Une soirée contrastée avec l'Orchestre Philharmonique de Rotterdam

Le public s'était déplacé nombreux avenue Montaigne pour entendre le jeune pianiste Rafal Blechacz, élève d'Artur Rubinstein, lauréat du prestigieux Concours Frédéric Chopin de Varsovie en 2005, accompagné par l'Orchestre Philharmonique de Rotterdam sous la direction de son chef titulaire, Yannick Nézet-Séguin. Un public fourni, mais un public déçu par la piètre prestation du  pianiste polonais dans le célébrissime Concerto  pour piano n° 1 de Brahms.

Semyon Bychkov poignant et Alexandre Tharaud exemplaire

La présence rare à Paris du grand chef russe Semyon Bychkov dans son répertoire de prédilection, Chostakovitch, avait suffi à remplir les bancs du Grand Auditorium de Radio France. Un programme contrasté associant Mozart (Concerto pour piano n° 21) et Chostakovitch (Symphonie n° 8). Cantabile de l'orchestre, fluidité du jeu pour un Mozart élégant et tonique, sans mièvrerie sous les doigts du pianiste Alexandre Tharaud pour ouvrir la soirée. Un jeu naturel et bien présent, dans un juste tempo, sans épanchements larmoyants, dans une lecture équilibrée et complice avec l'orchestre.

Cycle Modernités Italiennes au Musée d'Orsay

Au dernier étage du Musée d'Orsay (on n'y fait pas la queue et c'est gratuit), il faut à tout prix ne pas manquer l'exposition «  Dolce Vita ? Du Liberty au Design italien (1900-1940) ». Elle présente des artistes importants pour l'Italie du début du XX ème siècle. Dans ce tout jeune pays, ébénistes, céramistes, maîtres verriers travaillaient en collaboration avec les plus grands artistes, créant ainsi un véritable « style italien ».

Le Quatuor Cambini-Paris interprète Félicien David

Nous avions eu le plaisir d'entendre le Quatuor Cambini-Paris au Couvent des Recollets dans le cadre des concerts « Les Pianissimes » et dit tout le bien que  nous pensions de leur interprétation du quatuor « Les  Dissonances » de Mozart (cf. NL de 3/2015). On a retrouvé ces mêmes exigence et détermination dans l'interprétation de ce quatuor K 465 de Mozart à l'Auditorium d'Orsay. On aura le plaisir de la revoir, car le concert a été filmé par la société CLC productions. Le quatuor Cambini-Paris a d'ailleurs enregistré la totalité des Six Quatuors dédiés à Haydn chez Ambroisie-Naïve ( cf. NL de 3/2015).

Viva l'Opéra au Cirque d'Hiver!

 

Fondé en 1996 par le chef d'orchestre Jean-Philippe Sarcos, l'Académie de musique de Paris propose aux jeunes des universités, grandes écoles et conservatoires d'étudier et pratiquer ensemble la musique classique. Elle forme chaque année quelques 400 jeunes au sein d'un orchestre symphonique et d'un chœur de chambre. Ils sont encadrés par des professionnels issus de l'Orchestre Le Palais Royal et de l'Orchestre National de France.

Math & Musique à la Péniche Opéra

 

 

Comme le dit Dominique Visse, l'Ensemble Clément Janequin aime le théâtre musical. C'est ce qu'il a proposé à la Péniche Opéra sous forme de conférence sur la structure musicale en accord avec les mathématiques. La première partie du spectacle examinait de façon rigoureuse et avec beaucoup d'humour les liens qui unissent la métrique poétique et la métrique musicale à travers le chiffre clef de 12, qui est aussi bien l'alexandrin que celui de la gamme chromatique occidentale.

Musique au Val-de-Grâce : « Nada te turbe »

Dans le cadre de sa dix-septième Saison, la Chapelle Musique du Val-de-Grâce et son organiste titulaire, Hervé Désarbre, ont rendu un bel Hommage à Sainte-Thérèse d'Avila (1515-1582) qui — issue d'une famille juive sépharade convertie — a fondé un nouveau Monastère Carmélite à Avila, préconisant une vie spirituelle plus intériorisée et plus mystique dans le sillage des Confessions de Saint Augustin.

Les Wiener Solisten Sextett et le Jugendstil viennois

Voilà un concert à marquer d'une pierre blanche ! Un programme consacré à la période du Jugendstil viennois concocté par les Wiener Solisten Sextett, une des formations de chambre de l'Orchestre Philharmonique de Vienne. Le Sextuor à cordes, prélude à Capriccio, op. 85, a été conçu par Richard Strauss comme une réflexion liminaire à son ultime opéra.  Il a été créé en 1942 par des membres de ce même orchestre, dont le fameux quatuor Rosé.

Le cycle Brahms de Orchestre Philharmonique de Vienne

Traditionnel passage bi annuel des Wiener Philharmoniker avenue Montaigne dans un cycle musical entièrement consacré à Brahms, sous la baguette du chef et pianiste allemand, bien connu des parisiens, ancien directeur musical de l'Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach. Un programme taillé sur mesure pour cette prestigieuse phalange historiquement liée au compositeur, comprenant les Symphonies n° 1, 2, 4  et le Concerto pour violon, un programme copieux réparti sur deux soirées.

Daniele Gatti et le « National » rendent un très bel hommage à Shakespeare

Shakespeare  a toujours inspiré les musiciens, compositeurs comme interprètes, Daniele Gatti fait partie de ceux-ci, ayant choisi de conduire son orchestre dans un court cycle shakespearien comportant deux concerts (en avril et mai) et un opéra (MacBeth de Verdi tout prochainement). Premier opus ce soir avec un programme associant Liszt, Strauss et Mendelssohn. Force est de reconnaitre que la période troublée que nous venons de connaitre au sein de Radio France n'a en rien entamé la qualité et l'enthousiasme des musiciens et de leur chef qui nous offrirent un concert de haute tenue musicale, les trois œuvres judicieusement choisies permettant de mettre en avant toutes les qualités de sonorité, de timbres et de cohésion de l'Orchestre National de France.

Mikko Franck et le « Philhar » embrasent la Philharmonie de Paris

Un moment d'exception que ce concert de Mikko Franck et de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, après la longue interruption que l'on sait… Un souffle épique, une tension palpable, un embrasement qui saisirent le public de l'immense salle de la Philharmonie de Paris à l'occasion de cette Symphonie n° 5 de Prokofiev. Une immense fresque musicale de la période de guerre, composée en 1944, célébrant la victoire et la « grandeur de l'esprit humain » toute imprégnée de solennité et de lyrisme. Sardonique et plaintive, majestueuse et monumentale, elle utilise une riche polyphonie orchestrale, puissante et rythmée, sollicitant généreusement les cuivres.

Musique au Musée d'Orsay : Cycle « Suites Française »

Une série de concerts intitulés « suites françaises » est proposée à l'amphithéâtre du Musée en relation avec l'exposition Bonnard. Ce cycle met en regard des œuvres baroques et des pièces du XIXème et du début du XXème. La France a toujours entretenu une relation privilégiée avec son passé et ses héros. C'est avec passion que les compositeurs de ces époques dialoguent avec leurs prédécesseurs.

  Le Palais Royal au Conservatoire d'Art Dramatique

Le Palais Royal, dirigé par Jean-Philippe Sarcos, a interprété la Troisième symphonie de Beethoven et quelques airs de Mozart avec la soprano Vannina Santoni. Il est très difficile de critiquer cette formation et la direction de son chef dont le travail auprès des jeunes est magnifique. Sarcos s'assigne une mission : la musique peut changer le monde et spécialement la Troisième symphonie de Beethoven (elle a été créée à Paris dans ce lieu même) et tout ce que nous ont légué les compositeurs du passé. Nous ne polémiquerons avec lui, il en est convaincu et il fait découvrir cette musique à des jeunes qui pour la plupart n'ont jamais vu d'orchestre en direct.

Les débuts du Quatuor Strada aux Pianissimes

Les Pianissimes, pour leur dernier concert parisien de la saison, ont délaissé le Couvent de Récollets pour la mythique salle du Conservatoire d'Art Dramatique, rue du Conservatoire à Paris. Le très médiatisé Adam Laloum et le nouveau Quatuor Strada ont joué le Quintette pour piano & cordes en fa mineur opus 34 de Brahms. Ils ont magnifiquement interprété cette œuvre avec toute l'énergie qu'elle demande. Les envolées  romantiques avaient l'air de plaire aux cinq artistes car ils les ont jouées avec le sourire.

Les trente ans de l'orchestre des Pays de Savoie (suite)

Quel bel endroit pour fêter ses trente ans que cette Grange au lac d'Évian ! Et comme on s'y sent bien, à ce point entouré de bois ; bois qui apporte sa chaleur, son odeur, ses qualités acoustiques. Tout y a été pensé pour créer une ambiance amicale voire familiale : le décor en troncs de bouleau, les lustres en cristal de Murano, les balcons avec leurs escaliers et leurs rambardes.

J. S. BACH : Les sept Motets avec continuo

Une gageure, un succès retentissant : se lancer dans l'intégrale des sept Motets (qui nous sont parvenus) de Jean Sébastien Bach pour ensemble vocal et continuo. Ce défi de Thibault Lam Quang — à la tête de son merveilleux Chœur de chambre Les Temperamens Variations — a suscité l'admiration unanime, lors du concert donné le vendredi 13 mars 2015 en l'Église Évangélique Allemande de Paris, avec le concours de Helga Schauerte (orgue), Gulrim Choi (violoncelle) et Youen Cadiou (contrebasse). Le chef détient le secret d'un inlassable travail d'orfèvre ; il réussit à ciseler pour ainsi dire chaque note et à rendre sensibles toutes les inflexions émotionnelles du Cantor de Leipzig. Le programme a été présenté par Gilles Cantagrel avec son érudition et son enthousiasme proverbiaux ; il a mis l'accent sur les sources des Chorals : le recueil Florilegium Portense (1621), et rappelé qu'il s'agit de musiques pour des funérailles ou des anniversaires de personnalités et que les rites funèbres sont généralement placés sous le signe de la confiance et de « l'expression de la foi jubilatoire ».

Glorieux chant français !

Sous le titre « Le romantique opéra français », Marc Minkowski et ses musiciens du Louvre Grenoble avaient convié le public à vérifier combien de trésors peut receler ce thème. Fort nombreux au rendez-vous, il n'aura pas perdu sa soirée ! Le programme, qui proposait un florilège d'airs et de duos représentatifs, permettait un vaste tour d'horizon de ce genre, de ses prémisses à ses succédanés : de la tragédie lyrique au « grand opéra », de l'opéra-comique à l'opéra bouffe, en passant par des pièces plus inclassables. Aussi mêlait-il habilement morceaux bien connus ou enfouis dans un impardonnable oubli. Au titre des premiers, l'air de Pylade d'Iphigénie en Tauride « Quel langage accablant.. »,

Rachmaninov réhabilité ?

Pour le concert de la résidence parisienne du LSO, en première à la Philharmonie de Paris, Valery Gergiev a choisi d'illustrer Serge Rachmaninov. Portrait connu et face méconnue. Dernier des romantiques russes, dans le sillage de ses maîtres Rimsky Korsakov, Serge Rachmaninov fut un formidable pianiste et un prolixe compositeur, laissant à son cher piano parmi ses plus belles œuvres. Le Concerto pour piano N°2, op. 18, de 1901, qui lui valut la célébrité, a été conçu alors que le musicien traversait une sérieuse dépression, suite à l'échec de sa Première symphonie.

Un récital de piano pas comme les autres

Alors qu'on ne glose que vastes espaces de concert, Philharmonie de Paris, nouvel auditorium de la Maison de la radio, sans parler du Théâtre des Champs Elysées, Ivo Pogorelich a choisi le cadre feutré de la salle Gaveau pour y donner un de ses trop rares récitals parisiens. Car le pianiste aime cultiver sa différence : il échange quelques mots entre deux mouvements avec le tourneur de pages, jette au sol la partition achevée pour passer à la suivante, salue avec le précieux document à la main et pousse ostensiblement le tabouret pour signifier qu'il n'y aura pas de bis.

David Afkham dirige l'Orchestre National de France

Le public était venu nombreux sur les bancs de l'auditorium de Radio France pour assister à ce concert dirigé par une nouvelle étoile montante de la direction d'orchestre, le jeune chef trentenaire allemand, David Afkham dont on se souvient d'une Dixième Symphonie de Chostakovitch, bien menée, à la tête du même orchestre en 2010, au Théâtre des Champs-Elysées.

Mariss Jansons : La maitrise absolue !

Le chef letton, élève de Karajan et de Mvravinski, est probablement, actuellement, un des plus talentueux chefs d'orchestre encore en activité. Son sens musical, son expérience, son charisme, sa capacité à transcender l'orchestre en font une personnalité d'exception. Son dernier passage à la Philharmonie de Paris, à la tête du Royal Concertgebouw Orchestra restera assurément dans les mémoires…