...non
sans lui faire subir les derniers outrages.
Nos récents sommaires et éditoriaux
ont provoqué des réactions (disons) contrastées. Assorties
d’arguments pas toujours irrecevables, certes...
Ainsi de nos publications sur Léo Ferré ou Marilyn Manson.
Faut-il préciser que ce dernier ne fut jamais de notre panthéon ?
Il n’en demeure pas moins que, sauf à être gravement schizophrène,
un enseignant ne saurait méconnaître cette figure emblématique
de l’underground qui cristallise les dérives de toute une jeunesse.
Ainsi de notre éditorial « Une école, un orchestre ».
Sujet fort épineux, à l’évidence - sur lequel devrait être bientôt
publié un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale.
Dont nous nous ferons, bien sûr, l’écho… Sans préjudice
d’un futur dossier que nous consacrerons aux Activités
instrumentales et vocales à l’école (chorales, orchestres
et spectacles musicaux).
Outre celui qui, dans le présent numéro, est
dédié à La percussion, nous publierons des dossiers
sur Le bruit (en référence
au programme de l’agrégation), sur Musique
et cinéma (en référence au programme du baccalauréat) et sur
Empreintes croisées (compositrices et compositeurs).
BOEN n°43, du 29 novembre 2007.
Encart, p. XXII. Emplois d’enseignants du second degré dans les établissements d’enseignement
supérieur, année 2008. Éducation musicale :
IUFM de Lyon / Université de Poitiers / Université de
Toulouse / IUFM de Toulouse (Montauban & Cahors,
Tarbes & Auch).
BOEN n°45, du 13 décembre 2007, p. 2458.
Poste
susceptible d’être vacant au ministère de la Défense,
rentrée 2008. Lycée militaire d’Autun (tél. :
03 85 86 55 48) : un poste de professeur certifié
d’Éducation musicale.
Le Bulletin officiel de
l’Éducation nationale est librement consultable
sur :
Karlheinz Stockhausen est décédé à Kürten, le 5 décembre
2007, à l’âge de 79 ans. Tout d’abord héraut de
la « musique électronique » (sans micro) versus la « musique concrète » (avec micro), les années
soixante-dix le virent se réconcilier, sous la bannière
« électroacoustique », avec Pierre Schaeffer.
Non moins « illuminé » que son maître Olivier
Messiaen, Karlheinz Stockhausen restera comme l’une
des figures majeures de la musique du XXe
siècle. Nécrologie officielle : http://stockhausen.org/stockhausen_passes.html
Ramón Lazkano sous
la Coupole : Le
14 novembre 2007, le grand compositeur franco-basque
recevait le Prix Georges-Bizet de Composition musicale
de l’Académie des Beaux-Arts. Renseignements :http://fr.youtube.com/watch?v=EPYa6Pe5e-g
L’Association « Messiaen
2008 », dont les présidents d’honneur sont Yvonne Loriod-Messiaen et Pierre
Boulez, est aujourd’hui présidée par Hugues Gall – Claude
Samuel en étant le délégué général. Le Comité
d’honneur rassemble une cinquantaine de compositeurs,
anciens élèves du Maître. Plus de 600 concerts
sont déjà prévus dans 27 pays et 147 villes (175 en
France, 77 en Angleterre, 67 en Allemagne, 36 aux Pays-Bas,
35 aux États-Unis, 16 en Suède, etc.). Renseignements :www.messiaen2008.com / www.oliviermessiaen.org / www.oliviermessiaen.net
Saint-François d’Assise, l’Ange
Unesco. Créé en 1932, l’Index Translationum, répertoire des ouvrages
traduits dans le monde entier, vient de fêter son 75e
anniversaire. Sa base de données comporte plus
de 1 700 000 notices, dans toutes les disciplines.
Renseignements :http://portal.unesco.org/culture/fr
ou http://unesdoc.unesco.org/ulis
Jacques Taddei, 61 ans, organiste & compositeur,
membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 2001, Inspecteur
général de l’Éducation nationale depuis 2006 [notre
photo], vient d’être nommé directeur de la Fondation
Paul-Marmottan, laquelle regroupe le Musée Marmottan-Monet,
à Paris XVIe, et la bibliothèque Marmottan,
à Boulogne-Billancourt. Renseignements :
www.marmottan.com
Multiphonies/GRM 2008 : Trente ans de Cycle acousmatique
(dit aujourd’hui « Multiphonies ») + cinquante
ans de la création du Groupe de recherches musicales
+ soixante ans de ce geste initial qu’on appela « Musique
concrète »…
Premières célébrations : Samedi 12 janvier, à 20h, « Akousma » (œuvres de Cl. Ballif,
R. Hampson, D. Coppe, Chr. Groult, Fr. Bayle).
Dimanche 13 janvier, à 18h, « Hommage
à Jean-François Allouis » (œuvres de J.-Fr. Allouis,
G. Racot, J. Schwarz, D. Teruggi).
Samedi 9 février, à 20h, « Live
Electronic » (œuvres de L. Ferrari, B. Thigpen,
eRikm, J.-Fr. Laporte, G. Reibel). Dimanche
10 février, à 18h, « Akousma : nouvelle génération » (œuvres de R. Cohen-Solal,
F. Schumacher Ratti, N. Losson, C. Estay
Herrera, A. Dall’Ara-Majek, A.-Cl. Iger).
Renseignements : Ina-GRM,
Maison de Radio France – 116, avenue du Président-Kennedy,
Paris XVIe. Tél. : 01 56 40 29
88. www.ina.fr/grm
Première affiche du GRM (1959)
Stages de direction
de chœur d’enfants. À Lille, du 17 janvier au 28 mars 2008 (intervenants : Michel Jakobiec
& Pascal Baudrillart). À Valenciennes, du
14 janvier au 4 avril 2008 (intervenants : Lionel
Sow & Béatrice Gaucet). Renseignements :
http://crdp.ac-lille.fr/sceren
ou infocom.crdp@ac-lille.fr
Grand’Place de Lille
La Fondation Jean-Luc Lagardère - mécène pour « l’innovation
de l’Ircam » - vient d’attribuer, dans la catégorie
Musique, la « Bourse de Talent 2007 », d’un
montant de 25 000 €, à Mélissa Laveaux, 22
ans [notre photo]. Précédents lauréats :
Jean-Baptiste Robin (2003), Jean-Paul Hourton(2004), Ahmed Mazouz(2005),
Fanny Chériaux(2006). Renseignements : www.fondation-jeanluclagardere.com
Mélissa Laveaux
Comité du Centenaire
de la musique de films. Créé à l’initiative de l’Union des compositeurs de musiques de films,
cet organisme, présidé par Maurice Jarre [notre photo],
souhaite faire de 2008 une année-phare. C’est,
en effet, en novembre 1908 que Camille Saint-Saëns signait
la partition de L’assassinat
du duc de Guise (film d’André Calmettes & Charles
Le Bargy). Sont notamment prévus : un « Concert
du Centenaire », une « Fête de la musique
de films », le tournage d’un documentaire audiovisuel,
des éditions discographiques, des actions pédagogiques,
ainsi que la création de trophées distinguant les plus
grands compositeurs internationaux ayant écrit pour
le cinéma. Le concert de cloture du Centenaire
devrait se situer en novembre 2009. Renseignements : www.ucmf.fr
Prix 2007 de l’Académie
Charles-Cros. Prix du Président
de la République : Mauricio Kagel [notre photo].
Autres artistes primés : Michael Jarrell
(musique contemporaine) ; Natalie Dessay & Christophe
Rousset (opéra) ; Philippe Pierlot & Bernard
Foccroule (Baroque) ; Anne Sylvestre, Giovanna Marini,
Ridan & Amélie-les-Crayons (chanson) ; Martial
Solal, Stéphane Kerecki & Mavis Staples (jazz, blues) ;
Marcel Khalife (musiques du monde). Renseignements :www.charlescros.org
De quelques célébrations
en 2008… 1508 :naissance deHans Neusidler.
1558 :mort de
Clément Janequin. 1658 :naissance
de Giuseppe Torelli. 1708 :mort
de John Blow. 1808 :naissance
de Maria Felicia Malibran. 1858 :mort
d’Alexandre Boëly, de Jean-Baptiste Cramer, de Anton
Diabelli, de Sigismund von Neukomm / naissance
de Giacomo Puccini, Eugène Ysaÿe, Georges Hue. 1908 :mort de Ludovic Halévy, de Nikolaï Rimski-Korsakov, de Pablo de Sarasate,
de Paul Taffanel / naissance
d’Olivier Messiaen, de Daniel-Lesur, d’Elliott Carter.
1958 :mort de Ralph
Vaughan-Williams. 1998 :
mort de Roger
Calmel [notre photo].
La Toile & les
Européens :
Selon une enquête diligentée par EIAA (European Interactive
Advertising Association), les Français figurent au 3e
rang des utilisateurs européens d’Internet, avec une moyenne
de 12,7 heures hebdomadaires, derrière les Italiens (13,6
heures) et les Suédois (13 heures).
Petit glossaire informatique :
ADSL (Asymmetrical Digital Subscriber Line) : technologie
permettant de hauts débits sur ligne téléphonique.
Blog : journal intime mis en ligne sur la Toile.
Chat : discussion en temps réel, au cours de laquelle plusieurs
personnes peuvent chatter,
c’est-à-dire échanger des messages écrits ou vocaux.
HTML : langage hypertexte
HTTP : protocole de transfert hypertexte.
Hypertexte : technique permettant, en un clic, de sauter
d’un fragment de texte à n’importe quel autre.
Internet(contraction de Interconnected et de Network) : désigne le réseau d’interconnections
des ordinateurs du monde entier, grâce à un protocole
commun d’échanges de données.
Spam (ou Pourriel) :
courriel non sollicité, le plus souvent publicité déguisée.
En 2007, les deux-tiers des messages électroniques étaient
des pourriels (150 milliards par jour).
Surfer : Se promener sur la Toile, de site en site,
sans but précis.
URL : adresses Web.
Web : méthode d’utilisation d’Internet par l’usage de liens
hypertextes. Repose sur trois bases : URL,
HTML et HTTP.
Web 2.0 : ensemble de contenus, d’outils et d’usages
d’Internet. Ainsi tout internaute peut-il désormais
être éditeur de contenus, en échanger (e.g.
YouTube, DailyMotion), intervenir sur ceux déjà en ligne
(e.g. Wikipedia), en obtenir de tout nouveaux grâce à son appartenance
à une communauté sociale virtuelle (e.g. MySpace, FaceBook, sites généralistes)…
WWW (World Wide Web) : standard librement accessible et
gratuit, différent du réseau d’échange des courriels.
« L’harmonie des peuples », Folle Journée
2007,
aura proposé à Nantes : 278 concerts (122 000
billets vendus, sur cinq jours) & en région :
159 concerts (48 992 billets vendus, sur trois jours ).
Ont été, en outre, donnés 70 concerts devant plus de 3 500
jeunes de 33 collèges du département.
Gustavo Dudamel (°1981,
Venezuela),
directeur du Los Angeles Philharmonic depuis avril 2007,
est également chef invité du New York Philharmonic.
Renseignements : www.gustavodudamel.com
Michael Bloomberg, maire de New York, a créé une équipe
de cinq avocats chargée d’aider les directeurs d’établissements
scolaires à constituer des dossiers contre les professeurs
titulaires jugés incompétents. Ce plan devrait coûter
un million de dollars par an au « New York State
Education Department » – lequel entend ainsi mettre
un terme à l’inamovibilité de ces personnels (source :
The New York Times, 15 novembre 2007. www.nytimes.com).
Orchestre de chambre
Jean-Louis Petit.
À l’origine du renouveau du Baroque, en France, mais aujourd’hui
résolument dédiée à la musique contemporaine, cette superbe
phalange fêtera, en 2008, son cinquantième anniversaire.
Renseignements : 08 77 11 14 57. http://jeanlouispetit.com
Les Collèges de la
Cité de la musique.
Cinq séries de 15 séances chacune, Salle des colloques :
Musique & rituels, approches ethnomusicologiques
(Rosalia Martinez), les mercredis de 19h30 à 21h30, du
20 février au 25 juin. La
musique contemporaine (Pierre Albert Castanet), les
mardis de 15h30 à 17h30, du 12 février au 24 juin.
Le jazz contemporain
(Frank Bergerot, Vincent Bessières), les jeudis de
19h30 à 21h30, du 7 février au 19 juin. L’opéra
au siècle des Lumières (Pascale Saint-André, Michel
Noiray, Sylvie Pébrier, Rémy Stricker, Patrick Taïeb,
Marc Vignal), les jeudis de 10h30 à 12h30, du 14 février
au 26 juin. Le
poème symphonique (Pascale Saint-André, Rémy Stricker,
Grégoire Tosser, Laurent Zaïk), les jeudis de 15h30 à
17h30, du 7 février au 19 juin. Réservations :
Médiathèque de la Cité de la musique [notre photo].
Tél. : 01 44 84 44 84. http://mediatheque.cite-musique.fr
Du syndrome de Marfan
étaient probablement atteints - nous dit-on - les musiciens
Felix Mendelssohn, Niccolò Paganini et Sergueï Vassilievitch
Rachmaninov. Non moins que le pharaon Akhénaton,
Jules César, Charles Maurice de Talleyrand, le président
Lincoln, le général de Gaulle et… Oussama Ben Laden.
Cette maladie génétique rare, qui toucherait une personne
sur 10 000, se manifeste par des os anormalement
longs et une élasticité excessive des ligaments et articulations.
« Musical America »
Awards 2007 : Kaija Saariaho a été élue compositeur de l’année et Anna
Netrebko, musicien de l’année (de gauche à droite, sur
notre photo). Renseignements :www.musicalamerica.com
À l’Auditorium du Louvre.
Mercredi
9 janvier,
20h : œuvres de Johann Sebastian, Johann Christoph et
Johann Michael Bach, par le Chœur de chambre de Namur [notre
photo] & l’Ensemble Les Agrémens, dir. Jean Tubéry.
Jeudi 10 janvier, 12h30 : œuvres de Piazzolla,
Escaich, Sgard, Granados, Albéniz, Debussy, Sarasate, par
le Quatuor de clarinettes Vendôme. Jeudi 17 janvier,
12h30 : œuvres de Goubaïdoulina, Beethoven, Scriabine,
par le pianiste Boris Giltburg. Mercredi 23 janvier,
20h : œuvres de Mendessohn, Webern, Beethoven, Weber,
Chopin, Saint-Saëns, Chabrier Debussy, Liszt, par le pianiste
Stephen Hough. Jeudi 31 janvier, 12h30 : œuvres
de Schubert, Scriabine, Beethoven, par le pianiste Andrei
Korobeinikov. Renseignements : 01
40 20 55 00. www.louvre.fr
Maison de l’Amérique
latine.Tribune de la musique et du spectacle (animée par Oscar
Barahona, Élodie Bouny, Francisco González, Michel Plisson
et Cristóbal Soto). Le jeudi 17 janvier 2007, à 18h30 :
« L’espace musical
andin : mode ritualisé de production musicale sur l’île
de Taquile et dans la région du lac Titicaca », par
Xavier Bellenger. « Pasaje
abierto », par Judith de la Asunción [notre photo].
Renseignements : 217, bd Saint-Germain,
Paris VIIe. Tél. : 01 49 54 75 00.
www.mal217.org
OstinatO : 10
ans ! L’Orchestre-Atelier OstinatO (fondé
par Manuel Rosenthal pour de jeunes musiciens sortant du Conservatoire)
fêtera au Châtelet, le 25 janvier 2008, ses dix ans d’existence.
Programme : Boléro
(M. Ravel), Symphonie de Sully (W. Sheller), La Gaîté parisienne (J. Offenbach-M. Rosenthal),
Symphonie fantastique
(H. Berlioz), Sextuor de Don
Giovanni (W.A. Mozart), Prélude de Pénélope
(G. Fauré). Direction : Jean-Luc Tingaud [notre
photo]. Avec William Sheller et des chanteurs de l’Opéra
de Paris. Renseignements :
0143 25 41 02. www.ostinato.fr
Salle Pleyel. Intégrale de la musique de chambre avec piano de Schumann, au piano Éric Le Sage : samedi
12 janvier (16h, 20h) et dimanche 13 janvier (11h, 16h).
Quatuor pour piano & cordes de Brahms
(orchestration Arnold Schönberg) et Ein
Heldenleben (« Une vie de héros ») de Richard
Strauss, par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, dir.
Christoph von Dohnanyi : samedi 19 janvier (20h).
Renseignements : 252, fg Saint-Honoré,
Paris VIIIe. Tél. : 01 42 56 13 13.
www.sallepleyel.fr
Orchestre national
d’Île-de-France : « Féeries » en janvier
2008 :le
11 à Guyancourt (78), le 12 à Paris (75), le 13 à Bonneuil-sur-Marne
(94), le 17 à Saint-Cloud (92), le 18 à Villiers-sur-Marne
(94). Programme : Ma
mère l’Oye, Tzigane, Rhapsodie pour violon
et orchestre (Ravel), Poème
pour violon et orchestre (Chausson), Le
Festin de l’araignée (Roussel). Direction :
Jean Deroyer [notre photo]. Violon : Mayuko Kamio.
Renseignements : 01 41 79 03 40.
www.orchestre-ile.com
Théâtre Impérial de
Compiègne :
À partir de janvier 2008, cette salle historique sera un haut-lieu
du piano. Le 20 janvier (11h-20h) : Carte
blanche à François Weigel (Messiaen, Jolivet, Maurice
Emmanuel). Le 27 janvier (17h30) : Récital
Alexander Ghindin (Mozart, Beethoven,, Liszt, Schumann).
Puis ce seront : Cédric Thiberghien, Pascal Le Corre,
François Chaplin, Pascal Godart (et leurs invités).
Renseignements : 3, rue Othenin,
60200 Compiègne. Tél. : 08 25 00 06 74. www.theatre-imperial.com
Salon de musique au
Musée du Quai Branly : Un samedi par mois, les visiteurs du musée auront la possibilité d’assister
à un concert. Le 12 janvier 2008, à 17h00, ce seront
Narendra Bataju (sitar, Inde) & Latif Khan (tabla, Népal).
Sans préjudice des classes de maître & ateliers-rencontres
régulièrement proposés, sur réservation, à une trentaine de
personnes. Renseignements : 37,
quai Branly, Paris VIIe. Tél. : 01 56
61 70 00. www.quaibranly.fr
« La Chambre Philharmonique »
en tournée. Sous la direction de son chef Emmanuel Krivine, cette remarquable
phalange sera les 10 janvier à Grenoble, 11 et 12 janvier
à Paris, 19 janvier à Caen. Au programme :
Ouverture Scherzo et Finale, op. 52 / Konzertstück pour 4 cors et orchestre, op. 86 (Schumann). Symphonie n°9, « du Nouveau Monde »,
op. 95 (Dvorák). Renseignements :www.lachambrephilharmonique.com
IIIe Biennale
des Quatuors à cordes (22-27 janvier 2008). Salle des concerts de la Cité
de la Musique [notre photo]. Mardi 22 :
Quatuor Juilliard (Haydn, Carter, Verdi). Mercredi
23 : Quatuor Brentano (Monteverdi, Haydn, Bach, Bartók).
Jeudi 24 : Quatuor Emerson (Haydn, Schubert, Beethoven).
Vendredi 25 : Quatuor Arditi (Crawford-Seeger,
Carter), Quatuor Brentano (Haydn, Beethoven). Samedi
26 : Quatuor Borodine (Haydn, Beethoven, Miaskovski,
Chostakovitch), Quatuor Rosamunde (Haydn, Carter, Schubert),
Quatuor Sine Nomine (Haydn, Brahms, Ravel). Dimanche
27 : Quatuor Zehetmair (Haydn, Bartók, Schumann),
Quatuor Pacifica (Carter, Beethoven), Quatuor Amati (Haydn,
Carter, Beethoven), Quatuor Hagen (Haydn , Dvorák).
Renseignements : 01 44 84 44 84. www.cite-musique.fr
Le Temps des Gitans, « opéra punk » d’Emir Kusturica sera repris
(après son triomphe à l’Opéra Bastille) au Palais des Congrès
de Paris, du 22 au 30 mars 2008. Renseignements : 0 892 050 050.
www.thenosmokingorchestra.com
Biennale « Musiques
en scène ». À Lyon, du 4 au 20 mars 2008, divers spectacles seront consacrés,
notamment, au compositeur & chef d’orchestre Peter Eötvös
(création mondiale de son opéra Lady
Sarashina), au pianiste de jazz Béla Szakcsi Lakatos &
à Karlheinz Stockhausen. Renseignements :www.grame.fr/Biennale/2008/home.html
Patricio PORTELL :
Répertoire de
musique imprimée (1670-1780) pour la flûte à bec, le
flageolet et le galoubet. « Mnemosis », collection
dirigée par Jean Saint-Arroman. Fuzeau 50501.
De la fin du XVIIe siècle à la première moitié
du XVIIIe, la flûte à bec a connu son âge
d’or. L’instrument était utilisé tant à l’orchestre
et au théâtre que pour les concerts privés. De
très nombreuses partitions furent écrites et imprimées,
qui tomberont dans l’oubli. Aujourd’hui où la
flûte à bec a retrouvé son rang d’instrument d’orchestre,
en même temps que d’instrument pédagogique, le travail
de Patricio Portell se révèle extrêmement précieux.
En effet, ces partitions dormaient pour la plupart dans
des bibliothèques. Ressuscitant un répertoire fort intéressant,
il nous permet de faire de passionnantes découvertes.
L’ouvrage comprend des œuvres pour flûte à bec stricto
sensu, des œuvres qui peuvent aussi se jouer sur l’instrument,
des recueils et œuvres didactiques, ainsi qu’un index
par formation (une flûte, deux flûtes, flûte et basse
continue, etc.). Cet ouvrage allie rigoureuse méthode
scientifique et évident intérêt pratique. Si une partie
notable des bibliothèques se trouve en Allemagne, on
découvrira que la France est également très bien représentée
et que, rien qu’à Paris et Versailles, il y a de quoi
alimenter des heures de musique… Pourquoi se reporter
au texte originel ? Parce que nombre de ces œuvres
n’ont pas été republiées ou, lorsqu’elles l’ont été,
la basse chiffrée est souvent omise, ou elles ont été
gratifiées d’une réalisation douteuse. Sans compter
les renseignements qu’on peut trouver dans les préfaces
ou commentaires. Cet ouvrage devrait avoir sa place
dans la bibliothèque de ces instrumentistes et celle
des conservatoires.
FORMATION MUSICALE
Marcel BITSCH : Jean-Sébastien Bach : « Le
Clavier bien tempéré », deuxième livre, BWV 870
à 893. Fascicule C. « Ricercare ».
Combre : C06498 / C06499.
Voici les troisième et quatrième fascicules contenant les
numéros 13 à 18 et 19 à 24 de ces analyses de Marcel
Bitsch dont nous avons déjà rendu compte dans la Lettre
n°17. Nous ne pouvons que répéter ce que nous
disions alors : purement scolaire, cet ouvrage
est destiné à servir de support à un enseignement oral.
C’est un guide précieux et un aide-mémoire qui présente,
sur pages en regard, analyse et exemples musicaux.
Siegfred DRUMM, Jean-François
ALEXANDRE : Symphonie
FM. « La
formation musicale par l’orchestre ». Vol. 2 :
Livre du professeur. Trois cahiers instrumentaux.
Combre : C06558, 6559, 6560, 6561, 6562
Nous avons déjà rendu compte de cette Symphonie FM dans la Lettre n°12 et avions dit tout le bien que nous
en pensions. Cette fois-ci, trois cahiers instrumentaux
s’adressent aux différentes familles d’instruments.
Le premier concerne les bois, le deuxième les cuivres
& percussions, le troisième les cordes, le quatrième
la guitare, la harpe, l’accordéon et le piano (autrement
dit les instruments polyphoniques). Ce volume
2 s’adresse aux enfants ayant déjà deux années de pratique
musicale. Comme nous le disions précédemment, il
ne s’agit pas de supprimer le cours de Formation musicale,
mais de le concevoir différemment. Ce travail
d’orchestre ne sacrifie nullement les disciplines traditionnelles,
rythme, écoute, intonation. Tout est prévu et
remarquablement dosé. Mais tout cela s’applique
immédiatement dans un travail d’ensemble où chaque instrument
a sa place. Si je peux me permettre une remarque
personnelle, je dois dire que mes élèves et moi-même
avons gardé un souvenir émerveillé d’expériences similaires
menées ensemble avec les moyens du bord. Saluons
l’extraordinaire outil qui est aujourd’hui à la disposition
des professeurs de FM. Inutile de préciser que
chaque cahier instrumental contient l’ensemble des exercices
et que chaque élève ne doit acheter que le cahier destiné
à son instrument.
Chantal BOULAY &
Dominique MILLET : A
Tempo. 1er
cycle, 4e année. Cours complet de formation
musicale. 2 vol. Billaudot : G 7481 B /
G 7477 B.
Chantal Boulay et Dominique Millet poursuivent la publication
de leur « Cours complet ». Deux volumes
pour ce niveau : un volume d’écrit, comprenant
Écriture et Dictées, et un volume d’oral contenant lectures
de notes et de rythmes, chant et théorie. Le volume
d’écrit ne comprends pas d’« écriture » a
proprement parler, mais de l’analyse et, bien sûr, des
dictées, sous toutes leurs formes actuelles. Pour
l’oral, l’ensemble des exercices se fait essentiellement
sur des textes du répertoire. La théorie se fait aussi
à partir des textes mais il y a, de temps en temps,
un récapitulatif qui permet de faire le point.
Ensemble très riche et bien construit.
Marie-Hélène SICILIANO :
On aime la FM,
vol. 3. H.Cube/Hexamusic (Lemoine).
Ce nouveau volume vise à autonomiser les élèves de 3e
année de FM. Il comporte toutes les activités
nécessaires à un cours, mais le fait à partir d’un répertoire
copieusment varié. Les treize leçons séances.
La matière, d’ailleurs, ne manque pas. C’est un ouvrage
sympathique et agréablement présenté. Signalons
qu’un CD (avec play-back) peut être acheté en option.
Élizabeth & Emmanuelle
LAMARQUE : La
magie de la musique, vol.
2. 2e année de formation musicale.
Lemoine : 28503 H.L.
Ce volume est un outil à géométrie variable. Une première
partie comprend un tronc commun de quinze chapitres
construits à partir d’un texte musical ; elle permet
d’aborder toutes les facettes de la FM. Dans une
seconde partie, les auteurs proposent des renforts en
lecture, rythme et chant, ainsi qu’en dictée, afin que
ce volume soit utilisable dans les différentes structures,
depuis la petite école de musique jusqu’au CNR.
Ne boudons pas ces compléments que même les « écoles
associatives » pourront utiliser (faudra-t-il une
autorisation des CNR ?). Ajoutons que, là encore,
un CD est disponible en option.
PIANO
MOZART : Sämtliche Werke für zwei Klaviere (Œuvres
complètes pour deux pianos).Éditeur : Ernst Fritz Schmid. Introduction :
Manfred Hermann Schmid. Urtext de la Neuen Mozart-Ausgabe.
Bärenreiter : BA 9161.
On lira avec passion, si on est anglo- ou germanophone, la
remarquable et copieuse introduction de M.H. Schmid
qui traite à la fois des œuvres et des instruments pour
lesquels elles ont été écrites. En fait, ces œuvres
sont essentiellement au nombre de deux : la Sonate KV 448 et la FugueKV 426. Un premier
appendice comprend de nombreux fragments dont un Larghetto
et Allegro. Un deuxième appendice contient l’Adagio
KV 546 arrangé pour deux pianos par Michael Töpel.
Il s’agit bien sûr d’une édition Urtext abondamment
annotée. Il faut se réjouir d’une publication à la fois
exhaustive et de très grande qualité.
Une œuvre de Stéphane Blet est toujours passionnante à découvrir.
Terminée le 1er octobre 2007, cette œuvre
est en fac-similé. C’est toujours émouvant de jouer
une œuvre sur le manuscrit du compositeur. En quatre
mouvements qui s’enchainent sans vraiment d’interruption,
tour à tour mélancolique et étincelante, cette sonate
est à découvrir.
Christiane & Gérard
MEUNIER : L’orchestre
au piano. Arrangements
pour piano à 3, 4 ou 6 mains, vol. B. Combre :
CO6544.
J’avais salué en leur temps les remarquables arrangements
des mêmes auteurs dans leurs deux volumes de L’opéra au piano et le premier volume de L’orchestre au piano, parus il y a plusieurs années. C’est donc
avec joie que nous retrouvons les nouveaux arrangements
de ce volume B, particulièrement réussis et qui ne demandent
pas un grand niveau technique. Nos jeunes pianistes
auront donc la double joie de jouer des arrangements
d’œuvres célèbres et de faire de la musique de chambre,
occasion toujours trop rare pour les pianistes. Dans
cet album, on trouve par exemple Les Quatre saisons de Vivaldi – en version
courte certes, mais bien présentes - la Symphonie en sol mineur de
Mozart ou un extrait du Largo de la Symphonie
du Nouveau Monde. Les fins pédagogues que
sont Christiane et Gérard Meunier ont un double but :
ouvrir la culture des pianistes sur d’autres œuvres
que celles de leur répertoire (ce n’est souvent pas
un luxe), et leur permettre d’interpréter des morceaux
offrant des intérêts mélodiques et rythmiques variés.
Jean HODY : Magie de la nuit, pour piano. Avec CD. Delatour :
DLT0315.
Voilà cinq pièces de niveau préparatoire à élémentaire. Le
Petit lutin vert
est suivi de Pierres de lune, quatre pièces inspirées
d’un texte de Monique Breton. Le disque a été enregistré
par l’auteur.
VIOLONCELLE
MERCK : 20 études pour violoncelle, op. 11,éditées par Martin Rummel.Bärenreiter : BA 9411.
Merck, né en 1795 et mort à Vienne en 1852 est l’un des très
grands violoncellistes de son temps. Ami de Schubert
à qui il dédie ces études, il rencontre également Chopin
qui lui dédie son Introduction et Polonaise brillante, op.
3. Cette
édition n’est pas seulement la réimpression de la première
édition datant des années 1830, elle est une édition
de travail soigneusement revue afin de transmettre au
violoncelliste d’aujourd’hui tout ce que ce soliste
et ce pédagogue a apporté à la technique de l’instrument.
Ajoutons qu’on appréciera la copieuse présentation qui
en est faite (malheureusement, seulement en allemand
et en anglais).
Frédéric BORSARELLO :
40 études amusantes
pour violoncelle et piano (ou deux
violoncelles). Quatre volumes : 1.Très facile /
2.Facile / 3.Difficile / 4.Très difficile.
Harmonisation : Alain Bernaud. Combre :
CO6522.
Le titre est évidemment tout un programme. Existe-t-il vraiment
des études amusantes ? L’auteur en fait le pari
et, à la lecture de ces charmantes pièces, on peut penser
que le pari est tenu. L’harmonisateur a fait des merveilles,
tant pour le second violoncelle que pour le piano. On
sait tour le profit que présente, pour les instruments
mélodiques, la possibilité de travailler le plus tôt
possible avec accompagnement. C’est volontairement qu’aucune
nuance n’a été notée : le but de l’auteur est de
laisser libre cours au sens musical du violoncelliste,
et cette recherche de nuance fait partie des « études »,
dans tous les sens du terme. Ces études trouveront
acilement fleur place dans des auditions ou petits concerts.
TROMBONE
Max MÉREAUX :
Chevaux de bois pour trombone en ut et piano. « Plaisir de jouer ».
Lafitan : P.L.1429.
Cette charmante pièce humoristique est de niveau préparatoire.
Véritable petit premier mouvement de concerto, elle
comporte une vraie cadence. Ajoutons que la partie
de piano, très facile, permettra de faire jouer cette
pièce par deux élèves.
Jérôme NAULAIS :
10 petits quatuors
pour trombone. Collection « Richard
Phillips ». Combre : CO6534.
Ces dix petits quatuors, écrits pour permettre aux élèves
d’une classe d’instrument de s’adonner aux joies de
la musique d’ensemble, sont fort agréables et de caractère
varié, du style choral au jazz et au rock en passant
par une marche et un swing…, bref de quoi satisfaire
tous les goûts. Signalons dans la même collection,
du même auteur et avec les mêmes qualités, 10 petits trios et 10 petits duos de facture plus classique (CO6533 et CO6532).
Yves ROBERT :
C’est pas tous les joueurs des manches, pour trois trombones. Combre :
CO6548.
L’auteur, improvisateur talentueux et bien connu dans le
jazz contemporain, ne manque manifestement pas d’humour.
Commande du 3e Concours national de trios
de trombones de Troyes, de cette année, cette œuvre
met à rude épreuve le talent des instrumentistes. C’est
à eux de prouver qu’ils sont dignes du titre !
COR
Max MÉREAUX :
Flânerie pour cor en fa et piano. Delatour : DLT 1282.
Cette agréable flânerie pour le premier cycle est tout à
fait charmante, et incitera le jeune corniste à exploiter
la finesse de son instrument.
Jean-Jacques WERNER :
L’appel, pour cor en fa solo. Delatour : DLT 0632.
Ce ne sont pas les trompettes de l’Apocalypse, mais il y
a bien une référence à ces sonneries dans la citation
qui ouvre cette partition : « …j’ai mis devant
Toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer… »
(Apoc. 3.8). Voilà une belle pièce assez difficile,
mais tendue et profonde.
Pascal PROUST :
Une incroyable
histoire, pour cor en fa et piano. Combre : CO6564.
Cette pièce, d’un niveau de fin de premier cycle, est pleine
de piquant et d’imprévu, ce qui n’étonnera pas, eu égard
à son titre. Tantôt classiquement chantante, tantôt
faisant appel à un langage et des techniques insolites,
elle ne manquera pas de séduire l’auditoire.
GUITARE
Jean-Pierre GRAU :
Sept pièces espagnoles,
pour 3 guitares (ou orchestre de
guitares). Combre : CO6569.
Ces sept pièces aux noms évocateurs sont pleines de charme
et vraiment espagnoles. Elles s’adressent à des
guitaristes ayant de une à trois années de guitare et
peuvent se jouer aussi bien en trio qu’en ensemble -
ce qui est extrêmement précieux. Le matériel est
soigné et comporte toutes les indications nécessaires
à l’exécution. Un conducteur est, bien entendu, fourni
avec le matériel.
Danièle FRAUENSOHN : Bernard Baschet, chercheur et sculpteur
de sons. Préface de Michel Deneuve.
L'Harmattan. 170 p., photos n&b, annexes.
17 €.
Bernard Baschet [notre photo] a créé avec son frère François
des sculptures sonores (le fameux Cristal).
Si aucun compositeur de renom n'a su s'en emparer, cet instrumentarium
fabuleux, exposé dans les plus grands musées, a suscité
des initiatives pédagogiques originales qui ont ouvert le
monde des sons à des enfants (ou des adultes) du monde entier.
Cette éducation musicale basée sur l’improvisation et l’écoute,
« transposition en musique de l'enseignement des arts
plastiques », est une des découvertes que propose le
présent ouvrage, organisé autour d’interviews plutôt anecdotiques
du sympathique « patriarche ».
Paul Gontcharoff
Dom Jacques-Marie GUILMARD:Guide pratique de chant grégorien(+ CD audio).
Paris, Pierre Téqui. 123 p. 11,50 €.
Le chant grégorien qui, après le Concile de Vatican
II, avait connu une malencontreuse éclipse - au point qu’il
fallait avoir recours à des disques ou assister aux messes
dans certaines abbayes -, connaît depuis peu un regain d’intérêt.
La parution de cette méthode fonctionnelle et allant droit
à l’essentiel coïncide avec la relance de la messe en latin,
facteur d’unité entre les catholiques du monde entier.
L’exhortation apostolique « Post-Synodale Sacramentum
caritatis » (22. 02. 07) du Pape Benoît XVI concerne
à la fois la beauté, le mystère, la célébration chantée
de la liturgie et la place du chant grégorien, « chant
propre de la liturgie romaine », dans le sillage de
Dom Guéranger (1805-1875) et, plus proche de nous, du chanoine
Jean Jeanneteau. L’auteur insiste sur le fait que
« les grandes impressions de l’Église doivent se chanter »,
que « la musique est un instrument d’harmonie ».
Il traite la « digne manière » de chanter, de
soigner tout particulièrement les récitatifs grégoriens
en respectant l’accentuation correcte. De précieuses
indications concernent les règles de prononciation actuelle
du latin d’église. Des exemples concernent les voyelles,
diphtongues et consonnes, ainsi que le phrasé et le rythme
des récitatifs. Un chapitre est consacré au choix des psaumes,
avec intonation, teneur, antiennes… L’ensemble est complété
par les tons psalmodiques, les règles de concordance de
la mélodie avec le texte dont les clausules sont clairement
formulées. Cette indispensable publication s’adresse
autant aux fidèles qu’aux prêtres soucieux de redonner toute
sa dignité au chant grégorien multiséculaire.
Édith Weber
Marcelle BENOIT et Érik KOCEVAR (Sous la direction de) :
Pratiques instrumentales aux XVIIe et XVIIIe siècles.
« La vie musicale en France sous les rois Bourbons »,
Recherches sur la
musique française classique, XXXI. Picard (82,
rue Bonaparte, Paris VIe ; www.editions-picard.fr).
16 x 25 cm, 230 p., illus., ex. mus., 46 €.
Cette XXXIe livraison de la prestigieuse revue
Recherches (fondée en 1960 par Norbert
Dufourcq et Marcelle Benoit) propose quatre articles de
fond intitulés : « Nouvelles perspectives sur
le répertoire français pour clavecin au XVIIe
siècle » (Johanne Couture), « Anciens et nouveaux
instruments dans la France du XVIIe siècle :
l’exemple du hautbois » (Marc Écochard), « Le
hautbois dans la tradition ménétrière toulousaine :
du symbole consulaire à l’instrument de la fête et de la
danse » (Luc Charles-Dominique), « Le ton de la
Chambre du Roy » (Bruce Haynes). Articles assortis
d’études de documents sur : Antoine Lefebvre facteur
d’orgues et de clavecins (Xavier Domino), André Campra à
Toulon (Dominique Amann), L’orgue du Collège Louis-le-Grand
au XVIIe siècle (Érik Kocevar), Rameau, le Menuet
en Rondeau de
La Méchanique des
doigts et la forme musicale (Jean-Paul Montagnier),
Who wrote a 1769 book that is tied to the Paris Opera (Beverly Scheibert).
Livraison assortie de copieuses recensions de partitions
et de livres, signées Marcelle Benoit et Érik Kocevar.
Françoise TILLARD : Fanny Hensel, née Mendelssohn
Bartholdy. Préface de Gérard Condé. « Biographie »,
Symétrie (30, rue Jean-Baptiste Say, 69001 Lyon. www.symetrie.com). 15 x 21 cm,
430 p., illustr. n&b, 40 €.
Dirigeant à Paris III un mastère de lettres & musique,
Françoise Tillard nous livre ici la première grande biographie,
en français, d’une compositrice que tout le monde s’accorde
à reconnaître comme l’un des plus douées qui furent, mais
ayant mené une carrière bien trop discrète, en regard notamment
de celle de son glorieux cadet. Fanny Hensel n’en
laisse pas moins quelque 400 œuvres instrumentales ou vocales,
pour la plupart encore inédites. Elle est ici resituée
dans son environnement familial et social.
Jean-Pierre MARTY : Vingt-quatre leçons avec Chopin.
Singulières (18, impasse Gaffinel, 34200 Sète. www.editions-singulieres.fr). 17 x
24 cm, 240 p., ex. mus., 25 €.
Élève d’Alfred Cortot, de Julius Katchen et de Nadia Boulanger,
le pianiste et chef d’orchestre Jean-Pierre Marty nous livre,
avec cette nouvelle publication, le fruit de son expérience
de concertiste et de pédagogue (avant d’enseigner au CNR
de Toulouse, il dirigea longtemps le Conservatoire américain
de Fontainebleau). Sous forme de leçons données par
Chopin à un élève imaginaire, cette présentation des Vingt-quatre Études met l’accent sur la musicalité spécifique de chacune
de ces pièces, au service de laquelle doit, bien sûr, se
plier la technique. Truisme que l’on ne ressassera
jamais assez… Du même auteur et chez le même éditeur,
vient de paraître La méthode de piano de Chopin.
Pierre Albert CASTANET : Tout est bruit pour qui a peur.
Pour une histoire sociale du son sale. Nouvelle
édition augmentée. Préface de Hugues Dufourt.
Michel de Maule (www.micheldemaule.com). 460 p.,
illustr. n&b, 40 pages d’annexes, 26 €.
Voici la (tant attendue) réédition augmentée de ce classique
des musiques savantes et populaires d’aujourd’hui.
Où est notamment approfondie la réflexion sur le caractère
« bruiteux » de la musique (sujet au programme
de l’agrégation 2008). Après une introduction intitulée
« Colère et démolition », Pierre Albert Castanet
scinde son ouvrage en quatre parties : Pour une histoire du son sale
(1968 et la crise de culture / Esprit de communauté
et souffle de l’improvisation / Stratégies de la modernité /
Musique sous influences…), La parasitose de la Pop Music (La musique et son trouble /
Questions de société / Esthétique et perception de
la société contemporaine…), Aspects de la conquête du son-bruit (Le son sale de la musique
savante / La saine anarchie et l’ordre malsain /
La percussion en question / Nomenklatura du son-bruit /
Aspects anthropologiques / Aspects sémiologiques /
Aspects extra-esthétiques / Aspects catastrophiques…),
Conclusion (Insignifiance,
indifférence, dislocation, dispersion…). Un second
volume du même auteur, Quand
le sonore cherche noise – Pour une philosophie du bruit
(préfacé par Daniel Charles), devrait sortir en février
2008.
Évelyne GAYOU : GRM, Groupe de Recherches Musicales.
Cinquante ans d’histoire. « Les chemins de
la musique », Fayard. 15 x 23,5 cm,
522 p., cahier d’ill. n&b, 29 €.
Elle-même membre du GRM depuis 1975, chercheur, compositeur
et productrice à Radio France, Évelyne Gayou nous brosse
ici un vaste panorama historique d’une aventure musicale
plus que demi-séculaire qui, depuis ses origines avec Pierre
Schaeffer et Pierre Henry, aura connu les prodigieux développements
que l’on sait. Où il n’est que de citer François Bayle,
Iannis Xenakis, Luc Ferrari, Bernard Parmegiani et… toujours
Pierre Henry ! Deux parties : « Mémoire
des faits : approche chronologique » / « Organiser
l’oubli : approche thématique ». Avec les indispensables
bibliographie, discographie, productions radio/multimédia
et index. Après le Traité
des objets musicaux de Pierre Schaeffer (1966), le nouvel
ouvrage de référence.
Renaud MACHART : Leonard Bernstein. « Classica »,
Actes Sud/Classica. 10 x 19 cm, 224 p.,
18 €.
Leonard Bernstein n’a pas seulement été le grand chef d’orchestre
et pédagogue que nous savons. Outre West Side Story, chef-d’œuvre de la comédie musicale américaine, n’a-t-il
pas laissé nombre d’éblouissantes partitions, parfois étonnamment
austères ? Dans cette première monographie en
français, Renaud Machart s’attache à cerner la pluralité
d’une personnalité parfois quelque peu naïve (souvenons-nous
du savoureux Gauchisme
de Park Avenue de Tom Wolfe), et tente également une
première approche analytique de l’œuvre. Annexes :
index, repères chronologiques, « indications discographiques »
(ces dernières signées Bertrand Dermoncourt, directeur de
la collection).
André TUBEUF : L’Offrande musicale. Compositeurs et interprètes. Présentation
par Stéphane Barsacq. « Bouquins », Robert
Laffont. 13 x 19,5 cm, 1056 p., 30€.
Orfèvre en matière de biographies d’artistes musiciens est
assurément l’auteur. Il nous propose ici un florilège
de chroniques parues dans diverses publications mais aussi,
et surtout, un ensemble de nouvelles notices consacrées
à nos jeunes compositeurs et interprètes – avec une évidente
dilection pour le monde de l’opéra.
Bernard MARREY : Revers d’un chef-d’œuvre. La naissance
du théâtre des Champs-Élysées, 1910-1922. Picard
(82, rue Bonaparte, Paris VIe ; www.editions-picard.fr).
17 x 24 cm, 150 p., ill. n&b, 33 €.
Grand historien de l’architecture, Bernard Marrey a pu réunir,
dans cette admirable monographie, quantité d’éléments éclairant
la genèse de l’une des plus belles salles du monde :
archives sommeillant dans des lieux improbables, centaine
de lettres échangées en amont de la construction du bâtiment,
comptes rendus de conseils d’administration & autres
assemblées générales (où l’on voit comment celui qui n’était
alors qu’un entrepreneur, Gustave Perret évinça l’architecte
Henry Van de Velde), rôle salvateur du financier Gabriel
Thomas suite à la liquidation judiciaire de la Société du
théâtre. Un historique aussi passionnant que les meilleures
enquêtes policières !
François CARADEC & Alain WEILL : Le Café
Concert, 1848-1914. Fayard. Fort volume,
couverture souple. 19,5 x 25 cm, 412 p.,
ill. n&b et couleurs, 45 €.
Ancêtre des « revues » de music-hall, le caf’conc’
connut son heure de gloire entre 1848 et 1914. Né,
sous le Second Empire, dans des buvettes de plein-air des
Champs-Élysées, il se déplaça, sous la Troisième République,
dans de grandes salles luxueuses, où l’on entrait gratuitement
pour écouter des chansons en buvant et en fumant force pipes
ou cigares… Outre les nombreux couplets (volontiers
grivois, sinon obscènes) des Bruant, Dranem, Fragson, Georgius,
Guilbert, Mayol, Montéhus, Paulus, Polin… nous découvrons,
dans cet extraordinaire album, tout un pittoresque petit
monde qui gravitait autour de ces artistes : entrepreneurs,
critiques, censeurs, comédiens, musicos, bouquetières… « En
piqué ou en déroulé » (Roland Barthes), un régal
de lecture !
Nathalie PIÉGAY-GROS : Aragon et la chanson.
Textuel (www.editionstextuel.com).
Coffret de deux albums 20,5 x 28,5 cm, 136 p.
+ 136 p., 50 €.
Spécialiste de la littérature française contemporaine, l’auteur
relate ici, en deux magnifiques albums, les « noces
du poème et du chant ». Le premier, La
romance inachevée, est riche de photos, petits formats
et correspondances ; le second, Poèmes
manuscrits mis en chansons, illustre l’engouement de
tant de chanteurs (Ferré, Brassens, Ferrat, Sanseverino…)
pour les vers d’Aragon – fac-similé de poèmes originaux,
assortis de leur genèse. Sachant qu’Aragon n’a jamais
écrit de texte explicitement destiné à la chanson…
La Chanson française. Préface de Patrick Eudeline. « Classic »,
Scali (80, fg Saint-Denis, Paris Xe. www.scali.net).
15 x 24 cm, 500 p., 26 €.
Les cinq grands chapitres de cette superbe publication sont
dédiés à Charles Aznavour (Christian Lamet), Georges Brassens
(Florence Trédez), Jacques Brel (François Gorin), Léo Ferré
(Stan Cuesta) et Serge Gainsbourg (François Ducray), cinq
auteurs/compositeurs/interprètes qui auront modelé la chanson
française. Sans préjudice d’incursions vers Trenet,
Vian ou Bécaud… Chacun ayant, à sa manière, ouvert la voie
à Nino Ferrer, Christophe, Dutronc/Lanzmann, Polnareff,
Higelin, Souchon, Bashung, Noir Désir, les Rita Mitsouko…
Une somme remarquable.
Joël JULY : Esthétique de la chanson française contemporaine.
« Univers musical », L’Harmattan. 188 p.,
18 €.
Non sans susciter quelques polémiques, la chanson française
connaît un notable regain de succès. L’auteur, agrégé
de lettres modernes & docteur en linguistique, s’est
ici attaché à décrypter les sources, pratiques et composantes
de ce qui fait l’originalité de la Nouvelle scène française
- mettant en regard des esthétiques aussi diverses que celles
de Bénabar, Grand Corps Malade, Camille, Louise Attaque,
Pauline Croze, Cali, Clarika, Abd Al Malik [notre photo],
Carla Bruni, Benjamin Biolay… Trois parties :
Liberté de composition
(étiolement du refrain systématique/ abandon partiel de
la rigueur métrique), Égalité
des registres (se revendiquer comme un art populaire/
assumer la communication orale). Fraternité des sources. Avec Index
nominum et glossaire. Une éclairante recherche méthodique.
Bruno BLUM : De l’art de savoir chanter, danser et jouer
la Bamboula comme un éminent musicien africain.
« L’histoire de toutes les musiques africaines »,
Scali. 10 x 17 cm, 284 p., ill. n&b,
23 €.
Petite encyclopédie illustrée sur l’histoire de 56 pays et
plusieurs centaines de styles africains, ce guide nous permet
de nous y retrouver parmi les différents courants, mélanges
et influences qui parcoururent le XXe siècle
- depuis Oum Kalsoum jusqu’à Johnny Cleg ou Manu Dibango.
D’usage aujourd’hui volontiers raciste, le terme « bamboula »
désignait, de 1763 à 1835, des improvisations collectives
que pratiquaient les Noirs sur les places de marché de la
Louisiane espagnole. Interdites en 1835, ces manifestations
renaquirent en 1865, avec l’abolition de l’esclavage.
Chose surprenante : il s’agit là du premier ouvrage
publié en français sur l’ensemble des musiques du continent
africain.
Nicolas WALZER : Anthropologie du metal extrême. Camion Blanc (tél. :
03 83 23 04 23. www.camionblanc.com).
15 x 21 cm, 414 p. illustr. n&b, 28 €.
Le metal (né du
hard rock) puis sa radicalisation le metal
extrême (Black Metal/ Death Metal) sont désormais largement
populaires – ce qui ne laisse pas de les déconsidérer aux
yeux des tenants de l’underground pur et dur (un Marilyn
Manson, lui-même, n’est-il pas aujourd’hui suspect de vénalité ?).
Disciple du sociologue Michel Maffesoli (CEAQ), Nicolas
Walser s’est fixé pour tâche de dévoiler l’inconscient des
metalleux. À cette noble fin, il s’est longuement
entretenu avec quelques haut-parleurs de la tribu, tels
qu’un Rash (« néomusulman », musicien maghrébin
de Death Metal, Horresco
Referens…) ou un Ihsahn (alias Vegard
Sverre Tveitan, Black Metal norvégien, Emperor /
Peccatum…). N’est-il pas toutefois clair que,
pour ces maniéristes, la musique ne sera jamais qu’un (horrible)
« détail » ?
Madhu SINGH
& Luz María CASTRO MUSSOT (Sous la direction de) :
Literacy,
Knowledge and Development [Alfabetización,
Conocimiento y Desarrollo]. « Dialogue Sud-Sud
sur les politiques publiques en matière d’éducation de qualité
pour jeunes et adultes » Éditions de l’Unesco (7, place Fontenoy, Paris VIIe.
www.publishing.unesco.org).
17 x 22,5 cm, 312 p. + 286 p.
Après un panorama des problèmes éducatifs de l’hémisphère
Sud, cet ouvrage bilingue (il s’ouvre tête-bêche) expose
les programmes-modèles de 4 pays : Brésil, Inde, Afrique
du Sud et Mexique. Mais enrichis de contributions
émanant d’autres pays d’Afrique (Namibie, Mozambique, Tanzanie,
Angola), d’Asie (Bangladesh, Thaïlande, Chine) et d’Amérique
du Sud (Nicaragua, Guatemala). L’accent étant naturellement
mis sur l’alphabétisation multiculturelle et multilingue…
Où nous apprenons incidemment qu’au Guatemala, l’éducation
musicale est considérée comme une discipline de base…
Francis Cousté
POUR LES PLUS JEUNES
Boris Vian
(paroles), Lynda Corazza
(illustrations), Philippe Meyer
(dir. col.) : La complainte du progrès.
Livre-CD. Dès 5 ans. Éditions du Rouergue.
19,50 €.
Les éditions du Rouergue proposent une nouvelle
version de La complainte
du progrès. Cette chanson, composée en 1955 par
Boris Vian, trotte dans la tête et nous fait sourire.
Des illustrations rétro-décalées aux couleurs vives donnent
tout son sens au texte fantaisiste de l’artiste. Ce
touche-à-tout de génie séduira les nouvelles générations.
Son sens de l’observation, son impertinence et son humour
n’ont pas pris une ride. Une nouvelle collection prometteuse !
DaSilva (paroles et musique),
Françoiz Breut (illustrations), Yannick Jaulin (récit) : Le peuple
des dunes. « toto Ou tartare »,
Actes Sud Junior / tôt Ou tard. Dès
5 ans. 23 €.
À
Bouteillerie, c’est la panique. Un animal gigantesque
est venu s'échouer sur la plage. Vaches et bourricots, crevettes
et bigorneaux, fourmis, rats et mulots se réunissent :
que faire ? qui est cet bête monstrueuse ? comment
est-elle arrivée ici ? Voici une charmante histoire
racontée et illustrée par le superbe duo Da Silva/Breut,
rejoint par Cali et Marie Drucker. La voix chaude
de Da Silva nous ensorcelle pendant que nous rêvons en compagnie
d’animaux colorés, paniqués, surpris. Un petit faible
pour mouettes et goélands. Encore bravo.
Ravel (musique), Colette (livret), Cécile Gambini (illustrations). L’enfant
et les sortilèges. Gallimard Jeunesse Musique.
Dès 5 ans. 22 €.
Avec L’enfant et les
sortilèges,Colette nous offre un récit terriblement original et Ravel démontre
encore une fois son génie orchestral. Grondé par sa
mère, un enfant de 7 ans est pris d’une violente colère.
Il se déchaîne dans sa chambre, agresse la tasse et la théière,
martyrise l’écureuil et le chat, déchire un livre… Mais
tous ces objets et animaux s’animent, parlent et menacent.
Le livret, structuré en une série
de tableaux miniatures drôles, mélancoliques, brillants,
féeriques ou démoniaques, voit se succéder une multitude
de genres musicaux : jazz, ragtime, polka, valse.
Cécile Gambini illumine le texte avec des illustrations
pétillantes et quelque peu impertinentes. Un régal !
Ludwig van BEETHOVEN :
Concerto pour
violon, op 61. Sonate pour piano et violon « Kreutzer »,
op 47. Vadim Repin, Martha Argerich.
Wiener Philharmoniker, dir. Riccardo Muti. 2CDs DG/Universal : 477 6596.
TT : 45'49 + 38'18.
Vadim Repin, dont Menuhin disait qu'il faisait partie des
grands, livre une version fort convaincante du Concerto pour violon de Beethoven. Le violoniste, dont c'est
le premier enregistrement de l'œuvre, propose un
discours d'une conduite sûre, dépourvu d'affectation,
très réfléchi, misant sur la dynamique, pour un
son plein et solaire, rappelant Oistrach.
La tendresse méditative du larghetto médian est
un moment de grâce, car le soliste y devise avec
ferveur dans un tempo retenu, alors que le tissu
orchestral se fait des plus discrets. L'allegro
final offre un souple balancement avec une vraie
finesse dans la scansion. Les cadences de
Kreisler, tout sauf virtuoses dans la déclinaison
des thèmes, parachèvent une interprétation profondément
équilibrée. Le rubato généreux dispensé par
Riccardo Muti et l'Orchestre philharmonique de Vienne
forme le plus beau des supports. La Sonate « Kreutzer »
qui complète le CD, voit le violoniste se confronter
à Martha Argerich. Si le volontarisme de la pianiste
emporte l'affaire, souvent dans un irrépressible
élan, comme à l'heure des variations de l'andante
ou du presto final, ponctué d'éclairs, l'archet
de Repin sait tirer son épingle du jeu par la sûreté
de la ligne mélodique.
Ludwig van BEETHOVEN : Sonates pour piano, op. 2. Maurizio Pollini, CD
DG/Universal : 477 6594. TT : 65'27.
Maurizio Pollini poursuit, à son rythme, l'intégrale des
sonates pour piano du maître de Bonn et aborde les
trois pièces de l'opus 2, les trois premières sonates
en fait. Si l'hommage à Mozart est encore
évident, le style novateur est frappant à plus d'un
titre : richesse du matériau sonore, profusion
des idées, procédé de composition en quatre mouvements.
Le pianiste italien déploie ses habituelles qualités,
dont l'énergie, restituée par une formidable projection
sonore - comme le montre la robustesse de l'allegro
con brio introductif de la seconde sonate, d'allure
symphonique. Les mouvements lents ont la force
sereine du chant legato poétique. Les passages
plus virtuoses, fruits de l'audace nouvelle de Beethoven
dans la technique pianistique, le trouvent à son
meilleur, flatteurs qu'ils sont de sa brillance
naturelle ; quoique celle-ci soit avantageusement
assagie, par comparaison avec certaines de ses prestations
récentes. L'articulation rigoureuse, voire
tempétueuse, laisse percer l'équanimité.
Vincenzo BELLINI :
La Sonnambula.
N.Dessay, F.Meli, C.Colombara, S.Mingardo, J.Azzaretti,
Chœurs et Orchestre de l'Opéra de Lyon, dir. E.Pido.
2CDs Virgin Classics : 3 95138 2. TT :
77'53 + 52'33.
La Sonnambula est au même titre que Norma, mais pour des raisons différentes,
un chef-d'œuvre incontesté du bel canto. Ce
mélodrame traite non pas la grandeur tragique mais
le pittoresque : le mal insolite de somnambulisme
dont souffre l'héroïne Amina, qui dans le cadre
pastoral d'un village des montagnes suisses, risque
bien de voir ruiner ses fiançailles. La poésie
faite d'émotion spontanée, le climat proche du fantastique
s'illustrent dans une musique qui alterne joie pure
et pathétique. On est saisi par le contraste
entre l'apparente délicatesse du discours orchestral,
sa rythmique aisée, et l'émotion vraie née du drame
que côtoie innocemment l'héroïne. Le paroxysme
est atteint lors des deux scènes de somnambulisme,
variantes des airs de folie tant prisés par l'opéra
romantique. L'expression prend ici le pas
sur le chant purement fleuri. Et que dire
du foisonnement mélodique qui parcourt la pièce
et lui confère un ton élégiaque si particulier.
Le rôle d'Amina, créé par la célèbre Pasta et dans
lequel devait aussi s'illustrer la Malibran, offre
matière à vraie caractérisation. Ne revit-il
pas, un siècle plus tard, grâce à l'art de Maria
Callas. Rien d'étonnant à ce que Natalie Dessay,
dont on connaît la gourmandise scénique, en livre
sa vision. De ces larges phrases caressées
et de leurs ornementations colorature délivrées
en bouquet se dégagent tour à tour trouble, désarroi,
fièvre ; et la pyrotechnie vocale devient le
moyen de les exprimer. Ainsi des deux airs
finaux, si contrastés dans leur succession, la cavatine
d'une lyrique introspection, avec alto obligé, et
la cabalette emplie de la joie simple du bonheur
retrouvé. Car tout finit bien, ce qui n'est
pas si fréquent à l'opéra... Evelino Pido, à la
tête du phonogénique orchestre de l'Opéra de Lyon,
soutient ses chanteurs d'une main attentive et sait
trouver les accents justes pour animer les nombreux
ensembles dont est emplie cette œuvre attachante.
Gustav MAHLER :
Symphonie
n°8. T.Robinson, E.Wall, A.Queiroz, M.
de Young, S.Schröder, J.Botha, H.Müller-Bachmann,
R.Holl. Chor der Deutschen
Oper Berlin, Rundfunkchor Berlin, Aurelius Sängerknaben
Calw, Staatskapelle Berlin, dir. Pierre Boulez. 2CD DG/Universal :
477 6597. TT : 23'44 + 61'32.
Point d'orgue de son intégrale des symphonies de Mahler,
Pierre Boulez aborde la monumentale 8e.
Plus encore que par ses proportions gigantesques
et les effectifs requis, trois chœurs et pas moins
de huit solistes, elle frappe par ses contrastes
et sa composition en deux parties asymétriques,
a priori peu faites pour coexister, et pourtant
réunies par une même unité thématique. Son
caractère mystique est d'emblée affirmé par les
versets de l'hymne « Veni
creator spiritus », qui développe des climats
grandioses. La précision légendaire du chef
allie transparence, différenciation et nécessité
dramaturgique, tous paramètres exigeant, selon lui,
le plus haut degré de rigueur. Le maître-mot
est sans doute l'objectivité, car, selon Boulez,
cette musique marque le lien entre la Seconde École
de Vienne et Wagner. On admire l'extrême lisibilité
de ces torrents de musique intégrant intimement
à l'orchestre les chœurs et les solistes, les effets
de masse, mais aussi le contrepoint complexe.
La scène finale du Second Faust de Goethe, d'inspiration plus romantique, livre un travail
pénétrant sur la sonorité et le raffinement d'harmonies
modulantes. Outre l'excellente contribution
des solistes et des chœurs, c'est l'orchestre de
la Staatskapelle de Berlin qui est le joyau de cette
inteprétation ; l'instrument exceptionnel forgé
par l'ami Barenboim se montre l'égal des plus grands
de par sa maniabilité, nul doute acquise par sa
fréquentation habituelle de l’opéra.
Jean-Pierre Robert
LUZZASCHI & AGOSTINI (Madrigaux de). Le Concert Secret des Dames de Ferrare. Doulce Mémoire, dir. :
Denis Raisin Dadre. CD ASIN : B000WPJ7EI.
TT : 59’34.
Commandée par le duc Alfonso II de
Ferrare à la fin du XVIe, cette musique avait été,
selon l’usage du temps, interdite de publication,
mais la réputation en avait gagné toute l’Europe.
Les douze madrigaux de Luzzaschi ici retenus, en
compagnie de diverses autres pièces d’Agostini et
de musiciens plus obscurs, ont cependant été édités
par les soins du compositeur après la mort du duc.
Doulce Mémoire s’est attachée à étudier de près
ce répertoire secret pour en recréer le climat particulier,
tout de mystère et de secret, avec une indiscutable
et enviable réussite.
Gérard Denizeau
Harmonia Mundi : Le coffret du cinquantième anniversaire.
29 CDs audio + 1 CD-Rom (comportant les
textes français, allemands & anglais des pièces
chantées) : HMX 2908250.79.
En ces temps de crise sans précédent de la production
discographique (-40 % en 4 ans), la firme Harmonia
Mundi affiche une insolente progression annuelle
de 3 à 5 %. Ce que justifie amplement
la présente compilation de chefs-d’œuvre extraits
de son catalogue. En onze chapitres :
Les « orgues historiques » (CD
1-2), Alfred Deller (CD 3-4), Les chants
anciens (CD 5-6), J. S. Bach (CD 7-10),
Les années « Atys » (CD 11-13),
Les maîtres de la musique baroque (CD 14-15),
50 ans de redécouvertes (CD 16-20), Le
classicisme revisité ! (CD 21), Au cœur
du romantisme (CD 22-23), Un regard neuf
sur les chefs-d’œuvre (CD 24-25), La nouvelle
génération (CD 26-27), D’hier à demain
(CD 28-29). À vous offrir, sans barguigner !
Voilà un très remarquable trio français, certes
fort classique dans son répertoire mais qui - de
par ses indéniables qualités musicales : parfaite
cohésion, rare sens du phrasé et enthousiasme juvénile
- devrait convaincre de nos jeunes compositeurs
d’écrire pour lui… Sont ici réunies des pièces,
assurément peu rebattues, de Haydn (Trio,
op. 53), Schubert (Trio n°1, D 471), Beethoven
(Sérénade, op. 8) et Mozart (Divertimento
n°4, K 229).
Quelle émotion de découvrir, servies par d’exceptionnels
interprètes, ces pièces de jeunesse de l’un des
compositeurs majeurs de notre temps : Sarabande
et Cortège, pour basson et piano (1942), Sonatine
pour flûte et piano (1943), Sonate pour hautbois
et piano (1947), Sonate pour piano (1948),
Choral, Cadence et Fugato, pour trombone
et piano (1950). Œuvres dans lesquelles on
distingue déjà la marque d’une pensée profondément
originale – où l’hérédité n’est que de clarté et
d’élégance toutes françaises, sans trace non plus
de cet esprit de chapelle qui commençait à sévir
en ces premières « trente furieuses ».
Great French Concertos (1948-1956). Éric Aubier, trompette.
Orchestre de l’Opéra national de Paris, sous la direction de Marius Constant.
Indesens
(http://www.musicware.fr/index.php?art=1&th=56) : INDE001. TT : 67’03.
Bienvenue est cette anthologie qui rassemble
des œuvres de fort belle facture, bien qu’inégalement
célèbres : Incantation, Thrène et Danse
(1953) d’Alfred Désenclos / Concerto pour
trompette et orchestre (1948) d’Henri Tomasi /
Concerto n°1 pour trompette et orchestre
(1956) de Charles Chaynes / Concertino pour
trompette, piano et cordes (1948) & Second
Concerto pour trompette et orchestre (1948)
d’André Jolivet. Roboratif en diable !
Plus riche que nous l’imaginions est le répertoire
français du trombone – et pas seulement en pièces
de concours… Ainsi - outre Choral, Cadence
et Fugato d’Henri Dutilleux (ci-dessus recensé
dans « Pages de jeunesse ») - avons-nous
découvert Cavatine de Camille Saint-Saëns,
Andante et Scherzo d’Henri Tomasi, Pièce
de concert de Guy Ropartz, Sonatine de
Jacques Castérède, Capriccio de Roger Boutry,
Plain-chant et Allegretto d’Alfred Désenclos
et Morceau symphonique d’Alexandre Guilmant.
Où font merveille aussi bien le cuivré que le velouté
du son d’un grand interprète…
Francis Gérimont
Alleluja Nativitas. Canti di Natale.
Christmas Songs. Tactus : TC 900002.
CD Diffusion (28, route d'Eguisheim, BP 4, 68920 Wettolsheim.
info@cddiffusion.fr). TT : 70’09.
Cette mini anthologie
propose 22 pièces relativement brèves pour le temps
de Noël, dans la longue durée (XIIe-XXe
s.), d’origines française, italienne, allemande,
anglaise, espagnole, allant de Pérotin (dont l’organum
a servi de titre au CD) à Francis Poulenc, et de
G. P. da Palestrina et Francesco Soto à Pier Paolo
Scattolin, en passant par un choral de H. Praetorius,
un extrait de l’Oratorio de Noël de J.-S.
Bach, ou encore l’incontournable Stille Nacht
(Douce nuit, sainte nuit) de Franz Xaver
Gruber. Le langage musical de l’Ars antiqua
côtoie celui de la Renaissance et de l’époque moderne,
marquant une parfaite continuité expressive dans
la traduction musicale du thème de la Nativité.
Les textes liturgiques traditionnels sont également
présents : O magnum mysterium, Ave
maris stella, Ave Maria… Tout le mérite
de cette réalisation revient au Coro Euridice di
Bologna, sous la direction de Pier Paolo Scattolin
qui, avec un trio de flûtes et des organistes remarquables,
a réussi à assimiler tant d’esthétiques différentes.
Cadeau de Noël idéal.
Musica
a Padova al tempo di Alvise Cornaro (1484-1566). Tactus : TC 500004. CD Diffusion.
TT : 42’56.
Le titre : Musique à Padoue au temps
de Alvise Cornaro, groupant 16 pièces, permettra
de mieux connaître des musiciens italiens, franco-flamands
et allemands des XVe et XVIe
siècles : Antonio Stringari, Eustachio Romano,
Nicolo Broco... Animées avec ferveur et musicalité
par le Consort Veneto composé de L. Fabris (voix),
G. Capuzzo et G. Toffano (flûtes douces), P. Tognon
(dulciana) et P. L. Polato (luth), ces pages brèves,
allantes, fort agréables à entendre, évoquent l’atmosphère
raffinée et enjouée qui régnait dans l’entourage
du mécène et grand ami des arts, Alvise Cornaro,
érudit de descendance noble. Le répertoire
comprend un choix de danses (pavanes, saltarelle,
frottole publiées par O. Petrucci…) et de chansons
italiennes. La voix de Laura Fabris, discrètement
soutenue au luth, est tout à fait appropriée à ces
œuvres délicates. Tous les interprètes terminent
en beauté cette sélection qui gagnera tant à être
mieux connue. À offrir aux mélomanes exigeants.
Les Orgues de Metz-Queuleu. Fugatto (fugatto@free.fr) : FUG 020. CD Diffusion. TT : 69’12.
Enregistrée « sans véritable point de montage
afin de privilégier la spontanéité de l’interprétation »,
cette réalisation met particulièrement en valeur
les possibilités des orgues de l’église de l’Immaculée
Conception à Metz, grâce aux talents de Philippe
Delacour (grand orgue) et Thierry Broquard (orgue
de chœur). L’orgue de chœur (J. Rinckenbach, 1912)
a été profondément restauré en 2000 et se caractérise
par son nombre important de jeux de fond (8 pieds)
convenant parfaitement à l’accompagnement, alors
que la trompette du récit peut servir de jeu solo
et permettre de dialoguer avec l’orgue de la tribune.
Ce dernier, construit en 1895 par Dalstein Haerpfer,
a subi de nombreuses transformations et reçu des
jeux supplémentaires (voir texte de l’excellente
présentation du facteur d’orgue M. Gaillard).
Les deux organistes proposent un programme en
cinq volets. Tout d’abord : J.-S. Bach,
avec son Prélude et fugue en ut
mineur (BWV 546) et deux chorals luthériens :
An Wasserflüssen Babylon, plus mélancolique,
et Herzlich tut mich verlangen, plus intériorisé.
Après le Noël populaire énergique et bien
enlevé de Cl. B. Balbastre bénéficiant d’une registration
lumineuse, le troisième volet retrouve d’abord le
thème pastoral avec la Cantilène de A. Guilmant
- mettant en valeur la trompette du récit en solo
à l’orgue de chœur -, suivie de l’Élévation
(voix céleste et voix humaine de l’orgue de tribune).
Deux pages Introduction et Passacaille
de J. G. Rheinberger - qui gagnerait à figurer plus
souvent aux programmes de concerts - illustrent
le paysage organistique allemand, et servent de
transition vers trois œuvres d’E. Gigout :
Cantilène (privilégiant le hautbois et les
fonds du grand orgue), Pièce jubilaire et
surtout Grand chœur dialogué aux deux orgues.
Excellente réalisation, très présente, axée sur
la spécificité des registrations.
Ce livre-disque (« long box ») bénéficie
d’une présentation exceptionnelle, avec une étude
inédite de Gérard Sutton relevant la double personnalité
d’Arnold Schönberg, musicien et peintre, avec non
seulement un disque consacré à l’intégrale de ses
œuvres de piano, mais encore 15 reproductions en
couleurs (dont un autoportrait) témoins de son œuvre
picturale.
Gérard Sutton situe Arnold Schönberg (1874-1951)
dans son environnement musical, artistique, mais
aussi théosophique, retrace les principales étapes
de sa carrière au milieu des crises économiques
et esthétiques. Sa rencontre avec W. Kandinsky
(1911) a été décisive, et ils ont « travaillé
en parallèle ». L’auteur montre combien
A. Schönberg a lancé une nouvelle organisation du
matériel sonore et affirme que « ses compositions
pianistiques nous introduisent admirablement dans
cet univers sonore qui, délaissant une sensibilité
particulière, engage l’homme entier et témoigne
d’une vérité métaphysique. »
Michel Maurer (piano) a eu pour maîtres Aldo
Ciccolini, Vlado Perlemuter et Claude Helffer. Son
rayonnement est international. Pluridisciplinaire,
il se passionne également pour l’improvisation,
les réalisations radiophoniques, théâtrales et chorégraphiques.
Les pièces pour piano (Klavierstücke) qu’il
interprète ont été composées entre 1909 et 1931.
A. Schönberg donne de nombreuses indications
concernant les tempi et la dynamique souvent très
contrastée. Enfin, sa Suite pour piano,
op. 25 (1921-1923) se compose de danses traditionnelles.
L’excellent pianiste maîtrise parfaitement les
moindres détails de la pensée du compositeur, toujours
en mouvement, privilégie des sonorités spécifiques ;
il s’impose par un jeu transparent, très perlé et
un sens inné du rythme. Par ce livre-disque
original - réalisé grâce au précieux concours de
Michel Maurer et de Gérard Sutton -, Catherine Peillon,
Ars nova et La Muse en circuit rendent un vibrant
hommage au Schönberg musicien et peintre.
Philippe HERSANT: Musiques à un, deux ou trois. Triton (« La Meunerie » 214,
place de l'Église, 45320 Courtemaux. info@disques-triton.com) : TRI 331152. TT : 65’08.
Le compositeur français Philippe Hersant, né
à Rome en 1948, Prix d’écriture du
CNSM de Paris, a été notamment l’élève d’André Jolivet
en composition. Boursier de la Casa Velázquez
et de la Villa Médicis, producteur à France Musique,
il est titulaire de très nombreux prix. Sous
le titre : Musiques à un, deux ou trois,
ce CD a, entre autres, le mérite de présenter en
première mondiale ses Huit
duos pour alto et basson
(1995), In the Dark (pour clarinette seule,
2005), Six Bagatelles pour clarinette, alto
et piano (2007), Apparitions pour violon,
violoncelle et accordéon (2006), grâce au concours
d’interprètes chevronnés.
Au fil des œuvres interprétées avec infiniment
de musicalité, les auditeurs seront frappés par
la belle sonorité, la mélodie chantante, le sens
de la ligne mélodique expressive, chaque partie
instrumentale ayant son individualité propre.
Ph. Hersant excelle dans les contrepoints de sonorités,
propose une musique profonde, calme, sophistiquée
et quand même immédiate, non dénuée d’humour, où
la dissonance est traitée toujours à bon escient.
D’une grande élégance et d’un raffinement extrême,
son écriture distinguée exploite, notamment, les
phénomènes de résonance au piano, les harmoniques
des cordes et des vents et la diversification des
timbres. J. Farjot (piano), A. Thorette (alto),
J.-M. Fessard (clarinette), P. Colombet (violon),
R. Merlin (violoncelle), G. Audin (basson) P. Lopez
(violon), F. Bihan (violoncelle), Fr. Guérouet (accordéon)
en tirent le meilleur parti. À écouter impérativement.
Johann Sebastian BACH: Orgelbüchlein. Intégrale de l’œuvre d’orgue,
vol. 5, par Helga Schauerte. Scam/Syrius (Scam :
51, parc de l’Argile, 06370 Mouans-Sartoux.
scam06@wanadoo.fr) :
2CD SYR 141412.
Dans le cadre de son Intégrale de l’œuvre
d’orgue de Jean-Sébastien Bach, Helga Schauerte,
organiste titulaire de l’Église évangélique allemande
de Paris, vient de signer son volume 5, enregistré
à l’orgue historique de Lukau, en Allemagne, et
consacré à l’Orgelbüchlein (Petit livre
d’orgue), BWV 599-644. L’intérêt de cette
réalisation réside, entre autres, dans le chant
des 45 Chorals éponymes harmonisés, par l’Immortal
Bach Ensemble ; l’auditeur peut ainsi s’imprégner
du cantus firmus de chaque choral du cycle
de Noël, du cycle de Pâques et du temps de la Trinité
(les textes des chorals, avec toutes leurs strophes
(allemandes, traduites en français et en anglais),
figurent dans la remarquable plaquette. Helga
Schauerte a également pris soin d’indiquer les registrations
et de donner des précisions historiques concernant
cet instrument réputé du facteur d’orgue Christoph
Donat (1625-1707), adapté vers 1873 au goût du jour,
puis restauré en 1856 dans l’état d’origine (il
manque toutefois une restauration de la sonorité
initiale). Parmi les registres rares, figurent
le Vogelsang (rossignol) et le Zimbelstern
(étoile tournante). Ce disque fera mieux connaître
des chorals chantés sous la direction du Cantor,
selon l’année liturgique, et les prestations organistiques
sur les mêmes thèmes. L’excellente organiste
réserve un sort royal à ces miniatures issues du
corpus de mélodies traditionnelles dont le sens
est encore renforcé par le traitement mélodique,
avec cantus firmus accompagné de contrepoint
et de commentaires décoratifs aux autres parties,
ou encore en canon, par exemple, à l’octave (n°2 :
Gottes Sohn ist kommen (Noël) ; à la
quinte (n°20 : O Lamm Gottes unschuldig
(Pâques)).
Jacques FESCH:
Dans 5 heures je verrai Jésus. Journal
de prison. Jade (43, rue de Rennes, 75006 Paris. jade@milanmusic.fr) : CD 699 639-2. TT : 77’.
Selon Jean Duchesne : « Ce que vous
allez entendre est véritablement unique. Ce sont
des extraits du journal qu’a tenu un condamné à
mort - un des derniers exécutés en France - pendant
les deux derniers mois de sa vie, en août et septembre
1957 ». Jacques Fesch, né en 1930, est
mort guillotiné à l’âge de 27 ans, le 1er
octobre 1957, 3 ans après avoir accidentellement
tué un policier lors d’un braquage. En prison,
le jeune homme recouvre la foi, et consignera ses
pensées dans un Journal. Les lettres
extraites sont adressées à sa fille Véronique (alors
âgée de 5 ans). Malgré la perspective du supplice,
il reste calme, confiant ; une fois la demande
de grâce rejetée, il acceptera son sort. Le
texte presque insoutenable est interprété par Luc
Reydel, avec la participation de Claire Meunier
et Michaël Lonsdale. Il est entrecoupé de
ponctuations musicales extraites du quatuor Les
sept paroles du Christ en croix, de Franz Joseph
Haydn, jouées avec une émotion contenue par le Quatuor
M. K. Ciurlionis. Rarement un enregistrement
n’aura été aussi poignant.
Édith Weber
POUR LES
PLUS JEUNES
Comptines et berceuses du Baobab. Didier Jeunesse.
Distrib. Harmonia Mundi.
Le
célèbre livre-disque Comptines
et berceuses du Baobab de Didier Jeunesse, vendu
à plus de 75 000 exemplaires, est aujourd’hui
Disque d’or ! Le CD propose 30 comptines et
berceuses d’Afrique centrale, de Côte d'Ivoire,
de Mauritanie, de Centrafrique, du Congo.
Elles sont interprétées dans de nombreuses langues
(bamena, wolof, bambara, kinyarwanda, peul, sango,
lingala, kicongo, soussou) par une vingtaine d'interprètes
de talent qui chantent au son des instruments traditionnels :
balafon, kora, tambours d’eau, bâtons de pluie,
arc musical, sangbang, doundoun, kenkeni, djembé,
sabar, kalimba… Dans le joli livret, on trouve
les paroles et les traductions des chansons les
plus faciles à chanter, ainsi que des informations
sur l'origine, la gestuelle et l'instrumentation
de chaque comptine. Une véritable réussite
musicale promise à un bel avenir !
Claude
Debussy : La Boîte à joujoux. Texte : Rascal. Ensemble Agora.
Récitante : Natalie Dessay. Didier Jeunesse.
Distrib. Harmonia Mundi.
La vie est parfaitement réglée dans la Boîte à joujoux, mais un jour, une belle
inconnue fait son apparition… Jalousie et passion
se déchaînent alors. Qui choisira-t-elle ?
Polichinelle, espiègle et méchant, ou le Soldat 7 ?
S’inspirant du ballet d’origine, Rascal a écrit
une histoire qui se déploie au rythme des mouvements
musicaux. La cantatrice Natalie Dessay campe
à merveille un Polichinelle bougon, une Chouchou
coquette et naïve et un Soldat 7 qui se meurt
d’amour… Elle est accompagnée par l’ensemble
Agora, qui joue la partition ici adaptée, par Fabrice
Pierre, pour quintette et harpe. Une introduction
à la musique classique à ne pas rater.
Aurélie Clément
Dominique
DIMEY (paroles et chant) & Pierre BLUTEAU (musiques
et arrangements) : Ouvrez
vos mains ! Victorie : 301762-7.
Qui ne connaît désormais Dominique, délicieuse
parolière et interprète de chansons enfantines –
digne fille de l’immense poète que fut Bernard Dimey…
Voici 20 merveilleux nouveaux titres, sur des musiques
joyeuses ou émouvantes, toujours bien venues, le
tout accompagné d’un classique instrumentarium acoustique,
assorti de timbres empruntés aux musiques du monde
(avec, en outre, 5 versions instrumentales).
Pour l’écoute d’extraits et/ou le téléchargement
gratuit des fiches pédagogiques : www.ouvrezvosmains.com
Francis
Gérimont
DVD
Gospel
Dream : Oh Happy Day !Jade : CD 699 638-9.
TT : 75’.
Ce DVD - enregistré en direct par les membres
du groupe Gospel Dream, au Festival de l’Autre Jour
(2005) en l’église de Saint-Loup-de-Naud - tire
son titre de l’irrésistible Gospel Song Oh Happy
Day servant de conclusion. À noter, tout
particulièrement, le Medley
composé de : We shall Overcome – Yes
Jesus Loves me - Praise Him - Amazing Grace.
Outre les incontournables (When the Saints…),
à découvrir des chants sans doute moins connus :
Michael Row the Boat Ashore, I Couldn’t
Keep It To Myself, What shall I do…
Cette réalisation, dirigée
par Michel M’Passy, est interprété par une dizaine
de chanteurs, tous de toges roses vêtus, très motivés
et soutenus par une trompette et un saxophone.
Ils s’investissent pleinement dans cette forme d’expression
pratiquée par les esclaves noirs à la recherche
de consolation, d’espérance, puis de liberté.
Tout à l’honneur d’Alain Ajavon (manager@gospeldream.com), cette sélection
si convaincante ravira les amateurs de Gospels et de Negro Spirituals.
Édith Weber
« Le Faune » – un film ou la fabrique de
l’archive. Direction artistique :
Dominique Brun, avec Laetitia Doat. Coproduction :
Compagnie « Ligne de Sorcière » et Scérén/CNDP :
755D0166. 29,00 €.
D’après les notes de Vaslav Nijinsky & la
partition chorégraphique notée en système Laban,
Dominique Brun a recréé le spectacle originel, avec
ses célèbres postures - sensuelles ou angulairement
hiératiques -, dans des costumes identiques à ceux
de la création. Seul le décor – très
Arte Povera :
mur de brique et longue table de Cène – n’évoque
guère les splendeurs imaginées par Léon Bakst.
Le ballet est décliné en deux versions musicales :
version orchestre de chambre et version pianola,
plus séquences analytiques. Entretiens avec
le philosophe Jacques Rancière (savante étude du
poème de Mallarmé) et le compositeur Frédéric Durieux
(ce dernier proposant, au piano, une passionnante
analyse de la « révolution subtile » notamment
harmonique, induite par la partition. Dommage
toutefois que ce DVD ne soit pas sorti un an plus
tôt, lorsque l’œuvre était encore au programme du
baccalauréat Musique). Livret riche de documents.
Francis Gérimont
***
La grande fête de la musique classique qu'est la Folle Journée
de Nantes se déroulera, pour sa quatorzième édition,
du 31 janvier au 3 février 2008, au Palais des Congrès.
Le thème « Schubert dans tous ses états »
ou Schubert et ses contemporains, Beethoven, Weber,
Hummel, Rossini, Salieri et autres Vorisek, devait permettre
d'écouter – et pourquoi pas de découvrir – beaucoup
de musique, et de tous genres : symphonique, musique
de chambre, tels le quintette pour deux violoncelles,
les deux trios, les quatuors, les duos violon-piano ;
compositions pour piano et musique vocale bien sûr ;
mais aussi les pièces pour chœurs et les messes, moins
connues. Le prolifique compositeur viennois occupe
une place essentielle dans l'histoire de la musique :
dernier représentant du classsicisme viennois, célèbrant
les maîtres de la littérature dans ses innombrables
Lieder, il influencera de manière déterminante les générations
suivantes. Et pourquoi pas celle d'aujourd'hui :
pour la première fois dans l'histoire de cette manifestation,
trois compositeurs ont en effet été invités à écrire
une œuvre d'après une pièce de Schubert ou dans l'esprit
de cet immense musicien.
Comme toujours, les plus grands artistes seront au rendez-vous,
comme les pianistes Brigitte Engerer, Anne Queffélec,
Alexandre Tharaud, Frank Braley, Boris Berezovsky, des
violonistes et altistes, les quatuors Ysaÿe, Casals
ou Prazak, les trios Wanderer ou Guarneri, le chœur
Accentus, et encore de nombreuses formations ad hoc
de musiciens de talent. Tous partageront cette
exigence de qualité qui n'a ici d'égale que l'écoute
fervente du public.
Des actions en direction du jeune public sont également organisées :
animations scolaires, ateliers de transcription musicale,
sensibilisation des étudiants de l'Université de Nantes.
Sur cinq jours, c'est plus de 250 concerts, dans quelque
sept lieux différents, mais situés sur un même campus,
qui seront proposés à un public avide de bonheur musical
et de proximité avec les artistes, selon une formule
souple et décontactée qui a fait ses preuves :
concerts de 45 minutes, d'un seul tenant, et pour un
coût modique.
À noter que la Folle Journée se décline aussi en Pays-de-la-Loire,
du 25 au 27 janvier 2008, pour des concerts à Cholet,
Challans, Fontenay-le-Comte, Fontevraud, La Flèche,
La Roche-sur-Yon, Laval, Sablé, Saint Nazaire et même
l'Île d'Yeu... Un festival à pas manquer !
Renseignements : Cité internationale des Congrès
de Nantes. Tél. : 0892 705 205.
www.follejournee.fr
Dès janvier 2008, L’éducation
musicale inclura un dossier dans chacune de ses livraisons.
Parmi les thèmes retenus :
Le
bruit (en référence au programme de l’agrégation de musique)
Activités
instrumentales & vocales à l’école (chorales, orchestres,
spectacles musicaux)
La
percussion (dans les musiques contemporaines, électroniques,
extra-européennes, actuelles)
Musique
& cinéma (en référence au programme du baccalauréat)
Empreintes
croisées (compositrices et compositeurs)
Fr. C.
Le
supplément Baccalauréat 2008. Comme chaque année,
L’éducation musicale propose le supplément indispensable
aux professeurs d’Éducation musicale et aux élèves de Terminale
qui préparent l’épreuve de spécialité « série L »
ou l’épreuve facultative « Toutes séries générales et technologiques
du baccalauréat ».
Le
supplément Baccalauréat 2008 réunit les connaissances
culturelles et techniques nécessaires à une préparation réussie
de l’épreuve ; il ouvre également sur tous les univers
sonores qui nous entourent.
Il
peut être commandé aux éditions Beauchesne : 7, cité du
Cardinal-Lemoine, 75005 Paris. Tél. : 01 53 10 08 18.
Fax :
01 53 10 85 19. s.desmoulins@leducation-musicale.com
Passer une publicité. Si vous souhaitez promouvoir votre activité,
votre programme éditorial ou votre saison musicale dans L’éducation musicale, dans notre Lettre d’information ou sur notre
site Internet, n’hésitez pas à me contacter au : 01 53
10 08 18 pour connaître nos tarifs publicitaires.