawa (1831)

Contrechamps, structure genevoise liée à la musique contemporaine, fête son trentième anniversaire.  L’illustreront de nombreuses manifestations - tables rondes & concerts.  Renseignements : 8, rue de la Coulouvrenière, CH-1204 Genève. www.contrechamps.ch

Bâtiment des Forces Motrices (BFM), Genève

Le Salon du Gospel 2007 se tiendra, les 22 et 23 septembre, dans le cadre prestigieux du Carrousel du Louvre : conférences, débats, concerts, ateliers, stands, expositions, animations, défilés de mode, projections… Avec, notamment, la participation de Liz McComb. Renseignements : www.salondugospel.com

  Salles du Carrousel - Accès par le 99 Rue de Rivoli

Francis Cousté

Saison 2007-2008 du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles.  Pour sa première saison, le nouveau directeur Peter de Caluwe mise sur la diversité : création de Phaedra, le dernier opéra de Henze (régie de P. Mussbach), nouvelles mises en scène de Mitridate de Mozart (régie de R. Carsen), de Werther, donné simultanément dans les deux versions pour ténor et pour baryton (direction de K. Ono), de Didon et Énée, de Jules César en Égypte (direction de R Jacobs) présenté dans les versions pour contre-ténor et pour alto, de Médée de Cherubini (direction Ch. Rousset), et de La Forza del destino.  Le XXe siècle est représenté par Avis de Tempête de Georges Aperghis, et par Wozzeck. On donnera également des opéras en version de concert : Euryante de Weber, Maria Stuarda et les Scènes de Faust de Schumann dirigées par N. Harnoncourt.  Renseignements et location : 4, rue Léopold, 1000 Bruxelles. Tél. : 00 32 70 23 39 39. www.lamonnaie.be

2007-2008

Jean-Pierre Robert

Gallimard Jeunesse Musique lance une nouvelle collection promise au plus bel avenir.  « Mes premières découvertes des instruments » présentent, en effet, un instrument par ouvrage pour aider les enfants à choisir leur instrument de prédilection.  Un texte de Leigh Sauerwein est mis en musique par un compositeur de talent. Les partitions d’Isabelle Aboulker et de Régis Campo révèlent aux plus jeunes l’extraordinaire richesse, la palette et les possibilités d’un timbre instrumental. Le piano et le violon pour les deux premiers titres.  De grande taille, ces livres font la part belle à des illustrations aux couleurs vives réalisées par un quatre-mains audacieux : Aurélia Fronty et Christine Destours se répondent à merveille.  Le dossier pédagogique de Judith Birnbaum raconte l’histoire, l’origine et le fonctionnement de l’instrument.

Les rêves de Petit Cheval - À la découverte du piano.  Leigh Sauerwein (texte), Isabelle Aboulker (musique), Christine Destours & Aurélia Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).

Monsieur Hérisson a disparu - À la découverte du violon.  Leigh Sauerwein (texte), Régis Campo (musique), Christine Destours & Aurélia Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).

 

     

 

Gallimard Jeunesse musique, « Mes premières découvertes des instruments », 32 p., 14 €.  www.gallimard-jeunesse.fr/jukebox/accueil.php?tranche=t1

Jardins de l’Opéra Comique : Destinés au jeune public, ces « Jardins » prennent la forme de contes musicaux, réductions d’œuvres, spectacles oniriques en regard des nouvelles productions de la saison, au tarif unique de 11 € (saison 2007-2008 : La Boîte à joujoux de Claude Debussy ; Pierrot Cadmus de Denis Carolet ; La Véritable Histoire de Zampa ; Rapt, vol et brigandage à l’Opéra Comique ; Momo de Pascal Dusapin ; Le Jazz animé).  Parallèlement à cette programmation, l’Opéra Comique organise des sessions à destination des groupes scolaires pour qu’ils se familiarisent avec son répertoire, ses métiers, sa place dans la société et la culture.  Les enseignants se voient proposés des sessions et un dossier pédagogique illustré qui éclaire le contexte de la création des œuvres et fait le lien avec les matières enseignées.  Renseignements & inscriptions : 01 42 44 45 45. jeunepublic@opera-comique.com ou www.opera-comique.com

 

Aurélie Clément

 

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Manifestations et Concerts

Haut

« Jazz à La Villette ».  Jusqu’au 9 septembre 2007, Wayne Shorter, Steve Coleman & Julien Lourau ont carte blanche et invitent leurs amis…  Renseignements : 01 44 84 44 84.  www.jazzalavillette.com

Jazz à la villette

En l’Auditorium du Musée Guimet, Bimbavati Devi, groupe de danse classique Manipuri, se produira les vendredi 7 et samedi 8 septembre, à 20h30.  Avec Guru Kalavati Devi & Draupadi Devi (chant), Th. Brojen Singh (pung : percussion traditionnelle du Manipuri), Gour Pal (flûte) et Nichola (sitar).  Renseignements : 6, place d’Iéna, Paris XVIe.  Tél. : 01 40 73 88 18. auditorium@guimet.fr

 

Réservation BIMBAVATI DEVI

En ce même Auditorium Guimet, le vendredi 21 septembre, à 20h30, Chant carnatique avec T. V. Gopalakrishnan et ses musiciens.

 

Réservation T.V. GOPALAKRISHNAN

Au Centre de documentation de la musique contemporaine (CDMC) : « L’identité américaine dans sa musique : de Aaron Copland à Steve Reich ».  Jeudi 20 septembre 2007, à 19 heures.  Avec la participation de Pierre-Albert Castanet, Daniel Caux, Makis Solomos et François Coadou.  Animateur : Philippe Lalitte.  Entrée libre (réservation obligatoire au : 01 58 71 01 20).  Renseignements : www.cdmc.asso.fr

 

Steve Reich

À la Rotonde des locomotives de Longueville, sera donné, le dimanche 23 septembre, à 16 heures – dans le cadre du Festival d’Île-de-France – le concert « Un train pour le Far East » : Quartet in four parts (John Cage), Black Angels : Treize images pour pays sombres, pour quatuor à cordes électrifié (George Crumb) et Different Trains, pour quatuor à cordes & bande magnétique (Steve Reich).  Avec le quatuor Diotima.  Possibilité d’effectuer le trajet en train à vapeur (au départ de la Gare de l’Est, Paris).  Renseignements : Musée des Locomotives, rue Louis-Platriez, 77650 Longueville (Seine-et-Marne). Tél. : 01 64 08 60 62. www.festival-ile-de-france.com

Rotonde des locomotives

La 25e édition de Musica, festival international des musiques d’aujourd’hui, se déroulera à Strasbourg, du 26 septembre au 14 octobre 2007 : 35 manifestations, 58 compositeurs, 40 créations & premières françaises, 100 œuvres.  Renseignements : Cité de la musique et de la danse – 1, place Dauphine, 67000 Strasbourg. Tél. : 03 88 23 46 46. www.festival-musica.org

 

Symposium François Bayle.  Dédiée au compositeur français (notre photo), cette manifestation « Die Klangwelt der akusmatischen Musik » se déroulera à Cologne, du 9 au 12 octobre 2007.  Incluant quatre concerts de musique acousmatique.  Renseignements : www.fbayle.fr / www.uni-koeln.de/phil-fak/muwi/events/bayle2007.html

 

« Vingt lieux sur la mer » : Pour célébrer ses 20 ans de créations, l’Ensemble Musicatreize propose, le vendredi 14 septembre 2007, à 20h30 - en association avec le Nederlands Kamerkoor - un grand concert en la Chambre de Commerce de Marseille (sise sur la Canebière) : Lux Aeterna de György Ligeti ; En un jardin secret de Lucien Guérinel ; Figure humaine de Francis Poulenc ; Avoaha de Maurice Ohana.  Avec la participation des pianistes Marie-Josèphe Jude & Jay Gottlieb, ainsi que des percussionnistes Roland Auzet, Florent Jodelet & Christian Hamouy.  Dir. Roland Hayrabedian & Klaas Stok.  Le lendemain, samedi 15 septembre : « Parcours-concerts à travers la ville ».  Renseignements : 04 91 00 91 31. www.musicatreize.org

Vocal and instrumental Ensemble

Musicatreize et palissade

Concerts de Midi Trente au Musée d’Orsay : Dix-neuf concerts de musique de chambre et de récitals mettent à l’honneur jeunes artistes & artistes confirmés, dans un répertoire allant des musiques espagnoles, suisses et russes à la chanson française.  Renseignements : 01 40 49 47 57.  www.musee-orsay.fr

 

La Danse de Carpeaux avec au premier plan une compositon de Joel Shapiro - Correspondances 2005 - Paris Musée d'Orsay - Copyright : Musée d'Orsay - A.Point, JPhG

Musiques de chambre au Louvre.  Résolument germanique, ce cycle annuel de treize concerts se déroulera en l’Auditorium du Louvre, du 26 septembre 2007 au 14 mai 2008.  Renseignements : 01 40 20 51 04. www.louvre.fr

 

Francis Cousté

 


L'édition musicale

Haut

Nikolaï MIASKOVSKY : Sonate n°1, op. 12 pour violoncelle et piano.  Chant du Monde (31-33, rue Vandrezanne, 75013 Paris) : VC 4484.  2005. 31 p. + 12 p.

- Sonate n°2, op. 81 pour violoncelle et piano (ou alto et piano).  Chant du Monde : VC 4470.  2005. 56 p. + 16 p.

- Concerto pour violoncelle, op. 66 (réduction pour violoncelle et piano).  Chant du Monde : VC 4455.  2005. 37 p. + 16 p.

- Réminiscences, op. 29Excentricités, op. 25 pour piano.  Chant du Monde : PN 4495.  s.d.  33 p.

« Le Chant du Monde », spécialisé dans les disques notamment de musique russe, édite aussi des partitions présentées avec grand soin. Parmi les récentes productions de la collection « XXe siècle », figurent des œuvres de N. Miaskovsky et de D. Chostakovitch.

Nikolaï Miaskovsky (1881-1950), compositeur et pédagogue soviétique, professeur de composition - célèbre dans les années 1920 - a composé, entre autres, des pages de musique de chambre.  La Sonate n°1 op. 12, pour violoncelle et piano, comporte deux mouvements contrastés : un Adagio méditatif convenant parfaitement à la sonorité du violoncelle ; un Allegro passionato mettant la technique et la virtuosité en valeur. (À noter : le verso de la dernière page de la partie de violoncelle reproduit en fait la p. 12 de la partition piano/violoncelle). La Sonate n°2, op. 81, pour violoncelle (ou alto) et piano, est dédiée à M. Rostropovitch.  Le compositeur maîtrise parfaitement l’écriture pour violoncelle et piano, dont le rôle est loin d’être secondaire.  Le Concerto pour violoncelle et orchestre, op. 66, datant de 1944, compte parmi ses œuvres les plus populaires. La présente partition en est une réduction pour violoncelle et piano.

Celui qui a contribué à la renaissance de la musique de chambre russe est aussi l’auteur de Réminiscences, op. 3 pour piano, miniatures assorties d’indications évocatrices («…réminiscence…», «…insomnie… », « …perdu dans la neige… »).  Ce volume est complété par Excentricités, 6 petites pièces op. 25 composées entre 1917 et 1922, de facture assez classique (d’après l’édition de 1937).

Dimitri CHOSTAKOVITCH : Onze pièces pour violoncelle et piano. Chant du Monde : VC 4176.  s. d.  32 p. + 12 p.  Romance pour violon et piano. Chant du Monde : VC 4198.  s.d.  3 p. + 1 p.

Dimitri Chostakovitch (1906-1975), musicien emblématique du régime soviétique, professeur dans plusieurs conservatoires - dont celui de Moscou -, est surtout connu par ses symphonies.  Sur ces 11 Pièces pour violoncelle et piano, neuf sont des arrangements de musiciens russes contemporains.  Leurs titres évocateurs ne sont pas sans rappeler un peu l’Album à la jeunesse de R. Schumann. Le violoncelle expressif est soutenu par le piano qui contribue à créer des atmosphères variées.  Sa brève Romance, op. 97a, arrangée pour violon et piano par C. Fortunatov, est aussi marquée par l’expressivité de l’âme russe.

 Guy MORANÇON : Trois pièces pour grand-orgue. Chant du Monde : OR 4484.  s.d.  26 p.

« Le Chant du Monde » ne s’intéresse pas qu’à l’école russe.  Guy Morançon (°1927), organiste, chef d’orchestre et compositeur, s’inspire, dans ses Trois pièces pour grand-orgue, de citations de l’Apocalypse, évoquant notamment : « Un signe grandiose »ou encore « Le dragon à sept têtes et dix cornes ».  Il excelle dans la traduction musicale figuraliste du mystère, du mysticisme et la peinture d’atmosphère. Cette édition, d’une remarquable précision concernant la registration, les tempi, la dynamique et, en général, les intentions du compositeur, s’adresse à des organistes et solfégistes chevronnés ; elle comblera une lacune dans le répertoire organistique du « XXIe siècle » (selon le titre de la collection). 

Gaël LIARDON : Chorals pour orgue.  Fleurier, Cantate Domino : CD 3091.  52 p. (2a, rue du Sapin, CP 156, CH-2114 Fleurier).

Les organistes manquent souvent de paraphrases fonctionnelles portant sur des psaumes, des chorals, l’année liturgique (Avent, Pâques, Pentecôte…) ou sur des thèmes particuliers.  Dans ses 27 arrangements (1995-2006), G. Liardon propose des versions manuscrites, avec indications de registrations diversifiées (plein-jeu, pour l’ouverture ; hautbois, pour le cantus firmus traditionnel énoncé en valeurs longues (pédale, superius)).  La référence des Psaumes français est précisée dans l’orthographe du XVIe siècle, tout comme l’incipit des Chorals allemands. Pour le Psaume 137, le compositeur renforce les figuralismes (« rives aquatiques » : évoquées en croches et batteries de doubles croches).  Cet ouvrage rendra service aux organistes soucieux de respecter les mélodies traditionnelles et d’élargir leur répertoire cultuel.

Michel POILLOT : Cours d’harmonie pratique au clavier.  Voix nouvelles (38, rue des Remparts d’Ainay, 69002 Lyon. info@voixnouvelles.com).  24 x 30, 174 p.  30 €.

Ce remarquable manuel s’adresse en premier lieu à ceux qui sont chargés d’accompagner les chants liturgiques, parfois de préluder et de postluder sur des mélodies tonales de facture classique (y compris le répertoire actuel).  Excellente initiation à l’harmonie en général, à la basse chiffrée en particulier.  Accompagné d’exercices très judicieux, ce cours - particulièrement adapté à son objet - rendra d’immenses services aux accompagnateurs, organistes et improvisateurs.

Édith Weber

 

FORMATION MUSICALE

Pierre CHEPÉLOV & Benoît MENU : La dictée en musique. Niveau début de 1er cycle. Textes du répertoire. 1 vol. avec CD, 1 vol. de corrigés. Lemoine : 28440HL.

Ce recueil est divisé en quatre parties : Rythme, Mélodie, Mélanges, Dépistage de fautes, offrant ainsi à l’élève les différents types d’exercices aujourd’hui en usage. Les dictées de rythme fournissent la mélodie et les dictées mélodiques comportent les indications de rythme. L’ensemble est réalisé avec beaucoup de soin et les textes musicaux font appel au répertoire de tous temps et tous styles, de Guillaume Dufay à Gilbert Amy en passant par des « traditionnels » de divers pays.  Il faut également souligner l’intérêt du CD qui donne souvent de larges extraits des œuvres, bien au-delà de ce qui est nécessaire à la dictée, permettant ainsi de faire goûter aux élèves les musiques qu’ils écoutent. La préface de Marguerite Labrousse fait d’ailleurs excellemment ressortir les qualités de ce travail.

Guillaume SAINT-JAMES : Écoute… c’est pas pareil ! 14 comparaisons sonores pour comprendre et expliquer la musique. 1 livre, 1 CD, 4-5 ans / 1 livre, 1 CD, 6-7 ans.  Fuzeau Jeunesse.

La philosophie des deux volumes est la même : permettre un éveil sensoriel du jeune âge.  Les illustrations de Bos sont tout à fait adaptées à leur public. Il s’agit d’une sorte de « livre d’images » perfectionné qui commente chacune de ses pages. Ne soyons pas étonné de la durée réduite des CDs (autour de 10’). Ces durées sont, au contraire, tout à fait adaptées à l’âge des enfants auxquels ces petits livres cartonnés aux pages résistantes s’adressent.  Les enfants aimeront écouter inlassablement le CD qui se déroule comme une histoire. Le volume pour les 4-5 ans fait évidemment appel à des comparaisons moins compliquées : hauteurs, timbres, styles, le tout de façon toujours simple mais exacte.  Le volume des 6-7 ans constitue une initiation beaucoup plus « pointue », avec emploi de termes spécifiques.  Tous deux sont remarquablement faits et on y trouve plaisir - de 4 à… beaucoup plus que 7 ans ! Les deux livres constitueront aussi, bien sûr, une occasion de dialogue fécond entre enfants et parents !

 

CLAVECIN

Johann Ludwig KREBS : Clavier-Übung (IIIe partie – 6 sonatines), ca 1744. « FacsiMusic », Fuzeau Classique : 50126.

Les éditions Fuzeau mettent à notre disposition six sonatines de ce compositeur qui fut, à la Thomasschule de Leipzig, l’un des meilleurs élèves de J.S. Bach. Organiste et claveciniste de renom, il écrivit quantité d’œuvres dont beaucoup sont restées manuscrites. Les six sonatines publiées ici sont très intéressantes et ne demanderont qu’un effort de lecture de clés pour être aisément interprétées. Publiée sous la direction de Jean Saint-Arroman, la collection « Facsimusic » regroupe des partitions de 5 à 25 pages non préfacées.  Le propos de l’éditeur est, notamment, de garder la qualité de ses autres éditions en fac-similé, mais d’en minorer le coût.

Charles Alexandre JOLLAGE : Premier livre de pièces de clavecin, 1738.  « FacsiMusic », Fuzeau Classique : 50105.

Il s’agit ici, semble-t-il, du seul recueil connu de cet organiste du roi de Pologne Stanislas Leczinski, qu’il suivit dans son exil.  Il fut organiste par quartier à Notre-Dame, en compagnie de Louis Claude Daquin et Armand-Louis Couperin. Tout à fait dans le style de l’époque, ces diverses pièces comportent des titres évocateurs comme Le Postillon, l’Agitée, la Résolue.  On y trouve en particulier deux exemples de « pièces croisées » : L’Agitée et La Tranquille, chose rare, en France, après Couperin.

PIANO

Christian Gottlieb NEEFE : Fantasia per il Clavicembalo, ca 1798. « FacsiMusic », Fuzeau Classique : 50124.

Toujours dans la collection « FacsiMusic », nous trouvons cette Fantaisie de Neefe. Il est fascinant de constater combien, en moins de cinquante ans, l’écriture pour clavier a évolué en passant du clavecin au piano. Cette œuvre est, en effet, pleinement pianistique.  Par sa liberté de style et l’appel aux ressources les plus extrêmes du nouvel instrument, elle évoque déjà l’écriture pianistique d’un Beethoven.  Neefe n’en fut-il pas le maître, l’ami et le protecteur pendant quelques années ? Il s’agit d’une succession de courts mouvements variés et très caractérisés formant un ensemble qui soutient constamment l’attention et l’intérêt. À découvrir absolument.

Dimitri TCHESNOKOV : 20 Préludes pour piano, op. 2.  Delatour : DLT 1376.

Ne nous y trompons pas : ce jeune compositeur ukrainien, né à Vokhma en 1982, n’est plus un débutant.  À son actif, de nombreuses œuvres, notamment deux concertos pour piano. Les pièces ici publiées, écrites en 1999, portent bien leur nom. À elles vingt, elles durent, en tout, cinq ou six minutes. Extrêmement variées, chacune constitue un séduisant petit tableau de quelques secondes.

VIOLON

Siegbert RAMPE & Dominik SACKMANN : Violon, vol. III. « Méthodes et Traités ». Fuzeau Classique : 6391.

Ce volume fait partie d’une série de quatre, consacrés aux méthodes et traités de violon parus en Allemagne & Autriche de 1600 à 1860. Il couvre une période allant de 1774 à 1780. On y trouve les fac-similés intégraux de Anweisung zum Violinspielen de George Simon Löhlein, Schreiben über die Berlinische Musik et Antwort Schreiben eines Ton-Künstler (publié en 1782) de Johann Friedrich Reichardt, et Uiber meine Violine de Karl Tauber von Tauberfurt. Bien sûr, il vaut mieux être germaniste pour aborder ce volume…

ALTO

Igor RAYKHELSON : Adagio pour alto (ou violon) et orchestre. Réduction pour alto (ou violon) et piano.  Leduc : AL 29851.

Une œuvre attachante et lyrique de ce compositeur russe qui collabore depuis peu avec les éditions Leduc. De longues phrases expressives se déroulent sur des harmonies poignantes. L’œuvre se déroule en trois parties : un adagio tranquillo puis un animato en forme de valse au double du mouvement initial, enfin retour à l’adagio initial.

FLÛTE TRAVERSIÈRE

Joseph BODIN de BOISMORTIER : Sonates à deux flûtes traversières sans basse. Œuvre premier, 1724. « FacsiMusic ». Fuzeau Classique : 50104.

C’est toujours un plaisir de disposer des œuvres du prolixe compositeur parisien qui connut un grand succès sous la Régence. Comme toujours dans cette collection, la reproduction fac-similé est d’une exceptionnelle lisibilité et ce sera un plaisir pour les flûtistes de pouvoir directement jouer d’après cette édition de 1724.

Paul TAFFANEL : Fantaisie sur « Françoise de Rimini », opéra d’Ambroise Thomas pour flûte et piano. Révision de la partie de flûte par Philippe Bernold. Billaudot : G6603B.

On ne présente plus ces fantaisies brillantes qui ont fait le succès des salons du Second Empire et le bonheur des flûtistes. Celle-ci diffère cependant des autres par son caractère plus intérieur et dramatique. Les thèmes retenus par Taffanel sont tirés exclusivement de thèmes instrumentaux de l’opéra. Est-il nécessaire de rappeler que Taffanel est un peu le père de la flûte moderne et qu’il aura formé, entre autres, Philippe Gaubert ?

CLARINETTE

Georg Philipp TELEMANN : 12 fantaisies. Adaptation originale pour clarinette en sib ou en la, par Jean Marc Fessard. Delatour : DLT0353.

Il s’agit d’une adaptation des Douze fantaisies pour flûte seule. Bien que les douze fantaisies puissent se jouer sur clarinette en sib, pour huit d’entre elles la clarinette en la est préférable. L’adaptation suit fidèlement les éditions de 1732 et 1733. L’adaptateur a seulement ajouté des indications d’articulation. Nul doute que les clarinettistes apprécieront l’adaptation scrupuleuse de pièces aussi intéressantes.

SAXOPHONE

Thomas GUBITSCH : Clair obscur pour saxophone alto & dispositif électroacoustique. Leduc : 1 cahier AL30371 + 1 CD AL30372.

Né en 1957 à Buenos Aires, ce compositeur, virtuose de la guitare, devint une « rock star » en Argentine.  Lors de son passage à Paris avec Astor Piazzolla, en 1977, il décide de s’y installer pour échapper à la dictature. Il joue alors avec Stéphane Grappelli, Michel Portal et bien d’autres.  La pièce proposée est une commande du Centre culturel André Malraux et du CNR de Nancy. Que dire de plus que ce qu’en dit l’auteur : « Bon, bien sûr, il y a cette idée de jeu sur les contrastes. Mais surtout il y a ce questionnement sur ce qui est contemporain et ce qui est actuel en musique. Il y a ceux qui s’interrogent (j’en fais partie) et ceux qui savent. Ces derniers le disent haut et fort à la télé, à la radio et dans les journaux… and yet… ».  C’est, en tout cas, de la musique, et de la bonne !

Thomas GUBITSCH : Des bords déments pour saxophone alto & dispositif électroacoustique. Leduc : 1 cahier AL30387 + 1 CD AL30388.

Cette œuvre est une commande des mêmes instances. Là encore, je laisserai la parole à l’auteur : « S’il fallait sombrer dans l’excès pour être un petit peu plus nous-même, allons-y sans retenue. Je ne garde aucun souvenir émouvant de la modération, et vous ? »

Thomas GUBITSCH : Pour mémoire… pour saxophone alto & dispositif électroacoustique. Leduc : 1 cahier AL30389 + 1 CD AL30390.

Écrite dans les mêmes circonstances, cette œuvre offre les mêmes qualités que les précédentes. Laissons encore la parole à l’auteur : « Sur les traumatismes mortifères provoqués par les terrorismes d’État, pas d’oubli, pas de pardon. ». Lorsqu’on se souvient des circonstances qui ont conduit l’auteur à s’installer à Paris, on comprend l’âpreté du discours musical.

MUSIQUE DE CHAMBRE

Igor RAYKHELSON : Réflexions pour violon (ou flûte), alto et orchestre. Réduction pour violon (ou flûte), alto et piano. Leduc : AL29848.

Né à Saint-Pétersbourg, Igor Raykhelson est un compositeur contemporain qui a reçu, au Conservatoire Rimsky-Korsakov, une formation aussi bien classique que jazz.  Il collabore fréquemment avec l’altiste Yuri Bashmet.  L’œuvre ici proposée est profondément lyrique et passionnée – telle une rhapsodie qui se déroule dans une tension toujours renouvelée. Une œuvre superbe, à découvrir.

Daniel Blackstone

Haut


Bibliographie

Christine JOLIVET-ERLIH : Écrits d'André JolivetDelatour, 2vol. 17,5 x 24 cm, 818 p., ill. n&b et couleurs. 52 €.

Transcrits, présentés et annotés par Christine Jolivet-Erlih, fille du compositeur, ces textes, rédigés entre 1921 et 1974, rappellent qu’André Jolivet (1905-1974) a embrassé l’ensemble des questions de création, de pédagogie et de diffusion musicales, à l’époque même où se structuraient la politique et l’administration de la culture en France. C’est ainsi un grand destin musical qui se dessine au travers d’écrits autobiographiques, professionnels et publics. Compositeur, André Jolivet entendait bien l’être, non pour s’abstraire des réalités, mais pour s’en ressaisir avec sincérité et, surtout, pour se relier aux autres.  Par cette double exigence, la générosité et les difficultés qu’elle implique, l’histoire intellectuelle que dessinent ces écrits intéresse aussi notre présent.  Cette publication permet aussi de découvrir le corpus des dessins d’un musicien que tous les champs du sensible passionnèrent. 

André Jolivet, juin 1940

Gérard Denizeau

Marc PERRENOUD : Les musicos. Enquête sur des musiciens ordinaires. « Textes à l’appui. Enquêtes de terrain », La Découverte. 324 p., 22 €.

Le bassiste toulousain M. Perrenoud a fait de ses dix ans de pratique professionnelle une enquête ethnographique, livrée ici en des récits vivants et pleins de musique qui dialoguent avec un solide appareil théorique.  D'une écriture fluide et précise comme une walking bass, l'auteur examine le déroulement des carrières (s'approprier / répéter / jouer / enregistrer / tourner / durer) et trace ainsi avec intelligence et humanité le portrait des musicos, ces musiciens sans gloire ni fortune mais qui, de bals en bars ou rares concerts, « ne font que ça ».

Pierre-François COEN et Madeleine ZULAUF (éds) : Entre savoirs modulés et savoir moduler : l'Éducation musicale en question. Préface de Martine Wirthner. « Sciences de l'Éducation musicale », L'Harmattan. 270 p. 22,50 €.

Dans la relation entre enseignant et apprenant, comment se définissent les savoirs musicaux ? Cette question complexe se trouve ici discutée par dix intervenants aux Journées francophones de recherche en Éducation musicale (Fribourg, 2004).  D'horizons très divers, ils rendent compte de réflexions et expériences souvent intéressantes (dont « Dix mois d'école et d'opéra » de D. Fouache), que les deux éditeurs viennent très heureusement cadrer.

Paul Gontcharoff

Catherine CESSAC : Jean-Féry Rebel (1666-1747).  Musicien des Éléments. « Sciences de la musique, série Études ». CNRS Éditions.  15 x 23 cm, 192 p., ill. n&b, ex. mus. 30 €.

Assurément moins connu que Campra, Rameau ou Lalande, le compositeur Jean-Féry Rebel n’en est pas moins une figure majeure de la musique française – notamment instrumentale – du XVIIIe siècle.  Appartenant à une dynastie de musiciens qui s’étendit sur trois générations, il fut sans doute le plus brillant propagateur, en France, de la sonate et de la symphonie de danse - dont Les Éléments demeure le meilleur exemple.  Outre la biographie familiale du compositeur, Catherine Cessac présente sa musique vocale (airs sérieux & à boire ; Ulysse, tragédie en musique), sa musique de chambre (sonates & pièces pour violon) et sa musique de danse (Caprice, Boutade, La Terpsichore, Les Plaisirs champêtres, Les Éléments…). En riches annexes : documents d’archives, glossaire des mouvements de danses, catalogue de l’œuvre, bibliographie, discographie, index…

Rebel : Ballets sans paroles

Sophie ZADIKIAN : Cosí fan tutte de Mozart. L’opéra incompris. « Univers musical », L’Harmattan. 276 p., ex. mus., 24 €.

Longtemps considéré comme une œuvre mineure dans la production opératique de Mozart, Cosí fait, depuis quelques décennies, l’objet de relectures passionnées et de mises en scène originales. Sur l’énigme d’un livret fourmillant de références historiques, sociales, littéraires et picturales aussi bien que sur les ambiguïtés psychologiques dont, a piacere, joue le compositeur, Sophie Zadikian, professeur d’histoire de l’art et d’analyse musicale, ouvre de toutes nouvelles perspectives. Les 78 pages d’annexes comportent, notamment, un fort éclairant catalogue analytique des mises en scène réalisées de 1950 à 2005.

Ronald LESSENS : Grétry ou Le triomphe de l’opéra-comique (1741-1813). « Univers musical », L’Harmattan. 272 p., ex. mus., 24 €.

À celui à qui Voltaire déclara « Vous êtes musicien, et vous avez de l’esprit ! » et qui souffrit longtemps d’un injuste ostracisme, il fallait que fût consacrée une telle réhabilitation – tout au moins bibliographique, dans l’attente de la réinscription de ses œuvres au programme de nos scènes nationales.  Comment, en effet, Lucile, Richard Cœur de Lion ou Zémire et Azor ne feraient-elles pas les belles soirées de la Salle Favart, voire de la Péniche Opéra ? Musique et livret de chacun de ces ouvrages - et de bien d’autres - sont ici succinctement analysés.

Charles ROSEN : Les sonates pour piano de Beethoven. Un petit guide.  Traduit de l’anglais par Anne Chapoutot & Georges Bloch.  NRF/Gallimard. 15 x 24 cm, 334 p., ex. mus., 1CD (37 extraits musicaux), 24 €.

Corpus majeur de la culture occidentale, les trente-deux sonates pour piano de Beethoven méritaient certes pareille étude (trop modestement sous-titrée « petit guide ») - laquelle passionnera aussi bien musiciens chevronnés que mélomanes.  Où nous sont proposés, en leur contexte : principes formels de la tradition (phrasés, tempi, pédale, trilles, limites du clavier...) et approche stylistique de chaque sonate.  Ensemble assorti de nombreux exemples musicaux, et illustré (dans le CD inclus) d’extraits significatifs, plus quelques items empruntés à Haydn, Mozart ou Schubert.  Un « in-dis-pensable » !

Deborah PRIEST : Debussy, Ravel & Stravinsky : textes de Louis Laloy (1874-1944).  « Univers musical », L’Harmattan. 392 p., illustr., ex. mus.  31,50 €.

Sur les pénétrants aperçus de l’éminent critique musical, helléniste et sinologue Louis Laloy – ami et premier biographe de Debussy -, s’est penchée la pianiste et musicologue australienne Deborah Priest.  Il s’agit là, pour l’essentiel, d’une colligation de souvenirs personnels et de remarques sur le style, la réception et l’interprétation des œuvres de ces trois compositeurs. Passionnante mise en perspective de la vie musicale parisienne entre 1900 et 1940.

Mary E. DAVIS : Erik Satie.  « Critical lives », Reaktion Books (www.reaktionbooks.co.uk). 13 x 20 cm, 176 p., ill. n&b, £10.95

Enseignante à l’Université de Cleveland (Ohio) et déjà auteur de Classic Chic : Music, Fashion and Modernism (2006), Mary E. Davis met ici en lumière quelques aspects peu étudiés de la personnalité du « Velvet Gentleman » (aux sept identiques costumes de velours) : l’initiateur notamment - bien avant Stravinsky - du Néoclassicisme et ce, au carrefour Dada de la couture et de la culture, arts visuels, littérature et musique.  Un original complément à l’œuvre de la grande papesse du satisme, Ornella Volta.

Le génome musical.  Revue « Circuit, Musiques contemporaines », vol. 17, n°1 (2007) : Presses de l’Université de Montréal (www.revuecircuit.ca / info@revuecircuit.ca).  21,5 x 22,5 cm, 136 p., ill. n&b, ex. mus, 18 $.

Au sommaire de cet exceptionnel numéro : L’idée avant l’œuvre (J. Goldman) ; Towards an Analysis of Compositional Strategies (Fr. Delalande) ; La musique dans la philosophie de Wittgenstein (A. Soulez) ; De l’idée à l’œuvre dans Notation I de Pierre Boulez (A. Bonnet) ; Enquête : neuf idées musicales (P. Klanac, Ph. Leroux, Br. Mantovani, Ch. P. Harman, Kl. Torstensson, Br. Current, M. Lanza, J.-Fr. Laporte, J. M. Staud) ; Entretien avec Helmut Lachenmann (A. Heathcote) ; Analyse des Berliner Momente de Walter Boudreau (M. McKinley) ; Écrits de Tristan Murail (S. Ferguson) ; À propos du Corps électrique de Fausto Romitelli (Cl. Ambrosini).

Patrick REVOL : Conception orientale du temps dans la musique occidentale du XXe siècle. « Univers musical », L’Harmattan. 206 p., illustr., ex. mus., 19 €.

Spécialiste de l’influence de la musique javanaise sur le langage debussyste, notre collaborateur élargit ici son propos à l’appropriation, par les musiciens occidentaux, des paramètres temporels des arts de l’Asie – sans le pittoresque clinquant à quoi se réduisit trop longtemps cette influence.  Quatre grands chapitres : Debussy et la prééminence d’un temps nouveau / De John Cage à Steve Reich / L’exploration temporelle du son : Scelsi, Grisey, Harvey / Arvo Pärt.

Alain MÉDAM : Ce que la musique donne à entendre. À propos du plaisir de l’écoute. Éditions Liber (Québec).  « Distribution du Nouveau Monde » (30, rue Gay-Lussac, 75005 Paris. Tél. : 01 43 54 49 02. www.librairieduquebec.fr).  15 x 23 cm, 180 p., 23,75 €.

Sociologue de l’espace urbain, mais également peintre, Alain Médam s’interroge, cette fois, sur ce que fait entendre la musique par-delà ce que l’on en perçoit.  Comment dire l’indicible, comment « dénommer » afin que ce que l’on écoute nous parle ? Nous permettant d’approcher asymptotiquement l’inexprimable…

Lyse VÉZINA : Le violoncelle. Ses origines, son histoire, ses interprètes.  Éditions Varia (Québec).  « Distribution du Nouveau Monde ».  14,5 x 27,5 cm, 354 p., ill. n&b, cahier couleurs, $ 34,95.

Signée par une praticienne chevronnée de l’instrument, membre de l’Orchestre symphonique de Montréal, voilà une monographie dont nul violoncelliste ne pourra faire l’économie !  Histoire du violoncelle, de son avènement à nos jours ; considérations sur les grandes écoles pour instruments à cordes, l’art de l’archet, la lutherie, les plus célèbres facteurs ; présentation des plus grands solistes.  En langue française, une somme sans équivalent.

Jonathan HARVEY : Pensées sur la musique. La quête de l’esprit.  Avant-propos de Danielle Cohen-Levinas.  Traduit de l’anglais par Mireille Tansman-Zanuttini & Danielle Cohen-Levinas. « Musique et musicologie : les Dialogues », L’Harmattan.  172 p., ex. mus., 17 €.

Le célèbre compositeur anglais - dont vient d’être créé l’opéra Wagner Dream (2007) - nous livre ici le texte des « Conférences Bloch » qu’il donnait en 1995, à l’Université Berkeley de Californie : auscultation de ses propres œuvres aussi bien que de celles de Bach, Mozart, Beethoven, Wagner, Mahler, R. Strauss, Webern, Britten, Pärt, Takemitsu… (55 pages d’exemples musicaux).  S’inspirant notamment de la « clairvoyance » d’un Rudolf Steiner, le musicien développe sa conception de la dimension ontologiquement sacrée de la musique - paradigme même, selon lui, de la transcendance.

Peter SZENDY : Sur écoute. Esthétique de l’espionnage.  « Paradoxe », Les Éditions de Minuit.  13,5 x 22 cm, 19 €.

Généralisée est aujourd’hui la surécoute : en témoignent amplement scandales politiques nationaux (grandes oreilles de l’Élysée…) & internationaux (mise sur écoute du secrétaire général de l’ONU…).  Déjà auteur de Écoute. Une histoire de nos oreilles (Minuit, 2001), le musicologue Peter Szendy récidive en faisant un historique de l’espionnage auditif (« second plus vieux métier du monde », estime-t-il) - depuis les espions de Jéricho jusqu’à « Echelon », système de télécoute planétaire mis en place, à des fins désormais civiles et économiques, par la National Security Agency.  Via naturellement les fantasmes d’écoute dans Orphée, Le Nozze di Figaro et Don Giovanni (« grand opéra sur l’oreille »), aussi bien que les projets panacoustiques d’un Jeremy Bentham, pendant de son fameux Panoptique…  Sans préjudice du Terrier de Kafka, du Wozzeck d’Alban Berg et des films d’Hitchcock, Fritz Lang ou Coppola (auxquels nous pourrions rajouter l’admirable La Vie des autres (2007) du réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck). 

nsa            

Lewis PORTER : John Coltrane (1926-1967). Sa vie, sa musique.  Traduit de l’anglais par Vincent Cotro.  « Contrepoints », Outre Mesure (www.outre-mesure.net).  18 x 22 cm, 384 p., ex. mus., ill. n&b.  32 €.

Riche était déjà la bibliographie consacrée au « Trane » (ouvrages, notamment, de C.O. Simpkins & J.C. Thomas).  Or voilà que, pour le 40e anniversaire de sa disparition, les éditions Outre Mesure publient la traduction française de l’ouvrage universellement reconnu comme le plus complet et le plus circonstancié à ce jour.  Monographie particulièrement riche, en effet, d’exemples musicaux, analyses, reproduction de documents, témoignages et iconographie… Et (ce n’est certes pas indifférent) d’un constant bonheur d’écriture !

François BASCHET (°1920) : Mémoires sonores. Préface : Yehudi Menuhin.  Postface : Michel Deneuve. « L’Écarlate », L’Harmattan. 282 p., 2 cahiers de photos n&b, 26 €.

Bernard & François Baschet inventaient, en 1952, leurs fameuses Sculptures sonores - qui tant fascinèrent un Alexandre Calder -, instruments de musique strictement acoustiques, sculptés dans des matériaux tels que le métal, le cristal, le verre, voire le carton rigide.  Instrumentarium aux riches vocabulaire, timbres et sonorités dont l’électroacoustique fera bientôt son miel… Ils créèrent, en outre, un instrumentarium simplifié destiné à l’éducation musicale (notre photo).  Un parcours hors du commun qui nous est ici - au fil de vingt joyeux chapitres - conté par le menu, dans un style savoureux, riche d’anecdotes.

 

Carmen PARDO SALGADO : Approche de John Cage. L’écoute oblique.  Traduit de l’espagnol par Nathalie Lhuillier.  Préface de Daniel Charles. « Musique-Philosophie », L’Harmattan. 178 p., 16 €.

À la fois plasticien & poète, compositeur & mycologue (music et mushroom ne voisinent-ils pas dans les dictionnaires ?), le père du happening ne fut certes jamais victime d’ostracisme de la part de la gendelettre.  Ici placée sous la pieuse préface de Daniel Charles, cette nouvelle « vie des saints » ne manquera pas de séduire tout fervent de haute branchitude. 

Mehenna MAHFOUFI : Musiques du monde berbère. Initiation & écoute interactive.  Ibis Press (4, rue des Patriarches, 75005 Paris. Tél. : 01 43 71 28 87. www.ibispress.com).  16 x 24 cm, 96 p., ill. n&b, ex. mus., 1CD.  30 €.

Déjà auteur de Chants kabyles de la guerre d’indépendance. Algérie 1954-1962 (Séguier) et de Chants de femmes en Kabylie. Fêtes et rites au village (Ibis Press), l’ethnomusicologue Mehenna Mahfoufi nous présente ici la musique kabyle au quotidien dans les trois pays du Maghreb, mais aussi en Europe, dans les pays d’émigration.  À vocation pédagogique, ce précieux ouvrage comporte cinq parties : Études berbères sur la musique / Passé & présent / Musique & contexte musical dans la société berbère / Rythmique & chanson / Instruments de musique.  Ensemble assorti de quatorze exercices à partir de l’écoute des pièces incluses dans le CD (30 extraits vocaux et instrumentaux utilisés lors de cérémonies traditionnelles).  Non sans les indispensables lexique vernaculaire, glossaire, sélection bibliographique et photographies.

Musicien berbere

Musicien berbère

Philippe KOECHLIN (1938-1966) : Mémoires de rock et de folk.  Préface de Stéphane Koechlin.  Le Castor Astral (tél. : 01 48 40 14 95. www.castorastral.com). 15 x 23 cm, 220 p., cahier de photos n&b, 19 €.

De la plume joyeusement féroce de celui qui fut le rédacteur en chef de Jazz Hot, avant que de fonder en 1966 la revue Rock & Folk, puis de tourner une série de films sur les plus grands jazzmen, voici les mémoires musicaux.  Panorama de toute une génération qui aura marqué la seconde moitié du XXe siècle - de Coltrane, Bob Dylan, Ray Charles, les Beatles, Jim Morrison ou Jimi Hendrix aux principaux acteurs du free jazz ou du punk, du reggae ou du rap.  En quarante-six brefs chapitres, où alternent portraits de musiciens et de personnalités du show-business - scènes plaisantes ou émouvantes, emblématiques d’un certain âge d’or des musiques populaires issues du blues.

Gerald & Ralph FARIS : Janis Joplin (1943-1970) & Jim Morrison (1943-1971) face au gouffre.  Le trouble de personnalité limite.  Traduit de l’anglais (États-Unis) par François Tétreau.  Le Castor Astral.  15 x 23 cm, 240 p., 19 €.

Sans vouloir aucunement réduire le talent de ces deux artistes (qui furent ses patients) à leurs troubles de la personnalité (border lines, états limites caractérisés), Gerald Faris, professeur de psychologie à l’Université de Yale, ne s’interroge pas moins sur leurs comportements outranciers, leurs pulsions autodestructrices, la nature profonde de leur détresse, la manière dont on aurait pu les secourir… Et ce, à la lumière des plus récentes avancées de la psychanalyse.  Après une minutieuse description de la maladie elle-même, le thérapeute - assisté de son frère Ralph, professeur de sociologie - établissent une manière de verbatim des séances de psychanalyse auxquelles participèrent Janis et Jim, à peu près à la même époque. 

                       

Simha AROM & Frank ALVAREZ-PÉREYRE : Précis d’ethnomusicologie.  CNRS Éditions (www.cnrseditions.fr). 14 x 22 cm, 244 p. 18 €.

Après tant de pesantes sommes dédiées à l’ethnomusicologie, voici enfin – signé d’éminents spécialistes - le compendium qui rendra de signalés services à tous ceux qui s’interrogent sur cette discipline et ses méthodes - théorie & pratique, hommes & cultures, matériel sonore & instruments.  Sont successivement abordés : les aspects historiques & conceptuels, les champs disciplinaires, les courants & écoles / les outils & démarches sur le terrain / la manière dont les sociétés humaines ordonnent la substance musicale.  Pour tout amateur des musiques du monde, un « incontournable ». 

La musique de tango argentin expliquée aux danseurs & aux musiciens.  Conférences enregistrées, résumées et traduites par Pierre Canals.  Association Plaisir Tango (116, fg des Trois-Maisons, 54000 Nancy.  Tél. : 03 83 41 28 01. plaisir.tango@free.fr).  14,5 x 21 cm, 30 p., ill. n&b, ex. mus.  8 €.

Il s’agit là de la transcription de conférences données par l’Orquesta Típica Imperial de Buenos Aires.  Où il est notamment question de l’arrastre, de la yumba, du bordoneo, du coral ou encore de la technique du staccato, façon tango.

László SÁRY & Judit GÓCZÁN : Conte nomade. Pièce pour 6 chanteurs, 6 instruments à vent, un tam-tam et un cymbalum.  Ensemble Musicatreize, dir. Roland Hayrabedian.  Actes Sud /Musicatreize.  Album cartonné : 20,5 x 20,5 cm, 80 p., ill. couleurs, CD inclus, 25 €.

Sur la partition du compositeur hongrois László Sáry (°1940), inspirée d’un poème de Sándor Weöres, la dramaturge Judit Góczán (°1974) a imaginé une manière de « conte dans le conte » figurant une cérémonie ancestrale – acte magique entre l’homme et les forces cosmiques, voyage poético-initiatique où se conjuguent le mythe et le jeu.  Plus proche de Boulez que de Bartók, la musique crée un climat étrangement onirique.  Superbes illustrations hiératiques, signées József Szurcsik.

Francis Cousté

Jean-Yves REUZEAU : Janis Joplin. Gallimard, « Folio biographies », 422 p., 8,20 €.

En ouvrant ce livre, on effectue un vol plané dans l’univers musical sulfureux, solitaire, alcoolisé, boosté à l’héroïne des années 1960.  Le lecteur découvre une sauvageonne mal dans sa peau, perdue dans un Texas réactionnaire. Sur la route, il suit les rencontres plus ou moins bénéfiques d’une paumée passionnée. Il découvre, quelques déconvenues plus tard, une femme incroyablement sensuelle qui devient la plus grande chanteuse de blues blanche.  Jean-Yves Reuzeau raconte avec justesse le « destin démesuré » d’une icône. Il dépeint la vie à bout de souffle d’une génération, l’histoire d’une musique qui surprend.  Ce livre parfaitement documenté et extrêmement précis est un hommage à l’icône d’une époque qui a tant fait pour le rock.

WU MING 1 : New thing. Métailié. 224 p., 18 €.

New York, 1967 : les esprits s’échauffent, les manifestations racistes se multiplient. Le free-jazz bouscule les mœurs, ses musiciens dérangent. D’ailleurs, on en assassine quelques-uns. La police enquête vaguement. Une jeune journaliste s’empare de l’affaire… elle disparaîtra. Quarante ans plus tard, les protagonistes d’une époque révolue se souviennent.  Ce livre est conçu tel un morceau de la New Thing. Le thème – l’enquête policière – n’est plus central, il sert de prétexte à la description d’un monde d’écorchés. Les narrateurs se répondent tels des musiciens. Chacun sa mélodie, son harmonie, son rythme. L’ensemble est parfaitement construit.  New Thing, un des titres de la rentrée assurément.

POUR LES PLUS JEUNES

Gérard MONCOMBLE (texte), BARROUX (illustrations) : Les trois notes d’Hyppolite Isocèle. Album illustré. Dès 5 ans. Nathan. 32 p., 12 €.

Hyppolite joue du triangle dans un orchestre symphonique. Mais un beau jour, il se convainc que personne n’entend ses trois notes. Il veut changer d’instrument. Avec lui, le lecteur découvre un trombone « épatant », une harpe qui « rappelle la planche à voile », une cornemuse qui « glousse » et « caquette »… Les illustrations aux couleurs vives et le texte très imagé assurent une connaissance de la musique en poésie.

David MERVEILLE (texte et illustrations) : Juke-Box.  Album illustré. Éditions du Rouergue. 48 p., 11,50 €.

Un café, un juke-box, des consommateurs. Résultat : le client choisit sa musique, le bistrot se transforme, les habitués se métamorphosent. Leurs rêves se réalisent : ils chantent, dansent, s’amusent. Opéra, jazz, hip-hop, chacun sa musique ! David Merveille nous emmène dans un drôle de voyage musical sans texte. Un album aux couleurs éclatantes et aux multiples clins d’œil.

Jacques PRÉVERT (textes), Jacqueline DUHÊME (images) : Balades. Gallimard Jeunesse. Album illustré. 142 p., 16 €.

Gallimard Jeunesse nous offre un magnifique livre pour les 30 ans de la mort de Jacques Prévert. Un chansonnier qui connaissait la puissance des mots. Un auteur qui a permis à de nombreux enfants d’aimer la poésie. Jacqueline Duhême, son amie et pionnière dans l’illustration jeunesse, peint avec fantaisie et douceur 30 histoires et poèmes : Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied, Chanson des escargots qui vont à l’enterrement, Chanson du mois de mai, Page d’écriture, Le cancre, En sortant de l’école.  Un livre unique à offrir aux enfants… et aux adultes.

Gallimard Jeunesse Musique lance une nouvelle collection promise au plus grand succès.  « Mes premières découvertes des instruments » (32 p., 14 €) présente un instrument par ouvrage pour aider les enfants à choisir leur instrument de prédilection. Un texte de Leigh Sauerwein est mis en musique par un compositeur de talent. Les partitions d’Isabelle Aboulker et de Régis Campo révèlent aux plus jeunes l’extraordinaire richesse, la palette et les possibilités d’un timbre instrumental. Le piano et le violon, pour les deux premiers titres.  Les livres, plus grands, font la part belle à des illustrations aux couleurs vives réalisées par un quatre-mains audacieux : Aurélia Fronty et Christine Destours se répondent à merveille. Le dossier pédagogique de Judith Birnbaum raconte l’histoire, l’origine, le fonctionnement de l’instrument.

Les rêves de Petit Cheval, à la découverte du piano : Leigh Sauerwein (texte), Isabelle Aboulker (musique), Christine Destours et Aurélia Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).

Monsieur Hérisson a disparu, à la découverte du violon : Leigh Sauerwein (texte), Régis Campo (musique), Christine Destours et Aurélia Fronty (illustrations), Judith Birnbaum (dossier pédagogique).

               Monsieur Hérisson a disparu - à la découverte du violon

 

Gallimard Jeunesse musique, « Mes premières découvertes des instruments » :

http://www.gallimard-jeunesse.fr/jukebox/accueil.php?tranche=t1

Aurélie Clément

 

Haut

CDs et DVDs

 

Jean-Sébastien BACH : h-moll Messe.  Rondeau Production (Heinrich-Brandt-Strasse 18, D-91575 Windsbach) : ROP 4009/10.  2C. TT : 54’28 + 52’56.

Le célèbre Thomanerchor, l’Orchestre baroque de Leipzig, d’excellents solistes et le Cantor Georg Christoph Biller signent une nouvelle version de la Messe en si mineur parfaitement équilibrée entre voix et instruments. Elle s’impose par son excellente technique vocale et sa densité spirituelle. Dans cette œuvre intemporelle, Bach respecte scrupuleusement le Credo en sa version catholique. Le paysage vocal, grâce notamment aux voix de garçons bien stylées, est tout à l’honneur de la réputation de l’École saint Thomas.

 

 

 

Gaetano VALERI : Concerti per organo e Sinfonie per orchestra.  Tactus (via Tosarelli, 352, I-40055 Villano di Castenaso, Bologna. info@tactus.it / CD Diffusion : 28, route d'Eguisheim BP 4, F-68920 Wettolsheim) : TC 762201.  TT : 60’42.

Ce premier enregistrement mondial de Gaetano Valeri (1760/64-1822), musicien italien, organiste responsable des nouvelles orgues de G. Callido, maître de chapelle à la Cathédrale de Padoue, professeur de chant grégorien et de chant polyphonique à l’école de la Cathédrale, retiendra l’attention. Les auditeurs ne seront pas dépaysés par un souffle mozartien planant sur ces pièces pour orgue et orchestre, de facture classique, en trois ou deux mouvements contrastés.  Au total : 7 pièces agréables à entendre, interprétées en connaissance de cause par le Hermans Consort (instruments d’origine), L. Scandali (orgue), placés sous la direction de F. Ammetto.

 

 

 

 

Louis VIERNE : 3e Symphonie. Marcel DUPRÉ : Préludes et Fugues op. 7. Tempéraments (Radio France, pièce 10357 / Distrib. Harmonia Mundi) : TEM 316037.  TT : 56’42.

L’originalité de cet enregistrement consiste à réunir le maître, L. Vierne (1870-1937) et l’élève, M. Dupré (1886-1971) autour de la 3e Symphonie, op. 28 du premier, créée en 1912 par son dédicataire (M. Dupré), oscillant entre énergie, expressivité, méditation et passion.  Vincent Dubois (°1980) a retenu l’orgue historique Cavaillé-Coll de l’Abbatiale St-Étienne de Caen, convenant parfaitement au répertoire français (début XXe s.).  L’excellent organiste, lauréat de nombreux Premiers Prix, interprète également avec assurance et musicalité les Trois Préludes et Fugues, op. 7 (1912) de l’élève bientôt maître.

 

Marcel Dupré devant son orgue personnel, à Meudon

 

 

 

Contes et chants de Noël : Le Sabotier rieur (conte musical pour chœur d’enfants à 3 voix égales & ensemble instrumental, texte : Marie-Pierre Faure, musique : Marcel Godard).  Monsieur Scroodge (cantate pour voix d’enfants, poème : Charles Dickens, musique : Steve Pogson).  Les sept noëls de Lourmarin (textes : Henri Bosco, musique : Illo Humphrey).  Interprétés par « La Lauzetta », chœur d’enfants de Toulouse, dir. François Terrieux.  Studio E-Magin (tél. : 06 98 17 61 67).  TT : 56’.

Voilà un bien agréable et rafraîchissant programme inspiré par Noël et l’enfance.  Il ne pourra que séduire auditeurs, amateurs de chant choral et, bien sûr, enseignants ; ceux-ci pourront, en effet, y puiser des musiques susceptibles de trouver leur place dans les fêtes scolaires de fin d’année.  L’originalité, la qualité et la modernité de ces œuvres, ainsi que l’absence de difficultés techniques ou polyphoniques leur permettent de s’intégrer fort bien au répertoire des chorales scolaires.

Au poétique Le Sabotier rieur, où alternent, après une brève ouverture instrumentale, récits parlés et chansons, fait suite une cantate inspirée de Dickens où – miracle de Noël – le cœur dur et calculateur de Monsieur Scroodge devient miséricordieux.  C’est enfin avec Les sept noëls de Lourmarin, sur des poèmes d’Henri Bosco (d’où est d’ailleurs exclue toute connotation folklorique ou populaire) que s’achève cette belle évocation de Noël.

Créé en 1965 par Marie-Henriette Fernandez, le chœur d’enfants « La Lauzetta » (hommage à Bertrand de Ventadour, est, depuis 1998, dirigé par François Terrieux. Ses 160 choristes y sont répartis en 5 groupes - suivant leur âge (de la Maternelle à l’Université) et leur niveau.  Nous ne pouvons que louer les qualités vocales et musicales de ce prestigieux ensemble qui a déjà participé à de nombreuses manifestations musicales d’envergure.

 

French Baroque Cantatas.  Michel PIGNOLET de MONTÉCLAIR : La mort de Didon / Ariane et Bacchus.  Jean-Baptiste STUCK (Battistin) : L’amant réconcilié / Céphale et l’Aurore.  Taryn Fiebig, soprano. Fiona Campbell, mezzo-soprano. Ensemble Battistin.  « The Perfection of Music » (Masterpieces of the French Baroque).  ABC Classic (www.abc.net.au/classic) : 4765941.  Distrib. : info@codadistribution.co.uk TT : 57’25.

« Que béni soit le bon Battistin et sa bonne cantate ! » s’était exclamé J.-J. Rousseau qui, arrivé à Lyon sans un sou en poche, gagna son premier écu en copiant la cantate Les Bains de Tomery de Jean-Baptiste Stuck, compositeur italien installé à Paris en 1705, où il prit le nom de Battistin.  Nous serions ici tentés de reprendre les mots de Jean-Jacques au reçu et à l’écoute de ce remarquable CD qui nous vient d’Australie.  Son initiateur, David Tunley, professeur émérite à l’Université de Western Australia, ancien élève de Nadia Boulanger, au Conservatoire international de Fontainebleau, et de Jacques Chailley, orienta la majeure partie de ses travaux sur la musique française des XVIIIe et XIXe siècles.  Mondialement connu pour ses travaux sur « La cantate française au XVIIIe siècle » (dont il a d’ailleurs édité les dix-sept volumes en fac-similé), sur François Couperin, puis sur « La musique de salon à Paris au XIXe siècle », ses conseils et directives pour l’élaboration de ce disque ne pouvaient qu’en donner une fidèle réalisation.  Composées sur des textes littéraires anonymes, les quatre cantates ici enregistrées sont un ravissement.

De Michel Pignolet de Montéclair (1667-1737), nous découvrons La mort de Didon (1709) dont les récitatifs et les airs, sans atteindre à la puissance tragique de Purcell, sont pourtant d’une véritable intensité dramatique, bien que l’œuvre s’achève sur un « Air gai »…  Avec Ariane et Bacchus (1728), l’accent n’est plus mis, comme chez Monteverdi, sur le désespoir et l’appel à la mort, mais sur la consolation qu’apporte à l’héroïne un nouvel amour, celui de Bacchus.

Les deux cantates de Jean-Baptiste Stuck (1680-1755), alias Battistin, violoncelliste virtuose, protégé du Régent et auteur de quatre livres de cantates, s’opposent, avec leur style galant, au caractère tragique de celles de Monteclair.  L’amant réconcilié (1706) est un aimable marivaudage reflétant la joie paisible des retrouvailles d’une bergère et d’un berger après une querelle d’amoureux et s’achevant, de manière quelque peu insolite, sur une joyeuse fugue à quatre voix.  Dans Céphale et Aurore (1706) enfin, le sujet des amours entre une divinité et un mortel – ici impossibles – est traité avec une poésie teintée de mélancolie.

Nous ne pouvons que louer les remarquables interprètes : voix charmante et légère de la soprano Taryn Fiebig ; timbre plus chaud et grave de la mezzo Fiona Campbell.  L’ensemble instrumental Battistin (traverso, violon, alto, viole de gambe, violoncelle et clavecin) accompagne avec délicatesse et raffinement, sans maniérisme ni afféterie.  Merci à nos amis australiens de faire vivre et aimer, avec tant d’authenticité et de perfection artistique, ces très belles pages de notre patrimoine musical.

 

Pierre-Paul Rubens : La mort de Didon

Francine Maillard

 

 

Philippe Delacour à l’orgue Aubertin de l’église Saint-Rémi de Forbach.  Fugatto : FUG 012.  CD Diffusion.  TT : 63’04.

Cet orgue - à tuyaux en chamade - est « passe-partout », ce qui permet au remarquable organiste, Ph. Delacour (élève de M.-Cl. Alain), de proposer un voyage dans le temps (XVIe-XXe s.).   La Suite du 2e ton de J. A. Guilain permet de mettre les différents jeux en valeur. Le brillant Prélude en ut majeur de D. Buxtehude, bien enlevé, est suivi du Prélude de choral Liebster Jesu... de J.-S. Bach, avec des sonorités proches de la facture baroque, n’empêchant pas l’atmosphère romantique (F. Mendelssohn), méditative (C. Frank).  Les trois dernières pièces (O. Messiaen, B. Britten, J. Takacs), délibérément du XXe siècle, prouvent que l’instrument du facteur Michel Gaillard est polyvalent. 

Saint-Rémi de Forbach

 

 

 

Zum Gipfel und zurück. Neue Alphornmusik.  Migros : MGB 624.  CD Diffusion. TT : 46’33.

Cette réalisation fait entendre des instruments de la famille typiquement suisse des cors des Alpes (en fa, fa#, y compris le saxophone des Alpes) - tuyaux coniques en bois sans pistons, trous ni clés - dont les sons puissants résonnent.  La troisième pièce nécessite douze cors ; la dernière, un cor des Alpes en soliste et 7 cors.  Parmi les compositeurs, figurent A. Schilkloper (°1956), H.-J. Sommer (°1950), M. Rüegg (°1952), J. W. Brennan (°1954) - dont l’œuvre : Zum Gipfel und zurück sert de titre -, D. Schnyder (°1961)…  Enregistrement très présent (résonance, échos, bruits de la nature (vent), harmoniques) ; titres descriptifs, empruntés à la danse ou méditatifs, rehaussent l’originalité du cor des Alpes.

 

Cors des Alpes au Kenya

 

 

 

Georg Friedrich HAENDEL : Il duello amoroso. Harmonia Mundi : HMC 901957. TT : 72’23.

Ces miniatures qui constituent la forme du « duello amoroso » sont rarement diffusées. Pourtant, elles illustrent une autre facette de l’auteur du Messie, avec Amarilli vezzosa révélé en 1994.  Selon David Vickers, à défaut du manuscrit autographe de Nel dolce tempo, la Collection Santini de Munster contient la copie d’une version pour soprano solo et basse continue et « d’autres cantates de cette collection ont été adaptées de compositions antérieures pour voix d’alto ; la référence du texte de Nel dolce tempo au fleuve Volturno (près de Naples) indique que Haendel composa probablement la version originale de la cantate (…) à Naples, en 1708. » Ces pièces, agréables à entendre - entrecoupées par la Sonate en trio en si mineur interprétée avec musicalité -, évoquent un chanteur amoureux d’une nymphe. Andreas Scholl, contre-ténor et Hélène Guilmette, soprano, l’Accademia Bizantina, sous la direction d’Ottavio Dantone, révèlent avec bonheur et fraîcheur ces œuvres de jeunesse d’un Haendel sous le charme de l’Italie.

 

Por el Valle de Rosas. Villancicos du Nouveau monde. Chœur « Harmonies » de la Cathédrale Notre Dame de Los Angeles. Jade (43, rue de Rennes, 75006 PARIS, <jade@milanmusic.fr>) : 699 629-2. TT : 58’12.
Le Villancico, genre lyrique traditionnel d’origine espagnole, aborde dès le Moyen Âge des thèmes profanes et religieux, par exemple dans les Cantigas de Santa Maria. Il peut donner lieu à des versions vocales, instrumentales, monodiques, polyphoniques, de caractère populaire ou savant.  Le programme, dirigé par Antonio Espinal, révèle une sélection variée de chants (Mexique, Cuba, Porto Rico, Chili, Équateur…) pour le temps de Noël (Navidad). La musique entraînante, aux rythmes diversifiés, les voix lumineuses, fraîches et bien timbrées du chœur féminin « Harmonies », les instruments typiques confèrent à ces chants traditionnels latinos, hauts en couleurs, toute leur naïveté autour de la joie de Noël.

 

 

 

Anton BRUCKNER : Symphony n°7 in E Major (1881-83). Danacord : DACO 655. CD Diffusion (28, route d'Eguisheim, BP 4, 68920 Wettolsheim). TT : 67’28.

Bruckner a composé sa 7e Symphonie en mi majeur en 1882-1883. Dédicacée au roi Louis II de Bavière, elle a été créée à Leipzig, le 30 décembre 1884, sous la direction de A. Nikisch. La présente version a été enregistrée lors du concert du 28 avril 2005 à la Cathédrale Aarhus, d’après l’édition de Robert Haas.  À l’Allegro moderato mettant en valeur un thème très expressif et les sonorités des violoncelles et cors, avec des contrechants aux violons, succède un Adagio très lent particulièrement solennel et émouvant, contrastant avec le Scherzo très rapide et très rythmé. Le Finale, « mouvementé mais pas trop rapide », reste assez pathétique, puis énergique, avec un thème traité en choral. Cette interprétation très soignée, réalisée par le Aarhus Symphony Orchestra placé sous la direction de James Loughran, privilégie le coloris instrumental baignant dans une expressivité toute romantique.

 

Le tombeau d'Anton Bruckner

Tombeau d’Anton Bruckner

 

Théodore DUBOIS (1837-1924) : Mélodies. Gilles Perny ProductionsCD Diffusion : GPP 0023. TT : 75’06.

Théodore Dubois est souvent considéré comme l’auteur d’un Traité d’harmonie.  François Le Roux (baryton) et Noël Lee (piano) ont le mérite de faire découvrir un grand choix de mélodies peu connues sur des textes empruntés à Sully Prudhomme, A. Sylvestre, Th. de Banville, M. Bouchor, Th. Gauthier et à des poètes moins célèbres. Il s’efforce de traduire musicalement les moindres nuances poétiques, quelque peu dans le sillage de la mélodie française, genre cultivé par Gounod, Duparc, Fauré, Roussel… Ce disque bénéficie de la complicité entre chanteur et pianiste, de l’excellente diction de François Leroux, de l’accompagnement précis et discret de Noël Lee, qui mettent tout leur talent au service de ce premier enregistrement mondial, tirant ces mélodies de l’oubli.

Théodore Dubois

  

Stéphane BLET : Fantaisie ottomane - Œuvres pour piano. Marcal Classics : MA 051101. TT : 54’58.

Stéphane Blet (°1969), professeur de piano en perfectionnement à l’École Normale de Musique de Paris Alfred Cortot, spécialiste de Franz Liszt, de réputation internationale, est aussi compositeur. Comme le relate Isabelle Oehmichen : « Enthousiasmée à l’écoute de la 4e Rhapsodie turque de Stéphane Blet, entendue lors d’un concours de piano en 2000, j’ai été très désireuse de découvrir d’autres œuvres de ce compositeur. Conquise par le romantisme contemporain qui s’en dégageait, j’ai proposé à Marcal Classics de réaliser ce CD ». En introduction, elle interprète de façon éblouissante la Fantaisie ottomane accompagné par le Weiner Chamber Orchestra que dirige R. Weninger avec lesquels elle collabore de longue date.  Dans les pièces pour piano, l’excellente interprète, se jouant de tous les traquenards, met sa grande virtuosité et sa musicalité au service, notamment, des redoutables Préludes, Rhapsodies, Esquisses, Poèmes.  À découvrir impérativement.

Stéphane Blet

 

Ngiele ngiele. Jade : 699 630-2. TT : 54’55.

Ce choix de chants africains réalisé à Kinshasa sort des sentiers battus. Il révèle d’autres sonorités, d’autres rythmes et, d’une manière générale, la musique chorale congolaise à soubassement rythmique, notamment grâce aux percussions. D’inspiration religieuse, les textes traduisent la reconnaissance, le combat des chrétiens, un appel « lancé aux jeunes filles et garçons » en vue de plus grandes certitudes.  L’interprétation peut être alternée entre voix d’hommes et voix de femmes, solistes et chœur. Disque envoûtant, irrésistible, grâce à l’entrain et à la conviction des membres du chœur La Grâce, placé sous la direction énergique d’Ambroise Kua-Nzambi Toko.

 

 

Paysages. Chœur de chambre Mikrokosmos, dir. Loïc Pierre.  Jade : 699 621-2. TT : 55’58.

Ces œuvres des XXe et XXIe siècles nécessitent, pour leur interprétation, des voix très expérimentées, tant pour la tessiture que pour le timbre, la ligne mélodique continue. C’est le cas de la pièce dans la plus pure tradition française : Rossignol du bois joli (L. Pierre, 2005), dans laquelle la chanson de la Renaissance rejoint celle de notre temps : la voix plane au-dessus d’un fondu sonore du plus bel effet. Selon Loïc Pierre, « Paysages propose à l’auditeur une expérience sensorielle fondée sur la découverte d’une palette sonore très large, multipliant langues et langages » ; les paysages esquissés sont norvégiens, estoniens, franc-comtois.  Tant par la qualité de l’interprétation vocale que par le programme sélectif et diversifié, cette réalisation est un modèle du genre et représente le tout dernier état de la musique chorale actuelle ; elle devra servir d’exemple à de nombreuses chorales. À écouter (et réécouter) absolument : c’est un émerveillement renouvelé.

 

Édith Weber

 

Robert SCHUMANN : Concerto pour violoncelle.  Johannes BRAHMS : Sérénade n°1.  Natalia Gutman.  Mahler Chamber Orchestra, dir. Claudio Abbado. DG : 476 5786.

Claudio Abbado propose ici un intéressant programme. Grand concerto romantique en trois mouvements enchaînés, le Concerto pour violoncelle de Schumann est d'un lyrisme grave mis en exergue dans un mouvement lent central, beau lied expressif.  N. Gutman y fait montre d'une persuasive éloquence. La richesse thématique de la Sérénade n°1 de Brahms, composée bien avant les symphonies, se mesure constamment dans les six parties qui la composent, baignées de fraîcheur empreinte de rusticité, ce qui n'empêche pas une écriture très raffinée. La petite harmonie brille, notamment dans l'adagio, nocturne à l'ample cantabile. On admire l'excellence des musiciens du Mahler Chamber Orchestra sous la baguette enjouée du maestro Abbado.

 

 

 

 

Johannes BRAHMS : Intégrale des Quatuors à cordes et Quintette pour piano & cordes.  Léon Fleisher Emerson Quartett.  2CD DG : 477 6458.  TT : 63’47 et 78’77.

La musique pour quatuor à cordes de Brahms est exigeante à la fois des interprètes et de l'auditeur. Venu tard à ce genre musical, Brahms s'y attelle pourtant avec passion et commet deux œuvres coup sur coup, les opus 51, n° 1 et 2.  Au caractère intense, presque compact et austère du premier aux motifs tourbillonnants qu'enlumine le lyrisme d'une belle romanza, répond le climat plus contrasté du second, où danse hongroise et valse viennoise se partagent le final. Pour fêter ses trente ans d'existence, le quatuor Emerson en livre des interprétations au jeu extrêmement raffiné, magnifiquement structuré, d'une suprême musicalité.  D'atmosphère plus détendue le quatuor op.67 se veut pastoral et joyeux. Bien sûr, le quintette pour piano et cordes op.34 est plus familier et aisément abordable, hommage évident ici à Schubert et à son quintette pour deux cellos, forme à laquelle Brahms aurait d'abord pensé. Ce chef-d'œuvre du romantisme regorge d'idées mélodiques. La vision qu'en donnent les Emerson est retenue, d'une fièvre contrôlée dans le triomphal finale, le piano idéalement fondu parmi les cordes, de par le toucher souplement articulé de Léon Fleisher.

 

 

 

 

Franz LISZT : Via Crucis.  Harmonies poétiques et religieuses.  Brigitte Engerer.  Accentus, dir. Laurence Equilbey.  Naïve : V 5061.  TT : 58’27.

L'inspiration religieuse est chez Liszt au cœur de nombreuses compositions. Via Crucis, le Chemin de croix (1879), pour chœur et piano, décrit un parcours intérieur plus imaginé que réellement adapté au cheminement station après station devant les scènes de la Passion. L'œuvre alterne, sans solution de continuité, interventions de solistes et du chœur et passages instrumentaux. Des chorals allemands complètent la prière latine en un mélange singulier. La partie pianistique, sorte de lien entre les diverses séquences, est très contrastée, souvent dans le registre grave.  Exécution finement pensée de Br. Engerer et du chœur Accentus sous la main inspirée de L. Equilbey.  Le CD juxtapose des extraits des Harmonies poétiques et religieuses qui empruntant à Lamartine sa pièce Pensée des morts, montrent la voie de la méditation.

 

TELEMANN voyageur virtuose : Sonates en duo & en trio.  Ensemble Amarillis.  Ambroisie/ Naïve : AM112.  TT : 57’19.

L'Ensemble Amarillis rend un vibrant hommage à un compositeur prolifique, très éclectique, lui-même virtuose, en proposant un florilège de ses sonates en trio pour flûte à bec (ou hautbois) et violon (ou clavecin), tirées essentiellement du recueil des Essercizii Musicali (1790).  Ce qui les caractérise, c'est l’extrême concision des mouvements forts divers dans leur succession.  Car si Telemann ne cherche pas à s'écarter du mode lent/rapide, il le travaille de manière imaginative. Une sonate pour violoncelle & clavecin complète le disque. Violaine Cochard et Héloïse Gaillard, fondatrices d'Amarillis respectivement claveciniste et hautboïste/flûtiste, offrent un superbe travail sur l'équilibre entre les voix et la pulsation rythmique. Le discours est plein de fantaisie primesautière, de brillance aussi, qui sait surprendre.

 

Charles KOECHLIN : Chansons Bretonnes, Sonate pour violoncelle.  DEBUSSY : Sonate pour violoncelle.  Peter Bruns, cello ; Roglit Ishay, piano.  Hänssler Classic : CD98.258. TT : 53’11.

L'œuvre pour violoncelle et piano de Koechlin recèle des trésors de polytonalité.  Telles ces vingt Chansons bretonnes empruntant à des thèmes de l'ancien folklore. Sur le mode de la ballade populaire, il y est question de personnages emblématiques, le roi Arthur ou la pieuse Enora.  Ces pièces évocatrices, fort concises, sont simples mais aussi raffinées, auxquelles la sonorité sobre du cello apporte une expressivité tour à tour tendre, héroïque ou élégiaque. Elles sont variées dans leur atmosphère où l'on devine le climat médiéval. Tout cela est rendu avec une extrême sensibilité. Ce que l'on retrouve dans la Sonate pour violoncelle, d'une étonnante brièveté - quelque 12 minutes - composée de trois mouvements habilement reliés thématiquement. On a ajouté la Sonate pour violoncelle de Debussy, contemporaine, d'une lecture flamboyante. Comme le sont les interprétations de P. Bruns, qui joue un instrument ayant appartenu à Pablo Casals, et de la pianiste israélienne R. Ishay.

 

Charles Koechlin

Jean-Pierre Robert

 

Gabriel FAURÉ : Mélodies. Michel Piquemal, baryton.  Christine Lajarrige, piano.  L’Empreinte digitale (www.lempreintedigitale.com) : ED13187.  Distr. Abeille Musique.

Le baryton français Michel Piquemal, qui a travaillé la mélodie française avec Denise Duval et Pierre Bernac, nous offre ici vingt-sept des plus belles mélodies de Fauré.  On y trouve, bien sûr, les quatre pièces de L’Horizon chimérique, épurées, presque ascétiques, écrites deux ans avant sa mort par un compositeur alors prisonnier d’une totale surdité.  Mais aussi de grands classiques nés cinquante ans plus tôt : Les Berceaux, Au bord de l’eau, La chanson du marin où les Cinq mélodies de Venise sur des textes de Paul Verlaine.  L’osmose entre les textes poétiques - impeccablement ciselés par Michel Piquemal - et la musique de Fauré qui les sublime est ici parfaite. Celle entre le timbre chaleureux du chanteur et le piano de Christine Lajarrige, qui déploie avec infiniment de goût toute la palette sonore de son instrument, l’est également.  Un seul regret : l’extrême laideur de la pochette du CD, qui ne doit pas décourager l’amateur d’aller à la découverte de cet authentique bijou.

Michèle Lhopiteau

POUR LES PLUS JEUNES

L’Arbre sans lumière. Conte musical en chansons.  Texte : Olivier Prou.  Musique : Benoît Urbain.  Compagnie « Non-Pas-Bonjour ! ».  À partir de 4 ans.  Vis-à-Vis & Co (tél. : 01 42 62 58 74 / visavisandco@free.fr) : VS 432 642.  Distrib. : « L’autre Distribution ».  TT : 45’.
Il s’agit là de l’enregistrement de la nouvelle version scénique d’une merveilleuse histoire – émaillée de délicieuses chansons - qui a déjà fait le bonheur de nombreux jeunes publics (notamment en écoles de musique & conservatoires).  Tournée prévue en France, tout au long de la saison 2007-2008.  Une version pédagogique est disponible aux éditions Gérard Billaudot. 

 

Agnès CHAUMIÉ : Mon petit doigt m’a dit, vol. 2.  Illustrations : Katy Couprie.  Enfance et Musique (www.enfancemusique.com) : DCDP41.  À partir d’un an.  TT : 50’.
Ce deuxième volume propose 25 titres issus de la chanson traditionnelle, comptines et créations d’aujourd’hui.  Accompagnée par Gilles Clément à la guitare, Agnès Chaumié se réapproprie avec tendresse et fantaisie quelques classiques du répertoire de la petite enfance.

 

Isabelle CAILLARD : Ti’Zozios. Chansons et comptines.  Enfance et Musique : DCDP40. À partir d’un an. TT : 51’.
Au fil de 21 chansons, chants d’oiseaux, voix d’enfants, accordéon, flûtes & violon se mêlent aux accords de la guitare pour un voyage sylvestre de toutes les couleurs. Dans de délicieux arrangement signés Isabelle Caillard, Harold & Clélya Abraham.

Décrochez la lune, 10 chansons pour enfants.  Victorie : 301753 9.  Distr. Universal.
Anthologie de la chanson pour enfants, la collection « Victorie » nous propose 10 albums. Celui-ci « Décrochez la lune » comporte 10 chansons signées, notamment : Sophie Forte, Henri Dès, Monica Lypso, Alain Schneider, Suhubiette, Les Courgettes sauvages… Consulter : www.club-tralalere.com

 

Michèle ÉLIAT (texte et chansons), Yves PRUAL (musique), Marion BILLET (illustrations), Nathalie TUAL (récit) : Je veux Maman. Didier Jeunesse, « Polichinelle ». Album-CD. Tout-petits. 40 p., 17,50 €.
Nina est à la crèche et sa maman lui manque. Heureusement, son copain Antoine l’entraîne dans les flaques d’eau, lui montre un escargot qui chatouille ou une limace dodue. Des univers musicaux variés rythment cette journée avec bonheur grâce aux chansons du CD, Chansons pour un p’tit poisson. Se succèdent de douces voix d’enfants, un morceau carrément jazzy, un chœur d’hommes et une tendre berceuse. Une réussite musicale qui met en scène d’adorables animaux tout en rondeurs qui séduiront les enfants. Un livre plein d’amour et de gaieté. Une des surprises de la rentrée.

Olivier COHEN (adaptation), Vincent BOUCHOT (musique), Charlotte GASTAUT (illustrations), Virginie LEDOYEN (récit) : La Belle au Bois Dormant. Livre-CD. Thierry Magnier. 24 p., 23 €.
Ce conte n’a jamais été aussi fascinant. La version des frères Grimm est mise en musique avec passion par Vincent Bouchot. Sa partition, inquiétante et troublante, nous transporte dans un univers féerique. Flûte, cor, clarinette et cordes bercent et accompagnent avec bonheur la voix de Virginie Ledoyen. Olivier Cohen nous régale une fois de plus d’une formidable mise en scène musicale !

Aurélie Clément

DVD

Paul HINDEMITH : Cardillac.  A. Held, A. Denoke, H. Esther Minutillo, Ch. Ventris, Ch. Workman.  Orchestre et chœurs de l'Opéra national de Paris, dir. Kent Nagano.  Bel Air Classic : BAC 023.  TT : 148'.
La mise en scène de Cardillac présentée et filmée à l'Opéra Bastille en 2005, est assurément une mémorable réussite. Entreprise d'autant plus méritoire qu'elle nous fait découvrir une œuvre peu connue.  La destinée du joaillier Cardillac, c'est celle de la solitude de l'artiste.  La fière idée d’André Engel est d'en faire un personnage à la double vie qui, le soir venu, endosse le masque de Fantômas pour assassiner ceux qui acquièrent ses œuvres ; par passion pour l'Art. Dans le superbe écrin d'un grand hôtel modern-style où le joaillier a posé ses valises, le temps de visiter quelque improbable client, on passe du hall grouillant à une chambre à coucher, lieu d'un de ses forfaits, puis à l'appartement qu'il occupe ; aux toits mêmes de l'immeuble pour une explication plus qu'embarrassante pour lui. L'image est toujours suggestive et quelques mouvements rapides de caméra augmentent l'effet de suspense. La tension, on la doit tout autant à Kent Nagano qui tire de l'orchestre de l'Opéra Bastille des sons d'une froide beauté.  Sa prestigieuse distribution est dominée par le Cardillac torturé de A. Held et par A. Denoke qui prête son talent d'adroite comédienne à la fille du joaillier. 

 

W. A. MOZART : Le Nozze di Figaro.  A. Netrebko, I. d'Arcangelo, D. Röschmann, B. Skovhus, Chr. Schäfer.  Wiener Philharmoniker, dir. Nikolaus Harnoncourt.  DG : 0440 073 4245.  TT : 202'.
Les Noces de Figaro, captées à Salzbourg lors du festival 2006, sont le joyau de la monumentale « Edition Mozart 22 ».  La régie de Claude Guth fait choix d'une forte implication des caractères et impose des personnalités. Dans un univers glacé, digne d'un film de Bergman, l'interaction entre les personnages est comme réinventée.  Bien des choses sont suggérées plus que dites, le trouble qui agite les esprits, la souffrance même. Tout est magnifié par l'imaginative réalisation vidéo de Brian Large.  Quelques libertés de transposition sont vite pardonnées par le saisissement réel procuré par l'image.  Le personnage muet de l’Ange, sosie de Chérubin imaginé par le régisseur, conscience visible des personnages, prend ici tout son sens.  Tout, durant cette folle journée, sera téléguidé par ce Cupidon libertin.  La direction musicale de N. Harnoncourt, grandiose, intense, fait corps avec une vision somme toute pessimiste. Distribution de rêve, à l'instar de la Suzanna d'A. Netrebko que capte généreusement la caméra, splendide numéro de théâtre, il est vrai, et de l'idéal Chérubin de Chr. Schäfer, jeune gavroche qui sait déjà, de son charme dévastateur, si bien conquérir les dames.

Jean-Pierre Robert

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La vie de L’éducation musicale

Haut

Le supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année, L’éducation musicale propose le supplément indispensable aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale qui préparent l’épreuve de spécialité « série L » ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques du baccalauréat ».

Le supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers sonores qui nous entourent.

Il peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.  Fax : 01 53 10 85 19. s.desmoulins@leducation-musicale.com

Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité, votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53 10 08 18.

À Paris et à Neuilly-sur-Seine, vous pourrez désormais trouver L’éducation musicale dans les kiosques à journaux suivants :

Place du Marché – 92200 Neuilly-sur-Seine
64, avenue Charles De Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine
133, avenue Achille Peretti – 92200 Neuilly-sur-Seine
44, boulevard du Château – 92200 Neuilly-sur-Seine
1, boulevard de la Madeleine – 75001 Paris
13, place de la République – 75003 Paris
5, place de la Bastille – 75004 Paris
46, boulevard Henri IV – 75004 Paris
12, rue de Rivoli – 75004 Paris
70, boulevard Saint-Michel – 75005 Paris
Place du 18 juin 1940 – 75006 Paris
147, boulevard Saint-Germain – 75006 Paris
31, rue de Condé – 75006 Paris
16, rue de Sèvres – 75007 Paris
12, place de la République – 75010 Paris
1, avenue de la République – 75011 Paris
17, place de l’A. G. Henocque – 75013 Paris
202, boulevard Raspail – 75014 Paris
71, avenue du Général Leclerc – 75014 Paris
318, rue de Vaugirard – 75015 Paris
5, place Cambronne – 75015 Paris
24, rue de Passy – 75016 Paris
61, avenue de la Grande Armée – 75016 Paris
118, avenue Victor Hugo – 75016 Paris
50, avenue Bugeaud – 75016 Paris
23, boulevard Delessert – 75016 Paris
51, rue d’Auteuil – 75016 Paris
1, rue de Chazelles – 75017 Paris
36, avenue de la Grande Armée – 75017 Paris
Place Aimé Maillard – 75017 Paris

Ainsi que dans les Maisons de la Presse suivantes :

Bogo Presse : 26, rue de Sèvres – 75007 Paris
Presse Lanchas : 207, rue d’Alésia – 75014 Paris
Plum’ 2000 : 174, rue de la Pompe – 75016 Paris
Kiosque de presse : 89, avenue de Wagram – 75017 Paris

Aurélie Clément

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