Il fallait bien une œuvre de dimensions respectables pour honorer l’artiste que le Festival des Nuits Romantiques avait choisi cette année : Villa-Lobos! Mais j’avoue que j’attendais autre chose que ce pensum que constitue sa première symphonie ! Le public qui pensait se dédommager par la Symphonie fantastique en a été pour ses frais. Ryan McAdams, qui dirigeait l'Orchestra Sinfonica Nazionale de la RAI de Turin avait commencé à l’endormir par une pavane pour une infante qui, en effet, était défunte. Tellement défunte que le tempo choisi rendait la pièce interminable. La symphonie fantastique, qui ne l’est vraiment que lorsqu’on l’alimente sans cesse d’une énergie communicative, avait beaucoup perdu de sa superbe. Quand on se souvient de la « pêche » qu’un Berstein pouvait insuffler à cette œuvre, on reste stupéfait de constater combien l’on peut dénaturer à ce point un chef-d’œuvre. Non pas que l’orchestre est mauvais. Loin de là (pas toujours très ensemble, c’est vrai). Mais Monsieur McAdams ne cesse de le ralentir par des gestes beaucoup trop grands, qui répriment involontairement tout élan