Si vous n'arrivez pas à lire correctement cette newsletter, cliquez ici.

www.leducation-musicale.com




mai-juin 2007
N° 543-544



mars-avril 2007
N° 541-542




janvier-février 2007
N° 539-540


 


Sommaire :

1- Informations générales
2- Varia
3- Manifestations et Concerts
4- L'édition musicale
5- Bibliographie
6- CDs et DVDs
7- La vie de l'éducation musicale


Ars Poetica

L'éducation musicale n'est pas l'éducation du musicien
mais, avant tout, celle de l'homme.

(Victor Soukhomlinsky)

Dans l’Enseignement général, ce n’est pas tant la réussite d’un apprentissage musical qui doit être recherchée - encore que la chose soit évidemment souhaitable… - que tout ce que son introduction autorise sur le plan affectif, relationnel et d’épanouissement de toutes les potentialités de l’individu.

Faire en sorte que l’unité de l’être soit, enfin ! au cœur de l’évaluation de nos élèves. Qu’enfin soient pris en compte - au moins autant que les acquis intellectuels - la sensibilité, l’expressivité, la maîtrise de soi, l’harmonie, l’égalité de caractère, l’ouverture aux autres, la pondération, l’intégration au groupe, l’équilibre psychomoteur, le lié gestuel…, tous éléments qui concourent au bonheur de l’individu. Que soit enfin dépassé, dans l’enseignement français, ce fatal divorce – ombre portée des Lumières – qui s’est peu à peu installé entre Savoir et Être…

Bien plus socratique que sorbonnarde est, en effet, la vocation de l’Éducation musicale, discipline où la transmission se fait d’abord par l’exemple. Mais n’est-ce d’ailleurs pas le cas - à des degrés divers - pour toutes les disciplines ? N’enseigne-t-on pas, avant tout, ce que l’on est ? Du moins lorsqu’il s’agit d’initier, de « mettre sur le chemin »…

Le chant & la pratique instrumentale favorisent, à l’évidence, le rassemblement êtrique - privilège de disciplines qui ne touchent à rien moins qu’à la totalité de la personnalité. Mais n’introduisent aucunement, en revanche, à des connaissances « utilitaires »…

Et c’est bien là que le bât blesse nombre de nos collègues qui n’ont de cesse d’imaginer des justificatifs extérieurs à notre discipline, de se forger des « thématiques » - gages, selon eux, de sérieux et de crédibilité. Ainsi, à les en croire, l’Éducation musicale serait-elle « un formidable outil » de civisme, d’apprentissage de l’histoire, de l’écologie, des langues étrangères, de la géographie, des sciences physiques et de la Terre, de l’informatique, de la laïcité, que sais-je ?... Foutaises, naturellement, que tout cela !

Ne serait-il pas temps d’en revenir, une fois pour toutes, à la spécificité – primus inter pares - de notre discipline, celle de l’éducation de l’Homme ?

 

Francis B. Cousté

Sur le nouveau site de www.pagesmusicales.fr retrouvez l'entretien avec
Francis Cousté, rédacteur en chef de L'éducation musicale : http://www.pagesmusicales.fr/rencontre/article.php?ref=101


Informations générales

Haut

BOEN n°16, du 19 avril 2007.  Simplification administrative.
Abrogation de circulaires ministérielles & de notes de service.

Consulter : www.education.gouv.fr:80/bo/2007/16/MENI0700909C.htm

Et notamment : « 17. Note de service du 29 décembre 1949 : Prise en compte des chorales dans le service des professeurs d’Éducation musicale (RLR 212-4 et 802-1) ».

BOEN n°17, du 26 avril 2007. Encart.  Présidents de jurys de concours, session 2008. Agrégation de Musique : M. Vincent Maestracci, IGEN.  Capes d’Éducation musicale & Chant choral : M. Yves Bourdin, IA-IPR.

BOEN - Numéro spécial n°3, du 17 mai 2007 (p.43, 77, 109).  Programme des concours externes et internes de l’agrégation et du Capes, session 2008Sujet de dissertation. « Bruit et musique : discrimination, interactions, influences.  Le bruit est aussi bien envisagé dans sa valeur de modèle, d’imitation, de représentation, que comme matériau musical à riches potentialités pour la création.  La question est centrée sur les interactions multiples - dialectiques, oppositions, échanges, complémentarités – entre bruit et musique.  Elle peut également être abordée du point de vue de l’acoustique, de l’anthropologie et de l’esthétique.  Elle engage par ailleurs à interroger les relations duelles entre ordre et désordre, articulé et inarticulé du point de vue sonore.  Outre la tradition savante occidentale, la question concerne également les cultures musicales non occidentales, les cultures populaires et les cultures de tradition orale ».
 Consulter : www.education.gouv.fr/bo/2007/special3/default.htm

 

 

Le Bulletin officiel de l’Éducation nationale est librement consultable sur :

www.education.gouv.fr/pid285/le-bulletin-officiel.html

 

La mezzo-soprano Joyce DiDonato, 38 ans, vient de remporter le « Beverly Sills Artist Award », d’un montant de 50 000 dollars.
Renseignements : www.joycedidonato.com

 

 

Le Festival d’Aix-en-Provence, outre ses sites illustres (Cour de l’Archevêché, Jeu de Paume, Grand Saint-Jean), s’est doté cette année, avec le Grand Théâtre de Provence (1350 places), d’un auditorium digne de ce nom.  Programmant notamment (outre de nombreux concerts symphoniques) : La Walkyrie de Richard Wagner et De la maison des morts de Leoš Janáček.  Renseignements : www.festival-aix.com

 

Aix, Grand Théâtre de Provence

 

Utopia-Exotica, 10e édition du « Festival Agora » de l’Ircam, propose, sur différents sites parisiens, du 6 au 24 juin 2007 : 14 créations mondiales & premières françaises.  Renseignements : Ircam – 1, place Igor-Stravinsky, Paris IVe. Tél. : 01 44 78 48 43. http://agora2007.ircam.fr

 

Jonathan Harvey, compositeur de Wagner Dream

La 6e édition du « Progetto Martha Argerich » se tiendra à Lugano (Suisse italienne), du 9 au 26 juin 2007.  Autour de la célèbre pianiste se réuniront, notamment : Stephen Kovacevich, Nicolas Angelich, Nelson Görner, Misha Maisky, Renaud Capuçon, Truls Mǿrk et de nombreux autres jeunes interprètes.  Renseignements : www.rtsi.ch/argerich

 

Martha Argerich

34e Congrès international de la Rythmique Émile Jaques-Dalcroze, à Genève, du 18 au 28 juillet 2007.  Renseignements : +4122 718 37 60. www.dalcroze.ch

 

 

City of London Festival.  Music of Religious and Revolutionary France (chœur de chambre Tenebrae, les 26, 27, 28 et 29 juin, à 19h30, Merchant Taylors’ Hall).  La Voix humaine, de Jean Cocteau & Francis Poulenc (Carole Farley soprano (notre photo) / John Constable piano, le 27 juin, à 19h30, Painters’ Hall).  The Great Organists of Saint-Sulpice (avec l’organiste Daniel Roth (notre photo), le 27 juin, à 19h30, Southwark Cathedral).  Renseignements : www.colf.org

 

Carole Farley              Daniel Roth

Le Festival de Radio France & Montpellier-Languedoc/Roussillon alternera, du 11 au 28 juillet 2007 : Il Duca d’Alba de Gaetano Donizetti, Germania de Alberto Franchetti, Don Giovanni de Mozart, un oratorio de Gian Francesco de Mayo, Carmina Burana de Carl Orff et de très nombreux concerts ou récitals des plus grands solistes.  Ainsi qu’avec Roberto Alagna, une journée consacrée au cinéaste étasunien Francis Ford Coppola (notre photo).
Renseignements : www.festivalradiofrancemontpellier.com

 

Image:Francis Ford Coppola(CannesPhotoCall).jpg

 

La partition originale du Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy (œuvre au programme du baccalauréat Musique, enseignement de spécialité, série L, session 2008), publiée par les éditions Jobert, est désormais distribuée par les éditions Henry-Lemoine.  Renseignements : www.henry-lemoine.com

Nijinsky, le Faune, par Léon Bakst

Le Théâtre national de l’Opéra-Comique « s’ouvre à une ère nouvelle ».  Sous la direction de Jérôme Deschamps, sa saison 2007-2008 renoue, en effet, avec le grand répertoire français : L’Étoile d’Emmanuel Chabrier, Zampa de Ferdinand Hérold, Cadmus et Hermione de Jean-Baptiste Lully.  Avec, en prime, Roméo et Juliette de Pascal Dusapin et Porgy & Bess de George Gershwin.  Renseignements : www.opera-comique.com

Selon les chiffres-clés 2007 du ministère de la Culture & de la Communication, 447 000 personnes auraient aujourd’hui, en France, un emploi dans les professions culturelles et artistiques : patrimoine & musées, architecture, audiovisuel & cinéma, théâtre, musique & danse, arts plastiques, professions littéraires (édition, journalisme)…

Renseignements : http://www2.culture.gouv.fr/deps/fr/statistiques.htm

Henri Cartier-Bresson

Opéra de Nancy.  Saison 2007-2008 : Wiener Blut de J. Strauss (Claude Schnitzler, Jean-Claude Berutti) / Les Noces de Stravinsky (versions de 1917 : chorégraphie de Nijinska, et de 1923 : chorégraphie de Tero Saarinen) / Il Sant'Alessio de Stefano Landi (Bill Christie, Benjamin Lazar) / Andrea Chénier de Giordano et Le Barbier de Séville (dir. Paulo Olmi) / Le Songe d'une nuit d'été de Britten (Juraj Valcuha, Omar Porras).  Renseignements : 03 83 85 33 20 www.opera-national-lorraine.fr

Nancy photo

Nancy. La place Stanislas

Sur « Canal Académie », première radio académique francophone sur Internet, ne manquez surtout pas d’écouter Hugues Gall, membre de l’Académie des Beaux-Arts (notre photo), nous parler des neuf années qu’il aura passées à la direction de l’Opéra national de Paris, et de ses choix artistiques.
Lien : http://www.canalacademie.com:80/Hugues-Gall-et-l-opera.html

 

Agnès Vesterman animera, cet été, deux stages de violoncelle & musique de chambre :

  • en l’Académie internationale de Colombes (Hauts-de-Seine), du 2 au 8 juillet
  • en l’Académie internationale de Biarritz (Pyrénées-atlantiques), du 15 au 25 août

Renseignements : www.musique-colombes.net et www.academie-biarritz.com

 

 

Colloques à l’Ircam : Nouveaux paradigmes pour l’informatique musicale, le lundi 11 juin 2007 (9h30-19h).  Le métier de réalisateur en informatique musicale, les vendredi 22 juin (14h30-18h) et samedi 23 juin 2007 (10h-18h).  Entrée libreRenseignements : 01 44 78 48 43. www.ircam.fr

Ircam & Fontaine Stravinsky

***


Varia

 

Christine Albanel, nouveau ministre de la Culture.  Présidente du Château de Versailles et brillante « plume » de Jacques Chirac, cette romancière, agrégée de Lettres modernes (née à Toulouse, en 1955), vient donc d’« établir ses quartiers », rue de Valois.  Puisse-t-elle y réaliser… tous nos vœux !


Die « Neue Mozart-Ausgabe » (NMA), nouvelle édition de l’œuvre complète de Mozart, vient de paraître aux éditions Bärenreiter.  Cinquante-deux années de travail auront été nécessaires pour mener à bien cette colossale entreprise : quelque 25 000 pages de musique imprimée, 8 000 pages d’analyses critiques, 2 300 pages de préfaces et 1 800 pages de documents…  Pas moins de 3 mètres de solides reliures rouges !
Renseignements : http://dme.mozarteum.at (NMA on line) / www.baerenreiter.com

 

Le Théâtre de la Fenice de Venise rend hommage à Maria Callas.  Pour commémorer le trentième anniversaire de la disparition de la cantatrice, une soirée de gala lui sera consacrée, le 24 juin 2007.  Un forfait spécial (du 23 au 25 juin) est proposé par le tour-opérateur Donatello.
Renseignements : www.teatrolafenice.it ou www.donatello.fr

  

 

Charles Péguy : « Pour vraiment entendre, être sur ses mégardes ».

 

Portrait de Charles Peguy, dessin de Carrier-Belleuse et Gorguet pour le Panorama de la Guerre

Portrait de Charles Péguy, par Carrier-Belleuse & Gorguet

Brian Molko, chanteur du groupe rock Placebo, a porté plainte contre l’hebdomadaire Voici, pour avoir publié une photo de lui portant atteinte à son « image de marginal », androgyne et bisexuel.  On y voyait, en effet, le personnage pousser la voiture d’enfant de son fils, auprès de sa compagne, dans les allées du Bois de Vincennes.  « On vous demande de considérer que le fait de ne pas dire assez de mal de quelqu’un lui porterait préjudice » s’est étonné Me Olivier d’Antin, avocat du groupe Prisma Presse.  Le « préjudice professionnel » n’a toutefois pas été retenu par le Tribunal de grande instance de Paris, 17e chambre, dans son jugement du 7 mai 2007.

 

            

 

Histoire de l’art : Grâce à un seul clic, un million d’images est désormais à votre disposition sur : http://recherche.culture.fr

 

    

« HOMME, n.m. : terme générique qui embrasse la femme » (Dictionnaire Larousse, 1re édition).

« Semaine spéciale Académie des Beaux-Arts »…  À l’occasion de la Fête de la musique, ouvrez vos oreilles et (re-)découvrez les trésors musicaux engrangés par l’Institut de France ! Avec des interviews & interventions de Mstislav Rostropovitch, Hugues Gall, Édith Canat de Chizy (notre photo), Laurent Petitgirard, Maryvonne de Saint-Pulgent, François-Bernard Mâche, Charles Chaynes, Laurence Equilbey, Michel Zink, Jean Foyer, Serge Nigg, Jean-Marie Lehn... ainsi que des émissions à propos de Marcel Landowski, Charles Trenet, Jules Massenet, Adolphe Adam, Thomas Mann, Léopold Sédar Senghor, Pierre-Jean Rémy, Mozart et Jean-Jacques Rousseau.  Écouter : http://www.canalacademie.com/les-academiciens-font-leur-musique.html

 

Jorge Luis Borges : « L’Argentine a deux choses qu’aucun pays au monde ne possède : la milonga et le dulce de leche. »
 

      

Palmarès du Prix des Muses 2007.  Grand Prix : Philippe Beaussant, Passages de la Renaissance au Baroque (Fayard).  Prix spécial du jury : Esteban Buch, Le cas Schönberg (Gallimard).  Prix de la biographie : Alain Cophignon, George Enesco (Fayard).  Prix de l’essai : Alexandre Dratwicki, Un nouveau commerce de la virtuosité (Symétrie).  Prix de l’ouvrage collectif : Thierry Favier & Manuel Couvreur (dir.), Le plaisir musical en France au XVIIe siècle (Mardaga).  Prix du document : Giacomo Manzoni, Écrits (Basalte).  Membres du jury : Olivier Bernard, Laurent Feneyrou, Yves Gérard, Catherine Massip, Jean Nithart, Claude Samuel.

 

312 x 500

Le Chœur de l’Orchestre de Paris fête ses 30 ans ! À cette occasion, sera donné, le mardi 19 juin, à 20 heures, en la Salle Pleyel, un grand concert-anniversaire.  Avec le concours exceptionnel de la Maîtrise de Paris et du Jeune Chœur de Paris.  Renseignements : www.orchestredeparis.com/30ansduchoeur
ou : www.orchestredeparis.com/c070619.htm

 

Elina Garanca, mezzo-soprano lettone, n’en a pas fini de séduire les amateurs d’opéra, au fil de ses ordinaires prestations dans : Cosi fan tutte, Clemenza di Tito, Carmen, Werther, Il barbiere di Seviglia, Norma, Der Rosenkavalier
Renseignements : http://elinagaranca.com

 

L’Académie des Beaux-Arts rend hommage à son éminent « membre associé étranger » Mstislav Rostropovitch :
www.academie-des-beaux-arts.fr:80/membres/ae/rostropovitch/fiche.htm

 

Fancies :

http://www.youtube.com/watch?v=WOQaK7NHY-4

http://www.youtube.com/watch?v=QKZITB_r8t0

http://www.youtube.com/watch?v=93JiXloIhn4

http://www.youtube.com/watch?v=vvlCu1_noTc

http://www.youtube.com/watch?v=Xui7x_KF7bY

 

I will survive

 

Jean-François Lyotard : « Même lorsqu’elle est joyeuse, la musique porte les stigmates du temps qui passe, de la nostalgie, de la présence de la mort.  Bien au delà des mots, des histoires, la musique témoigne de cette affliction fondamentale. »

 

Christian Lacroix, Costumier.  Le Centre national du costume de scène (CNCS) nous dévoile les créations du grand styliste baroque, du 3 juin au 11 novembre 2007.  Objet de mémoire, chaque costume renvoie aux spectacles, aux décorateurs, aux acteurs et chanteurs.  Christian Lacroix a, entre autres, collaboré avec l'opéra pour Carmen et, avec le théâtre, pour Les Caprices de MarianneRenseignements : 04 70 20 76 20. www.cncs.fr

 

Boutique Christian Lacroix

Au Pakistan, nouvelles destructions de magasins de musique : Quatre magasins vendant des CDs et DVDs musicaux ont été détruits, le 10 mai 2007, par des engins explosifs placés par des militants islamistes présumés dans un bazar d'Amir Abad, (district de Charsada, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Peshawar).  Le 3 mai, une vingtaine de magasins de musique avaient été détruits de manière similaire dans trois marchés du district de Charsada.  Les commerçants affirment avoir reçu récemment des lettres de menaces, attribuées à des militants islamistes pro-talibans, leur demandant de cesser de vendre des produits jugés contraires aux principes de l'islam.

« Dancer in the Dark ».  De ce film de Lars von Trier (« Palme d’Or » du Festival de Cannes 2000, « Prix d’interprétation féminine » pour Björk), il sera bientôt tiré un opéra.  Grâce aux talents conjugués du compositeur danois Poul Ruders (notre photo) & du librettiste Henrik Engelbrecht.  Renseignements : www.poulruders.net

 

 

Cité de la musique 07-08.  Programmes pour scolaires et groupes : concerts éducatifs, spectacles musicaux, pratique instrumentale, visites du Musée, activités pour les publics handicapés, médiathèque, édition…

Contact : www.cite-musique.fr/francais/espaces_dedies/scolaire/index.htm

 

 

***

 


Manifestations et Concerts

Haut

David Greilsammer, jeune étoile montante du piano, se produira, le lundi 4 juin 2007, à 20h30, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.  Dans des œuvres de J. S. Bach, J. Keren, J. Brahms, A. Schönberg, G. Ligeti, L. Janáček, J. Cage et W. A. Mozart.
Renseignements : 01 46 07 34 50.
www.bouffesdunord.com ou www.davidgreilsammer.com

 

 

Le Chœur Nicolas de Grigny, dir. Jean-Marie Puissant, donnera Die Schöpfung (la Création) de Haydn – dans le cadre du festival « La Voix dans tous ses états », le samedi 9 juin 2007, à 18h, au Parc Lagravère, à Colombes (Hauts-de-Seine).  Avec le concours de l’Orchestre Lamoureux et du Chœur des collèges des Hauts-de-Seine.  Également le jeudi 14 juin, à 20h30, en la basilique Saint-Remi de Reims (Marne).  Renseignements : 01 41 91 27 64.  www.grigny.org

 

Jean-Marie Puissant

 

Fête de la musique 2007 : Sur les cinq continents, participeront, cette année, plus de 110 pays et 340 villes.  Ainsi, de Jakarta (Indonésie) à Montréal (Canada), en passant par Dubaï (Émirats arabes unis), Nouadhibou (Mauritanie), Calcutta (Inde), Torun (Pologne), Gland (Suisse), Medellin (Colombie), Sofia (Bulgarie), Amsterdam (Pays-Bas), Sydney (Australie), New York (USA), Rome (Italie)… et la plupart des villes de France, ce ne seront, le 21 juin 2007, que joyeuses festivités.
Renseignements : www.fetedelamusique.culture.fr ou www.21juin2007.net

 

           

 

Musique en Sorbonne propose, le mardi 26 juin 2007, en le Grand Amphithéâtre, l’Orfeo de Gluck (1762), dans sa version française revisitée par Hector Berlioz (1859).  Chœur et Orchestre de Paris-Sorbonne, dir. Jacques Grimbert.  Avec Jacqueline Mayeur, alto (Orphée), Valérie Condoluci, soprano (Eurydice) et Sophie Haudebourg, soprano (Amour).
Renseignements : 01 42 62 71 71. www.musique-en-sorbonne.org

 

Orphée descendu aux Enfers (1763), par Jean Restout

Barbra Streisand sera à Paris-Bercy, le 29 juin 2007, et à Nice-Nikaïa, le 10 juillet. Renseignements : 0892 390 800. www.barbrastreisand.com

 

 

La grande mezzo-soprano tchèque Magdalena Kožená (notre photo) sera Mélisande, les 14 16, 18 20 et 22 juin 2007, dans la nouvelle production du chef-d’œuvre de Debussy, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris.  Entourée de Jean-François Lapointe (Pelléas), Laurent Naouri (Golaud), Marie-Nicole Lemieux (Geneviève), Gregory Reinhart (Arkel), Amel Brahim Djelloul (Yniold) et Yuri Kissin (le médecin).  Mise en scène : André Engel.  Orchestre national de France, dir. Bernard Haitink.  Renseignements : www.theatrechampselysees.fr

 

 

Maison de l’Amérique latine : Tribune de la musique et du spectacle, le jeudi 14 juin, à 18h30.  Avec Oscar Barahona, Elodie Bouny (notre photo), Francisco González, Michel Plisson & Cristóbal SotoEntrée libreRenseignements : 217, bd Saint-Germain, Paris VIIe. www.mal.217.org

 

 

La 3e édition des Musicales de l’Abbaye d’Auberive : « Le violon dans un courant d’Art », se déroulera, du 29 juin au 8 juillet 2007, en ladite abbaye, sise dans la Haute-Marne.  Avec le concours - parmi bien d’autres éminents ensembles et solistes internationaux - du Quatuor Manfred, de Xavier Phillips, Frédéric Lodéon, Philippe Bianconi, François Castang, Laurent Korcia…
Renseignements : http://brigitteberthelot.com/musicales-abbaye.html

 

 

Les « Nuits de Fourvière » programment, le vendredi 6 juillet 2007, à 21h30 : « Nuit Bernard Herrmann & Alfred Hitchcock », concert en images, avec l’Orchestre national de Lyon, dir. Joel McNeely, compositeur américain, et un quintette de jazz.  Projection intégrale des films Vertigo et Sueurs froides.  Documents pédagogiques disponibles auprès d’Alexandra Faure : 04 72 57 16 04.  Renseignements : 1, rue Cléberg, 69005 Lyon. Tél. : 04 72 32 00 00. www.nuitsdefourviere.com

 

 

Les « Nuits de Fourvière » programment également, les 9 et 10 juillet 2007, à 21h30 : Les Aventures du Prince Rama, avec 50 artistes indonésiens.  Toute la splendeur des costumes, masques, danses et musiques de Bali.  Conception & mise en scène : Catherine Basset.  Renseignements : 1, rue Cléberg, 69005 Lyon.  Tél. : 04 72 57 15 40.  www.nuitsdefourviere.com

 

 

Le 27e Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron (Provence) se déroulera, cette année, du 21 juillet au 22 août.
Renseignements : 04 42 50 51 15. www.festival-piano.com

la Roque d’Anthéron

 

Francis B. Cousté


L'édition musicale

Haut

FLÛTE

Wolfgang Amadeus MOZART : Pièces célèbres pour flûte & piano. Leduc : AL 29855.

Il s’agit en fait de la reprise de pièces naguère publiées chez le même éditeur dans des recueils de Marcel Moyse ou Philippe Gaubert. On se réjouira de les retrouver dans une édition renouvelée.

 

HAUTBOIS

Gilles SILVESTRINI : Horae Volubiles pour hautbois seul.  Delatour : DLT0709.

Voilà une pièce d’une grande difficulté, mais d’une grande beauté. Elle a été inspirée à l’auteur par un tableau du Musée de Vérone intitulé La Vierge à la roseraie. « La Vierge à l’Enfant et sainte Catherine sont assises dans un jardin enchanté, parsemé de feuilles et de fleurs tandis que volent autour d’elles des anges d’une finesse exceptionnelle », nous dit le compositeur.  Toute la pièce évoque ce tableau et son ambiance.  Un commentaire détaillé de l’auteur, tant en ce qui concerne la technique de jeu que l’interprétation, permet une exécution également inspirée de la 15e Louange d’Hildegarde von Bingen, De Spiritu Santo.

 

Anthony GIRARD : Pour dissiper les ombres. Deux pièces pour hautbois & piano.  Delatour : DLT 1030.

La première pièce s’intitule Minutes tragiques.  La deuxième donne son nom à l’ensemble.  C’est donc à un cheminement spirituel que nous convie l’auteur.  Très courtes, ces pièces nous font passer des ténèbres à la lumière.

Roland CHAGNON : Une bien petite chose pour hautbois & piano.  Delatour : DLT1351.

Petite chose, sans doute, mais bien jolie… De difficulté moyenne, cette pièce allante met en valeur aussi bien la technique que la musicalité des exécutants.

CLARINETTE

Michel LYSIGHT : Septentrion pour clarinette sib & piano.  Delatour : DLT1005.

Voici une œuvre très intéressante de ce compositeur belgo-canadien, professeur au Conservatoire royal de Bruxelles qui se définit, lui-même, comme « une des figures de proue du courant postmoderne (« Nouvelle musique consonante ») en Belgique ».  Chacune des sept pièces de ce recueil porte le nom d’une étoile de la constellation de la Grande Ourse.  Cette évocation stellaire est d’un grand lyrisme.

BASSON

Patrick RUELLE : Hymne du matin, pour basson & piano.  Delatour : DLT0354.

Voici une pièce évocatrice d’une ambiance champêtre, très chantante et un peu nostalgique, sans grande difficulté.

CHŒURS

Daniel ROTH : Missa de Archangelis, pour chœur mixte & orgue. « Compositeurs alsaciens/Musique vocale » (vol. 10. Conducteur + CD).  Delatour : DLT1311.

Peut-on parler de cette messe sans évoquer la célèbre messe grégorienne VIII De Angelis ?  À vrai dire, il ne s’agit pas d’un seul rapport de mots. L’ambiance du Sanctus, notamment, n’est pas sans réminiscences… Mais c’est bien plus dans la lignée des grandes œuvres sacrées du XXe siècle qu’il faut situer cette messe en trois parties : Kyrie (con fuoco), Sanctus (calme) et Agnus Dei (chantant).  Le CD contient l’interprétation intégrale de l’œuvre avec Daniel Roth à l’orgue de Saint Sulpice.  Bien sûr, il y faudra un chœur exercé, mais les difficultés sont loin d’être insurmontables et l’ensemble est d’une grande beauté ainsi que d’une grande profondeur, dans la tradition des Fauré, Duruflé…

GUITARE

Takashi IWAGAMI : Un écho d’Amérique du Sud pour quatre guitares & percussion.  Van de Velde : VV277.

Malgré la présence d’une percussion, on peut rendre compte de cette œuvre dans la rubrique guitare puisque la percussion se joue en réalité sur une cinquième guitare renversée sur les genoux « en frappant sur la caisse pour obtenir le son le plus sombre possible ».  Cette pièce, sans être facile, est abordable par des élèves de niveau moyen.  Elle leur donnera beaucoup de plaisir par ses rythmes et ses couleurs bien en harmonie avec son titre.

Patrick GUILLEM : El pajarito pour guitare.  Lemoine : 28 432HL.

Cette charmante pièce qui fait se succéder ou se mêler rythmes à 3/4 et 6/8 sera jouée avec la légèreté du « petit oiseau » dont elle porte le nom.  Elle ne pourra que susciter la bonne humeur de l’exécutant comme de l’auditeur.

Jean-Christophe HOAREAU : La guitare tzigane (1 volume, 1 CD).  Lemoine : 28495 H.L.

« La musique tzigane est de transmission orale et s’apprend avant tout par l’oreille ».  Il faudra se souvenir de cette évidence trop souvent oubliée mais rappelée avec force par l’auteur.  L’ouvrage est au demeurant fort sérieux et fort bien fait. Il est éminemment pédagogique et conduit peu à peu le novice vers l’ensemble des musiques tziganes, car il y en a de nombreuses variétés.  Le CD est bien construit, très progressif, et permet de se faire une idée sérieuse des différents procédés. Mais, pour dépasser les procédés, rien ne vaudra bien sûr la fréquentation des maîtres du genre.

Jean-Baptiste DEVILLERS : Soliloques pour guitare.  Delatour : DLT1482.

Cette commande du 8e Concours international de guitare d’Antony ne sacrifie en rien la musique à la virtuosité. Elle est évidemment très difficile et fait appel aux techniques de jeu contemporaines. Ces trois courtes pièces comportent en outre des réminiscences que l’auteur détaille dans sa présentation.  Mais c’est évidemment et d’abord de la musique.

Jean-Pierre GRUAU : 4 Azulejos pour guitare (CD inclus / Interprète : Amelia Mazarico).  Delatour : DLT1053.

Cette commande du Festival international du jeune musicien n’est pas, bien sûr, à la portée de tous les guitaristes. Ces pièces sont en tout cas fort intéressantes et jouent sur les différents timbres de la guitare avec charme et poésie.  Leur caractère contrasté ajoute encore à leur intérêt musical. L’idée d’adjoindre à la partition un CD (aussi remarquablement interprété) mérite d’être soulignée.

ACCORDÉON

Raymond VALLI : Opéras, opérettes… pour accordéon, arrangements.  Lemoine : 28470HL.

Voilà donc les grands classiques, je n’ose écrire les « tubes » de l’art lyrique mis à la disposition des étudiants en accordéon.  Ces douze arrangements nous conduisent de la Danse des Heures de Ponchielli à Peer Gynt en passant par les deux duos célèbres de Véronique, le french cancan d’Orphée aux enfers, sans oublier Les cloches de Corneville et Nabucco… Ces arrangements sont tout à fait respectueux des originaux et procureront certainement beaucoup de plaisir et de succès à leurs jeunes interprètes.

Henry LEMARCHAND & Christian CRAVERO : Accordéorama. Variétés, jazz, musiques de film, classique pour accordéon (volume 2A, à partir de la 3e année. CD inclus). Hit-Diffusion : PC Accorama 2A.

De Bach à Aznavour en passant par Elgar et Duke Ellington, voici de quoi satisfaire tous les goûts.  Les transcriptions sont faites avec beaucoup de soin et de respect des harmonies.  Quant au CD, il permet à la fois d’entendre la réalisation avec orchestre et de jouer en play-back avec ce dernier.  Voilà donc un très bon ensemble.

Daniel Blackstone

Léon Boëllmann : Laudate Dominum (Préface de Thierry Adhumeau).  Association Boëllmann-Gigout (22, rue Montgallet, 75012 Paris. boellmann-gigout@wanadoo.fr).  21 x 29,7  cm, 12 p. (6 p. de musique). 8,50 €.

L’Association Boëllmann-Gigout inaugure ses premières éditions musicales avec ce motet à 4 voix avec accompagnement d’orgue, retrouvé avant 2002, de Léon Boëllmann (1862-1897).  Le titulaire du grand-orgue de Saint-Vincent-de-Paul à Paris a composé le Laudate Dominum en 1890.  Quelques accords massifs à l’orgue introduisent le chœur en style note contre note pour une meilleure intelligibilité du texte, avec quelques notes de passage, sur des accords plaqués aux manuels avec un mouvement de croches jusqu’à l’Amen conclusif.  Cette édition bien saisie précise nuances et registrations.  Œuvre de moyenne difficulté convenant pour le dimanche de Pâques.

Léon Boëllmann : Tantum ergo (Préface de Thierry Adhumeau). Association Boëllmann-Gigout. 21 x 29,7 cm, 8 p. (4 p. de musique). 6 €.

L’interprétation du Tantum ergo, chant de louange, motet pour ténor ou soprano (et chœur à 4 voix ad libitum), avec accompagnement d’orgue ou d’harmonium, de harpe et de violon, est plus facile que celle du Laudate Dominum.  Huit mesures pianissimo et andantino sostenuto introduisent la phrase de soprano.  Après la reprise de ce bref prélude, toujours dans la nuance piano, le chœur à 4 voix énonce les paroles : Genitori genitoque laus et jubilatio, soutenu à l’orgue.  Le texte est traité syllabiquement jusqu’à l’Amen final : de quoi enrichir le répertoire des chœurs paroissiaux.

Édith Weber

Haut


Bibliographie

Bertrand RICARD : La fracture musicale. Les musiques populaires à l'ère du populisme de marché.  « Univers musical », L'Harmattan.  366 p., 31 €.

Le libéralisme promeut des musiques médiocres qui génèrent des revenus rapides et substantiels.  À cette culture de masse, des musiciens « rock » opposent leurs créations ouvertes à une world music non « fabriquée de toutes pièces » et préservent ainsi la légitimité esthétique et le potentiel critique du populaire.  Bien que mal articulé, le généreux plaidoyer du sociologue B. Ricard éclairera le professeur de musique, souvent sur le front des conflits culturels.  Le lecteur risque en revanche de rester perplexe devant l'absence de définition musicale de la « fracture » entre le « bon grain » du populaire et l'« ivraie » du populisme.

 

Bertrand MERLIER : Vocabulaire de l'espace en musiques électroacoustiques.  Delatour France.  Illustrations, index par catégories, documentation.  222 p., 20 €.

Bel effort théorique que ce lexique de B. Merlier dans un domaine en mutation permanente.  Les entrées, tour à tour scientifiques, technologiques, musicologiques ou esthétiques, tentent, sans fermer le débat, de mettre de l'ordre dans un vocabulaire souvent empirique.  Elles intéresseront plus souvent le spécialiste mais sauront également éclairer tout un chacun sur le surround du cinéma, le standard 5.1 et autres systèmes de spatialisation du son, actuels et futurs.

 

Alain PAILLER : La preuve par neuf (trois trios : Teddy Wilson, Duke Ellington, Ahmad Jamal).  « Birdland », Rouge Profond (www.rougeprofond.net). 144 p., 14 €.

Qu'il suscite une musicologie scrupuleuse mais vibrante ou, comme ici, une littérature lyrique mais précise, le jazz a le don de faire naître des écrits de haute volée.  En témoigne cette déclaration d'amour pour trois trios piano-basse-batterie, formation « la plus exigeante ».  Autour des figures de Jo Jones, batteur de Teddy Wilson, maître des balais (« Plumes de Feu ou Cheveux de Vénus »), de Duke l'Africain et son « pianorchestre », et de Jamal, « qui joue autant du trio que du piano », A. Pailler invite de nombreux jazzmen pour célébrer cette « contradiction féconde » qui met en présence trois musiciens « solidaires-indépendants ».

 

Duke Ellington

 

Paul Gontcharoff

 

Jean-Marie MARTINET : 2000 ans d’orgues. De Ktésibios à Jean-Sébastien BachPréface d’André Isoir.  Gérard Louis, éditeur (12, rue Béatrix de Choiseul, BP 9, 54740 Haroué. pli.louis@free.fr). 261 p., 46 €.

Dans son imposant livre dédié à la mémoire de l’abbé G. Durand - qui a tant encouragé la musique sacrée en Avignon -, l’auteur, ingénieur et musicien, propose un audacieux bilan de l’orgue.  La présentation est absolument exemplaire, par l’épigraphie, l’étymologie, les diverses composantes (du buffet à la tuyauterie, en passant par le sommier, le pédalier et les registres…).  D’excellentes reproductions en couleurs dont, par exemple, l’orgue hydraulique d’Aquincum, un positif italien, l’orgue (hirondelle) de la Chapelle de Coimbra, avec ses tuyaux en chamade et ses dorures, ou de splendides instruments espagnols, attirent l’attention.  Des schémas techniques, cartes de géographie, un Lexique très fouillé, un « répertoire » commenté des personnages cités, un aperçu chronologique et une bibliographie raisonnée facilitent encore la compréhension de ce prestigieux instrument du culte, si complexe et toujours en usage.

 

Agnès LÉDERLÉ : Dietrich Buxtehude. Voyage sur les traces d’un organiste méconnuDelatour (Le Vallier, 07120 Sampzon. www.editions-delatour.com).  235 p., 22 €.

Agnès Léderlé, spécialiste des orgues et compositeurs d’Allemagne du Nord, apporte, elle aussi, sa contribution au tricentenaire de la mort de D. Buxtehude (ca 1637-1707).  En parfaite technicienne de terrain, avec un souci pédagogique évident, elle s’attache à revaloriser cet « organiste méconnu » considéré souvent comme l’un des « maîtres de J. S. Bach ». Sa démarche se présente comme un voyage dans le temps et l’espace, rédigé en un style direct et enlevé.  Le « voyageur » appréciera d’abord les contextes historiques (Allemagne du Saint Empire romain germanique, Réforme, Contre-réforme, Guerre de Trente Ans (1618-1648)).  Il saisira l’atmosphère à Helsingborg, Helsingor, puis à Lübeck où l’organiste rayonnera dans les différentes églises aux instruments prestigieux.  Le catalogue de l’œuvre, de nombreuses illustrations, des exemples musicaux - signalant d’abord de brefs incipit des préludes de chorals pour orgue, puis la première strophe des chorals encore chantés de nos jours - rehaussent l’intérêt de l’ouvrage.  Le dernier chapitre, « Dietrich Buxtehude aujourd’hui », présente le point de vue de Michel Chapuis (registrations, tempéraments…) : une vraie « défense et illustration » de D. Buxtehude.

 

Couverture Ouvrage Dietrich Buxtehude

Joseph SAMSON : On n’arrête pas l’homme qui chanteCerf/Voix nouvelles (29, bd La Tour-Maubourg, 75340 Paris Cedex 07).  123 p. 11 €.

La réédition de cet ouvrage datant de 1977 - soit vingt ans après la disparition du regretté Joseph Samson (1888-1957) - a gardé tout son impact.  Les musiciens d’église, mélomanes, musicologues ont tout à apprendre de cette judicieuse sélection de méditations échelonnées sur trente ans, dues à la curiosité d’esprit d’un auteur très cultivé, soucieux de révéler les « secrets de la vie intérieure sur ce qui relie la culture à la Grâce, l’esprit humain à l’Esprit divin ».  Travailleur acharné, le maître de chapelle de la Cathédrale de Dijon fait preuve d’ouverture d’esprit, d’œcuménisme en citant, entre autres, M. Luther, J. Calvin, en évoquant les Psaumes et Chorals en parfaite connaissance de cause.  Il affirme que « la technique n’est qu’un moyen.  Un moyen au service de quelque chose qui la transcende, je veux dire la poésie ».  Ce livre révèle l’artisan, le pédagogue, le poète et le croyant.

Édith Weber

 

Aldo CICCOLINI : « Je suis un lirico spinto… ». Entretiens avec Pascal Le Corre.  « L’homme musicien », Van de Velde.  16,5 x 23,5 cm, 96 p., cahier de photos n&b, 19 €.

À l’un de ses anciens élèves, le Maître confie non seulement ses souvenirs personnels et professionnels, mais aussi son sentiment sur l’évolution du monde musical, tout au long d’une carrière où il se sera toujours efforcé de transmettre l’essence même de son art.  La trajectoire est, en effet, hors du commun - depuis l’enfance napolitaine, puis le Concours Long-Thibaud remporté à Paris en 1949, jusqu’à la gloire éclatante qui est aujourd’hui la sienne.

 

"JE SUIS UN LIRICO SPINTO..."

 

Paul CLAUDEL : Correspondance musicale, réunie, présentée et annotée par Pascal Lécroart.  « 7e Note », éditions Papillon (route d’Annecy, 46, CH-1256 Troinex/Drize, Genève).  15 x 21 cm, 335 p., ill. n&b.

Nul n’ignore l’intérêt que Claudel portait à la musique, à l’art lyrique en particulier.  En témoignent éloquemment ces passionnants échanges – fort bien mis en perspective par Pascal Lécroart - avec Jacques Benoist-Méchin, Walter Braunfels, Paul Hindemith, Arthur Honegger, Ida Rubinstein, Joseph Samson, Florent Schmitt, Igor Stravinsky, Germaine Tailleferre, Edgard Varèse.  Utiles informations sur : www.courants-musicaux-xxe-siecle.eu

 

Catherine BUSER PICARD : Déodat de Séverac ou le chantre du Midi.  « Mélophiles », éditions Papillon.  15 x 21 cm, 240 p., ill. n&b., ex. mus.

« Déodat de Séverac fait de la musique qui sent bon, et l’on y respire à plein cœur » écrivait Debussy à Louis Laloy.  On ne saurait mieux dire…  Et s’il est un compositeur français qui mérite de regagner la place éminente qui fut autrefois la sienne (Debussy, Ravel et Séverac ne formaient-ils pas, pour leurs contemporains, « le trio de la nouvelle musique française » ?), c’est bien le compositeur de Baigneuses au soleil, d’Héliogabale ou du Cœur du Moulin…  Monographie très circonstanciée et enrichie de nombreuses photographies & documents – inédits pour la plupart.

 

Alain CHOTIL-FANI & Éric BAUDE : Antonín Dvořák. Un musicien par delà les frontières.  Buchet/Chastel.  14 x 20,5 cm, 422 p., cahier d’ill. n&b, 23 €.

Bienvenue est cette nouvelle biographie d’un compositeur universellement reconnu, mais qui fait curieusement l’objet de condescendance, sinon d’arrogance, de la part d’une critique hexagonale que nos auteurs taxent ici - sans indulgence excessive - de « myopie intellectuelle et musicale ».  En trois grands chapitres : « L’histoire redécouverte » / « Antonín Dvořák et la France (1879-1914) » / « Catalogue thématique de l’œuvre » (traduction du catalogue établi par Jarmil Burghauser).

 

David GULLENTOPS (dir.) : Cocteau & la musique. « Cahiers Jean Cocteau », Michel de Maule.  15 x 21,5 cm, 186 p., dessins et fac-similés n&b.  22 €.

Voilà enfin comblée une lacune éditoriale, et de belle manière.  En quatre chapitres consacrés : à l’exergue des Mariés de la Tour Eiffel (Carine Ermans), à la collaboration du poète avec Jean Hugo (Jean-Louis Meunier), à sa correspondance avec Arthur Honegger (Malou Haine), à Dorian Gray, Post-scriptum (Pierre Chanel).  Ensemble assorti de… 120 pages de « Textes de musique & critique musicale de Jean Cocteau » - poèmes, chansons, articles et textes divers, présentés par David Gullentops.

 

Michèle REVERDY : Composer de la musique aujourd’hui. « 50 questions », Klincksieck.  13,5 x 21 cm, 214 p., 15 €.

Elle-même compositeur réputé d’opéras et de pièces pour orchestre ou ensemble de chambre, Michèle Reverdy nous livre ici une somme d’informations & de réflexions concernant son art.  Ouvrage qui ne manquera pas d’être utile aux étudiants des cycles supérieurs, aussi bien qu’aux amateurs de musique contemporaine.  Aux « 50 questions » qui justifient le titre de la collection, il est répondu en cinq chapitres : le compositeur, la réception, les langages, les institutions, les œuvres.

 

Roberto BARBANTI & Pierre MARIÉTAN : Chronique de la chose entendue.  Revue Sonorités.  Champ Social Éditions (34bis, rue Clérisseau, 30000 Nîmes.  Tél. : 04 66 29 10 04.  www.champsocial.com).

Le son a certes besoin de silence pour être entendu.  De même que, pour être perçu, le silence a besoin de son…  À ces évidences, trois grands chapitres font savamment écho : « Architecture - musique, écologie »(X. Jaupitre, J.-M. Rapin, M. Zoratto, M. Voillat), « Musique - écologie, architecture » (P. Streiff, R. Gallon, P. Mariétan), « Écologie - architecture, musique » (J. Winckler, R. Barbanti, H. Corvest, B. Fuhrer).  Un site à visiter : www.music-environment.com

 

Andreï VIERU : Le gai Ecclésiaste.  « Réflexion », Le Seuil.  13 x 20,5 cm, 270 p., 19 €.

Quel bonheur de lire un ouvrage d’une aussi radieuse intelligence, servi par une langue d’une pureté digne de celle d’un Cioran ! Les écrivains roumains seraient-ils nos derniers grands prosateurs ?  Fils du compositeur & mathématicien roumain Anatol Vieru (1926-1998), et lui-même pianiste professionnel, l’auteur du Gai Ecclésiaste (notre photo) a ici réuni tout un florilège d’essais sur la musique, la philosophie, la littérature, les arts plastiques, la psychanalyse, les mathématiques… dont les moindres qualités ne sont assurément ni l’insolence ni la profondeur de pensée.

 

Photo C. Sigel

Les collections d’instruments de musique, 2e partie : Revue française d’organologie & d’iconographie musicale.  CNRS éditions (www.cnrseditions.fr). 21 x 27 cm, 288 p., ill. n&b, ex. mus., 35 €.

Richement illustré en noir et blanc, ce magnifique volume s’attache essentiellement aux collections européennes & américaines des premiers organologues du XIXe siècle, aux collections pédagogiques, au témoignage des « progrès » de la facture instrumentale et à certains lieux mémoriels.  Est ainsi dessinée - concurremment à une histoire du goût, des institutions et du mécénat - une anthropologie historique des collections, mettant en lumière l’évolution de la notion de patrimoine.

 

Sylvie BOUISSOU & Denis HERLIN : Jean-Philippe Rameau. Catalogue thématique des œuvres musicales.  Tome 1 : Musique instrumentale. Musique vocale religieuse et profane.  « Sciences de la musique », CNRS éditions. 21 x 29,5 cm, 370 p., fac-similés, ex. mus., 45 €.

Riche d’incipits, ce catalogue thématique recense les sources, notamment assorties de commentaires analytiques et d’hypothèses de datation.  Avec, en prime, la révélation d’œuvres inédites ou inconnues… Ouvrage de référence.

 

Michèle SAJOUS D’ORIA : Bleu et or. La scène et la salle en France au temps des Lumières.  « Sciences de la musique », CNRS éditions.  15 x 23 cm, 280 p., ill. n&b et couleurs, 39 €.

Professeur à l’Université de Bari (Italie), Michèle Sajous D’Oria est une éminente spécialiste de l’histoire des salles de spectacle en France.  Elle nous fait ici revivre - par l’anecdote et l’image - les riches débats qui accompagnèrent la construction, entre 1748 et 1807, de quelque cent théâtres.  Controverses entre littérateurs, architectes et journalistes (de Voltaire à Nicolas Ledoux, de Marmontel à Étienne Louis Boullée), où se mêlent idéaux des Lumières, mondanités et… misogynie.

Bruno BOSSIS, Marie-Noëlle MASSON, Jean-Paul OLIVE et alii : Le modèle vocal. La musique, la voix, la langue.  Presses universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr). 15,5 x 21 cm, 266 p., ex. mus., 16 €.

De cinq manières différentes (Voix & machines, Approches anthropologiques, Une voix idéale, L’empreinte oratoire, La création), cet ensemble d’une vingtaine de communications interroge la présence du modèle vocal dans les œuvres musicales.  Nous invitant à repenser la traditionnelle dichotomie qui sépare musiques vocale et instrumentale…

Portraits polychromes n° 11 : Max V. Mathews.  Institut national de l’audiovisuel (www.ina.fr/grm ou grm@ina.fr).  14 x 22,5 cm, 110 p., cahier de photos n&b et couleurs, 9 €.

Selon le principe de cette belle collection, sont successivement proposés : divers textes sur la biographie & l’esthétique de Max V. Mathews, l’un des pères de l’informatique musicale américaine (par Jean-Claude Risset, Gerald Bennett, Jon Appleton, Chris Chafe & John Chowning), un entretien (avec Évelyne Gayou), un texte du musicien lui-même (Le Testament de Lektrowsky, nouvelle de science-fiction), le catalogue commenté des écrits (par Marc Battier) et des œuvres musicales (par le compositeur lui-même).

Alain JAUBERT, Valérie LAGIER, Dominique MONCOND’HUY & Henri SCEPI : L’Art pris au mot ou comment lire les tableaux.  Gallimard.  17,5 x 25 cm, 572 p., ill. couleurs, 35 €.

Trente lectures de tableaux composent ce merveilleux « manuel » où se conjuguent : un face-à-face permanent avec la littérature (quelque cent textes cités), des informations techniques, des anecdotes, des ouvertures sur les autres arts, mais aussi sur d’autres tableaux qui réinterprètent le sujet (trois cents œuvres picturales citées, dont cent vingt tableaux reproduits).  Avec, en encart, des fiches illustrées des œuvres analysées - afin de les pouvoir garder sous les yeux, au fil de la lecture.  « Regarder, comprendre, aimer » : un modèle d’intelligence éditoriale et pédagogique !

Aaron RIDLEY : Nietzsche on Art (Routledge Philosophy Guidebook to).  Routledge (www.routledge.com).  13 x 19,5 cm, 182 p.  £13.99

Les écrits de Nietzsche sur l’art demeurent essentiels. Sont ici regroupées de brèves études sur : le contexte biographique dans lequel s’inscrivent ces écrits / quelques extraits significatifs de La Naissance de la tragédie, Humain trop humain, Le Gai Savoir, Ainsi parlait Zarathoustra / la permanence de l’influence du philosophe sur la pensée contemporaine.  Avec, last but not least, un chapitre sur les écrits de Nietzsche sur Wagner.  Une magistrale synthèse.

Diego PETERSEN : Tango et littérature. La chanson de Buenos Aires.  « Esthétique », Champ Social Éditions.  16 x 24 cm, 124 p., 17 €.

Établir un dialogue entre tango chanté & littérature argentine de la période 1960-1980, tel est le propos de l’auteur (né en Argentine mais vivant en France, où il enseigne la langue, la littérature et la civilisation hispanique).  Diego Petersen met ainsi en regard littérature romanesque et textes de chansons de Gardel, Discépolo ou Manzi...  Au fil de six études : Tango & identité argentine/ Paroles de tango & production littéraire/ Le tango dans les œuvres majeures de Cortázar/ Modes d’appropriation du texte de tango chez M. Puig & D. Moyano/ Apports du tango à la poésie des années 60 (J. Gelman)/ Le tango comme facteur de résistance à la dictature.

 

Murielle Lucie CLÉMENT : Michel Houellebecq revisité.  L’écriture houellebecquienne.  « Critiques littéraires », L’Harmattan.  13,5 x 21,2 cm, 206 p. 18 €.

Déjà auteur de Houellebecq, Sperme & sang (Asca Book Award 2004), notre collaboratrice M. L. Clément (cf. son article « Baudelaire et la musique », in L’EM, n°539-540) nous propose une nouvelle plongée au plus profond d’une œuvre réputée « pornographique ».  En cinq joyeux paliers : Érotisme ou pornographie/ Des rêves plein la tête/ Les enjeux de la mémoire/ Le plaisir du texte/ Filiations scripturales.

Bertrand MEYER-STABLEY : Sir Elton John. Payot (www.payot-rivages.fr).  15,5 x 23,5 cm, 236 p., 18 €.

On ne pouvait plus y échapper ! Voilà que, pour ses quelque quarante ans de carrière, vient de paraître la biographie de Sir Reginald Kenneth Dwight, dit Elton John (www.eltonjohn.com).

Francis Cousté

ROMANS

Mario VARGAS LLOSA : Tours et détours de la vilaine fille. « Du monde entier », Gallimard. 405 p., 21 €.

À quinze ans, Ricardo tombe amoureux fou de la jeune Lily, « toupie virevoltante » se tortillant et se déhanchant au rythme du mambo.  Il n’a qu’un rêve : vivre à Paris.  Elle n’a qu’un but : être riche.  Il est un « bon garçon ».  Elle est une très « vilaine fille ». Tout au long de leur vie, ils se croisent, se rapprochent et se séparent avec violence. Ils s’aiment, se détestent ou se méprisent. Il est traducteur, puis interprète.  Elle est une farouche guérillera dans la Cuba de Castro, l’épouse d’un diplomate dans le Paris des existentialistes, une aristocrate anglaise…  Il l’aime passionnément. Elle, on ne sait pas.  Mario Vargas Llosa nous offre l’histoire d’une passion obsessionnelle qui nous touche profondément. On s’énerve, on s’attendrit, on déteste, on espère avec les héros.  Un régal. 

 

Vargas Llosa, Jorge Mario Pedro : Tours Et Détours De La Vilaine Fille  (Livre) - Livres et BD d'occasion - Achat et vente

 

Yves BUIN : Jedda Blue. Le Castor Astral. 153 p., 13 €.

L’histoire se passe dans la banlieue est de Paris, sur les Maréchaux.  Un mec paumé rencontre une jeune prostituée sans papiers. Il décide de l’extirper des griffes de son mac.  Relativement banal ? Pas du tout.  Yves Buin est épatant : il manie la langue et notre inconscient avec talent.  Des images, des sensations, des émotions naissent en nous.  Ses personnages existent. Ils sont vrais, loin des clichés. Ils côtoient l’horreur, la violence, la bassesse de ce monde. Ils sont comme ils sont, comme la vie les a façonnés.  Pourront-ils changer, espérer mieux ? Plongez-vous dans l'atmosphère du maître du roman noir et découvrez ce magnifique hommage à Chet Baker.  Bravo !

Nik COHN : Triksta. Éditions de l’Olivier.  369 p., 21 €.

L’Irlandais Nik Cohn a encore frappé.  Triksta est un récit époustouflant sur le rap de la Nouvelle-Orléans. Le rap est née des ghettos, du désespoir, de la haine. Le rap chante la violence, le machisme, la drogue, la mort. Le rap est une musique crue, profonde, énergique, de fête.  La Nouvelle-Orléans est sauvage, déprimante, incontrôlable, ridicule, surexcitée.  La Nouvelle-Orléans connaît le racisme, la discrimination, l’humiliation.  La Nouvelle-Orléans a été détruite par Katrina ; méprisée par la négligence des classes dirigeantes, elle se reconstruira doucement.  Ce roman est incroyable. Découvrez le monde musical décrit par cet étrange découvreur de talents.  Que vous aimiez ou non le rap, lisez Triksta !

Chad TAYLOR : Salle d’embarquement.  Christian Bourgois.  243 p., 24 €.

1979, le même vinyle sans interruption. Un baiser passion.  Que se passe-t-il ensuite ? Personne ne le sait.  Les années défilent, la musique trotte dans la tête. Il y a de quoi devenir dingue.  Le néo-zélandais Chad Taylor nous offre ici son meilleur livre. Passé et présent se mêlent à la perfection. L’atmosphère est lourde, troublante. Les personnages mystérieux et mélancoliques nous emmènent là où on ne les attend pas.  Un cambrioleur voyeur vole tout et rien, un inspecteur alcoolique enquête sur on ne sait trop quoi, une serveuse-nageuse s’est un peu perdue en route et va l’on ne sait où.  Auckland est une petite ville, on ne passe pas inaperçus.  Vont-ils se trouver, se retrouver peut-être ?

Arno BERTINA : J’ai appris à ne pas rire du Démon.  « Naïve sessions », Naïve.  156 p., 12 €.

Quel est le point commun entre un vendeur de bibles, un flic et un producteur de rap ? Réponse : Johnny Cash.  Arno Bertina nous plonge dans l’univers de Faulkner et laisse la parole à trois protagonistes fort différents.  Chacun leur tour, ils décrivent l’homme qu’ils connaissent : un VRP de réfrigérateurs, un chanteur de country en manque au fond d’une cellule, un repenti.  La voix éraillée et puissante de ce « Man in Black » a marqué l’Amérique pendant près de 50 ans.  Aujourd’hui, Bertina en fait un formidable héros de roman.  Un très beau livre sur un grand homme et la quête d’identité.

Maylis de KERANGAL : Dans les rapides. « Naïve sessions », Naïve. 114 p., 12 €.

Trois filles de quinze ans sous la pluie au Havre, 1978.  Une R16 pistache les prend en stop.  Surgit alors une voix de fille « qui sonne vite et fort, et fort, et vite, fend la cité de béton, pierre contre pierre, traverse le décor, râpeuse, sèche et tranchée ».  Blondie, Parallel Lines.  Le trio découvre le rock et plonge dans les rapides. Elles sont lancées. Survient une Anglaise à la voix ahurissante : Kate Bush, The Kick Inside.  Elle « chante, surjouant son genre, le déjoue, utilise son point faible de sexe faible, la petite voix, le filet d’or ».  Kate Bush, d’un puissant coup de pied « pop rock glam », bouleverse le trio qui se cherche un modèle.  Maylis de Kerangal donne vie au rock, aux voix, aux chanteuses. Son écriture est une musique brutale qui touche avec bonheur.

 

POUR LES PLUS JEUNES

Ian FALCONER : Olivia et sa fanfare.  Seuil Jeunesse. 42 p., 15 €.

L’adorable Olivia est de retour avec un nouveau problème existentiel : être une fanfare à elle seule.  Très motivée, elle rassemble les objets, les instruments et les vêtements dont elle a besoin. Xylophone, tambour, sifflet, clochettes, cymbale sont au rendez-vous.  Poum, clang, donc, bing, boom, triiit !  Voici une apprentie musicienne imaginative et enthousiaste.  Un album absolument charmant, plein d’humour et de musique !

Quentin BLAKE : Les cacatoès.  Beatrix POTTER : Pierre Lapin.  PEF : Au loup tordu ! Livres-CDs.  Dès 3 ans.  « Folio Benjamin Audio », Gallimard Jeunesse.  40 p., 10 €.

Trois nouveaux venus dans cette collection réjouissante qui propose des versions audio de grands classiques de la littérature de jeunesse.  Lus par des personnalités bien distinctes, les textes sont admirablement enrichis par des mises en scènes sonores et musicales très originales.  Pour Quentin Blake, les enrichissements sonores accentuent l’humour et le burlesque du texte.  Chez Pef, la musique et la voix ajoutent au piquant inimitable de l’auteur.  La charmante Beatrix Potter, elle, est accompagnée d’une musique enjouée et douce qui nous transporte dans l’univers du célèbre Pierre Lapin.  Trois réussites, à un prix très abordable !

Le cacatoès

 

Alain SCHNEIDER (paroles et musique), Cécile GAMBINI (illustrations) : Des rondes et des z’étoiles. Tout-carton avec CD.  2 ans et plus.  « P’tit chansonnier », Gallimard Jeunesse Musique.  16 p., 13 €.

L’auteur-compositeur Alain Schneider a mitonné six chansons drôles ou tendres illustrées de chaudes couleurs.  Quel drôle de festival ! Des araignées tissent des « toiles de maître », la dent de grand-père, tombée dans le clafoutis, recherche souris désespérément ; des autruches « le croupion haut et la cuisse molle » s’apprêtent à défiler.  Un petit cartonné pour apprendre à chanter !

 

Piotr JANKELEVITCH (musique), Mimy DOINET (texte), Francine CHANTEREAU (interprète des chansons) : Mon dico des délices.  Dictionnaire-CD.  « Dico & comptines », Hatier.  157 p., 19,95 €.

Voilà un dictionnaire thématique de comptines pour tout savoir sur la nourriture, comprendre d’où vient ce que l’on mange et découvrir les secrets de la cuisine ! Un ouvrage pédagogique et ludique très illustré et bien documenté.  Le CD comprend 12 comptines originales mises en musique par 11 musiciens de l’Opéra de Paris.  Pour le plaisir des sens !

William LACH : Entends-tu ?  Album-CD.  Dès 7 ans.  Seuil Jeunesse.  40 p., 20 €.

William Lach associe une œuvre musicale à un tableau du Metropolitan Museum of Art, lequel illustre la partition.  Ainsi l’auditeur écoute-t-il avec attention Les Quatre Saisons de Vivaldi, Le Carnaval des Animaux de Saint-Saëns, Roméo et Juliette de Prokofiev, Casse-Noisette de Tchaïkovski… Où il repère un patineur maladroit, un poisson, des chevaliers en route pour un tournoi, des fées en train de danser…  Un livre remarquable qui initie les enfants à la musique classique en sons et en images.

Bernard FRIOT : Jours de collège.  Recueil de nouvelles.  Dès 12 ans.  « Scripto », Gallimard Jeunesse.  126 p., 7,50 €.

Bernard Friot, ancien professeur de français, parle avec talent de la vie au collège, un microcosme qui apprend la vie.  Une vie cruelle, incompréhensible ou gaie.  Une vie sur fond de musique puisque les adolescents vivent en musique.  Dans Jours de collège, on est bouleversé par un cours sur Bach… d’une violence extrême.  On observe des adolescents de la cité des Quatre Cents rêver sur fond de télévision, du bruit d’une machine à coudre ou de sonneries de portable.  On s’interroge face au mutisme d’une jeune fille voilée qui se réfugie dans Bob Marley.  On admire un professeur de français mélomane qui touche ses élèves grâce à la musique.  Une écriture tout en émotion.  Un recueil de nouvelles d’une force rare.

BD

Sylvain RUNBERG & PHICIL : London Calling.  I. La promesse d’Érasme.  Futuropolis. 72 p. couleurs, 13,50 €.

Été 1991, Londres.  Magasins de disques, concerts, clubs incroyables… Pulp, New Model Army, Blur, Happy Mondays… Pourquoi rester à Marseille ?  Thibault et Alex abandonnent leurs études et débarquent en Angleterre.  Ils ne pensent qu’à une chose : devenir des stars.  Mais l’aventure tourne mal. Ils découvrent une société éclatée, violente, inégalitaire. Le libéralisme ne réussit pas à tout le monde.  Histoire classique, me direz-vous.  Sans doute. Mais nous avons là une bande dessinée riche, dynamique et vivante qui aborde les désillusions de la jeunesse avec succès.  Une quête initiatique sur fond de musique !

Morgan NAVARRO : Cow-boy moustache.  « Bayou », Gallimard Jeunesse.  112 p., 15 €.

Navarro nous embarque dans un monde loufoque, décalé : San Francisca, Californik.  Il nous présente des adultes aux préoccupations adolescentes.  Les garçons, cow-boys moustachus, jouent de la country.  Les filles, sportives inaccessibles, les ignorent avec talent.  Imaginez le désarroi des musiciens lorsqu’un jeune imberbe « acclamé, ovationné, plébiscité » en Europe fait son apparition.  La bêtise et le mauvais goût deviennent à la mode.  Mais Will Skull, guitariste romantique courageux ou fou (à vous de voir), provoque le jeune blanc-bec en duel… musical.

Renaud DILLIES (scénario et dessin), Christophe BOUCHARD (couleur) : Mélodie au crépuscule.  « Blandice », Paquet.  78 p. couleurs, 15 €.

Scipion est un échassier rêveur à nœud papillon ; Tchavolo, un joueur de guitare itinérant.  Ils se rencontrent, discutent, pêchent, boivent un coup.  C’est simple, touchant et beau.  La musique de Tchavolo traduit la vie, le bonheur, la liberté.  Scipion apprend le violon et quitte son univers kafkaïen.  Il nous touche, nous émeut ; on le suit dans ses pérégrinations.  Renaud Dillies est un poète comme on les aime.  Son sens de la dérision est incroyable - propre et figuré se mélangent avec succès.  Son travail est précis, chaque mot est essentiel.  Les illustrations qui s’échappent des vignettes pour occuper la page sont admirables.  Cet hommage à Django Reinhardt nous emporte hors du temps.  Voilà un conte universel à découvrir sans tarder.  Une réussite pleine de trouvailles.

 

Aurélie Clément


Haut

CDs et DVDs


Carl Philipp Emmanuel BACH : Sonates en trio. Les Nièces de Rameau.  Zig-Zag Territoires : ZZT 030701.  TT : 60’17.

Rarement la nécessité de tuer le père se sera imposée dans l’histoire avec une telle intensité.  À écouter ces sonates, à en admirer la tenue musicale, l’invention idiomatique et la perfection formelle, l’auditeur ne peut que compatir avec un compositeur qui eut pour seul malheur d’avoir pour géniteur l’un des deux ou trois colosses majeurs de l’art musical.  Raison de plus pour se délecter de ces œuvres assez mal connues et qui, un demi-siècle avant les premiers débordements du pathos romantique, chante aussi bien la mélancolie élégiaque que la gaîté débridée de l’homme méditatif et festif.

Serge RACHMANINOFF : Suites pour deux pianos.  Jos Van Immerseel & Claire Chevallier.  Zig-Zag Territoires : ZZT 061105.  TT : 73’01.

Rachmaninoff pose problème ! Au moins à l’auteur de ces lignes qui, au temps de sa studieuse jeunesse musicale, ne provoquait qu’hilarité apitoyée chez les musiciens sérieux auxquels il osait avouer son amour immodéré pour les concertos et préludes du paria russe.  Et qui voit, aujourd’hui, ces ricanements se muer, sur les mêmes lèvres, en grimaces sanglotantes d’admiration éperdue ! Comprenne qui pourra les lois de cette étrange gymnastique.  L’important est ailleurs, dans l’inoubliable beauté de nombre de pages de Rachmaninoff, à commencer par ces suites, magnifiées par l’énergique talent des pianistes Jos Van Immerseel et Claire Chevallier, dont le disque précédent nous avait déjà enchanté.

Marc-Antoine CHARPENTIER : Orphée descendant aux Enfers.  Il Seminario musicale. Zig-Zag Territoires : ZZT 070302.  TT : 74’05.

Que la musique de Marc-Antoine Charpentier ait été pensée de façon presque systématique pour la voix (lui-même était haute-contre), rien ne permet mieux d’en rendre compte que cette version de son Orphée par Gérard Lesne, interprète sensible et lumineux d’une musique dont il restitue toutes les nuances sans la moindre langueur, mais au contraire avec une vigueur argentine qui réjouit le cœur et l’esprit.

Gérard Denizeau

Liturgia de Santo Antonio – Missa pro pace et iustitia servanda.  2CD Decca : 473 099-2 (Instituto Gregoriano de Lisboa).  TT : 43’02 + 78’29.

Avec les mêmes qualités - émission vocale, diction, timbre, conduite et équilibre des voix - qui leur ont d’ailleurs valu le « Prix Choc » (Le Monde de la Musique) et le « Diapason d’Or » (Diapason), le Coro Gregoriano a consacré un CD à la liturgie de saint Antoine (1195-1231), très vénéré au Portugal, ordonné prêtre en 1220, ayant étudié la théologie au couvent de Coimbra, prédicateur notamment en Italie, France et Espagne.  Le second disque, intitulé : Messe pour la Paix et au service de la Justice, selon M. H. Pires de Matos, « devrait être un message contre toutes les guerres contemporaines ». Le propre est extrait du Missal de Lorvão. Voici de remarquables réalisations à l’actif de l’Instituto Gregoriano de Lisboa et dans le respect de la tradition.

40 voix. Les sommets de la polyphonie.  Harmonia Mundi : HMC 801954.  TT : 62’02.

Le titre de ce remarquable disque concerne les effectifs de deux motets.  Dans son Gloria (12 v.), l’Espagnol J. B. Comes spécule sur les répétitions et effets d’échos traditionnels.  L’école franco-flamande est représentée par le Psaume 91 (24 v.) de Josquin des Prés ; l’école anglaise, par le Credo (13 v.) de R. Wylkynson et surtout par le célèbre motet Spem in alium (40 v.) de Th. Tallis, sans doute écrit pour concurrencer l’Ecce beatam lucem d’A. Striggio I, de même effectif, ce dernier, comme G. Gabrieli (Lauda Jerusalem, 16 v.) appartient à l’école italienne.  Paul Van Nevel, pour les 35 ans du Huelgas Ensemble, a signé là une anthologie de référence marquant l’apogée de la musique de la Renaissance.

 

Paul GERHARDT : Die grossen Choräle und Geistlichen LiederRondeau Productions (HeinricBrand-Str. 18.  D-91575 Windbach) : ROP 4023.  TT : 73’09.

Le poète et théologien Paul Gerhardt, né en Saxe, en 1607, mort à Lüben, en 1676, collaborateur du Cantor J. Crüger, est considéré comme l’un des plus grands auteurs luthériens.  Ce CD propose dix-sept chorals et cantiques spirituels de la meilleure veine poétique, tour à tour lyriques, méditatifs, affirmatifs, confiants, entraînants ou joyeux.  La conception du disque est particulièrement originale : textes récités, chantés (solo accompagné à l’orgue, version chorale avec orgue ou orchestre), interprétations à l’orgue.  Il est signé de Chr. Biller, Cantor de St Thomas, O. Sander (récitant), T. Laux (orgue), M. Petzold (ténor), avec le concours des célèbres Thomanerchor et Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.  Disque incontournable par sa plénitude vocale (voix de garçons si lumineuses), son apport poétique et hymnologique.

José de NEBRA : Visperas de Confesores… Lauda (Pº de la Castellana, 224.  28046 Madrid. info@laudamusica.com) : LAU 004.  TT : 59’34.

Ce premier enregistrement mondial réalisé par La Grande Chapelle et la Schola Antiqua (dir. Juan Asensio), placées sous la direction d’Angel Recasens, permet d’attirer l’attention sur José de Nebra (1702-1768), pédagogue et organiste à l’Institution Royale, à Madrid, où il développe une intense activité de compositeur d’œuvres dramatiques avec mise en scène, de zarzuelas à succès, d’œuvres religieuses écrites à la suite de l’incendie ayant occasionné la perte de nombreuses archives de la Chapelle Royale.  L’Office des Vêpres du Commun des Confesseurs non-pontifes, qui a été reconstitué, justifie pleinement l’expression de « figure clé » caractérisant J. de Nebra.  Il comprend : Entrée (Entrada) d’orgue, Invocation, 5 Psaumes avec antiennes, Hymne, Verset avec répons, Prière et Envoi.  Monodie et polyphonie alternent, admirablement servies par des voix lumineuses et très prenantes.  Tant par les excellents commentaires de Juan Carlos Asensio que par la musicalité de l’interprétation, ce disque est un modèle du genre.

Chants du Grand Carême Orthodoxe.  Chœur des moniales du monastère Sainte-Élisabeth de Minsk.  Jade (43, rue de Rennes 75006 Paris. jade@milanmusic.fr) : 699623-2.  TT : 63’49.

Le monastère Sainte-Élisabeth, fondé récemment à Minsk, est aussi bien actif sur le plan psychiatrique (drogue), artistique (icônes, poteries) que liturgique.  Ses offices débutent à 4 heures du matin. Ce CD - dont l’illustration est aussi exemplaire - offre un remarquable aperçu de cette hymnologie : Grande litanie de paix ; Béatitudes, À ta mystique et Sainte Cène, aux accents et résonances spécifiques.  Les moniales excellent dans l’évocation si lumineuse et chaude du Carême, vécue à ses divers moments : vêpres, matines, complies.

Lumières du chant byzantin. Divna et le Chœur Melodi.  Jade : 699 619-2.  TT : 41’29.

Divna Ljubojevic n’est plus à présenter aux mélomanes.  Soliste hors pair, elle est aussi fondatrice et directrice du chœur « Melodi » dont les voix rendent à merveille toutes les inflexions de la musique orthodoxe.  Ce programme de chants byzantins, serbes et russes, comprend des « classiques du genre » : Grande Doxologie, Tropaire de Pâques (Christ est ressuscité), Troparion (mode, ton, courte prière chantée) et Kondakion (sorte de prédication après la lecture de l’Évangile), extraits de l’Hymne acathiste bien connue et - plus proche de nous -, la Prière à la Très Sainte Theotokos par P. Tchesnokov (1877-1944)… Les voix renforcent le caractère solennel, lumineux et sublime de cet authentique fonds religieux.

Armenia sacra. Chants liturgiques arméniens.  Jade : 699 622-2.  TT : 71’30.

Décrypté malgré sa notation musicale complexe, le répertoire arménien mérite d’être plus largement diffusé.  Cette musique émane de l’une des plus anciennes Églises orientales (proche du rite de Cappadoce).  Ce disque s’ouvre sur une mélopée interprétée par M. Krikorian au timbre exceptionnel.  Les thèmes des chants correspondent aux grands moments de l’Église : Eucharistie (rite oriental), Noël et Épiphanie (6 janvier).  L’accent est mis sur la liturgie de la Parole.  À côté de pages à découvrir dans les arrangements de M. Ekmalian, figurent L’Hymne des Chérubins, le Notre Père...  Le Chœur arménien de Sofia dirigé par Bedros Papazian se produit dans le respect de la tradition.

Le grand silence.  Jade : 699 618-2.  TT : 70’43.

Le film (Die grosse Stille) de Philip Gröning brosse un tableau évocateur de la vie des Chartreux.  Cet enregistrement en est le reflet musical, avec une typologie du silence, des « bruits du silence », jusqu’au « silence complet ».  Parmi ces « bruits » figurent le feu, la cloche, les oiseaux, les vaches, les grillons, la coupe du bois… Les textes servant de support proviennent de psaumes, d’hymnes des Pères de l’Église (Pange lingua / Tantum ergo) ou encore du Cantique des trois enfants.  Document iconographique et sonore exceptionnel, révélation de l’univers monastique européen et, surtout, d’un espace intérieur bienfaisant, antidote à l’agitation du monde contemporain.

Orgues historiques de France, vol. 3.  Sinus Verlag (Postfach 526, CH-8802 Kilchberg <sinus-verlag@bluewin.ch>) : SINUS 3003.  CD Diffusion (28, route d'Eguisheim BP 4, F-68920 Wettolsheim).  TT : 57’19.

L’Alsace compte de nombreux orgues historiques du facteur Andreas Silbermann (1678-1734) (à ne pas confondre avec Gottfried - son frère - ou encore Johann Andreas - son fils).   À l’orgue d’Ebermunster (1730), A. Bolliger exploite, en fin connaisseur, les possibilités exceptionnelles de registration si appropriées au répertoire français du XVIIIe siècle : Noëls, Suites…  À noter : des pages de Nicolas Siret rarement enregistrées.  La restauration de l’orgue est due aux facteurs strasbourgeois Roethinger, A. Kern et E. Mühleisen.  Les amis de l’orgue apprécieront les commentaires historiques et ce programme classique en parfaite adéquation avec l’instrument dont l’excellent organiste A. Bolliger tire le meilleur parti.

Johann Ludwig KREBS : Sämtliche Orgelwerke. Vol. 1-6.  6CD Motette (Niederrheinstrasse 142, D-40474 Düsseldorf) : 12711 (TT : 73’41), 12721 (TT : 74’44), 12731 (TT : 64’11), 12741 (TT : 73’55), 12751 (TT : 74’30), 12761 (TT : 68’02).

Cette intégrale de l’œuvre pour orgue de Johann Ludwig Krebs, qui gagne à être connue, est réalisée conjointement par Beatrice-Maria et Gerhard Weinberger, grâce à l’édition de ce dernier (1985-1991), chez Breitkopf & Härtel, Wiesbaden.  J. L. Krebs (Buttelstedt, 1713-Altenburg, 1780), l’un des meilleurs élèves de J. S. Bach, organiste à Zwickau, Zeist et Altenburg, cultive les genres organistiques de son temps : préludes et fugues ; préludes de chorals, fantaisies et trios reposant sur des mélodies luthériennes.  Il est, entre autres, l’auteur d’une Clavierübung en 3 parties, non sans rappeler son maître.  Les deux organistes - maîtrisant parfaitement la science du contrepoint et l’art de la registration - réservent un sort royal à ces œuvres quelque peu épigones.  L’apport hymnologique et organistique de cette intégrale intéressera à plus d’un titre organistes et historiens de la musique d’orgue.

Charles TOURNEMIRE, Olivier MESSIAEN : Le Christ en ses mystères.  Triton (214, place de l'Église, 45320 Courtemaux. info@disques-triton.com) : TRI 331 148.  Intégral Distribution.  TT : 75’45.

Sous le titre Le Christ et ses mystères (d’après Dom Columba Marmion), Jeanne Maitre interprète - au grand-orgue Cavaillé-Coll (1885)-Glotton-Debierre (1937-38) de Notre-Dame d’Auteuil (3 claviers, pédale avec sous-basse 32’, de traction électropneumatique Debierre) -les premier et septième des Sept Chorals-Poèmes pour Les sept Paroles du Christ, op. 67 de Ch. Tournemire (1870-1939) et Choral-Improvisation sur le Victimae Paschali Laudes (reconstitution par M. Duruflé, 1958), pages typiques de l’école organistique française du début du XXe siècle et, plus proches de nous, d’O. Messiaen (1908-1992) : L’Ascension, Méditations sur le Mystère de la Sainte Trinité, Livre du Saint-Sacrement.  Ces pages denses, tour à tour méditatives, évocatrices et poétiques, ou massives et incisives, sont en parfait accord avec l’instrument et tout à l’honneur de l’interprète.

Lucien DUROSOIR : Musique pour piano et violon.  Alpha : 105.  TT : 67’33.

La musique de chambre de Lucien Durosoir (1878-1955), violoniste de carrière internationale, s’impose d’emblée par son sens de la mélodie, qualité typiquement française : peinture d’atmosphère, paysages évocateurs, poésie, lyrisme contenu, verve mélodique.  Le premier enregistrement mondial de sa Sonate en la mineur (1921), ses Cinq Aquarelles, son Chant élégiaque (1950)…, est réalisé par G. Laurenceau (au violon très expressif) et L. de Ratuld (piano à la sonorité très étudiée), excellent duo chacune à l’écoute de l’autre et réalisant un parfait équilibre.  Remarquable découverte tant par la musique que par les commentaires et la présentation artistique et très soignée ; belle défense et illustration d’un musicien français qui gagnerait à être interprété bien plus souvent, et devant figurer dans toute discothèque de musique française.

Sister Rosetta THARPE : Gospel FeelingJade : 699 620-2.

Après Mahalia Jackson - objet de la précédente parution -, les éditions Jade consacrent ce sixième disque de gospel à Sister Rosetta Tharpe.  Des incontournables du genre sont gravés, tels qu’accompagnée de sa guitare elle les interpréta en concert, en 1966, au Hot Club de France, par exemple : This Train, Nobody Knows, Joshua fit the Battle of Jericho, Go Tell It On The Mountains, He’s Got The Whole World In His Hands… Cet enregistrement historique, pris sur le vif, comblera les amateurs épris d’authenticité expressive.

Sister Rosetta TharpeGospel Feeling

Les flûtes vagabondes.  Photo Son Vidéo (13, rue de l’Église, 77760 Villiers-sous-Grez). Sans cote.  TT : 26’45.

L’ensemble « Les flûtes vagabondes », né en 2005, comprenant Patrice Allain, Cassandre Balosso-Bardin et Caroline Bocage-Bosselut, vient de passer son « baptême discographique», avec un voyage dans le temps (XIIIe, XIVe, XVIIIe au XXe siècle) et dans l’espace.  Dans ce coup d’envoi lancé le 9 octobre 2006, il y en a pour tous les goûts : les médiévistes apprécieront les teneurs In saeculum viellatoris, In saeculum breve (manuscrit de Bamberg (?), en fait : parisien) ; les amateurs de danses anciennes, les Estampies - dont le Lamento de Tristan -, Chaconne, Pasodoble (galicien traditionnel).  Dans ces 12 arrangements, on ne pouvait mieux mettre en valeur les multiples possibilités techniques (articulation, volubilité, sonorité) et expressives des flûtes anciennes.  À encourager.

Music for Compline.  Harmonia Mundi USA (1117, Chestnut Street, 91506 California) : HMU 907419.  TT : 74’34.

Réalisé par l’excellent Ensemble Stile antico, ce CD propose quelques chants (XVIe, XVIIe s.) de musiciens anglais, pour les Complies, dans la mouvance des querelles entre Catholiques et Protestants.  Il permet de découvrir Hugh Aston (ca 1485-1558), magister choristarum à Leicester ; selon le rite de Sarum, l’Office des Complies se termine par une antienne généralement mariale, comme Gaude, Virgo mater Christi de ce dernier, ou encore Libera nos de John Sheppard (ca 1515-1558).  Th. Tallis (ca 1505-1585) et W. Byrd (ca 1540-1623), très connus, disposant du monopole de l’impression et de l’édition musicales en Angleterre, sont représentés par des répons et motets latins de la plus haute maîtrise contrapuntique.  Cette mini anthologie s’impose d’emblée par ses remarquables qualités d’interprétation.

Heinrich SCHÜTZ : Opus ultimum SchwanengesangHarmonia Mundi Autriche (Mas de Vert, 13200 Arles) : 2CD HMC 901896.  TT : 44’47 + 44’02.

À l’âge de 86 ans - soit un an avant sa mort -, H. Schütz lègue à la postérité son opus ultimum.  Son Chant du Cygne comprend le Magnificat allemand, les Psaumes 100 et 119.  Ce dernier - le plus long de la Bible (176 versets) - comporte 22 octonaires répartis en 11 motets à double chœur.  C’est le mérite du spécialiste de Heinrich Schütz, le regretté Professeur Wolfram Steude, d’avoir réussi à regrouper et à éditer ces pages dispersées.  Cet opus ultimum avait été recréé à Stuttgart en 1985, lors d’un Festival international et enregistré par le Hannover Knabenchor.  La version (2007) du Collegium vocale de Gent et du Concerto Palatino dirigés par Ph. Herreweghe offre une couleur vocale différente.  Le musicus poeticus ne l’aurait certes pas désavouée.

Le Grand Orgue Abbey-Ayer de Notre-Dame de Chatou. TT : 59’19.

Improvisations à Notre-Dame de Chatou. TT : 58’11.

Les Amis de l’Orgue de Chatou (4, place Sainte-Marie, 78400 Chatou), sans cote.

Les Amis de l’Orgue de Chatou ont édité deux CDs mettant en valeur l’instrument de J. et É. Abbey (1878) à 3 claviers et pédalier, reconstitué par le facteur suisse J.-D. Ayer et l’harmoniste français J. David.  Hubert Haye, né en 1966, a été l’élève, entre autres, d’O. Latry, L. Robillard, Th. Escaich... Diplômé de plusieurs CNR, lauréat de concours internationaux, il enseigne l’orgue à Chatou...  Le programme éclectique du premier CD va de J. S. Bach à O. Messiaen, avec des pages de virtuosité, bien enlevées, et des pièces liturgiques plus intériorisées.

Le second CD comprend 6 Improvisations qui, selon l’interprète, « n’avaient été aucunement préparées, aucun thème, aucune idée préconçue, juste des choses à dire, un état d’âme… », d’ailleurs implicites dans les titres : À mon neveu... tué sur la route à l’âge de 16 ans ; À mon père... qui nous a quittés en septembre 2002 pendant que j’étais en concert à l’étranger ; Dernier hommage : au « Sacristain de Notre Dame de Chatou ».  L’orgue est tout approprié à ces pages d’une extraordinaire fulgurance.  Carrière d’organiste et de compositeur à suivre...

Édith Weber

Jerez LE CAM : Tango Imaginario.  Jerez Le Cam Ensemble.  Production/diffusion : Catherine Drouillet (06 88 46 74 60. catherine.drouillet@noos.fr).  TT : 1h14'.

Orientées autour du tango, les compositions de Jerez Le Cam proposent un véritable passeport pour l'imaginaire. Les dix-neuf pièces s'enchaînent à la manière d'un esprit qui vagabonde d'un univers à l'autre, entraîné malgré lui dans des mondes magiques et fascinants d'où surgissent de multiples évocations.  Car la musique de Jerez Le Cam est vraiment fascinante.  Interprétée par un ensemble tango classique (bandonéon, violon, contrebasse, piano, chant et congas), flirtant avec le tango nuevo, elle se présente comme une re-création de musiques populaires dans un style vraiment personnel et original, tant dans le choix des sonorités que des couleurs, des effets sonores ou des thèmes d'inspiration (Vent Sauvage, Tempête de Sable, Mandala Ala, Le Lutin du Hasard…). L'auditeur est à la fois surpris et tenu en haleine d'un bout à l'autre.  Une magnifique réalisation aux niveaux créatif et émotionnel.

Musiques du Río de La Plata. César Stroscio (bandonéon), Claudio « Pino » Enriquez (guitare), Hubert Tissier (contrebasse).  Buda Musique : 82905-2.  Distrib. Mélodie.  TT : 45'13.

Voilà un enregistrement qui plonge l'auditeur dans l'ambiance moite et passionnée des musiques du río de la Plata, berceau du tango en Argentine et en Uruguay.  César Stroscio a voulu rendre ici hommage au compositeur Eduardo Rovira (1925-1980) dont il interprète cinq pièces.  L'ensemble bandonéon, guitare, contrebasse confère intimité et souplesse à une musique toute en subtilités et recherches sonores.  C'est du tango nuevo qui s'épanouit en mélodies langoureuses, déchaînements rythmiques ou traits volubiles, dans lequel chaque instrument tient de véritables parties de soliste.  On est ici à la lisière d'une musique populaire plongeant dans ses lointaines racines et d'une musique savante influencée par les grands compositeurs classiques et contemporains.  Admirable.

Ernest CHAUSSON : Concert. Quelques danses pour piano. Poème.  Denis Pascal (piano), Gérard Poulet (violon), Quatuor Benaïm.  Polymnie : POL 510 136. TT : 72'.

Grande figure de la musique française de la fin du XIXe siècle, Ernest Chausson était un passionné d'art et de littérature, personnage méditatif en quête d'absolu.  Son Concert op.21 (1889-1891), dédicacé à Eugène Ysaÿe, est une œuvre dramatique, proche du franckisme, dans laquelle le violon s'épanche dans un lyrisme passionné.  Les Quelques danses pour piano (1896), dédiées à Mme de Bonnières, témoignent d'une grande maîtrise d'écriture dans un style plus classique tout empreint de clarté et de concision.  Quant au Poème op. 25 (1896) pour violon et orchestre, il trahit un postromantisme dont Chausson tentait de se sortir.  Denis Pascal, Gérard Poulet et le quatuor Benaïm nous offrent ici une interprétation de grande qualité, colorée et sensible dans laquelle le lyrisme et la virtuosité sont au service d'une musique qui parle directement au cœur.

Gérard Moindrot

Tic-Toc-Choc… François COUPERIN joué, au piano, par Alexandre Tharaud.  Harmonia Mundi : HMC 901956.  TT : 65’18.

La baroquinerie pure et dure dût-elle en rager, voilà un enregistrement qui nous console de bien des « authenticités ».  La technique du pianiste est assurément éblouissante, mais plus remarquable encore, quelle merveilleuse souplesse et que d’esprit dans les phrasés !

Soffio di Scelsi.  Compositions-improvisations de Jean-Marc Folz (clarinettes, percussions), Stephan Oliva (piano, percussions) & Bruno Chevillon (contrebasse, percussions, voix).  Studios La Buissonne (www.labuissonne.com) : RJAL397005.  Distrib. : Harmonia Mundi. TT : 46’67.

Bouleversante est cette plongée au cœur du son de Giacinto Scelsi (1905-1988), l’un des compositeurs certes les plus étranges de la seconde moitié du XXe siècle.  « Souffle » miraculeusement retrouvé, au fil d’improvisations collectives - sans nul doute préparées avec la plus grande minutie.  En 14 sognos (songes).  D’un extrême raffinement…

Ricardo TETÉ : Geringonça.  Artistes invités : Irène Jacob, David Linx, Hamilton de Hollanda, Nelson Veras, Stéphane Guillaume.  Arrangement des cuivres : Laurent Cugny.  0+ Music : OP114.  Distrib. : Harmonia Mundi.

Voilà, sans nul doute, le Gilberto Gil de la nouvelle génération ! Avec une extraordinaire présence et une acuité vocale à tout le moins inattendue chez un crooner bossanovien.  Auteur-compositeur-interprète déjà fort célèbre au Brésil, Ricardo Teperman, dit Ricardo Teté, vit aujourd’hui en France, et sa collaboration avec des musiciens de la scène française - avec l’arrangeur Laurent Cugny, notamment - n’est sans doute pas étrangère à l’originalité de ce CD.  Pour vous en convaincre : www.myspace.com/ricardotete

Francis Gérimont

Lili BOULANGER, Claude DEBUSSY : Pièces pour piano et cordesTrio George Sand.  Intégral Classic : INT 221.155.  TT : 61'.

Un fascinant CD réunit des œuvres rares de Debussy et de Lili Boulanger, justement sorties de l'oubli par le trio George Sand qui se plaît à jouer, sur une palette diversifiée, trio, duo, solo, pour rapprocher une œuvre phare de pièces complémentaires dans une autre formation.  Si le jeune Claude de France, à 18 ans, peut paraître encore un brin académique dans ce trio pour piano et cordes, dans le sillage de Massenet, quelle maîtrise déjà chez celui qui affirme à la face de son professeur « le plaisir est la loi » et distille un beau lyrisme annonçant l'art où il passera maître, celui de la couleur.  Lili Boulanger, première femme à être admise à la Villa Médicis (1914), fut un talent précoce et affranchi, hélas trop éphémère car la maladie l'emportera à 24 ans.  Ses deux pièces écrites pour trio avec piano sont on ne peut plus contrastées : D'un matin de printemps, au climat heureux, fébrile presque, expression d'une sorte d'énergie du désespoir chez quelqu'un qui se savait menacée ; D'un soir triste, grave, tragique même, dans son geste ascendant pour des crescendos pathétiques où l'atmosphère est comme raréfiée.  Des pièces pour violon et piano complètent cet aperçu du style très personnel de la compositrice ; tout comme ces deux morceaux pour piano qui font penser à Fauré, cet autre maître révéré.  Les trois dames du Trio George Sand, outre qu'elles jouent merveilleusement, savent nous faire découvrir de purs joyaux.

GitanoAirs de zarzuelas.  Rolando Villazón.  Orquesta de la Comunidad de Madrid, dir. Plácido Domingo.  Virgin : 365474 2 8.  TT : 57'.

On sait gré au ténor Rolando Villazón de rappeler combien compte le genre de la zarzuela, ce fleuron de la musique espagnole, madrilène en particulier, qui s'épanouit au XIXe siècle.  La richesse mélodique, l'inimitable tonalité ibérique viennent à profusion, ou l'art de mêler inspiration populaire et veine classique savante sur des rythmes souvent entraînants.  Dans son CD intitulé Gitano, le célèbre Mexicain en façonne un vibrant hommage, exprimant aussi une admiration non feinte envers celui qui, avant lui, défendit avec génie cette musique, Plácido Domingo, qui endosse ici l'habit de chef d'orchestre ! Avec ces deux-là, le succès est assuré, car ils y croient et savent nous y faire croire.  De son aîné, Villazón possède la générosité vocale, le style glorieux de ces phrases soutenues, l'engagement de tous les instants et l'ardeur à savourer le texte - outre une quinte aiguë claironnante et des sons filés mirifiques.  Comment résister à ces pages qui dépeignent l'amour plus ou moins échevelé de la belle adorée…  Tout cela est enluminé par une voix inextinguible et un chef qui, plus qu'il n’accompagne, vit la musique.

Georges BIZET : Carmen. Berganza, Domingo, Cotrubas, Milnes.  London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado.  « The Original's », Deutsche Grammophon : 477 5342.  TT : 2h37'.

Réussir Carmen suppose de réunir un carré d'as de chanteurs et un chef visionnaire.  La version qu'enregistra Claudio Abbado en 1977, dans la foulée des représentations du Festival d'Édimbourg possède ces atouts, revitalisée par une nouvelle gravure de qualité sonore très améliorée.  La madrilène Teresa Berganza campe une Carmen qui, pour n'être pas pure séductrice, n'en est pas moins femme, sensuelle et résolue, toujours aristocrate.  Pas d'effet facile, même à l'endroit de Don José lorsqu'il préfère la soldatesque à un amour sans lendemain.  Celui-ci, Plácido Domingo, est de la même veine, immense dans sa désespérance.  La voix est glorieuse et le chant un modèle de legato.  Les passages parlés ont, au début, cette naïveté qui sied à ce jeune militaire sans histoire plongé malgré lui dans la tourmente.  La Micaëla de la roumaine Ileana Cotrubas est vibrante d'émotion.  Sherill Milnes est un toréador tout de séduction vocale, à peine infatué.  Par dessus tout, Claudio Abbado, dans une battue superbement articulée, déborde de vitalité, d'ardeur toute méditerranéenne.  D'extrêmes nuances soulignent le relief mélodique d'une œuvre qui allie éclat et subtilité, pourtant machine à broyer les destins.

Jean-Pierre Robert

DVD

W. A. MOZART : Die Zauberflöte.  Gerhaher, Kühmeier, Groves, Damrau, Pape.  Wiener Philharmoniker, dir. Riccardo Muti.  Decca : 074 3159.  TT : 176'.

À l'heure des intégrales et des superlatifs, l'édition Mozart 22, captation en DVD de l'ensemble de l'œuvre scénique de l'enfant du pays lors du Festival de Salzburg 2006, place la barre très haut.  Surtout, elle préserve une réalisation majeure de l'histoire du festival.  À titre d'exemple, La Flûte enchantée, captée par Brian Large, est une source de joie visuelle et sonore.  La régie de Pierre Audi se lit aisément, qui fait la part belle à la décoration luxuriante de Karel Appel.  Elle est emplie de facéties et de clins d'œils amusés.  Les gros plans sont là pour nous convier aux moments clés de l'action.  Ce festival de couleurs bariolées flatte évidemment l'œil de la caméra qui retrouve l'ambiance féerique du spectacle.  Non que le substrat philosophique de l'œuvre soit délaissé ; il sera seulement déroulé sans emphase.  Le relief sonore est saisissant, magnifiant une exécution musicale de haut vol des Wiener Philharmoniker menés avec doigté par le maestro Riccardo Muti et une distribution sans faille.  Voilà une version vidéo qui trouve la juste mesure entre modernité et tradition, imagination et vrai sens dramatique.

Jean-Pierre Robert

Manuel de FALLA : Nuits dans les jardins d’Espagne / Les Tréteaux de Maître Pierre.  Joaquín RODRIGO (1901-1999) : Concerto d’Aranjuez.  Decca : 074 3152.  TT : 82’.

À la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal, Charles Dutoit dirige les Nuits dans les jardins d’Espagne (Alicia de Larrocha, piano) et Les Tréteaux de Maître Pierre (avec, notamment, Justino Díaz en Don Quichotte, Jeannette Zingg en Dulcinée et Joan Cabero en Maître Pierre).  Le Concerto de Aranjuez est dirigé par Sir Neville Mariner, à la tête de l’Academy of St Martin in the Fields (Pepe Romero, guitare).  Le tout illustré de somptueuses images de l’Alhambra et du Generalife de Grenade, aussi bien que du parc d’Aranjuez (avec, en bonus, un court-métrage sur Rodrigo dialoguant avec son interprète guitariste). Un constant bonheur des yeux et des oreilles.

Gunnar ERIKSSON : Le chœur en liberté.  Scérén – CRDP Bourgogne/Midi-Pyrénées (Tél. : 05 61 99 48 68. librairie.crdp@ac-toulouse.fr).  TT : 162’.  30 €.

Réalisé par Philippe Perron - ses auteurs étant Géraldine Toutain & Jean-Louis Comoretto -, ce film nous fait participer à deux stages organisés autour du grand artiste et pédagogue Gunnar Eriksson, « un humaniste en musique ».  Nous ne saurions assez recommander ce DVD à tout chef de chœur - qu’il soit amateur ou professionnel.  La riche arborescence propose : « Le film » (auquel on peut accéder par chapitres : il y en a dix-sept), « Univers sonores en construction » (huit propositions), « Mélodies traditionnelles et polyphonie » (cinq parties), ainsi qu’une interview du grand chef suédois.  Outre l’explicitation des diverses séquences pédagogiques, le livret (de cinquante-huit pages) comporte les textes & partitions de dix-sept chansons populaires.


Francis Gérimont

***

 


La vie de L’éducation musicale

Haut

Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité, votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, notre Lettre d’information ou sur notre site Internet, n’hésitez pas à me contacter au :
01 53 10 08 18.

À Paris et à Neuilly-sur-Seine, vous pourrez désormais trouver L’éducation musicale dans les kiosques à journaux suivants :

Place du Marché – 92200 Neuilly-sur-Seine
64, avenue Charles De Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine
133, avenue Achille Peretti – 92200 Neuilly-sur-Seine
44, boulevard du Château – 92200 Neuilly-sur-Seine

1, boulevard de la Madeleine – 75001 Paris
13, place de la République – 75003 Paris
5, place de la Bastille – 75004 Paris
46, boulevard Henri IV – 75004 Paris
12, rue de Rivoli – 75004 Paris
70, boulevard Saint-Michel – 75005 Paris
Place du 18 juin 1940 – 75006 Paris
147, boulevard Saint-Germain – 75006 Paris
31, rue de Condé – 75006 Paris
16, rue de Sèvres – 75007 Paris
12, place de la République – 75010 Paris
1, avenue de la République – 75011 Paris
17, place de l’A. G. Henocque – 75013 Paris
202, boulevard Raspail – 75014 Paris
71, avenue du Général Leclerc – 75014 Paris
318, rue de Vaugirard – 75015 Paris
5, place Cambronne – 75015 Paris
24, rue de Passy – 75016 Paris
61, avenue de la Grande Armée – 75016 Paris
118, avenue Victor Hugo – 75016 Paris
50, avenue Bugeaud – 75016 Paris
23, boulevard Delessert – 75016 Paris
51, rue d’Auteuil – 75016 Paris
1, rue de Chazelles – 75017 Paris
36, avenue de la Grande Armée – 75017 Paris
Place Aimé Maillard – 75017 Paris

Ainsi que dans les Maisons de la Presse suivantes :

Bogo Presse. 26, rue de Sèvres – 75007 Paris
Presse Lanchas. 207, rue d’Alésia – 75014 Paris
Plum’ 2000. 174, rue de la Pompe – 75016 Paris
Kiosque de presse. 89, avenue de Wagram – 75017 Paris

 

Aurélie Clément

Vous recevez la Lettre d'information de L'éducation musicale sur le mél suivant : {Email}
Pour vous désinscrire, cliquez ici
.