La « Dernière nuit » ou des funérailles musico théâtrales

Est-il plus majestueux endroit que la basilique de Saint-Denis pour présenter une évocation de ce que furent au XVII ème siècle des funérailles royales ? « La dernière nuit » se veut un ''concert théâtral'', concept inédit qui se propose d'illustrer par « un dialogue imaginaire avec la musique » selon Mathieu Coblentz et Jean Bellorni, auteurs de la mise en scène, les cérémonies funéraires au temps de Louis XIV : leur faste, ces vrais Pompes funèbres, leur aspect spectaculaire et ce mélange de déploration et de verve théâtrale.

L'art du récital à son sommet

Magdalena Kožená et Mitsuko Uchida donnaient au Théâtre des Champs Elysées  un récital dont le programme parcourait les chemins de l'amour, de Schumann à Debussy, de Mahler à Messiaen. Diverses manières d'aborder un thème si porteur. Dernier cycle schumannien, les Gedichte der Königin Maria Stuart (Poèmes de la Reine Marie Stuart) datent de 1852 et sont tirés de Shakespeare. Ultime preuve d'amour à Clara ? Le climat est sombre, désespéré, le musicien épousant le destin tragique de l'héroïne, en particulier au troisième Lied, « A la Reine Elisabeth », supplique à une « sœur », une rivale plutôt.

Un moment de pure poésie : Les Heine-Lieder chantés par Manuel Walser

Dans le cadre idéal et intimiste de l'Amphithéâtre de la Philharmonie de Paris, le célèbre baryton basse Thomas Quasthoff officiait un tant que récitant dans le concert donné par son élève, le baryton suisse Manuel Walser (*1989), lauréat en 2013 du concours international « Das Lied » de Berlin.

Yannick Nézet-Séguin et Emmanuel Ax, un duo gagnant

Le jeune chef québécois Yannick Nézet-Séguin est décidément très présent avenue Montaigne, ces temps-ci. Présent sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées, il y a seulement quelques jours avec son Orchestre de Rotterdam, le voilà de nouveau dans les lieux avec, cette fois, l'Orchestre de Philadelphie dont il est également le nouveau directeur musical…Talent oblige !

La lecture originale de la titanesque Turangalîla-Symphonie

La monumentale symphonie d'Olivier Messiaen est toujours un moment exaltant mais périlleux pour les musiciens, cela expliquant probablement la rareté de son exécution en concert. On se souvient de la fameuse interprétation de Marris Jansons avec son Orchestre de la Radio Bavaroise dans cette même salle, l'année passée, avec le pianiste Jean-Yves Thibaudet en soliste.

Klaus Florian Vogt insurpassable !

Le ténor Klaus Florian Vogt semble aujourd'hui la référence vocale incontournable dans les rôles de Stolzing des Maîtres chanteurs de Nuremberg, d'Erik du Vaisseau fantôme, de Loge de l'Or du Rhin, de Siegmund de la Walkyrie, de Parsifal, mais surtout de Lohengrin où son timbre si particulier le rend insurpassable. Il était associé pour ce mini récital au talentueux et bouillonnant chef letton Andris Nelsons, également habitué de Bayreuth, qui effectue, ici, sa dernière tournée européenne à la tête de son Orchestre Symphonique de la ville de Birmingham.

Murray Perahia ou la suprême élégance

Figure mondiale reconnue du clavier, le pianiste américain Murray Perahia occupe sur la planète piano une place particulière, par l'importance de sa discographie (un coffret de 73 CDs fêtant ses quarante années de carrière vient de lui être consacré par le label Sony), par son charisme, et par son exceptionnel toucher d'une rare élégance qui en font un véritable poète du clavier. Réfléchi, discret, son lyrisme parait toujours contenu sans effusion excessive, attaché à la beauté du son, à la justesse du phrasé dans une perspective plus apollinienne que dionysiaque.

Myung-Whun Chung et le « Philhar »: Quinze ans d'histoire

Un moment un peu exceptionnel et émouvant que ce dernier concert du chef coréen donné dans le Grand Auditorium, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France qu'il dirigea de 2000 à 2015. Un concert au terme duquel lui furent remis par Mathieu Gallet, la médaille et le titre de directeur musical honoraire de la phalange parisienne, remerciements de quinze années de passion et d'exigence

Sinfonietta Paris Chamber Orchestra

Voilà trois ans que Sinfonietta Paris, formation dite à géométrie variable,  existe et propose des concerts « Cocktails & Conversations », c'est à dire des trios, des quatuors, des quintettes ou en formation de chambre d'une vingtaine de musiciens. Pour ouvrir la saison 2015-2016, cette jeune formation proposait un concert éclectique sous la direction de son chef américain Michael Boone.

Les Passions ou « Les Petits Plaisirs du Seicento »

En trio, en duo ou simplement le clavecin couplé avec un organo, les trois instrumentistes Jean-Marc Andrieu, flûtes à bec, Laurent Lechenadec, basson, et Yasuko Uyama-Bouvard, claviorganum, ont fait merveille à l'Orangerie de Rochemontes, dans ce festival sympathique organisé par la chaleureuse Catherine Kauffmann-Saint-Martin. La plupart des  compositeurs joués le sont très peu, voire méconnus ou inconnus.

« Vocello » à la Philharmonie 2 de Paris

Depuis plusieurs années, cela remonte à 2013, Le violoncelliste Henri Demarquette donne des concerts en association avec le chœur à capella Sequenza 9.3 dirigé par Catherine Simonpietri. Le programme intitulé « Vocello », proposé ce soir, était composé d'œuvres contemporaines ainsi que de pièces de la Renaissance et baroques (Giovanni Pierluigi da Palestrina : extraits de la Missa ut ré mi fa sol la ;

Sibelius à l'honneur en Aquitaine

Décidément Jean Sibelius ne fait plus peur ni aux organisateurs de concert ni surtout au public. Témoin le concert d'abonnement au bel auditorium Henri Dutilleux de Bordeaux. « Le retour de Lemminkäinen », extrait de la Suite de Lemminkäinen, dont il constitue le quatrième et dernier volet, est composé par Sibelius en1896. Ce poème symphonique s'inspire de la légende du Kalevala. Il montre les ingrédients d'un langage bien spécifique : combinaisons de timbres, de dynamique impressionnante et de rythmique généreuse.

The English Music Festival  à St Paul's Church

Le « Festival de musique anglaise », fondé et animé avec le plus grand talent par Em Marshall-Luck - auteur de l'ouvrage « Music in the Landscape. How the British Countryside inspired our greatest composers », Rober Hale, editor, London, 2011 -, est une remarquable institution vouée à la valorisation d'un vaste répertoire hélas peu connu à l'extérieur de ses frontières.

Le LSO célèbre Pierre Boulez

Lors de son concert de résidence à la Philharmonie de Paris, le London Symphony Orchestra rendait hommage à Pierre Boulez. Le compositeur, chef d'orchestre et pédagogue hongrois Peter Eötvös dirigeait. Plus qu'une marque de sympathie, une vraie communion avec celui qui le fit nommer directeur musical de l'Ensemble intercontemporain en 1978, où il restera en poste jusqu'en 1991. S'il n'a pas créé les deux œuvres du maître au programme – elles le furent par le BBC Symphony Orchestra que Boulez dirigeait alors - la phalange londonienne est étroitement associée aux festivités de la célébration du 90 ème anniversaire (le concert devait être répété trois jours plus tard à Londres) et connait bien cet univers musical qu'il a abordé depuis des lustres. Deux pièces de Boulez encadraient Le Sacre du printemps  : Livre pour cordes et Rituel in memoriam Bruno Maderna. Boulez compose le Livre pour cordes en 1968, à partir des mouvements Ia et Ib de son Livre pour quatuor des années 1948-1949.

La très grande classe de la Staatskapelle Berlin

La venue à Paris de la Staatskapelle Berlin est toujours un événement. Après le concert donné lors des festivités d'ouverture de la Philharmonie de Paris, ils revenaient avec leur chef « à vie » Daniel Berenboim et en guest star Martha Argerich. D'où le rush au box office et une salle bondée de public et de musiciens. L'exécution du Concerto pour piano N° 1 de Beethoven devait combler les plus tièdes à l'endroit de la pianiste argentine. Ce concerto op. 15, de 1801, est si fidèle à la manière classique qu'on a pu le considérer comme « le 28 ème concerto de Mozart ». C'est aller vite en besogne car la patte du maître de Bonn s'y affirme dès les fameuses quatre notes notes de l'allegro con brio, et entre autres originalités, le discours progresse dans un habile dialogue avec les bois en groupe. Barenboim aborde pianissimo l'introduction et va peu à peu la munir d'une belle envolée martiale. L'entrée de la soliste se fait naturelle et persévèrera ainsi au fil du développement et de la cadence.

Tripe hommage à la danse : The New York Philharmonic

Pour son second concert de tournée, le New York Philharmonic donnait Petrouchka, Jeux et Le mandarin merveilleux. Autrement dit trois manières d'invitation à la danse. Avec Petrouchka, « scènes burlesques en quatre tableaux », Igor Stravinsky tourne définitivement le dos à toute référence romantique  : le ballet imaginé pour Serge de Diaguilev, composé au demeurant à partir d'une précédente œuvre pour piano et orchestre du « pantin subitement déchaîné, qui par ses cascades d'arpèges diaboliques, exaspère l'orchestre », fuit le réalisme d'une trame pourtant bien ancrée dans le récit populaire. Elle navigue entre figuratif et abstrait. L'auditeur spectateur est convié à une succession d'images, qui mène au-delà d'une pure narration.

Au cœur de la musique de chambre : Gidon Kremer & friends

Lors d'un (trop) rare passage à Paris, au Théâtre des Champs Elysées, Gidon Kremer avait convié deux partenaires de choix, le pianiste Daniil Trifonov, jeune prodige russe, déjà adoubé par les plus grands, dont Gergiev, et la celliste lituanienne Giedre Dirvanauskaite, chambriste accomplie, choisie par Kremer pour se produire dans son festival autrichien de Lockenhaus. Pour une soirée festive, au plus près surtout de cet état de grâce que procure souvent un concert de musique de chambre. Organisée sur le schéma dit à géométrie variable, puisque débutant par la Fantaisie pour pinao K. 397 de Mozart, jouée par Trifonov, hélas sur fond de toux cacochymes.

L'intérêt majeur des concerts d'abonnement de l'Orchestre de Paris des 6 et 7 mai résidait dans l'exécution de Das Klagende Lied (Le Chant plaintif) dans sa version originale en trois parties. Cet op. 1, Gustav Mahler y consacrera trois ans. Il  sera pour lui « un vrai enfant de douleur », notamment en raison des moyens considérables requis pour le faire exécuter. Achevée en 1880, mais travaillée depuis 1878, cette cantate trouve ses sources dans le poème éponyme de Ludwig Bechstein (1856) et un conte des frères Grimm, « Der singende Knochen » (L'Os qui chante).

Week end festif sur le thème de « Berlin. Années folles »

Un week end à la Philharmonie de Paris comprenant, d'une part, un concert symphonique présentant des œuvres de Paul Hindemith, Kurt Weill et Eduard Künneke et ,d'autre part, une soirée cabaret animée par la chanteuse Ute Lemper autour de « songs » intitulée « de Berlin à Broadway ». Après le désastre humain et moral de la Grande Guerre, la République de Weimar va connaitre une sorte d'âge d'or de la création artistique autour des années 1920.

Anna Netrebko  chante les Quatre derniers Lieder

Depuis ses débuts au Festival de Salzbourg en 2002, la soprano russe Anna Netrebko n'a cessé de nous surprendre par la fulgurance de sa carrière et la qualité de son chant. Certes, le plumage s'est un peu épaissi ces dernières années, mais le ramage reste souverain. La voix est puissante, la tessiture étendue, le timbre rond, la ligne de chant souple, le legato omniprésent et la technique irréprochable …Indiscutablement une voix rare et magnifique ! Le public se pressait donc nombreux avenue Montaigne pour ce concert exceptionnel des « Grandes Voix » où la diva se produisait étonnamment dans un répertoire qui n'est pas habituellement le sien, les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss.

New York Philharmonic à la Philharmonie de Paris : Alan Gilbert apollinien

Une grande salle de la Philharmonie de Paris comble pour ce premier concert de la prestigieuse phalange new-yorkaise dans le nouveau temple de la musique symphonique parisienne. Un programme sur mesure visant à mettre en avant  toutes les qualités de sonorité, de précision et de cohésion de cette formation comptant parmi les plus prestigieuses au monde, jadis dirigée par des figures musicales aussi illustres que Gustav Mahler ou Arturo Toscanini. Alan Gilbert, son actuel directeur musical ayant à cœur de s'inscrire dans la lignée de ses glorieux prédécesseurs…