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Catégorie : Concerts

Orchestre Philharmonique de Vienne & Daniel Barenboïm au Théâtre des Champs-Elysées !

Daniel Barenboïm © DRConcert de gala et grosse affluence du public avenue Montaigne pour ce désormais traditionnel passage des Wiener Philharmoniker à Paris, étape incontournable d’une tournée européenne conduite cette année par Daniel Barenboïm qui retrouvait pour l’occasion la célèbre phalange viennoise qu’il n’avait pas dirigée à Paris depuis près de vingt ans. Un programme unique et assez court, Ma Vlast (Ma patrie) de Bedrich Smetana (1824-1884). Un cycle de six poèmes symphoniques, rarement donné dans son intégralité, composé sur plusieurs années (1874-1879) assez disparate dans sa conception mêlant avec un bonheur parfois discutable hymne à la nature tchèque et éléments historiques parfois un peu grandiloquents. Une partition sans doute difficile à diriger du fait de la multiplicité des climats évoqués, entre épopée, danse slave ou atmosphère agreste, nécessitant un chef aguerri dont Daniel Barenboïm constitue assurément l’archétype.

Autant dire que l’attente du public était grande et la déception d’autant plus douloureuse que le chef argentin sembla passer constamment à coté de l’œuvre. Le premier poème Vyserad évoque la forteresse haute à la sortie de Prague sur un magnifique solo de harpe (Anneleen Lenaerts) repris par des cordes qui constitueront indiscutablement les meilleurs pupitres de la soirée. Impression favorable confirmée dans la célèbre Moldau où le soyeux des cordes fit merveille une fois encore contrastant avec la médiocre sonorité de la clarinette et de la petite harmonie en général. Point de salut à attendre des cuivres au timbre nasillard, toujours à la limite de la justesse (cors) qui entacheront lourdement la frénétique Sarka. Plus convaincante l’ampleur lyrique et surtout le caractère dansant de Par les prés et les bois de Bohême ainsi que le sentiment d’urgence et d’attente bien rendus dans l’épique et austère Tabor prenant par instants des allures de marche funèbre. Quant à l’ultime poème Blanik, il suffisait à lui seul à résumer cette interprétation pour le moins contestable par son absence de nuances et sa grandiloquence ostentatoire. Une lecture, on l’aura compris bien loin de nous séduire, caractérisée par sa lourdeur grossière, son manque de poésie et par la médiocrité instrumentale étonnante de la prestigieuse phalange viennoise, tout particulièrement au niveau des vents. Une soirée qu’on oubliera vite en attendant le retour des Viennois à Paris en mars prochain dans un programme Dvorak/ Beethoven conduit par le chef letton Andriss Nelsons. Espérons…