...non
sans lui faire subir les derniers outrages.
Nos récents sommaires et éditoriaux
ont provoqué des réactions (disons) contrastées. Assorties
d’arguments pas toujours irrecevables, certes...
Ainsi de nos publications sur Léo Ferré ou Marilyn Manson.
Faut-il préciser que ce dernier ne fut jamais de notre panthéon ?
Il n’en demeure pas moins que, sauf à être gravement schizophrène,
un enseignant ne saurait méconnaître cette figure emblématique
de l’underground qui cristallise les dérives de toute une jeunesse.
Ainsi de notre éditorial « Une école, un orchestre ».
Sujet fort épineux, à l’évidence - sur lequel devrait être bientôt
publié un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale.
Dont nous nous ferons, bien sûr, l’écho… Sans préjudice
d’un futur dossier que nous consacrerons aux Activités
instrumentales et vocales à l’école (chorales, orchestres
et spectacles musicaux).
Outre celui qui, dans le présent numéro, est
dédié à La percussion, nous publierons des dossiers
sur Le bruit (en référence
au programme de l’agrégation), sur Musique
et cinéma (en référence au programme du baccalauréat) et sur
Empreintes croisées (compositrices et compositeurs).
BOEN n°46, 20 décembre 2007, p. 2475
sqq. Calendrier des baccalauréats général et technologique,
session 2008. Les épreuves facultatives
se dérouleront aux dates fixées par les recteurs.
Le calendrier détaillé des épreuves de la série Techniques
de la musique et de la danse est fixé par le recteur
de l’académie d’Orléans-Tours. Les épreuves
écrites d’Arts de la série littéraire se dérouleront
le mercredi 18 juin, de 14h30 à 18h00.
BOEN n°2, 10 janvier 2008, p. 42-53.
Baccalauréat
technologique « Techniques de la musique &
de la danse », session 2008.
Épreuves au choix : exécutions vocales ou instrumentales /
électroacoustique.
BOEN n°4, 24 janvier 2008, p. 123. Agrément national :
L’association « Jeunesses musicales de France »,
qui apporte son concours à l’enseignement public,
est agréée pour une durée de cinq ans. Son agrément
est étendu à ses structures régionales, départementales
et locales.
« Oxford Music
on Line » :www.oxfordmusiconline.com
Ce tout nouveau portail nouspermet d’accéder aux immenses ressources de… Encyclopedia of Pop Music / The Oxford Dictionary of Music /
Grove Music
Online / The Oxford Companion to Music.
Apollon jouant de la lyre
« Créations ou
Re-créations chorales », tel est le thème du Carrefour
de la Musique qui se tiendra le jeudi 14 février,
de 9h à 17h, en l’Auditorium Saint-Germain (Maison
des pratiques artistiques amateurs - 4, rue Félibien,
Paris VIe. M° Mabillon ou Saint-Germain-des
Prés). Avec la participation de :
André Petit & Paul Bardon (Carrefours de la Musique),
Olivier Schneebeli (Centre de musique baroque de Versailles),
Yves Parmentier (Ensemble vocal & instrumental
de la Mayenne et de la Sarthe), Pierre Calmelet (Chœur
& orchestre des Universités de Paris), Nicole
Corti (Ensemble vocal Benjamin Britten), Marcel Corneloup
(À Cœur Joie International). Ainsi que Didier
Bouture (Chœur de l’Orchestre de Paris), Geoffroy
Jourdain (Les Cris de Paris), Marie-Noëlle Maerten
(Maîtrise de Radio France) et Alexandre Grandé (Ariam
/ Île-de-France), qui présenteront leur travail préparatoire
à l’exécution, au Palais des Congrès, de la VIIIe
Symphonie dite « des Mille » de Gustav
Mahler, sous la direction de Christoph Eschenbach…
Présentation d’enregistrements & de films autour d’œuvres
de :
Nicolas Formé, Felix Mendelssohn, César Franck, Louis
Vierne, Jean-Pierre Le Guay, Béla Bartók, Jacques
Charpentier, Friedrich Lühl, Édith Canat de Chizy,
Jean Françaix, Gustav Mahler, Guillaume Connesson…
Modérateur : Gérard Streletski (Université Lumière-Lyon 2).
Entrée libre. Renseignements :
01 46 34 68 58.
Salon Musicora :
Il
se tiendra au Carrousel du Louvre, les 4, 5 et 6 avril
2008. Thème : Sur
un air de jeunesse… Des précisions seront apportées
dans nos prochaines lettres d’information. Renseignements :www.musicora.net
Le Prix du Jazz vocal
2007 vient
d’être décerné, par l’Académie du Jazz, aux Voice
Messengers, pour leur album Lumières d’automne. Ce groupe sera
à Paris, au New Morning, le 12 février 2008, à 20h30.
Renseignements :www.voice-messengers.com
L’Institut des métiers
de la musique à Montréal : Créé il y a une quinzaine d’années, à Paris, par Paul Bessone,
l’IMM vient de se doter d’une antenne au Canada.
Renseignements : www.metiersdelamusique.com
Plácido Domingo’s Operalia,
« The World Opera Competition » : Fondé en 1993 par le célèbre ténor,
ce concours pour jeunes chanteurs d’opéra (de 18 à
30 ans) se déroulera à Québec (Canada), du 18 au 24
septembre 2008. Clôture des inscriptions :
le 15 mars 2008. Renseignements :Operalia - 230, fg Saint-Honoré, Paris
VIIIe. Tél. : 01 53 75 00 82.
www.operalia.org
Concours de flûte Jean-Pierre
Rampal.
La VIIIe édition de ce concours, organisé
par la Ville de Paris, se déroulera du 23 septembre
au 4 octobre 2008. Ouvert aux flûtistes de toutes
nationalités, nés après le 23 septembre 1978.
Date limite d’expédition des dossiers : 16 mai
2008. Renseignements : www.civp.com
7th International Competition « Franz Schubert and Modern Music ».Organisé
par « The University of Music & Dramatics
Arts », ce concours d’interprétation se déroulera
à Graz (Autriche), du 4 au 13 février 2009.
Il comporte trois catégories : Duo
for voice & piano (Lied) / Duo for violin
& piano / String Quartet. Est également
organisé un concours de composition pour étudiants
(âge limite : 35 ans) : pièce pour violon
& piano, d’une durée maximale de 10’. Date
limite de dépôt des partitions : 31 mai 2008.
Renseignements : www.kug.ac.at/schubert
Internet News : Pour la première fois, en 2007,
les Européens de 16 à 24 ans auront passé plus de temps
devant leur ordinateur que devant leur téléviseur… Les
seniors français seraient, en outre, les plus connectés
d’Europe (source : www.eiaa.net).
Itinéraire musical en Bavière, Forêt-Noire, Vosges & Alsace :
Sous la
houlette du Professeur Édith Weber, est organisé, du
2 au 7 mai 2008, un circuit Paris-Paris comprenant,
notamment, la visite guidée de Stuttgart, de Munich
(Bachakademie, Trésor de la Résidence, Nymphenburg,
châteaux de Bavière…). Concerts, conférences,
promenades… Renseignements : 02
40 47 77 78. www.voyages-terrien.com
Taser-MP3 : Pour seulement 380 $ (+ une connexion
Wi-Fi), tout enseignant peut désormais diffuser de la
musique, dans ses classes, en toute quiétude.
Heureuse combinaison du fameux C2, pistolet à impulsion
électrique, et d’un baladeur MP3 de 1 GO, le Taser
MPH (Music Player Holster) permet, en effet,
de neutraliser tout mauvais écoutant. Renseignements : www.tomsguide.com/us/taser-leopard-print,news-273.html
« Les Moments musicaux » organisent un stage, le
samedi 16 février, de 10h à 17h, en la Médiathèque Gustav-Mahler
(11bis, rue Vézelay, Paris VIIIe),
sur les thèmes suivants : Méthodes
de relaxation (Comment surmonter le trac ?),
Sonates de Beethoven (style de Beethoven ; éditions Urtext ou
traditionnelles ?), Cours
de piano (à des élèves de différents niveaux, approche
psychopédagogique). Intervenante :
Thérèse Diette, professeur à l’École normale de musique
de Paris [notre photo]. Renseignements :
01 40 37 90 39. www.lesmomentsmusicaux.com
My Space revendique à ce jour : 220 millions d’inscrits
dans le monde, quelque 2,5 millions de visiteurs français
par mois, 1 million de profils musicaux dans le monde
- dont 15 000 en France…
« La
pasión de Sor Juana », cantate composée par Mariana Montalvo & Pierre Bluteau
sur des poèmes de la poétesse mexicaine, sera donnée le
mardi 5 février, à 21h, en l’église Saint-Germain-des-Prés.
Avec Mariana Montalvo, Pierre Bluteau, Agnès Vesterman,
Mario Contreras, Oliver Ombredane et le chœur Éclats de
Voix. Renseignements : 06 12 30 59 99. www.sorjuana.fr
Festival des pianistes
américains à L’Archipel. Du 3 au 10 février : Jay Gottlieb [notre photo],
Noël Lee, Jeff Cohen, Eugène Indjic… Renseignements : 17,
bd de Strasbourg, Paris Xe. Tél. :
08 26 02 99 24. www.larchipel.net
La Muse en Circuit.
Théâtre
national de Bordeaux-Aquitaine, du 6 au 9 février : Ajour, théâtre musical (Arnaud Petit, Christiane
Dormoy, Valère Novarina). CNR de Paris, le
8 février : Du
spectre à la friche industrielle (œuvres de Gérard Grisey,
Mauro Lanza, Jean-Marc Singier et Franck Bedrossian.
Ensemble 2E2M). Université Pierre & Marie Curie,
Paris Ve, le 11 février : L’Ormador d’Arnaud Salle, orchestre de machines et d’ordinateurs [notre
photo]. Renseignements : 01 43 78 80 80.
www.alamuse.com
Nouvelles musiques
traditionnelles : Les 8, 9 et 10 février, Maison de la musique de Nanterre : Wang Li (vibrations chinoises), La mal coiffée (polyphonies occitanes),
Annie Ebrel Quartet (la voix de la gwerz
et du jazz), La soustraction
des fleurs (zarb et violons), Duo
Brotto Lopez (musique à danser du Quercy), BHQ :
la nuit comme le jour (la Bretagne à voix nues), Antiquarks
(duo de particules), Indestwas Ka (musique et danses Gwoka).
Renseignements : 01
41 37 94 21. www.nanterre.fr
Le Jazz monte au ciel…
Du
8 au 13 février, à la Cité de la musique : Rapport
des musiciens de jazz au sacré. AvecSt JohnColtraneChurch / Marc
Ribot & Henry Grimes / Magma / Sun Râ Arkestra.
Renseignements :www.cite-musique.fr
L’Ensemble vocal Stéphane
Caillat,
pour célébrer le 80e anniversaire & les 60
ans de direction de chœur de son fondateur, organise un
concert exceptionnel, le samedi 9 février 2008 à 20h30,
en l'église Saint-Louis-en-l’Isle (Paris IVe).
Programme : Ein
deutsches Requiem et Schicksalslied (« Le Chant du Destin »)
de Brahms. Avec Chloé Waysfeld, soprano, Alain Buet,
baryton, et Anne Renault, piano. Direction :
Stéphane Caillat (notre photo). Renseignements : www.stephanecaillat.net
Musique en Sorbonne.
Au
Grand Amphithéâtre, sera donné, le mardi 12 février, à 20h30,
de Dvořák : Concerto
pour violon ; Symphonie
n°IX, « du Nouveau Monde ». Geneviève
Laurenceau, violon ; Orchestre de Paris-Sorbonne, dir.
Jacques Grimbert. Renseignements : 01 42 62 71 71. www.musique-en-sorbonne.org
« Aux enfants
d’abord ! » Au profit de cette méritante association (que préside Alain Duault),
se déroulera, le vendredi 15 février, à l’Opéra Garnier,
une soirée de gala intitulée « Autour
du thème des Fées ». Avec Carole Bouquet,
Natalie Dessay, Stéphanie d’Oustrac, Laurent Naouri, Marie-Agnès
Gillot, les Petits rats de l’Opéra, le Chœur des Polysons
et l’Ensemble Matheus (dir. Jean-Christophe Spinosi).
Renseignements : 08 92 89 90 90.
www.operadeparis.fr
« Champs libres »
au Centre Pompidou. Le
dimanche 17 février, à 16h30 : Le
jardin d’en face (pour harpe & percussionniste jouant
dans un piano) de Jean-Pierre Drouet. Fidélité
(pour harpe) de Georges Aperghis. Musique
de tables (pour trois percussions) de Thierry de Mey.
Monologue (pour tuba) de Tom Johnson.
VoiSins (pour
percussion, harpe & tuba) de Arnaud Boukhitine.
Solistes de l’Ensemble intercontemporain. Mise en
espace : Frédéric Stochl. Renseignements :
01 44 84 44 53. www.ensembleinter.com
ou www.centrepompidou.fr
Toshiko Akiyoshi à
Paris : Les
22 et 23 février, la grande pianiste de jazz se produira
– en solo, quartet & big band - à la Maison de la Culture
du Japon (101bis, quai Branly, Paris XVe, tél. : 01 44 37 95 95,
www.mcjp.asso.fr)
et, les 25 et 26 février, au Duc des Lombards (42, rue des
Lombards, Paris Ier, tél. : 01 42 33 22
88, www.ducdeslombards.com).
« Utopies &
réalités » à la Cité de la musique. Le vendredi 29 février, à 20h :
Six pièces op.6
(pour orchestre, version de 1928) d’Anton Webern.
Trois fragments de Wozzeck op.7 (pour soprano et orchestre) d’Alban
Berg. Blue Poles
(pour grand ensemble) de Reinhard Fuchs. Photoptosis
(prélude pour grand orchestre) de Bernd Alois Zimmermann.
Angela Denoke, soprano. Orchestre du Conservatoire
de Paris + Ensemble intercontemporain, dir. Susanna
Mälkki (notre photo). Renseignements :
01 44 84 44 84. www.cite-musique.fr
Igor Stravinski &
l’Orchestre national d’Île-de-France : Renard (histoire burlesque contée &
jouée) ; Pulcinella
(ballet en un acte, avec chant). À Saint-Germain-en-Laye,
le dimanche 17 février, 16h. À Paris, le mardi 19
février, 19h30. À Fontainebleau, le vendredi 22 février,
20h30. Orchestre & chœur de 80 enfants, dir. Alexandre
Grandé [notre photo]. Renseignements : 01 41 79 03 40.
www.orchestre-ile.com
L’Ircam aux Bouffes-du-Nord. Lundi 18 février, 20h30 : Cycle « La Poursuite, I »,
À la mémoire de Karlheinz Stockhausen » : Kontakte de Karlheinz Stockhausen et Terra Ignota in memoriam Karlheinz Stockhausen de Philippe Manoury.
Orchestre Poitou-Charente, Jean-François Heisser, piano
& direction. Florent Jodelet, percussions.
Renseignements : 01 46 07 34 50.
www.bouffesdunord.com
L’Ircam hors les murs. Com que voz (pour voix de femme, baryton,
ensemble & électronique) de Stefano Gervasoni.
Cristina Branco, fadiste (notre photo). Otto Katzameier,
baryton. Ensemble Modern, dir. Franck Ollu.
Thomas Goepfer, informatique Ircam. Dimanche 17 février,
18h : Casa da Música, Porto. Mercredi 20 février,
20h : Alte Oper, Frankfurt am Main.
Cycle « Un dimanche,
une œuvre » : Conférence sur Machinations
de Georges Aperghis (notre photo), par le philosophe et
écrivain François Regnault. Dimanche 17 février, 11h30.
Petite salle du Centre Pompidou. Renseignements : 01 44 78 12 33. www.centrepompidou.fr
Autour du Vodou :
musique & danses afro-caraïbes. Cycle de quatre soirées, du
20 au 23 février, à l’Alhambra de Genève (10, rue de la
Rôtisserie, 1204 Genève). Cuba :
Yoruba Andabo (rumba & musiques rituelles).
Haïti : Ti-coca
et Ouanga-neges (l’art de la contredanse). Guadeloupe :Ensemble Kan’Nida, avec Napoléon Magloire (danses rituelles du Gwoka).
Haïti : Racine
Mapou de Azor (percussions & chants rituels du vodou).
Renseignements :www.adem.chou tél. : +41 22 418 45
50. www.ville-ge.ch/meg
Forum : Musique
& communisme.
Le samedi 1er mars, à Paris, amphithéâtre de
la Cité de la musique. À 15h, projection de Notes
interdites, scènes de la vie musicale en URSS, film
de Bruno Monsaingeon (2004, 55’). À 16h, table ronde
(J.-M. Vacher, P. Huyn, Fr. C. Lemaire, Br. Monsaingeon).
À 17h30, concert d’œuvres de D. Chostakovitch, E. Denisov,
A. Schnittke, S. Goubaïdoulina (solistes de l’Ensemble Intercontemporain).
Renseignements : 01 44 84 44 84.
www.cite-musique.fr
Jean GUILLOU :La Révolte des Orgues op. 69, pour grand orgue, huit orgues positifs &
percussions.Schott : ED 20136.
Au printemps 2007 était créée, à Landsberg puis à Paris,
une œuvre
d'un concept radicalement nouveau
par son effectif et un type d'écriture spatialisée encore jamais appliqué à l'(aux) instrument(s) à tuyaux. Il est donc particulièrement important
de pouvoir désormais étudier cette partition révolutionnaire
de quelque 120 pages, qui ouvre les voies d'une véritable
orchestration organistique, ici enrichie de subtils
dialogues avec les percussions. Jean Guillou y témoigne d'un renouvellement constant de son inspiration
créatrice, et continue de donner l'impulsion à une
destinée démultipliant avec une imagination sans relâche
les potentialités et les alliances ouvertes à un instrument,
certes encombrant, que d'aucuns auraient voulu figer
dans
un sort confiné et solitaire.
Saint-Eustache, Paris
Sylviane Falcinelli
FORMATION VOCALE &
MUSICALE
Christine JAGER :
Prêt à chanter
ou Comment préparer la voix au chant
choral dans les écoles et les collèges. DVD
(18 séquences & 21 fiches) + CD audio. CRDP
de Versailles/CDDP du Val d’Oise.
Voilà une réalisation remarquable ; elle comblera celles
et ceux qui ont en charge de faire chanter des enfants
en école, collège ou conservatoire… Il s’agit de proposer
des activités accessibles de façon thématique ou chronologique.
Ces activités sont adaptables et réalisables de la
Maternelle au collège. L’auteur est une praticienne
du chant et de la technique vocale qui enseigne régulièrement
dans toutes ces situations depuis de nombreuses années.
C’est dire que ce parcours a été longuement mis à
l’épreuve de la réalité. L’une des originalités
est la multitude des supports proposés. Le DVD
permet, par ordinateur, d’imprimer 21 fiches techniques
pratiques ainsi que les partitions des diverses vocalises
au format PDF. Il présente également (lisible
sur n’importe quel lecteur), dix-huit exercices filmés,
accompagnés de commentaires. Quant au CD, il
contient neuf vocalises en version complète, en version
voix et en version accompagnement, ce qui permet une
très grande souplesse d’utilisation. À commander
sur : http://www.cddp95.ac-versailles.fr/cddp/article304.html
Laurence JEGOUX-KRUG :
Le rythme au
fil des œuvres. Vol.
7. Niveau supérieur. Combre : CO6575.
Construit à partir d’œuvres diverses, de Bartók à Messiaen
et Berio, cet ouvrage n’ignore aucune des difficultés
du rythme contemporain. Ce qui en fait l’intérêt,
c’est le lien constant entre solfège rythmique et
instrument. Pour reprendre la préface de Jacques
Tys, on ne peut que se féliciter « qu’un ouvrage
pédagogique allie un certain systématisme de l’apprentissage
rythmique à son intégration musicale, au sein de phrases
facilement mémorisables et jouables à l’instrument.
De cette façon, les différents rythmes, liés directement
à un tempo, une articulation, à un phrasé, seront
non seulement appris mais aussi assimilés ».
On ne saurait mieux dire !
HARMONICA
Sébastien CHARLIER :
Je débute… l’harmonica
diatonique. Méthode pratique et progressive. Exercices et répertoire.
Tablatures. Solfège. 1vol./1CD.
Hit-Diffusion.
Voilà une méthode très bien conçue : elle se distingue
par l’aspect pratique de l’apprentissage. Après une
description détaillée des différents types d’harmonica
et un exposé succinct mais suffisant de solfège, la
méthode suit pas à pas le débutant, qui est guidé
par le remarquable CD joint qui comporte exemples,
morceaux, play-back, version lente… Bref un outil
tout à fait intéressant pour débuter un apprentissage.
PIANO
Roger COHEN :
Chopin au XXIe siècle. « Les voyages de l’âme »,
Carnet de voyage pianistique pour les petits et les
grands. Textes originaux annotés par l’auteur. 1vol./1CD.
Hit-Diffusion.
« Recueil astucieux et original… » C’est ainsi
que l’éditeur présente ce « carnet ».
Et il faut reconnaître que l’on ne peut qu’être séduit
par une telle réalisation. Construit autour
d’une biographie de Chopin, le recueil s’articule
en six grandes périodes - chacune étant illustrée
par des œuvres présentées chronologiquement. Les œuvres
sont soigneusement doigtées et annotées. Vingt-quatre
pièces de Chopin sont ainsi offertes au fil d’un parcours
qui constitue un véritable « voyage pianistique »
dans la vie et l’œuvre du compositeur. Enregistré
par Roger Cohen, le CD est là pour faire découvrir,
s’inspirer, interpréter… Il se veut non un modèle
mais une source de questionnements sur la manière
de faire siennes les œuvres enregistrées. Voilà
qui conviendra parfaitement aux adolescents déjà assez
avancés et, bien sûr, aux adultes amateurs qui y trouveront
un répertoire sans concession mais abordable. Pour
illustrer le sérieux de l’ouvrage, ajoutons qu’il
se termine par un catalogue chronologique des œuvres
de Chopin. Un outil indispensable, même aux professionnels…
Voilà, pour piano à quatre mains, des thèmes classiques revisités
avec beaucoup de délicatesse et souvent d’humour par
Patrice Sciortino. Deux pièces totalement originales
terminent ce recueil. Sans être très redoutables,
ces pièces ne sont tout de même pas pour débutants,
et les petites mains devront être suffisamment aguerries.
Mais leur intérêt musical mérite bien un effort !
Olivier & Carole
MAYRAN de CHAMISSO : Le
piano globe-trotter, à travers dix légendes inspirées
des grandes traditions, pour piano à quatre mains.
Combre : CO6516.
Ce n’est pas la première fois que ces auteurs nous invitent
au voyage. De la Bretagne à Paris en passant
par la Chine, les deux Amériques, l’Arabie et bien
d’autres horizons, Olivier & Carole Mayran de
Chamisso nous font découvrir différentes légendes
illustrées ou prolongées par les différentes pièces,
aussi variées que les ambiances des pays et des légendes.
Le niveau de difficulté va d’assez facile à difficile.
GUITARE
Raphaël FAŸS :
Album n°4 : 3 pièces baroques pour guitare.
Album n°5 : Sérénades pour guitare classique.
Album n° 6 : Valses pour guitare classique.
Combre : CO6528.
De niveau moyen à niveau supérieur, ces pièces très variées
trahissent la double personnalité de Raphaël Faÿs,
héritier de Django Reinhardt et de Narciso Yepes.
Pleines de charme, ces pièces brèves séduiront les
guitaristes.
VIOLON
Claude-Henry JOUBERT :
La Maison hantée
2, le retour ! pour ensemble de violons à 4 parties.
Combre : CO6518.
On connait l’humour ravageur de l’auteur qui nous annonce
en sous-titre : « Plus de fantômes, plus
de frissons, plus de frayeur… ». Soirée
entre amis, nuit agitée, farandole infernale et danse
avec les fantômes, tel est le programme proposé.
Il ne décevra certainement pas les jeunes violonistes
(de niveau 1er cycle) qui se lanceront
dans l’aventure. Les premiers violons auront
même droit à des interventions parlées… Bref, de quoi
mettre de l’ambiance.
FLÛTE TRAVERSIÈRE
Dominique ÉTIÉVANT
& Christian CRAVERO : Flûtorama.
Classique,
jazz, variétés, musiques de film pour flûte.
Vol. 1A, à partir de la 2e année.
1vol./1CD. Hit-Diffusion.
De Verdi à John Williams, nos jeunes flûtistes sont invités
à se promener dans un répertoire aussi varié qu’agréable.
La personnalité des auteurs est un gage de qualité.
Voilà qui enrichira le répertoire des jeunes flûtistes.
Claude DEBUSSY :
Suite bergamasque.
Arrangement pour flûte & piano
par Alexandre Gasparov. Combre : CO6500.
On ne peut que saluer cet arrangement fidèle et respectueux
de l’intégrale de la Suite
Bergamasque. Inutile de préciser que, justement
à cause de sa fidélité, cet arrangement demandera
aux exécutants un certain niveau instrumental.
Certes, la partie de piano est souvent délestée du
chant, mais cela ne la rend guère plus facile.
Mais quelle joie de pouvoir partager cette musique
avec un autre instrumentiste !
CLARINETTE
Frédéric CHOPIN :
Trois Écossaises
pour piano,arrangement pour clarinette &
piano par Roger Boutry. Combre : CO6502.
Voilà un arrangement très fidèle qui, du coup, rend fort
légère la partie de piano, mais redoutable la partie
de clarinette. Cette transcription s’adresse
autant au professeur qu’à ses meilleurs élèves…
SAXOPHONE
André TELMAN :
Miniature pour saxophone alto mib & piano. Lafitan : P.L.1381.
Cette œuvre bien agréable pour saxophoniste débutant &
pianiste aguerri permet de mettre en valeur les qualités
musicales de l’interprète.
Pascal PROUST :
24 stylétudes
pour saxophone. Combre :
CO6509.
Ces 24 études de style, pour niveau 2e cycle,
sont a cappella.
Comme leur nom l’indique, elles promènent l’instrumentiste
à travers différents genres musicaux, du wagnérien
à la Ballade, sans oublier la Barcarolle, la Sicilienne,
le Ragtime et bien d’autres… Si ce n’est à cause de
leur difficulté technique, on oublie qu’il s’agit
d’études pour ne plus penser qu’au charme de la musique.
Anthony GIRARD :
Trois pièces
brèves pour quatuor de saxophones.
Billaudot : G7742B.
De moyenne difficulté, l’ensemble de ces pièces dure cinq
minutes. Leur rythmique est fort intéressante
mais surprendra les élèves peu habitués à des mesures
à 7/8. On n’étonnera personne en disant qu’il
s’agit de très bonne musique et que ces pièces méritent
amplement d’être jouées en dehors des auditions d’élèves.
TROMPETTE
Thierry DELERUYELLE :
Cœur, pour trompette (en sib ou ut) ou cornet & piano. Lafitan : P.L.1448.
Cette pièce fort jolie pourrait s’intituler « Romance ».
C’est en effet son caractère, et elle demandera au
jeune trompettiste un grand sens du phrasé et une
bonne maîtrise de l’expression, même si elle est techniquement
simple.
Fabien BISSAT :
15 duos pour 2 trompettes de même tonalité.
Collection « Guy Touvron », Billaudot :
G7921B.
Ces 15 duos faciles permettront de faire d’emblée jouer en
duos les jeunes trompettistes. Écrites dans un style
très classique, ils répondent tout à fait aux besoins
des jeunes classes.
COR
André GUIGOU :
Images de mai pour cor en fa (ou mib) et piano.
Lafitan : P.L.1384.
Cette pièce printanière, pour niveau Préparatoire, permettra
au jeune corniste de montrer sa maîtrise et son sens
musical.
PERCUSSIONS
Christophe FRIONNET :
Trois sentiments.
Pour quatre timbales. Delatour.
« La force », « La peur », « La
joie », trois sentiments que quatre timbales
accordées sur fa#, la,
si et mib s’efforcent – non sans succès – de nous faire partager.
La peur nous fait réellement frissonner, et la force
éveille en nous des images dignes de Michel Ange ;
quant à la joie, elle évoque de bien réjouissants
éclats de rire.
Revue Circuit. Musiques contemporaines. Vol.17 : « Musique
in situ ».
Les Presses de l’Université de Montréal (Tél. : [514]
343-6388. www.revuecircuit.ca). 21,5 x
23 cm, 140 p., ill. n&b.
La troisième livraison (novembre 2007) de cette belle revue
canadienne scrute « l’importance du lieu » dans
les musiques d’aujourd’hui : impératif de « jouer
de la salle », quant à sa disposition, son acoustique,
l’aspect visuel de la production sonore, la durée du concert,
etc. Riches contributions de : Jonathan Goldman,
Guy Lelong, Bastien Gallet, Andrea Cera, Réjean Beaucage,
Gascia Ouzounian, Rober A. Baker, Éric Champagne, Claire
Sykes, Murray Schafer et Sophie Stévance. Avec,
hors dossier, une analyse très approfondie, par Jimmie
Le Blanc, de Qualia
sui, pour violon, violoncelle & piano, de Denys
Bouliane [notre photo]. Plus des éléments d’actualité.
Vincent BOREL : Jean-Baptiste Lully.
« Classica », Actes Sud. 10 x 19 cm,
160 p., 15 €.
Longtemps peu amène fut le regard porté par
la musicologie française sur Giovanni Batista Lulli, florentin
de modeste extraction, aux mœurs et la moralité douteuses,
à l’ascension fulgurante auprès d’un monarque dont, courtisan
zélé, il avait su se faire l’ami. Mais nul n’ignore
plus - depuis notamment la légendaire reprise d’Atys, en 1987 - que le créateur de la tragédie lyrique française aura
été un compositeur visionnaire, dont l’influence est indéniable
sur un Ravel ou un Poulenc. Vincent Borel, à qui
nous devions déjà un Baptiste, savoureux roman consacré à ce
musicien, nous livre ici une plaisante biographie où sont
successivement mis en scène le Florentin, la prise de
l’Opéra, le zénith, l’éclipse, l’héritage… Utile
complément à l’ouvrage de Philippe Beaussant, Jean-Baptiste Lully ou le Musicien du soleil.
Andrea FABIANO (Sous la direction de) :
À
travers l’opéra. Parcours anthropologiques &
transferts dramaturgiques sur la scène théâtrale européenne,
du XVIIIe au XXe siècle.
« Arts & Sciences de l’Art », L’Harmattan.
360 p., 30 €.
Réunies et présentées par Andrea Fabiano, ces treize études
en l’honneur du professeur Gilles de Van mettent en lumière
le « nomadisme des cultures à travers l’opéra »,
notamment italien. Sous trois principales rubriques :
Transferts culturels
et projets esthétiques (Constance Jori, Michel Noiray,
Andrea Fabiano) ; Trajectoires artistiques de la réception de
l’opéra (Françoise Decroisette, Bernard Banoun, Gianfranco
Vinay, Damien Colas, Francis Claudon) ; La
scène théâtrale entre anthropologie et politique (Gérard
Loubinoux, Elena Sala Di Felice, Jean-François Candoni,
Pierluigi Petrobelli, Isabelle Moindrot). Davantage
que de « mélanges » académiques, il s’agit là
d’un vivant et cohérent ensemble, fait de dialogues et
de propositions. En annexe, nous est donnée l’intégralité
du joyeux livret (signé Siro Ferrone) de l’opéra Il Re Bello de Roberto De Simone.
Giordano FERRARI (et
alii) : La musique et la scène. « Arts 8 », L’Harmattan.
208 p., tableaux, ex. mus., 20 €.
Dans une collection pilotée par l’UFR Arts de l’Université
Paris 8, voici les actes du colloque « L’écriture
musicale et son expression scénique au XXe
siècle » qui s’était tenu, à Paris, les 23 et 24
novembre 2006. Trois parties : Langages, styles et techniques d’écriture musicale
au XXe siècle (Kurt Weill, Alban Berg,
Luigi Nono, Elliott Carter, etc., par J.-Fr. Trubert,
J.-P. Olive, A. I. De Benedictis, M. Noubel, D. Osmond-Smith,
N. Thil) / L’idée
d’espace dans la musique et les nouvelles technologies
sont-elles des éléments originaux au service de l’écriture
dramatique ? (Henri Pousseur, Bernd Alois Zimmermann,
Helmut Lachenmann, etc., par Br. Bossis, P. Decroupet,
D. Schmidt) / Croisement
et interactions avec les formes théâtrales (Mauricio
Kagel, Christoph Marthaler, etc., par Bj. Heile, Cr. Mittelsteiner).
NUNC, revue patiente
n°14. Éditions de Corlevour (www.corlevour.fr).
21 x 25 cm, 142 p., fusains de Marjolaine
Pigeon. 19 €.
Dirigé par Jean-Marc Warszawski, Shekhina - dossier central de cette livraison - est consacré à « la
musique contemporaine, état des lieux & perspectives» (contributions de O. Apert, A. Bancquart, S. Béranger, J.-Y.
Bosseur, C. Cazaban, Th. Clermont, P. Criton, L. Cugny,
V. Deshoulière, Th. Escaich, A. Hennion, P. Reverdy, M.
Solomos, V. Tiffon, M. Risse et J.-Cl. Wolff). Dossier
précédé d’un Liminaire
(« art poétique » signé Florent Michel) puis
d’un Axis Mundi (A. Teyssiéras, Fl. Michel,
A. Salmieri), et s’achevant sur un fort bigarré Oikouménè (J. Darras, Ch. Bukowski, Cl. Kobaldi, Ch.Ky Yut, S. Camilleri,
B. Engel-Roux).
Peter HILL
& Nigel SIMEONE : Olivier Messiaen (1908-1992).Traduit de l’anglais par Lucie Kayas.
Fayard. 14 x 22 cm, relié (couverture souple),
594 p., cahier de photos n&b, 27 €.
Sous la plume de deux professeurs de l’Université de Sheffield,
voici « la »
biographie du centenaire – ouvrage particulièrement circonstancié,
grâce à de nombreux documents inédits confiés aux auteurs
par des collègues et amis, et bien sûr Yvonne Loriod-Messiaen,
veuve du compositeur. En annexes : bibliographie,
catalogue analytique de l’œuvre, index nominum, index
rerum.
Gérard BERRY : Pourquoi et comment le monde devient numérique.
« Leçons inaugurales au Collège de France »,
Fayard. 12 x 18,5 cm, 78 p., 10 €.
Titulaire, au Collège de France, de la toute nouvelle chaire
d’« Innovation technologique-Liliane Bettencourt »,
le professeur Gérard Berry [notre photo] prononçait, le
jeudi 17 janvier 2008, sa Leçon inaugurale, mettant ainsi
en place le cadre de pensers dans lequel s’inscrit la
numérisation du monde. Laquelle permet des activités
techniques et scientifiques tout à fait différentes de
celles que nous connaissions. Ce que décriront les
Leçons à venir - avec pour objectif premier d’établir
une « cartographie
mentale adéquate » et d’aider à la construction
d’un « bon
sens informatique ». De passionnantes perspectives.
Jean-Pierre DELEUZE & Sébastien Van BELLEGEM (et alii) : Les écritures musicales.
Avant-propos de Robert Wangermée. « Musique-Musicologie »,
Mardaga (www.adeb.be/editeurs/mardaga.htm).
17 x 24 cm, 288 p., ex. mus., 23 €.
Il s’agit là des actes du colloque organisé, en janvier 2005,
au Conservatoire de Mons : « Recherche et enseignement basés sur les pratiques compositionnelles »,
tentative de synthèse des nouvelles approches de l’enseignement
de l’écriture musicale (des polyphonies médiévales à Bartók).
Démarches inscrites dans une perspective historique -
non sans développer une pédagogie fondée sur l’étude des
œuvres (dans les académies, les conservatoires, les universités)…
Trois parties : La
modalité de l’Ars antiqua jusqu’au
XVIIe siècle / La tonalité à l’époque
baroque & classique / La pédagogie par les pratiques
compositionnelles de Lassus à Bartók. Très nombreux
exemples musicaux.
Catherine CESSAC (Textes réunis par) : Les
manuscrits autographes de Marc-Antoine Charpentier.
« Études du Centre de musique baroque de Versailles »,
Mardaga (editions@mardaga.be). 17 x 24 cm,
312 p., fac-similés & ex. mus. 42 €.
N’ayant guère connu d’édition anthume, M.-A. Charpentier
n’eut de cesse de classer sa production. Corpus
ici recensé sous cinq rubriques : L’atelier
du « garde-nottes » (P. M. Ranum, L.
Guillo, C. Cessac), L’atelier intérieur (J.-Y. Hameline, Th.
Favier), Le scribe
et les signes (C. J. Gosine, Sh. Thompson, Gr.
Sadler), Le « garde-nottes », maître ès arts (S. Daucé, G. Naulleau,
J. Berrocal), Ce
qui regarde l’esprit (Th. Psychoyou, Th. Van Essen,
Fr. Michel). Non sans quelques précieux additifs
(C. Davy-Rigaux, B. Porot, J.S. Powell, C. Steinegger).
Laurent BOURDON : Dictionnaire
Hitchcock. Préface de Claude Chabrol.
« In extenso », Larousse. 14 x 21 cm,
1036 p. 26 €.
Voilà qui ne manquera pas d’« interpeller » tous
les candidats au baccalauréat & leurs professeurs
qui planchent (et plancheront encore en 2009) sur les
musiques composées pour Hitchcock [notre photo] par Bernard
Herrmann. Sans négliger la vaste bibliographie consacrée
au réalisateur de La
Mort aux trousses : ouvrages de Chabrol, Rohmer,
Spoto, Truffaut, Villien… Mais il s’agit présentement
d’un dictionnaire, où plus de mille entrées sont consacrées
aux collaborateurs du cinéaste (comédiens, auteurs, techniciens,
musiciens…) aussi bien qu’à ses thèmes, personnages, relations
et lieux de prédilection. En annexes : filmographies
chronologique & alphabétique, liste des entrées thématiques,
nominations aux Oscars, noms des personnages, prénoms
des personnages, bibliographie sélective.
Pierre-Jean RÉMY : Karajan(1908-1989). La biographie. Odile Jacob (www.odilejacob.fr). 15,5 x 24 cm,
480 p. 29,90 €.
Au plus célèbre chef d’orchestre de la fin du XXe
siècle, un grand académicien français (déjà signalé biographe
de Berlioz et Maria Callas) consacre – et de quelle belle
façon - la biographie qu’exigeait le centenaire de sa
naissance. Non sans apporter de tout nouveaux éclairages
sur une personnalité dont André Tubeuf disait (cité en
exergue) : « C’est quoi l’empire Karajan ?
D’abord l’empire de soi ». Sept parties composent
l’ouvrage : L’enfance d’un chef / Un jeune chef / Un chef en déroute /
Un très grand chef / Le premier chef du monde /
Le chef en son royame / Le chef blessé.
Et, en guise d’épilogue : Un
chef toujours debout. Bibliographie.
Bruno STREIFF : Karajan, le chef d’orchestre.
Roman. « Collection privée ». Complicités
(24bis, rue Tournefort, Paris Ve.
Tél. : 01 43 26 65 47. www.editions-complicites.com).
15 x 21 cm, 180 p. 20 €.
Voilà une fiction qui ne manquera pas de séduire tout inconditionnel
de Karajan ! Lui-même metteur en scène d’opéra
(formé à l’école de Jean-Pierre Ponnelle), Bruno Streiff
n’aura guère eu besoin de solliciter la vie du chef d’orchestre
pour écrire un roman dont tous les éléments biographiques
sont avérés. Seule la correspondance qui l’émaille
- entre Brahms et Clara Schumann - est pure imagination.
Mais sans nulle invraisemblance…
Claude LEMESLE : L’art d’écrire une chanson. Préface
de Allain Leprest. Eyrolles (www.editions-eyrolles.com).
15 x 22,5 cm, 166 p., cahier de photos
n&b et couleurs, 18 €.
Est-il, en ce domaine, plus légitime orfèvre que Claude Lemesle
[notre photo], auteur de plus 1 350 chansons enregistrées
- par notamment J.Dassin, M.Sardou, Carlos, G.Bécaud,
J.Iglesias, N.Mouskouri, H.Vilard, G.Montagné, A.Dona,
J.Hallyday, M.Shuman, Nicoletta, H.Salvador, M.Mathieu,
Dalida, N.Croisille, M.Fugain, S.Reggiani… Aujourd’hui
président de la Sacem, Claude Lemesle ne fait guère preuve
de nombrilisme - analysant bien plutôt les textes de ses
grands confrères (Brel, Brassens, Delanoë, Aznavour, Ferré,
Nougaro, Vian…). Nous initiant aux mille façons
de trouver des idées de chanson, de les développer, les
ciseler… Le ton est plaisant et familier - sens pédagogique
développé dans le cadre des ateliers d’écriture que le
poète anime depuis plusieurs années. Un bonheur
de lecture.
Marie-Christine VILA : Piaf, la môme de Paris.
Album de photos. Édition bilingue français-anglais.
« Les petits carrés », Parigramme (www.parigramme.fr).
15 x 15 cm, 176 p., illustr. n&b et couleurs.
12 €.
Grande figure de la chanson française, la môme Piaf a longtemps
incarné Paris aux yeux du monde. Cet émouvant petit
album est une manière de biographie de celle qui, dans
sa jeunesse bellevilloise, s’appellait encore Giovanna
Gassion.
Hildegard von BINGEN. Le mariage du ciel et de la
terre. Jade (43, rue
de Rennes, Paris VIe, promotion@milanmusic.fr) : 699 644-2. TT : 47’55.
Depuis la découverte relativement récente de Hildegard von
Bingen, l’intérêt pour cette abbesse du monastère
Saint-Rupert, près de Bingen (Rhénanie), également
musicienne, médecin, botaniste et visionnaire,
n’a cessé de croître. Soliste internationale,
Catherine Braslavsky, avec sa vaste expérience
du chant grégorien, fait découvrir avec bonheur
cette personnalité exceptionnelle, auteur de l’Ordo
virtutum, genre d’oratorio et de quelque 77
autres chants pour son couvent. Joseph Rowe
(oud, percussions notamment orientales…) crée,
d’entrée de jeu, l’atmosphère propice à l’écoute
du texte, et soutient admirablement la voix mystérieuse
et mystique de la soliste. O Tu Illustrata,
avec ornementations à la manière orientale, projette
l’auditeur dans un monde quasi intemporel, encore
renforcé dans la Louange à la Trinité (Laus
Trinitati) par les commentaires instrumentaux.
O frondens
Virga se fait plus rêveur, alors que O
Ignis Spiritus est plus contemplatif.
Le rythme se fait plus présent dans O Virga
ac Diadema. L’invocation au Saint-Esprit
(Spiritui Sancto) s’élance dans le recueillement,
alors que le Kyrie, empreint de pureté,
débute par des onomatopées très souples.
À l’Ave generosa, succèdent trois interpellations :
à Jérusalem, au doigt de Dieu, au Berger des âmes.
Cet excellent duo s’impose par le calme, la sérénité
et la plénitude dont notre époque a tant besoin.
Requiem pour Claude de Lorraine. Le Parnasse Français
(contact : Prof.
Yves Ferraton, Université Nancy 2) :
005. TT : 54’38.
La pièce la plus originale de ce disque est le
Requiem pour Claude de Lorraine, deuxième
fils du duc René II de Lorraine ; élevé à
la cour de France, il s’est installé dans l’ancien
château médiéval de Joinville. En 1526,
grâce à François Ier, il est duc et
pair de France. En 1550, il meurt après une violente
maladie et a droit à de fastueuses funérailles
lors desquelles la Missa pro Mortuis de
Pierre Cléreau (v. 1520-av. 1570), ami de la famille
de Guise, a été chantée. Cette messe-paraphrase
pour le duc de Guise repose sur des mélodies grégoriennes.
Monodie et polyphonie dans le sillage de l’école
dite « franco-flamande » alternent.
À côté de l’intonation grégorienne, très prenante,
le contrepoint non exempt d’éléments italianisants
confère toute la plénitude requise à ce Requiem.
Au programme de ce CD, figure également une sélection
de Canzone et un Ricercar d’Andrea
Gabrieli (c.
1532-1585) d’après des chansons profanes, du meilleur
effet. Des sonorités exceptionnelles, notamment
de cornets (basse de cornet : V. Hostiou),
ténor de viole, basson renaissance, orgue historique…
recréent parfaitement l’atmosphère spécifique
de ce programme original, grâce à l’Ensemble Entheos,
placé sous la direction de Benoît Damant.
Félicitations à Yves Ferraton, directeur artistique,
pour avoir notamment tiré de l’oubli ce Requiem
pour Claude de Lorraine.
Zwischen
Wien und London. Charisma Produktion (Postfach
1113, D-37001 Göttingen info@charisma-cd.de) : Clavier
01. TT : 73’19.
Le titre, quelque peu énigmatique : Entre
Vienne et Londres, regroupe en fait des musiciens
qui - tels que Johann Christian Bach et Johann
Christoph Friedrich Bach (fils de Jean Sébastien),
Muzio Clementi, « concurrent » de Mozart,
et l’élève de ce dernier : Johann Nepomuk
Hummel, sans oublier Franz Joseph Haydn - ont
tous voyagé et se sont illustrés dans le domaine
de la sonate. L’originalité de cette réalisation réside dans l’utilisation
d’un fortepiano (1800), copie d’un instrument d’Anton Gabriel Walter (1752-1826).
Le son en est assez sombre, sec et sourd.
Gerrit Zitterbart propose ainsi un « récital
de piano imaginaire à Vienne » dans la deuxième
moitié du XVIIIe siècle. L’excellente
plaquette présente tous ces compositeurs et leurs
périples européens. La Sonate en ré majeur (1766) de J. Chr. Bach,
sans ambages, frappe par la transparence, la précision
et le jeu perlé de l’excellent pianiste.
Elle marque l’esprit de toute une époque, avec
une certaine insouciance. Les oppositions sont
très soignées ; les divers plans, bien mis
en valeur. L’Allegro de la Sonate en
ré majeur (1785) de J. Chr. Fr.
Bach, plus énergique, contraste avec l’Andante
grazioso, un tantinet romantique. Le
Rondo est plus percutant. Avec la
Sonate en sol
mineur (1782) de M. Clementi - appartenant
à la génération suivante -, l’atmosphère change :
traits de virtuosité, accords incisifs, cadences
bien marquées. À l’Andante de la
Sonate/Variations en fa mineur (1794), particulièrement développée, de Fr. J.
Haydn, succède une Sonate (1807) de J.
N. Hummel (troisième génération), dans la même
tonalité. Excellent parcours dans le temps
et dans l’espace, grâce à un interprète hors pair.
Franz SCHUBERT:
Sonate B-Dur D 960-Tänze.
Charisma Produktion : Clavier 02. TT :
64’07.
Il y a quelque 30 ans, Gerritt Zitterbart a eu un coup de
foudre pour la Sonate en sib
majeur, op. posth. D 960 (1828)
de Schubert. Après avoir d’abord joué cette
œuvre célèbre sur un beau piano Bösendorfer Impérial
de 1987, il a souhaité l’enregistrer à nouveau
sur unfortepiano de Nannette & Johann
Baptist Streicher, construit en 1829 - soit un
an après la mort du compositeur. Il a été
subjugué, non seulement par la date, mais aussi
par l’instrument aux sonorités si chantantes.
Ce programme comprend - outre cette Sonate
en 4 mouvements, interprétée avec infiniment de
musicalité - d’autres œuvres de Schubert :
deux Scherzi, trois brèves Écossaises,
des Danses allemandes et des Valses.
L’ensemble se caractérise, à la fois, par la fidélité
à l’instrument pour lequel ces pages ont été pensées,
par le respect des intentions du compositeur et
par le souci de l’expression contenue. Ce
CD doit figurer en bonne place dans toutes les
discothèques de pianistes et de mélomanes avertis.
Léon BOËLLMANN:
Suite Gothique, 2e Suite.
Fugatto (CD Diffusion : 28, route d'Eguisheim,
BP 4, 68920 Wettolsheim. info@cddiffusion.fr) :
FUG
015.
Parfaite adéquation entre l’orgue symphonique alsacien de
la Collégiale de Thann et les œuvres et un musicien,
Léon Boëllmann (1862-1897), né à Ensisheim, en
Alsace ; entre un instrument de facture romantique
et des œuvres mystiques dans la mouvance postromantique
proche de C. Franck, annonçant déjà L. Vierne
et Ch.-M. Widor, et plus ou moins pensées pour
l’orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint-Vincent-de-Paul,
à Paris. En fin connaisseur, Philippe Delacour
- élève de Marie-Claire Alain, actuellement professeur
au conservatoire de Metz et titulaire de l’orgue
Cavaillé-Coll de Notre-Dame dans cette même ville
- interprète la fameuse Suite Gothique,op. 25(publiée en 1895). On
y retrouve la forme du choral, l’esthétique du
grand chœur de structure répétitive, mais aussi
la douceur sulpicienne dans la Prière à Notre-Dame,
la page la plus connue étant la Toccata en
ut mineur avec son motif caractéristique
et son rythme pointé. Composée un an plus
tard, la Deuxième Suite, op. 27, comporte
le Prélude pastoral, l’Allegro con moto
particulièrement bien registré, suivi de l’Andantino
avec de nombreuses modulations et, enfin, du Final-Marche
dans le sillage de Charles-Marie Widor.
Grâce à Philippe Delacour, justice est rendue
à un musicien français dont l’existence a été
trop brève et dont les œuvres gagneraient à être
jouées plus souvent.
Chants polyphoniques basques (Ametz Bat / Rêve). Jade
(43, rue de Rennes, Paris VIe.
promotion@milanmusic.fr) : 699 645-2. TT :
55’19.
Nouvelle initiative sortant des sentiers battus : les
éditions Jade proposent une sélection de chants
polyphoniques basques interprétés par un chœur
d’hommes : Otxote (c’est-à-dire : 8,
octuor). Le programme comprend des chants
sacrés : Je vous salue, Marie (Agur Maria)…
et des chansons traditionnelles a cappella :
La fête du village (Herriko Festa), Nous
sommes les fils du Pays basque (Chanton Piperri),
Chanson du vieux poète (Cancion del viejo poeta).
Les voix profondes et homogènes, naturelles et
parfois mystérieuses, une harmonisation assez
classique, des onomatopées, une volubilité certaine,
des progressions dynamiques, des effets d’écho,
de longues tenues sur lesquelles plane une mélodie
très prenante, une gravité saisissante ou un entrain
exubérant, des tessitures contrastées : autant
de caractéristiques émanant de cette musique vivante
et authentique, obtenue grâce à la discipline
des huit chanteurs dirigés avec autorité et compétence
par Jordi Freixa. Ils proposent « Un
voyage au cœur d’Euskadi, terre du Pays basque »
et cela, dans le respect de la tradition.
Par les tendres soirs de lune. Polymnie (49bis, route de Maisons-Blanches,
10800 Buchères. contact@polymnie.net) :
POL 160
650. TT : 58’.
Mario Hacquard, baryton, lié à Germaine Tailleferre - « la »
dame du Groupe des Six disparue en 1983 - après
avoir chanté le Requiem de G. Fauré à ses
obsèques, lui rend ici hommage avec une sélection
de mélodies pour la plupart inédites - sur
des textes de G. Apollinaire : L’Adieu
du cavalier, si prenant / de J. Prévert :
Chasse à l’enfant, si poignante /
de M. Lacloche : Paris sentimental,
goguenard et pittoresque / de R. Pinget :
Pancarte pour une porte d’entrée.
Il s’agit de miniatures quelque peu mystérieuses,
discrètement accompagnées, dans le prolongement
de l’esthétique de H. Duparc, G. Fauré, M. Ravel...
Ces mélodies de Germaine Tailleferre sont encadrées
par les Proses des mortes d’Eugène Vial,
mises en musique par Valentin Neuville (1863-1941),
et par les Chants laotiens écrits par Louis
Laloy et Joseph Trillat, et composés par Henri
Tomasi (1901-1971). Belle défense et illustration
des mélodies de Germaine Tailleferre à redécouvrir,
grâce aux talents de Claude Collet (piano) qui,
tour à tour, crée l’atmosphère, assure les transitions
et soutient la voix si convaincante de Mario Hacquard.
On ne pouvait rendre meilleur hommage à la dame
du Groupe des Six.
Édith Weber
Ballade pour Edvard GRIEG : Concerto
pour piano, Pièces
lyriques (extraits), Ballade
op.24, par Leif Olf Andsnes. EMI Classics :
3 94399 2. TT : 71'44.
Pour célébrer le centenaire de
Grieg (2007), le pianiste L.O. Andsnes rapproche,
sur un même CD, le Concerto pour piano d'une sélection de
pièces pour piano solo. Prototype du grand
concerto romantique, celui de Grieg qui vit au
disque injustement dans l'ombre de celui de Schumann,
doit entre les mains du pianiste norvégien autant
à la virtuosité puissante qu'à l'expressivité
contrôlée. Le subtil mélange de vitalité
irrépressible et de lyrisme modulant est mis en
exergue dans des cadences emplies de bravoure
lisztienne. La palette sonore grandiose
dans laquelle baigne l'œuvre ne doit pas faire
oublier que l'harmonie puise ses couleurs dans
la tradition folklorique nordique. Conduits
par M. Jansons, les Berliner Philharmoniker forment
un écrin de choix à une exécution de haut vol.
Outre un bouquet de Pièces
lyriques, jouées sur l'instrument du compositeur
dans sa maison natale, aujourd'hui musée, ou l’art
de créer un climat dans une miniature, le pianiste
offre une exécution pénétrante de la Ballade
op. 24. Basée sur un thème de chant
populaire norvégien, elle se compose d'une suite
de variations d'intensités différentes conçues
par Grieg « comme une série de tableaux dont
les climats mouvants se font l’écho de son état
d'esprit du moment », selon le pianiste qui
souligne ce que l'écriture a ici d'exigeant.
Son caractère intimiste et sombre est à l'image
des paysages intérieurs.
Felix MENDELSSOHN : Concerto pour violon et orchestre ;
Octuor à
cordes. D.Hope,
Chamber Orchestra of Europe, dir. Th.Hengelbrock.
DG/Universal : 477 6634. TT :
64'36.
Le violoniste
Daniel Hope, de feu le Beaux Arts Trio, signe
un CD original consacré à Mendelssohn. Qui
plus est, il apporte un nouvel éclairage sur des
partitions qu'on croyait bien connaître.
Du Concerto, nous entendons la version de 1844 qui s'ouvre sur un allegro
con fuoco et offre une cadence plus courte que
dans la version habituellement jouée. L'interprétation
de Hope est d'une musicalité distinguée, puisée
auprès de son maître Menuhin, poignante à l'andante,
d'une suave mélodie. Elle se pare au final
de grâce aérienne et espiègle. Sous la conduite
toute en finesse de Th. Hengelbrock, le Chamber
Orchestra of Europe, procure un accompagnement
fluide et transparent. L'Octuor à cordes appartient au vaste vivier
des œuvres de jeunesse. On ne sait qu'admirer
le plus ici : la vitalité débordante de l’allegro
initial presque enivrant dans son développement,
la gravité nimbée d'une pointe de mélancolie de
l'andante, le mode aérien du scherzo leggierissimo
pris à vive allure, sorte de danse des elfes où
tout est effleuré, avec d'extraordinaires dégradés
sonores sur lesquels se détachent, fantomatiques,
les arabesques du premier violon, l’envergure
du presto final, où l'écriture s'élargit à la
dimension symphonique.
Dimitri CHOSTAKOVITCH : Concerto
pour piano n°1 ; Concertino
pour deux pianos ; Quintette
pour piano et cordes. Martha Argerich, M. Maisky, R. Capuçon,
L. Chen, L. Zilberstein. EMI Classics : 5 04504 2. TT : 66'21.
Le Progetto Argerich est chaque début d'été, au festival de Lugano, un
formidable creuset de musique de chambre.
Car la grande pianiste y convie ses amis musiciens
l'instant de concerts mémorables. En juin
2006, ils interprétaient, entre autres, plusieurs
pièces de Chostakovitch, heureusement saisies
sur CD. Le Concerto
pour piano n°1 (1933) qui confronte le clavier
à un orchestre à cordes et une trompette solo,
combinaison pour le moins insolite, a quelque
chose d'exubérant, de génial décousu, de par ses
ruptures de rythmes, de style aussi, où des lambeaux
de mélodies voisinent avec des bribes de marches
militaires. On pense à Prokofiev, mais aussi
à Poulenc ; encore que cette verve ironique,
annonciatrice de bien des pages de l'auteur, n'appartienne
qu'à lui. La valse lente du largo qui fait
dialoguer la trompette avec le piano, développe
une grave mélancolie. M.Argerich, qui semble
comme improviser, excelle ici par un style percussif
de bon aloi. Le Quintette
pour piano et cordes (1940), de facture néoclassique,
compte parmi les œuvres majeures du compositeur.
D'une écriture très serrée pour les cordes, elle
déploie une inventivité sans limite. Des
cinq mouvements, le scherzo forme l'axe médian.
Il départage une première partie qui comprend
une fugue d'une douleur résignée, le piano, souvent
dans le registre grave, évoluant au milieu des
cordes en sourdine, et une deuxième partie non
moins sombre à l’intermezzo que conclut une marche
funèbre rythmée par le clavier. L'allegretto
final laisse enfin percer quelque sérénité.
Entourée de musiciens d'élite, M.Argerich livre
une exécution de référence d'une pièce exigeante,
assurément une pierre blanche pour ce type de
formation.
Carl NIELSEN : Concerto pour
flûte ; Concerto
pour clarinette ; Quintette
à vents. E.Pahud, S.Meyer. Berliner
Philharmoniker, dir. Simon Rattle. EMI Classics :
3 94421 2. TT : 69'23.
Carl Nielsen est peu représenté
au disque – pour ne pas dire inconnu au concert.
Un CD prestigieux propose trois pièces passionnantes.
En fait, tout procède du Quintette (1922) où le compositeur danois
montre son attrait pour les vents et le dialogue
intime léger et simple d'instruments modulant
aisément. L'atmosphère est pastorale et
harmonieuse, qu'interrompent de brefs instants
des accents mélancoliques. Dans le final,
suite de courtes variations sur un thème d'hymne
luthérien, Nielsen met en valeur chacun de ses
solistes, flûte, clarinette, basson, hautbois
et cor, et décline tour à tour l'animé, l'humoristique
ou l'intense. De son projet d'écrire un
concerto pour chacun de ces instruments, il ne
réalisera que ceux pour la flûte et pour la clarinette.
Dans le premier, en deux mouvements, on relève
le discours pépiant du soliste qui dialogue à
l'occasion avec les autres vents d'un orchestre
fourni, le raffinement presque gallique du traitement
des solos, outre un onirisme tenté de poésie.
Le Concerto pour clarinette enchaîne quatre
mouvemnts. Le soliste est soumis à un redoutable
challenge, tel un troll nordique, c'est-à-dire
quelque chose d'extrêmement changeant. Il
devise avec une caisse claire, compagnon de fredaine,
dans une joute espiègle et parfois grave.
Car la composition alterne classicisme et audace.
Les deux solistes, premiers pupitres dans l'orchestre,
sont accompagnés par leurs pairs du Berliner Philharmoniker
que dirige avec flair Simon Rattle.
Jean-Pierre Robert
Jean-Sébastien BACH : Sonate
n°1 en sol
mineur BWV 1001 / Sonate n°2 en la mineur BWV 1003 / Sonate n° 3 en ut majeur BWV 1005. Jean Geoffroy, marimba solo. Skarbo (www.skarbo.fr) : DSK-1072. TT :
53’36.
Universalité de la musique de
Bach ! Après les premiers instants de surprise
à l’audition de ces musiques auxquelles les cinq
octaves du marimba confèrent la mate liquidité
de leur sonorité, nous sommes bientôt séduits,
sinon… ensorcelés. Par le même interprète,
écouter aussi les Suites
BWV 1008, 1010, 1012 (réf. DSK-1015).
Emmanuel de FONSCOLOMBE (1810-1875) : Mélodies, duos et pièces religieuses. Anna-Maria
Panzarella, soprano. Mario Hacquard, baryton.
Maria Beleoousova, piano. Frédéric
Deville, violoncelle. Hybrid Music (www.hybridmusic.com) :
H1810.
Arrière-grand-père d’Antoine
de Saint-Exupéry, Emmanuel de Fonscolombe, baron
de La Môle (né et mort à Aix-en-Provence), fut
un compositeur dont il n’est certes pas indifférent
de (re)découvrir le talent naturel, sans nulle
affectation… Esprit éminemment français, il est
ici servi par deux admirables interprètes – clarté
du timbre, diction parfaite et… humour distancié !
On peut toutefois préférer ici les morceaux profanes
aux pièces religieuses.
Echoes of Spring. François Raulin & Stéphan Oliva
(piano, arrangements), Laurent Dehors (clarinettes),
Christophe Monniot (saxophones), Sébastien Boisseau
(contrebasse). Disques Melisse Music (www.melisse.fr) : MEL666003. Distr. Abeille
Musique.
Revival ? Pas vraiment… Avec
ce Tribute
to Harlem Piano Stride, François Raulin &
Stéphan Oliva nous proposent une relecture - dans
leurs propres arrangements pour deux pianos, clarinettes,
saxophones et contrebasse (flirtant parfois avec
le free jazz) - de thèmes qui leur sont chers.
Signés
Willie Smith « the Lion », Duke Ellington,
W. C. Handy, James P. Johnson, Fats Waller, Bix
Beiderbecke, Zez Confrey... Un original et stimulant ensemble.
[CD à paraître le 21 mars 2008]
DVD
Carl NIELSEN (1865-1931) : 2e
Symphonie, dite « Les quatre tempéraments ».
Orchestre national du Danemark, dir. Leopold Stokowski.
1967. VAI (www.vaimusic.com) : Video 4437.
TT : 37’ + 8’ (bonus).
Quatre tempéraments, soit :
Allegro
colerico, Allegro commodo e flemmatico, Andante
malinconico et Allegro sanguineo, composent cette deuxième symphonie de Nielsen (il
en écrira six), encadrée de deux mouvements pour
le moins éruptifs. Et quel bonheur de voir
un pétulant vieillard de 85 ans entraîner à mains
nues, à la joie d’un public assurément divers
(reine de Danemark, mais aussi jeunes Copenhaguois
au look
improbable), une phalange enthousiaste qu’il
dirigeait pour la première fois. Bonus :
Leopold Stokowski s’entretient, en anglais, avec
Hans Hansen.
W. A. MOZART : Requiem, K626. Mass in C Minor, K427. Barbara Bonney,
Anne Sofie von Otter, Anthony Rolfe Johnson, Alastair
Miles. Monteverdi Choir & English Baroque Soloists,
dir John Eliot Gardiner. Philips/Universal :
074 3121. TT : 101’.
À la tête des deux phalanges
qu’il a lui-même créées : le « Monteverdi
Choir » (en 1964) et les « English Baroque
Soloists » (en 1978), John Eliot Gardiner
donnait, le 20 décembre 1991, en le « Palau
de la Música Catalana » de Barcelone (architecture
emblématique du très baroquisant Modernismo),
deux chefs-d’œuvre de Mozart : le Requiem
(version complétée par Joseph Eybler &
Franz Xaver Süssmayr) et la Messe en ut mineur (version complétée par Alois Schmitt & John Eliot Gardiner).
Dans une interprétation d’une parfaite sobriété
- fort éloignée, en tout cas, de l’indécent dramatisme
dont sont ordinairement affligés ces ouvrages.
Tout aussi admirable est l’extraordinaire cohésion
du chœur, de l’orchestre et des solistes.
Sublimes sont notamment Barbara Bonney et Anne
Sofie von Otter…
Francis Gérimont
Serge PROKOFIEV : L'Amour des
trois oranges. Ch. Workman, B. Banks, Ph. Rouillon, A. Zalmojska, J. van Dam, B. Uria-Monzon.
Orchestre et chœurs de l'Opéra national de Paris,
dir. S. Cambreling. TDK : DWW-OPORANG.
TT : 116'.
La rencontre de l'univers de
comedia dell'arte de Carlo Gozzi et de
la faconde musicale de Serge Prokofiev a donné
naissance à un opéra d'une verve rare, l'Amour
des trois oranges. Fidèle reflet de
la mise en scène festive de Gilbert Deflo à l’Opéra
Bastille, le DVD est pur enchantement qui nous
transporte dans le monde merveilleux et poétique
du théaâtre de tréteaux. L'utilisation pour
décor d'une arène de cirque ajoute un élément
de légèreté. La magie théâtrale opère ici
à plein, dans une succession de courtes scènes
en fondu enchaîné. L'imagination est reine
pour raconter la pérégrination d'un Prince en
quête de joie et d'amour, beau Pierrot triste,
flanqué d'un clown poltron, Trouffaldino.
Moult péripéties plus cocasses les unes que les
autres auront raison de l'hypocondrie du personnage
qui, au cœur d'une immense orange, découvre sa
bien-aimée et le bonheur de vivre. Une prise
de vue habile restitue la dynamique haletante
d'un spectacle qui regorge d'effets de surprise
et dont la régie est, avec humour, traitée comme
une chorégraphie. Les couleurs chatoyantes
des costumes, les éclairages imaginatifs le parent
d'un esthétisme candide qui épouse à merveille
le narquois du discours musical illustré par ce
thème de marche de soldats de plomb qui revient
en boucle. La virtuosité que Prokofiev lui
confère est défendue par une superbe distribution.
P. I. TCHAIKOVSKI : La Dame
de Pique. V.Galouzine, H.Papian, I.Bogatcheva,
L.Tézier, N.Pulitin. Orchestre et chœurs
de l'Opéra national de Paris, dir. Gennadi Rozhdestvensky.
2DVD TDK : DWW-OPPIQUE. TT : 178'.
La Dame de Pique dans la captation live de l’Opéra Bastille développe un formidable impact. C'est que
le parti pris dramaturgique adopté par le régisseur
Lev Dodin est aussi puissant qu’il est osé :
un long flash-back par lequel l'officier Hermann
cherche à se remémorer ce qui l'a conduit à la
folie. Le drame commence et se déroule là
où il est censé s'achever : dans l’asile
psychiatrique où Hermann est enfermé, condamné
à revivre le drame de sa vie, la passion pour
le jeu, la poursuite d'un impossible amour.
Les scènes s'enchaînent selon un continuum rigoureux,
déroulement d'un immense rêve morbide qui ne devient
réalité que lors du court échange entre Hermann
et la comtesse durant lequel il tente de lui arracher
le secret des trois cartes gagnantes. Cette
vision sans concession laisse de côté le faste
qu'on associe d'habitude à la pièce. La
fête du IIIe acte devient ici une partie
de colin-maillard dans l'hôpital, à laquelle prennent
part tous les protagonistes. C'est en fait
la prégnance du drame de Pouchkine qui affleure
ici. La réalisation vidéo est exemplaire,
qui traque une inexorable descente aux enfers
et scrute les visages, celui de Hermann en particulier,
ravagé par le fol espoir de la richesse et l'obscure
jouissance de l'échec. Elle magnifie même
la conception dramatique d'une vraie cohérence
qui, loin de verser dans l'excès, reste un modèle
de sobriété allusive et d'authentique expression
des sentiments. L’interprétation musicale
confiée à un grand maître russe, scelle le succès
d’une version d’une rare efficacité théâtrale.
P. I. TCHAÏKOVSKI : Symphonies
n°4, 5 et 6 « Pathétique ».
Berliner Philharmoniker, dir. Herbert von Karajan
(enregistrements de 1973). DG/Universal :
00440 073 4384. TT : 126’.
Pour lancer les célébrations
du centenaire de la naissance du chef d’orchestre
Herbert von Karajan, un DVD réédite les trois
dernières symphonies de Tchaïkovski dans des interprétations
désormais légendaires. Saisies en concert
à la Philharmonie de Berlin, en décembre 1973,
ces versions sont caractéristiques de la manière
du chef : battue ample qui sculpte la matière
musicale, son chaud d’un superbe poli que ponctuent
d’irrésistibles bouffées dramatiques, exaltation
de la construction sonore que traduisent des tempos
plutôt rapides. La caméra donne généreusement
à voir l’engagement de celui qui, paupières baissées,
façonne la partition, et à quel point est palpable
la concentration de ses musiciens. De belles
images vous habitent : ce visage tendu modelant
les premières mesures de la Ve Symphonie,
cette main gauche marquant souplement telle inflexion
du lamentoso final de la « Pathétique »,
empreint de sérénité. Au-delà, on est gagné
par la force intérieure qui irradie vers l’orchestre.
C’est d’émotion sublimée qu’il faut parler ici.
Jean-Pierre Robert
***
Le Festival d'Aix-en-Provence fête son soixantième anniversaire
Le 60e Festival d'Aix-en-Provence aura lieu du
27 juin au 23 juillet 2008. Pour Bernard Foccroulle,
son directeur, « la commémoration doit être prospective »
et rendre hommage au public qui « est au cœur
de toute démarche artistique authentique ».
Pas moins de six opéras seront présentés dans de nouvelles
productions. Mozart d'abord - et là même où
l'aventure a commencé un certain 28 juillet 1948,
au Théâtre de l’Archevêché, avec ce même Cosí
fan tutte. Il sera mis en scène par
le cinéaste iranien Abbas Kiarostami, Palme d’or à
Cannes en 1996, et dirigé par Christophe Rousset.
Zaïde,
qui sera monté pour la première fois en Aix, sera
dirigé par Louis Langrée et marquera aussi la venue
du régisseur Peter Sellars. Au Grand Théâtre
de Provence, inauguré en 2007, sera présenté le troisième
volet du Ring de Wagner, Siegfried,
dû à l'équipe Stéphane Braunschweig et Simon Rattle.
Et l’on appréciera, sans nul doute, les sonorités
envoûtantes du Berliner Philharmoniker… Une
prestigieuse distribution verra d'ailleurs la prise
de rôle du héros éponyme par le grand ténor Ben Heppner.
L'oratorio Belshazzar de Haendel
sera joué scéniquement en ce même lieu. L'œuvre,
qui fait la part belle au chœur, bénéficiera d'une
exécution de premier ordre, puisque confiée à René
Jacobs et l’ensemble de l’Akademie für Alte Musik
Berlin. Un opéra de Haydn, L'infedeltà delusa, sera présenté dans la cour de l'Hôtel Meynier
d’Oppède et dirigé par Jérémie Rohrer avec le Cercle
de l’Harmonie.
Enfin sera créé, au Théâtre du Jeu de Paume, le nouvel opéra
de Pascal Dusapin Passion, qui - sur une thématique
d’après Monteverdi - fait intervenir, entre autres,
un chœur de madrigalistes. On ne doute pas que
le prolixe compositeur livrera une partition forte
et attachante.
Un bouquet de concerts compléte la programmation, avec trois
prestations de l'Orchestre Philharmonique de Berlin,
sous la conduite de Simon Rattle et deJiří Bělohlávek.
Dans le cadre des festivités marquant le centième
anniversaire de la naissance du compositeur, laTurangalîlâ-Symphoniede Messiaen - dont la création européenne
eut lieu en juillet 1950 au Festival - sera dirigée
par Sylvain Cambreling à la tête de l’Orchestre duSüdwestfunk de Baden-Baden. William Christie conduira les chanteurs et l’Orchestre
de l'Académie européenne de musique dans The
Fairy Queen de Purcell. Sans compter avec
des soirées de musique de chambre et même un récital
de la soprano Karita Mattila. Le thème de « l'interculturalité »,
célébré en 2008 sous l'égide de l’Unesco, sera l’occasion
d’ouvrir le festival aux musiques méditerranéennes.
Le service éducatif du festival, créé en 2007 à l'exemple
de ce qui existe à Londres et à Glyndebourne, sera
plus actif encore, cet été, pour la conquête du jeune
public. Bernard Foccroulle souhaite multiplier
les actions pédagogiques en direction des établissements
scolaires à tous les niveaux d'enseignement, au cours
de l'année et durant le festival : rencontres,
actions desensibilisation,
visites des ateliers de décors, programmes artistiques,
parcours « premiers pas vers l’opéra » ou
« une soirée au festival », de même qu’ouverture
des répétitions aux élèves des conservatoires et écoles
de musique. Le festival sera même inauguré par
un grand concert choral sur le thème de la liberté,
réunissant quelque trois cents jeunes des écoles des
Bouches-du-Rhône.
La fête aixoise de l’été 2008 se promet d'être éclectique,
prestigieuse et enrichissante.
Dès janvier 2008, L’éducation
musicale inclura un dossier dans chacune de ses livraisons.
Parmi les thèmes retenus :
Le
bruit (en référence au programme de l’agrégation de musique)
Activités
instrumentales & vocales à l’école (chorales, orchestres,
spectacles musicaux)
La
percussion (dans les musiques contemporaines, électroniques,
extra-européennes, actuelles)
Musique
& cinéma (en référence au programme du baccalauréat)
Empreintes
croisées (compositrices et compositeurs)
Fr. C.
Le
supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année,
L’éducation musicale propose le supplément indispensable
aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale
qui préparent l’épreuve de spécialité « série L »
ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques
du baccalauréat ».
Le
supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances
culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie
de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers
sonores qui nous entourent.
Il
peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du
Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.
Fax :
01 53 10 85 19. s.desmoulins@leducation-musicale.com
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votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre
site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53
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